biodiversité

spécisme

Le Monde publie la déclaration universelle des droits de l’animal sur une page entière. C’est très bien de présenter cette proclamation pour son trentième anniversaire, ce jour 15 octobre. Mais il s’agit en fait d’une publication payée par la Ligue française des droits de l’animal. Le Monde ne se sent donc pas concerné directement par les  droits de l’animal, c’est très mal, c’est faire preuve de spécisme, c’est oublier que tous les animaux ont des droits égaux à l’existence dans le cadre des équilibres biologiques. C’est oublier aussi que le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux.

Comme l’espèce humaine est nuisible pour la Biosphère, elle se nuit forcément à  elle-même. D’une manière ou d’une autre, une société biocide qui tue à outrance et combat  à coup de pesticides les insectes, les champignons (fongicides) et les « mauvaises » herbes (herbicides), les escargots, les « nuisibles » et même les vers de terre s’en prend à elle-même. Les personnes qui veulent à notre époque toujours plus de croissance économique et démographique sont des personnes nuisibles pour la santé de la Biosphère : la perte de biodiversité qui résulte du productivisme humain se retournera nécessairement contre nous un jour ou l’autre. Homo sapiens, à classer dorénavant comme homo demens ?

 Une petite citation pour finir : « Est-ce qu’on a touts les droits sur les animaux, c’est ce que je me demande. Je pense que non. Je crois qu’on doit leur donner une vie qui leur ressemble à eux. Ou un peu à nous aussi dans ce qu’on a de bien. Et eux, ils nous donneraient aussi ce qu’ils ont de bien. Les animaux, je crois qu’ils font partie de nous ». (in Une vie de cochons de J.Porcher et C.Tribondeau, La découverte 2008)

le tueur, c’est nous

 

LeMonde du 20.09.2008 nous informe longuement du syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles. Il s’agit d’un phénomène caractérisé par la disparition brutale, en quelques jours ou quelques semaines, de la quasi-totalité d’une colonie. Ce qui m’étonne vraiment, c’est que la description scientifique de ce phénomène est très récente, l’automne 2006, alors que les conséquences néfastes sur les cultures humaines qui ont besoin des pollinisateurs sont déjà avérées. Nous paraissons aussi surpris par les atteintes à la biodiversité que par un krach financier. Nous agissons comme si nous ne connaissions pas nos fondamentaux. Le respect de l’équilibre entre l’espèce humaine avec les autres formes de vie est une loi naturelle ; le respect de l’équilibre entre la sphère marchande et son évaluation monétaire est une loi économique. Mais nous n’avons plus aucune morale, ni en affaires, ni à l’égard de la Nature.

 Comme 35 % du tonnage mondial d’aliments d’origine végétale proviennent de cultures pollinisées, l’activité des abeilles est sans doute un service inestimable. Cependant j’attache personnellement autant d’importance au fait que le  rôle des abeilles sur la flore sauvage est aussi inestimable. Les pollinisateurs assurent la survie de tout le cortège de vie sauvage qui lui est associée, nous devons prendre conscience que nous ne sommes qu’un élément de la chaîne alimentaire. Or nous avons trop grossi en population et en prélèvements sur les richesses de la Biosphère. Nous sommes coupables, nous devons reconnaître nos erreurs, morales et matérielles.

ni racisme, ni spécisme

Belle image que celle des tee shirts arborés devant la commission européenne avec l’inscription « against ethnic profiling ». L’union européenne se préoccupe d’une stratégie globale d’intégration des Roms qui mettrait fin aux discriminations et stigmatisations dont ils sont l’objet. Mais en page 2, l’homme nu dessiné avec humour par Serguei se fait arrêter parce qu’il est suspect… de ne pas être sur Edvige (exploitation, documentaire et valorisation de l’information générale). Le France veut mettre en place un fichage ethnique. Contradiction, contradiction, tout n’est que contradiction.

Nous sommes une société composite qui a oublié les progrès de la connaissance. Alors que les théories raciales s’appuient sur les apparences anatomiques, la biologie et la génétique ont supprimé toute base objective à ces stéréotypes. Les premières études sur les groupes sanguins menées à partir de 1914 montrent que leur répartition en Europe n’obéit à aucune logique raciale. Depuis, les analyses effectuées un peu partout dans le monde démontrent que les caractères génétiques ainsi que les groupes sanguins, les mêmes groupes d’histocompatibilité comme les facteurs enzymatiques sont présents dans la totalité des populations. Blanc ou Noir, une proportion différente de mélanine, pas plus. La dispersion géographique de votre ancêtre commun homo sapiens n’a commencé qu’il y a 150 000 ou 200 000 ans, pas assez pour se diversifier biologiquement de manière significative. Les gènes n’ont pas de race, les humains sont tous semblables, et différenciés seulement par quelques apparences. En conséquence, dans le discours des racistes modernes, ce ne sont plus les races qui sont déclarées incompatibles ou inégales, mais les coutumes et les croyances. Pourtant toute l’humanité partage la même Terre et doit apprendre à vivre avec le reste de la Biosphère.

