biodiversité

UICN, les humains écrasent la biodiversité

On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Réchauffement climatique, extinction des espèces, déplétion pétrolière, stress hydrique, raréfaction des ressources naturelles, surpopulation humaine,… tout cela est abondamment documenté et discuté. Les conférences internationales et les grandes intentions politiques se multiplient, en vain. Le congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui se tient à Marseille du 3 au 11 septembre, ne fait pas exception. L’éditorial du MONDE ne peut que constater : « Jamais dans l’histoire de l’humanité le vivant n’a été aussi menacé… L’état des lieux est calamiteux et les perspectives sont affolantes. Le taux d’extinction des espèces animales et végétales s’accélère à une vitesse vertigineuse. Souillée et détruite par l’activité humaine, la nature recule partout, qu’il s’agisse des océans, des rivières ou des forêts, avec des conséquences irrémédiables sur la faune, la flore et l’homme… ». Face à ce constat partagé, que faire ? Yaka, dit l’éditorial : «  Il est indispensable de lutter à la fois contre le réchauffement climatique et la dégradation de la biodiversité. » Plus vague, tu meurs.

Le moteur de la sixième extinction de masse n’est pas cité par cet éditorial, la surpopulation humaine.Parmi les actions prioritaires, il faudrait donc appeler médiatiquement à réduire la croissance de la population humaine. Mais l’effondrement de la biodiversité découle aussi d’un défaut de sensibilité, d’un anthropocentrisme forcené. Tant que nous ne donnerons pas une valeur intrinsèque aux différentes formes de vie, l’exploiter avec outrance ira de soi. Il faut se rendre compte que les humains ne sont que des passagers parmi d’autres de cette planète alors qu’ils se veulent les parasites ultimes qui prennent toute la place au détriment de la faune et de la flore. Il ne s’agit pas simplement de déterminer une liste des espèces à protéger et des territoires à sanctuariser, il parait au contraire essentiel de redonner à la planète tout entière la liberté de déterminer de façon la plus libre possible son propre équilibre dynamique. Moins nombreux, plus clairvoyants, tout un programme !

L’UICN considère déjà que l’opération de sauvetage de certaines espèces est sans espoir. La Biosphère sait que les humains doivent arrêter de procréer de façon inconsidérée s’ils ne veulent pas se dévorer entre eux faute d’autres gibiers. Et pour ce qu’on en dit….

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

14 juillet 2017, Prolifération humaine et anéantissement biologique

28 juin 2015, L’animal humain qui veut la mort des autres espèces

3 mars 2012, gardons nos tigres et nos loups, diminuons notre nombre

8 février 2012, un seul ver de terre vaut autant que le tigre

14 novembre 2011, Anthropocène, anthropocentrisme, anthropisation… extinction des espèces

26 mai 2010, la sixième extinction

2 février 2005, la biodiversité en péril

UICN, IPBES, les mots-maux de la biodiversité

En 2019, le premier rapport de la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) alertait sur le risque de disparition à brève échéance d’un million d’espèces animales et végétales ». Du 3 au 11 septembre 2021, Marseille reçoit le Congrès mondial de la nature organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La COP (conférence internationale) sur la biodiversité s’ouvrira en Chine en octobre 2021. Les négociations du traité sur la haute mer se tiendront aux Nations unies au premier semestre 2022. Beaucoup d’agitation pour rien. Laissons la parole à la toile :

G.Delaurens : Pour réagir au changement climatique et à la raréfaction des espèces, le mieux va consister à acheter un climatiseur ainsi qu’à contacter un taxidermiste pour avoir un renard empaillé dans la salle de séjour. Ensuite on n’aura plus qu’à participer au spectacle des éléments déchaînés devant sa télévision et visiter la salle des espèces disparues au Jardin des plantes. Ça, c’est un objectif de civilisation, concret et réalisable …

Nicolas Hulot : A chaque extinction d’espèces, sous l’effet de l’activité humaine, la mémoire de l’humanité se charge d’un fardeau de honte. L’homme s’octroie le droit de décider du sort des animaux ou des végétaux, de modifier le processus évolutif, persuadé que la seule chose précieuse dans la création est sa propre existence. Dans nos sociétés où partout suintent le racisme et la xénophobie, demander la considération pour un pachyderme ou un insecte est mission désespérée. Comment convaincre les hommes que le salut est aussi dans le respect sans faille de la biodiversité, que l’unicité de la nature ne vaut que par la pluralité de ce qui la compose ?

Choux rave : Il n’y a rien à attendre de la prochaine COP. Ni des prochaines élections. Que reste-t-il alors ? La désobéissance civile ? Et après, la violence ? Les boomers voudraient finir leurs jours tranquillement sans que rien ne change… Les plus riches voudraient continuer à accumuler sans que rien ne change… Pas sûr que cela se passe exactement comme ils le prévoient !

MK : L’espèce humaine consomme trop, elle est invasive et attaque la biodiversité.… Je n’ai entendu aucun homme politique, depuis plus de 50 ans, parler de régulation des naissances.… Peut-être faudrait-il limiter la population mondiale, et celle de la France à 50 millions, afin de maintenir les équilibres de la biodiversité actuelle et la surchauffe de production et de consommation ? Avec intelligence évidemment….

Dance Fly : Daccord avec MK pour en finir avec des politiques natalistes devenues « has been » dans un contexte de crise environnementale. Une solution simple pour la France: une allocation dès le premier enfant, doublée au second enfant mais pas augmentée au delà, et versée sous condition de ressource; réduction de l’allocation de rentrée scolaire, uniquement versée sous forme de bons d’achats (pour fourniture scolaire) ; aides financières pour la garde d’enfants uniquement pour les familles les plus défavorisés…

Michel SOURROUILLE : Le moteur de la sixième extinction de masse, la surpopulation humaine. Mais l’effondrement de la biodiversité découle aussi d’un défaut de sensibilité, d’un anthropocentrisme forcené. Tant que nous ne donnerons pas une valeur intrinsèque aux différentes formes de vie, l’exploiter avec outrance ira de soi. Il faut se rendre compte que les humains ne sont que des passagers parmi d’autres de cette planète alors qu’ils se veulent les parasites ultimes qui prennent toute la place au détriment de la faune et de la flore. Il ne s’agit pas simplement de déterminer une liste des espèces à protéger et des territoires à sanctuariser, il parait au contraire essentiel de redonner à la planète tout entière la liberté de déterminer de façon la plus libre possible son propre équilibre dynamique. Moins nombreux, plus clairvoyants, tout un programme !

Jeannot3 : J’aime le vivant, je parcours des forêts de temps en temps, mais 70% de la population vit dans un immeuble, pas de jardin et des terrains vagues. On me dit,« L’école doit jouer un rôle fondamental, il faut apprendre les pieds dans l’herbe mouillée ». C’est beau ça donne envie mais objectivement, à l’échelle française, il y a déjà 12 000 000 d’élèves. Comment on fait ?

boomeuse ok : Dans les années 90, je me souviens, j’organisais des sorties « sauvages » du jour pour le lendemain. On allait dans les chemins creux, on observait les mares, on apprenait à reconnaître les arbres, les fleurs des champs, les oiseaux in situ. Je prévenais la direction, je laissais un mot sur le bureau du maire. Et basta. La dernière fois que j’ai organisé « une sortie », il m’a fallu 3 semaines, un projet pédagogique, l’autorisation de l’intendance, une lettre d’information aux parents, (tout ça pour aller à 150 mètres du lycée au bord de la Creuse). Un jour, tu te lasses de forcer le système, de justifier de l’intérêt de ce type de démarche, de perdre des heures pour finaliser et obtenir le « sésame, ouvre les portes du lycée !  » Et tu pousses un long hurlement intérieur.

Nicolas Hulot : Osons dire que l’uniformité sied mal à l’homme comme à la nature. Plus nous réduisons la diversité, plus nous devenons vulnérables. Au début du siècle dernier les orangs-outangs pouvaient traverser l’île de Bornéo du nord au sud par la cime des arbres. Aujourd’hui, ils sont agglutinés et hagard de peur dans un îlot de forêt résiduelle, essayant tant bien que mal de survivre au milieu des villes et des exploitations. Le XXIe siècle va probablement consacrer la disparition à l’état sauvage des grands singes. A quoi sert notre technologie si nous sommes impuissants face à un tel phénomène ? Osons reconnaître qu’en détruisant la biodiversité, dont nous sommes la partie consciente, c’est notre propre sort que nous condamnons. Sauver les bonobos, c’est nous sauver nous-mêmes !

