anthropisation

Bergeaud, meilleur jeune économiste, foutaise

Antonin Bergeaud est récompensé, ce lundi 19 mai, du prix du  meilleur jeune économiste 2025. Professeur associé à HEC Paris, il est spécialiste de la croissance et de la productivité. Autant dire qu’il n’y connaît rien dans le rayon écologie. Voici un dialogue possible.

Antonin Bergeaud : La théorie économique sert à quelque chose. Dans un monde qui part dans tous les sens, il est bon d’introduire de la rationalité. Donald Trump a pris des décisions sur de simples intuitions erronées, mais il a dû reculer face à la réaction des marchés.

Biosphere : En 2025 voir que le « meilleur jeune économiste » en reste aux vulgates de l’économie orthodoxe me fait revenir à mes études de sciences éco des années 1970 où on nous interdisait de parler d’écologie. Antonin Bergeaud croit encore aux vertus du marché alors que celui-ci est myope, n’envisageant que le court terme du profit. Il ajoute plus loin un peu d’interventionnisme étatique, or celui-ci ne voit que le court terme électoral.

Antonin Bergeaud : L’idée qu’il faut maximiser le profit, que les ressources sont infinies… on n’en est plus là ! La question de la finitude des ressources est intégrée. La productivité repose d’ailleurs sur l’idée qu’on peut faire plus avec une quantité de ressources constante.

Biosphere : Je ne vois rien de novateur dans ce qu’il dit. « La question des limites est intégrée », nous dit-on, puis trois lignes plus loin « il faut une croissance de 2% », faire de l’innovation technologique etc. Toutes choses qui réclament toujours plus de ressources énergétiques et minières. Pas certain que l’on nous propose là une pensée pour période de troubles et de bifurcations. Les soi disant progrès technologiques comme les voitures électriques ne sont pas la solution au blocage énergétique. La productivité a été basée sur les ressources fossiles, or il faut en sortir.

Antonin Bergeaud : L’investissement dans les nouvelles technologies, qui auraient accru la productivité et fait de l’Union européenne une puissance capable de rivaliser avec les Etats-Unis. Ce dilemme mérite d’être explicitement posé.

Biosphere : Il est temps que les économistes mettent un pied dans le monde physique. Si l’humanité développe fortement les nouvelles technologies, il va falloir décider au dépens de qui et de quoi. Il est aujourd’hui physiquement impossible de continuer d’augmenter de manière exponentielle nos besoins énergétiques tout en se maintenant dans un monde vivable.

Antonin Bergeaud : Notre modèle social repose sur une croissance d’au moins 2 % pour financer les retraites, la Sécurité sociale, la santé, etc. Il était relativement facile de les atteindre quand on avait une démographie dynamique et des actifs de plus en plus efficaces. Cela permettait de compenser le vieillissement de la population.

Biosphere : le mythe de la croissance infinie dans un monde fini perdure même chez un jeune économiste. Ce croissancisme économique nous mène au désastre, normalement les économiste bien informés le savent depuis le rapport de 1972 sur les limites de la croissance. Et que dire du rapprochement entre les gains de productivité et le financement des retraites ? Le conflit de répartition entre la création de la valeur et sa répartition est totalement occulté. Qui ne prononce pas les mots de sobriété partagée n’est pas crédible.

Antonin Bergeaud : Aujourd’hui, l’intelligence artificielle, essentiellement américaine, va permettre de créer de nouvelles entreprises. Dans ce domaine, ce n’est pas encore trop tard pour l’Europe, mais nous ne faisons pas assez. Je pense qu’il faut s’y engager à fond.

Biosphere : La croissance, la productivité, et l’IA…. pour laquelle il faut des minerais rares et des refroidisseurs pour les data-centers. On est loin du monde d’Après la croissance. Mauvais signal. Le numérique ne fait que déshumaniser rapports humains et intelligence au sein de toute entreprise

Antonin Bergeaud : Malheureusement, les États membres de l’UE, au nom de leurs intérêts nationaux, ont mis l’accent sur la concurrence pure et pas sur une politique industrielle commune.

Biosphere : Nous sommes d’accord sur ce point, la coopération est un mécanisme bien meilleur que la concurrence dite « pure et parfaite ». Mais l’avantage de l’Union européenne est de mettre l’accent sur la coopération politique, l’union des peuples. Pour l’économique, il faudrait plutôt envisager l’autonomie territoriale tant au niveau énergétique qu’alimentaire pour affronter la crise écologique qui nous menace. Macron n’a consacré que 2,6 % de son temps de parole à l’écologie lors de son entretien le 13 mai sur TF1, Bergeaud fait pire.

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Quand la France sera entièrement bétonnée…

La consommation d’espaces naturels en 2023 fut la plus faible enregistrée depuis 2009. Mais entre 2011 et 2023, plus de 297 000 hectares ont été consommés. Dans notre société, très peu de gens savent aujourd’hui survivre sans routes, sans supermarché, sans carte de crédit et sans station-service. Lorsqu’une société devient hors-sol, c’est-à-dire lorsqu’une majorité de ses habitants n’a plus de contact direct avec le système-Terre, la population devient entièrement dépendante de la structure artificielle qui la maintient dans cet état. Si cette structure s’écroule, c’est la survie de la population qui pourrait ne plus être assurée.

AFP : 64 % des espaces naturels consommés depuis 2011 l’ont été pour de l’habitat, 23 % pour des activités économiques et 7 % pour des infrastructures. La bétonisation des sols est le principal facteur de perte de biodiversité. Elle contribue au dérèglement climatique et en accélère les effets, les sols naturels ayant un rôle de puits de carbone et de filtration de l’eau. La loi Climat et résilience en 2021, qui a fixé pour objectif d’atteindre la sobriété foncière en 2050, ou « zéro artificialisation nette des sols » (ZAN). Le Sénat a adopté en mars en première lecture un texte qui assouplit nettement les modalités de la lutte contre l’étalement urbain.

Le point de vue des écologistes malades de la ville

Frog : L’artificialisation me rend proprement malade. Enfant, vivant dans une ville moyenne de plus de 100 000 habitants, en immeuble, je me rendais dans la campagne à pied avec mon chien. Aujourd’hui ceux qui vivent au même endroit ne le peuvent plus : tout est bétonné alentour, trop loin : sans voiture on ne peut plus voir une plante sauvage. On ne réalise pas à quel point cette perte de nature joue sur la dégradation du mental des français.

Lionel22 : Quand est-ce que l’on arrêtera le massacre ? à ce rythme la France n’aura même plus de terre agricole pour cultiver et faire de l’élevage , c’est une catastrophe, tout ça pour bâtir des zones commerciales immondes et des parkings que l’on ne voit jamais pleins.

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Artificialisation des sols, à combattre

extraits : Personne ne s’interroge sur le bien-fondé d’une infrastructure dédiée largement aux déplacements individualisés sur quatre roues. En France, on compte au moins 12 400 kilomètres d’autoroutes , 17 500 km de routes nationales, 433 000 km de départementales. Par contre les chemins ruraux, qui occupaient environ 600 000 km en 2004 ,ont diminué de 200 000 km, place à la circulation à grande vitesse ! L’importance démesurée des réseaux de voirie entraîne une dégradation effroyable des écosystèmes par l’artificialisation des territoires et leur fragmentation. Pour l’équilibre de la Biosphère, jamais une société respectueuse de l’environnement n’aurait du dépasser le niveau des chemins vicinaux qui ne font qu’entretenir les rapports de voisinage et les circuits courts….

Nos articles les plus anciens sur l’artificialisation

14.04.2005 Artificialisation du territoire

Une étude de l’IFEN (Institut français de l’environnement) dénonce le phénomène de grignotage des espaces naturels du fait de l’urbanisation, des routes et autres infrastructures. Les sols à usage non agricole des humains représentaient 6,1 % du territoire en 2003 et cette emprise a augmenté de 16 % en 10 ans. La Biosphère ne s’occupe pas beaucoup de l’impact paysager, à chacun son goût de l’esthétique. Pas beaucoup plus de l’impact sur les inondations et l’érosion, tant pis pour les humains. Un peu plus sans doute de la violence exacerbée par un espace mal organisé et un cadre de vie éclaté.

Mais la fragmentation des terres accroît surtout le risque que les écosystèmes ne puissent plus se connecter les uns aux autres au péril de la survie d’une bonne partie de la flore et de la faune.

8.05.2005 Stérilisation des terres

La loi française d’orientation agricole, en préparation, ne reprend pas les propositions du rapport Boisson pour le Conseil économique et social : « La maîtrise foncière, clé du développement rural ». Pourtant c’est l’équivalent des surfaces cultivées d’un département qui disparaît tous les six ans. L’urbanisation, et l’équipement qui l’accompagne, se font le plus souvent en plaine et dans les vallées, d’excellentes terres agricoles. C’est exactement ce qui se passe aussi dans d’autres pays ! En Égypte, les Anciens vivaient à l’orée du désert pour ne pas empiéter sur leurs terres agricoles, maintenant les masses populaires bâtissent en pleins champs cultivés malgré les interdictions : une maison démolie par les autorités sera reconstruite dans la nuit. Partout les humains transforment la Biosphère en un désert de sable et de béton. Pour en revenir à la France, au rythme actuel d’artificialisation des sols au profit de l’habitat, dans 600 ans il n’y aura plus de terres cultivables.

Les optimistes diront encore « Aménageons pour aller vivre sous terre », d’autres diront : « ils étaient fous nos ancêtres ! » Il est préférable de crier dès aujourd’hui contre la folie humaine, même si c’est dans le désert…

14.08.2005 Des routes, des routes, trop de routes

En vertu de la loi de décentralisation d’août 2004, l’État français veut transférer 18 000 kilomètres de routes nationales (pour 10 000 kilomètres d’autoroutes) aux Conseils généraux. Ce n’est qu’un tout petit aspect d’une voirie qui compte 1,5 millions de kilomètres dont les départementales occupent 365 000 kilomètres, les communales 550 000 km et les chemins ruraux environ 600 000 km. Les problèmes de financements deviennent lancinants et le désengagement de l’État est à juste titre mal perçu par les collectivités locales. A cela s’ajoute les inquiétudes avec la privatisation prévue de certaines autoroutes. Mais personne ne s’interroge sur le bien-fondé d’un tel réseau dédiés aux déplacements individualisés.

L’importance démesurée de ce réseau de voirie entraîne pourtant la dégradation importante des écosystèmes par l’artificialisation des territoires et leur fragmentation. Pour la Biosphère, jamais une société humaine respectueuse de l’environnement n’aurait du dépasser le niveau des chemins vicinaux qui ne font qu’entretenir les rapports de voisinage.

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Pouvoir public contre Intérêt public

Il y a un intérêt public à savoir comment fonctionne le monde et ce que l’on y fait en notre nom. Mais quand ministres et parlementaires s’unissent pour contourner la justice et relancer le chantier de l’autoroute A69, il y a danger en la demeure.

Matthieu Goar : Contestée par des associations de défense de l’environnement et travaux à l’arrêt depuis une décision de justice, la construction de l’A69 est défendue par l’ensemble de la majorité.Des ministres alignés et des parlementaires du « bloc central » quasiment unanimes. En février, dès la décision du tribunal administratif connue, le ministre des transports avait annoncé que l’Etat ferait appel de la décision. La ministre de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, avait soutenu cet appel. Jeudi 15 mai, une proposition de loi dite de « validation » de ce projet a été votée par le Sénat lors de la niche parlementaire de l’Union centriste (UC). L’Assemblée nationale l’examinera le 2 juin.

« Nous pouvons contester cette décision sans remettre en cause l’indépendance de la justice, rétorque Jean Terlier, député Ensemble pour la République et fervent défenseur de ce projet. Un acte administratif peut être régularisé s’il obéit à une raison impérative d’intérêt public majeur. Et nous considérons que le désenclavement et le contexte socio-économique justifient cette démarche législative. » Le tribunal administratif avait au contraire estimé que cette autoroute ne remplissait pas les critères d’une « raison impérative d’intérêt public majeur » et ne pouvait donc déroger à l’interdiction de détruire des espèces protégées. La loi « de validation » est adoptée alors même que l’appel ne sera examiné sur le fond que dans plusieurs mois. Il y a une volonté sans précédent d’empiéter sur le travail des juges et de peser sur une décision en appel. Cela pose, plus largement, la question du respect de l’Etat de droit par les parlementaires. On pourrait arriver à une situation ubuesque où l’autoroute serait achevée, mais sur la base d’une autorisation environnementale illégale.

Le point de vue des écologistes légalistes

La question n’est pas celle du droit mais de la supériorité de l’intérêt public. Or dans une démocratie qui définit l’intérêt public ? Les élus locaux ou les juges? Il ne s’agit pas de contourner la justice ou le législatif, mais de peser l’idée qu’ils se font de l’intérêt public.

Il faut lire le texte voté par le Sénat : un seul article qui valide un arrêté préfectoral autorisant les travaux. Ce texte a pour seul objectif de contredire une décision de justice : violation de la séparation des pouvoirs législatif et judiciaire. C‘est un texte de loi qui décide que la loi ne s’applique pas à un projet particulier : le pouvoir législatif se contredit lui-même

Le Conseil Constitutionnel a développé une jurisprudence stricte concernant les lois de validation. Il considère que de telles lois ne sont constitutionnelles que si plusieurs conditions sont remplies :

* L’existence d’un motif d’intérêt général suffisant
* L’absence de violation d’un droit ou d’une liberté fondamentale
* Le respect des décisions de justice ayant force de chose jugée
* L’absence de détournement de pouvoir
* Le caractère non rétroactif d’une validation d’un acte illégal.

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NOUS, élus, pouvons faire n’importe quoi

extraits : Christophe Guilloteau (Les Républicains, LR), président du conseil départemental du Rhône, a supprimé brutalement les subventions annuelles de trois associations de défense de l’environnement. C’est sa réponse à un courrier de ces associations qui alertait sur les conséquences économiques et environnementales d’un projet de port fluvial sur la Saône. Se venger ainsi d’un courrier qui déplaît, c’est une vision de la démocratie assez inquiétante….