            Quel les humains apprennent qu’il n’y a pas d’étrangers, qu’ils sont tous de la même famille, alors ils pourront mieux se consacrer au respect des autres formes de vie.

silence généralisé

Dans la série best-sellers, LeMonde du 20.08.2008 nous parle d’Isabelle Lövin, l’empêcheuse de pêcher en rond. Son livre Mer silencieuse donne enfin aux poissons une valeur intrinsèque que ne leur reconnaît pas notre société qui ne fonctionne que dans le court terme et l’intérêt immédiat des humains. Isabella dresse un constat accablant des conséquences de la surpêche, notamment en mer Baltique : disparition de la morue, élimination des anguilles, effondrement de la biodiversité, la mer devient silencieuse.

 

Dommage que cet article sur une page entière ne souffle mot de l’ancêtre de ce livre, Printemps silencieux (à cause des pesticides qui tuent les insectes, et donc les oiseaux), écrit en 1963 et qui est souvent présenté comme un des premiers manifestes de la pensée écologique : « Nous avons à résoudre un problème de coexistence avec les autres créatures peuplant notre planète. Nous ne pouvons par exemple espérer trouver un modus vivendi raisonnable avec les hordes d’insectes, que si nous prenons en considération toutes ces forces vitales, et cherchons à les guider prudemment dans les directions qui nous sont favorables. La mode actuelle, celle des poisons, néglige totalement ces considérations fondamentales. Le tir de barrage chimique, arme aussi primitive que le gourdin de l’homme des cavernes, s’abat sur la trame de la vie, sur ce tissu si fragile et si délicat en un sens, mais aussi d’une élasticité et d’une résistance si admirables, capables même de renvoyer la balle de la manière la plus inattendue. Ces extraordinaires possibilités de la substance vivante sont ignorées par les partisans de l’offensive chimique, qui abordent leur travail sans aucune largeur de vues, sans le respect dû aux forces puissantes avec lesquelles ils prétendent jouer. Vouloir « corriger la nature » est une arrogante prétention, née des insuffisances d’une biologie et d’une philosophie qui en sont encore à l’âge de Neandertal, où l’on pouvait encore croire la nature destinée à satisfaire le bon plaisir de l’homme. Le malheur est qu’une aussi primitive pensée dispose actuellement des moyens d’action les plus puissants, et qu’en orientant ses armes contre les insectes, elle les pointe aussi contre le monde. »

 Que ce soit contre les insectes ou contre les poissons, homo dit sapiens utilise des armes démesurées qui se retourneront tôt ou tard contre lui. Il n’est que temps de retrouver le sens des limites.

bagnole versus Biodiversité

LeMonde du 14.08.2008 donne deux fois plus de place à la présentation côte à côte en première page de la bagnole (Une révolution dans la façon de circuler en voiture) qu’à la biodiversité (l’avenir de la biodiversité se joue maintenant). C’est là le problème de nos médias qui donnent beaucoup trop de place à nos objets fétiches. En page 8, on développe sur la sixième extinction des espèces entraînées par la modification de son environnement par l’activisme humain. Dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences américaines, on présente à juste titre homo sapiens comme un « narcissique qui a maltraité l’écosystème qui l’a créé et le maintient en vie sans souci des conséquences ». On critique « l’idée que la croissance économique est indépendante de la santé de l’environnement. » Pour contrer cette dérive, il faudrait agir d’urgence, mais les auteurs s’inquiètent du divorce croissant entre la population et la nature, divorce dû à l’utilisation intensive des médias électroniques.

 En vis-à-vis page 9, il nous faudrait selon l’article du Monde des voitures « intelligentes », des automobilistes qui communiquent entre eux. La Commission européenne a même réservé une fréquence radio pour ce genre d’échange. Si cela permettrait de résoudre une infime partie des embouteillages alors que 24 % du temps de conduite des Européens se déroule déjà dans des bouchons, il faut surtout remarquer la contradiction flagrante de ces contrôles électroniques avec la protection de la biodiversité. Pour soutenir les industriels et faire plaisir aux automobilistes, l’Europe mise sur le tout-électronique de l’échange médiatique, enfermant la classe globale encore plus dans son cocon, dans son auto, le portable à l’oreille en attendant la télé, à mille lieux de la nature environnante dont on se fout complètement qu’elle dépérisse et les autres espèces avec. Cela s’appelle de l’aveuglement, entretenu par la part disproportionné que donne LeMonde  aux bagnoles par rapport à la richesse de la biodiversité.