Pierre-Emmanuel Barré : La question n’est plus « quelle planète va-t-on laisser à nos enfants ! » mais « doit-on laisser des enfants à notre planète ? »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

12 juin 2021, GIEC et IPBES sont dans un bateau…

22 mai 2021, Biodiversité, l’illusion des aires protégées

16 janvier 2020, Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

2 mai 2019, L’IPBES, l’équivalent pour la biodiversité du GIEC

25 mars 2018, L’homme disparaîtra, bon débarras ! L’IPBES le dit…

Les vautours prolifèrent à la FNSEA

Surpopulation des vautours fauve en France ? S’il y avait surpopulation, le premier paramètre qui s’infléchirait serait leur reproduction. Les vautours vivent longtemps (une trentaine d’années) et comme toutes les espèces à longue durée de vie, ils sont capables de réguler leur reproduction. Pourtant sur les Causses, ces oiseaux, agents naturels d’équarrissage des carcasses, sont accusés par des éleveurs de s’attaquer à des animaux d’élevage. FAUX. Leur morphologie ne permet pas de devenir des prédateurs : contrairement aux aigles qui ont des serres aiguisées pour tuer leurs proies, les vautours ont des pattes qui ressemblent à celles des poulets. La FNSA demande que les éleveurs soient indemnisés comme c’est le cas pour le loup. Olivier Duriez, l’un des trois spécialistes des vautours en France, cite l’exemple de l’Espagne : « Si un éleveur estime que sa bête a été tuée par un vautour, l’État accepte qu’il y ait une expertise. Si celle-ci confirme les faits, l’État indemnise l’éleveur. Mais si elle conclut à une autre cause (mort naturelle, attaque d’un autre animal), l’éleveur paie l’expertise. Cela a permis de faire redescendre la fièvre autour du sujet. »

Pour en savoir plus, voici quelques commentaires sur la toile :

Dmg : « …comme toutes les espèces à longue durée de vie, les vautours sont capables de réguler leur reproduction »… avec une exception, hélas, l’espèce humaine…

Michel SOURROUILLE : Surpopulation des vautours en France ? Le problème ne porte pas sur les vautours, mais sur la reproduction des humains. Il y a aujourd’hui dans les Causses environ 800 couples de vautours fauves, 40 couples de vautours moines, 2 couples de vautours percnoptères et 7 gypaètes. Presque rien. En face, il y a 67 millions de Français auxquels il faut ajouter le cheptel ovin, 7 millions de tête, ainsi que 7,7 millions de vaches et 13 million de porcs. sans compter les millions de chats et de chiens. Il n’est donc pas étonnant que suite à la prolifération humaine et à la multiplication de ses commensaux, le rétrécissement de l’espace vital pour les espèces sauvages se soit réduit jusqu’à disparaître… il n’y avait plus de vautours en France depuis 1945. Il nous faudrait devenir malthusiens, maîtriser notre fécondité comme savent le faire les vautours. Mais les humains ne sont pas assez intelligent pour cela surtout quand ils sont membres de la FNSEA.

Pharaonsuperstar : A la FNSEA, ils sont capables de dire que les rossignols sont dangereux pour les troupeaux de moutons pour toucher des dédommagements…

JPMart : Il y a trop de FNSEA. Ces prédateurs détruisent l’environnement. Il faudrait une régularisation.

Max-Imum : Les vautours ont le droit de vivre dans les Causses, c’est leur région d’origine à eux aussi. À vouloir éradiquer toutes les espèces que l’homme jugent nuisibles, on perd peu à peu la belle diversité qu’abrite notre région et d’une manière générale notre planète. L’homme a cohabité pendant des siècles avec ces espèces, il faut que les générations actuelles l’acceptent et fassent avec. L’Homme qui tue des centaines de milliers de bêtes par an pour se nourrir c’est normal, les loups et vautours qui en grappillent quelques dizaines par an c’est inadmissible... Mais où va-t-on?

le sceptique : le conflit d’usage désigne des choses contradictoires qu’on a envie de faire dans une propriété privée ou publique. L‘écologie du sauvage rencontre déjà de l’hostilité alors qu’on parle de quantité d’animaux à 1 ou 10 % de ce qu’elles étaient dans la nature d’antan. A horizon connu, les écolos du sauvage devront se contenter de quelques Disneyland. Si les vautours ne sont pas des Mickey, ils doivent néanmoins leur survie locale à la volonté humaine, qui est devenue ainsi un paramètre majeur de leur réintroduction et de leur protension.

Cerise53 : La FNSEA fait de ses délires sur la faune sauvage un vrai enjeux de pouvoir sur le vivant, pour bien cacher le caractère absolument délétère de l’agrochimie quoi de mieux que de prétendre que c’est la nature qui est en fait le vrai danger !

Éric42600 : Ah! La FDSEA! Voilà une organisation écologique : elle hurle contre les loups, les ours, maintenant les vautours! Mais contre les produits dont elle prône l’utilisation et responsables de la disparition des oiseaux, des insectes,on ne l’entends pas. Combien de ses adhérents ou anciens adhérents meurent chaque année des suites de l’utilisation massive de produits agrochimiques ? Elle ferait mieux de s’en occuper et de laisser les vautours tranquilles!

Gaspard : Avant de se lancer dans des diatribes anti-paysans sans nuances, les écolos de salon feraient mieux de taper « vidéo vache vivante attaquée par des vautours » sur le moteur de recherche de leur choix. Une fois qu’on a vu ces vidéos, on se dit qu’on n’a pas intérêt en tant que randonneur solitaire à se blesser gravement dans une zone infestée de vautours, surtout quand ils tournoient sinistrement par dizaines au dessus de votre tête…

César Bistruk : La crémation ayant une empreinte carbone certaine, l’avenir des obsèques, ainsi que la solution du présent problème, réside peut-être dans l' »inhumation célèste » pratiquée en Mongolie, au Tibel et au Népal, où les corps des défunts sont dispersés rapidement par les vautours. Personnellement, j’y souscris, ne croyant pas à la résurrection des corps. Quitte à rejoindre le Grand Tout, autant le faire de la manière la plus écologique qui soit.

Surpopulation et extinction des espèces

La nouvelle animation du MNHN, intitulée « Revivre » est consacrée aux espèces disparues. Ici, une rhytine de Steller, sorte d’immense lamantin de 8 mètres de long massacré au XVIIIe siècle. Là, un dodo qui paraît surpris de se promener en paix parmi ces Homo sapiens qui l’ont éradiqué. Aucune mesure susceptible de protéger notre environnement ne sera efficace s’il n’y a pas au départ une interrogation sur les limites de l’expansion de l’homme sur notre planète. Homo sapiens est une espèce biologique, née de la sélection naturelle, qui ne peut être dissociée du contexte naturel qui l’entoure. Or la surpopulation a confisqué les zones les plus riches au détriment du reste du vivant.

