anthropisation

A partir du 24 juillet 2025, la Terre vivait à crédit

Selon le Global Footprint Network, le jeudi 24 juillet 2025 était le « jour du dépassement » écologique, A partir de cette date, c’est-à-dire en moins de sept mois, l’humanité a consommé plus de ressources naturelles et émis plus de gaz à effet de serre que la Terre n’est en capacité d’en produire ou d’en absorber au cours d’une année. A ce rythme, il faudrait 1,8 planète pour subvenir aux besoins des humains. Or nous n’en avons qu’une seule à disposition !

Un appel à l’action intitulé #movethedate (« repousse la date ») propose des solutions pour réduire l’empreinte écologique : instaurer une taxe carbone de 100 dollars la tonne serait la mesure la plus efficace : elle ferait gagner 63 jours avant le « dépassement ». La maîtrise de la fécondité déplacerait la date de 49 jours et le développement des énergies renouvelables 26 jours.

Anne-Aêl Durand : Pour mesurer la pression de l’activité humaine sur un territoire, il suffit de comparer deux notions : L’empreinte écologique de la population, soit l’ensemble des ressources naturelles dont l’humanité a besoin pour se nourrir, se loger, se déplacer et compenser les déchets qu’elle génère. Cette notion est ensuite ramenée à une surface : un pâturage pour le bétail, une forêt pour le bois, un océan pour les poissons… mais aussi la surface nécessaire pour absorber le CO2 produit par les activités humaines. La biocapacité ou capacité biologique d’un territoire, c’est-à-dire la surface nécessaire pour produire des ressources naturelles et services écologiques renouvelables. La biocapacité de la Terre était estimée à 12 milliards d’hectares globaux, alors que les humains utilisent l’équivalent de 20 milliards d’hectares par an, soit 1,7 fois plus. Au-delà du nombre d’habitants sur terre, l’épuisement des ressources est surtout lié à leur mode de vie : un habitant du Qatar aura consommé l’équivalent d’une année de ressources dès le 6 février et un Français le 19 avril. En revanche, l’Uruguay est quasiment à l’équilibre, avec un « dépassement » seulement à la fin décembre.

Mais la méthodologie est affinée chaque année, ce qui fait fluctuer la date fatidique et fragilise les comparaisons. Lorsque LE MONDE a publié un article à ce sujet en 2015, le dépassement survenait le 13 août. Or les dernières données publiées en 2025 fixent désormais le dépassement au 4 août 2015. D’autres indicateurs écologiques ne sont pas pris en compte : l’épuisement des ressources non renouvelables (charbon, pétrole, uranium), l’érosion de la biodiversité, la pollution de l’eau, de l’air ou du sol… ce qui pourrait gonfler encore davantage l’empreinte humaine.

Le point de vue des écologistes effondrés

L’impact des humains sur l’environnement est le produit de 3 facteurs selon l’équation IPAT (Proposée dans les années 1970 par Paul Ehrlich et John Holdren) : I=PxAxT

• I = Impact environnemental global
• P = Population (nombre de personnes). Plus il y a d’humains, plus la pression globale peut augmenter.
• A = Affluence = niveau de consommation ou de revenu par personne.Plus chaque personne consomme (ex. : énergie, biens, nourriture), plus l’impact augmente.
• T = Technologie. Selon le niveau d’efficacité ou de propreté de la technologie, l’impact est plus ou moins élevé.
L’équation montre que réduire l’impact peut se faire en réduisant la population (P), consommant moins (A), ou utilisant des technologies T plus propres. Or on refuse d’agir sur la démographie, on refuse toute atteinte à son niveau de vie et les technologies sont de plus en plus gourmandes en ressources et destructrices de l’environnement !

Claude Levi-Strauss : « J’imagine que l’humanité n’est pas entièrement différente des vers de farine qui se multiplient à l’intérieur d’un sac et qui commencent à s’empoisonner par leur propres toxines bien avant que la nourriture ou même l’espace physique ne leur manque. Nous sommes habitués par toutes nos traditions intellectuelles à une échelle de rapports entre l’humanité et la planète qui est en train de se transformer de manière radicale et je ne suis pas du tout persuadé que nous soyons moralement, psychologiquement, peut-être même physiquement équipés pour y résister. »

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2 août 2023, le jour du dépassement

« Jour du dépassement » ce 28 juillet 2022

29 juillet 2021, « le jour du dépassement »

22 août 2020, Jour du dépassement

29 juillet 2019, jour du dépassement

Le Jour du dépassement, aujourd’hui 1er août 2018

13 août 2015, le jour du dépassement des limites

Le jour du dépassement, 19 août 2014 : tous aux abris !

Aujourd’hui 22 août 2012, le jour du dépassement

le jour du dépassement, 27 septembre 2011

le jour du dépassement, 21 août 2010

références bibliographiques

Notre empreinte écologique de Mathis WACKERNAGEL et William REES (1996)

L’empreinte écologique d’Aurélien Boutaud et Natacha Gondran (2009

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Assassiner un arbre, ce n’est pas bien

Dans la nuit du 27 au 28 septembre 2023, deux amis armés d’une tronçonneuse avaient conduit pendant quarante minutes jusqu’à un parking, marché vingt minutes dans l’obscurité et l’un d’eux avait filmé l’autre pendant qu’il abattait l’arbre, lui envoyant ensuite la vidéo. Le Sycamore Gap Tree, érable sycomore majestueux niché depuis plus de cent ans entre deux collines dans le nord de l’Angleterre, était l’un des arbres les plus photographiés du pays. Le lendemain de leur méfait, Daniel Graham et Adam Carruthers s’étaient délectés de la couverture médiatique de l’affaire, se félicitant d’une histoire devenue « virale ». Ils ont été condamnés chacun, le 15 juillet 2025 à quatre ans et trois mois de prison par le tribunal. Les deux hommes n’ont jamais expliqué pourquoi ils s’en étaient pris au célèbre sycomore. Carruthers a juste expliqué qu’il ne comprenait pas l’émotion provoquée par la destruction de l’érable : « C’était juste un arbre ».

Lieu de mariage et de souvenirs familiaux, extrêmement photogénique, l’érable avait été élu arbre anglais de l’année en 2016.

Le point de vue des écologistes arboriphiles

– « La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini .» (Ernest Renan)

– Il y a 3000 milliards d’arbres dans le monde alors que l’espèce humaine compte déjà plus de 8,2 milliards de membres, soit 366 arbres par personne. Mais avec la sécheresse, les incendies et l’artificialisation des sols, il ne restera bientôt plus de forêts pour se protéger de la chaleur et admirer la nature. Qu’on se rassure, on aura encore une image de notre passé forestier sur des écrans… tant qu’il y aura de l’électricité !

– A ceux qui voudraient y voir une sévérité de la justice britannique contre les attaques contre la nature, des militants écologistes qui avaient voulu bloquer des routes ont été condamnés, eux, à 6 ans de prison !

– « Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue. » (Albert Einstein)

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L’arbre doit aussi avoir le droit de gagner en justice

extraits : On peut, du moment qu’il n’y a pas mort d’homme, complètement éradiquer les forêts… il suffit de payer quelques amendes. Contre cette lacune de la pensée anthropocentrique, il faut donc donner aux arbres le droit d’agir en justice. En 1972, Christopher D.Stone se posait cette question : “Should Trees Have Standing? Toward Legal Rights for Natural Objects”. Ce passage du statut d’objet naturel à celui de sujet de droit s’inscrit pour Stone dans la continuité du processus historique d’extension des droits légaux : après les étrangers, les femmes, les fous, les Noirs… les arbres. Nous prenons chaque jour des décisions pour le compte d’autrui et dans ce qui est censé être son intérêt ; or autrui est bien souvent une créature dont les souhaits sont bien moins vérifiables que ceux des rivières ou des arbres.

Les arbres et les loups, à aimer tous deux

extraits : La nature subit impassible la puissance de nos coups par fusils ou tronçonneuses interposés. Mais partout, des habitants s’opposent à l’abattage de platanes ou de chênes près de chez eux. Qu’ils soient quelques-uns ou des dizaines. Dans les villes et villages, des collectifs citoyens se créent pour racheter ou gérer en commun des forêts. Les activités de sylvothérapie, de grimpe ou d’Accrobranche se développent. Les cabanes dans les bois attirent toujours davantage de vacanciers. Dans les librairies, ouvrages jeunesse, romans ou essais consacrés aux arbres débordent des rayons. Pour neuf Français sur dix, selon une étude d’opinion réalisée pour l’ONF, les forêts sont synonymes de bien-être et d’apaisement….

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Peut-on faire confiance au rapport Meadows ?

Peut-on faire confiance au rapport Meadows ? Telle est la question que nous avons posé à Perplexity, l’IA offert par LE MONDE à ses abonnés.

La réponse de « l’intelligence artificielle » dévalorise complètement une étude scientifique, publié en 1972-1973, qui avait pourtant clairement posé pour la première fois la question des limites physiques de la croissance économique. Perlexity nous assène :

« Ce rapport a suscité dès sa parution des critiques virulentes qui lui reprochaient de ne pas intégrer la dimension monétaire et les mécanismes de prix dans son analyse. .. Ce rapport a été critiqué pour son cadre jugé trop rigide par certains économistes, qui pensaient que les substitutions technologiques et les mécanismes de marché pourraient résoudre les problèmes environnementaux… Cinquante ans après, certains experts estiment que le scénario principal du rapport Meadows, qui prévoyait un effondrement lié à l’épuisement des ressources, n’est pas celui qui se réalise le plus, mais plutôt un autre scénario d’effondrement lié à la pollution excessive permise par l’abondance des ressources. En résumé, le rapport Meadows doit être lu en tenant compte de ses limites et des critiques qu’il a suscitées.

Perplexity s’appuie seulement sur 5 documents dont nous vous donnons l’essentiel qui valide plutôt le rapport Meadows et non l’inverse.

Robert Boyer : J’avais été passionné, en 1972, par le rapport Meadows sur les limites de la croissance : il diagnostiquait une crise systémique et la nécessité d’une refondation en profondeur. Mais la théorie standard l’a complètement disqualifié en s’appuyant sur l’idée qu’il y aurait toujours des effets de substitution et des changements technologiques pour répondre, par le marché, aux problèmes liés à la pollution et aux ressources naturelles non renouvelables. C’est en partie de cette façon que s’est installé le cadre théorique néoclassique, longtemps obstacle à la prise en compte de l’environnement. Aujourd’hui ces problèmes environnementaux ressurgissent de façon dramatique. On peut penser que leurs effets sur la science économique seront plus importants qu’alors. Mais ce n’est pas certain car la situation est à certains égards plus défavorable aujourd’hui qu’il y a cinquante ans. La situation actuelle se caractérise par l’imbrication de plusieurs crises différentes…

Dominique Bourg : Après le coup de semonce du GIEC, la publication du premier rapport de l’IPBES (Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) sur la chute des populations d’insectes et celle du rapport Meadows sur la raréfaction des ressources, suscitent un immense écho international.La Communauté européenne adopte le plan Mansholt de décroissance de la zone, juste avant la tenue d’une COP à Bonn…

Pascal Riché : En 1972, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) publie le rapport Meadows sur les limites de la croissance. Appuyée sur une modélisation informatique (alors une nouveauté ébouriffante), une équipe d’ingénieurs et de chercheurs affirme que la croissance mène la planète à sa perte, du fait de l’épuisement des ressources. Le mythe d’une croissance infinie, carburant des « trente glorieuses », est brutalement remis en cause. Comme un seul homme, les économistes étrillent le rapport – qui n’est certes pas sans défauts – publié sous l’égide du Club de Rome. Quelques pontes, comme Robert Solow (1924-2023) ou Joseph Stiglitz, commencent alors à chercher comment aboutir à une croissance respectueuse des ressources naturelles. La plupart de leurs collègues misent sur le progrès technique pour venir à bout de la difficulté posée, persuadés qu’il sera toujours possible de substituer une ressource à l’autre.

Elsa Conesa : Dès les années 1970, lorsque le rapport Meadows, écrit par une équipe de scientifiques américains, pose pour la première fois la question des limites physiques de la croissance économique, il fait immédiatement l’objet de virulentes critiques de la part des économistes, notamment de William Nordhaus, de l’université Yale (Connecticut), qui lui reproche de ne pas avoir inclus une dimension monétaire. Autrement dit, de n’avoir raisonné qu’en tenant compte des flux physiques, sous-estimant la sensibilité des économies et des individus aux prix. Il développa l’un des premiers modèles permettant d’évaluer l’impact macroéconomique du réchauffement climatique, qui lui valut, en 2018, un prix Nobel d’économie. Ainsi que les foudres d’une partie de la communauté scientifique et des écologistes, son modèle promouvant une cible optimale de réchauffement, fixée à 3 °C en 2100, quand l’accord de Paris fixe un objectif à 2 °C…

François-Xavier Oliveau : Le fameux rapport sur les limites de la croissance, le « rapport Meadows » publié en 1973, expose ainsi dans son scénario principal un effondrement lié à l’épuisement des ressources de matières premières. Mais cet ouvrage remarquable, qui mériterait d’être lu autant qu’il est cité, propose également des scénarios alternatifs. L’un d’entre eux fait l’hypothèse de ressources illimitées. Il aboutit aussi à un effondrement, non pas sous l’effet de la rareté mais au contraire d’une pollution hors de contrôle permise par l’abondance des ressources. Cinquante ans après, c’est ce second scenario qui se réalise. Loin d’avoir décru, les réserves identifiées sont aujourd’hui bien supérieures à celles citées par le rapport. Nous consommons beaucoup plus de ressources, aidés par la baisse structurelle de leur prix. Même le pétrole est plus accessible : en France, une dizaine de minutes rémunérées au smic permettent de se procurer un litre d’essence ; c’était le double en 1970, lorsque le litre d’essence coûtait 1,10 franc pour un salaire minimum à 3,50 francs de l’heure. Notre invraisemblable capacité d’innovation nous a permis d’inventer de nouveaux procédés de prospection, d’extraction et de raffinage qui ont rendu abondante une ressource finie, reportant sa disparition aux calendes grecques. C’est précisément cette abondance qui menace nos écosystèmes.On peut légitimement, dans nos pays riches, promouvoir une frugalité individuelle librement consentie. Mais il serait aussi injuste qu’illusoire de l’exiger des six autres milliards d’humains qui rêvent d’abondance. Ils feront tout pour y accéder ; nous n’avons pas d’autre choix que d’apprendre à rendre durable cette abondance. Au lieu d’attendre en vain une rareté illusoire et mortifère, visons la maîtrise de l’abondance et son extension au monde entier.

Quelques documents du MONDE plus anciens

15 juin 1972 : M. Raymond Barre critique sévèrement le rapport du Club de Rome. Le jugement que porte aujourd’hui M. Barre sur le rapport du Club de Rome est sévère. Outre un caractère excessif et systématiquement pessimiste, il lui reproche, sinon d’avoir mal identifié les problèmes les plus graves se posant à notre société, du moins de ne pas en avoir apprécié la nature.Il serait mal venu, étant donnée la pauvreté relative de nos sociétés, estime le vice-président de la Comission, de vouloir substituer des priorités nouvelles – préservation du milieu et des ressources naturelles – aux priorités anciennes – plein emploi et accroissement des revenus, – de plaider par exemple pour une diminution de la croissance économique en Europe. L’objectif n’est pas de freiner l’expansion mais de l’adapter aux nouvelles aspirations que la société de consommation et ses succès ont suscitées.

20 janvier 1973. PHILIPPE SIMONNOT : Le  » club de Rome  » s’est lourdement trompé, car il a fondé ses analyses et ses prévisions sur des courbes exponentielles qui n’existent pas. Tel est, en substance, la  » leçon  » d’économie politique qu’a donnée à Paris M. Fremont Félix, expert américain. Selon lui, la croissance exponentielle est un jeu amusant de l’esprit, car elle engendre tout de suite des chiffres fantastiques. Mais, comme diraient les anciens, on ne la trouve pas dans la nature.  » A l’exception de l’expansion démographique mondiale, dit à son tour M. Félix, [la croissance exponentielle] n’a jamais été maintenue pendant plus d’une dizaine ou d’une vingtaine d’années dans aucun des domaines de consommation ou de production où une telle croissance risquerait d’absorber une part considérable des ressources mondiales limitées… Autrement dit, puisque la croissance n’est pas exponentielle dans aucun des domaines vitaux, le danger d’épuisement des ressources naturelles est écarté. Nous voilà rassurés ! M. Felix se fait accusateur :  » Le spectre totalement imaginaire de la croissance exponentielle a provoqué par contrecoup une clameur des ignorants en faveur de la  » croissance zéro  » [qui plongerait en fait l’humanité] dans un abîme de famine, de pestilence, de chaos et de guerre. « 

14 juin 1977. Alfred Sauvy : Les critiques à l’adresse du célèbre premier rapport au Club de Rome avaient été à la dimension même des moyens employés et des résultats annoncés.L’ensemble de l’ouvrage porte d’ailleurs sur les méthodes d’analyse des systèmes et non sur les données du monde, mais il y a plus.L’interminable chapitre de Donella H. Meadows sur la population est entaché de nombreuses erreurs de fait ; il y a pourtant d’excellents démographes aux États-Unis. Vient ensuite le  » secteur du capital « , très bon reflet des conceptions admises aux États-Unis, qui ne tient compte du facteur humain, notamment de l’importance de l’accumulation du capital culturel, mise en évidence par diverses expériences, depuis la guerre.Théorique, elle aussi, l’étude sur l’agriculture comporte une minutieuse analyse économétrique des phénomènes d’érosion, dégradation ou régénération des sols, etc., sans applications numériques, notamment sur le nombre d’habitants, que, dans une optique mondialiste, la Terre pourrait nourrir. Les travaux remarquables de Mme E. Boserup sur les réactions de l’homme à son environnement ne sont pas davantage utilisés.En fin d’ouvrage est cependant dénoncée la lenteur des adaptations sociales devant les transformations physiques qui menacent le monde.