chassons les chasseurs

Il paraît que les chasseurs et les écologistes ont signé un accord « historique » sur la chasse au gibier d’eau (LeMonde du 31.07.2008). La date d’ouverture de la chasse est avancée de neuf jours, du 30 au 21 août. En contrepartie, un moratoire de cinq ans est décidé pour la barge à queue noire, le courlis cendré et l’eider à duvet. En fait personne n’est content, et surtout pas les chasseurs spécialisés dans le gibier d’eau qui voudraient une ouverture au 2 août. Nous sommes en présence de chasseurs d’une faune sauvage, qui ne sont donc absolument pour rien dans l’état de la ressource, et qui veulent pourtant tout le pouvoir dans leur gâchette. Le gouvernement, qui pense toujours au court terme, a été jusqu’à présent du coté des massacreurs :

 

Le conseil d’Etat rappelle à la ministre de l’écologie Roselyne Bachelot la directive européenne de 1979 et annule une grande partie des arrêtés fixant les dates de fermeture de la chasse (LeMonde du 22-23 août 2002). La ministre de l’écologie, qui n’est certainement pas écologiste, persiste et signe le 28 mars 2003 devant la Fédération nationale des chasseurs : « On n’efface pas en quelques jours les blessures et la défiance qu’a engendrées l’attitude sectaire de mes prédécesseurs à l’égard de la chasse et des chasseurs ». Elle déclare par ailleurs qu’il n’appartient pas aux lois de fixer les dates d’ouverture et de fermeture de la chasse, celles-ci répondant d’avantage aux lois de la nature, à la météo et à la dynamique des populations d’oiseaux !!! (LeMonde du 15.05.2003). Le Conseil d’Etat est obligé à nouveau de suspendre une partie de son arrêté fixant les dates de fermeture de la chasse aux oiseaux migrateurs. (LeMonde du 7.02.2004)

 

Si un ministre de l’écologie s’essaye à plus d’écologie comme Serge Lepeltier et suit la jurisprudence du Conseil d’Etat, il se retrouve tout nu. Serge est victime le 1er février 2005 d’une bronca lors de la réunion du groupe parlementaire UMP parce qu’il avait fixé fin janvier la fermeture de la chasse au gibier d’eau. Le Premier ministre Raffarin considère que « 50 députés UMP doivent leur élection aux chasseurs et qu’il faut prendre très au sérieux l’appel de CPNT de voter Non au référendum. Nous allons droit dans le mur… » (Le Canard enchaîné du 16.02.2005)

 

Le successeur de Lepeltier, Nelly Olin, retombe donc dans l’ornière de la défense de la chasse à tout prix. Elle fixe l’ouverture de la chasse au canard au 6 août 2005 : « Couvées et canetons seraient plus précoces à l’ouest que dans les marais à l’est ou près de la Méditerranée ». (LeMonde du 26.07.2005) Mme Olin sait en effet que son arrêté lui vaut le soutien des principaux dirigeants de la Fédération nationale des chasseurs.

 Nous sommes dans une société où la démocratie suit la loi du grand nombre, celle des chasseurs, alors que nous aurions tant besoin de laisser les dernières bribes de la nature sauvage voler de ses propres ailes. J’ai été chasseur, dans une famille de chasseurs depuis des générations. J’ai compris déjà il y a des dizaines d’années que la chasse était une activité qui ne correspondait plus à rien dans une Nature saccagée par nos soins. J’ai arrêté de chasser, je demande à tous les chasseurs de faire de même.

moins d’éleveurs, plus de loups

Les éleveurs des Alpes du Sud sont opposés à la présence de loups sur leur territoire (LeMonde du 22.07.2008). Ils ont perdu seulement 2500 de leurs bêtes alors que le véritable prédateur est l’homme qui besoin de toujours plus de viande fraîche pour une population de plus en plus nombreuse. Pourquoi se plaindre de quelques bouches supplémentaires ? Que je sache, les Français n’ont plus à cohabiter avec les éléphants, les lions et les tigres ! Il est vrai que les Français ont mené une campagne d’extermination, une de plus, qui avait fait complètement disparaître le loup depuis les années 1940.

 L’espèce Canis lupus, réintroduite depuis l’Italie vers 1992, serait dans un état de conservation favorable en France avec 150 individus et quatorze meutes. Je rêve d’un territoire français où l’espèce homo sapiens serait ramenée à 150 individus rassemblés dans quatorze villages, ce qui permettrait aux loups, aux forêts et à l’exubérance de la vie sous toutes ses formes de prendre tout l’espace dont l’homme s’est accaparé pour son seul intérêt à court terme. En attendant, il faut parquer les éleveurs au lieu de parquer les loups. C’est bien la moindre des choses qu’on puisse faire pour expier tous les massacres que nous avons perpétrés.

l’homme n’est rien sans les écosystèmes

Les alarmes des scientifiques sur la perte  de biodiversité ne manquent pas. Par exemple, un tiers des espèces coralliennes est menacé d’extinction (LeMonde du 12.07.2008). Dans le même article, on nous annonce aussi que la barrière de corail en Nouvelle-Calédonie vient d’être classée par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’humanité. Est-ce suffisant ?