Combattre les GTII, Grands Travaux Inutiles et Imposés

extraits : L’enterrement de Notre-Dame-des-Landes en 2018 ne fait que préparer l‘épanouissement de la contestation de tous les GTII, Grands travaux inutiles et imposés. Partout sur le territoire, une cinquantaine de projets d’aménagement suscitent de vives oppositions locales, souvent depuis plusieurs années. Nos grands élus, épaulés (et briefés) par les grandes entreprises, se sont comportés comme Louis XIV qui a commandé son château de Versailles et les pharaons qui ont fait ériger les pyramides. Les projets pharaoniques étaient de droit divin dans l’Égypte ancienne : pour la gloire d’un seul, on exploitait tout un peuple. Aujourd’hui on fait croire au peuple qu’on construit des éléphants blancs pour son plus grand bonheur….

En finir avec les grands travaux inutiles et imposés ?

extraits : Les actes de destruction opérés contre les GTI deviendront-ils en 2018 un impératif catégorique ? L’écrivain italien Erri De Luca avait déclaré à l’occasion du titanesque chantier du TGV Lyon-Turin : « Les actes de sabotage sont nécessaires pour faire comprendre que le TGV est un chantier inutile et nocif (1er septembre 2013 sur le Huffington Post)». Pour sa défense lors de son procès, il avait précisé : « Le sabotage est une forme de résistance politique qui ne peut s’entendre seulement au sens matériel. Ce mot a un sens plus large, un sens politique. Quand des députés s’opposent à une loi, au Parlement, ils la sabotent à leur manière. L’Italie est pleine de chantiers abandonnés, des ponts, des routes, des hôpitaux… Il y en a des centaines. D’une certaine façon, ces chantiers-là se sont autosabotés. »….

Le petit livre noir des grands travaux inutiles, 7 euros

extraits : Pour une approche plus globale, lisez « Le petit livre noir des Grands travaux inutiles ». IApprécions à sa juste valeur le dernier paragraphe de ce petit livre noir : « Les ZAD (Zones à défendre) ne sont pas seulement des lieux de contestation, elles sont aussi des lieux d’apprentissage, des agoras où renaissent l’esprit de lutte, l’envie d’échanger, le besoin de s’engager. A toutes celles et ceux qui ont osé sortir des sentiers battus et reprendre les chemins (parfois boueux) de la mobilisation, à toutes celles et ceux qui,  sans renoncer à leur individualité, savent se fondre dans un collectif, nous n’avons qu’une seule chose à dire : continuez ! Continuons… »

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Construisons ensemble un nouvel imaginaire

Le message malthusien nous paraît imparable : l’infinie multiplication des hommes, face à des ressources de plus en plus réduites, mène obligatoirement au désastre. Il nous faut collectivement comprendre que celui qui croit qu’une croissance exponentielle est possible dans un monde fini ne peut qu’être un démographe, un économiste… ou un fou !

Mais soyons clair. La course à l’abîme que mène aujourd’hui les natalistes et les croissancistes, tous ceux qui pensent que « plus, c’est mieux », mènent la danse. Les militants de la décroissance ne vont pas par miracle se compter par centaines de milliers en France. « Moins nombreux, plus heureux » ne va pas devenir un slogan scandé par des millions de manifestants au niveau mondial. Dans un contexte très complexe qu’on s’acharne à compliquer davantage, envisager l’avenir n’est jamais facile. Pourtant les chiffres parlent. Avec une population mondiale qui s’accroît encore de 1 % chaque année, c’est un doublement tous les 70 ans qui porte maintenant sur des milliards de personnes. Le pullulement humain et la dégradation de la Terre sont terrifiants, rendent esclaves les humains, épuise la planète, réduit la biodiversité, pollue les sols et le climat… Comment est-il possible de nier l’évidence. La planète ne continuera pas à fournir à la pullulation humaine du pétrole en abondance, des forêts à perte de vue, des sols vivants, un climat tempéré et des océans recyclant la totalité de nos émissions de gaz à effet de serre. La planète ne négocie pas, peu lui importe les délires nationalistes et anti-écolos de Xi Jinping, Erdogan, Poutine, Trump, et tant d’autres présidents.

La question démographique ne peut être traitée qu’en lien avec toutes les autres problématiques, les aberrations des systèmes politiques, la question sociale, les impératifs économiques, la bidonvillisation à outrance, la raréfaction des ressources, les pollutions diverses, l’hubris technologique, etc. La fécondité humaine n’est qu’un facteur parmi d’autres, en lien étroit avec l’état de l’agriculture comme l’avait fait remarquer Malthus, avec les soubresauts de l’activité industrielle. Elle n’a donc de réelle chance d’être pris en considération qu’au terme d’une transformation profonde de notre rapport à la science, à la technique, au vivant, bref, de notre rapport au monde. 

La pédagogie de la catastrophe a échoué et la catastrophe n’a pas servi de pédagogie. Les inerties économiques et politiques ainsi que les résistance psychosociologiques sont trop généralisées. La surpopulation ne gêne aujourd’hui que quelques personnes conscientisées. C’est la planète qui nous dictera notre comportement à venir, quand elle fermera tous les robinets de ressources naturelles qu’on croyait inépuisables. L’épuisement des ressources fossiles va nous mener assez rapidement au choc pétrolier ultime, une augmentation vertigineuse du prix du baril qui rendra impossible le fait d’aller au travail en voiture, de conduire des camions avec un gazole hors de prix, de prendre l’avion cloué au sol par le coût du kérosène et de faire vivre des familles nombreuses. Après avoir bataillé chacun dans son coin au nom de « sa » nation pour s’accaparer les dernières gouttes de carburant et sauvegarder son niveau de vie, il faudra bien que nos peuples s’aperçoivent de la fin inéluctable de la corne d’abondance nourrie par le charbon, le pétrole et le gaz. Il faut espérer que les dirigeants des grandes puissance, acculés par l’appauvrissement biophysiques de la Terre et les révoltes des masses, se réuniront autour d’une table pour déclarer l’état d’urgence écologique et la sobriété partagée, pour institutionnaliser la norme d’un seul enfant par femme, pour établir un système de rationnement avec une carte carbone, et pour expliquer qu’on ne peut pas faire autrement. Le plus tôt sera le mieux.

Il ne faut pas être pessimiste, nous allons tous mourir un jour et pourtant cela ne nous empêche pas de vivre. Il n’est pas besoin de réussir dans son militantisme pour persévérer. L’essentiel pour moi est de pratiquer l’acte juste, et si ce blog biosphere permet l’éveil d’une intelligence collective, j’en serais heureux. Faire ressentir que toute naissance supplémentaire va peser sur les conditions de vie de nos générations futures, sur l’état de la biodiversité, sur le déséquilibre des forces géopolitiques me paraît un discours à partager. Nous savons de plus en plus aujourd’hui, et les médias en causent, qu’il est nécessaire et urgent de résoudre collectivement la crise climatique, la crise pétrolière, la crise agricole, la crise des métaux, la crise de la biodiversité, la crise de la déforestation, la crise des inondations, la crise des sécheresses, la crise de l’urbanisation, la crise de l’automobile, la crise de l’emploi, les crises sociales, les crises de la dette, les chocs financiers, les émeutes de la faim et la pandémie… Réagir est plus que nécessaire, réfléchir sur l’avenir de nos enfants est indispensable. Comme l’exprimait Malthus à la fin de son Essai sur la population, « tout lecteur équitable doit, je pense, reconnaître que l’objet pratique que l’auteur a eu en vue par dessus tout, est d’améliorer le sort et d’augmenter le bonheur des classes inférieures de la société ». Le rapport du nombre d’humains aux ressources alimentaires, élément essentiel du message malthusien, devient en langage moderne « vivre des fruits de la Terre sans porter atteinte au capital naturel ». Nous avons besoin d’un nouvel imaginaire, peuplé de moins d’enfants et de beaucoup plus de nature.

Bien chers lecteurs et lectrices de ce blog, à toi maintenant d’écrire la suite des évènements dans ta vie et par tes engagements… Il y a tant et tant de manière de se mobiliser pour éviter l’inévitable. Un nouvel imaginaire est possible, sois le changement que tu veux voir pour le monde.

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Entre imaginaires contradictoires, que choisir ? (2024)

extraits : Ce qui change à travers les âges, c’est l’objet qui excite l’imagination : un jour un dieu, le lendemain un empereur, le surlendemain une idéologie… Aujourd’hui c’est la planète dont il conviendrait de restaurer le règne injustement interrompu. Tout indique pourtant que la fin du monde n’est pas pour demain. Force est de constater les prodiges accomplis par les penseurs du progrès comme Condorcet et les inventeurs de la filière nucléaire. Nous n’avons plus jamais froid, nous n’avons plus jamais faim, nous nous éclairons à volonté, nous communiquons avec nos proches à tout moment, on craignait l’arracheur de dents, personne n’a peur de son dentiste. Alors que la transformation écologique en Europe nourrit le doute et la montée des contestations, il n’a jamais été aussi utile d’avoir les idées claires sur le chemin à emprunter pour surmonter les défis climatique, énergétique, etc…

Notre imaginaire sur nos besoins se modifie (2023)

extraits : Dans un monde où six des neuf limites planétaires ont déjà été dépassées, nous devons reconsidérer nos priorités. Comment ignorer aussi que l’approvisionnement de l’Europe en pétrole risque de devenir problématique tant certains pays producteurs s’approchent de leur pic de production, voire l’ont dépassé ? Il est urgent de se questionner sur les besoins que nous définirons comme essentiels. Quelle place souhaitons-nous accorder à la 5G, à la 6G, à l’ordinateur quantique ? Doivent-elles être considérées comme nos priorités ?….

Vers un imaginaire partagé décroissanciste (2022)

extraits : Un changement culturel d’ampleur ne peut arriver en un jour, il se forge par étapes successives contre le règne des SUR : surcroissance, surconsommation, suremballage, surabondance, suractivité, surpâturage, surpêche, sur-communications, surendettement, surmondialisation, sur-mobilités, sur-tourisme, suréquipement, surmédicalisation, surpuissance technologique, etc. Le résultat final se conjugue en DÉ : décroissance, démondialisation, désurbanisation, dévoiturage, dépopulation, dé-technicisation, démilitarisation, décentralisation, etc. Bien sûr un tel récit collectif est inaudible actuellement… pourtant quand nous n’aurons plus de pétrole mais le réchauffement climatique en prime, nécessité fera loi.

L’imaginaire technologique de nos présidents (2021)

extraits : Nos présidents se font un point d’honneur de glorifier la technique dite « de pointe ». De Gaulle inaugure le sous-marin Le Redoutable (1967), Pompidou vole en Concorde de Paris à Toulouse (1971), Giscard visite la centrale nucléaire de Gravelines (1980), Mitterrand inaugure le TGV (1981), Emmanuel Macron adoore « le TGV, Ariane, le Concorde et le nucléaire. »….

L’utopie écologique, un imaginaire à vivre (2019)

extraits : L’utopie « techno-libérale » décrit une société hyper-individualiste organisée pour une croissance forte tirée par la science et la technologie, avec le transhumanisme comme point d’horizon. L’Utopie « écologique » dépeint une organisation de l’économie et de la société tendue vers la sobriété, le « moins mais mieux ». L’Utopie « sécuritaire » renvoie à une société nostalgique d’un passé révolu, attachée à la morale et à la tradition, soucieuse de préserver son identité face aux influences étrangères. Notre enquête d’opinion a mesuré le degré d’adhésion des Français à ces trois modèles de société idéale….

Perdre l’imaginaire de la nature nécessite de le retrouver (2014)

extraits : Dans notre imaginaire, le monde naturel bat en retraite. Il s’amenuise et s’appauvrit. Dans l’univers merveilleux de Disney, les décors naturels sont moins présents : ils occupaient en moyenne 80 % du temps dans les films produits dans les années 1940, contre environ 50 % dans les années 2010. De plus, lorsque des environnements naturels sont représentés, il s’agit de plus en plus de paysages anthropisés (zones agricoles, jardins, etc.). Surtout, le nombre d’espèces animales apparaissant dans chaque film baisse continuellement avec les années. Les enfants jouent moins dans la nature et, lorsqu’ils deviennent scénaristes, tendent à moins la représenter dans les histoires qu’ils écrivent… contribuant à leur tour à forger chez les enfants un imaginaire toujours plus éloigné des beautés du vivant….

contre les frontistes, l’imaginaire collectif écolo ! (2013)

extraits : Tout mouvement existe avant toute action comme discours, mais les différences conceptuelles entre partis traditionnels s’effritent. La gauche se dit « sociale », mais la droite libérale se veut « populaire ». Pour le reste, la vulgate reste identique, marché, concurrence, compétitivité internationale, progrès technologique, croissance économique sans freins. Face à ce duopole, le Front national véhicule depuis sa création en 1972 une conception du monde qui se veut particulière : décadence, nostalgie d’un âge d’or révolu, théorie du complot et appel au chef messianique….

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Trump ne peut gagner contre l’OMC

Entre 2016 et 2023, les échanges de marchandises et de services ont augmenté en moyenne de 6 % chaque année dans le monde. L’OMC (organisation mondiale du commerce) prédit une contraction historique du commerce mondial cette année, conséquence de la « tempête Trump ». Les tensions protectionnistes augmentent avec la crise et l’idée d’une relocalisation nécessaire des activités fait son chemin. D’ailleurs les Chinois se mordent les doigts d’avoir basé l’essentiel de leur développement sur la promotion des exportations. Il n’empêche, Trump va céder et le libre-échange va repartir de plus belle au grand détriment des équilibres écologiques.

Julien Buissou : Dans ses prévisions annuelles publiées ce mercredi 16 avril, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) table sur une baisse du volume du commerce mondial de marchandises comprise entre 0,2 % et 1,5 % en 2025 en fonction de la politique douanière de Trump, soit une baisse d’au moins 2,9 points de pourcentage par rapport à ses estimations d’octobre 2024 qui envisageaient une hausse de 2,7 %. Le commerce mondial de marchandises devrait ensuite renouer avec une modeste croissance de 2,5 % en 2026. « La nature sans précédent du récent changement de politique commerciale est un défi pour les prévisionnistes, précise l’OMC dans son rapport, car il n’existe aucun événement comparable dans l’histoire récente. »

Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’OMC : « L’incertitude persistante risque de freiner la croissance mondiale, avec de graves conséquences négatives pour l’ensemble du monde, et en particulier pour les économies les plus vulnérables ».