16 novembre 1981. Annie Battle : En 1972, dans le ciel – pas encore très encombré -de la prospective, une petite bombe éclate sous la forme d’un rapport, The Limits to Growth. En français, Halte à la croissance. Les conclusions :  » Dans la dynamique actuelle, les limites de la planète seront atteintes dans les cent prochaines années, le résultat le plus vraisemblable sera une baisse soudaine et irrésistible tant dans la population que dans la capacité industrielle (…). Le second rapport, Stratégie pour demain (1974), réalisé par les professeurs Mesarovic et Pestel, affinait considérablement le modèle et permettait un grand nombre de scénarios sur l’avenir de l’humanité, alors qu’il n’y en avait qu’un dans le premier rapport. Le monde y était partagé en dix sous-régions. On ne prévoyait pas, comme dans le travail de Meadows, une catastrophe mondiale mais l’éclatement de crises graves dans certaines régions du monde et leurs réactions en chaîne sur les régions environnantes.

9 juin 1992. La deuxième prophétie du Club de Rome : depuis le choc pétrolier, le Club de Rome avait disparu de la scène publique.  » Plus discrètement, nous avons cherché à approfondir différents thèmes et à entrer dans l’action « , précise Bertrand Schneider. Dix-huit rapports ont été publiés, abordant des sujets spécifiques .  » Avec Questions de survie, le nouveau rapport ne propose pas de modèle mathématique rigide et ne sous-estime pas, comme celui de 1972, les capacités de réaction et d’innovation de la nature humaine ; il pose les grandes questions de l’époque (chômage, accroissement du fossé entre pays riches et pauvres, destruction de l’environnement, urbanisation non maîtrisée, etc.) et avance des ébauches de solutions. Mêlant réflexion éthique et économique, il met surtout l’accent sur les effets néfastes du comportement humain, aussi bien dans les relations avec autrui qu’avec l’environnement, et recommande une approche nouvelle de l’éducation.

25 mai 2012. Dennis Meadows ,« La croissance mondiale va s’arrêter ». En mars 1972, répondant à une commande d’un think tank – le Club de Rome –, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) publiaient The Limits to Growth, un rapport modélisant les conséquences possibles du maintien de la croissance économique sur le long terme. De passage à Paris le 23 mai 2012, à l’occasion de la publication en français de la dernière édition de ce texte qui fait date, son premier auteur, le physicien américain Dennis Meadows, 69 ans, a répondu aux questions du Monde : « Tout scientifique comprend qu’il y a des limites physiques à la croissance de la population, de la consommation énergétique, du PIB, etc. Les questions intéressantes sont plutôt de savoir ce qui cause cette croissance et quelles seront les conséquences de sa rencontre avec les limites physiques du système.Pourtant, l’idée commune est, aujourd’hui encore, qu’il n’y a pas de limites. Et lorsque vous démontrez qu’il y en a, on vous répond généralement que ce n’est pas grave parce que l’on s’approchera de cette limite de manière ordonnée et tranquille pour s’arrêter en douceur grâce aux lois du marché. Ce que nous démontrions en 1972, et qui reste valable quarante ans plus tard, est que cela n’est pas possible : le franchissement des limites physiques du système conduit à un effondrement.

Avec la crise financière, on voit le même mécanisme de franchissement d’une limite, celle de l’endettement : on voit que les choses ne se passent pas tranquillement. Dans les vingt prochaines années, entre aujourd’hui et 2030, vous verrez plus de changements qu’il n’y en a eu depuis un siècle, dans les domaines de la politique, de l’environnement, de l’économie, la technique. Les troubles de la zone euro ne représentent qu’une petite part de ce que nous allons voir. Et ces changements ne se feront pas de manière pacifique… »

Notre blog biosphere est beaucoup plus pertinent

que l’ensemble des documents du MONDE

2 mai 2023. Le message actualisé du rapport Meadows

Jorgen RANDERS : Le rapport Les limites à la croissance (LC) avait observé que l’impact environnemental de la société humaine avait augmenté de 1900 à 1972 à cause de la croissance de la population mondiale, de l’utilisation des ressources et de l’impact environnemental par personne. Cette hausse s’est poursuivie depuis 1972, l’empreinte écologique humaine totale augmente encore, poussée par l’augmentation de la population mondiale et de la consommation matérielle.Quand les limites approcheront, la société passera d’abord du temps à discuter de sa réalité mais pendant ce temps, la croissance continuera et mènera l’empreinte écologique en territoire insoutenable. Ceci est exactement ce qui s’est passé dans l’arène climatique mondiale (les COP)….

https://revues-msh.uca.fr/revue-opcd/index.php?id=230

1er mai 2023. Meadows prévoit la décroissance démographique

Lancement d’une nouvelle revue « Mondes en décroissance ». Voici un extrait du contenu, une compilation des réponses en 2023 de Dennis Meadows à 21 des questions les plus récurrentes sur le rapport « Les limites de la croissance », publié en 1972. Dennis MEADOWS : Plusieurs études récentes et indépendantes ont montré que l’un de nos scénarios, la figure 35 du livre de 1972, suit raisonnablement bien les données historiques de 1970 à 2010. Ce scénario est reproduit ci-dessous sous forme de figure.

https://revues-msh.uca.fr/revue-opcd/index.php?id=244

En savoir encore plus grâce à notre blog

les limites de la croissance ou rapport au club de Rome (1972 )

Les limites à la croissance (dans un monde fini) de Meadows et Randers (2004)

(traduction française de The limits to Growth – The 30-year update)

Les limites de la croissance selon Gerondeau et Meadows (mai 2012)

la nature va gagner contre l’homme, Meadows l’a dit (juin 2012)

croiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiissance, Meadows contre Hollande (juin 2012)

MEADOWS et la décroissance démographique (juin 2022)

Meadows, rien n’a changé depuis 1972, la cata (avril 2023)

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La catastrophe décrite en 2005 par notre blog

3.04.2005 Le pape ou la planète ?

Début 2005, plus de 1300 scientifiques réunis par l’ONU à propos de l’état des écosystèmes de la planète ont rendu leur diagnostic. Selon ce rapport, environ 60 % des écosystèmes permettant la vie sur terre ont été dégradés par l’activité humaine, et cela de façon plus accentuée au cours des cinquante dernières années que dans toute l’histoire de l’homo sapiens. Les humains ont depuis 1945 converti pour l’agriculture plus de terres qu’aux XVIIIe et XIXe siècles réunis. Entre 1750 et 2005, 60 % de l’accroissement de la concentration en gaz carbonique dans l’atmosphère s’est produit seulement depuis 1959. Il s’agit d’une pression telle sur les fonctions naturelles de la planète que la capacité des écosystèmes à répondre aux demandes des générations futures ne peut plus être considérée comme acquise. Les pauvres des zones rurales sont déjà touchés par cette catastrophe parce qu’ils dépendent plus directement des services d’origine éco-systémique. Le verdict est sans appel mais les médias ne lui accordent que quelques brèves. Ce rapport publié et oublié juste avant la mort du pape Jean Paul II s’efface, il paraît plus important de consacrer au décès d’un seul homme des heures et des heures dans les journaux télévisés du monde entier, des pages et des pages dans la presse écrite. Pourtant du point de vue de la Biosphère, cette « disparition » d’un pape n’a aucune signification, aucune valeur si ce n’est la mise à disposition pour les décomposeurs de quelques dizaines de kilos de chair.

Un jour prochain les humains devront choisir entre leur propre culte ou celui de la planète.

16.07.2005 Péril en la demeure

Les humains ont déjà beaucoup de raison d’être inquiets. Il y a les problèmes de l’environnement (réchauffement climatique, perte de biodiversité, épuisement des ressources halieutiques, pollution des sols et des mers, déforestation, pénurie d’eau douce). Il y a aussi les problèmes strictement humains comme la pauvreté, le manque d’éducation, le terrorisme, les pandémies, les catastrophes naturelles. Face à cela, il y a l’insuffisance des règles, qu’elles soient fiscales, monétaires, bioéthiques, policière, commerciales ou canalisant les migrations.

Mais cette liste n’est pas complète, cinq grandes vagues de menace arrivent à l’horizon :

  • Le vieillissement qui creuse déjà des dette énormes et annonce des conflits intergénérationnels.
  • Une nouvelle division internationale du travail qui repose sur les délocalisations tous azimuts.
  • Le coût du pétrole et une probable pétroapocalypse à venir avec un chômage en conséquence.
  • Une géopolitique où s’affronteront les blocs américains, européens et chinois (entre autres !)
  • La montée des idéologies de repli identitaire ou religieux à la mesure d’un stress croissant.

La Biosphère  se demande encore pourquoi les humains ne réagissent pas !

18.07.2005 Catastrophe cosmique

« Notre planète est infestée d’hommes que semblent décidés à saboter l’admirable harmonie de la vie. Ils pourraient bien la ramener à sa stérilité initiale. La Nature a mis en effet au monde une espèce néfaste capable de neutraliser les instincts régulatoires qui assuraient la pérennité de la vie terrestre, une espèce déjà en mesure d’exterminer la vie sur la Terre ». (Hubert
Reeves, in Malicorne)

Pour la Biosphère aussi, l’être humain est une catastrophe cosmique, une seule solution : leur décroissance durable.

8.09.2005 Loi sur l’énergie

Quatre années d’intenses négociations pour une loi américaine sur l’énergie de 1724 pages, adoptée définitivement le 8 août dernier. L’acquisition de SUV (= 4X4) est toujours fiscalement favorisée et les normes pour l’efficacité énergétique des véhicules comme de l’habitat ne sont toujours pas renforcées. On distribue aussi beaucoup de subventions pour les principaux soutiens financiers des républicains ou pour soutenir la production et favoriser la création de nouvelles raffineries. Mais la loi fait complètement l’impasse sur la gestion de la demande alors que dans les transports il n’existe pas de produits économiquement substituables au pétrole. Les mesures en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique sont d’ailleurs inexistantes.

Avec 40 % d’électricité produite à partir du charbon et plus de 5 tonnes de CO2 émises annuellement par habitant (contre 1,8 en France), le gouvernement Bush veut ignorer totalement le poids du mode de vie américain sur la Biosphère. Puisse les catastrophes naturelles s’exacerber aux USA…

12.09.2005 Vous êtes des animaux stupides

La surface dévastée par l’ouragan Katrina est de 235 000 km2, soit près de la moitié de la superficie de la France. Colère et désespoir gagnait en particulier les 300 000 habitants de la Nouvelle-Orléans en attente d’évacuation. Rudolph éclate : « On vit comme des animaux, sans électricité, sans eau, sans toilettes, sans douches, sans rien. Il faut que l’on sorte de là, on devient fous et malades. Ma fille et ses deux petites filles vivent comme des clochardes, c’est insupportable ». S’il est vrai que le cataclysme a révélé le niveau élevé des inégalités et la cruauté des rapports sociaux aux USA, en fait l’ouragan n’est qu’un épiphénomène : les humains sont les premiers responsables de la catastrophe. Dès 1722, on commençait l’édification des travaux d’assèchement de ce qui était un marécage propice à la biodiversité. En 1763, La Nouvelle Orléans n’avait encore que 3200 âmes, mais il y eut ensuite l’explosion urbaine qui avait aujourd’hui besoin de six grandes stations de pompage fonctionnant 24 heures sur 24, même par temps sec !

La Biosphère vous rappelle que les humains sont des animaux parmi les autres qui vivent normalement sans électricité, ni eau courante ou douches privées. Tout cela n’est que le privilège de la classe globale actuelle qui utilise sans limites les ressources naturelles au détriment de beaucoup d’humains, des autres animaux et des écosystèmes : les premiers destructeurs des cycles vitaux sont les habitants de villes dont on croit qu’elles peuvent survivre même en dessous du niveau de la mer !

19.09.2005 Une institutionnalisation de l’eau

La loi française du 3 janvier 1992 a promu l’eau comme « patrimoine commun de la nation » et posé le principe d’une gestion équilibrée des eaux entre les usagers et le respect de la nature. Encore faut-il, pour légiférer en matière environnementale, que la France soit poussée par une Directive-cadre européenne en l’an 2000. Mais il faut encore attendre la loi du 21 avril 2004 pour prétendre atteindre un « bon état écologique » de toutes les ressources en eau, et ce pour 2015 !!! C’est dans ce cadre dévoyé que les citoyens sont amenés à exprimer leur avis sur la gestion de l’eau entre le 2 mai et le 2 novembre 2005. Débat bâclé puisque les Français commencent juste à savoir courant septembre  qu’il existe une consultation nationale!

La Biosphère ne sera pas sauvée par des démarches participatives car plus rien dans la société actuelle n’a le pouvoir de durer quand les politiques s’opposent aux politiques, les scientifiques aux scientifiques, sans parler de l’impossible dialogue entre politiques et scientifiques, opinion publique et réalité. Seule la catastrophe réalisée rassemble, et en matière d’eau elle est déjà là au niveau national et international.

13.10.2005 Processus délibératif

Sur les questions d’environnement, il n’y a pas de décideur, il n’y a que des mécanismes de décision qui font interagir des individus ou des groupes qui ont à la fois des représentations différentes du problème débattu et des poids différents dans la discussion. Donc nécessairement le processus délibératif devient sans fin. Une conférence des citoyens sur un sujet (par exemple les OGM) n’aura que des impacts politiques et décisionnels faibles, que la préparation soit bâclée comme en France ou dure deux années comme en Suisse. Les politiques se contentent d’un affichage de volonté réformatrice en ne s’engageant que pour des actions minimales ou illusoires. En conséquence, un forum de citoyens doit être assuré de durer longtemps car seule la continuité permet les itérations successives nécessaires pour aboutir à un consensus efficace.

La Biosphère ne sera pas sauvée par des démarches participatives car plus rien dans la société actuelle n’a le pouvoir de durer quand les scientifiques s’opposent aux scientifiques, les politiques aux politiques, sans parler de l’impossible dialogue entre scientifiques et politiques, politiques et opinion publique, opinion publique et réalité. Seule la catastrophe réalisée (une pétroapocalypse ?) rassemble. Alors en attendant, que les plus courageux d’entre vous passent à l’action directe !

14.10.2005 Impuissance médiatique

En 1992, une étude australienne a montré que la télévision présentait le sort des victimes de catastrophes sans restituer leur contexte historique et social ; encore plus grave, les évènements étaient présentés comme étant hors de tout contrôle individuel ou collectif. Une autre étude en 1993 sur le traitement du thème environnemental dans la presse écrite française relevait aussi des comportements de dénonciation sans que soit évoqué la possibilité d’une mobilisation populaire. Aujourd’hui encore presse et télévision se caractérisent toujours par une préférence pour des horizons proches et une description d’un univers sur lequel l’emprise de la fatalité est grande, où l’individu est isolé et impuissant, où l’action des pouvoirs publics est insuffisante.

Pourtant des actions individuelles telles que le tri de déchets ou le renoncement à la voiture n’acquièrent un sens que dans le cadre d’une vison collective de la cohésion sociale : le consensus sur la sobriété volontaire n’adviendra qu’à partir du moment où s’instaurera la croyance de chacun en la soumission de tous les autres, c’est-à-dire sous l’emprise de la nécessité de sauver la Biosphère… et les humains par la même occasion.