 

D’abord ce patrimoine mondial souffre lui-aussi de la suprématie totale donnée à l’espèce humaine. En effet la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, adopté en 1972, ne comptait en 2006 que 160 naturels sur 812 sites classés contre 628 strictement culturels (et 24 mixtes). Ensuite la création d’un sanctuaire ne suffit pas. Le Comité du Patrimoine mondial a retiré ce statut à la zone d’Oman consacrée à la protection d’un troupeau d’oryx. Cette population s’était réduite à 65 individus, dont seulement quatre couples reproducteurs, ce qui rendait son avenir incertain. Paradoxalement, Oman avait décidé de réduire la taille de la zone protégée de 90 %. Le sultanat préfère la prospection pétrolière à la protection des antilopes oryx, car que représente la vie de quelques bestioles face à la puissance de l’or noir ? De toute façon tout est relié, l’homme, les coraux, les antilopes. Les coraux souffrent du réchauffement climatique, un effet de serre lié à la combustion de pétrole. Rien ne parvient à enrayer l’invasion et la destruction par la société thermo-industrielle de nos écosystèmes.

 J’espère qu’un jour tous nos péchés contre la Nature nous amèneront à penser que le bien-être et l’épanouissement de la vie humaine sur Terre a une valeur intrinsèque, indépendante de l’utilité que peut représenter le monde non-humain pour nos intérêts humains. C’est là le message essentiel de la philosophie de l’écologie profonde, c’est la seule espérance qui puisse me rendre mon optimisme.

prix de la biodiversité

L’homme est un grand exterminateur du vivant. Pavan Sukhdev, chargé d’une étude mondiale sur l’économie des écosystèmes, voudrait donc mettre en place une comptabilité verte : « Il faut donner un prix à la biodiversité » (LeMonde du 25.06.2008). C’est une tâche impossible, la Biosphère n’a pas de prix, elle a une valeur intrinsèque, non comptabilisable. En effet le bien-être et l’épanouissement de la vie humaine et non-humaine sur Terre ont une valeur en soi qui doit être respectée. La richesse et la diversité des formes de vie contribuent à l’accomplissement de ces valeurs et sont également des valeurs en elles-mêmes. Les valeurs portées par la Nature sont donc indépendantes de l’utilité que peut représenter le monde non-humain pour nos intérêts humains.

Mais Pavan Sukhdev se déclare  à l’opposé des valeurs véhiculées par l’écologie profonde. Il ne voit dans le capital naturel que ce qui permet d’assurer notre bien-être et notre santé, et la qualité des écosystèmes n’est mesurable qu’à cette aune. Il regrette la disparition des ressources génétiques liées à la déforestation car elle sont « exploitées par la médecine ». Il attache une valeur à la forêt que parce qu’elle permet de stabiliser les ressources agricoles et permet donc indirectement de « nourrir l’humanité ». Il pense qu’il faut rémunérer le capital naturel uniquement parce que l’industrie ne peut fournir un emploi à tous et que 1,5 milliard de personnes vivent d’un lien étroit avec la nature. Tout la pensée de ce banquier indien sont reliées à l’intérêt pour l’homme d’une sauvegarde de la planète. Il a oublié que si nous en sommes arrivés à cette disparition accélérée du capital naturel, c’est justement parce que nous avons donné un prix à toute chose sans nous soucier que la nature qui nous permet de vivre avait une valeur intrinsèque.

 Il ne suffit pas de protéger les dernières baleines ou le dernier Bonobo, il ne suffit pas de changer de mode de vie, il nous faut changer de mentalité et retrouver le respect de la nature.

Homo sapiens, espèce nuisible

On n’a pas pu observer un seul spécimen depuis plus de cinquante ans, le phoque moine des Caraïbes est donc considéré comme une espèce éteinte (LeMonde du 17.06.2008). Ce n’est qu’un exemple particulier de l’extinction massive des autres espèces entraînée par homo sapiens. Tous les autres habitants de notre planète sont considérés par les humains soit comme des choses bonnes à manger ou à utiliser, soit comme des concurrents directs pour l’espace vital et l’accès aux ressources naturelles. Ces disparitions en masse font penser à ce bon docteur qui, au début des années 1950, a transmis volontairement aux lapins une épizootie, la myxomatose, pour les détruire. Des centaines de millions de lapins de garenne moururent dans toute l’Europe, mais c’est finalement le docteur qui gagna le procès intenté contre lui : le lapin fut déclaré « animal nuisible » puisqu’il fut jugé par le tribunal l’un des plus grands ennemis des récoltes. Pourtant, du point de vue de la Biosphère, il n’y a aucune différence entre les espèces ; c’est seulement le parti pris unilatéral des homo sapiens de faire un classement entre espèces, utile ou nuisible, belle ou moche, mangeable ou tabou. Les végétariens ne veulent pas attenter à la vie animale, mais la vie végétale a tout autant de valeur que la vie humaine.