L’homme est un être hétérotrophe. Son métabolisme est incapable de synthétiser les sucres comme le font les plantes par photosynthèse. Il n’a pas non plus la possibilité, comme les ruminants, de synthétiser certains acides aminés à partir des sucres fournis par les végétaux. Il a donc besoin de tuer pour se nourrir. Il a exterminé les mammifères de grande taille, il a épuisé les rivières, les fleuves et les mers, il a exterminé tous les carnassiers situés au sommet de la chaîne alimentaire… il écarte tout ce qui le gêne. Il n’y a jamais eu de pause dans la croissance de la population humaine. Il est partout. Dans son roman Temps futurs paru en 1948, Aldous Huxley se demande à quoi se sont occupés les humains. « A polluer les rivières, à tuer tous les animaux sauvages, au point de les faire disparaître, à détruire les forêts, à délaver la couche superficielle du sol et à la déverser dans la mer, à consumer un océan de pétrole, à gaspiller les minéraux qu’il avait fallu la totalité des époques géologiques pour déposer. Une orgie d’imbécillité criminelle. Et ils ont appelé cela le Progrès. »

En 2017, le prix du « Wildlife Photographer of the Year » est décerné pour la photo d’un animal mort, tué par un humain. Un rhinocéros est abandonné près d’un trou d’eau, avec sur le nez un trou sanglant à l’endroit où autrefois se dressait sa corne. Le photographe Brent Stirton a encore en mémoire la violence de la scène : « Le rhinocéros a été tué avec une arme de gros calibre, munie d’un silencieux. Les braconniers lui ont enlevé la corne alors qu’il était encore vivant, ce qui engendre des souffrances terribles. C’était horrible, il y avait du sang partout. » Le rhinocéros est mort sans raison si ce n’est les pouvoirs imaginaires de guérison que les hommes attribuent à sa corne en kératine. Mais elle vaut 50 000 dollars le kilo, soit plus que l’or. Une véritable fortune au Mozambique, un des pays les plus pauvres de la planète. LAfrique est peuplée, surpeuplée d’humains pauvres, toujours plus pauvres, cercle vicieux de la surper-fécondité des pauvres qui empêchent tout développement économique, et rend nécessaire d’abattre un rhinocéros de temps en temps. Lorsqu’une ressource alimentaire s’épuise, l’être humain s’efforce de lui trouver une substitution, une nouvelle niche écologique à conquérir pour la détruire, une nouvelle source d’enrichissement.

L’expansion démographique mal contrôlée rend aléatoire toute mesure conservatoire du milieu naturel.

Éléphants en surnombre, des humains de trop

La Namibie, pays semi-aride, compte près de 28 000 pachydermes ; le gouvernement a vendu 57 éléphants afin de contrôler leur surpopulation. Mais il n’y a surpopulation éléphantesque qu’à cause de la surpopulation humaine, faut le dire. Alors que les éléphants ont besoin de vastes espaces pour se nourrir et se déplacer, le développement de l’agriculture et des infrastructures réduisent et fragmentent toujours plus leurs territoires. Il est même très étonnant que cet animal, et bien d’autres (lions, tigres, rhinocéros, …) puissent encore vivre en liberté dans la nature. On estime qu’avant la colonisation européenne, 20 millions d’éléphants vivaient en Afrique. Il ne subsiste plus aujourd’hui que 2 % des populations d’autrefois. Dans les savanes la population des éléphants d’Afrique a reculé d’au moins 60 % en cinquante ans. Si la population humaine diminuait dans les mêmes proportions que ces éléphants, nous serions quand même un peu plus de 3 milliards au lieu de 7,8 milliards en ce moment. Quelques milliards de trop !

Évolution exponentielle de la population humaine, extermination de la faune, extinction accélérée de la biodiversité… les natalistes n’aiment pas les éléphants !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

28 mars 2021, Surpopulation humaine, éléphants sur la fin

29 mars 2015, Trop d’humains, pas assez d’éléphants et de vie sauvage

Julien Denormandie, ministre anti-écolo

Julien Denormandie, ministre de l’agriculture, signe une lettre, avec dix autres ministres croissancistes, appelant la Commission à reporter la publication d’un texte qui doit permettre de mieux protéger la biodiversité : « Cette stratégie se réduit à des considérations environnementales en ne tenant pas compte des aspects socio-économiques…  Nous nous opposons fermement à toute proposition législative sur la planification et la surveillance des forêts… Un tel instrument créerait un fardeau administratif sans précédent… »

Commentaires sur lemonde.fr :

JMBZH : Lamentable, ce ministre, toujours accroché à l’ancien monde et défenseur de l’agriculture et sylviculture selon les vieilles méthodes qui ne connaissent que la production à tout crin, peu importe la biodiversité. À virer!

Barnaour : Le ministre de l’agriculture est d’une grande cohérences avec sa vision mercantile de la nature et de son absence totale d’intérêt pour les conséquences. sur l’environnement liées à une sur-exploitation des milieux naturels. Comme son patron, c’est l’homme des lobbys pour lesquels il a travaillé dur dès son entrée en fonction. Nul doute que cet homme politique laissera une trace d’infamie sur son ministère lorsqu’il le quittera pour rejoindre un poste à responsabilités grassement payé pour services rendus dans une des firmes dont il n’a cessé de défendre les intérêts.

Antonis Tilou : C’est l’illustration parfaite du ”En même temps” macronien. La ministre de l’environnement prétend protéger la forêt que le ministre de l’agriculture préfère dévaster. À ce jeu là, ce sont toujours les plus brutaux qui gagnent.

Friscou : On pourrait penser que le terme « agriculture » impliquerait un respect de la nature, il n’en est rien il devrait s’appeler ministre de « l’industrie agricole », ce serait plus clair et en rapport avec les prises de positions des différents ministres ayant occupés le poste. Souvent sous la pression de la FNSEA et des industriels de la chimie.

a.ferrier : J’en arrive à me demande si tous les tenants fanatiques du productivisme effréné ne seraient pas, au fond, plus bêtes que cupides. Quand ils auront tout désintégré (les sols, l’air, les végétaux naturels) pour gagner un dernier petit sou, que vont-ils faire ? Voient-ils/elles seulement plus loin que le bout de leur compte en banque ? Alors, le reste de l’humanité peut bien s’entasser entre des parkings en béton, des usines polluantes et des forêts uniquement constituées de l’espèce la plus rentable de peupliers pour les meubles suédois…

Mar56 : Ajoutons la PAC qui continue de distribuer les subventions aux gros exploitants, sous couvert de greenwashing… Les lobbys sont trop puissants, tout est perverti. Moi qui gardait un espoir d’évolution positive, d’espoir en l’homme tout simplement, je déchante…

Michel SOURROUILLE : Les ministres changent et ils restent les mêmes. Voici ce que disait en 2017 Nicolas Hulot, ministre de l’écologie, lors de la préparation des États généraux de l’alimentation (EGA) : « J’ai très mal vécu ce moment, la façon dont Stéphane Travert ministre de l’agriculture a pris les commandes de ce chantier m’a profondément énervé. J’ai une telle dissension avec Travert que je n’arrive plus à communiquer avec lui. Les propos de ce ministre, renvoyant dos à dos tous les modèles (intensifs, bio…) ne peuvent en fait servir d’orientation… Les producteur(rice)s bio de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) dénoncent fin juillet 2017 un renoncement politique historique. Par décision du ministre de l’Agriculture, aucun budget pour les aides à l’agriculture biologique ne sera engagé dans les 3 prochaines années. Aucune nouvelle conversion biologique ne sera donc possible.

Rappelons l’éditorial du MONDE du 2 juin 2018 : «  L’interdiction de diffuser des publicités pour l’alimentation transformée, facteur d’obésité chez les enfants ? Rejetée. L’interdiction des élevages hors sol de poules pondeuses en cage, autre promesse de campagne d’Emmanuel Macron ? Rejetée. L’interdiction des pratiques brutales dans la production animale, la castration à vif, le broyage de poussins vivants ? Rejetée. La vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs, qui permettrait de protéger autant les personnels, soumis à des cadences intenables, que les animaux ? Renvoyée à des expérimentations. Même l’interdiction des épandages de pesticides à proximité des lieux de vie a été écartée. » Le titre de cet éditorial est sans ambiguïtés : «  Loi alimentation : une défaite environnementale. » Notons que c’est Stéphane Travert, le ministre de l’agriculture, qui gagnait les arbitrages alors que Nicolas Hulot était ministre de l’écologie.

Pour en savoir plus, lire « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir »

GIEC et IPBES sont dans un bateau…

Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et la plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) montent dans le même bateau pour la première fois : « Plus le monde se réchauffe, moins il y a de nourriture ou d’eau potable dans de nombreuses régions. Les changements de biodiversité, à leur tour, affectent le climat, en particulier par le biais d’impacts sur les cycles du carbone et de l’eau. »

50 spécialistes mondiaux appellent donc à une lutte commune alors que les deux aspects sont traités séparément. La COP15 sur la biodiversité est prévue en Chine cette année ou au plus tard en 2022 et la COP26 sur le climat sera organisée en Écosse. Mais GIEC et IPBES sont montés dans un bateau qui prend déjà l’eau de toutes parts. Le réchauffement climatique causé par nos émissions de gaz à effet de serre et l’extinction de la biodiversité entraînée par la surpopulation humaine continuent de plus belle. Les 50 scientifiques ne peuvent que lister de bonnes intentions, évidentes : stopper la destruction des écosystèmes, restaurer les écosystèmes dégradés, limiter l’érosion des sols, augmenter la superficie des aires protégées, limiter les bioénergies, réduire notre consommation de protéines animales, etc.