L’agence ONU Commerce et Développement (anciennement appelée la Cnuced) constatait que les chaînes d’approvisionnement étaient, à nouveau, en pleine reconfiguration. Les crises géopolitiques et la pandémie de Covid-19 avaient déjà incité les multinationales à construire des usines dans des pays plus proches de leurs marchés, à la fois sur le plan géographique et géopolitique.

Le point de vue des écologistes protectionnistes

C’est bon pour la planète… ou pas ? À court terme une croissance économique défaillante suite aux restrictions commerciales ne peut qu’amplifier le chômage mondial et les inégalités. À long terme, une démondialisation serait une très bonne nouvelle pour l’environnement : moins de commerce égale moins de consommation égale moins de CO2 émis. Nous savons depuis 1972 qu’une croissance continue dans un monde fini est impossible et nous avons déjà dépassé les limites de la planète. Il faudrait donc que les gouvernements planifient à la fois la sobriété des modes de vie et favorisent les circuits courts. Ce n’est pas fait et le trumpisme n’arrange rien à l’affaire. Et puis l’OMC va encore pousser au libre-échange… et nous irons vers le mur encore plus vite. Trump n’est qu’un épisode de notre course à l’abîme sur une planète en flammes.

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Pour une démondialisation des échanges

extraits : La mondialisation est passée du registre de la solution à celui du problème, au grand dam des économistes convaincus des bienfaits pacificateurs du « doux commerce ». Car la multiplication des délocalisations tout au long de la chaîne de production fragilise l’ensemble : si l’un des maillons vient à manquer, c’est toute la chaîne qui s’effondre. Juste avant la pandémie, 70 % du commerce international était réalisé au travers de chaînes de valeur mondialisées. L’augmentation durable des prix des carburants va pousser les entreprises à favoriser les productions à proximité du consommateur. Bienvenue au circuit court !…

Le yin du protectionnisme contre le yang du libre-échange

extraits : L’écologie penche pour le protectionnisme, la démondialisation, en définitive la relocalisation. Historiquement les vagues de protectionnisme et de libre-échange se sont succédé depuis l’abolition en 1838 des Corn Laws qui protégeaient l’agriculture britannique. Depuis la crise de 2008, la protection est à nouveau à l’ordre du jour. Les effets positifs du libre-échange n’existent que par l’accélération de la croissance économique que cela entraîne, mais les conséquences globales sont néfastes. La concurrence internationale s’est accompagnée de délocalisation, de montée des inégalités, de chômage structurel et de déséquilibres socio-écologiques. Le « doux » commerce est en réalité une affaire de puissance, c’est le plus fort qui impose sa loi…

La souveraineté alimentaire, une notion dévoyée

extraits : Après la création de l’Organisation mondiale du commerce, en 1995, les États défendaient l’idée qu’il fallait ouvrir les marchés pour rendre l’alimentation moins chère et permettre aux pauvres de se nourrir. C’était n’importe quoi parce que la majorité de ceux qui ont du mal à survivre, ce sont les paysans pauvres, et baisser leurs revenus n’allait pas les aider. La souveraineté alimentaire est alors définie par Via Campesina (« la voie paysanne ») en réaction au libre-échange. C’est la capacité des peuples à décider de leur alimentation et convenir du modèle pour y parvenir, dans le respect de ceux qui travaillent la terre et des ressources naturelles.

Trump ne peut gagner contre l’OMC Lire la suite »

NOUS, élus, pouvons faire n’importe quoi

Christophe Guilloteau (Les Républicains, LR), président du conseil départemental du Rhône, a supprimé brutalement les subventions annuelles de trois associations de défense de l’environnement. C’est sa réponse à un courrier de ces associations qui alertait sur les conséquences économiques et environnementales d’un projet de port fluvial sur la Saône. Se venger ainsi d’un courrier qui déplaît, c’est une vision de la démocratie assez inquiétante.

D’un coût estimé à près de 40 millions d’euros, ce nouveau port reviendrait à artificialiser une surface équivalente à 30 terrains de football en pleine zone humide, et serait uniquement destiné à des propriétaires de bateaux à moteur de la région. Les associations environnementales sont d’intérêt général, à la recherche du bien commun. Les  élus n’ont pas la même conception, ils ne regardent souvent que leur nombril !

Christophe Guilloteau : « On ne peut pas prendre l’argent du département et aller contre les projets du département et s’en prendre aux élus. On va pas chercher dans les poubelles ce qu’on ne peut pas obtenir dans les urnes… J’en ai assez de ces associations de danseurs aux pieds nus qui viennent nous expliquer ce que nous, élus, on doit faire sur nos territoires… Je ne suis pas prêt à ce que mes enfants mangent des graines tous les jours, à faire de la bicyclette tous les jours. »

Il a annulé d’un trait de plume la subvention de 28 000 euros pour la Ligue de protection des oiseaux (LPO), l’enveloppe de 24 000 euros pour Arthropologia (étude de sauvegarde des abeilles sauvages), ainsi que 29 000 euros pour France Nature Environnement (FNE).

Commentaires sur lemonde.fr

docteur Maboul : Guilloteau n’est au courant que ses enfants mangent des graines tous les jours ! Et je ne vois pas très bien le problème de faire du vélo tous les jours…

Pierre69 : Trump fait des émules.

Samosse : Retirer les subventions des associations qui défendent l’environnement parce qu’elles défendent l’environnement, il fallait y penser.

KonTiki : Il faut casser le thermomètre quand on a la fièvre. C’est le meilleur moyen de ne pas comprendre ce qu’il va se passer. Bravo monsieur Guilloteau.

Lectrice78 : Supprimer des subventions de projets bien définis, sans rapport avec le port en question, est d’une logique plus que douteuse.

Zétic : Le contributeur ce n’est pas le président du conseil départemental LR, ce sont les citoyens.

Erwann Le Meur : à l’instar de Wauquiez, son mentor, Guilloteau fait partie de ces élus qui confondent l’intérêt public et leur idéologie propre. Avec ces élus des territoires, la France serait couverte de ZAC inutiles et vides, de zones commerciales délaissées, d’infrastructures en surnombre, le tout financé sur fonds publics. Ce n’est pas l’argent de Guilloteau mais celui de nos impôts dont il s’agit.

Frederic G : J’habite dans le Rhône et n’ai jamais entendu parler de ce monsieur. N’est ce pas plutôt son conseil départemental qu’il faudrait supprimer ?

ArseneLupin68 : Ces élus ne veulent que des courtisans. Quand il n’y aura plus que des cryptomonnaies à se mettre sous la dent et une planète infertile, on sera bien avancé.

ExtinctionRebellion : Ce n’est pas « son » argent, il n’en dispose pas selon son bon plaisir. Ces élus ont perdu le sens de l’intérêt commun et de la décence. Les écologistes n’auront bientôt plus rien à attendre d’une pseudo-démocratie confisquée et devront trouver d’autres moyens de lutter.

Dan78 : Citoyens-électeurs, vous savez ce qu’il vous reste à faire : on a les élus que l’on mérite.

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Combattre les GTII, Grands Travaux Inutiles et Imposés

extraits : L’enterrement de Notre-Dame-des-Landes en 2018 ne fait que préparer l‘épanouissement de la contestation de tous les GTII, Grands travaux inutiles et imposés. Partout sur le territoire, une cinquantaine de projets d’aménagement suscitent de vives oppositions locales, souvent depuis plusieurs années. Nos grands élus, épaulés (et briefés) par les grandes entreprises, se sont comportés comme Louis XIV qui a commandé son château de Versailles et les pharaons qui ont fait ériger les pyramides. Les projets pharaoniques étaient de droit divin dans l’Égypte ancienne : pour la gloire d’un seul, on exploitait tout un peuple. Aujourd’hui on fait croire au peuple qu’on construit des éléphants blancs pour son plus grand bonheur….

En finir avec les grands travaux inutiles et imposés ?

extraits : Les actes de destruction opérés contre les GTI deviendront-ils en 2018 un impératif catégorique ? L’écrivain italien Erri De Luca avait déclaré à l’occasion du titanesque chantier du TGV Lyon-Turin : « Les actes de sabotage sont nécessaires pour faire comprendre que le TGV est un chantier inutile et nocif (1er septembre 2013 sur le Huffington Post)». Pour sa défense lors de son procès, il avait précisé : « Le sabotage est une forme de résistance politique qui ne peut s’entendre seulement au sens matériel. Ce mot a un sens plus large, un sens politique. Quand des députés s’opposent à une loi, au Parlement, ils la sabotent à leur manière. L’Italie est pleine de chantiers abandonnés, des ponts, des routes, des hôpitaux… Il y en a des centaines. D’une certaine façon, ces chantiers-là se sont autosabotés. »….

Le petit livre noir des grands travaux inutiles, 7 euros

extraits : Pour une approche plus globale, lisez « Le petit livre noir des Grands travaux inutiles ». IApprécions à sa juste valeur le dernier paragraphe de ce petit livre noir : « Les ZAD (Zones à défendre) ne sont pas seulement des lieux de contestation, elles sont aussi des lieux d’apprentissage, des agoras où renaissent l’esprit de lutte, l’envie d’échanger, le besoin de s’engager. A toutes celles et ceux qui ont osé sortir des sentiers battus et reprendre les chemins (parfois boueux) de la mobilisation, à toutes celles et ceux qui,  sans renoncer à leur individualité, savent se fondre dans un collectif, nous n’avons qu’une seule chose à dire : continuez ! Continuons… »

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Impossible croissance pour sauver l’emploi

Impossible croissance ! En vertu de la politique de consolidation budgétaire visant à réduire le déficit public, le moteur de la dépense publique va s’éteindre. En agitant le chiffon rouge des droits de douane, le président Trump va provoquer un ralentissement des échanges internationaux. Les ménages ne manifestent pas une plus grande confiance en l’avenir, le taux d’épargne reste au-dessus de 18 % ; la consommation est en berne. L’année 2024 s’était achevée sur une hausse de 1,1 % du PIB (produit intérieur brut). Difficile de parvenir à 0,9 % sur l’année 2025, comme le prévoit le budget. Et pendant ce temps le taux de chômage grimpe, il devrait atteindre 7,6 % .

On croit encore à la croissance pour résorber le chômage, l’aveuglement de nos dirigeants est sans limite. Avec 1% de croissance par an, la France aurait un PIB de 300 mille milliards d’euros en l’an 2500. Courage, on va y arriver ! On désespère de voir un jour un papier dans Le Monde expliquant patiemment que la croissance c’est fini et qu’il faut, d’urgence, mettre en place un plan avec un objectif de décroissance maîtrisée. Sinon, nous souffrirons ensemble. Sans doute pour mon cas moins que d’autres, ou moins longtemps, car je vais fêter ma 78ème année.

l’infernal triangle emploi/climat/croissance (2020)

extraits : L’infernale triangulaire des politiques, « stimuler la croissance tout en créant des emplois tout en éviter un rebond des émissions de CO2 ! »

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) résout le problème par « trente propositions pour une relance favorable au climat » ! L’AIE enfile les perles : efficacité énergétique (pour éviter de parle d’économiser l’énergie), rénovation des bâtiments (dans les bidonvilles?), moteurs électriques (sans s’interroger sur comment produire l’électricité), énergies renouvelables (qui ne seront jamais à la hauteur des énergies fossiles), développer les réseaux de trains à grande vitesse (et supprimer les lignes secondaires de chemins de fer), investir dans l’hydrogène (qu’il faudrait produire avec des énergies renouvelables!), etc. Précisons que l’AIE est une émanation du club des pays riches (l’OCDE) chargé de garantir l’approvisionnement en combustibles du monde développé. Les problèmes du tiers-monde, on s’en moque. …

L’impossibilité de créer des emplois par la croissance (2015)

extraits : L’UMPS est sur la même longueur d’onde que les syndicats, croissanciste. C’est la pensée unique de la solution unique. Le PS Manuel Valls a expliqué que « tant que nous n’avons pas une croissance plus forte, autour de 1,5 %, il est difficile de créer de l’emploi.» L’UMP Gérard Larcher estime que les chiffres du chômage « montre[nt] combien un changement de politique économique est indispensable et urgent afin de lever les freins à la croissance et à la création d’emplois ». Le syndicaliste Jean-Claude Mailly (FO) juge « indispensable » de « changer de politique économique afin de retrouver une croissance porteuse d’emplois ».

Ils attendent tous la croissance comme d’autres attendaient autrefois la pluie ; c’est la pensée magique ….