18.10.2005 Renaissance du nucléaire ?

Depuis la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986, on n’avait plus construit de réacteur nucléaire. Aujourd’hui on a oublié l’expérience du passé (l’expérience, une lanterne que les humains ont dans le dos et qui n’éclaire que leur passé), et on croit (la foi, autre caractéristique du cerveau humain), qu’il est absolument indispensable de lutter contre l’effet de serre en construisant de nouvelles centrales. Le premier pays à se lancer dans l’aventure est la Finlande qui a officiellement mis en chantier un EPR (European pressurized reactor) le 12 septembre dernier (mise en service en 2009). Dans trois ans ce sera au tour de la France de commencer à construire un EPR à Flamanville. Pourtant le parlement finlandais avait repoussé en 1993 toute idée d’un cinquième réacteur nucléaire, il ne l’a accepté en 2002 que par 107 voix « pour » et 92 « contre », soit une majorité de 54 % seulement. Pourtant en France, selon le comité des sages issu du débat national sur l’énergie, l’urgence d’une nouvelle construction de réacteur n’était pas clairement démontrée.

La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !

21.10.2005 Relance du nucléaire ?

La groupe français Areva a créé une société commune avec la compagnie d’électricité américaine Constellation dans le but explicite de construire aux USA quatre réacteurs nucléaire EPR. Depuis 1978, aucune tranche n’avait été commandé aux USA. En effet l’opinion publique avait été marquée par l’accident dans la centrale de Three Mile Island (Pennsylvanie) en mars 1979 et par la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986. De toute façon le pays possède déjà un parc de 104 réacteur assurant 21 % de sa production électrique, mais G.Bush veut maintenant aller au-delà et plaide : « Plus d’énergie nucléaire rendra notre nation plus sûre et moins polluante. Il est temps pour ce pays de commencer à nouveau à construire des centrales nucléaires (discours du 22 juin 2005) ».

La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, pourtant les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !

4.11.2005 Des plantes indociles

Le colza est un hybride naturel de la navette (Brassica rapa) et du chou (Brassica oleracea) et dans cette lignée, il est donc susceptible de se croiser avec nombre de ses cousins, crucifères ou brassicacées. Des variétés transgéniques de colza qui tolèrent les insecticides pourraient donc donner cette caractéristique à de « mauvaises » herbes au détriment des cultures humaines. Une étude anglaise(Farm scale evaluation) a d’ailleurs démontré que ce n’était pas une simple hypothèse, même si les rares hybrides observés perdaient cette résistances au fil des générations. L’étude insiste cependant sur un autre inconvénient du colza : sur chaque mètre carré cultivé, de 1000 à 6000 graines tombent sur le sol et les repousses sont extrêmement fréquentes, d’autant plus que les graines peuvent demeurer en terre de cinq à dix ans avant de germer.

Quand la rotation des cultures est perturbée par l’exubérance des plantes, quand les humains continuent de disséminer leurs chimères génétiques, la Biosphère prévoit quelques catastrophes agricoles à venir.

16.11.2005 Pédagogie de la catastrophe

Le progrès technique n’est plus un choix de la conscience, mais une drogue à laquelle vous êtes tous accoutumés et à laquelle il est presque impossible de renoncer volontairement : même le militant écologiste au sortir d’une réunion pour sauver la planète retourne le plus souvent chez lui en voiture et non à pied, tourne le commutateur plutôt que d’allumer la chandelle, prend une bière au frigidaire plutôt que d’aller tirer l’eau du puits et regarde la télévision en continuant de pester contre l’abêtissement de la société du spectacle. Seul un échec historique de la civilisation fondée sur l’utilitarisme et le progrès pourrait faire découvrir que le bonheur n’est pas de vivre en grand, mais de vivre bien. Seule une catastrophe du type pétroapocalypse pourra dessiller les yeux de tous ces adeptes plus ou moins fascinés par la technique.

La Biosphère attend, elle est patiente, très patiente, elle existe depuis 3,5 milliards d’années, les homo sapiens depuis 150 000 ans environ, la révolution industrielle depuis 200 ans seulement !

23.11.2005 Dynamique de la crise

Que ce soit au Canada, en Europe ou ailleurs, chaque pêcheur est aujourd’hui individuellement conscient que leur catégorie professionnelle va collectivement à la catastrophe. Mais chaque pêcheur sait également qu’en situation de rareté générale, le poisson qu’il ne prend pas immédiatement sera pris par un autre. Il est donc condamné à pêcher tout ce qu’il peut dans un minimum de temps tout en sachant pertinemment que cela aggrave le processus de catastrophe collective. Alors les Etats côtiers veulent étendre encore plus loin vers le large leur juridiction, mais cela ne suffit pas et ils doivent instaurer des quotas de pêche, puis subventionner une partie de leurs pêcheurs pour les empêcher de pêcher, enfin interdire un jour ou l’autre la pêche à la morue et aux anchois…

Il y a bien longtemps que les humains auraient du comprendre que l’ami des pêcheurs et l’ami des poissons fréquentent le même océan et que l’essentiel n’est jamais la dynamique de la croissance, mais la gestion collective de la stabilité.

29.11.2005 Divergences de PDG

L’environnement n’est pas un sujet de prédilection pour les dirigeants de grandes entreprises, c’est ce que démontre une étude française. S’ils admettent facilement leur ignorance de ces questions, le sujet provoque visiblement chez eux un certain malaise. Pourtant les qualificatifs qu’ils utilisent pour parler de la crise écologique sont éloquents : majeur, extrêmement important, sérieux, question fondamentale, ou même catastrophe. Mais le naturel revient rapidement : « Il n’y a pas lieu de s’inquiéter. La forêt, il y a un bon reboisement. On utilise le plus correctement ce que la planète a à nous offrir. L’eau est beaucoup moins polluée qu’il y a dix ans. L’air aussi, il y a des mesures qui sont prises ». Ils estiment aussi que le problème écologique, c’est avant tout un problème de surpopulation, mais aucun n’identifie le contrôle des naissances comme solution au problème de l’environnement. Les dirigeants, qu’ils soient d’ailleurs chefs d’entreprises ou responsables de partis, continuent à appréhender la tension économie/environnement du point de vue du profit et de l’emploi plutôt que du point de vue de l’environnement et de la démographie.

Pourtant, même si la population occidentale se stabilise, son empreinte écologique est tellement importante qu’il faudrait diviser ces populations par trois ou quatre pour maintenir un niveau de pression acceptable sur les écosystèmes « toutes choses égales par ailleurs », c’est-à-dire en maintenant le reste du monde dans la pauvreté. La Biosphère hurle alors : riches et pauvres, faites moins d’enfants !

Notre article le plus récent sur la réalité de la catastrophe

24 janvier 2025, Les villes soumises aux catastrophes

La catastrophe décrite en 2005 par notre blog Lire la suite »

La Décroissance n’est pas un concept flou

Qui est prêt à marcher à pied sur des distances conséquentes, à utiliser un vélo sans assistance électrique pour des distance plus longues, à ne pas disposer d’un smartphone et d’une télé, à ne pas partir en vacances en voiture ou en avion, à ne plus manger de produits ultra-transformée et si possible à produire soi même sa nourriture faire cuire ses repas au feu du bois ramassé par soi même ? A l’heure actuelle, pas grand monde se veut vivre décroissant. Mais nécessité fait loi. Quand les sources d’énergie fossiles vont se tarir et le réchauffement climatique s’amplifier, il faudra bien faire preuve de sobriété énergétique et utiliser ses propres forces physiques plutôt que des énergies exosomatiques. Qu’on le veuille ou non ! Les réalités biophysiques conditionnent in fine nos activités monétisées, l’argent ne se mange pas. A l’heure actuelle, pas grand monde se veut vivre décroissant. Mais nécessité fait loi. Quand les sources d’énergie fossiles vont se tarir et le réchauffement climatique s’amplifier, il faudra bien faire preuve de sobriété énergétique et utiliser ses propres forces physiques plutôt que des énergies exosomatiques. Qu’on le veuille ou non ! Les réalités biophysiques conditionnent in fine nos activités monétisées, l’argent ne se mange pas. Voici une critique du point de vue de Pisani-Ferry déjà mis en question par notre précédent post.

dix économistes répondent à Jean Pisani-Ferry : La récente chronique de Jean Pisani-Ferry consacrée à la décroissance nous pousse à réagir collectivement en tant que membres de la Société francophone d’économie écologique. Sa proposition de « compléter » le PIB témoigne de l’enfermement dans un même logiciel de réflexion, où l’indicateur devient le but recherché et où est esquivée toute remise en question profonde du modèle économique. Un nouvel indicateur comme le produit intérieur net ajusté (PINA) réduit les questions environnementales aux émissions de CO2 ; il ne prend pas la pleine mesure des pollutions chimiques, de l’érosion de la biodiversité, de l’artificialisation des sols, de la dégradation des cycles de l’eau, de l’azote et du phosphore que génère notre modèle économique actuel. Écrire que la décroissance est un concept flou et qu’elle n’a « macroéconomiquement, pas de sens clair » revient à fermer délibérément les yeux. La décroissance entend remettre au centre du débat les finalités de l’activité économique – assurer un bien vivre collectif, qui ne se fasse pas aux dépens de l’environnement, des plus pauvres ou des générations futures. Un pan entier de ses recherches est consacré à la modélisation macroéconomique de ce que serait « une transformation planifiée et démocratique du système économique afin de réduire radicalement l’impact écologique et les inégalités et d’améliorer le bien-être », pour reprendre la définition commune la plus récente de la décroissance. Il n’est plus question de performance économique pour elle-même, mais de la capacité de l’économie à répondre aux besoins de la société sans saper ses fondations, intrinsèquement ancrées dans des cycles naturels. C’est l’un des résultats majeurs de la macroéconomie écologique que de montrer que les pays aux revenus les plus élevés doivent une part de leur développement à l’extraction des ressources et de la force de travail des pays des Suds (cela s’appelle l’échange écologiquement inégal).

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Jean Pisani-Ferry délégitime le concept de décroissance (juillet 2025)

extraits : La décroissance est un terme-obus, choisi pour montrer la direction à prendre. Il n’a jamais prétendu être autre chose, marquer une volonté de construire des modes de production différents, moins polluants, plus respectueux des hommes et de la nature. Jean Pisani-Ferry n’a comme souci principal que de perpétuer le PIB comme indicateur clé, et donc garder l’essentiel du statu quo, business as usual. Sans me tromper beaucoup, je peux dire que si on défalque du PIB le coût des dommages que sa croissance induit sur l’état de santé de la population, l’épuisement des ressources naturelles et les dégradations de tous ordres, déforestation, réchauffement climatique, pollutions diverses, etc., on verrait statistiquement que nous ne sommes plus dans un régime de croissance économique mais au contraire de décroissance.

Le problème, c’est que si la politique ne veut pas maîtriser la décroissance de tout ce qui a un impact négatif sur les humains et la nature, alors nous aurons une décroissance subie, ce que les économistes orthodoxes appellent récession, crise, ou même effondrement. On le savait depuis 1972 et le rapport du MIT sur les limites à la croissance, mais est-ce que Pisani-Ferry a lu ce rapport ? On en doute….

La Décroissance dans les colonnes du MONDE (mai 2023)

extraits : « Concrètement, le PIB ne fournit pas une bonne mesure du bien-être, et on ne peut pas le prendre pour guide dans le pilotage de la transition, puisqu’il ignore la notion même de soutenabilité. C’est dans les années 1970, avec le rapport du Club de Rome (1972), titré « Les limites de la croissance », que le culte du PIB a commencé d’être mis en cause et qu’est apparu le thème de la décroissance. Mais il a fallu attendre la première décennie de ce siècle pour que la critique s’affirme. En 2009 paraissent coup sur coup le livre de Tim Jackson Prospérité sans croissance et le rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi sur de nouveaux indicateurs. Mais ces efforts n’ont pas débouché sur un substitut satisfaisant au produit intérieur brut (PIB). Les tableaux de bord fondés sur une multiplicité d’indicateurs ne suscitent guère que l’indifférence. L’indicateur de développement humain (IDH) publié par les Nations unies a l’avantage d’illustrer de manière saisissante que prospérité partagée et croissance ne se confondent pas, mais il n’est pas médiatisé. L’Insee envisage aujourd’hui la publication de comptes nationaux « augmentés », qui comprennent notamment une mesure du PIB ajusté des dommages induits par les émissions de gaz à effet de serre. (Jean Pisani-Ferry) »….

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Jean Pisani-Ferry délégitime le concept de décroissance

Les hérauts de la croissance verte nous expliquent le découplage entre émissions de gaz à effet de serre et croissance. Une chimère, croissance et GES vont de pair ! Tentons alors de reposer les termes du débat : un indicateur comme le PIB est fait pour indiquer si les politiques publiques vont dans le bon sens. Or le PIB (Produit intérieur brut) agrège des éléments à la fois positifs et négatifs pour la société. D’où le discours de Robert Kennedy, qui dira du PIB qu’il comptabilise positivement la destruction des forêts, la fabrication d’armes, mais laisse de côté la santé et l’éducation de nos enfants. Mesurant uniquement les flux, le PIB peut nous donner l’illusion de nous enrichir, alors même que nous détruisons notre patrimoine naturel. Il est pourtant devenu un indicateur fétiche auquel nous sommes attachés de manière quasi obsessionnelle… Jean Pisani-Ferry y croit encore !

Jean Pisani-Ferry : Depuis le rapport de la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi de 2009, on sait que le produit intérieur brut (PIB) est une mesure biaisée de la performance économique. Il ignore notamment tant la détérioration du climat induite par les émissions de gaz à effet de serre que la baisse du capital naturel résultant du rétrécissement des espaces naturels et de la dégradation de la biodiversité. Une controverse s’est alors nouée autour du thème de la décroissance. La décroissance est un concept flou dont la séduction est fortement diminuée par le ralentissement du pouvoir d’achat et les sirènes populistes. Certes le terme de décroissance traduit un rejet louable du consumérisme effréné, mais il n’a macroéconomiquement pas de sens clair. Le débat public serait plus pertinent si les comptes nationaux produisaient deux mesures de la croissance : l’une traditionnelle (le PIB), l’autre corrigée des effets de l’activité économique sur le climat et la nature. Cet indicateur alternatif permettrait de mieux apprécier la performance économique du pays et inciterait les gouvernants à des politiques plus respectueuses de l’environnement. Les « décroissants » seraient obligés de reconnaître le coût économique des politiques qu’ils préconisent.

Le point de vue des écologistes décroissants

La décroissance est un terme-obus, choisi pour montrer la direction à prendre. Il n’a jamais prétendu être autre chose, marquer une volonté de construire des modes de production différents, moins polluants, plus respectueux des hommes et de la nature. Jean Pisani-Ferry n’a comme souci principal que de perpétuer le PIB comme indicateur clé, et donc garder l’essentiel du statu quo, business as usual. Sans me tromper beaucoup, je peux dire que si on défalque du PIB le coût des dommages que sa croissance induit sur l’état de santé de la population, l’épuisement des ressources naturelles et les dégradations de tous ordres, déforestation, réchauffement climatique, pollutions diverses, etc., on verrait statistiquement que nous ne sommes plus dans un régime de croissance économique mais au contraire de décroissance.

Le problème, c’est que si la politique ne veut pas maîtriser la décroissance de tout ce qui a un impact négatif sur les humains et la nature, alors nous aurons une décroissance subie, ce que les économistes orthodoxes appellent récession, crise, ou même effondrement. On le savait depuis 1972 et le rapport du MIT sur les limites à la croissance, mais est-ce que Pisani-Ferry a lu ce rapport ? On en doute.

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Pour sortir du fétichisme consacré au PIB

extraits : En 2005, Gadrey et Jany-Catrice publiaient un livre sur les nouveaux indicateurs de richesse. Le livre démarre sur une critique du PIB (simplement égal à la consommation + l’investissement) pour aborder ensuite les indicateurs alternatifs comme l’empreinte écologique, l’IPV (indicateur de progrès véritable) ou l’IBED (indicateur de bien-être véritable).  Ces indicateurs sont par nature complexes, ainsi cette formule : IBED = consommation marchande des ménages + services du travail domestique + dépenses publiques non défensives + formation de capital productif (investissement) – (dépenses privées défensives + coûts des dégradations de l’environnement + dépréciation du capital naturel). Les dépenses défensives sont définies par les dépenses (et la production correspondante) qui servent à réparer les dégâts provoqués par des activités humaines de production ou de consommation. Certains analystes estiment que la moitié des dépenses publiques sont de type défensif, ce qui diminue d’autant le bien-être véritable.

Lire Les nouveaux indicateurs de richesse de Gadrey et Jany-Catrice (édition La Découverte, 2005)

Pour en savoir encore plus

24 mai 2020, Post-covid, remplaçons le PIB par le BNB

9 août 2017, Le PIB s’accroît car l’eau et l’air sont des biens rares !