Sur ce blog biosphere, nous montrons régulièrement que nous ne faisons politiquement et économiquement rien d’efficace pour limiter les dégâts multiples et profonds que nous infligeons à la planète, le bateau va couler. Mais vous, pour sauver le climat, jusqu’où seriez-vous prêt à aller ? Pour sauver la biodiversité, que faites-vous ? Face à la catastrophe annoncée, nous pouvons toujours apprendre à nager… individuellement en pratiquant la simplicité volontaire et en devenant Colibri, associativement en adhérant à Greenpeace, France Nature Environnement, Démographie Responsable, Casseurs de pub… la liste est longue, heureusement car c’est le seul espoir, faire ensemble ou chacun dans son coin une insurrection active.

Pour en savoir plus :

22 mai 2021, Biodiversité, l’illusion des aires protégées

10 mars 2021, CLIMAT, une loi de résilience en zig et zag (en France)

8 mai 2020, Post-Covid, nous allons mourir de chaleur

16 janvier 2020, Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

1er janvier 2020, Biosphere-Info, l’échec renouvelé des COP

5 décembre 2019, L’historique du fiasco climatique

29 septembre 2019, Sur terre et sous l’eau, le désastre

25 mars 2018, L’homme disparaîtra, bon débarras ! L’IPBES le dit…

11 octobre 2018, GIEC et politique, l’incompatibilité demeure

Biodiversité, les marchands de doute de retour

Chute de la biodiversité ? Certains s’ingénient à la relativiser pour mieux la nier.

pierre marie 22 : Agriculteur dans une région de bocage, je ne constate pas la « disparition » des insectes. Papillons, guêpes, abeilles, syrphes, sauterelles (etc.) sont en abondance. ainsi que les carabes… Et même de petites mantes religieuses. Lézards (dont de nombreux orvets), couleuvres, grenouilles, salamandres, crapauds… Les sitelles grimpent sur les troncs des chênes, un couple d’aigle bottés se montre souvent. Chevreuils et sangliers en abondance… Les cigognes sont de plus en plus fréquentes…

Stéphane Foucart : « Fi des découvertes scientifiques, ce n’est qu’en faisant le siège des plateaux de télévision qu’une dizaine de bateleurs sont parvenus à implanter le climatoscepticisme en France. Un nouveau « scepticisme » s’attaque à l’autre grande crise environnementale, celle de la biodiversité. Mais ce n’est pas dans les talk-showsq u’il se construit, c’est dans des revues scientifiques les plus cotées. Doit-on vraiment relativiser la disparition de la bécassine des marais ou du traquet rieur au motif que les cigognes prolifèrent en prospérant sur nos déchets ? De nombreuses études, sur des écosystèmes et/ou des espèces donnés, suggèrent des déclins d’une rapidité et d’une magnitude inouïes. En 2017, des chercheurs internationaux estimaient la perte de biomasse d’insectes volants dans une soixantaine de zones protégées d’Allemagne à plus de 75 % entre 1989 et 2016. Pourtant les prestigieuses revues Science et Nature Ecology & Evolution ont publié à quelques mois d’écart de vastes méta-analyses relativisant fortement la situation. Mieux : l’agriculture intensive, considérée par l’écrasante majorité des spécialistes comme la cause majeure de l’effondrement en cours de ces bestioles, leur serait, en réalité, bénéfique ! Des contre-analyses y mettent en évidence une accumulation spectaculaire de biais et d’erreurs de toutes sortes.  Quiconque prend le temps de se plonger dans la controverse ne peut être que stupéfait de l’onction accordée au biodiversité-scepticisme. »

pierre marie 22 : Je vois ce que je vois et je dis ce que je vois. Je vous laisse à vos hypothèse. Les oiseaux chantent à tue tête chez moi depuis 6h du matin. Ma région est sans doute un peu particulière, quoique les surfaces enherbées de manière permanente représentent 30 % des terres agricoles. Que la forêt française couvre 31% du territoire… Qu’il y a les Alpes, les Pyrénées… la campagne ne se résume pas à la proche banlieue parisienne.

Bernard l. : Hélas ! Comme pour le changement climatique, les « sceptiques » (ou plutôt négationnistes) vont nier le phénomène (mais non voyons il a fait froid cet hiver, lisez pierre-marie 22 : voyez chez moi il y a plus d’insectes que jamais), puis quand ce n’est vraiment plus possible de nier le phénomène, on nie la cause (l’homme n’y est pour rien, le CO2 n’y est pour rien, les pesticides n’y sont pour rien), puis enfin on dit que pourquoi pas après tout, il fera plus chaud, et alors ? Il n’y aura plus d’insectes du tout, et alors ? Le changement climatique remet en question les conditions d’habitabilité de notre planète (avec le cortège de catastrophes et de violences qui va avec), et là, on s’attaque directement à la vie (c’est le rôle d’un pesticide). Mais nombreux sont hélas ceux qui continuent de dire « dormez tranquille brave gens, tout va bien ». Oui, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien,…

Notre synthèse sur la biodiversité : Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

Politique agricole à la solde de la FNSEA

Les arbitrages de la France pour la future PAC (politique agricole commune), une descente aux enfers ! Principal outil de verdissement de la future PAC, les « écorégimes » cristallisent tous les mécontentements. Pour la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), la mise en place de cette « boîte verte », qui servira à rémunérer des pratiques environnementales vertueuses, représentera une perte sèche de revenus pour une partie de la profession. C’est-à- dire tout pour moi, rien pour eux. La certification d’une exploitation en « haute valeur environnementale » (HVE) est surtout une concurrence déloyale à l’égard du bio ; ce label a de trop larges critères d’attribution.

Julien Denormandie, ministre de l’agriculture : « L’écorégime, ce n’est pas de l’argent en plus donné aux agriculteurs. Ça consiste à prendre une partie de leur revenu et à ne le rendre que s’ils mettent en place des principes agroenvironnementaux. J’ai proposé aux députés de faire la même chose avec leurs salaires ! Il n’y a que le milieu agricole à qui on fait ça. »

Quelques contributions sur lemonde.fr :

Mamelouk : Macron aime les grandes réformes, la disruption et se vante de lutter contre les rentes acquises blablabla, mais bon, faut pas pousser, pas question de rester debout face à la FNSEA et les grandes coopératives, Denormandie coucouche panier comme tous ses prédécesseurs. Le monde d’avant garde de beaux restes !

Georges-Henri : L’agriculture biologique a du souci à se faire, on s’en doutait, déjà on avait essayé de leur opposer l’agriculture raisonnée (cette invention des fabricants de phytosanitaires), maintenant on leur oppose « haute valeur environnementale ». Cette concurrence est faussée car leurs cahier des charges sont beaucoup moins contraignants. Cependant leur régime PAC sera le même que pour le bio. Placer à égalité Bio et HVE est injuste et scélérat.

Réaliste : Denormandie a bien travaillé, la FNSEA et le CNJA, qui lui est affilié, sont satisfaits. On sabre les aides aux anciens exploitants en bio qui sont rarement de cette tendance. L’ancien président de la FNSEA dirigeait le groupe AVRIL et plusieurs milliers de salariés. Depuis plusieurs décennies, ce syndicat contrôle plus de 95 % des chambres d’agriculture, des caisses locales de la banque ou de la mutuelle des agriculteurs, l’essentiel des grandes coopératives indispensables à beaucoup d’exploitants. Seul le PC dans l’ex URSS avait de tels taux de réussite aux élections. Make our planet great again n’est pas compatible avec les néonicotinoïdes, le glyphosate, les arrachages de haies, la monoculture quasi industrielle comme autour d’Amiens…

Keuta : Le Plan stratégique national répartit une enveloppe annuelle de 9 milliards d’euros entre les 450 000 exploitations agricoles françaises. Si on fait une simple règle de trois, on voit que chaque exploitation touche en moyenne 20k€ de PAC/an, et ce pour quoi ? Pour suivre la politique Européenne agricole décidée par des petits comptables. Et en attendant la biodiversité s’érode, la malbouffe gagne du terrain, les sols s’épuisent, les matières organiques filent à la mer, on produit des céréales pour nourrir des methaniseur (même si c’est interdit), des véhicules thermiques et pour faire du plastique… bref tout va bien !