 D’une manière ou d’une autre, une société biocide qui tue à outrance et combat  à coup de pesticides les insectes, les champignons (fongicides) et les « mauvaises » herbes (herbicides), les escargots, les « nuisibles » et même les vers de terre s’en prend forcément à elle-même. C’est l’espèce humaine qui est nuisible pour la Biosphère, et elle se nuit forcément à  elle-même. Les personnes qui veulent à notre époque toujours plus de croissance économique et démographique sont des personnes nuisibles pour la santé de la Biosphère, et en conséquence pour l’espèce humaine elle-même. Homo sapiens, à classer comme homo demens.

le défaut des politiques

Nous constatons que le réchauffement perturbe les zones océaniques les plus poissonneuses (LeMonde du 12.06.2008), on organise donc une conférence internationale à Las Palmas, il faut bien que les scientifiques prennent l’avion de temps en temps. Nos modèles numériques et nos images satellites constatent l’effet de la montée des températures sur la faune océanique et démontrent que les écosystèmes sont moins résistants au réchauffement quand ils sont intensément exploités par l’homme. Nous constatons que l’habitat des espèces à l’état larvaire et adulte se retrouve comprimé, ainsi le manque d’oxygène associé à la production de toxines conduit les langoustes à venir mourir sur les plages par centaines de tonnes en Afrique du Sud. Nous constatons que les sardines disparaissent, mais que les méduses et les gobies prolifèrent. Nous constatons que le réchauffement induit un décalage des cycles saisonniers de certaines espèces dépendant les unes des autres et limitent la reproduction, par exemple celle des manchots d’Afrique.

 Nous constatons, nous savons filmer la mort en direct des espèces, mais nous ne sommes pas capables de remettre en question notre mode de vie qui détruit la planète dans des zones de plus en plus vastes. Les politiques ont le regard fixé sur les prochaines élections, ce n’est pas une vision très propice à l’écologie. René Dumont n’a pas été écouté, lui qui disait qu’il fallait politiser les écologistes et écologiser les politiques.

conflit d’intérêts

Notre civilisation doit trancher entre des principes contradictoires. Ainsi les Etats-Unis ont placé l’ours polaire sur la liste des espèces en danger dans un langage si équivoque que la protection de l’ours pourrait en être minée (LeMonde du 17.05.2008). Il s’agit dans ce cas de trancher entre la lutte contre le réchauffement climatique qui menace le territoire de chasse des ours et l’approvisionnement en énergie des Américains. Quelques ours d’un côté, des millions d’électeurs de l’autre… La décision ne peut qu’être difficile !

En France, le préfet du Périgord doit trancher entre quelques  emplois créés par un circuit automobile qui s’installerait dans le parc naturel régional et quelques avis opposés : gaspillage d’énergie fossile par la compétition automobile, déboisement de 40 hectares riches en espèces animales et végétales protégées, bruit, augmentation du trafic routier dans le parc, risques de pollution des eaux souterraines, assèchement d’une zone humide, risques de perturbations du sous-sol… La décision ne peut qu’être difficile, vous pensez, quelques emplois en plus et un promoteur privé face à la détérioration de la Nature.

 La lutte entre la Nature et l’Homme est disproportionnée. Quels que soient les arguments, ce sont les intérêts humains à court terme qu’on privilégie jusqu’à présent même si c’est à l’encontre de l’intérêt des générations futures. Mais penchons-nous plus attentivement sur ce couple de britanniques passionnés de voiture qui tiennent à installer le circuit sur leur territoire. Certains idéologiques du capitalisme pensent que c’est l’appropriation privée qui peut le mieux permettre la protection de l’environnement. Pourtant, que ce soit aux USA, en France ou ailleurs, la Biosphère constate à chaque fois que la possession d’une voiture individuelle et d’un territoire duquel tirer un profit personnel empêchent d’accéder à une réelle conscience de la fragilité de notre planète face à la démesure de l’Homme.

croisement Homme-Nature

Une rubrique nécrologique bien faite nous donne souvent à réfléchir, ainsi celle de Mildred Dolores Loving  (LeMonde du 13.05.2008) dont je n’avais jamais entendu parler. J’apprends ainsi que cette femme noire avait épousée en 1958 hors de cet Etat un Blanc alors que les lois de Virginie bannissaient tout mariage interracial, comme d’ailleurs 38 autres Etats. Le couple, réveillé aux premières lueurs de l’aube, a été condamné à un an de prison ou à l’obligation de quitter l’Etat. Lasse de ne pouvoir rendre visite à sa famille, Mildred s’était adressée au ministre de la justice en 1963. Elle avait obtenu gain de cause devant la Cour suprême par un arrêt de 1967 intitulé Loving contre Virginie. Il est temps d’aller encore plus loin dans le croisement des espèces.

Après l’émancipation des Noirs, des femmes et des couples mixtes est en effet venu la fin de l’anthropocentrisme. Pour l’écologisme radical, alors que les femmes ne sont plus considérées dans le monde moderne comme la propriété des hommes et les Noirs la propriété des Blancs, il n’y a toujours pas d’éthique traitant de la terre ainsi que des animaux et des plantes : ces éléments de la Biosphère sont encore considérés comme des esclaves. Il faut alors prendre la nature au sérieux et la considérer comme douée d’une valeur intrinsèque qui force le respect. Cette conversion à l’holisme écologique suppose une véritable déconstruction du préjugé anthropocentrique qui conduit à considérer l’univers comme le simple théâtre de nos actions.