14 août 2014, Une bonne nouvelle, la croissance du PIB est en panne

23 avril 2014, Le PIB va s’effondrer avec le prochain choc pétrolier

13 août 2013, Journaliste = poser des limites à la croissance du PIB

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autoroute A69, une impasse pour le gouvernement

Les États présentent un caractère trouble assez particulier, ils sont à la fois des formes institutionnalisées de pillage et décideurs de projets. Le dossier de l’A69 est celui qui illustre le mieux cette troublante dualité – entre l’Etat stratège soucieux du long terme et l’Etat pillard qui permet le saccage de l’avenir et des biens communs au bénéfice de quelques-uns. L’A69 est ce vieux projet d’autoroute entre Castres et Toulouse dont le tracé jouxte celui de la route nationale 126  : de vingt à trente minutes gagnées pour relier les deux villes, et une vingtaine d’euros pour l’aller-retour. Inutile et imposé. L’État s’obstine dans un combat d’arrière-garde qui sera de toute façon perdu à long terme.

Michel Guerrin : Les opposants à l’autoroute A69, rassemblés dans le parc du château de Scopont, ont commencé samedi 5 juillet à défiler en direction du chantier de l’autoroute en construction. « No macadam ! S’il faut cramer des machines, bloquer une route… on le fera, parce qu’il est absolument nécessaire de s’opposer à ce projet inutile imposé et écocidaire. » Quelque 1 500 gendarmes ont été déployés, les autorités s’attendent à 2 000 manifestants. Fin février, le tribunal administratif de Toulouse a ordonné une interruption des travaux, estimant qu’il n’y avait pas de raison impérative d’intérêt public majeur pour justifier les dégâts causés à l’environnement. Mais avant l’examen du dossier au fond prévu à la fin de l’année 2025, la cour administrative d’appel de Toulouse a autorisé fin mai une reprise du chantier !

Le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau : « Quand, au nom de l’écologie, on prépare une manifestation avec des armes comme des catapultes ou des boules de pétanque ; quand, au nom de l’écologie, on mobilise des dizaines de militants d’ultragauche encagoulés et dangereux qui ne veulent que détruire ou casser du flic, alors c’est qu’on a basculé dans la sédition et l’ultraviolence… Ce ne sont pas des militants écologistes, ce sont des barbares ».

Le point de vue des écologistes sans parti pris

– Une nouvelle autoroute en 2025, c’est d’une violence inouïe.

– Nous assistons à une terrible transformation du foncier agricole par la stérilisation des terres.

– Priorité systématique à la bétonisation sous la pression des lobbys.

– Voulez-vous vous faire racketter 15 euros chaque fois que vous irez a Toulouse ?

– Un gendarme pour chaque manifestant, on voit où va nos impôts et les souhaits de Retailleau.

– Les flics, dont 70 % votent pour un parti raciste et climatonégationniste, sont juste là pour faire régner la paix et l’harmonie.

– Les cocktails Molotov sont les verres de bienvenu et les boules de pétanques, les cacahuètes qui vont avec.

– Une boule de pétanque, c’est moins grave que le réchauffement climatique.

– Elle est légale ou pas, cette autoroute ? Je n’y comprends plus rien.

– La démocratie approuve le suicide de la civilisation et les famines à venir sous prétexte d’intérêt économique.

– L’occasion d’organiser un référendum ? Ah non, l’environnement et le futur, les décideurs s’en foutent.

– Un rapport d’Amnesty International démontre les violations répétées par l’État contre toutes les personnes qui luttent pour sauver notre climat.

– Je participe à l’action en boycottant l’automobile, ce désastre quotidien.

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Autoroute A69, le chantier est arrêté, enfin ! (février 2025)

extraits : Le tribunal administratif de Toulouse a annulé, le 27 février, l’arrêté préfectoral autorisant le chantier de l’autoroute A69, entre Toulouse et Castres : « L’A69 et l’élargissement de l’A680 n’ayant que des bénéfices de portée limitée, il n’y a pas de nécessité impérieuse à les réaliser, et les arguments présentés en faveur de ces projets ne justifient pas qu’il soit dérogé à l’objectif de conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvages. » L’Etat va faire appel, a annoncé le ministère des transports car cette route a été « déclarée d’utilité publique en 2018 et bénéficie d’un large soutien local de la part des élus, des habitants et des acteurs économiques »….

A69. Manifestation interdite, donc violente ? (juin 2024)

extraits : A partir du 7 juin 2024, les mouvements mobilisés contre le projet d’autoroute avaient prévu trois jours de réunions et d’actions sur le tracé de l’A69. Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a demandé au préfet du Tarn d’interdire « cette nouvelle manifestation qui s’annonce extrêmement violente » où pourraient se rendre « 5 000 personnes dont 600 black blocs ». Le groupe des écologistes à l’Assemblée nationale a, pour sa part, évoqué le film Minority Report (2002) en décrivant un gouvernement prêt à « nous plonger en plein film d’anticipation où la violence s’invente avant même son existence éventuelle »….

autoroute A69, inutile et imposée (octobre 2023)

extraits : L’enterrement de Notre-Dame-des-Landes ne faisait que préparer l‘épanouissement de la contestation de tous les GTII, Grands travaux inutiles et imposés. Partout sur le territoire, une cinquantaine de projets d’aménagement suscitent de vives oppositions locales, souvent depuis plusieurs années : déchets nucléaires à Bure, lignes à très haute tension….

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Des économistes aveugles face à l’urgence écologique

Pendant longtemps, la science économique a ignoré la crise du climat et de la biodiversité malgré les alertes répétées des écologues. En épluchant le répertoire des articles des économistes du monde entier (RePec), on constate que les spécialistes de l’environnement ne représentent que 4 % des chercheurs. Autre constat alarmant, dans l’ensemble des articles publiés par les cinq plus prestigieuses revues de la profession entre 1975 et 2023, seuls 25 ont porté sur le changement climatique sur plus de 18 000 articles. Les climatologues et biologistes ont beau avoir alerté la planète, pendant des décennies, qu’une catastrophe est en cours, et avoir répété qu’elle est forcément dévastatrice pour l’activité humaine, la science économique a continué à caresser ses modèles de croissance comme si de rien n’était. La liste des 93 Prix Nobel d’économie révèle l’ampleur d’un profond décalage avec les enjeux écologiques, elle est vide de tout spécialiste de l’environnement.

Et les « économistes écologiques », les hétérodoxes qui remettent en cause le système capitaliste, sont persona non grata dans la plupart des facultés d’économie.

Pascal Riché : Le grand paradoxe, c’est qu’à l’origine la nature était au cœur de l’analyse économique. Au XVIIIe siècle, les premiers économistes étaient appelés les « physiocrates », des mots grecs physis (« nature ») et kratos (« gouvernement »). Pour eux, toute richesse venait de la terre, qu’exploitaient les agriculteurs. Puis est venue l’école classique. Jean-Baptiste Say (1767-1832) présentait la nature comme un « magasin » dans lequel l’homme pouvait librement piocher, car ses produits étaient « inépuisables ». Pour les classiques, la valeur ne vient pas de la nature, mais du travail (le capital étant du « travail accumulé », dira Marx qui s’inscrit dans le même sillage). Après 1870, on a commencé à mettre l’économie en équation. Et pour y parvenir, les « néoclassiques » ont tout simplifié. Ils ont bâti une fonction de production reposant sur seulement deux facteurs, le capital et le travail. La nature avait disparu du paysage. Elle est devenue une forme de capital substituable aux autres. Or, la nature n’est pas substituable au capital. Si vous abattez une forêt millénaire, vous pouvez certes vendre le bois mais, avec cette somme, vous ne pouvez pas faire réapparaître la forêt. La question de la dégradation de l’environnement est abordée comme une fâcheuse défaillance du système que l’on peut résoudre. On parle d’« externalités négatives ». Si une usine rejette des déchets dans une rivière, cela a un contrecoup sur l’activité des pêcheurs. Pigou suggère d’instaurer des taxes. Nicholas Stern est chargé par le gouvernement du Royaume-Uni en 2005 d’un travail sur l’économie du changement climatique. Il défend l’idée d’attribuer un prix au carbone et de le faire payer à travers des taxes et des réglementations.

Le rapport Stern sur le climat, aussitôt publié qu’oublié

Aujourd’hui, la plupart des études situent le coût social du carbone entre 100 et 200 euros la tonne. Mais patatras, on serait plutôt autour de 850 euros selon Adrien Bilal et Diego Känzig !

Pourtant depuis quelques années, le vent semble tourner, illustration des trois étapes d’une mutation de l’imaginaire social : après le déni, la sortie de l’irénisme, puis la réinvention. Mais du côté de l’effondrement de la biodiversité, impossible de l’encapsuler dans un seul indicateur comme la taxe carbone. Multiforme, cette crise-là est d’une effroyable complexité. L’« économie de la biodiversité » requiert une connaissance technique de l’écologie. Il devient urgent de travailler de façon pluridisciplinaire. Un économiste qui ne propose qu’un seul outil comme la taxe carbone, c’est comme un garagiste qui n’aurait qu’un tournevis. Pour ré-encastrer l’économie dans la nature, elle doit renouer avec la façon de penser très riche et très libre des premiers économistes, qui, au XVIIIe siècle, mêlaient logique, mathématiques, physique, sciences naturelles, philosophie morale et science politique. On ne parlait pas de « sciences économiques », mais d’économie politique

Le point de vue des écologistes transdisciplinaires

– Toute la pensée théorique de l’économie orthodoxe est basée sur l’observation et la modélisation des civilisations industrielles du 19 au 20ème siècle. Autant dire une microseconde de notre existence d’humains dans les pays européens.

– La capacité des économistes à justifier l’ordre établi ne connaît pas de limites. Et ça fonctionne dans les deux sens, l’ordre établi ayant besoin d’économistes qui justifient son inaction écologique.

– Les programmes d’économie au bac général (SES) reflètent ce qui est dit dans l’article : les problèmes climatiques sont un peu évoqués, pas ceux de la biodiversité. Et tout de suite on évoque les solutions : innovations, marchés… et croissance !

– La réforme du lycée en 2019 a certes créé une une spécialité écologie… mais celle-ci est réservée à l’enseignement agricole qui dépend du ministère de l’agriculture et non de l’éducation nationale.

– En 2015 la notion de développement durable est sortie en France des programmes du collège car jugée trop critique et trop injonctive au profit de la « transition écologique »qui permet la mise en place macronienne d’une « écologie à la française ».

– Les économistes aveuglés par des modèles obsolètes depuis le rapport de 1972 sur les limites de la croissance portent une très lourde part de responsabilité dans le retard criminel que nous avons pris pour espérer rendre le monde vivable à nos jeunes.

– Aux élections européennes de 2024, les listes proposant une écologie active ont récolté des formules du type : »la fin du mois avant la fin du monde, écologie punitive, khmers verts, populisme vert »…

Nicholas Georgescu-Roegen a montré que l’énergie et les minéraux utilisés dans le processus de production se dégradent nécessairement dans un processus irréversible, qu’il désigne comme l’« entropie », une notion empruntée à la thermodynamique.

– Je vous renvoie au rapport de l’Institute and Faculty of Actuaries : en l’absence de réponse politique rapide, l’économie mondiale subirait une perte de 50 % du PIB d’ici 2090 et la mort de la moitié de l’H- Le Titanic est maintenant lancé a pleine vitesse avec l’orchestre au grand complet.umanité (4 milliards d’habitants).

Vous êtes à Gaza et vous devez former des spécialistes pour les habitants d’un pays complètement détruit. Vous avez 5 profils mais vous ne pouvez en choisir que 4 parmi : infirmier, maçon instituteur, fermier et économiste. Lequel reste à quai ?

Des économistes aveugles face à l’urgence écologique Lire la suite »

Notre indice de capacité destructrice

Le bimestriel La Décroissance » nous offre les moyens de modifier notre imaginaire social, aujourd’hui croissanciste et destructeur.

Alain Gras : Il y a fragilité de la puissance, la vulnérabilité de nos sociétés découle de macro-systèmes trop complexes et trop énergivores. Quand j’ai commencé mes recherches sur notre techno-dépendance, je me suis intéressé au train. Il bouleverse les relations entre les êtres humains toute en permettant la fluidité des échanges sur une grande distance. Son fonctionnement nécessité un réseau de communication et des régulations à partir de centres de contrôle. Le tout est relié à l’électricité, un modèle qui s’est généralisé aujourd’hui au monde entier. Notez que le numérique n’est rien d’autre que de l’électro-numérique. On imagine alors que tout est facile, instantané, que tout va très bien Madame la marquise ! Mais il suffit d’une défaillance dans un des maillons de la chaîne pour que tout le système se grippe. Il faut donc remettre en question notre dépendance à l’électricité elle-même. Le nucléaire représentant une part infime de la consommation électrique au niveau mondial. Les écologistes qui considèrent l’électrification intégrale comme une solution font fausse route. L’électro-numérique et ses data centers ou les cyber-monnaies ne sont rien d’autres que de la spéculation, ils ne font que nous plonger dans un univers quotidien de plus en plus artificiel et inhumain. La technoscience est un moyen de domination sur le milieu naturel et sur les hommes. L’électricité devient un monstre qui mange ses enfants. Elle nous amène à un délire de toute-puissance.

Cette explosion de puissance s’observe de la façon la plus évidente dans le domaine militaire. Une étude MIT des années 1970 proposait un « indice de capacité destructrice » des armes pour mesurer le « progrès » des technologies de la mort. L’épée avait un indice de 20 comme l’arc, l’arbalète 32, le fusil à pierre au XVIIIe siècle 150, le fusil à chargeur pendant la Première guerre mondiale 780, la mitraillette lors de la Seconde guerre mondial 18 000. Le missile tactique à tête nucléaire, 60 millions. Une croissance exponentielle. Et c’est une étude qui date d’une cinquantaine d’années, la capacité mortifère a bien augmenté depuis !

Le concept de décroissance met en cause la démesure et nous appelle à l’autolimitation, à la vertu de la prudence chère aux Grecs anciens. Pour ceux qui nous gouvernent, la décroissance c’est pourtant le diable. Et je pense qu’elle va l’être de plus en plus ; parce que précisément, elle arrive. Il faut être fasciné par le modèle Meadows, le rapport au club de Rome sur les limites à la croissance qui est sorti en 1972. « Make America great again », ce n’est que la défense d’une machine qui s’enraye dans un capitalisme délirant. Trump est l’incarnation la plus grotesque du mode de vie « non négociable », la promesse de retrouver la grandeur passée » et la poursuite à marche forcée de la course à la puissance. Nous sommes dans un moment de bascule où la catastrophe va nous révéler l’impasse dans laquelle nous nous trouvons alors que la puissance militaire se confond avec celle de l’industrie et de l’économie.

J’estime, pour conclure sans nuances, que dans notre monde électro-numérique le combat des imaginaires sera décisif. Le mot « progrès » est le premier à jeter à la poubelle pour que l’avenir s’ouvre à tous les possibles libérés des contraintes techniques.

Lire, Le choix du feu d’Alain Gras (2007)

extraits : L’humanité avait vécu jusqu’au XIXe siècle dans un usage relativement équilibré des sources naturelles d’énergie. Le choix « vapeur-chaleur » qui a été fait il y a un siècle et demi à peine allait fermer toutes les ouvertures qu’offrait l’usage des énergies renouvelables. Aujourd’hui l’agriculture est devenue un chaudron, l’alimentation fournit des calories en trop, les voitures correspondent au feu dans le moteur, sans oublier la bouilloire nucléaire et l’eau esclave du  feu ; même la croissance démographique a un coût énergétique majeur….

Pour en savoir plus sur Alain Gras

Alain GRAS, universitaire et décroissanciste (2022)

extraits : Alain Gras, professeur des universités, est aussi un contributeur régulier au contenu du mensuel « La décroissance ». Il a publié en 2007 un livre qui devrait rester sur les tables de chevet des politiciens, « Le Choix du feu ». Il a participé au livre collectif « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) ». Voici le chapitre dont il est l’auteur….

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Hadrien Goux travaille chez Bloom, bravo

L’attitude à l’égard de Claire Nouvian, fondatrice de l’association Bloom (créée le 28 février 2005) est variée.

Il y a ceux qui la détestent : « Je suis hyperclivante. Les pêcheurs néerlandais m’appellent Hitler…  »

Il y a ceux qui la comprennent. « C’est une adversaire respectable, concède le président de la commission pêche au Parlement européen. Elle est attachante même si elle est parfois chiante. »

https://bloomassociation.org/

Voici le témoignage d’un des salariés de son association qui agit contre la destruction de l’océan, du climat et des pêcheurs artisans

Hadrien Goux : Je gagne 2 100 euros net par mois et cela me suffit amplement pour vivre. étudiant à l’Ecole des mines de Paris, on nous met en tête qu’on obtiendra des salaires mirobolants en sortie d’études. Aujourd’hui, deux ans après avoir obtenu mon diplôme, je suis salarié de l’organisation non gouvernementale française Bloom, qui se consacre à la sauvegarde des océans. Quand on m’interroge sur ma rémunération qui reste modérée, je réponds souvent : « A quoi ça sert de gagner 50K [50 000 euros] si c’est pour contribuer à un système qui s’autodétruit et fera perdre sa valeur à l’argent ? »

Évidemment, ça génère des discussions avec certains de mes camarades ingénieurs qui ne sont pas aussi conscients des crises en cours et à venir. Je ne crois pas au fait de changer les choses de l’intérieur comme nombre de mes camarades, je vois par contre très bien comment c’est le système qui les change.