Philip69 : La sensibilité écologiste devient de + en + doctrinaire. Avec elle il n’est pas possible de passer des compromis et d’entrer dans une logique de gouvernement. Les écologistes font furieusement penser aux dévots de la cause du peuple du XXe siècle : la cause sacrée de la classe ouvrière s’adossait à la fois à une prétendue science de l’histoire (le matérialisme dialectique) et à une vision absolutiste du Bien. D’où l’acceptation par nécessitarisme de tous les pots cassés (dictature du prolétariat, massacres de masse des récalcitrants). Dans l’écologie actuelle, il y a une même sotériologie alliant scientificité naturaliste et de morale eschatologique, qui conduit à d’inéluctables dérives.

Don Lope @ Philip69 : Les écologistes ne sont que les messagers. Avec le climat et la nature il n’est en effet pas possible de passer des compromis. Malheureusement vous le verrez bientôt si vous ne le voyez pas encore mais cela sera peut-être trop tard.
Michel SOURROUILLE : Pas de pays sans paysans, pas de nourriture sans paysans. Mais agriculteur ne veut pas dire paysan, le producteur n’est pas attaché à la terre, il est esclave de ses machines. La période de l’agriculture industrielle, basée sur les ressources fossiles, va se terminer faute de carburant. Alors il y a aura une inversion, l’exode rural deviendra le retour à la terre. Les exploitations agricoles deviendront beaucoup plus petites, familiales, alimentés en main d’œuvre par la désurbanisation. Les produits agricoles seront plus cher, le travail à la ferme beaucoup plus physique que les emplois tertiaires. Cela sera très dur, accompagné de beaucoup de drames individuels et collectifs. Mais on ne peut éviter les réalités d’une déplétion énergétique si ce n’est s’adapter, se convertir aux emplois durables, manger beaucoup moins de viande et plus du tout d’alimentation issue de l’agro-industrie. Les générations futures reviendront au travail de la terre et à l’artisanat.

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

16 janvier 2013, PAC, politique agricole… commune ???

6 janvier 2020, Une politique agricole commune écologique ?

Biodiversité, l’illusion des aires protégées

Victoire, les aires protégées couvrent 17 % des terres de la planète. Défaite, tracer une ligne sur une carte ne suffit pas ! Il faut en effet que l’aire protégée le soit vraiment et sa gouvernance de qualité. L’exemple des 252 sites du patrimoine mondial de la nature est frappant : depuis 2017, davantage d’entre eux ont vu leurs perspectives de conservation se dégrader plutôt que s’améliorer. Et moins de la moitié de ces sites sont gérés de façon efficace. Les nouvelles aires protégées devront être également placées « au bon endroit ». Pourtant, un tiers des zones les plus importantes en termes de biodiversité ne bénéficie d’aucune protection. Les aires protégées doivent également être mieux reliées entre elles pour permettre aux espèces de se déplacer et maintenir les processus écologiques… moins de 8 % de la surface terrestre mondiale sont à la fois protégés et connectés. Les aires protégées demeurent l’un des piliers des politiques de conservation de la nature, elles n’ont pas réussi ne serait-ce qu’à freiner l’érosion de la biodiversité.

La Convention des Nations unies sur la Diversité Biologique (CDB) est un traité international adopté lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, en 1992. En 2020, les États-Unis n’avaient toujours pas ratifié cette Convention. Créée en 2012, sous l’égide des Nations unies et fédérant aujourd’hui 132 pays, la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) peut être considérée comme le « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, dont elle a repris, dans son domaine, le mode de travail. Malgré sa 6e session plénière du 17 au 24 mars 2018 à Medellin (Colombie), partout sur la planète le déclin de la biodiversité se poursuit, « réduisant considérablement la capacité de la nature à contribuer au bien-être des populations ». En avril 2019, les experts de l‘IPBES se réunissent à Paris. Les délégués ont adopté un rapport scientifique de plus de 1 700 pages, élaboré par 150 chercheurs de cinquante pays, avec des contributions fournies par 250 spécialistes des sciences naturelles, mais aussi économiques et sociales. Encore faudrait-il, pour espérer endiguer la 6ème extinction des espèces, que les États agissent plus efficacement qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent pour contenir le réchauffement planétaire.

Nommons le responsable de l’extinction de la biodiversité, nous, les humains, responsables et coupables. Si l’espèce homo sapiens/demens disparaît, elle l’aura bien cherché ! L’existence de l’espèce humaine n’était qu’une toute petite partie de la biosphère, son activisme et son nombre ont envahi tous les espaces terrestres et pollué l’ensemble des eaux de la Terre. L’évolution ne conduit certainement pas de la bactérie à l’Homme, mâle et Blanc de préférence. L’hypothèse d’une hiérarchie au sein du Vivant est une erreur. Croire que l’évolution va de l’inférieur forcément stupide au supérieur doué d’une intelligence donnant prérogative à tous les pouvoirs mène à l’impasse actuelle. Tant que nous ne manifesterons pas un profond respect pour la biosphère en particulier et notre planète en général, nous resterons un prédateur parmi d’autres prédateurs, le plus féroce des prédateurs, l’artisan tout puissant de l’anthropocène qui ne laissera au générations futures que des débris.

Pour en savoir plus, notre synthèse : Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

Chasseurs, sauvez des vies, restez chez vous

La fondation Brigitte Bardot  rappelle les 141 accidents annuels, dont onze mortels, pour la saison 2019-2020 : « Chasseurs, sauvez des vies, restez chez vous ! » Les organisations de chasseurs, « scandalisées » par une campagne publicitaire qui utilise les codes rappelant celle du gouvernement à propos du Covid-19, ont porté plainte pour diffamation.

Brigitte Bardot : « Les chasseurs ne manquent pas de toupet ! Non seulement ils n’acceptent pas le moindre questionnement sur leur activité, mais ils ne supportent pas la simple révélation de leurs méfaits. Notre campagne se base sur des chiffres publics et rigoureux. Elle ne dit pas l’angoisse qui étreint les promeneurs dans la campagne et en forêt. Environ 50 % des accidents de chasse se produisent ce jour-là, jour de repos et de balade pour une majorité de Français. Et il faudrait se taire ? Ah non ! Pas mon genre ! Ce n’est pas un énième procès qui va me faire peur ! Avoir traité les chasseurs de « terroristes de nos forêts » m’a valu récemment une nouvelle mise en examen. Mais comment regretter cette image ? Ils sont bel et bien dangereux. Un sondage montre que 78 % des Français sont favorables à ce que le dimanche devienne un jour sans chasse. Mais non : même une demande aussi naturelle, aussi évidente, demeure inacceptable pour ces égoïstes organisés en lobby très puissant… Les jeunes générations, je crois, ont compris que le monde court à sa perte si on ne réagit pas de façon urgente aux horreurs que les hommes font subir à la planète. Et leur attachement à la nature me donne de l’espoir… »

Pour en savoir plus sur Brigitte Bardot :

1er juillet 2018, BIOSPHERE-INFO, l’antispéciste Brigitte Bardot

24 mai 2018, Brigitte Bardot et la maltraitance dans les abattoirs

30 avril 2018, Brigitte Bardot, un extrémisme antispéciste revendiqué

Pour en savoir plus sur les chasseurs :

10 décembre 2019, Les chasseurs dans le viseur

extraits : La colère anti-chasseurs monte, normal quand on voit le discours des viandards…

30 octobre 2018, Le chasseur bientôt interdit de séjour le dimanche ?

extraits : La France est le seul pays d’Europe de l’Ouest où cette activité n’est pas interdite soit le dimanche, soit plusieurs jours en semaine…

28 avril 2018, Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

extraits : … Le chasseur ne devrait pas être cette fourmi motorisée qui envahit les continents avant d’avoir appris à « voir » le jardin à côté de chez lui. [Aldo Leopold, Almanach d’un comté des sables ( 1946, Flammarion 2000)]

Les commentaires sur lemonde.fr égrènent les propos des pro-chasseurs et des anti-chasseurs.