 Aldo Leopold (1887-1948), l’auteur d’un classique consacré à la nature publié pour la première fois en 1949 à titre posthume, écrit : « La terre en tant que communauté, voilà l’idée de base de l’écologie, mais l’idée qu’il faut aussi l’aimer et la respecter, c’est une extension de l’éthique ». Pour Aldo Leopold, toute créature est membre de la communauté biotique, et comme la stabilité de celle-ci dépend de son intégrité, elle doit avoir le droit d’exister. « En bref, une éthique de la terre fait passer l’Homo sapiens du rôle de conquérant de la communauté-terre à celui de membre et citoyen parmi d’autres de cette communauté. Elle implique le respect des autres membres, et aussi le respect de la communauté en tant que telle. »

aide au développement, nouvelle formule

L’APD (aide publique au développement) bat de l’aile. Selon LeMonde du 5.04.2008, les 22 principaux donateurs mondiaux ont en 2007, pour la deuxième année consécutive, réduit le montant de leurs aides. Alors on devrait en 2009 faire payer par « ceux qui le souhaitent » deux dollars en plus lors de l’achat d’un billet d’avion pour financer l’accès des plus pauvres aux médicaments. Charité publique ou charité privée ? En fait le problème de l’aide au développement est mal posé.

C’est seulement en 1949 qu’un discours du président américain Truman invente la notion de sous-développement : « Nous devons nous engager dans un nouveau programme audacieux et utiliser notre avancée scientifique et notre savoir-faire industriel pour favoriser l’amélioration des conditions de vie et la croissance économique dans les régions sous-développées ».  La société thermo-industrielle devenait ainsi une référence universelle, il fallait passer obligatoirement par les cinq étapes de la croissance économique, c’est-à-dire dépasser l’état de société traditionnelle, faire son décollage économique pour aboutir à l’ère de la consommation de masse. Cette théorie du parcours obligé a merveilleusement servi les intérêts des grandes puissances dans un monde de libre-échange et d’accumulation du capital privé. Pourtant les multinationales déséquilibrent les marchés locaux et dans un monde déjà occupé par la classe globale, les nouveaux arrivants ne trouvent plus de place, si ce n’est dans les bidonvilles.

 Aux trois manières historiquement éprouvées pour régler la question de la pauvreté, action caritative, répression ou obligation pour les pauvres de se rendre utile, les organisations internationales en ont rajouté une quatrième : l’obligation de s’enrichir. Cela n’a fait qu’accentuer les inégalités sociales et complètement perturber les sociétés vernaculaires. Laissons chaque région régler ses problèmes à sa façon : dans l’Afrique traditionnelle, on considère comme pauvre non pas celui qui manque de moyens matériels, mais celui qui n’a personne vers qui se tourner, devenant ainsi un orphelin social, un pauvre en relations. Cela n’exonère pas les riches de faire ce qu’il faut pour aider les pauvres, devenir eux-mêmes beaucoup moins riches, pratiquer la sobriété énergétique et la simplicité du mode de vie, moins peser sur la planète pour laisser un peu plus de place pour tous, ne pas prendre l’avion…

P.A. Taguieff

Le site biosphere répertorie un grand nombre de livres dans sa rubrique « Bibliothèque de la Biosphère ». La plupart sont résumés, on peut y accéder en cliquant sur le titre d’un livre dans http://biosphere.ouvaton.org/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=6&Itemid=54.

Voici par exemple la quintessence du livre La bioéthique ou le juste milieu de Pierre-André TAGUIEFF (Fayard)

 

Le sous-titre donne l’idée de fond : une quête de sens à l’âge du nihilisme technicien.  Pour clarifier le débat sur la bioéthique, Pierre-André Taguieff identifie trois courants de pensée : la religion, le prométhéen, et l’écologie profonde.

 

Taguieff conserve une attitude ambiguë par rapport à l’écologie profonde. Parfois il en envisage les potentialités : « Ce que nous ferons en matière d’écologie dépend de l’idée que nous nous faisons de la relation entre l’homme et la nature. Plus de science et plus de technologie ne nous sortirons pas de la crise écologique actuelle tant que nous n’aurons pas trouvé une nouvelle religion ou que nous n’aurons pas repensé l’ancienne » p.313.

Parfois il est assez critique : « Par l’admiration qu’on lui porte, la nature relie la perception esthétique et la disposition éthique, le sentiment du beau et la vertu du respect. Esquisse d’un humanisme élargi qui ne se définirait pas contre tout ce qui n’est pas strictement humain, mais qui, à l’inverse, n’opposerait plus absolument le naturel et l’artificiel, au contraire d’une vision fondamentaliste et globalement anti-moderne portée notamment par les partisans de l’écologie profonde, les écosophes p.349.