Je n’ai pas toujours été aussi déterminé. Quand j’étais en prépa au lycée Hoche à Versailles, en 2019, je regardais un peu de loin les marches pour le climat. J’étais impliqué mais mon écologie n’était pas très politique, je voulais sauver les ours polaires. Puis je suis arrivée à l’Ecole des mines, et comme tous les étudiants fraîchement sortis de prépa, j’ai suivi le cours de Jean-Marc Jancovici sur l’énergie et le climat. Une claque. En tant qu’ingénieur on comprend bien la problématique scientifique, mais on nous laisse avec cette question : pourquoi est-ce qu’on est aussi apathiques ? Je suis passé de la perception d’une crise lointaine avec des ours polaires en danger à : ce sont des humains, – nous, en fait – qui vont subir les canicules, la montée des eaux, les sécheresses comme on le voit déjà bien en France, et pire ailleurs.J’ai fait un premier stage dans le nucléaire chez Orano. Je suis arrivé en pensant contribuer à la décarbonation de la production d’énergie et j’en suis ressorti avec le sentiment que je n’y ferai pas bouger les lignes.

Agir est le meilleur remède à l’anxiété, sûrement pas un gros salaire, plutôt même le contraire ! Je n’ai pas ce rêve d’acheter une maison, de faire des voyages ou de fonder une famille, parce qu’au vu de la trajectoire actuelle du dérèglement climatique, mon temps est bien mieux utilisé à limiter la catastrophe que de faire des plans sur la comète qui nous arrive droit dessus ! J’essaie pour l’instant de changer le monde à mon échelle.

Le point de vue des écologistes contesté par des aveugles

On ne comprend pas pourquoi des commentateurs abonnés au MONDE se permettent de critiquer Hadrien…. à moins qu’ils ne soient payés par une officine de l’appareil thermo-industriel pour nous empêcher d’agir en faveur de nos générations futures.

lecteur assidu : Un gros salaire permet une solidarité sociale active tandis que le petit non-croissant, confit dans son individualisme, ne voit que le doigt de son confort égotique.

Ln49 : Si ça vous rassure… Cette personne paie des impôts et reste au dessus du niveau médian. Quant à l’individualisme, il s’est engagé dans un combat collectif puisque politique.

jea.vie : Le Monde a le chic pour dénicher dans une promotion de l’Ecole des Mines le seul ingénieur qui est raccord avec sa propre idéologie, ce qui lui permet d’en rajouter une couche. Ce jeune homme est un marginal dans la population à laquelle il appartient !

Olivier L. : Les commentaires négatifs montrent à quel point certaines personnes sont conditionnées par le « système » (libéralisme, efficacité économique, concurrence, performance, rentabilité, etc.) et, aussi, inconscients des problèmes environnementaux. Ce jeune homme est un modèle, ses parents peuvent être fiers de lui, la société lui est reconnaissante.

J. Dupont : C’est tellement plus facile de prôner la décroissance et s’afficher « anti-système » que de chercher des solutions. Tout cela c’est un concentré de paresse, de veulerie et de bêtise. Et encore plus consternant pour quelqu’un qui a eu la chance d’être diplômé d’une des plus prestigieuse école d’ingénieurs. Depuis que l’Homme existe il se bat contre la nature pour subsister. En étant imaginatif, en s’organisant, en cherchant à surmonter les difficultés. Mais il avait faim, il avait froid, il était en danger… et pas dans le confort douillet d’une « ecoanxiété » puérile .

yeux ouverts : « Paresse, veulerie, bêtise » : puis quoi encore ? Vous croyez qu’associatif rime avec inaction ? Qu’on ne peut pas faire preuve d’imagination et mettre ses talents au service d’une grande cause ? Au contraire il y a des tas de choses à penser et construire en sortant du système qui alimente la destruction de la planète. Il faut juste reconnaître le courage : de renoncer à un salaire confortable et d’accepter de se retrouver marginalisé par le regard des autres.

Jean-Charles D.. : Merci aux contribuables d’avoir financé les études d’Hadrien, et qui n’aura aucun retour sur investissement…

TTC : Bien au contraire, voilà de l’argent bien placé par le contribuable : quelqu’un qui cherche à ce que nous ayons un futur. N’est-ce pas ce que tout le monde devrait souhaiter ?

Jx : Oui alors c’est surtout les contribuables qui lui ont permis de ne pas faire de prêt étudiant en rendant les études quasi gratuites. Franchement ça saoule de payer des études d’ingénieurs pour des types qui vont glander dans des associations ou qui partent à l’étranger. Il faut changer le système et les forcer à rembourser.

Dark Knight : Ben oui vous avez raison, on devrait obliger chaque citoyen à être rentable et faire un bilan comptable individuel chaque année. Gare à ceux qui ne rempliraient par leurs objectifs, ils seraient virés de la citoyenneté française, ces flemmards. On pourrait créer une entreprise pour gérer ça, et l’ouvrir à l’actionnariat, qui permettrait un enrichissement sans fin et qui ferait à coup sûr ruisseler son indescriptible richesse vers les plus nécessiteux (s’ils font des efforts en contrepartie). Je propose même de nommer immédiatement B. Arnault président, l’homme de la situation! Bizarre qu’on y ait pas pensé plus tôt.

Bandera : Si les hurluberlus comme lui ne font pas d’enfants, c’est parfait. Dans une génération nous seront débarrassés des écolos.

On va tous crever du chgt climatique : Oui, Bandera, et on profitera pleinement du bonheur de vivre sur une planète saccagée par les industriels…

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Claire Nouvian, militantisme et désespoir

extraits : Claire Nouvian aujourd’hui (en 2020) : « J’ai toujours été un prophète de malheur : celle qui annonce la catastrophe afin que l’on puisse réagir et l’éviter. Mais aujourd’hui je regarde les faits, le dérèglement du climat, la disparition des espèces, le recul de la démocratie, la concentration inouïe des richesses dans les mains de quelques-uns, l’état de surveillance numérique, le divertissement qui a gagné contre la culture de la connaissance. Garder espoir relèverait de la profession de foi. Je ne suis pas croyante. Moi qui, plus jeune, pensais que les militants de Greenpeace étaient des extrémistes, j’ai compris que les vrais extrémistes étaient les capitalistes qui détruisaient la planète….

Bloom et Nicolas Hulot, même combat en mer

extraits : Claire Nouvian, fondatrice de l’association Bloom vient de recevoir le prix Goldman, considéré comme la plus haute distinction internationale dans le domaine de l’environnement.* Bloom est une petite association de 8 salariés entièrement vouée « aux océans et à ceux qui en vivent », avec pour ambition d’établir « un pacte durable entre l’homme et la mer ». Si la madone des poissons se fait autant remarquer, c’est surtout parce qu’elle remporte les campagnes qu’elle mène. L’interdiction de la pêche profonde en dessous de 800 mètres décrétée par l’Union européenne en 2016 est très largement à mettre à son crédit….

Pêche, de l’artisanat au massacre de masse

extraits : Aujourd’hui les sondeurs, sonars et autres radars traquent les poissons, le recours aux avions pour détecter les bancs de thon et au satellite pour explorer les couches d’eau sont des éléments d’une spirale néfaste dans laquelle les pêcheurs comme les décideurs politiques ont enfermé les ressources halieutiques. Va-t-on aux champignons avec une pelleteuse ? Non, mais ce n’est pas le cas pour la pêche…..

La pêche industrielle dans l’impasse

extraits : Le retour à la pêche artisanale est une nécessité. Sinon on trouvera un jour cette brève journalistique : « Nous apprenons que nous avons enfin pu reconstituer un spécimen d’une espèce de poisson jadis appelée sardine. Nos prévisions de repeuplement permettent d’anticiper la pêche des sardines dans environ 350 années… » Nous pensons qu’il faut dorénavant être l’ami des poissons avant d’être l’ami des pêcheurs. Depuis 2020, une trentaine de scientifiques de renom, membres d’universités et de centres de recherches de douze pays, se sont réunis lors de plusieurs ateliers à l’initiative de l’association Bloom, afin de fournir une nouvelle définition d’une réelle durabilité des pêches…

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en Chine, les cochons vivent en HLM

Quand, à l’été 2018, la peste porcine africaine a atteint la Chine par la Russie, le pays s’est montré impuissant à contenir l’épidémie. Il a fallu abattre 200 millions de porcs, près de la moitié du cheptel. Face à la pénurie, le prix de la viande de porc a doublé en un an : un choc pour une population qui en consomme 3,5 kilos par habitant et par mois.

Jordan Pouille : Pour empêcher une nouvelle épidémie de fièvre porcine, la Chine a transformé ses élevages traditionnels en fermes-usines géantes. A Hongqiao (« Pont arc-en-ciel »), un bâtiment d’élevage de 26 étages est opérationnel depuis octobre 2022. Chaque étage compte 10 000 gorets pour à peine une poignée de vétérinaires et d’agents d’entretien. En juillet, un deuxième bâtiment sera inauguré. La capacité de l’élevage sera doublée pour atteindre 540 000 cochons.

L’absence de contact entre l’homme et l’animal est une priorité, le profit une obligation, la technologie une obsession. Les animaux sont pesés, les plus gros sont amenés par un système de rampes vers un monte-charge cheminant lentement vers la sortie, et la route menant à l’abattoir. Aucune bête ne doit dépasser 200 jours. Au-delà, le cochon mange encore plus mais grossit lentement. Le profit sera moins élevé. Cette ferme verticale qui défigure Hongqiao et répugne ses habitants n’est pas une anomalie. La Chine en compterait 200. ces usines à cochons créent peu d’emplois, mais promettent une sécurité sanitaire maximale, des coûts et des pertes réduits, un approvisionnement stable. Elles sont adossées à des méthaniseurs servant à alimenter d’autres usines.

Le point de vue des écologistes à l’air libre

Bref une maison close pour cochons. Les dirigeants de la FNSEA en rêvent toutes les nuits, les végétariens s’écrient : La fin de la viande, VITE ! Pauvres cochons. Pauvres humains. Pauvre Terre. La société industrielle et mécanisée dans ce qu’elle a de pire. Vivement la viande de laboratoire rêvent les technophiles. C’est là que tu te dis que l’être humain est complètement dingue ou alors qu’on est vraiment trop sur cette planète. 8 milliards d’humains, 1,5 milliard de porcins ,1,6 milliard de bovins et 25 milliards de volailles. Un petit virus ou une petite bactérie pourrait-elle s’introduire? On imagine….mais non elle n’a pas la carte numérique lui permettant de passer les portes blindées… Dans les élevages chinois de porcs, plus de 20 antibiotiques sont utilisés, dont plus de la moitié classés critiques pour le traitement des infections chez les humains par l’OMS. Cependant la nature trouve toujours un moyen de parvenir à ses fins ! Les utilisations d’antibiotiques chez l’animal entraînent le développement d’infections résistantes à ces antibiotiques.

L’élevage en batterie est un non sens écologique. Mais quand les humains sont élevés en batterie vu leur nombre, les deux font la paire.

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Vaches en batterie : l’immonde étable à 1000 laitières

extraits : Même LE MONDE se pose des questions sur les usines à vache : « La ferme des 1 000 vaches commence à sortir de terre… l’étable géante de 234 mètres de long… la production de lait passera de 9 000 à 11 500 litres par an et par bête… reste un problème de taille : que faire du « digestat », les résidus organiques chargés d’azote produits par le méthaniseur ?… l’inlassable mobilisation de Novissen contre cette « ferme-usine »… son mot d’ordre : « Halte aux travaux. Exigeons l’abandon total du projet [de la société] Ramery »… la Confédération paysanne dénonce aussi « l’industrialisation de l’agriculture »

Poules en batterie : maltraitance censurée par la justice

extraits : L’association  L214, spécialisée dans la défense des animaux d’élevage, a été condamnée à payer une somme conséquente à deux élevages de poules pondeuses en batterie, au motif… d’une « atteinte à la vie privée » : deux reportages vidéo ont été tournés de façon clandestine dans deux élevages en batterie qui détiennent « des milliers de poules enfermées dans des cages non conformes à la réglementation ». Mais les images ont été obtenues sans autorisation ! L214 déplore de se retrouver « criminalisée dans son rôle d’information »…

Lire, Les poules préfèrent les cages d’Armand Farrachi (2000)

extraits : L’objectif à peine dissimulé de l’économie mondialisée est de soumettre le vivant aux conditions de l’industrie. En ce sens le sort des poules en cage, qui ne vivent plus nulle part à l’état sauvage, qui n’ont plus aucun milieu naturel pour les accueillir, augure ainsi du nôtre. Il est possible dans notre monde actuel de prouver que les poules préfèrent les cages, que les otaries préfèrent  les cirques, les poissons les bocaux, les Indiens les réserves, les Tziganes les camps de concentration, les humains les cités. Si les poules préfèrent les cages, on ne voit donc pas pourquoi les humains ne préfèreraient pas les conditions qui leur sont faites, aussi pénibles, aussi outrageantes soient-elles, à une liberté dont ils ne sauraient faire bon usage et qu’ils retourneraient contre eux-mêmes….

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Le découragement des militants écolos

Un exemple parmi d’autres, Jean-Michel Favrot. Chercheur physico-chimiste, il est membre actif de nombreuses organisations de protection de l’environnement depuis plus de 40 ans. Il a écrit de nombreux livres et contribué au livre collectif « SURPOPULATION… Mythe ou réalité ? » (2023). Voici son témoignage :

« Mon dernier livre (AnthropoEXcentrisme, 2025) ne décolle pas. Mes propres limites en matière rédactionnelle sont peut-être en cause, mais je crains que le mal soit plus profond. La lecture n’est plus un mode privilégié d’information, les sujets que nous traitons heurtent le souhait, par ailleurs légitime, de vivre paisiblement sans trop se poser de questions, les médias et les politiques nous sont hostiles, les rares journalistes sensibilisés sont submergés par les messages à passer tant les attaques viennent de toute part en ce moment. Plus les nouvelles sont terrifiantes (40 000 morts par an par les particules fines, explosion des cancers du pancréas par les insecticides et fongicides, effondrement de glaciers, crues dévastatrices, sécheresses, inondations et cyclones, perte invraisemblable de biodiversité….), plus le virage anti-environnement est violent (ZAN, ZFE supprimée, espèces « dé-protégées », dérogations tout azimut sur les aires protégées…).

Question perte de biodiversité, je vais animer ce dimanche ma dernière sortie ornithologique faute d’oiseaux à montrer et surtout à faire écouter… D’habitude en cas de fin de saison ornithologique, je me rabattais sur les insectes, papillons et libellules, mais là aussi c’est l’hécatombe… 45 ans d’observations continues derrière moi et un sentiment de dégoût face à cet incommensurable gâchis. Que faire pour se faire entendre, voilà la seule question qui m’intéresse dorénavant ? Sûrement je n’ai plus les bons « codes », je n’ai pas le bon réseau malgré toutes les associations que j’ai soutenues matériellement et physiquement … Je suis très déçu par les média « réseaux sociaux ». Des belles photos d’oiseaux ou d’insectes publiées et les réactions sont positives… Dès qu’on passe une info un tant soit peu « engagée « et plus personne ne réagit, quand on ne se fait pas rire au nez !!! La société semble anesthésiée.

J’ai du mal à me résigner face à ces reculs incessants. Pourrait-on réfléchir à comment briser le plafond de verre anti-écolo ? Ai-je loupé quelque chose ? Peut-on se faire aider et par qui ? »

Le point de vue des écologistes bien en peine

Rédacteur en chef de ce blog biosphere, nous faisons absolument le même constat, désespérant. Les médias répètent la vulgate croissanciste ou se noient dans les faits divers du jour. L’ensemble des partis politiques sans exception ne font rien pour engager une rupture civilisationnelle quand ils ne nous traitent pas de Khmers verts. Les citoyens sont tellement noyés par un flux incessant de nouvelles plus ou moins (a)variées qu’ils sont devenus des spectateurs d’un show permanent, Trump, l’A69, le dernier match de tennis, etc. Pour les catastrophes causées par des crises écologiques, on se contente de compter le nombre de morts. Contre l’insécurité médiatisée, on préfère voter Front national.