ThreeRavens : La moindre évocation des aberrations de la chasse entraîne la réaction agressive d’un groupe très bien organisé. Les chasseurs ne sont ni des régulateurs ni des amis de la nature. Ils veulent seulement s’adonner à leur loisir en toute quiétude. Et tant pis pour les balles perdues.

Cabal : Cette charmante BB commence fort. Les chasseurs paient pour aller chasser dans des forêts privées. Le public entre en toute illégalité et va se servir. Sachant que les associations de chasseurs sont responsables financièrement des dégâts causés aux cultures par les animaux sauvages, est-elle prête à payer de sa poche pour remplacer ces assos ? Sachant qu’il n’y a aucun prédateur pour maintenir le nombre de sangliers, cerfs etc à un niveau qui ne détruira pas les forêts, peut-elle donner des solutions pratiques pour cela ? Sachant qu’il y a plus de morts et blessés chez les cyclistes que chez les chasseurs, va-t-elle demander aux cyclistes de rester chez eux ?

travailleuse indépendante : Ben oui… on évite la forêt 6 mois par an… et vous trouvez ça normal? Ailleurs, les non-chasseurs ont au moins 1 jour le week-end pour aller se promener sans risquer de se faire tirer dessus. C est ça qui est normal. Pas le contraire.

Acousmate : C’est facile de taper sur les chasseurs, dont une bonne partie est raisonnable mais leurs lobbies et leurs instances les représentent au mieux… Il faudrait rappeler qui fait les lois… Le jour sans chasse par semaine a été abrogé en 2003 par Roselyne Bachelot.

filou2A : Bref, les chasseurs auront plus tués de personnes l’an dernier que le terrorisme.

Sam D : Morts en France du terrorisme islamiste entre 1979 et 2019 : 317. Morts d’accidents de la chasse entre 1999 et 2019 (période deux fois plus courte) : 410. Quand nos courageux politiques déclareront-ils la « guerre à la chasse » comme ils déclarent la « guerre au terrorisme » ?

Sphinx16 : Brigitte Bardot ne voit que de son œil droit et encore que du côté extrême droit dudit œil. La célébrité ne rend le regard ni plus pertinent, ni plus ouvert. Dommage !

Dance Fly : La démonstration n’est plus à faire que la chasse est une activité inutile à la collectivité. Le plus dommageable pour les chasseurs est leur incapacité totale de se remettre en question afin d’adapter la chasse au monde d’aujourd’hui. Quelques pistes: interdiction totale de la chasse dans les réserves naturelles, suppression des chasses à courre et de la chasse en enclos, 1 à 2 jours par semaine sans chasse, réhabilitation de la plupart des espèces dites nuisibles (dont renard, blaireau, fouines, martres, belettes, corneilles, pies, corbeaux, corneilles, geais…), redéfinition des règles concernant le gibier d’élevage (faisans, perdrix, lapereaux…)… Ces quelques mesures permettraient sans doute aux chasseurs de ne pas être détestés par 90% des français.

Mad : La chasse est un combat d’arrière garde, au même titre que la corrida. Il devrait y avoir une seule réunion annuelle autorisée à des fins de prélèvement, et non pas pour défendre un soi-disant mode de vie. J’ai connu ces réunions sans fin des week ends d’ouverture de chasse, avec des chasseurs assez raisonnables… le fait est qu’ils auraient tout aussi bien pu faire une longue balade en forêt et en retirer le même plaisir. Au lieu de ça, une série de non-sens. Le gibier a un goût que la plupart d’entre eux n’apprécient même plus…. Le faisan, le chevreuil sont des viandes amères, désagréables en bouche, que les chasseurs eux mêmes n’apprécient pas et donnent ou laissent sur place.

Michel SOURROUILLE : Le fusil était à l’honneur dans la famille. Mon grand-père paternel était chasseur. Il faisait lui-même ses cartouches. Les lapins étaient nombreux dans les années 1950, le gibier encore sauvage. Puis les lapins ont eu la myxomatose. Et le faisan ne s’envolait plus devant moi, il était apprivoisé et sortait d’un élevage. J’ai arrêté de chasser. La chasse n’était plus ce qu’elle était, une viande d’appoint pour une famille installée à la campagne. Les chasseurs sortent maintenant des villes, avec leur voiture et leur fusil à répétition. La plupart des chasseurs considèrent les écologistes comme des ennemis. Ils ne voient pas que leur ennemi, c’est eux-mêmes. Nous ne sommes plus à l’époque de la chasse et de la cueillette, nous sommes trop nombreux sur chaque territoire, limitant de façon démesurée l’espace de la vie sauvage.

Apiculture, l’hypocrisie des agro-industriels

tribune du MONDE : « Les cultures et les aménagements mellifères (jachères, haies) des champs agricoles permettent à l’apiculteur de garantir à ses abeilles une alimentation variée toute l’année.L’agriculteur est lui dépendant de la bonne pollinisation de ses cultures pour assurer sa production, tant en quantité qu’en qualité, de colza, d’arbres fruitiers, de melon, de semences… Pour qu’elle soit fructueuse, cette complémentarité doit reposer sur une cohabitation en bonne intelligence… Rappelons que la France importe actuellement près de la moitié du miel consommé par les citoyens chaque année en France. Ne perdons pas de vue l’objectif de développement de la production de miel sur notre territoire. En nous focalisant sur l’interdiction de certains produits de traitement, que nos voisins européens continueront à utiliser, nous n’en prenons pas le chemin. » (Christiane Lambert, présidente de la FNSEA et Eric Lelong président de l’interprofession apicole Interapi)

Ce qu’il faut en penser du point de vue des écologistes ? Il suffit de lire les commentateurs sur lemonde.fr :

Michel SOURROUILLE : Il y a confit d’intérêt flagrant dans cette tribune. Interapi, a été promu comme interlocuteur privilégié de l’Etat, mais à sa tête il y avait le représentant du leader européen du miel, la famille Michaud. Les petits producteurs locaux passeront après la vente de miel par les grossistes importateurs. Notons que président d’Interapi n’est plus Vincent Michaud (passé vice président quand même), mais Eric LELONG, apiculteur pro-FNSEA. Notons que la FNSEA (Christiane Lambert) est le bras armé de l’agriculture industrielle friande de pesticides et autres joyeusetés. Notons que Christiane Lambert rassemble plus de 1000 truies dans sa porcherie, elle est bien entendu en faveur des porcheries industrielles. Terminer une tribune en demandant qu’il n’y ait pas d’interdiction de produits de traitement est significatif, « Macron, faites-nous confiance ! ». Hulot, ministre de écologie, s’était déjà heurté frontalement au ministre de l’agriculture de l’époque, un émissaire de la FNSEA…

Dance Fly :Tribune bien pauvre, écrite par des agriculteurs pour des agriculteurs. La vérité c’est que le plan pollinisateur, piloté par le ministère de l’écologie, annonce un nouveau bras de fer avec le ministère de l’agriculture. Beaucoup, comme certains députés (qui « représentent » la profession agricole) et les lobbies (dont les deux auteurs de cette tribune), s’excitent depuis des semaines en exerçant des pressions auprès de M. Denormandie (qui de toute façon ne sera pas difficile à convaincre) pour éviter à tout prix toute remise en cause de l’agrobusiness, principal responsable de la diminution de la diversité des pollinisateurs. Ecrire une tribune sur le thème « pollinisateurs et agriculture » sans faire mention des pesticides et des pollinisateurs sauvages montrent à quel point les auteurs se soucient avant tout de leur business et très peu de biodiversité.