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Jean-Michel FAVROT, l’AnthropoEXcentrisme

Vers une nouvelle relation au vivant :

AnthropoEXcentrism ou l’humanisme élargi

un livre de Jean-Michel FAVROT

Dans une filiation assumée avec la plateforme d’Arne Naess sur « l’Écologie Profonde » , voici la plateforme de l’anthropoEXcentrisme :

(Partie 2)

  1. Chaque être humain s’abstiendra d’avoir plus d’enfants que ce que peut tolérer le rétablissement, puis le maintien des grands équilibres écologiques et en particulier le rétablissement des grands ensembles en Libre Evolution. Le niveau de fécondité souhaitable évoluera avec l’approche de la restauration écologique.
  2. Chaque être humain contribuera à la décroissance homothétique à la fois par son comportement reproductif et par son comportement raisonnable, donc parcimonieux, de consommation de biens matériels.
  3. La réduction des injustices sociales, et tout spécialement internationales, est gage de possibilité de liberté et d’émancipation féminine. Cette liberté de la totale maîtrise de son corps, assise sur le droit au savoir philosophique, culturel et scientifique, partout à travers le monde, est une des conditions de la mise en œuvre et de la réussite de la décroissance homothétique. 
  4. La qualité de vie et le pouvoir de vivre, en particulier à proximité de vastes espaces en libre évolution, tendront à être privilégiés à l’accumulation de biens matériels.
  5. Le Principe de Précaution, le principe de responsabilité, à l’égard du futur est un devoir moral. Le Principe de Parcimonie est également un devoir moral et implique la société comme les individus.
  6. Seront privilégiées les technologies minimisant ou annulant l’emprise géographique de l’homme, la fragmentation des milieux, les consommations de ressource et les modifications physico-chimiques à grande échelle. Le progrès et le savoir scientifique sont des conditions de la décroissance homothétique et de l’anthropoEXcentrisme, mais leur application doit être orientée vers le plus grand bénéfice social et la minimisation des impacts.
  7. A terme, la démographie maîtrisée et les comportements de consommation vertueux devront permettre de limiter les prélèvements de ressource à la quantité maximale offerte par le renouvellement naturel et le recyclage.
  8. Toute décision consistant à installer, transférer les risques technologiques et chimiques, ou les atteintes à l’intégrité des espaces naturels, terrestres ou marins, loin des lieux d’activité humaine (habitation, travail, loisir…), est proscrite et considérée comme immorale. L’homme doit assumer seul les conséquences de ses décisions.
  9. Le droit des générations futures suppose l’héritage d’une planète en équilibre écologique rétabli et disposant en conséquence de ressources permettant un prélèvement au moins égal aux prélèvements équilibrés des générations précédentes. La surface des domaines en Libre Evolution ne pourra que s’accroître de génération en génération.
  10. Pour satisfaire les besoins vitaux des individus et de l’Humanité, notamment veiller à la santé des individus et de la population, les règles et principes de la partie 1 ci-dessous pourront être localement et momentanément assouplis, mais jamais au sein des domaines en Libre Evolution.
  11. Pas plus que dans les domaines de Libre Evolution, nul n’est censé s’approprier une forme de vie non domestique pour son plaisir ou pour la revendre. Seule la communauté humaine, au sens le plus large possible, peut décider de prélèvements de formes de vie non domestiques, uniquement aux fins de sécurité ou de santé, et les prélèvements, minimisés, appartiennent à la communauté humaine. Aucun être vivant, aucune matière du sol ou du sous-sol ne peut être considéré comme Res Nullius.
  12. L’éleveur ou cultivateur, professionnel ou amateur, le détenteur de flore non spontanée ou d’animaux de compagnie contractent un devoir moral de protection à l’égard des êtres vivants artificiels, car issus de sélection ou mutation dirigées. En particulier, l’éradication des souffrances évitables, tant physiques que psychiques, sera la préoccupation première de ces acteurs, et ceci avant toute considération économique.
  13. Dans la mesure du possible, en particulier pour la préservation de sa propre santé, chacun veillera à pratiquer un mode d’alimentation qui limite son impact sur la planète et les souffrances infligées aux autres êtres vivants.

Partie 1 

  1. L’Humanité, les individus, hommes et femmes, les sociétés et toutes formes d’associations humaines, acquièrent l’intime et sincère conviction qu’ils ont émergé dans une longue filiation qu’ils partagent avec toutes les autres formes de vie, et qu’à ce titre ils ne sont ni possesseurs exclusifs, ni maîtres de leur environnement et de la Terre.
  2. Cette filiation découle du Processus, somme de principes qui ont permis le développement et le maintien de la vie sur Terre depuis l’origine. L’émergence de l’Humanité est un des fruits du Processus.
  3. Le Processus a tracé un chemin particulier depuis les origines à travers les aléas et les déterminismes physico-chimiques. Ce chemin est l’Aventure. L’Aventure doit toujours demeurer en marche.
  4. Le Processus et l’Aventure, patrimoine commun à toutes les formes de vie, acquièrent le statut de « valeur intrinsèque ».
  5. Le fonctionnement normal du Processus suppose la Libre Evolution des espèces et des écosystèmes. A ce titre, nul n’est censé interférer avec la trajectoire future de l’Aventure à travers un dessein préétabli. 
  6. La diversité des formes de vie étant le résultat du Processus, et la matérialisation de l’Aventure, son évolution spontanée constitue une valeur intrinsèque.
  7. La composition instantanée d’une communauté écologique ne présente pas le caractère de valeur intrinsèque. Sa valeur relative découle du respect de l’Aventure passée et future. 
  8. La vie de chaque individu, de chaque population, est un maillon indispensable du Processus, car elle est potentiellement porteuse des mutations et des évolutions futures.
  9. Au sein de l’Aventure, les formes de vie non humaines ont la même valeur en soi que la vie humaine, puisqu’issues du même Processus et à ce titre la valeur des formes de vie non humaines est totalement indépendante de leur utilité pour l’homme.
  10. Les formes de vie constituent a priori un continuum de sensibilité, d’intelligence, de conscience de soi, et à ce titre aucune frontière nette ne doit être tracée pour établir une hiérarchie, une suprématie de droit ou de valeur, entre les espèces vivantes ou au sein des espèces, pas plus qu’entre les humains.
  11. Consciente que, par son action particulière sur son propre environnement, l’Humanité a gravement perturbé le Processus et le tracé de l’Aventure, que par là même elle s’est désolidarisée de la communauté biotique et de ses modes historiques d’interactions, elle décide de dédier une partie très significative de la planète à la restauration du Processus.
  12. Ainsi l’Humanité crée de vastes zones de Libre Evolution permettant au Processus de reprendre son œuvre immémorielle.
  13. Ces zones seront fortement interconnectées.
  14. Au sein de ces zones, nul n’est censé perturber le Processus.
  15. Nul artifice ou comportement artificiel n’est admis au sein de ces espaces.
  16. Les domaines en Libre Evolution ne peuvent en aucun cas accueillir de faune ou de flore domestiques, c’est-à-dire sélectionnées par l’Homme pour ses besoins propres.
  17. La reconstitution de ces espaces sera la consécutive à la baisse de la population humaine et de la décroissance homothétique.
  18. Au sein de ces ensembles, chaque individu de quelque espèce que ce soit, dispose du même droit d’usufruit. Ce droit découle du Droit Naturel à exploiter son domaine de vie pour sa propre survie, sa reproduction, sa migration, du droit de prendre les bonnes ou les mauvaises décisions. Ces espaces sont par nature en copropriété de l’ensemble de la communauté biotique amené à évoluer.
  19. A ce titre, au sein de ces ensembles, nul ne peut s’approprier une autre forme de vie pour satisfaire son propre usage, si ce n’est par prédation naturelle indispensable à sa survie, mais en excluant l’utilisation de tout artifice importé. Les individus de la faune et la flore sauvages naissent libres et le demeurerons jusqu’à leur mort naturelle, en libre interaction avec le reste de la communauté biotique.
  20. Au sein de ces ensembles, le substrat de la vie, le biotope ne peut être modifié et les seules évolutions seront celles induites par les évolutions géologiques spontanées.
  21. La géologie, la tectonique, la pédologie, l’hydrographie, constituant les supports matériels du Processus, acquièrent une valeur en soi que nul ne saurait perturber à grande échelle.

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Donald Trump et la guerre des ressources

Comment croire que le Vieux Continent puisse sortir vainqueur d’une guerre où deux hyperpuissances s’assoient sur la morale et jouent le rapport de force ?

Jean-Michel Bezat : Un nouveau prédateur fait une entrée fracassante sur le marché des minerais et des terres rares : les Etats-Unis. Donald Trump pourrait s’autogratifier du titre de « maître des ressources naturelles ». Durant son premier mandat (2017-2021), M. Trump visait déjà les richesses du Groenland. Sa proie actuelle est l’Ukraine, fort d’une « justification » nouvelle : « récupérer » les milliards de dollars d’aides versés durant les trois ans de guerre contre la Russie : « On demande des terres rares et du pétrole, n’importe quoi qu’on puisse obtenir ». On atteint là un degré de brutalité et d’indécence inégalé avec son refus d’assortir tout accord sur les ressources avec des « garanties de sécurité » de l’Ukraine. Trump n’est pas Franklin D. Roosevelt, signataire en 1945 d’un accord pétrole contre sécurité avec le roi d’Arabie saoudite. Il triche même sur les chiffres. Estimant d’abord la « dette » de Kiev à 500 milliards de dollars (481 milliards d’euros), il l’a réduite à 350 milliards, encore loin du soutien réel de 120 milliards évalué par les experts sérieux. La reconstruction du pays agressé aurait un coût estimé à plus de 500 milliards de dollars sur dix ans par la Banque mondiale.

Comparée à la brutalité de M. Trump, la discrète et méthodique prise de contrôle des ressources africaines par la Chine donne l’illusion d’une stratégie plus « soft » Mais il n’est pas de doux commerce avec la Chine, elle a mis en coupe réglée une partie de l’Afrique. La politique chinoise s’est appuyée sur la corruption des élites locales et la faiblesse de partenaires finalement piégés dans une dangereuse dépendance.

Le point de vue des écologistes anti-extractivistes

– Les prévisions d’extraction sont effarantes. La guerre économique a balayé toutes nos prétentions environnementales

– La guerre des ressources a déjà commencé, tous les coups sont permis.

L’Europe est le SEUL continent sans presque aucune ressources énergétiques.

– Nos panneaux solaires et nos éoliennes nous rendent dépendants de la Chine.

– L’UE, déjà dépendante du pétrole/gaz russe, l’est aujourd’hui des USA.

– Est-ce un besoin d’intérêt public majeur d’extraire du lithium e alors qu’on s’en est passé pendant des millénaires ?

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Extractivisme, l’inquiétante frénésie 

extraits : Des quantités croissantes de cuivre, de lithium, de nickel et de cobalt sont nécessaires à la décarbonation du système énergétique. Mais difficile de qualifier un site minier de « vert », de « propre » ou même de « durable ». On extrait des ressources qui ont mis des centaines de millions d’années à se former, il n’y a pas de retour en arrière. Et les mines génèrent tellement de déchets…

L’extractivisme se veut indispensable, à tort

extraits : La sagesse de Thomas More a été ignorée, qui condamnait toute ouverture des entrailles de la Terre :« L’or et l’argent n’ont aucune vertu, aucun usage, aucune propriété dont la privation soit un inconvénient véritable. C’est la folie humaine qui a mis tant de prix à leur rareté. La nature, cette excellente mère, les a enfouis à de grandes profondeurs, comme des productions inutiles et vaines, tandis qu’elle expose à découvert l’air, l’eau, la terre et tout ce qu’il y a de bon et de réellement utile. » (L’utopie 1ère édition 1516)….

Nauru, l’extractivisme à l’image de ce qui nous arrive

extraits : Une espèce appartenant au règne animal s’est lancée dans une activité totalement inédite : l’extraction de minerais sans passer par les végétaux, qui jouaient jusqu’alors le rôle de fournisseurs intermédiaires. Cette espèce creuse, perce, concasse le sol, cette espèce c’est la nôtre. Or Nauru est un miroir de la fragilité des civilisations fondées sur le pillage des ressources de la Terre.  Nauru, perdu dans l’étendue du Pacifique, ses 10 000 habitants, ses gisements de phosphate….

La fin programmée de l’extractivisme… en 2017 ? (écrit en 2016)

extraits : Depuis deux siècles nous sommes une société extractiviste, charbon, pétrole, minerais, métaux… On a transformé la Terre en gruyère. Nous avons déjà prélevé plus de la moitié du pétrole et il faudrait en laisser une grande partie sous terre pour éviter l’emballement climatique. Les politiques n’en ont pas encore conscience, mais l’extractivisme est derrière nous. En 1859 le pétrole a été trouvé à 23 mètres de profondeur en Pennsylvanie. Pour les huiles de schiste, la roche mère se situe entre 1500 et 3500 mètres de profondeur….

Démence extractive, c’est-à-dire «Explosons la planète» (2015)

extraits : Nous traversons la dernière étape de l’exploitation à grande échelle des minéraux. En deux siècles à peine, au terme d’une guerre impitoyable, nous aurons remonté à la surface de la terre un trésor qui avait mis des millions, voire des milliards d’années à se constituer. Le point culminant de cette démence extractive est la décision des compagnies pétrolières d’exploiter certains combustibles non conventionnels comme le gaz de schiste, le pétrole en eaux profondes ou les sables bitumineux….

arrêt des extractions minières partout dans le monde (2012)

extraits : A qui appartiennent les ressources minières du Groenland ? Les immenses ressources de son sous-sol attirent les convoitises ; l’accélération de la fonte de la calotte glaciaire permet d’envisager leur exploitation. Mais ces ressources n’appartiennent ni à l’Europe via le Danemark, ni aux autres Etats limitrophes. Ces ressources n’appartiennent pas non plus aux 57 000 habitants de cette île recouverte d’une couverture de glace atteignant 150 mètres d’épaisseur. Ces ressources n’appartiennent certainement pas aux firmes multinationales comme Exxon Mobil, Cairn Energy ou encore EnCana. Ces ressources n’appartiennent même pas aux générations futures qui n’en feraient pas un usage meilleur qu’aujourd’hui. Il faut lutter contre la logique extractive et sanctuariser les dernières et rares ressources du sous-sol qui nous restent….

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Wauquiez veut supprimer l’OFB !!!

L’Office français de la biodiversité (OFB) défend le rôle de ses 3 000 agents dans la préservation de l’environnement et dans la protection des exploitations agricoles face aux menaces sanitaires. Il était attaqué par Wauquiez et Pannekoucke.

Richard Schittly : Contenu de la lettre adressée aux agriculteurs par Fabrice Pannekoucke, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et Laurent Wauquiez, son prédécesseur : « A votre contact, nous avons constaté comment l’Office français de la biodiversité vous empêche de travailler sereinement, en vous accablant de contrôles absurdes… Nous avons entendu un agent de l’OFB comparer nos agriculteurs à des trafiquants de drogue. Ces insultes ouvriront les yeux du gouvernement sur la nature réelle de l’OFB : une coalition d’idéologues, qui entend vous empêcher de travailler et de vivre dignement. Nous espérons que se posera sérieusement la question de sa dissolution .»