Il est difficile d’être beaucoup de militants quand l’imaginaire social est imprégné de consumérisme et de nombrilisme. L’habituation aux délires des dirigeants, désolant. Mais des associations plus ou moins informelles font des actions qui vont dans le bon sens (FNE, Soulèvements de la Terre, Terrestres,…). Ce n’est qu’un début, continuons le combat. Notre philosophie est celle de Thoreau :

– « Tout homme qui a raison contre tous les autres constitue déjà une majorité d’une voix. »

– « Peu importe qu’un début soit modeste : ce qui est bien fait au départ est fait pour toujours. »

En savoir plus sur Jean-Michel Favrot

Jean-Michel FAVROT, l’AnthropoEXcentrisme

extraits : Vers une nouvelle relation au vivant , AnthropoEXcentrism ou l’humanisme élargi, un livre de Jean-Michel FAVROT. Dans une filiation assumée avec la plateforme d’Arne Naess sur « l’Écologie Profonde » , voici la plateforme de l’anthropoEXcentrisme….

Maîtrise de la fécondité ou impasse évolutive

extraits : Jean-Michel FAVROT propose dans son livre une nouvelle vision de l’Humanité, de son rôle, de sa place : Démographie, l’impasse évolutive (des clefs pour de nouvelles relations Homme-Nature. Ce livre tranche avec la démagogie et l’autosatisfaction des politiques de tous bords qui considèrent comme tabou la question démographique. Et si tous les maux actuels de la Terre, pauvreté, catastrophes naturelles, réchauffement climatique, raréfaction des matières premières, effondrement de la biodiversité…, avaient une cause originelle commune ? Et si ce dénominateur commun était aussi l’un des seuls leviers sur lequel il est encore possible d’agir pour atténuer les conséquences graves des crises environnementales et humaines qui ne manqueront pas d’émailler le 21ème siècle ?….

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La tragédie des horizons, ce qui nous pend au nez

Voir plus loin que le petit bout de notre nez est nécessaire si on ne veut pas s’écraser quelque part. L’écologie est une tentative scientifique qui envisage l’équilibre durable ou non d’une espèce par rapport à son milieu de vie. On mesure les effets des émissions de gaz à effet de serre sur le climat, on constate l’extinction de la biodiversité ou l’artificialisation des territoires, on soupèse l’avenir de la ressource halieutique ou hydrique, etc. Les conséquences à long terme peuvent être terribles pour l’espèce s’il y a un fort décalage entre population et ressources. L’écologie politique essayer d’en tirer des conséquences au niveau institutionnel. Mais pour le moment, sauf très rares exception, partis politiques, ménages , entreprises et État gardent une forte préférence pour le court terme. Il est paradoxal de constater que c’est le monde de la finance qui commence à s’inquiéter. Mark Carney, directeur de la banque d’Angleterre, a évoqué en 2015 ce qu’il appelle la tragédie des horizons qu’il nous faudrait briser :

« Nous n’avons pas besoin d’une armée d’actuaires pour nous dire que les conséquences catastrophiques du changement climatique se manifesteront bien après les horizons traditionnels de la plupart des acteurs, imposant un coût aux générations futures que les générations actuelles n’ont pas d’intérêt direct à régler. Cela est au-delà du cycle économique, du cycle politique, et de l’horizon des autorités technocratiques comme les banques centrales. Pour la stabilité financière, c’est un peu plus long, mais généralement jusqu’aux limites du cycle de crédit, environ une décennie. En d’autres termes, une fois que le changement climatique devient un sujet pour la stabilité financière, il est peut-être déjà trop tard… »

Les marchés financiers peuvent au mieux synthétiser l’information récente au regard du passé. Mais ils sont incapables de calculer le risque d’événements survenant à long terme. Même les investisseurs publics ne possèdent pas l’horizon nécessaire et les acteurs de ce secteur n’orientent pas spontanément les flux de capitaux vers l’économie « bas carbone ». Aujourd’hui Mark Carney, est devenu premier ministre au Canada, va-t-il se soucier du long terme ? Sa carrière politique est météorique. En septembre 2024, il est choisi pour diriger un groupe de travail du Parti libéral du Canada sur la croissance économique en vue des élections fédérales de 2025. Il se lance en dans la course à la direction du parti consécutive à la démission du premier ministre Justin Trudeau. Le 9 mars 2025, il remporte les élections internes avec 85 % des voix. Mark Carney est officiellement nommé premier ministre du Canada par la gouverneure générale Mary Simon, et assermenté le 14 mars 2025. On attend la suite quant à l’urgence écologique !

Comment surmonter « la tragédie de l’horizon » ? Les mutations du capitalisme provoquent des crises systémiques de longue durée parce que le croissancisme est vénéré par tous. Le mot sobriété est utilisé timidement dans certains discours politiques, mais l’idée de décroissance maîtrisée est encore tabou. Les questions du long terme ne sont pas encore l’horizon des préoccupations électorales. L’effondrement de notre mode de développement est donc programmé. Une tribune dans LE MONDE envisage cette perspective.

Eric Macé : « Il est maintenant bien établi que le mode de développement moderne déployé depuis plusieurs siècles, fondé sur un rapport extractiviste à la nature n’est pas durable. Les équilibres planétaires connus depuis les 11 000 dernières années au sein de l’holocène sont en train de vriller à un rythme dont la rapidité rend de plus en plus certaines des menaces aux conséquences incalculables. Alors que la modernité fondait sa légitimité historique sur le projet d’émanciper les humains de leur vulnérabilité originelle par le biais des bénéfices du progrès et de la croissance dans un futur illimité, le paradoxe tragique vient que ce mode de développement conduit à une vulnérabilité plus grande encore car non plus locale mais globale. Une pression anthropique exponentielle sur les équilibres planétaires menace les conditions mêmes d’existence des humains et des non-humains.

Les logiques capitalistes, extractivistes, inégalitaires, impérialistes, sont redevenues la norme et menacent toutes les formes existantes de coopération internationales concernant une action concertée de réduction des gaz à effet de serre et de restauration de la biodiversité. Reste à savoir qui seront les acteurs capables de porter un projet de rupture socio-écologique.

Le point des vue des écologistes bien informés

Rien de nouveau dans ce constat de Macé, c’est ce qu’écrivait déjà le rapport de 1972 sur le limites de la croissance : l’effondrement aura lieu au cours de ce siècle si les tendances croissancistes ne sont pas inversées. En d’autres termes, nous avons perdu plus de 50 ans en nous goinfrant de ressources naturelles de plus en plus limitées et dégradées. La conclusion d’Eric Macé, est terrifiante : «  Les logiques extractivistes, inégalitaires… sont redevenues la norme. Reste à savoir qui seront les acteurs capables de faire autrement ». Aucun pays, aucun parti en France, aucune personnalité politique ne tient devant les citoyens un discours de vérité : dire entre autres que nous allons au désastre si nous râlons contre le prix de l’essence (jugé toujours trop cher) alors que notre avenir est à la disparition de la voiture individuelle.

Notre plus ancien article sur la considération du long terme

27.12.2005 Le dernier mot à la coopération

Le prix Nobel d’économie est habituellement décerné à d’ardents défenseurs de la microéconomie et de la compétition, ce qu’on appelle élégamment la « concurrence ». Mais cette année 2005 le prix a été décerné à R.Aumann « pour avoir amélioré notre compréhension du conflit et de la coopération ». Il y a d’abord la prise en compte du long terme : quand une interaction sociale se répète au cours du temps, le comportement agressif d’un acteur, même s’il lui est favorable à court terme, lui est défavorable à long terme s’il prend en considération la chaîne de réactions que son comportement va induire. Ensuite la vertu de la médiation qui favorise la coopération. Pour une fois l’économie se rapproche des fondements de l’écologie. Dans l’organisation symbiotique du vivant, ce n’est pas la compétition et la domination qui sont les stratégies les plus efficaces, mais les systèmes de coopération. Un naturaliste américain faisait remarquer qu’on ne trouve pratiquement pas d’individualisme dans la Nature, une communauté biotique fonctionne comme une république de plantes et d’animaux étroitement associés se rapprochant davantage d’un organisme autonome qu’aucune de ses parties constituantes. L’avantages des alliances biotiques, c’est que la coopération est totalement inconsciente, une interdépendance mutuelle automatique. C’est l’équilibre automatique du marché en dehors de toute présence humaine.

Le monde humain est chaotique et entraîne une fragmentation de l’être, alors que celui de la Nature est une communauté étroitement soudée, un organisme complexe unique qui transcende tous les conflits et toutes les mesquineries, un champ de matière parcouru de courants vitaux même si les relations entre proies et prédateurs ne sont pas de tout repos. L’intrusion de la volonté humaine ne peut que perturber cet équilibre dynamique sauf à construire le sens de la coopération non pas simplement entre humains, mais entre activité et humaine et respect des écosystèmes.

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Écologie, choix du long terme contre le CT (juin 2024)

extraits : La seule chose dont on peut être certain est que le long terme finit toujours par l’emporter sur le court terme. La catastrophe écologique actuellement en œuvre a pour cause essentielle l’incapacité de l’espèce humaine à raisonner sur le long terme, à anticiper les drames à venir.Une des caractéristiques principales de l’écologisme est sa préoccupation du long terme, à savoir le sort des générations futures et de la biodiversité. Cette pensée du futur peut rendre optimiste. Certes la montée de l’extrême droite en France et dans beaucoup de pays fait en sorte que l’urgence écologique n’est pas du tout ressentie….

La tragédie des horizons, ce qui nous pend au nez Lire la suite »

Bergeaud, meilleur jeune économiste, foutaise

Antonin Bergeaud est récompensé, ce lundi 19 mai, du prix du  meilleur jeune économiste 2025. Professeur associé à HEC Paris, il est spécialiste de la croissance et de la productivité. Autant dire qu’il n’y connaît rien dans le rayon écologie. Voici un dialogue possible.

Antonin Bergeaud : La théorie économique sert à quelque chose. Dans un monde qui part dans tous les sens, il est bon d’introduire de la rationalité. Donald Trump a pris des décisions sur de simples intuitions erronées, mais il a dû reculer face à la réaction des marchés.

Biosphere : En 2025 voir que le « meilleur jeune économiste » en reste aux vulgates de l’économie orthodoxe me fait revenir à mes études de sciences éco des années 1970 où on nous interdisait de parler d’écologie. Antonin Bergeaud croit encore aux vertus du marché alors que celui-ci est myope, n’envisageant que le court terme du profit. Il ajoute plus loin un peu d’interventionnisme étatique, or celui-ci ne voit que le court terme électoral.

Antonin Bergeaud : L’idée qu’il faut maximiser le profit, que les ressources sont infinies… on n’en est plus là ! La question de la finitude des ressources est intégrée. La productivité repose d’ailleurs sur l’idée qu’on peut faire plus avec une quantité de ressources constante.

Biosphere : Je ne vois rien de novateur dans ce qu’il dit. « La question des limites est intégrée », nous dit-on, puis trois lignes plus loin « il faut une croissance de 2% », faire de l’innovation technologique etc. Toutes choses qui réclament toujours plus de ressources énergétiques et minières. Pas certain que l’on nous propose là une pensée pour période de troubles et de bifurcations. Les soi disant progrès technologiques comme les voitures électriques ne sont pas la solution au blocage énergétique. La productivité a été basée sur les ressources fossiles, or il faut en sortir.

Antonin Bergeaud : L’investissement dans les nouvelles technologies, qui auraient accru la productivité et fait de l’Union européenne une puissance capable de rivaliser avec les Etats-Unis. Ce dilemme mérite d’être explicitement posé.

Biosphere : Il est temps que les économistes mettent un pied dans le monde physique. Si l’humanité développe fortement les nouvelles technologies, il va falloir décider au dépens de qui et de quoi. Il est aujourd’hui physiquement impossible de continuer d’augmenter de manière exponentielle nos besoins énergétiques tout en se maintenant dans un monde vivable.

Antonin Bergeaud : Notre modèle social repose sur une croissance d’au moins 2 % pour financer les retraites, la Sécurité sociale, la santé, etc. Il était relativement facile de les atteindre quand on avait une démographie dynamique et des actifs de plus en plus efficaces. Cela permettait de compenser le vieillissement de la population.

Biosphere : le mythe de la croissance infinie dans un monde fini perdure même chez un jeune économiste. Ce croissancisme économique nous mène au désastre, normalement les économiste bien informés le savent depuis le rapport de 1972 sur les limites de la croissance. Et que dire du rapprochement entre les gains de productivité et le financement des retraites ? Le conflit de répartition entre la création de la valeur et sa répartition est totalement occulté. Qui ne prononce pas les mots de sobriété partagée n’est pas crédible.

Antonin Bergeaud : Aujourd’hui, l’intelligence artificielle, essentiellement américaine, va permettre de créer de nouvelles entreprises. Dans ce domaine, ce n’est pas encore trop tard pour l’Europe, mais nous ne faisons pas assez. Je pense qu’il faut s’y engager à fond.

Biosphere : La croissance, la productivité, et l’IA…. pour laquelle il faut des minerais rares et des refroidisseurs pour les data-centers. On est loin du monde d’Après la croissance. Mauvais signal. Le numérique ne fait que déshumaniser rapports humains et intelligence au sein de toute entreprise

Antonin Bergeaud : Malheureusement, les États membres de l’UE, au nom de leurs intérêts nationaux, ont mis l’accent sur la concurrence pure et pas sur une politique industrielle commune.

Biosphere : Nous sommes d’accord sur ce point, la coopération est un mécanisme bien meilleur que la concurrence dite « pure et parfaite ». Mais l’avantage de l’Union européenne est de mettre l’accent sur la coopération politique, l’union des peuples. Pour l’économique, il faudrait plutôt envisager l’autonomie territoriale tant au niveau énergétique qu’alimentaire pour affronter la crise écologique qui nous menace. Macron n’a consacré que 2,6 % de son temps de parole à l’écologie lors de son entretien le 13 mai sur TF1, Bergeaud fait pire.

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Quand la France sera entièrement bétonnée…

La consommation d’espaces naturels en 2023 fut la plus faible enregistrée depuis 2009. Mais entre 2011 et 2023, plus de 297 000 hectares ont été consommés. Dans notre société, très peu de gens savent aujourd’hui survivre sans routes, sans supermarché, sans carte de crédit et sans station-service. Lorsqu’une société devient hors-sol, c’est-à-dire lorsqu’une majorité de ses habitants n’a plus de contact direct avec le système-Terre, la population devient entièrement dépendante de la structure artificielle qui la maintient dans cet état. Si cette structure s’écroule, c’est la survie de la population qui pourrait ne plus être assurée.

AFP : 64 % des espaces naturels consommés depuis 2011 l’ont été pour de l’habitat, 23 % pour des activités économiques et 7 % pour des infrastructures. La bétonisation des sols est le principal facteur de perte de biodiversité. Elle contribue au dérèglement climatique et en accélère les effets, les sols naturels ayant un rôle de puits de carbone et de filtration de l’eau. La loi Climat et résilience en 2021, qui a fixé pour objectif d’atteindre la sobriété foncière en 2050, ou « zéro artificialisation nette des sols » (ZAN). Le Sénat a adopté en mars en première lecture un texte qui assouplit nettement les modalités de la lutte contre l’étalement urbain.

Le point de vue des écologistes malades de la ville

Frog : L’artificialisation me rend proprement malade. Enfant, vivant dans une ville moyenne de plus de 100 000 habitants, en immeuble, je me rendais dans la campagne à pied avec mon chien. Aujourd’hui ceux qui vivent au même endroit ne le peuvent plus : tout est bétonné alentour, trop loin : sans voiture on ne peut plus voir une plante sauvage. On ne réalise pas à quel point cette perte de nature joue sur la dégradation du mental des français.

Lionel22 : Quand est-ce que l’on arrêtera le massacre ? à ce rythme la France n’aura même plus de terre agricole pour cultiver et faire de l’élevage , c’est une catastrophe, tout ça pour bâtir des zones commerciales immondes et des parkings que l’on ne voit jamais pleins.

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Artificialisation des sols, à combattre

extraits : Personne ne s’interroge sur le bien-fondé d’une infrastructure dédiée largement aux déplacements individualisés sur quatre roues. En France, on compte au moins 12 400 kilomètres d’autoroutes , 17 500 km de routes nationales, 433 000 km de départementales. Par contre les chemins ruraux, qui occupaient environ 600 000 km en 2004 ,ont diminué de 200 000 km, place à la circulation à grande vitesse ! L’importance démesurée des réseaux de voirie entraîne une dégradation effroyable des écosystèmes par l’artificialisation des territoires et leur fragmentation. Pour l’équilibre de la Biosphère, jamais une société respectueuse de l’environnement n’aurait du dépasser le niveau des chemins vicinaux qui ne font qu’entretenir les rapports de voisinage et les circuits courts….