Réaliste. : À la FNSEA, les discussions entre apiculteurs et agriculteurs relèvent de la lutte du pot de terre contre le pot de fer. Cette organisation contrôle 99 % des chambres d’agriculture, des caisses locales de la banque ou de la mutuelle des agriculteurs et l’écrasante majorité des coopératives. Pour elle, l’essentiel est de pouvoir continuer à polluer pour ne pas désorganiser les filières de vente de ces produits qui lui permettent de mieux contrôler la masse des paysans.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

28 février 2019, L’exaspération des apiculteurs et apicultrices

Surpopulation humaine, éléphants sur la fin

L’éditorial du MONDE (27 mars 2015) titrait – halte au braconnage – : « Malgré une forte mobilisation, la proportion des éléphants africains a chuté de 15 % en dix ans ». Nous écrivions alors sur ce blog, Trop d’humains, pas assez d’éléphants et de vie sauvage. Rien ne change aujourd’hui, seulement en pire ! Sous la plume de Perrine Mouterde en 2021 : « Dans les savanes la population des éléphants d’Afrique a reculé d’au moins 60 % en cinquante ans… Alors que les éléphants ont besoin de vastes espaces pour se nourrir et se déplacer, le développement de l’agriculture et des infrastructures réduisent et fragmentent toujours plus leurs territoires. Les éléphants des savanes n’occupent plus que 15 % de leur aire de répartition historique. » L’article du MONDE attaque surtout le braconnage, mais ne dit rien de la cause première de l’extinction des espèces, la surpopulation humaine. Les commentateurs sur lemonde.fr compensent cet oubli significatif, le malthusianisme est un tabou médiatique :

MD : Il est même très étonnant que cet animal, et d’autres (lions, tigres, rhinocéros, …) puissent encore vivre en liberté dans la nature.

jean-claude meyer : Encore un triste exemple qui montre que l’espèce humaine est la plus grande prédatrice, en particulier quand elle se développe trop vite comme c’est le cas en Afrique.

Jacques Buty : On estime qu’avant la colonisation européenne, 20 millions d’éléphants vivaient en Afrique. Ce qui signifie qu’il ne subsiste plus aujourd’hui que 2 % des populations d’autrefois. Et l’effondrement des populations est similaire pour la plupart des autres espèces de mammifères (lions, guépards, tigres, rhinocéros, gorilles…).
Qui dit expansion humaine dit extermination de la faune…

tartifume : pression démographique et sauvegarde de l’environnement sont incompatibles……On aura beau se débattre et gesticuler, les grands mammifères vont disparaître et accessoirement la planète va fortement se réchauffer ! C’est un combat perdu d’avance….

Michel SOURROUILLE : Si la population humaine diminuait dans les mêmes proportions que les éléphants de savanes, soit 60 %, nous serions quand même un peu plus de 3 milliards au lieu de 7,8 milliards en ce moment. Si la population humaine diminuait de 86 % comme les éléphants des forêts, nous serions encore plus de un milliard, soit la population mondiale en 1800 ! Evolution exponentielle de la population humaine, extinction accélérée de la biodiversité. Au secours Malthus, les humains sont devenus fous !

A. Morin : Le Covid n’est finalement pas assez actif pour faire une coupe claire dans la seule espèce qui mérite de disparaître. Vive les virus !

L’Académie des sciences aime les insectes

Nous adorons les chroniques de Stéphane Foucart, journaliste scientifique du MONDE. Voici quelques extraits de sa dernière analyse suivis de commentaires sur lemonde.fr:

«  Une caractéristique de la France est le conservatisme de ses académies (médecine, sciences, agriculture…), et leur réticence à se prononcer sur tout ce qui pourrait bousculer l’ordre économique et social. Amiante, gaz de schiste, réchauffement, agriculture biologique, principe de précaution, sels nitrités dans l’alimentation : au fil des ans, les vénérables compagnies savantes françaises ont trop souvent défendu des positions défavorables à la préservation de la santé et/ou de l’environnement. L’avis rendu le 26 janvier 2021 par l’Académie des sciences française sur l’urgence à agir pour contrer le déclin des insectes n’en est que plus remarquable… Dans son avis, l’Académie met en avant, parmi les causes majeures de l’effondrement en cours de l’entomofaune, « l’usage croissant et non ciblé de pesticides à haute toxicité (notamment néonicotinoïdes) », ce contre quoi les milieux apicoles se sont battus en vain depuis la fin des années 1990.Elle recommande de prendre « urgemment » une série de mesures… La situation actuelle résulte autant d’une faillite de l’expertise sur l’environnement que de la cécité des responsables politiques. Mais elle est aussi le fruit d’une faillite médiatique à peu près générale… »

Claude Danglot : Superbe article montrant bien la soumission de certains scientifiques au puissances d’argent au détriment de la santé et de l’équilibres de notre biosphère. Merci M. Foucart pour votre courage de journaliste scientifique.

Dance Fly : Deux forces majeures antagonistes s’opposent aujourd’hui: les forces productivistes du siècle passé qui luttent pour poursuivre leur business comme si de rien était, bien que la démonstration est aujourd’hui faite que leurs activités portent préjudice à la biodiversité, au climat, à la santé globale de la planète et donc à l’humain, et des forces apparues récemment qui font la promotion d’un développement plus harmonieux qui nécessite la mise en place d’un nouveau paradigme (où le fossile disparaît alors que l’agriculture biologique apparaît…). Il y a donc encore une chance pour que la Terre demeure la planète des insectes (plus de la moitié de toute la biodiversité) pour encore longtemps.

Leca : le père Armand David (1826-1900), missionnaire botaniste et zoologiste collectant en Chine pour le Muséum écrivait en 1872 : « On se sent malheureux de voir la rapidité avec laquelle progresse la destruction de ces forêts primitives, dont il ne reste plus que des lambeaux dans toute la Chine, et qui ne seront jamais plus remplacées. Avec les grands arbres disparaissent une multitude d’arbustes et d’autres plantes qui ne peuvent se propager qu’à l’ombre, ainsi que tous les animaux, petits et grands, qui auraient besoin de forêts pour vivre et perpétuer leur espèce…Et, malheureusement, ce que les Chinois font chez eux, d’autres le font ailleurs ! C’est réellement dommage que l’éducation générale du genre humain ne se soit pas développée assez à temps pour sauver d’une destruction sans remède tant d’êtres organisés, que le Créateur avait placés dans notre terre pour vivre à côté de l’homme, non seulement pour orner ce monde, mais pour remplir un rôle utile et relativement nécessaire. »

Pour en savoir plus sur l’Académie des sciences grâce à notre blog biosphere :

29 janvier 2020, Cl. Allègre enterré par l’Académie des sciences

20 septembre 2010, la science n’aime pas l’Académie des sciences

Inceste, Xavier Gorce quitte LEMONDE

La caricature est-elle devenue le tabou suprême ? Le dessinateur Xavier Gorce a annoncé le 20 janvier 2021 qu’il mettait un terme à sa collaboration avec LE MONDE.

Le constat : Deux manchots (animal que Gorce utilise pour croquer l’actualité) en pleine discussion. Le plus petit des deux demande à l’autre :« Si j’ai été abusée par le beau-frère adoptif de la compagne de mon père transgenre devenu ma mère, est-ce un inceste ? »

Les réactions des minorités : « Indignation », « indécence », « sidération », « infâme », « violent », « nauséabond », « mauvais goût extrême »…, « il s’ajoute le luxe de se moquer des personnes LGBTQI+, une autre de ses obsessions, pour cracher un peu plus au visage de minorités »,

Mise au point de Jérôme Fenoglio, le directeur du Monde : « Cette démission de Xavier Gorcen que nous ne la souhaitions pas, intervient après la parution, mardi 19 janvier, d’un dessin de Xavier Gorce que nous n’aurions pas dû publier. Nous considérons, en effet, que la liberté de la presse, élément vital de notre démocratie, ne peut se diviser… (Mais) nous considérons que la liberté de la presse est également une responsabilité, qui inclut la capacité à reconnaître une erreur et à présenter des excuses à nos lecteurs. Il ne s’agit ni d’une censure (le dessin reste publié) ni, a fortiori, d’une sanction à l’endroit de notre dessinateur. »

Réactions des lecteurs après cette mise au point : « Il me paraît inadmissible que, si peu de temps après le meurtre de Samuel Paty et la défense du droit à la caricature, après avoir répété que caricaturer une religion n’est pas mépriser ses fidèles, vous cédiez vous-mêmes devant une pression venant non pas d’un groupe religieux mais – et c’est tout comme – d’un groupe de pression décidé à imposer la manière dont on peut parler de certains sujets qu’il estime lui appartenir », « On a le droit de se moquer des curés, des imams… mais pas des transgenres ! C’est n’importe quoi », « Il n’y a que Charlie Hebdo qui a droit à la liberté d’expression ? Il n’y a que les musulmans qu’on a le droit de choquer ? Ce dessin était tout à fait dans la veine des Indégivrables : montrer les limites des emballements médiatiques »,

Un autre dessin de Gorce. Le plus petit des manchots est content : « J’ai fait un joli dessin pour sauver le monde de la perdition ». Réaction du père : « retourne à l’école. » On ne peut s’empêcher de penser à Greta Thunberg, jugée trop jeune pour manifester hors scolarité contre le climat…

Un petit dernier pour montrer que les dessins de Gorce sont aussi au service du débat écologique : le manchot Jancovici à un petit manchot : « Fais le calcul. Il vaut mieux que tu crèves du réchauffement climatique dans 30 ans plutôt que de t’emmerder avec des déchets nucléaires pendant 100 000 ans !

