La guerre de l’information est déclarée. Dimanche 30 novembre, la presse de Bolloré a lancé une offensive ulcérée contre Emmanuel Macron après son invitation à « labelliser » les sites et les réseaux produisant de l’information selon des règles déontologiques, pour les distinguer des propagateurs de fake news. Les médias détenus par l’industriel conservateur, suivis par l’extrême droite et une partie de la droite – le groupe Bolloré dictant l’agenda des partis, et non l’inverse –, ont aussitôt dénoncé une « dérive liberticide » et une menace sur le « free speech », reprenant les antiennes de la galaxie trumpiste, reprochant même au président de la République une « dérive autoritaire ».
éditorial du MONDE : Le président Macron vient de lancer un chantier sur les risques que les réseaux font peser sur la démocratie. Son intérêt pour le sujet est ancien. Dès 2018, échaudé par la « propagande mensongère » jouée par des médias russes (RT et Sputnik) pendant sa campagne, il avait suggéré une loi pour lutter contre les fausses informations propagées en période électorale. Promulgué le 22 décembre 2018, ce texte crée notamment une nouvelle voie de référé civil visant à faire cesser la diffusion de fake news trois mois avant un scrutin.
Mais Macron n’apparaît pas le mieux placé pour porter ce sujet, ayant entretenu avec la presse, qu’il a toujours tenue à distance, une relation de défiance. S’il ne semble donc pas être le bon vecteur pour amorcer le débat, M. Macron pose pourtant de vraies questions à dix-huit mois d’une présidentielle qui s’annonce inédite, sous la menace renforcée des algorithmes, ingérences et manipulations afférentes, et le joug d’un groupe Bolloré devenu acteur politique à part entière. Les outils de la riposte, son efficacité aussi, restent à définir.
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Vincent Bolloré, le diable déguisé en Cnews ( avril 2023)
extraits : La foi le poussait à se rendre, chaque année, en pèlerinage à Lourdes en jet privé. Mais il est très dangereux de dire non au très pieux Vincent Bolloré. Les cadres sont choisis d’abord pour leur loyauté, les rebelles licenciés. Les médias désireux d’enquêter sur son groupe s’exposent à des poursuites ou à des résiliations de budgets publicitaires. Même le milieu du cinéma français, pourtant prompt aux harangues, reste totalement muet. Lorsque il se voit reproché l’invitation sur CNews de Renaud Camus, le théoricien du « grand remplacement », le panégyrique d’Eric Zemmour ou encore les saillies complotistes de Cyril Hanouna sur C8, il répond dans un sourire charmeur comme si seul comptait le spectacle : « Il n’y a pas de projet idéologique, il y a des programmes qui intéressent les téléspectateurs, et le succès de CNews est la meilleure preuve que la diversité et la liberté d’expression rencontrent un public »….
Fake news dans la fenêtre d’Overton (février 2022)
extraits : L’idée centrale de la fenêtre d’Overton est que les idées jugées « acceptables » par le plus grand nombre au sein d’une société particulière constituent un ensemble, une « fenêtre », qui peut évoluer au cours du temps. Car répéter souvent un mensonge, il en restera toujours quelque chose.. «L’opinion publique se fabrique et ceux qui veulent participer à sa formation endossent une responsabilité colossale vis-à-vis de la nation et du peuple entier» disait Joseph Goebbels en avril 1933. On connaît le triste sort de la presse allemande et de la liberté d’expression dans l’Allemagne nazie. Restons éveillé et agissons contre la sauvagerie et la violence insidieuses que certains hommes et certaines femmes politiques diffusent en toute conscience !….

– David Colon, historien : « La guerre cognitive est possible parce qu’un nombre considérable d’esprits sont devenus accessibles » (Le MONDE 27 avril 2025 )
Il faut quand même préciser à quels types d’esprits s’adresse la désinformation (manipulation, propagande). S’il s’agissait d’esprits sains, d’esprits critiques… alors ce nombre considérable représenterait une réelle chance d’en finir de ce système. Et qui sait, nous offrir des lendemains qui chantent… En tous cas meilleurs que ceux qu’ON nous prépare.
Seulement cette désinformation s’adresse à des esprits tordus, malades, fatigués. Tout comme l’information, me direz-vous. Oui, et c’est alors donner de la confiture aux cochons.
La désinformation participe à la Grande Confusion, qui engendre et entretient la Peur (de tout et de rien) et la Fatigue (ras-le-bol, résignation), et finalement le Grand N’importe Quoi… qui nous mène à notre perte.
En attendant… pour moi il est évident que ce cercle vicieux profite au Système.
– « La guerre de l’information est déclarée. »
De l’information ou de la désinformation ?
Attention, parce qu’ON va finir par con fondre les deux. 🙂 En attendant, ça fait déjà un moment que Macron (le va-t’en guerre) s’est engagé dans celle-ci. La guerre aux fake-news, ou CONTRE les fake-news, les mensonges, bref la guerre CONTRE la Désinformation.