Nos articles les plus anciens sur l’artificialisation

14.04.2005 Artificialisation du territoire

Une étude de l’IFEN (Institut français de l’environnement) dénonce le phénomène de grignotage des espaces naturels du fait de l’urbanisation, des routes et autres infrastructures. Les sols à usage non agricole des humains représentaient 6,1 % du territoire en 2003 et cette emprise a augmenté de 16 % en 10 ans. La Biosphère ne s’occupe pas beaucoup de l’impact paysager, à chacun son goût de l’esthétique. Pas beaucoup plus de l’impact sur les inondations et l’érosion, tant pis pour les humains. Un peu plus sans doute de la violence exacerbée par un espace mal organisé et un cadre de vie éclaté.

Mais la fragmentation des terres accroît surtout le risque que les écosystèmes ne puissent plus se connecter les uns aux autres au péril de la survie d’une bonne partie de la flore et de la faune.

8.05.2005 Stérilisation des terres

La loi française d’orientation agricole, en préparation, ne reprend pas les propositions du rapport Boisson pour le Conseil économique et social : « La maîtrise foncière, clé du développement rural ». Pourtant c’est l’équivalent des surfaces cultivées d’un département qui disparaît tous les six ans. L’urbanisation, et l’équipement qui l’accompagne, se font le plus souvent en plaine et dans les vallées, d’excellentes terres agricoles. C’est exactement ce qui se passe aussi dans d’autres pays ! En Égypte, les Anciens vivaient à l’orée du désert pour ne pas empiéter sur leurs terres agricoles, maintenant les masses populaires bâtissent en pleins champs cultivés malgré les interdictions : une maison démolie par les autorités sera reconstruite dans la nuit. Partout les humains transforment la Biosphère en un désert de sable et de béton. Pour en revenir à la France, au rythme actuel d’artificialisation des sols au profit de l’habitat, dans 600 ans il n’y aura plus de terres cultivables.

Les optimistes diront encore « Aménageons pour aller vivre sous terre », d’autres diront : « ils étaient fous nos ancêtres ! » Il est préférable de crier dès aujourd’hui contre la folie humaine, même si c’est dans le désert…

14.08.2005 Des routes, des routes, trop de routes

En vertu de la loi de décentralisation d’août 2004, l’État français veut transférer 18 000 kilomètres de routes nationales (pour 10 000 kilomètres d’autoroutes) aux Conseils généraux. Ce n’est qu’un tout petit aspect d’une voirie qui compte 1,5 millions de kilomètres dont les départementales occupent 365 000 kilomètres, les communales 550 000 km et les chemins ruraux environ 600 000 km. Les problèmes de financements deviennent lancinants et le désengagement de l’État est à juste titre mal perçu par les collectivités locales. A cela s’ajoute les inquiétudes avec la privatisation prévue de certaines autoroutes. Mais personne ne s’interroge sur le bien-fondé d’un tel réseau dédiés aux déplacements individualisés.

L’importance démesurée de ce réseau de voirie entraîne pourtant la dégradation importante des écosystèmes par l’artificialisation des territoires et leur fragmentation. Pour la Biosphère, jamais une société humaine respectueuse de l’environnement n’aurait du dépasser le niveau des chemins vicinaux qui ne font qu’entretenir les rapports de voisinage.

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Pouvoir public contre Intérêt public

Il y a un intérêt public à savoir comment fonctionne le monde et ce que l’on y fait en notre nom. Mais quand ministres et parlementaires s’unissent pour contourner la justice et relancer le chantier de l’autoroute A69, il y a danger en la demeure.

Matthieu Goar : Contestée par des associations de défense de l’environnement et travaux à l’arrêt depuis une décision de justice, la construction de l’A69 est défendue par l’ensemble de la majorité.Des ministres alignés et des parlementaires du « bloc central » quasiment unanimes. En février, dès la décision du tribunal administratif connue, le ministre des transports avait annoncé que l’Etat ferait appel de la décision. La ministre de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, avait soutenu cet appel. Jeudi 15 mai, une proposition de loi dite de « validation » de ce projet a été votée par le Sénat lors de la niche parlementaire de l’Union centriste (UC). L’Assemblée nationale l’examinera le 2 juin.

« Nous pouvons contester cette décision sans remettre en cause l’indépendance de la justice, rétorque Jean Terlier, député Ensemble pour la République et fervent défenseur de ce projet. Un acte administratif peut être régularisé s’il obéit à une raison impérative d’intérêt public majeur. Et nous considérons que le désenclavement et le contexte socio-économique justifient cette démarche législative. » Le tribunal administratif avait au contraire estimé que cette autoroute ne remplissait pas les critères d’une « raison impérative d’intérêt public majeur » et ne pouvait donc déroger à l’interdiction de détruire des espèces protégées. La loi « de validation » est adoptée alors même que l’appel ne sera examiné sur le fond que dans plusieurs mois. Il y a une volonté sans précédent d’empiéter sur le travail des juges et de peser sur une décision en appel. Cela pose, plus largement, la question du respect de l’Etat de droit par les parlementaires. On pourrait arriver à une situation ubuesque où l’autoroute serait achevée, mais sur la base d’une autorisation environnementale illégale.

Le point de vue des écologistes légalistes

La question n’est pas celle du droit mais de la supériorité de l’intérêt public. Or dans une démocratie qui définit l’intérêt public ? Les élus locaux ou les juges? Il ne s’agit pas de contourner la justice ou le législatif, mais de peser l’idée qu’ils se font de l’intérêt public.

Il faut lire le texte voté par le Sénat : un seul article qui valide un arrêté préfectoral autorisant les travaux. Ce texte a pour seul objectif de contredire une décision de justice : violation de la séparation des pouvoirs législatif et judiciaire. C‘est un texte de loi qui décide que la loi ne s’applique pas à un projet particulier : le pouvoir législatif se contredit lui-même

Le Conseil Constitutionnel a développé une jurisprudence stricte concernant les lois de validation. Il considère que de telles lois ne sont constitutionnelles que si plusieurs conditions sont remplies :

* L’existence d’un motif d’intérêt général suffisant
* L’absence de violation d’un droit ou d’une liberté fondamentale
* Le respect des décisions de justice ayant force de chose jugée
* L’absence de détournement de pouvoir
* Le caractère non rétroactif d’une validation d’un acte illégal.

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NOUS, élus, pouvons faire n’importe quoi

extraits : Christophe Guilloteau (Les Républicains, LR), président du conseil départemental du Rhône, a supprimé brutalement les subventions annuelles de trois associations de défense de l’environnement. C’est sa réponse à un courrier de ces associations qui alertait sur les conséquences économiques et environnementales d’un projet de port fluvial sur la Saône. Se venger ainsi d’un courrier qui déplaît, c’est une vision de la démocratie assez inquiétante….

Combattre les GTII, Grands Travaux Inutiles et Imposés

extraits : L’enterrement de Notre-Dame-des-Landes en 2018 ne fait que préparer l‘épanouissement de la contestation de tous les GTII, Grands travaux inutiles et imposés. Partout sur le territoire, une cinquantaine de projets d’aménagement suscitent de vives oppositions locales, souvent depuis plusieurs années. Nos grands élus, épaulés (et briefés) par les grandes entreprises, se sont comportés comme Louis XIV qui a commandé son château de Versailles et les pharaons qui ont fait ériger les pyramides. Les projets pharaoniques étaient de droit divin dans l’Égypte ancienne : pour la gloire d’un seul, on exploitait tout un peuple. Aujourd’hui on fait croire au peuple qu’on construit des éléphants blancs pour son plus grand bonheur….

En finir avec les grands travaux inutiles et imposés ?

extraits : Les actes de destruction opérés contre les GTI deviendront-ils en 2018 un impératif catégorique ? L’écrivain italien Erri De Luca avait déclaré à l’occasion du titanesque chantier du TGV Lyon-Turin : « Les actes de sabotage sont nécessaires pour faire comprendre que le TGV est un chantier inutile et nocif (1er septembre 2013 sur le Huffington Post)». Pour sa défense lors de son procès, il avait précisé : « Le sabotage est une forme de résistance politique qui ne peut s’entendre seulement au sens matériel. Ce mot a un sens plus large, un sens politique. Quand des députés s’opposent à une loi, au Parlement, ils la sabotent à leur manière. L’Italie est pleine de chantiers abandonnés, des ponts, des routes, des hôpitaux… Il y en a des centaines. D’une certaine façon, ces chantiers-là se sont autosabotés. »….

Le petit livre noir des grands travaux inutiles, 7 euros

extraits : Pour une approche plus globale, lisez « Le petit livre noir des Grands travaux inutiles ». IApprécions à sa juste valeur le dernier paragraphe de ce petit livre noir : « Les ZAD (Zones à défendre) ne sont pas seulement des lieux de contestation, elles sont aussi des lieux d’apprentissage, des agoras où renaissent l’esprit de lutte, l’envie d’échanger, le besoin de s’engager. A toutes celles et ceux qui ont osé sortir des sentiers battus et reprendre les chemins (parfois boueux) de la mobilisation, à toutes celles et ceux qui,  sans renoncer à leur individualité, savent se fondre dans un collectif, nous n’avons qu’une seule chose à dire : continuez ! Continuons… »

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Construisons ensemble un nouvel imaginaire

Le message malthusien nous paraît imparable : l’infinie multiplication des hommes, face à des ressources de plus en plus réduites, mène obligatoirement au désastre. Il nous faut collectivement comprendre que celui qui croit qu’une croissance exponentielle est possible dans un monde fini ne peut qu’être un démographe, un économiste… ou un fou !

Mais soyons clair. La course à l’abîme que mène aujourd’hui les natalistes et les croissancistes, tous ceux qui pensent que « plus, c’est mieux », mènent la danse. Les militants de la décroissance ne vont pas par miracle se compter par centaines de milliers en France. « Moins nombreux, plus heureux » ne va pas devenir un slogan scandé par des millions de manifestants au niveau mondial. Dans un contexte très complexe qu’on s’acharne à compliquer davantage, envisager l’avenir n’est jamais facile. Pourtant les chiffres parlent. Avec une population mondiale qui s’accroît encore de 1 % chaque année, c’est un doublement tous les 70 ans qui porte maintenant sur des milliards de personnes. Le pullulement humain et la dégradation de la Terre sont terrifiants, rendent esclaves les humains, épuise la planète, réduit la biodiversité, pollue les sols et le climat… Comment est-il possible de nier l’évidence. La planète ne continuera pas à fournir à la pullulation humaine du pétrole en abondance, des forêts à perte de vue, des sols vivants, un climat tempéré et des océans recyclant la totalité de nos émissions de gaz à effet de serre. La planète ne négocie pas, peu lui importe les délires nationalistes et anti-écolos de Xi Jinping, Erdogan, Poutine, Trump, et tant d’autres présidents.

La question démographique ne peut être traitée qu’en lien avec toutes les autres problématiques, les aberrations des systèmes politiques, la question sociale, les impératifs économiques, la bidonvillisation à outrance, la raréfaction des ressources, les pollutions diverses, l’hubris technologique, etc. La fécondité humaine n’est qu’un facteur parmi d’autres, en lien étroit avec l’état de l’agriculture comme l’avait fait remarquer Malthus, avec les soubresauts de l’activité industrielle. Elle n’a donc de réelle chance d’être pris en considération qu’au terme d’une transformation profonde de notre rapport à la science, à la technique, au vivant, bref, de notre rapport au monde. 

La pédagogie de la catastrophe a échoué et la catastrophe n’a pas servi de pédagogie. Les inerties économiques et politiques ainsi que les résistance psychosociologiques sont trop généralisées. La surpopulation ne gêne aujourd’hui que quelques personnes conscientisées. C’est la planète qui nous dictera notre comportement à venir, quand elle fermera tous les robinets de ressources naturelles qu’on croyait inépuisables. L’épuisement des ressources fossiles va nous mener assez rapidement au choc pétrolier ultime, une augmentation vertigineuse du prix du baril qui rendra impossible le fait d’aller au travail en voiture, de conduire des camions avec un gazole hors de prix, de prendre l’avion cloué au sol par le coût du kérosène et de faire vivre des familles nombreuses. Après avoir bataillé chacun dans son coin au nom de « sa » nation pour s’accaparer les dernières gouttes de carburant et sauvegarder son niveau de vie, il faudra bien que nos peuples s’aperçoivent de la fin inéluctable de la corne d’abondance nourrie par le charbon, le pétrole et le gaz. Il faut espérer que les dirigeants des grandes puissance, acculés par l’appauvrissement biophysiques de la Terre et les révoltes des masses, se réuniront autour d’une table pour déclarer l’état d’urgence écologique et la sobriété partagée, pour institutionnaliser la norme d’un seul enfant par femme, pour établir un système de rationnement avec une carte carbone, et pour expliquer qu’on ne peut pas faire autrement. Le plus tôt sera le mieux.

Il ne faut pas être pessimiste, nous allons tous mourir un jour et pourtant cela ne nous empêche pas de vivre. Il n’est pas besoin de réussir dans son militantisme pour persévérer. L’essentiel pour moi est de pratiquer l’acte juste, et si ce blog biosphere permet l’éveil d’une intelligence collective, j’en serais heureux. Faire ressentir que toute naissance supplémentaire va peser sur les conditions de vie de nos générations futures, sur l’état de la biodiversité, sur le déséquilibre des forces géopolitiques me paraît un discours à partager. Nous savons de plus en plus aujourd’hui, et les médias en causent, qu’il est nécessaire et urgent de résoudre collectivement la crise climatique, la crise pétrolière, la crise agricole, la crise des métaux, la crise de la biodiversité, la crise de la déforestation, la crise des inondations, la crise des sécheresses, la crise de l’urbanisation, la crise de l’automobile, la crise de l’emploi, les crises sociales, les crises de la dette, les chocs financiers, les émeutes de la faim et la pandémie… Réagir est plus que nécessaire, réfléchir sur l’avenir de nos enfants est indispensable. Comme l’exprimait Malthus à la fin de son Essai sur la population, « tout lecteur équitable doit, je pense, reconnaître que l’objet pratique que l’auteur a eu en vue par dessus tout, est d’améliorer le sort et d’augmenter le bonheur des classes inférieures de la société ». Le rapport du nombre d’humains aux ressources alimentaires, élément essentiel du message malthusien, devient en langage moderne « vivre des fruits de la Terre sans porter atteinte au capital naturel ». Nous avons besoin d’un nouvel imaginaire, peuplé de moins d’enfants et de beaucoup plus de nature.

Bien chers lecteurs et lectrices de ce blog, à toi maintenant d’écrire la suite des évènements dans ta vie et par tes engagements… Il y a tant et tant de manière de se mobiliser pour éviter l’inévitable. Un nouvel imaginaire est possible, sois le changement que tu veux voir pour le monde.

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Entre imaginaires contradictoires, que choisir ? (2024)

extraits : Ce qui change à travers les âges, c’est l’objet qui excite l’imagination : un jour un dieu, le lendemain un empereur, le surlendemain une idéologie… Aujourd’hui c’est la planète dont il conviendrait de restaurer le règne injustement interrompu. Tout indique pourtant que la fin du monde n’est pas pour demain. Force est de constater les prodiges accomplis par les penseurs du progrès comme Condorcet et les inventeurs de la filière nucléaire. Nous n’avons plus jamais froid, nous n’avons plus jamais faim, nous nous éclairons à volonté, nous communiquons avec nos proches à tout moment, on craignait l’arracheur de dents, personne n’a peur de son dentiste. Alors que la transformation écologique en Europe nourrit le doute et la montée des contestations, il n’a jamais été aussi utile d’avoir les idées claires sur le chemin à emprunter pour surmonter les défis climatique, énergétique, etc…

Notre imaginaire sur nos besoins se modifie (2023)

extraits : Dans un monde où six des neuf limites planétaires ont déjà été dépassées, nous devons reconsidérer nos priorités. Comment ignorer aussi que l’approvisionnement de l’Europe en pétrole risque de devenir problématique tant certains pays producteurs s’approchent de leur pic de production, voire l’ont dépassé ? Il est urgent de se questionner sur les besoins que nous définirons comme essentiels. Quelle place souhaitons-nous accorder à la 5G, à la 6G, à l’ordinateur quantique ? Doivent-elles être considérées comme nos priorités ?….

Vers un imaginaire partagé décroissanciste (2022)

extraits : Un changement culturel d’ampleur ne peut arriver en un jour, il se forge par étapes successives contre le règne des SUR : surcroissance, surconsommation, suremballage, surabondance, suractivité, surpâturage, surpêche, sur-communications, surendettement, surmondialisation, sur-mobilités, sur-tourisme, suréquipement, surmédicalisation, surpuissance technologique, etc. Le résultat final se conjugue en DÉ : décroissance, démondialisation, désurbanisation, dévoiturage, dépopulation, dé-technicisation, démilitarisation, décentralisation, etc. Bien sûr un tel récit collectif est inaudible actuellement… pourtant quand nous n’aurons plus de pétrole mais le réchauffement climatique en prime, nécessité fera loi.