« Le métier d’agriculteur est difficile, il mériterait d’être soutenu et non pas instrumentalisé à des fins idéologiques », a aussitôt réagi la totalité des parlementaires du Parti socialiste de la région. Le groupe écologiste d’Auvergne-Rhône-Alpes a dénoncé « une dérive trumpiste » de la majorité régionale. » Olivier Thibault, directeur général de l’OFB, et Fabienne Buccio, préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes, insistent : « Le droit de l’environnement nous protège en luttant contre les causes du dérèglement climatique et de l’effondrement de la biodiversité. La police de l’environnement nous protège en cherchant à préserver un environnement sain pour les générations futures. »

le point de vue des écologistes

Tarte à la crème de la droite et de l’extrême droite : opposer agriculture et environnement. Manœuvre purement démagogique, soutenue par les syndicats agricoles droitiers et les lobbys de la chimie pour flatter les agriculteurs au lieu de les former à développer une agriculture tout aussi rentable, mais plus respectueuse de l’environnement, de la santé des consommateurs… et de celle des agriculteurs.

Entre le courage politique qui exigerait d’un élu qu’il expliquât la complexité du monde aux citoyens que nous sommes et les décisions qui doivent en découler, et la démagogie, Wauquiez a fait son choix depuis longtemps. Wauquiez, la lie des politiciens démagogues qui utilise l’argent public pour sa carrière (cf son repas à 100.000 €). Comme Retailleau a préempté le thème de l’immigration, Wauquiez essaie de rallier les agriculteurs dans sa petite guéguerre des chefs. Est-il vraiment surprenant que Wauquiez commence à faire jouer une petite musique trumpienne à l’endroit des agriculteurs ? Cela s’appelle de l’opportunisme de bas étage en vue de futures élections présidentielles…

Cela dit la cellule « Demeter » de la gendarmerie, créature engendrée suite à de troubles rapprochements entre le ministère de l’intérieur et la FNSEA, avec pour fonction de lutter contre l' »‘agribashing », n’a toujours pas été dissoute… Pendant ce temps on ne trouve plus d’eau potable et les insectes disparaissent.

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OFB, Office français de la biodiversité, attaqué !

extraits : Wauquiez Bayrou, même combat ! Quasiment muet sur les sujets climatiques et environnementaux lors de sa déclaration de politique générale le 14 janvier 2025, le premier ministre François Bayrou a en revanche lancé un acte d’accusation sévère à l’encontre de l’instance chargée de veiller à la préservation de la biodiversité et au respect du droit de l’environnement : « Quand les inspecteurs de la biodiversité viennent contrôler le fossé ou le point d’eau avec une arme à la ceinture, dans une ferme déjà mise à cran, c’est une humiliation, et c’est donc une faute ». Le patron des LR à l’Assemblée, Laurent Wauquiez a réclamé que l’OFB soit « purement et simplement supprimé »….

ZAN, zéro artificialisation nette, faux débat

extraits : La trajectoire nationale de zéro artificialisation nette a été instituée en 2021 par la loi Climat et résilience. Bruno Le Maire : « Nous devons nous interroger sur la mise en œuvre du ZAN car la pression monte. Il faut dégager des terrains pour l’industrie… » Avant de se payer le luxe de raser d’autres forêts pour une belle usine toute neuve, on peut commencer par réoccuper tous les sites pollués qu’on a tranquillement laissés avec la clé sous le paillasson. Lemaire est mûr pour un retour chez LR, sous la houlette de Wauquiez, anti ZAN en chef….

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Autoroute A69, le chantier est arrêté, enfin !

Le tribunal administratif de Toulouse a annulé, le 27 février, l’arrêté préfectoral autorisant le chantier de l’autoroute A69, entre Toulouse et Castres : « L’A69 et l’élargissement de l’A680 n’ayant que des bénéfices de portée limitée, il n’y a pas de nécessité impérieuse à les réaliser, et les arguments présentés en faveur de ces projets ne justifient pas qu’il soit dérogé à l’objectif de conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvages. » L’ouvrage devait entrer en service à la fin de l’année.

Le concessionnaire désigné de l’A69, Atosca, a pris « acte de l’impossibilité de poursuivre les travaux et de l’intention de l’Etat d’engager toutes les voies de recours permettant la reprise du projet dans les meilleurs délais possibles et dans le respect de la réglementation ». ’Etat va faire appel, a annoncé le ministère des transports car cette route a été « déclarée d’utilité publique en 2018 et bénéficie d’un large soutien local de la part des élus, des habitants et des acteurs économiques ».

Le point de vue des écologistes contre les travaux inutiles et imposés

Les États présentent un caractère double assez particulier, ils sont à la fois des formes institutionnalisées de pillage et des projets utopiques. Le dossier de l’A69 est celui qui illustre le mieux cette troublante dualité – entre l’Etat stratège soucieux du long terme et l’Etat pillard qui permet le saccage de l’avenir et des biens communs au bénéfice de quelques-uns. L’A69 est ce vieux projet d’autoroute entre Castres et Toulouse dont le tracé jouxte celui de la route nationale 126  : de vingt à trente minutes gagnées pour relier les deux villes, et une vingtaine d’euros pour l’aller-retour. Inutile et imposé.

Notre plus ancien article sur les autoroutes

14.08.2005 Des routes, des routes, trop de routes

En vertu de la loi de décentralisation d’août 2004, l’Etat français veut transférer 18 000 kilomètres de routes nationales (pour 10 000 kilomètres d’autoroutes) aux Conseils généraux. Ce n’est qu’un tout petit aspect d’une voirie qui compte 1,5 millions de kilomètres dont les départementales occupent 365 000 kilomètres, les communales 550 000 km et les chemins ruraux environ 600 000 km. Les problèmes de financements deviennent lancinants et le désengagement de l’Etat est à juste titre mal perçu par les collectivités locales. A cela s’ajoute les inquiétudes avec la privatisation prévue de certaines autoroutes. Mais personne ne s’interroge sur le bien-fondé d’un tel réseau dédiés aux déplacements individualisés.

L’importance démesurée de ce réseau de voirie entraîne pourtant la dégradation importante des écosystèmes par l’artificialisation des territoires et leur fragmentation. Pour la Biosphère, jamais une société humaine respectueuse de l’environnement n’aurait du dépasser le niveau des chemins vicinaux qui ne font qu’entretenir les rapports de voisinage.

A69. Manifestation interdite, donc violente ? (juin 2024)

extraits : A partir du 7 juin 2024, les mouvements mobilisés contre le projet d’autoroute avaient prévu trois jours de réunions et d’actions sur le tracé de l’A69. Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a demandé au préfet du Tarn d’interdire « cette nouvelle manifestation qui s’annonce extrêmement violente » où pourraient se rendre « 5 000 personnes dont 600 black blocs ». Le groupe des écologistes à l’Assemblée nationale a, pour sa part, évoqué le film Minority Report (2002) en décrivant un gouvernement prêt à « nous plonger en plein film d’anticipation où la violence s’invente avant même son existence éventuelle »….

A69, État pillard et non État stratège ! (avril 2024)

extraits : En dépit des avis négatifs des instances d’expertise et des fortes oppositions locales, la volonté de l’État et des collectivités de construire cette autoroute censée désenclaver Castres semble inébranlable. A quel moment l’État pillard prend-il le pas sur l’État stratège ? Notons que le pillage n’existe que par le soutien des électeurs au pouvoir en place. Toute tentative d’avancée militante se heurte à des personnes qui vivent dans un monde où l’urgence écologique n’existe pas….

autoroute A69, inutile et imposée (octobre 2023)

extraits : L’enterrement de Notre-Dame-des-Landes ne faisait que préparer l‘épanouissement de la contestation de tous les GTII, Grands travaux inutiles et imposés. Partout sur le territoire, une cinquantaine de projets d’aménagement suscitent de vives oppositions locales, souvent depuis plusieurs années : déchets nucléaires à Bure, lignes à très haute tension….

Autoroute A69, le chantier est arrêté, enfin ! Lire la suite »

L’immigration… si possibilité d’intégration

Didier Leschi est un ancien militant d’extrême gauche Il a manifesté entre autres devant les usines Renault après l’assassinat du militant maoïste Pierre Overney… Il est un des principaux animateurs des coordinations lycéennes de la fin des années 1970… Il est nommé fin décembre 2015 directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration ! Son parcours est étonnant, mais montre ses capacités d’évolution. Sa tribune dans LE MONDE en est aussi le signe. Il est en effet rationnel aujourd’hui d’avoir un point de vue mesuré sur la question de l’immigration. Accueillir une partie de la misère du monde est possible sous conditions. Un monde sans frontières est un idéal à atteindre, pas une réalité aujourd’hui.

Didier Leschi : « Il n’y a jamais eu autant d’immigrés en Europe qu’aujourd’hui – de deux à six fois plus qu’en Asie, en Afrique ou en Amérique latine, en proportion de la population. C’est un fait que l’Europe est ouverte aux différences humaines, culturelles et cultuelles, alors que dans le Sud,la tendance est à la fermeture. En France, nous mettons à disposition de tout nouvel arrivant nombre de services publics, de l’école à la santé en passant par la sécurité, ou encore l’accès au logement social, sans mesurer si la personne a déjà contribué à l’effort collectif qui permet l’existence de ce bien-être. L’État social peut-il accueillir tous ceux qui y aspirent ? Peut-on ignorer que le taux de pauvreté des migrants pèse sur une offre de logement social insuffisante, sur des services de soins déjà sous tension et au sein d’écoles où la mixité des conditions fait défaut ? Pourquoi éluder les difficultés de l’intégration ?

Comme argument suprême pour ne pas aborder frontalement la question de l’immigration, on nous répond que nous aurions besoin de bras afin de compenser notre hiver démographique. Une captation est d’autant plus avantageuse, et injuste, que nous n’aurons pas supporté le poids des formations de ces ingénieurs, de ces médecins, etc. Une sorte de prédation de cerveaux, mâtinée de bons sentiments, est à l’œuvre avec un soutien patronal intéressé. Ceux, assignés aux métiers particulièrement pénibles, participent au démantèlement des statuts salariés dans le cadre d’une exploitation ubérisée. Ignorer l’angoisse légitime des catégories populaires, pour qui l’État social est le bien le plus précieux et qui ont peur que la somme des pauvretés ne réduise la part de chacun, c’est ne pas comprendre l’attachement aux luttes qu’il a fallu mener pour que cet Etat existe. La raison sensible des peuples leur dit que les migrations, issues des chaos du monde, peuvent déconstruire les sociabilités au profit de multitudes au sein desquelles le repli sur des communautés d’origines empêche toute convergence dans des causes communes leur permettant de continuer à faire peuple. Se refuser à comprendre ces inquiétudes, c’est se refuser à débattre de l’essentiel au mépris des plus démunis d’entre nous. »

Le point de vue des écologistes

La considération du point de vue écologique amène à une analyse singulière du phénomène des flux migratoires entre le Nord et le Sud. Si l’immigration en provenance des pays pauvres est un phénomène positif du point de vue de l’émigrant, qui trouvera peut-être de meilleures conditions de vie, mais aussi du pays d’accueil qui trouve des « bras » supplémentaires pour payer les retraites du papy boom, un phénomène vicieux du point de vue démographique vient affecter cette belle harmonie.

En effet, si un pays interdit tout départ de sa population, ce que fait la Chine communiste, alors il est obligé de parvenir à la maîtrise de sa démographie. Il apparaît ce que la sociologie appelle un « effet cocotte-minute » entre maintien de la pression et libération incontrôlée, ce qui pousse les autorités à prendre des mesures conséquentes de maîtrise de la fécondité – à être responsable démographiquement. Sinon la cocotte saute, le peuple est dans la rue.

Dans le cadre d’une liberté donnée aux flux migratoires, une permissivité est laissée au taux de fécondité du pays puisque le surplus, l’excédent d’êtres humains ne trouvant pas de travail sur le pays de départ, partira pour en trouver dans des pays d’accueil. Le phénomène de cocotte-minute est inexistant, ce qui libère l’autorité de la tâche de contrôler la démographie du pays, et accélère l’expansion démographique mondiale.

NB : L’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) est un établissement public à caractère administratif chargé d’organiser l’accueil des migrants sur le sol français. Créé en 2009 par la fusion de plusieurs agences nationales, il devient le seul opérateur de l’État chargé de l’intégration des migrants durant les cinq premières années de leur séjour en France. Il travaille avec tous les acteurs institutionnels en France et à l’étranger : préfectures, postes diplomatiques et consulaires afin d’apporter la meilleure offre de service aux publics migrants et aux employeurs d’étrangers en situation régulière.

Bruno Retailleau à l’intérieur, un anti-immigré ? (septembre 2024)

extraits : Le problème de l’immigration, c’est l’impasse dans laquelle nous a mené le mythe de la mobilité comme droit absolu.  En 1968, 2 % seulement de l’humanité franchissait une frontière, soit 60 millions de personnes. Aujourd’hui 20 %, soit un milliard et demi. Pourtant aux temps d’Adam Smith et Ricardo, au début du XIXe siècle, ce n’était pas les humains qui se déplaçaient d’un pays à l’autre, uniquement les marchandises… Aujourd’hui les frontières se ferment, inexorablement, avec la saturation de l’espace. Tous les pays sans exception sont déjà surpeuplés. Les limites planétaires se répercutent sur les limites de chaque territoire. Que peut faire un ministre de l’intérieur ?…

Loi sur l’immigration, où est l’écologie ?

extraits : « Génération Écologie » condamne avec la plus grande force la loi sur l’immigration adoptée le 19 décembre 2023 par le Parlement : «  Il s’agit d’une loi de régression inédite, contraire aux valeurs républicaines… » Cette référence aux valeurs fait l’impasse sur la question de déterminer si des restrictions à l’immigration sont fondamentalement écolos ou complètement réactionnaires….

