Bruno Retailleau, un présidentiable nataliste

Sur le blog du porte-parole de l’association Démographie Responsable, le texte de Didier Barthès

https://economiedurable.over-blog.com/2026/04/demographie-desserrer-les-contraintes.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

A l’instar des autres partis, toutes orientations politiques confondues, Bruno Retailleau vient, au nom des Républicains, de se prononcer en faveur d’une vigoureuse politique nataliste appuyée par des aides toujours plus importantes (les questions de déficit semblent oubliées). Quand comprendront-ils ?

Quand comprendront-ils qu’une démographie plus modeste serait la meilleure façon de desserrer les contraintes qui pèsent sur nos sociétés et plus largement sur l’humanité ?

– Les contraintes en matière de ressources (énergie et matières premières) : plus nous serons, plus nous consommerons.

– les contraintes en matière de pollution : plus nous serons, plus nous polluerons.

– les contraintes en matière de préservation de la  biodiversité : le principal problème environnemental et le plus impacté par notre nombre croissant qui nous conduit à occuper tous les territoires au détriment du reste du vivant

– les contraintes en matière de libertés : plus nous sommes nombreux dans des zones densément peuplées, plus les comportements doivent être encadrés, normés et les libertés restreintes. Ces contraintes pèsent sur tous les citoyens sans empêcher en rien les dérives de la délinquance, les zones surpeuplées sont souvent les moins sures.

Quand comprendront-ils que cette relance de la natalité nous conduirait tout droit à une spirale sans fin ? A une pyramide de Ponzi démographique où l’équilibre de nos sociétés dépendrait d’une croissance ininterrompue : une folie dans un monde fini.

Quand jetteront-ils un regard sur le passé, et constateront-ils que c’est avec des effectifs infiniment moins nombreux que l’humanité a perduré, même la France a longtemps été beaucoup moins peuplée.

Quand, tournant le dos à la caricature des hommes politiques, s’occuperont-ils du long terme ? Croient-ils sérieusement que l’humanité durera des siècles à 8 et bientôt 10 milliards, tout en offrant à tous un niveau de vie décent et en préservant la nature ?

Quand apprendront-ils l’écologie ? Le sens de la mesure ? Le rejet de l’hubris ?

La baisse de la fécondité est une chance d’aller vers un monde moins contraint, d’y aller doucement, sans attaque aux libertés, sans mesures contraignantes. Ce n’est pas un handicap, c’est une opportunité, accompagnons-là au lieu de la combattre.

Notre commentaire : L’extrême droite est nataliste, elle croit encore que la puissance est faite du nombre de ses soldats, la droite libérale est nataliste, elle croit que la croissance économique est faite du nombre de bras à exploiter, la gauche est nataliste à la suite de l’anti-malthusien Marx, et même une frange majoritaire des décroissants ne veut pas entendre parler de limitation démographique, ce qui est un comble !

7 réflexions sur “Bruno Retailleau, un présidentiable nataliste”

  1. Parti d'en rire

    – « À moins d’un an de l’élection présidentielle, Bruno Retailleau a détaillé sa « politique nataliste » s’il parvient à remporter le scrutin. Le leader des LR propose notamment une aide de 240 euros par mois dès le premier enfant. Une proposition jugée « carrément socialiste » par Les Grandes Gueules. »
    (« C’est carrément socialiste »: les propositions chocs de Bruno Retailleau pour relancer la natalité
    rmc.bfmtv.com 30/04/2026)

    Haha ha !!! Ah que celle-là elle est bonne ! Ratailleau carrément socialiste !
    Comme quoi les Grandes Gueules pataugent, elles aussi, dans le Grand N’importe Quoi.

  2. Parti d'en rire

    -« […] la gauche est nataliste à la suite de l’anti-malthusien Marx, et même une frange majoritaire des décroissants ne veut pas entendre parler de limitation démographique, ce qui est un comble ! »

    Déjà « la gauche », ça veut pas dire grand chose. Il y a la vraie, la fausse, l’extrême, la caviar, celle du centre et j’en oublie peut-être. C’est pareil pour « les décroissants ».
    Moi j’ai tendance à les voir gauche, comme les écolos… Mais ON me dit qu’ON peut très bien en être à droite. Mouai… après tout pourquoi pas. Tiens… Janco par exemple, il est où ?
    Et puis vu qu’il existe des anarchistes de droite, et donc du centre, pourquoi n’aurions-nous pas, nous aussi, des décroissants d’extrême droite ? Tiens… Duterte Daubuisson, par exemple… il est où celui-là ? Je veux dire… il est quoi celui là ?
    Et puis « nataliste » ça veut dire quoi ? Si ce n’est le contraire d’anti-nataliste…

    1. esprit critique

      Lisons et/ou relisons les pages 30 et 31 du dernier numéro du journal La Décroissance.
      Que dit Olivier Rey, par exemple ?
      Dit-il « Je suis pour le dynamisme démographique, parce que c’est la condition pour que, demain, on puisse créer de nouvelles richesses » … comme Retailleau ?
      Appelle t-il à un « réarmement démographique » … comme Macron ?
      Non. Alors soyons sérieux ! Arrêtons de caricaturer, finissons-en de cette vision simpliste et binaire, n’alimentons pas la Grande Confusion et le Grand N’importe quoi !

        1. esprit critique

          Quelques exemples… de ce qu’il faut dire :

          – « Sans aller jusqu’à un tel fanatisme, tous les partis de droite à gauche en passant par l’extrême centre partagent un même culte de progrès. »
          (Pierrre Thiesset – La Décroissance n°224 p. 3)

          – « Pour moi, le débat sur la natalité devrait se concentrer sur la question de la qualité de vie et non la quantité, du nombre de vie. »
          (Anne-Cécile Mailert – La Décroissance n°224 p.30)

          – « La question démographique peut inquiéter, mais c’est avant tout le modèle économique et le choix de société qui doivent être remis en question. »
          (Sylvie Ferrari – La Décroissance n°224 p.30)

          – « Voici plus d’un demi-siècle, le rapport Meadows prouvait que [etc.]
          Le contexte est aujourd’hui bien différent : la stabilisation de la population mondiale est en vue d’ici la fin du siècle [etc.] »
          (Jacques Véron – La Décroissance n°224 p.30)

        2. Didier BARTHES

          Ah oui, mais je ne peux pas dire cela puisque je suis en désaccord complet avec les points 2 (Mailert) et 3 (Ferrari) et que le point 4 (Véron) néglige complètement la question du niveau atteint qui est déjà insupportable pour la planète. Seul le point 1 (Thiesset) me convient.

        3. MC esprit critique

          Eh oui, je le sais très bien que vous êtes en désaccord complet avec ce que disent là A.C Mailert, S Ferrari et J Véron. Comme l’autre jour avec ce que disait O Rey.
          J’espère toutefois que vous avez lu l’intégralité de leur point de vue.
          Quoi qu’il en soit, encore une fois vous nous montrez là que le débat est impossible. Alors à quoi bon le déplorer, puisque de toute façon vous ne voulez (pouvez) absolument pas mettre un peu d’eau dans votre vin ?

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