 

Malgré quelques réticences, la parenté entre bioéthique et écologie profonde est récurrente dans le livre de Pierre-André Taguieff : « Le camp des défenseurs de la sacralité n’est pas occupé par les seuls théologiens chrétiens ; la diffusion de la pensée écologique a fait surgir de nouveaux adeptes de la religion de l’intouchabilité, ceux qui s’affirment, avec de bonnes raisons de le faire, les « amis de la Terre » ou les admirateurs et protecteurs de la biodiversitép.144 ».

Robert Kennedy dixit

Robert F Kennedy Jr. : « Quand j’allais à la Maison Blanche lorsque j’étais enfant, je regardais toujours l’ancienne porte au bout de Pennsylvania Avenue, où des générations de faucons pèlerins nichaient sans discontinuer depuis la présidence d’Abraham Lincoln. C’était l’oiseau de proie le plus spectaculaire d’Amérique du Nord, qui pouvait voler à plus de trois cents kilomètres à l’heure. Or mes enfants ne verront jamais cette espèce (Reastern et Adams) qui, empoisonnée par le DDT, s’est définitivement éteinte en 1963, année où mon oncle a été assassiné. Cette créature, dont l’évolution avait exigé un million d’années, disparut en un clin d’œil à cause de l’ignorance et de la cupidité (…)

« Le gouvernement Bush dit aujourd’hui à l’Amérique qu’elle doit choisir entre la prospérité économique et la protection de l’environnement. C’est un faux problème. Dans 100 % des cas, une bonne politique environnementale équivaut à une bonne politique économique si l’économie se mesure aux emplois qu’elle produit à long terme. Si, en revanche, nous voulons traiter la planète comme si elle était une entreprise en liquidation, en convertissant nos ressources naturelles en liquidités au plus vite afin de bénéficier de quelques années de prospérité fondée sur la pollution, nous pouvons certes générer un flux de trésorerie instantané et l’illusion d’une économie prospère. Mais nos enfants paieront cette folle équipée par des paysages dénudés, une santé déficiente et d’énormes frais de nettoyage. Vus sous  cet angle, les dégâts occasionnés à l’environnement équivalent à une politique de déficit budgétaire (…) 

 « Je pense que Dieu (ndlr : la Biosphère ?) nous parle par de nombreux vecteurs, mais nulle part avec autant de clarté, d’exubérance et de détails qu’à travers sa création. Ainsi pour moi, lorsque nous détruisons des ressources naturelles, nous attentons à la morale à un coût que nous n’avons pas le droit d’imposer à nos enfants – ni à nous-mêmes. »

amie hirondelle

L’hirondelle n’est pas toujours la bienvenue lorsqu’elle fait son nid sur la façade d’une maison. A cause de déjections sur le mur ou le sol, de nombreuses personnes détruisent leurs nids : de nos jours les petites fientes de la messagère du printemps ne semblent pas supportables. Nous ne rappellerons donc pas que la destruction de nids d’hirondelles est strictement interdite par la loi française. Nous ne rappellerons pas que l’auteur d’une telle infraction est passible d’une amende de 9000 euros et d’une peine d’emprisonnement de six mois. Nous ne rappellerons pas que tu peux dénoncer de tels agissements contre-nature auprès de la ligue protectrice des oiseaux (www.lpo.fr/), ou de la mairie de ta commune. Nous préférons faire appel à ton sens biosphérique, ton admiration pour ces oiseaux graciles qui essayent désespérément de diminuer le nombre d’insectes en lancent leurs cris stridents dans les airs

 

           Ainsi va une juste cohabitation des espèces dans la Biosphère, ainsi va la lutte contre l’extinction des espèces : aimons-nous les uns les autres, les bipèdes et la gente ailée…

 « Tous les articles pour l’écologie profonde sont archivés et classés sur Internet : http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

écosystèmes menacés

Une étude menée par des biologistes (R.Myers et C.Peterson) a montré que la surpêche des grands requins conduit, par un effet de cascade, à une baisse importante du nombre des coquillages. En effet ces grands prédateurs, dont la taille est supérieure à deux mètres, ont vu leur nombre diminuer sur les côtes américaines dans une proportion allant de 87 % à 98 %. Comme ils avaient pour proie favorite les raies pastenague, les effectifs de celles-ci ont explosé pour atteindre 40 millions d’individus. Or ces raies consomment chaque année d’énormes quantités de mollusques bivalves comme les coquilles Saint-Jacques et les palourdes, soit 840 000 tonnes. Autant dire qu’il ne reste pas beaucoup de coquillages pour les prédateurs humains. Peut-on généraliser cette étude de cas ?