Comme toutes ces guerres qu’ON mène (ou prétend mener) CONTRE le cancer, l’illettrisme, la Bêtise et j’en passe, une guerre qu’ON peut alors qualifier de juste, de bonne, de sainte…
Seulement, comme si la désinformation n’était pas déjà une (forme de) violence… cette guerre (je préfère dire lutte) contre la désinformation est perçue par certains comme une violence.
Une atteinte à LEUR fumeuse liberté d’expression, la censure des menteurs, des Rouges bien sûr… c’est bon ON connaît leur rengaine. (à suivre)
(suite) Bref, pour ces misérables, Macron c’est la Pravda.
– « Quand parler de désinformation suscite la désinformation » : l’Élysée répond à CNews après la polémique sur le futur label des médias (rtl.fr 02/12/2025)
« T’es un menteur ! » => « Non, le menteur c’est pas moi c’est toi ! »
« C’est celui qui le dit qui l’est. » Et patati et patata. Sur Biosphère ON connaît ça.
Pour dire si ça vole haut, ON a même droit à « La Stasi c’est toi, et moi je suis la Pravda ! » N’importe quoi ! Alors comment sortir de ce cercle vicieux ? Pas facile…
Et déjà pour deux raisons, deux gros problèmes. Qui en fait n’en font qu’un.
Et qu’ON peut alors appeler alors LE Problème. Ou le Problème N°1 … le plus important, celui dont ON crève, et tout ce que vous voudrez. (à suivre)
(suite) Le premier, donc, c’est l’effet Streisand.
Que j’ai découvert récemment grâce à… Musk. Ce misérable que je suis donc bien obligé de remercier pour cette… information : « Les commissaires “woke” de la Stasi de l’UE sont sur le point de comprendre toute la signification de l’effet Streisand »
(Musk redouble d’attaques contre l’UE et les « commissaires de la Stasi » après son amende – msn.com/fr)
– « L’effet Streisand désigne un phénomène médiatique involontaire. Il se produit lorsqu’en voulant empêcher la divulgation d’une information que certains aimeraient cacher, le résultat inverse survient, à savoir que le fait que l’on voulait dissimuler attire et concentre l’attention médiatique. » (Wikipédia)
Encore une fois merci Wikipédia. Et d’ailleurs, si je devais lui mettre une note, ou un label, à Wiki… pour moi ce serait un quadruple A. 🙂
(à suivre)
(suite) Le second c’est l’effet « fumer tue ». Que je connaissais déjà, mais qu’il est toujours bon de rappeler. Merci donc Biosphère :
– « Certes on pourrait stigmatiser les aliments ultratransformés par les solutions d’étiquetage genre nutriscore. Mais si les consommateurs ne veulent pas lire […] on ne peut rien y faire : ils continueront à les acheter, même s’il y a une tête de mort sur la boîte ou la bouteille. Les paquets de cigarette ne dissuadent pas, même quand c’est écrit « fumer tue ». Alors quelles politiques publiques mettre en œuvre ? » (Nocivité des aliments ultratransformés (AUT) –29 nov 2025)
Et là c’est exactement pareil. Si les cons-sots-mateurs ont besoin de bouffer (manger, lire, écouter, penser) de la merde (des fake-news, des incitations à la haine etc.)… hélas je ne vois vraiment pas comment les en empêcher. Misère misère.
En pratique, on a déjà vu cette censure mise en place lors de l’épisode covid. Tous les médias devaient strictement relayer la parole du gouvernement et tous ceux qui mettaient en doute la politique menée (enfermement, vaccination obligatoire, contraintes multiples) étaient muselés et l’on appelait sur les plateaux des cohortes de médecins aux ordres pour nous apporter la « bonne parole ».
Il faut toujours lutter contre ce type de contrôle qui ne sont que les prémisses d’une information censurée au profit des pouvoirs et des dictatures.
Le pouvoir se plaint de CNews, mais la quasi totalité des autres médias sont du côté du pouvoir et de la gauche, mais qu’un seul diverge et l’on appelle à la censure ! Eh bien non, il ne faut pas, il en va de notre liberté. Regardez ce que sont les régimes où l’information est « contrôlée ». Ce label est la porte ouverte à un monstrueux futur de science fiction.
Comme d’habitude, et de plus en plus depuis l’avènement du trumpiste, la cathosphère se dévoile en utilisant le çuikidikiisme.
Je n’ai pas bien compris le message ni qui l’écrit, c’est le problème avec tous ces pseudos.
Monsieur Barthès… ne pensez-vous pas qu’il y a censure ET censure ?
La bonne et la mauvaise bien sûr, comme pour le cholestérol. Mais entre celle de droite et celle de gauche … comment faites-vous pour vous y retrouver ?
C’est qui vos lumières … vos maîtres à penser … CNews ou bien à la Pravda ?