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La difficile gestion de l’immigration (avril 2023)

Réguler l’immigration, est-ce du racisme ? (mars 2023)

démographie et migrations environnementales (février 2023)

Démographie et immigration, 2 sujets tabous (janvier 2023)

Migration comme solution au déclin, délirant (2022)

L’arrêt forcé des migrations se mondialise (2021)

Politique écologique et migrations (2020)

Problème, anti-migrants ou anti-immigration ? (2020)

LFI hésite à parler vrai sur la fin des migrations ! (2018)

Immigration, l’écologie politique est-elle humaniste (2018)

La fin des migrations sur une planète close et saturée (2018)

Une nouvelle dimension aux migrations, insupportable (2017)

Que faire pour limiter les flux d’immigration/émigration (2016)

L’immigrationisme pousse à la guerre de tous contre tous (2016)

Liberté…, immigration – la France à l’heure des choix (2016)

Immigration, débat entre malthusiens et écosocialistes (2015)

Immigration : Europe passoire ou Europe forteresse ? (2015)

Le durcissement australien en matière d’immigration (2015)

Les Suisses ont voté halte à « l’immigration de masse » (2014)

En Suisse, le peuple devra trancher sur l’immigration (2014)

Fr. Hollande, l’immigration et la saturation de l’espace (2014)

La fin des migrations, en Europe et ailleurs (2013, Mayotte)

ECOPOP, limiter l’immigration pour protéger la nature (2012)

arrêt des migrations et ressources vitales (2011, Malek Boutih)

l’écologie contre les migrations (2011)

la fin des migrations (2010)

L’immigration fera l’identité nationale (2009)

immigration zéro (2007)

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La ville, processus d’artificialisation de la vie

Tandis que 30 % de la population mondiale vivaient dans les zones urbaines en 1950, cette proportion est passé à 47 % en 2000 et devrait atteindre 60 % en 2030 et 70 % en 2050. En France, c’est déjà plus de 82 %. On assiste véritablement à « l’explosion de l’urbain », il s’agit d’un processus généralisé d’artificialisation de la vie. Ce n’est pas durable.

Joëlle Zask, philosophe : Les mégafeux n’ont rien d’un châtiment divin. Ils s’expliquent par divers facteurs, etc. Tous ces facteurs se résument à un seul, la ville. Je la distingue de la cité, dont le mode d’existence est celui du « bien vivre », écrivait Aristote, de l’indépendance politique et économique, de l’inclusion dans un environnement plus vaste, géographique, historique, biologique… La ville a été pensée comme son inverse, ne rien devoir à la Terre. A Los Angeles, on a détourné l’eau, chassé les autochtones, bétonné. Partout, on voudrait nullifier les éléments naturels ; on enterre les cours d’eau, on « conditionne » l’air, on construit sur dalle. L’idéal de la ville, c’est le hors sol, la tour de Babel, cette construction biblique destinée à permettre aux humains de quitter la terre et de transgresser les limites de leur nature.  On voudrait même la ville hors du temps, régulée par une intelligence supérieure, celle de l’Expert omniscient, bientôt remplacé par l’intelligence artificielle. Pourtant cette ville ne produit rien de ce qu’elle consomme, colonise les territoires riches en ressources dont elle a besoin, enrôle de gré ou de force les populations nécessaires à son approvisionnement et rejette au loin tous ses déchets. Les villes recouvrent de 1 % à 3 % de la surface de la Terre, mais elles comptent pour 78 % de la consommation énergétique mondiale et produisent de 60 % à 70 % des émissions de gaz à effet de serre. Finalement, en 2050, elles concentreront 70 % de la population mondiale. Autrement dit, le tournant écologique passera par la ville ou ne sera pas.

Le point de vue des écologistes dés-urbanisés

Bandera : Qu’en sait donc cette philosophe ? C’est un sujet purement scientifique et logistique. Bien loin de la philosophie.

biosphere: A tous ceux qui critiquent la raison pure, on voudrait les voir en débat direct avec Joëlle Zask. Pourtant ils sont nombreux sur lemonde.fr a évoquer le statut de la personne pour ne pas avoir à parler de son discours. Normalement l’espace de commentaires est dévolu à des gens qui se croient intelligents puisqu’ils sont abonnés au MONDE. Bandera et autres sophistes, imaginez ce qui arriverait à n’importe quelle ville si elle était enfermée sous une coupole de verre qui empêcherait les ressources matérielles nécessaires d’entrer et de sortir.

SuperKurva : Cet individu intervient en dehors de son domaine de compétence. Bref, c’est comme demander l’avis de Didier Raoult au sujet des campagnes de vaccination.

Pm42 : Sur un sujet comme ça, on va trouver une philosophe qui va nous pondre un paquet d’énormités qui ne passeraient pas dans une copie de lycée.

Leo Brulero : Pour Mme Zask, ULTRACRÉPIDARIANISME. Terme désignant le comportement consistant à donner son avis ou à formuler des jugements sur des sujets en dehors de ses compétences ou de son domaine de connaissance.

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Une ville naît, croît et meurt comme toutes choses…

extraits : L’histoire nous dit que la ville n’est illusion, la sociologie nous dit que la ville est un concentré d’inégalités, l’écologie nous dit que 5  milliards d’urbains en  2030 c’est carrément impossible. Prenons la première ville, Ourouk, découverte au milieu du XIXe  siècle dans le sud de l’Irak. Elle faisait au minimum 250  hectares au IVe  millénaire et 590  hectares au début du IIIe  millénaire. Il n’y avait rien de comparable à l’époque, nulle part sur la planète. Elle abritait plusieurs dizaines de milliers de personnes. Puis se sont succédé des phases de conflits et Ourouk a été définitivement délaissée par les hommes dans les premiers siècles de notre ère. Ce phénomène de régression porte le nom d’involution. La première ville de l’histoire avait brillé pendant des millénaires, elle est retournée au quasi-néant, lentement recouverte par les sables du désert. Image de la destinée urbaine !…..

Lire, Notre empreinte écologique de Mathis WACKERNAGEL et William REES

La vie dans les grandes villes brise les cycles naturels et nous coupe de notre lien intime avec la nature. Nous vivons dans des cités où nous oublions facilement que la nature travaille en cercles fermés. Nous allons au magasin pour acheter des aliments que nous payons avec de l’argent tiré du guichet automatique d’une banque et, ensuite, nous nous débarrassons des détritus en les déposant dans une ruelle ou en les jetant à l’égout. … Imaginons ce qui arriverait à n’importe quelle ville si elle était enfermée sous une coupole de verre qui empêcherait les ressources matérielles nécessaires d’entrer et de sortir. Il est évident que cette ville cesserait de fonctionner en quelques jours et que ses habitants périraient… Ce modèle mental d’une coupole de verre nous rappelle assez brutalement la perpétuelle vulnérabilité de l’espèce humaine. Nous sommes bien conscients que les grandes régions urbaines industrielles posent un énorme problème en termes de durabilité, même fondée en partie sur l’autosuffisance régionale accrue.

Notre plus ancien article sur la question urbaine

12.09.2005 Vous êtes des animaux stupides

La surface dévastée par l’ouragan Katrina est de 235 000 km2, soit près de la moitié de la superficie de la France. Colère et désespoir gagnait en particulier les 300 000 habitants de la Nouvelle-Orléans en attente d’évacuation. Rudolph éclate : « On vit comme des animaux, sans électricité, sans eau, sans toilettes, sans douches, sans rien. Il faut que l’on sorte de là, on devient fous et malades. Ma fille et ses deux petites filles vivent comme des clochardes, c’est insupportable ». S’il est vrai que le cataclysme a révélé le niveau élevé des inégalités et la cruauté des rapports sociaux aux USA, en fait l’ouragan n’est qu’un épiphénomène : les humains sont les premiers responsables de la catastrophe. Dès 1722, on commençait l’édification des travaux d’assèchement de ce qui était un marécage propice à la biodiversité. En 1763, La Nouvelle Orléans n’avait encore que 3200 âmes, mais il y eut ensuite l’explosion urbaine qui avait aujourd’hui besoin de six grandes stations de pompage fonctionnant 24 heures sur 24, même par temps sec !

La Biosphère vous rappelle que les humains sont des animaux parmi les autres qui vivent normalement sans électricité, ni eau courante ou douches privées. Tout cela n’est que le privilège de la classe globale actuelle qui utilise sans limites les ressources naturelles au détriment de beaucoup d’humains, des autres animaux et des écosystèmes : les premiers destructeurs des cycles vitaux sont les habitants de villes dont on croit qu’elles peuvent survivre même en dessous du niveau de la mer !

La première fois où on a parlé de désurbanisation sur ce blog

22.09.2009 désurbanisation

Qu’on le veille ou non, il faudra bien un jour sortir du culte de la croissance, toujours plus de pouvoir d’achat, toujours plus de bagnoles, toujours plus d’avions, travailler toujours plus. L’urbanisation croissante est un élément de cette anthropisation forcenée de notre planète qui a accompagné la révolution industrielle dès le XIXe siècle. Mais au lieu d’être progressive, l’explosion urbaine est devenue selon les termes mêmes du Monde (22 septembre 2009) « violente », particulièrement en Afrique : les villes y passeront de 350 millions d’habitants en 2005 à 1,2 milliards en 2050. Ce ne sont que des prévisions statistiques, je prévois au contraire d’ici à 2050 un retour aux campagnes.

Cela ne veut pas dire que j’ai une pensée anti-urbaine, il y a des toutes petites villes fort agréables. Mais quand les habitants des bidonvilles constituent déjà en moyenne 36 % des citadins dans les pays dits « en développement », cela veut dire que ce n’est pas une urbanisation gérable, ce n’est donc pas une évolution durable. Jamais on ne pourra mettre de l’électricité, de l’eau courante et des routes goudronnées partout. Jamais on ne pourra mettre en place des services urbains à la portée de tous. Jamais on ne pourra trouver un emploi à cet afflux de main d’œuvre. Jamais il n’y aura assez de policiers (étymologiquement « créatures de la cité ») pour contrôler une société non policée.

Le discours de vérité n’est pas dans la vérité des prix, il est dans le sens des limites, à commencer par la limitation drastique de l’urbanisation. Cela ne peut se faire que si on s’investit dans l’agriculture durable au lieu d’investir dans les marchés financiers.

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3600 tigres en Inde, 1000 loups en France

A la naissance de l’agriculture, au début de la transition néolithique il y a environ 10 000 ans, la biomasse (c’est à dire le poids total) des humains et de tous leurs animaux domestiques, ne dépassait pas 0,1 % de celle de tous les mammifères. Aujourd’hui, la proportion est de 96 %. Les tigres se retrouvent dans des zoos, les humains dans des bidonvilles.

Carole Dieterich : Les tigres, autrefois répandus dans toute l’Asie, ont été éliminés de plus de 90 % de leur aire de répartition historique. L’Inde en compte aujourd’hui à elle seule quelque 3 600, on estime la population mondiale totale aux alentours de 5 000 individus. Dès le début des années 1970, l’Inde a mis en place le « Tiger Project » (projet tigre), l’un des plus anciens programmes de conservation du félin au monde. Au cours des deux dernières décennies,  les tigres ont occupé de manière continuelle des zones protégées riches en proies et exemptes de toute présence humaine (35 255 km2), mais ils ont également colonisé des habitats connectés proches et partagés par 60 millions de personnes. La cohabitation entre les populations et les tigres a généralement lieu dans des zones prospères, qui peuvent tirer avantage du tourisme lié à la présence d’une grande faune. A l’inverse, les taux de colonisation des tigres sont plus faibles dans les zones où le taux de pauvreté rurale est élevé. Les communautés marginalisées dépendent fortement de l’exploitation des ressources forestières et de la viande de brousse pour leur subsistance.

Le point de vue des écologistes écocentrés

– Dommage que la ligne du MONDE soit très positive lorsqu’il s’agit du retour des grands prédateurs dans d’autres parties du monde mais beaucoup plus nuancée quand il s’agit de défendre nos loups et ours.

– Chaque année, entre 35 et 40 personnes meurent dans des attaques de tigres en Inde. En même temps, il y a 168 500 tués par an sur la route en Inde.

Ce prédateur trône au sommet de la chaîne alimentaire, mais il partage l’espace avec d’autres prédateurs, les humains.

5000 tigres aujourd’hui, plus de 8 milliards d’humains !

5000 tigres au niveau mondial, 308 640 252 vaches abattues par les humains en 2022.

Le tigre est essentiel à la santé des écosystèmes et aux cascades trophiques, pas homo sapiens.

 

Allez, on va bien trouver une bonne raison d’exterminer complètement ce magnifique félin. Il n’est qu’en sursis… malheureusement.

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gardons nos tigres et nos loups, diminuons notre nombre

extraits : Il y a un siècle, la population de tigres en Inde était de 100 000 individus. Ils ne sont plus que 1700 en 2012. Si la population mondiale d’humains suivait la même pente, nous sommes 7 milliards en 2012, nous ne serions plus que 119 millions en 2112. Une vraie bénédiction pour les autres espèces en général et pour les tigres en particulier…

un seul ver de terre vaut autant que le tigre

extraits : WWF (le spécialiste du panda) ou l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) privilégient des espèces emblématiques. On abandonne à leur sort ce qui n’est pas jugé gros et mignon : l’ours polaire attire plus l’attention que le ver de terre. Les grands prédateurs sont à l’image de l’homme, ils focalisent la sensibilité, donc les financements… Or l’équilibre de la biosphère tient non seulement à la richesse en espèces animales d’un bout à l’autre de la chaîne alimentaire, mais aussi au nombre de ver de terre et aux microbes….

Les loups entre la vie et la mort

extraits : Réunis à Strasbourg le 3 décembre 2024, les 50 Etats membres de la convention de Berne ont voté pour un abaissement du niveau de protection des loups. Il va passer d’espèce « strictement protégée » à « protégée », ce qui n’a jusqu’ici jamais été fait pour aucune espèce. Ce déclassement était réclamé par les représentants des éleveurs et des agriculteurs, qui dénoncent une pression trop forte exercée par le prédateur….

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L’irrédentisme de Trump, une connerie de plus

L’irrédentisme est l’opinion politique nationaliste selon laquelle certains territoires devraient être intégrés à un autre État que celui dont ils relèvent pour des raisons historiques, ethniques ou linguistiques. La liste est longue de ces tentatives, par exemple aux XVIIIe et XIXe siècles la revendication par les États-Unis, du rattachement du Canada ; Trump remet au goût du jour l’irrédentisme au risque d’ouvrir la boîte de Pandore.