L’imaginaire technologique de nos présidents (2021)

extraits : Nos présidents se font un point d’honneur de glorifier la technique dite « de pointe ». De Gaulle inaugure le sous-marin Le Redoutable (1967), Pompidou vole en Concorde de Paris à Toulouse (1971), Giscard visite la centrale nucléaire de Gravelines (1980), Mitterrand inaugure le TGV (1981), Emmanuel Macron adoore « le TGV, Ariane, le Concorde et le nucléaire. »….

L’utopie écologique, un imaginaire à vivre (2019)

extraits : L’utopie « techno-libérale » décrit une société hyper-individualiste organisée pour une croissance forte tirée par la science et la technologie, avec le transhumanisme comme point d’horizon. L’Utopie « écologique » dépeint une organisation de l’économie et de la société tendue vers la sobriété, le « moins mais mieux ». L’Utopie « sécuritaire » renvoie à une société nostalgique d’un passé révolu, attachée à la morale et à la tradition, soucieuse de préserver son identité face aux influences étrangères. Notre enquête d’opinion a mesuré le degré d’adhésion des Français à ces trois modèles de société idéale….

Perdre l’imaginaire de la nature nécessite de le retrouver (2014)

extraits : Dans notre imaginaire, le monde naturel bat en retraite. Il s’amenuise et s’appauvrit. Dans l’univers merveilleux de Disney, les décors naturels sont moins présents : ils occupaient en moyenne 80 % du temps dans les films produits dans les années 1940, contre environ 50 % dans les années 2010. De plus, lorsque des environnements naturels sont représentés, il s’agit de plus en plus de paysages anthropisés (zones agricoles, jardins, etc.). Surtout, le nombre d’espèces animales apparaissant dans chaque film baisse continuellement avec les années. Les enfants jouent moins dans la nature et, lorsqu’ils deviennent scénaristes, tendent à moins la représenter dans les histoires qu’ils écrivent… contribuant à leur tour à forger chez les enfants un imaginaire toujours plus éloigné des beautés du vivant….

contre les frontistes, l’imaginaire collectif écolo ! (2013)

extraits : Tout mouvement existe avant toute action comme discours, mais les différences conceptuelles entre partis traditionnels s’effritent. La gauche se dit « sociale », mais la droite libérale se veut « populaire ». Pour le reste, la vulgate reste identique, marché, concurrence, compétitivité internationale, progrès technologique, croissance économique sans freins. Face à ce duopole, le Front national véhicule depuis sa création en 1972 une conception du monde qui se veut particulière : décadence, nostalgie d’un âge d’or révolu, théorie du complot et appel au chef messianique….

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Trump ne peut gagner contre l’OMC

Entre 2016 et 2023, les échanges de marchandises et de services ont augmenté en moyenne de 6 % chaque année dans le monde. L’OMC (organisation mondiale du commerce) prédit une contraction historique du commerce mondial cette année, conséquence de la « tempête Trump ». Les tensions protectionnistes augmentent avec la crise et l’idée d’une relocalisation nécessaire des activités fait son chemin. D’ailleurs les Chinois se mordent les doigts d’avoir basé l’essentiel de leur développement sur la promotion des exportations. Il n’empêche, Trump va céder et le libre-échange va repartir de plus belle au grand détriment des équilibres écologiques.

Julien Buissou : Dans ses prévisions annuelles publiées ce mercredi 16 avril, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) table sur une baisse du volume du commerce mondial de marchandises comprise entre 0,2 % et 1,5 % en 2025 en fonction de la politique douanière de Trump, soit une baisse d’au moins 2,9 points de pourcentage par rapport à ses estimations d’octobre 2024 qui envisageaient une hausse de 2,7 %. Le commerce mondial de marchandises devrait ensuite renouer avec une modeste croissance de 2,5 % en 2026. « La nature sans précédent du récent changement de politique commerciale est un défi pour les prévisionnistes, précise l’OMC dans son rapport, car il n’existe aucun événement comparable dans l’histoire récente. »

Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’OMC : « L’incertitude persistante risque de freiner la croissance mondiale, avec de graves conséquences négatives pour l’ensemble du monde, et en particulier pour les économies les plus vulnérables ».

L’agence ONU Commerce et Développement (anciennement appelée la Cnuced) constatait que les chaînes d’approvisionnement étaient, à nouveau, en pleine reconfiguration. Les crises géopolitiques et la pandémie de Covid-19 avaient déjà incité les multinationales à construire des usines dans des pays plus proches de leurs marchés, à la fois sur le plan géographique et géopolitique.

Le point de vue des écologistes protectionnistes

C’est bon pour la planète… ou pas ? À court terme une croissance économique défaillante suite aux restrictions commerciales ne peut qu’amplifier le chômage mondial et les inégalités. À long terme, une démondialisation serait une très bonne nouvelle pour l’environnement : moins de commerce égale moins de consommation égale moins de CO2 émis. Nous savons depuis 1972 qu’une croissance continue dans un monde fini est impossible et nous avons déjà dépassé les limites de la planète. Il faudrait donc que les gouvernements planifient à la fois la sobriété des modes de vie et favorisent les circuits courts. Ce n’est pas fait et le trumpisme n’arrange rien à l’affaire. Et puis l’OMC va encore pousser au libre-échange… et nous irons vers le mur encore plus vite. Trump n’est qu’un épisode de notre course à l’abîme sur une planète en flammes.

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Pour une démondialisation des échanges

extraits : La mondialisation est passée du registre de la solution à celui du problème, au grand dam des économistes convaincus des bienfaits pacificateurs du « doux commerce ». Car la multiplication des délocalisations tout au long de la chaîne de production fragilise l’ensemble : si l’un des maillons vient à manquer, c’est toute la chaîne qui s’effondre. Juste avant la pandémie, 70 % du commerce international était réalisé au travers de chaînes de valeur mondialisées. L’augmentation durable des prix des carburants va pousser les entreprises à favoriser les productions à proximité du consommateur. Bienvenue au circuit court !…

Le yin du protectionnisme contre le yang du libre-échange

extraits : L’écologie penche pour le protectionnisme, la démondialisation, en définitive la relocalisation. Historiquement les vagues de protectionnisme et de libre-échange se sont succédé depuis l’abolition en 1838 des Corn Laws qui protégeaient l’agriculture britannique. Depuis la crise de 2008, la protection est à nouveau à l’ordre du jour. Les effets positifs du libre-échange n’existent que par l’accélération de la croissance économique que cela entraîne, mais les conséquences globales sont néfastes. La concurrence internationale s’est accompagnée de délocalisation, de montée des inégalités, de chômage structurel et de déséquilibres socio-écologiques. Le « doux » commerce est en réalité une affaire de puissance, c’est le plus fort qui impose sa loi…

La souveraineté alimentaire, une notion dévoyée

extraits : Après la création de l’Organisation mondiale du commerce, en 1995, les États défendaient l’idée qu’il fallait ouvrir les marchés pour rendre l’alimentation moins chère et permettre aux pauvres de se nourrir. C’était n’importe quoi parce que la majorité de ceux qui ont du mal à survivre, ce sont les paysans pauvres, et baisser leurs revenus n’allait pas les aider. La souveraineté alimentaire est alors définie par Via Campesina (« la voie paysanne ») en réaction au libre-échange. C’est la capacité des peuples à décider de leur alimentation et convenir du modèle pour y parvenir, dans le respect de ceux qui travaillent la terre et des ressources naturelles.

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NOUS, élus, pouvons faire n’importe quoi

Christophe Guilloteau (Les Républicains, LR), président du conseil départemental du Rhône, a supprimé brutalement les subventions annuelles de trois associations de défense de l’environnement. C’est sa réponse à un courrier de ces associations qui alertait sur les conséquences économiques et environnementales d’un projet de port fluvial sur la Saône. Se venger ainsi d’un courrier qui déplaît, c’est une vision de la démocratie assez inquiétante.

D’un coût estimé à près de 40 millions d’euros, ce nouveau port reviendrait à artificialiser une surface équivalente à 30 terrains de football en pleine zone humide, et serait uniquement destiné à des propriétaires de bateaux à moteur de la région. Les associations environnementales sont d’intérêt général, à la recherche du bien commun. Les  élus n’ont pas la même conception, ils ne regardent souvent que leur nombril !

Christophe Guilloteau : « On ne peut pas prendre l’argent du département et aller contre les projets du département et s’en prendre aux élus. On va pas chercher dans les poubelles ce qu’on ne peut pas obtenir dans les urnes… J’en ai assez de ces associations de danseurs aux pieds nus qui viennent nous expliquer ce que nous, élus, on doit faire sur nos territoires… Je ne suis pas prêt à ce que mes enfants mangent des graines tous les jours, à faire de la bicyclette tous les jours. »

Il a annulé d’un trait de plume la subvention de 28 000 euros pour la Ligue de protection des oiseaux (LPO), l’enveloppe de 24 000 euros pour Arthropologia (étude de sauvegarde des abeilles sauvages), ainsi que 29 000 euros pour France Nature Environnement (FNE).

Commentaires sur lemonde.fr

docteur Maboul : Guilloteau n’est au courant que ses enfants mangent des graines tous les jours ! Et je ne vois pas très bien le problème de faire du vélo tous les jours…

Pierre69 : Trump fait des émules.

Samosse : Retirer les subventions des associations qui défendent l’environnement parce qu’elles défendent l’environnement, il fallait y penser.

KonTiki : Il faut casser le thermomètre quand on a la fièvre. C’est le meilleur moyen de ne pas comprendre ce qu’il va se passer. Bravo monsieur Guilloteau.

Lectrice78 : Supprimer des subventions de projets bien définis, sans rapport avec le port en question, est d’une logique plus que douteuse.

Zétic : Le contributeur ce n’est pas le président du conseil départemental LR, ce sont les citoyens.

Erwann Le Meur : à l’instar de Wauquiez, son mentor, Guilloteau fait partie de ces élus qui confondent l’intérêt public et leur idéologie propre. Avec ces élus des territoires, la France serait couverte de ZAC inutiles et vides, de zones commerciales délaissées, d’infrastructures en surnombre, le tout financé sur fonds publics. Ce n’est pas l’argent de Guilloteau mais celui de nos impôts dont il s’agit.

Frederic G : J’habite dans le Rhône et n’ai jamais entendu parler de ce monsieur. N’est ce pas plutôt son conseil départemental qu’il faudrait supprimer ?

ArseneLupin68 : Ces élus ne veulent que des courtisans. Quand il n’y aura plus que des cryptomonnaies à se mettre sous la dent et une planète infertile, on sera bien avancé.

ExtinctionRebellion : Ce n’est pas « son » argent, il n’en dispose pas selon son bon plaisir. Ces élus ont perdu le sens de l’intérêt commun et de la décence. Les écologistes n’auront bientôt plus rien à attendre d’une pseudo-démocratie confisquée et devront trouver d’autres moyens de lutter.

Dan78 : Citoyens-électeurs, vous savez ce qu’il vous reste à faire : on a les élus que l’on mérite.

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Combattre les GTII, Grands Travaux Inutiles et Imposés

extraits : L’enterrement de Notre-Dame-des-Landes en 2018 ne fait que préparer l‘épanouissement de la contestation de tous les GTII, Grands travaux inutiles et imposés. Partout sur le territoire, une cinquantaine de projets d’aménagement suscitent de vives oppositions locales, souvent depuis plusieurs années. Nos grands élus, épaulés (et briefés) par les grandes entreprises, se sont comportés comme Louis XIV qui a commandé son château de Versailles et les pharaons qui ont fait ériger les pyramides. Les projets pharaoniques étaient de droit divin dans l’Égypte ancienne : pour la gloire d’un seul, on exploitait tout un peuple. Aujourd’hui on fait croire au peuple qu’on construit des éléphants blancs pour son plus grand bonheur….

En finir avec les grands travaux inutiles et imposés ?

extraits : Les actes de destruction opérés contre les GTI deviendront-ils en 2018 un impératif catégorique ? L’écrivain italien Erri De Luca avait déclaré à l’occasion du titanesque chantier du TGV Lyon-Turin : « Les actes de sabotage sont nécessaires pour faire comprendre que le TGV est un chantier inutile et nocif (1er septembre 2013 sur le Huffington Post)». Pour sa défense lors de son procès, il avait précisé : « Le sabotage est une forme de résistance politique qui ne peut s’entendre seulement au sens matériel. Ce mot a un sens plus large, un sens politique. Quand des députés s’opposent à une loi, au Parlement, ils la sabotent à leur manière. L’Italie est pleine de chantiers abandonnés, des ponts, des routes, des hôpitaux… Il y en a des centaines. D’une certaine façon, ces chantiers-là se sont autosabotés. »….

Le petit livre noir des grands travaux inutiles, 7 euros

extraits : Pour une approche plus globale, lisez « Le petit livre noir des Grands travaux inutiles ». IApprécions à sa juste valeur le dernier paragraphe de ce petit livre noir : « Les ZAD (Zones à défendre) ne sont pas seulement des lieux de contestation, elles sont aussi des lieux d’apprentissage, des agoras où renaissent l’esprit de lutte, l’envie d’échanger, le besoin de s’engager. A toutes celles et ceux qui ont osé sortir des sentiers battus et reprendre les chemins (parfois boueux) de la mobilisation, à toutes celles et ceux qui,  sans renoncer à leur individualité, savent se fondre dans un collectif, nous n’avons qu’une seule chose à dire : continuez ! Continuons… »

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Impossible croissance pour sauver l’emploi

Impossible croissance ! En vertu de la politique de consolidation budgétaire visant à réduire le déficit public, le moteur de la dépense publique va s’éteindre. En agitant le chiffon rouge des droits de douane, le président Trump va provoquer un ralentissement des échanges internationaux. Les ménages ne manifestent pas une plus grande confiance en l’avenir, le taux d’épargne reste au-dessus de 18 % ; la consommation est en berne. L’année 2024 s’était achevée sur une hausse de 1,1 % du PIB (produit intérieur brut). Difficile de parvenir à 0,9 % sur l’année 2025, comme le prévoit le budget. Et pendant ce temps le taux de chômage grimpe, il devrait atteindre 7,6 % .

On croit encore à la croissance pour résorber le chômage, l’aveuglement de nos dirigeants est sans limite. Avec 1% de croissance par an, la France aurait un PIB de 300 mille milliards d’euros en l’an 2500. Courage, on va y arriver ! On désespère de voir un jour un papier dans Le Monde expliquant patiemment que la croissance c’est fini et qu’il faut, d’urgence, mettre en place un plan avec un objectif de décroissance maîtrisée. Sinon, nous souffrirons ensemble. Sans doute pour mon cas moins que d’autres, ou moins longtemps, car je vais fêter ma 78ème année.

l’infernal triangle emploi/climat/croissance (2020)

extraits : L’infernale triangulaire des politiques, « stimuler la croissance tout en créant des emplois tout en éviter un rebond des émissions de CO2 ! »

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) résout le problème par « trente propositions pour une relance favorable au climat » ! L’AIE enfile les perles : efficacité énergétique (pour éviter de parle d’économiser l’énergie), rénovation des bâtiments (dans les bidonvilles?), moteurs électriques (sans s’interroger sur comment produire l’électricité), énergies renouvelables (qui ne seront jamais à la hauteur des énergies fossiles), développer les réseaux de trains à grande vitesse (et supprimer les lignes secondaires de chemins de fer), investir dans l’hydrogène (qu’il faudrait produire avec des énergies renouvelables!), etc. Précisons que l’AIE est une émanation du club des pays riches (l’OCDE) chargé de garantir l’approvisionnement en combustibles du monde développé. Les problèmes du tiers-monde, on s’en moque. …

L’impossibilité de créer des emplois par la croissance (2015)

extraits : L’UMPS est sur la même longueur d’onde que les syndicats, croissanciste. C’est la pensée unique de la solution unique. Le PS Manuel Valls a expliqué que « tant que nous n’avons pas une croissance plus forte, autour de 1,5 %, il est difficile de créer de l’emploi.» L’UMP Gérard Larcher estime que les chiffres du chômage « montre[nt] combien un changement de politique économique est indispensable et urgent afin de lever les freins à la croissance et à la création d’emplois ». Le syndicaliste Jean-Claude Mailly (FO) juge « indispensable » de « changer de politique économique afin de retrouver une croissance porteuse d’emplois ».

Ils attendent tous la croissance comme d’autres attendaient autrefois la pluie ; c’est la pensée magique ….

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