 

Comme l’écrivent deux sénateurs français de bord opposé au cours d’une audition publique (28 mars 2007), « La biodiversité des écosystèmes, support du développement de l’humanité, est en voie de dégradation accentuée ; le choc à prévoir suite à l’effondrement de la biodiversité est aussi important que les risques liés au changement climatique. Il faut donc parler du vivant comme d’un tissu composé de milliards d’espèces qui ont une multitude d’interactions entre elles. Quand une maille saute, une deuxième lâche, et une troisième, et le tissu se désorganise. Les humains ne sont qu’une des mailles, l’espèce homo sapiens ne vit pas hors sol : si les écosystèmes ne sont pas robustes, alors l’humanité ne le sera pas non plus. En conséquence toutes les activités humaines devraient prendre en compte la nécessité de protéger le vivant. »

 

La Biosphère n’a rien à ajouter à des analyses aussi pertinentes !

 

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millenium assessment

L’Évaluation des Écosystèmes pour le Millénaire (Millenium Eco system Assessment) a été conduite entre 2001 et 2005 pour évaluer l’influence des activités humaines sur l’environnement et, inversement, la manière dont ces changements affectent les perspectives en matière de santé et de bien-être. Mais de nombreuses questions sur la compréhension du fonctionnement de la nature et de son lien à l’homme restent ouvertes. Par exemple, il manque une meilleure explication des liens existants entre la biodiversité et la dynamique des écosystèmes. En effet ceux-ci résistent encore à la modélisation du fait de leur forte non-linéarité. De plus, les actions humaines et les processus naturels opèrent à des échelles différentes, ce qui pose des problèmes en matière de retours d’expérience notamment lorsque les bénéfices apparaissent à une échelle temporelle et les coûts à une autre. Enfin, les chercheurs regrettent le faible nombre d’évaluations des politiques de conservation. En effet, peu d’actions de protection de la nature sont évaluées et les résultats de ces analyses restent souvent confidentiels. Par ailleurs, les approches économiques, notamment quantitatives, sont encore très rares et mal renseignées. Le décideur (le politique ?) semble pourtant vouloir éviter les atteintes catastrophiques. Ainsi les partenaires du réseau européen de programmation de la recherche dans le domaine de la biodiversité (Biodiversa, réseau animé par l’Institut français de la biodiversité) souhaitent définir les thèmes du premier appel à proposition de recherche prévu en 2007.

 

Les humains vont de recherches en colloques, dans le même temps la perte de biodiversité devient irréversible, la Biosphère rigole jaune …

 

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Coexistence des espèces

Dans un communiqué de presse en février 2007, la Fédération France Nature Environnement rappelle que « l’État français doit être le garant de la sécurité des ours et assurer sur le long terme la préservation de leurs milieux de vie. Il doit redéfinir notamment les conditions d’exercice de la chasse en zones à ours et les pratiques d’exploitation forestière, activités humaines qui ont un fort impact pour l’ours, comme l’ont démontré la mort de Cannelle ou des projets de pistes forestières. Quelques mesures de simple bon sens doivent être instamment mises en place pour éviter que d’autres destructions d’ours ne puissent se reproduire. Aussi FNE appelle les autorités, nationales et locales, en concertation étroite avec les chasseurs et les associations à revoir les pratiques de chasse en zone à ours, par exemple, en suspendant voire en interdisant la chasse en battue dans les zones vitales fréquentées régulièrement par les ours en automne (site d’alimentation rare ou zones de tanières) ou en cas de présence d’une ourse suitée. Concernant les mesures de gestion appliquées aux forêts pyrénéennes et aux politiques d’aménagement d’infrastructures dans les zones de présence de l’ours, FNE souligne que la reconstitution d’une population d’ours sauvage implique de maintenir des espaces forestiers diversifiés, non uniformes permettant leur utilisation par l’ours. La gestion forestière dans son ensemble (aménagements, sylviculture, rotation des coupes, exploitation,…) doit prendre en compte en amont la présence de l’ours aujourd’hui et demain. FNE, convaincue que nous ne pourrons pas parvenir à reconstituer une population viable d’ours sans passer par un dialogue franc et ouvert sur l’exercice des activités humaines dans les zones qui sont et seront fréquentées par les ours, invite les autorités nationales et locales à créer rapidement les conditions nécessaires pour trouver ensemble les voies pour une cohabitation responsable avec l’ours ».

Chaque route tracée par les humains, chaque logement qui se  construit, chaque entreprise qui se crée limite le territoire des autres espèces. Quand on voit les problèmes innombrables que posent le simple maintien des ours dans les Pyrénées françaises, le combat pour la coexistence des  espèces dans la Biosphère est en train d’être perdu… Mais il n’est pas de combat perdu d’avance qui ne mérite d’être poursuivi s’il va dans la bonne direction.

 Conclusion : Les sociétés humaines sont plus ou moins bien adaptées au milieu environnant, la société thermo-industrielle est la moins durable car elle détruit les écosystèmes. Les amoureux de la Nature et les objecteurs de croissance ont donc un objectif commun, prendre la défense des intérêts de la Biosphère et dénoncer avec force cette société de prédation.

Pour en savoir plus, tu peux consulter le site :

http://biosphere.ouvaton.org/