Stéphane Lauer : En 2019, Donald Trump voulait déjà annexer le Groenland, un espace de 2,1 millions de kilomètres carrés, soit près de quatre fois la France, peuplé de 57 000 habitants. En 2019, il détaillait ainsi son approche sur ce territoire rattaché au Danemark : « Je regarde un coin de rue, je me dis : “Je dois acheter ce magasin pour le bâtiment que je construis.” Ce n’est pas si différent. » Il persévère en 2025 : « Le Groenland est un endroit merveilleux, nous en avons besoin pour la sécurité internationale, je suis sûr que le Danemark va se faire à l’idée. » Il n’a pas exclu de recourir à la force contre son allié. Comme si tout pouvait se marchander : le piétinement des règles internationales, la prédation à l’état pur et l’hubris destructrice. Trump remet en question le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et accélère la catastrophe écologique qui résulterait d’une exploitation des terres arctiques sur l’air de « drill, baby, drill » (« fore, chéri, fore »). Le réchauffement climatique, censé rendre le sous-sol arctique plus accessible, s’accélérerait de plus belle.

« Au XXIe siècle, on ne se comporte pas comme au XIXe siècle en envahissant un autre pays sous un prétexte complètement inventé », avait dit l’ex-secrétaire d’Etat John Kerry, en 2014, lorsque la Russie avait annexé la Crimée. Donald Trump est en train de lui prouver le contraire.

Le point de vue des écologistes légalistes

La Louisiane est un endroit merveilleux, la France en a besoin pour sa sécurité, nous sommes sûr que Trump va se faire à cette idée. Allons-y pour la fin de l’ordre international, le retour des impérialismes et de la colonisation des territoires sous les applaudissements de Trump versus Ukraine, Xi Jinping versus Taïwan et Netanyahu versus Gaza. C’est le retour à la loi du plus fort, avec la puissance industrielle et digitale en plus. Comment considérer l’urgence écologique avec de tels errements de la pensée géo-politique ?

Chacun, Trump le premier, ferait bien de méditer sur ces proverbes inuits : « La vraie sagesse se trouve loin des gens dans la grande solitude » et « Seuls les glaces et le temps sont maîtres. »

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TRUMP croit que le Canada est une de ses colonies

extraits : Nous sommes vraiment entrés dans un monde de fous, sauf que les fous sont élus « démocratiquement » à la tête de puissances dominantes. Poutine a envahi l’Ukraine, Xi Jinping ne rêve que de faire pareil à Taïwan… et maintenant Trump se verrait diriger entre autres le Canada ! On peut dire que l’urgence écologique n’existe plus, sauf pour quelques militants bien isolés…

arrêt des extractions minières partout dans le monde (2012)

extraits : A qui appartiennent les ressources minières du Groenland ? Les immenses ressources de son sous-sol attirent les convoitises ; l’accélération de la fonte de la calotte glaciaire permet d’envisager leur exploitation. Mais ces ressources n’appartiennent ni à l’Europe via le Danemark, ni aux autres Etats limitrophes. Ces ressources n’appartiennent pas non plus aux 57 000 habitants de cette île recouverte d’une couverture de glace atteignant 150 mètres d’épaisseur. Ces ressources n’appartiennent certainement pas aux firmes multinationales comme Exxon Mobil, Cairn Energy ou encore EnCana. Ces ressources n’appartiennent même pas aux générations futures qui n’en feraient pas un usage meilleur qu’aujourd’hui. Il faut lutter contre la logique extractive et sanctuariser les dernières et rares ressources du sous-sol qui nous restent….

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L’urbanisation, une impasse tragique

Tandis que 30 % de la population mondiale vivaient dans les zones urbaines en 1950, cette proportion est passé à 47 % en 2000 et devrait atteindre 60 % en 2030 et 70 % en 2050. On assiste véritablement à « l’explosion de l’urbain », il s’agit d’un processus généralisé d’artificialisation de la vie. Chaque jour qui passe, 110 kilomètres carrés de la Terre se transforment en morceaux de ville. Plus la ville est étalée et complexe, plus son empreinte est écologique importante. Il y a 50 ans, les villes des pays riches n’avaient besoin pour chaque mètre carré que de 25 m² de campagne. Si on fait une projection, en 2050 il faudra 500 m² de sol rural par m² urbanisé. La vie dans les grandes villes brise les cycles naturels et nous coupe de notre lien intime avec la nature. Nous vivons dans des cités où nous oublions facilement que la nature travaille en cercles fermés. Nous allons au magasin pour acheter des aliments que nous payons avec de l’argent tiré du guichet automatique d’une banque et, ensuite, nous nous débarrassons des détritus en les déposant dans une ruelle ou en les jetant à l’égout.

Croire qu’on peut faire aussi bien que la biosphère dans un appartement urbain, c’est du délire… à moins d’être subventionné !

Audrey Garric : « Corentin de Chatelperron et Caroline Pultz se sont donné pour mission d’imaginer à quoi pourrait ressembler une vie urbaine durable en 2040. Depuis juillet 2024 et jusqu’à fin novembre, ces aventuriers de l’écologie proposent un autre chemin afin de mieux vivre dans les limites planétaires : « On veut créer un nouvel imaginaire désirable, qui ne soit pas un futur high-tech autour du métavers, ni un retour en arrière décroissant. »

Cette expérience dite « Biosphère urbaine » est financée par la mairie de Boulogne-Billancourt, le Centre national d’études spatiales et Arte. Dans leur studio de 26 m2 prêté par la commune, le couple expérimente une vingtaine d’inventions low-tech. Déjections décomposées en compost par des larves de mouches, des pleurotes sous brumisateur dans la douche, des plantes cultivées en bioponie (hors sol), etc. Le duo, qui ne cherche pas l’autarcie, se fournit en épicerie bio, avec des aliments locaux. Côté énergie, l’appartement, qui n’est pas relié à l’électricité, a été équipé de 4 mètres carrés de panneaux solaires. De quoi alimenter la poignée d’appareils électriques : un thermos, un microfrigo, un rétroprojecteur, un ordinateur et les téléphones portables. Leur expérience est-elle applicable au plus grand nombre ? »

Le point de vue des écologistes désubanisants

Le concept d’autonomie de la vie urbaine est un leurre, à plus forte raison l’appartement autosuffisant. Imaginons ce qui arriverait à n’importe quelle ville si elle était enfermée sous une coupole de verre qui empêcherait les ressources matérielles nécessaires d’entrer et de sortir. Il est évident que cette ville cesserait de fonctionner en quelques jours et que ses habitants périraient… Ce modèle mental d’une coupole de verre nous rappelle assez brutalement la structurelle vulnérabilité des grandes régions urbaines. La solution n’est pas dans les low tech, mais dans la désurbanisation, l’exode des urbains vers la ruralisation. Utopie ? Vers 650 de notre ère, un effondrement vertigineux a frappé l’empire romain. La cité de Rome comptait près de 700 000 habitants lors de sa gloire, il n’y en avait plus que 20 000 au final. Après l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle, nous redeviendrons paysan.

Curieusement, plus il y a d’hommes sur la terre, moins la réflexion semble tenir compte de l’influence exercée par la taille sur les comportements. A partir du XIXe siècle, on a l’impression qu’il n’y eut plus guère que les utopistes pour comprendre qu’une organisation est solidaire d’une échelle. Cette négligence envers le caractère essentiel du nombre est stupéfiante, y compris chez les sociologues, qui auraient pourtant dû s’estimer concernés au premier chef. Dans son ouvrage The Breakdown of Nations, il estime que partout où quelque chose ne va pas, quelque chose est trop gros ou trop grand. Passé un certain seuil, l’outil de serviteur devient despote. Aucune mesure de contrôle, qu’elle soit suggérée par Karl Marx ou Lord Keynes, ne peut apporter une solution à des problèmes qui sont apparus précisément parce qu’un organisme a atteint une taille qui dépasse toute possibilité de contrôle. La population d’une communauté de base n’a guère besoin de dépasser le nombre de 10 000 ou 20 000 habitants

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Une ville naît, croît et meurt comme toutes choses…

extraits : Prenons la première ville, Ourouk, découverte au milieu du XIXe  siècle dans le sud de l’Irak. Elle faisait au minimum 250  hectares au IVe  millénaire et 590  hectares au début du IIIe  millénaire. Il n’y avait rien de comparable à l’époque, nulle part sur la planète. Elle abritait plusieurs dizaines de milliers de personnes. Puis se sont succédé des phases de conflits et Ourouk a été définitivement délaissée par les hommes dans les premiers siècles de notre ère. Ce phénomène de régression porte le nom d’involution. La première ville de l’histoire avait brillé pendant des millénaires, elle est retournée au quasi-néant, lentement recouverte par les sables du désert. Image de la destinée urbaine ! La ville est de toute façon la marque des inégalités sociales. La ville antique était un lieu qui rassemblait une population déjà découpée socialement, avec des élites et la spécialisation du travail (artisans, marchands, administratifs, etc). Des bâtiments de prestige à usage religieux ou institutionnel contribuent à la cohésion identitaire et à l’ordre social. Cette hiérarchie du bâti est aussi une marque distinctive de la ville. Les puissants contrôlent l’approvisionnement alimentaire et les échanges à moyenne ou longue distance….

Mourir de faim à la campagne et dans les grandes villes

Un postulat fréquent parmi ceux qui anticipent l’effondrement est qu’il vaudra mieux être dans les campagnes que dans les villes, ainsi de la « solution survivaliste » clef en main ou des communautés solidaire permacoles. Dans le monde ancien et médiéval, les rares villes atteignant le million d’habitants, comme la Rome impériale ou la Bagdad abbasside dépendaient du drainage des productions agricoles de vastes ères géographiques. En dehors de ces cas exceptionnel, la taille des villes était étroitement limitée : dans l’Europe médiévale seuls Paris et quelques villes italiennes approchaient les 100 000 habitants. Sans pétrole, une ville de plusieurs dizaines de million d’habitant est donc difficile à envisager. Les approvisionnements sont fragiles : lors des famines de 1693, les péniches porteuses de céréales envoyées vers Orléans par la Loire sont ainsi arrêtées de force par les habitants de Blois qui refusent de voir partir ces approvisionnements. Ainsi, on peut supposer en cas d’effondrement une mosaïque de régions juxtaposant des villes qui continuent à centraliser une entité de complexité restreinte, et d’autres où les formes urbaines, incapable de maintenir la complexité nécessaire à leur existence, disparaîtraient. Les premières se maintiendraient en pressurant toujours d’avantage les ressources et les campagnes. Une répression sera d’autant plus violente qu’une population réduite facilite les massacres par soldats et mercenaires en rupture de solde, mieux armées et aguerris que les paysans. Les villes apportent au contraire une relative sécurité du fait de l’organisation de milices défensives urbaines ou de forces armées. En résumé, les villes sont les lieux où ils est le plus facile de conserver ou de reconstituer sécurité, pouvoir et concentration de ressources ; dans le même temps elles sont dangereuses car les phénomènes d’effondrement y sont exacerbés et car leur stabilité dépend d’un pouvoir qui maintienne la sécurité.

Jean Autard, texte de septembre 2017 pour l’institut Momentum

Cultiver la nature en ville ou désurbanisation ?

extraits : Certains essayent désespérément de trouver des solutions agricoles en milieu urbain. Il y a les tentatives de villes en transition (Rob Hopkins), la bonne idée des AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne), la vogue des locavores, les incroyables comestibles, etc. Mais les villes étendent leurs tentacules dans toutes les directions et stérilise toujours plus loin les sols. Les bétons et goudrons de la capitale française ne se prêtent pas aux plantations en pleine terre. La solution de long terme se trouve dans la désurbanisation, l’exode urbain qui succédera à l’exode rural. Rappelons-nous. Vers 650 de notre ère, un effondrement vertigineux a frappé l’empire romain. La cité de Rome comptait près de 700 000 habitants, il n’y en avait plus que… 20 000. Après l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle, nous redeviendrons paysan ….

Pic de l’urbanisation, effondrement d’une civilisation (2012)

extraits : Les grandes villes de l’Inde sont une lèpre, l’agglomération d’individus dont la raison d’être est de s’agglomérer par millions, quelles que puissent être les conditions de vie : ordure, désordre, ruines, boue, immondices, urine. La vie quotidienne y paraît être une  répudiation permanente de la notion de relations humaines. Un tiers des 1 210 000 000 d’Indiens habite en ville et le taux de croissance urbaine est de 2,4 %, soit un doublement en trente ans. Cette urbanisation féroce est principalement due à la fécondité, l’exode rural n’en représentant plus qu’un cinquième.Comme il y a le pic pétrolier, le pic de phosphore, le peak fish… il y  aura bientôt le pic de l’urbanisation. Nous reviendrons bientôt au ruralisme militant de Gandhi qui privilégie les campagnes, l’agriculture vivrière et l’artisanat de proximité ….

désurbanisation (2009)

extraits : L’urbanisation croissante est un élément de cette anthropisation forcenée de notre planète qui a accompagné la révolution industrielle dès le XIXe siècle. Mais au lieu d’être progressive, l’explosion urbaine est devenue selon les termes mêmes du Monde (22 septembre) « violente »,quand les habitants des bidonvilles constituent déjà en moyenne 36 % des citadins dans les pays dits « en développement », cela veut dire que ce n’est pas une urbanisation gérable, ce n’est donc pas une évolution durable. Jamais on ne pourra mettre de l’électricité, de l’eau courante et des routes goudronnées partout. Jamais on ne pourra mettre en place des services urbains à la portée de tous. Jamais on ne pourra trouver un emploi à cet afflux de main d’œuvre. Jamais il n’y aura assez de policiers (étymologiquement « créatures de la cité ») pour contrôler une société non policée….

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Les villes soumises aux catastrophes

Les images laissent pantois : le feu qui a frappé Los Angeles depuis le 7 janvier 2025 paraissait inarrêtable. Comment ne pas comprendre que cet événement est désormais appelé à être moins exceptionnel qu’ordinaire ; il témoigne de l’extrême fragilisation de nos habitats humains, qu’on peut observer partout, à l’échelle terrestre. Une expansion urbaine et suburbaine tous azimuts, fondée sur le droit sacré de construire sa maison au mépris de toute précaution, basée sur la primauté absolue des mobilités routières, sur la débauche énergétique, sur la surconsommation des ressources en eau.. . Les catastrophes urbains deviennent monnaie courante.

Michel Lussault, géographe : « La puissance du capitalisme technologique est un théâtre d’ombres devant les effets cumulatifs du changement écologique global. Prenons Los Angeles comme un emblème de la mise en péril de nos capacités d’habiter, qui concerne l’entièreté de la terre. L’urbanisation planétaire ne cesse de bouleverser l’intégralité de l’espace. Elle a fragilisé l’état de la « zone critique », cette fine pellicule entre la basse atmosphère et le sous-sol, où se réalisent les interactions entre l’air, l’eau, le vivant et les sociétés.L’urbanisation et ses besoins sont l’élément moteur du « forçage » des systèmes biophysiques planétaires. Il nous faut inventer une nouvelle urbanité terrestre qui permette d’assurer la soutenabilité de la cohabitation entre humains et non-humains. »

Le point de vue des écologistes désurbanisés

Michel Lussault occulte le fait qu’on ne l’a pas attendu pour édicter des règles d’urbanisme tenant compte des risques environnementaux : incendies de forêt, submersions marines, entreprises dangereuses, etc. Mais quand on s’en exonère comme les bidonvilles détruits par le cyclone à Mayotte ou des favelas submergées par des glissements de terrain au Brésil, il ne faut s’étonner du résultat.

Michel Lussault oublie surtout un paramètre important, le poids démographique de l’humanité. 8,2 milliards de personnes, cela entraîne forcément l’entassement dans des villes. Alors que plus de 55 % des humains vivent déjà en ville, ce taux devrait atteindre 68 % d’ici à 2050. Les villes accueilleront alors 7 milliards d’habitants. C’est invivable et ingérable. La bidonvillisation du monde ne fait que commencer. Pourtant on rêve encore de renouer les liens distendus avec la nature, « ce poumon vert qui dope notre santé ». Et Michel Lussault croit encore à une « nouvelle urbanité terrestre » alors que nous allons vers les 10 milliards de terriens. Sans planning familial, no future.

Le bilan actuel qu’offre à nos yeux notre mode de vie reste encore « globalement favorable ». Le risque d’incendie ou de submersion est un paramètre, un parmi d’autres, des conduites individuelles. Il ne peut dissuader à lui seul d’acheter un SUV et de mettre la clim. Il faudra beaucoup de catastrophes, beaucoup plus fréquentes et qui concerneront directement plus de monde pour espérer un changement. C’est donc le réchauffement climatique qui permettra de combattre le réchauffement climatique. Bien sûr il sera « trop tard » mais ceux qui ont une sensibilité écologique auront le plaisir d’avoir eu raison les premiers.

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La bidonvillisation du monde ne fait que commencer

extraits : Imaginons ce qui arriverait à n’importe quelle ville si elle était enfermée sous une coupole de verre qui empêcherait les ressources matérielles nécessaires d’entrer et de sortir. Il est évident que cette ville cesserait de fonctionner en quelques jours et que ses habitants périraient… Ce modèle mental d’une coupole de verre nous rappelle assez brutalement la structurelle vulnérabilité des grandes régions urbaines….

Désurbanisation ou ville autarcique ?

extraits : Tandis que 30 % de la population mondiale vivaient dans les zones urbaines en 1950, cette proportion est passé à 47 % en 2000 et devrait atteindre 60 % en 2030 et 70 % en 2050. En France, c’est déjà plus de 82 %. On assiste véritablement à « l’explosion de l’urbain », il s’agit d’un processus généralisé d’artificialisation de la vie. La vie dans les grandes villes brise les cycles naturels et nous coupe de notre lien intime avec la nature.La solution n’est pas dans les low tech, mais dans la désurbanisation, l’exode des urbains vers la ruralisation. Utopie ? Vers 650 de notre ère, un effondrement vertigineux a frappé l’empire romain. La cité de Rome comptait près de 700 000 habitants lors de sa gloire, il n’y en avait plus que 20 000 au final….

 

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Incendie à Los Angeles, juste retour des choses

Les Jeux Olympiques à Los Angeles en 2028 sont bien compromis !!! Chouette !

Aaron Paley : « C’est la fin d’une époque. Nous sommes à un point d’inflexion. Ce qui se passe actuellement ici à Los Angeles, ce n’est pas comme un incendie ordinaire. C’est comme une guerre. Il y a des feux partout, du danger partout, un stress incroyable. Tout le monde se sent menacé. Normalement, une catastrophe naturelle a une durée limitée. Le tremblement de terre dure quelques secondes. Un ouragan passe. Ici, ça fait cinq jours et ça va peut-être continuer… Le changement de climat est partout. Ce qui va arriver au monde entier est visible sur la carte de Los Angeles actuellement. Tellement visible qu’on ne peut plus refuser de le voir. En 1926, les électeurs ont rejeté le métro. Ils ont protesté en disant que l’avenir, c’était la voiture. En 1930, la chambre de commerce a été saisie d’un plan d’urbanisme qui visait à créer des grands espaces verts, des terrains de jeu pour les enfants, on l’appelait le « collier vert ». Il a été ignoré. Les autorités ont préféré construire le plus possible… »

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La bidonvillisation du monde ne fait que commencer

Alors que plus de 55 % des humains vivent en ville, ce taux devrait atteindre 68 % d’ici à 2050. Les villes accueilleront alors 7 milliards d’habitants. Invivable, ingérable. Pourtant on rêve encore de renouer les liens distendus avec la nature, « ce poumon vert qui dope notre santé ».

Florence Rosier : Le lien millénaire que les humains ont tissé avec la nature, de fait, s’est considérablement distendu, quand il ne s’est pas rompu. Des professionnels de santé prescrivent des immersions dans la nature pour améliorer notre bien-être physique et mental. En 2021, un urbaniste néerlandais a proposé la règle des 3-30-300 pour la végétalisation des villes : chaque citadin devrait pouvoir voir au moins trois arbres de son domicile, vivre dans un quartier avec au moins 30 % de surface arborée, et habiter à moins de 300 mètres d’un espace vert. Si chaque ville plantait, dans tous ses quartiers, des espaces verts d’une densité égale à celle de ses quartiers les plus verts, la mortalité serait réduite de 3 % à 7 % . Mais le le verdissement des quartiers se traduit souvent par une gentrification. Les prix des logements augmentent, et les populations défavorisées s’en vont.

Du point de vue de la désurbanisation écologique

Un chercheur digne de ce nom peut-il appeler « Nature » ces espaces verts aseptisés que nous connaissons en ville ? Imaginer que des villes qui enfermeraient 7 milliards d’habitus en leur sein en 2050 est quelque chose d’acceptable, c’est ne pas connaître la bidonvillisation du monde et ses innombrables problèmes. En 2015 déjà, près de la moitié de la croissance urbaine se fait dans les bidonvilles.

Imaginons ce qui arriverait à n’importe quelle ville si elle était enfermée sous une coupole de verre qui empêcherait les ressources matérielles nécessaires d’entrer et de sortir. Il est évident que cette ville cesserait de fonctionner en quelques jours et que ses habitants périraient… Ce modèle mental d’une coupole de verre nous rappelle assez brutalement la structurelle vulnérabilité des grandes régions urbaines.

Le terme « bidonvillisation » dans LE MONDE

Près de la moitié de la croissance urbaine se fait dans les bidonvilles (LE MONDE du 22 janvier 2015)

extraits : Le Forum économique mondial de Davos, dans son rapport annuel « Global Risks » publié en préambule du sommet qui s’est ouvert jeudi 21 janvier 2015 pour quatre jours. Ce rapport, qui dresse chaque année la liste des risques qui menacent la planète, consacre pour la première fois un chapitre entier à « l’urbanisation rapide et incontrôlée ». Selon l’ONU-Habitat, plus d’un milliard de personnes, soit un tiers de la population urbaine, vit dans des bidonvilles. En Afrique subsaharienne, c’est 62 % des urbains qui habitent dans des quartiers précaires. Ce phénomène de « bidonvillisation » concentre à lui seul plusieurs des risques considérés comme ayant un fort impact pour la planète dans les années à venir : instabilité sociale, épidémies, crise de l’eau, adaptation insuffisante au changement climatique. Les risques de diabète, de maladies respiratoires chroniques, de maladies cardio-vasculaires ou de cancers qu’engendrent la malnutrition, l’inactivité physique, la consommation d’alcool, de tabac, la pollution affectent les grands centres urbains, dans les pays développés comme en développement….

Les excessives vérités de René Dumont (LE MONDE du 20 juin 2021)

extraits : René Dumont est mort le 18 juin 2001à 97 ans. La misère du monde, dont il est un des rares spécialistes à avoir une connaissance de proximité, le rendait prodigieusement hargneux. Quitte à paraître excessif et à passer pour infréquentable, Dumont hurle son diagnostic : famines, croissance démographique insoutenable, inégalités croissantes, « mal-développement », « bidonvillisation », guerres, épuisement des sols et des ressources, dérèglements climatiques, rupture des écosystèmes… A écouter l’agronome, l’Apocalypse chevauche l’horizon. Trop, c’est trop ! Il est effectivement « trop ». Trop écolo pour les socialistes, trop rouge pour les écolos, trop empirique pour les marxistes, trop étatiste pour les libéraux, trop agronome pour les économistes, trop socio-économique pour les agronomes, trop pragmatique pour les scientifiques, trop enflammé pour les universitaires, trop modéré pour les militants, trop exigeant pour les tiers-mondistes, trop anticonformiste pour les pouvoirs….

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Désurbanisation ou ville autarcique ?

extraits : Tandis que 30 % de la population mondiale vivaient dans les zones urbaines en 1950, cette proportion est passé à 47 % en 2000 et devrait atteindre 60 % en 2030 et 70 % en 2050. En France, c’est déjà plus de 82 %. On assiste véritablement à « l’explosion de l’urbain », il s’agit d’un processus généralisé d’artificialisation de la vie. La vie dans les grandes villes brise les cycles naturels et nous coupe de notre lien intime avec la nature.La solution n’est pas dans les low tech, mais dans la désurbanisation, l’exode des urbains vers la ruralisation. Utopie ? Vers 650 de notre ère, un effondrement vertigineux a frappé l’empire romain. La cité de Rome comptait près de 700 000 habitants lors de sa gloire, il n’y en avait plus que 20 000 au final….

Cultiver la nature en ville ou désurbanisation ?

extraits : Certains essayent désespérément de trouver des solutions agricoles en milieu urbain. Il y a les tentatives de villes en transition (Rob Hopkins), la bonne idée des AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne), la vogue des locavores, les incroyables comestibles, etc. Mais les villes étendent leurs tentacules dans toutes les directions et stérilise toujours plus loin les sols. Les bétons et goudrons de la capitale française ne se prêtent pas aux plantations en pleine terre. La solution de long terme se trouve dans la désurbanisation, l’exode urbain qui succédera à l’exode rural….

 

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Un peuple autochtone « non contacté », bravo

Hommage aux derniers résidus de terres sauvage pour des humains en phase avec leur milieu.

Anne-Dominique Correa : Ils ont les cheveux mi-longs très noirs, de fines moustaches et des corps musclés dénués de tatouages ou de bijoux. C’est ce que montrent les images inédites d’un groupe de jeunes hommes du peuple Massaco, l’une des vingt-huit communautés indigènes « non contactées », c’est-à-dire sans interaction avec l’extérieur. Sur la terre indigène massaco (421 895 hectares), dans l’Etat du Rondônia, dans le nord-ouest du Brésil, il y aurait entre 200 et 250 personnes. Le Brésil a mis en place en 1987 cette politique de « non-contact » avec les populations autochtones. La stratégie de relations pacifiques avec les peuples isolés s’était soldée par la propagation d’épidémies fatales pour ces derniers. Depuis, le Brésil a opté pour le respect de l’autarcie de ces peuples et a défini 800 « terres indigènes », qui représentent 14 % du territoire du pays, où toute forme d’exploitation économique est interdite.

Le point de vue des écologistes ethnologues

On peut douter qu’il existe encore des peuples qui ne sachent pas du tout que le reste du monde existe. Ce sont certainement des groupes qui ont fait le choix délibéré de ne pas s’ouvrir su l’extérieur. C’est comme pour l’île North Sentinel, les locaux savent que les bateaux à moteur et les avions existent, mais ils n’en veulent pas, c’est un choix conscient.

De tous temps, le premier cadeau qu’Homo Sapiens a apporté aux terres vierges par sa présence de civilisé a été la maladie et la destruction. Entre 80 et 90 % des Indiens d’Amérique ont été décimés. Les grands oiseaux de Nouvelle-Zélande ont totalement disparus, les grands mammifères d’Amérique du Sud ou les chevaux qui y vivaient ont été exterminés par les Clovis. Les Neandertal ou les Denisova ont disparu juste après leurs premiers contacts avec HS, etc, etc…

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Il ne faut pas venir emmerder les autonomistes

extraits : John Chau voulait voir la tribu des Sentinelles, considérée comme la plus isolée de la planète. Ses membres vivent en autarcie depuis soixante mille ans sur l’île de North Sentinel dans l’océan Indien. John a reçu une volée de flèches dès qu’il a posé le pied sur leur île, il en est mort. Il voulait « faire aimer Dieu » et avait débarqué sur l’île avec sa bible. Si les premiers colonisateurs venant d’Europe avaient été abattus dès leur arrivée en Amérique, nous n’aurions pas connu la planète au pillage ni provoqué le réchauffement climatique…

NB: La consanguinité est certes mortifère sur un certain nombre de générations, jusqu’à ce que les caractères létaux aient disparu… par une action continue de sélection des aptes.

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