Un texte de notre blog biosphere : discuter PMA, c’est interdit par les LGBT

On perdra toujours contre les virus

Tout être vivant peut être infecté par un virus. Il existe des virus de bactéries, des virus de plantes, des virus d’animaux et même des virus de virus. Les maladies virales comme la rage, la fièvre jaune ou la variole affectent l’Homme depuis des siècles. Quelle perspectives de la lutte anti-virale ? La guerre est perdue d’avance. En effet les virus évoluent plus rapidement que l’espèce humaine, qui n’a connu que 7500 générations en 200 000 ans. Le VIH atteint le même nombre de générations en vingt ans au sein d’un même patient. Les virus sont des milliards de milliards, nous ne sommes que des milliards. Le variant anglais du coronavirus, très contagieux, envahit aujourd’hui la France et la planète. Voici un peu d’histoire sur la vaccination et son analyse :

1723. En France, tout au long du XVIIIe siècle, 50 000 à 80 000 personnes mouraient chaque année de ce qu’on appelait « la petite vérole ». Elle contaminait jusqu’à 80 % de la population, n’épargnant aucune classe sociale. Le virus de la variole fit en 1723 à Paris 14 000 morts. Voltaire parvint à survivre, il avait 29 ans. La XIe de ses Lettres philosophiques, publiées en 1734, s’intitule « Sur l’insertion de la petite vérole ». Elle prend la défense de l’inoculation, ancêtre des vaccins, importée d’Orient par Lady Mary Montagu. Pour créer une immunité, on incisait la peau, du bras ou de la jambe, pour y mettre un peu de pus prélevé sur un malade.

1804, première campagne publique de vaccination en France. Le ministre de l’intérieur, Jean-Antoine Chaptal, fixe la vaccination comme mission prioritaire : « Aucun objet ne réclame plus hautement votre attention ; c’est des plus chers intérêts de l’État qu’il s’agit et du moyen assuré d’accroître la population. » Mais multiplier le nombre d’humains, est-ce vraiment un bonne politique ?

1871, Charles Darwin : « Chez les sauvages, les individus faibles de corps ou d’esprit sont promptement éliminés, et les survivants se font ordinairement remarquer par leur vigoureux état de santé. Quant à nous, hommes civilisés, nous faisons, au contraire, tous nos efforts pour arrêter la marche de l’élimination ; nous construisons des hôpitaux pour les idiots, les informes et les malades ; nous faisons des lois pour venir en aide aux indigents ; nos médecins déplient toute leur science pour prolonger autant que possible la vie de chacun… (in La descendance de l’homme – 1871)

1926, Jean Rostand : « Nos sociétés donnent la possibilité de survivre et de se reproduire à des milliers d’êtres qui eussent été autrefois implacablement éliminés dès le jeune âge. La diminution de la mortalité infantile, les vaccinations généralisées entraînent un affaiblissement de la résistance moyenne de l’espèce. Il s’ensuit un avilissement progressif de l’espèce. Donc par l’effet de la civilisation, nul progrès à espérer pour l’animal humain, mais une décadence à craindre. (L’homme, éditions Babelio) » Cette liberté d’expression ferait scandale aujourd’hui.

1980. L’OMS a déclaré la complète disparition de la variole au niveau mondial, un succès de la vaccination. Mais si la disparition de la poliomyélite a été prise en 1988, ce virus court toujours en 2021.

2020. Le virus Sars-Cov-2 entraîne une pandémie mondiale dont l’humanité n’est toujours pas sortie en 2021. Darwin prend sa revanche sur Pasteur, l’évolution des populations par variabilité, héritabilité et sélectivité expliquent à la fois nos faiblesses et nos résistances aux virus. Notons aussi que les microbes font de la résistance à nos antibiotiques. On perdra toujours des plumes contre les virus et les microbes, la mort est notre destin naturel. Faut-il miser sur la sélection naturelle ? Voici un texte à méditer :

25 mars 2015, La vaccination obligatoire contre la sélection naturelle

One Planet Summit, la CDB de Macron

Biodiversité, les sommets de la terre se succèdent et les espèces disparaissent. Une première conférence sous l’égide des Nations Unies a eu lieu à Stockholm en 1972 sur le thème « L’homme et l’environnement ». Quelques objectifs réduits, comme un moratoire de dix ans sur la chasse commerciale à la baleine, point final. Vingt ans plus tard, lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, on met en place la Convention des Nations unies sur la Diversité Biologique (CDB). En 2010, lors de la COP10 (conférence des parties) au Japon, la CBD avait adopté les accords dits « objectifs d’Aïchi », qui établissaient vingt points à atteindre pour 2020 ; les objectifs n’ont pas été atteints. La Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), l’équivalent du GIEC sur le climat, n’a vu le jour qu’en 2012. La 15e Conférence des Parties (COP15) de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB) était programmée à Kunming (Chine) en octobre 2020. Mais sous prétexte pandémique, elle a été reportée (17 au 30 mai 2021). Alors Emmanuel Macron réunit à lui tout seul le One Planet Summit (11 janvier 2020). Autant dire qu’on a assisté au défilé des annonces périmées et du « bla-bla » habituel.

Le président français lance une série de rendez-vous déjà prévus de longue date. Il est très fier de lui : « Notre avenir et celui de la planète dépendent de ce que nous faisons ici et maintenant. » Il est vrai que ça urge, une espèce sur huit, animale et végétale, risque de disparaître à brève échéance. Mais l’idée de placer 10 % des terres et des mers sous protection forte n’a pas été abordée… faute de consensus. De toute façon le flou persiste quant au niveau de protection envisagé. On insiste sur les liens entre les trois crises majeures que sont le dérèglement climatique, l’érosion de la biodiversité et la pandémie de Covid-19. On se contente d’insister. On lance un « appel » à ce que 30 % des investissements en faveur du climat soient aussi bénéfiques à la protection de la nature d’ici à 2030. Hello, hello, écho entends-tu ? « Nous avons besoin de solidarité entre les continents ; nous avons besoin d’une Grande Muraille verte au Sahel et de plus petites murailles vertes à l’échelle de chaque pays ; nous avons besoin de protéger nos forêts ici et ailleurs. » Certes, nous en avons bien besoin, mais la satisfaction attendra. La Chine, qui accueillera la COP15 de la CDB, a simplement appelé à un « effort collectif » et ça, ça ne mange pas de pain. Bien entendu la question démographique est complètement absente des débats, ce que relève ce dialogue sur lemonde.fr :

lecteur assidu : La politique de l’enfant unique et la non-croissance des populations est le b-a-ba de la protection des écosystèmes. Le reste c’est du baratin politicien à la Duflot.

Mercuryal : La démographie, c’est une solution de fond, mais pas directement connectée à l’urgence du problème. Il faut combattre tous les facteurs de pollution pour sauver les eaux potables, la qualité de l’air. Combattre l’industrialisation sauvage et l’agriculture chimique pour sauver les terres arables et préserver l’environnement sauvage.

Michel SOURROUILLE : Mercuryal, les humains par leur nombre prennent l’espace vital de toutes les autres espèces et cela, c’est directement relié à la chute de la biodiversité. Et si on pratique une agriculture chimique non durable, c’est pour l’objectif affirmé de nourrir une population trop nombreuse. Démographie, biodiversité et économie sont en interdépendances étroites, il n’y a rien de secondaire dans ces variables, étudiez la relation IPAT.

Adrien H : « Sauvons le monde en ayant moins d’enfants » est la fausse idée géniale de ceux qui n’ont pas vraiment compris le problème, et qui en général croient naïvement que cela suffirait pour conserver leur mode de vie.

Michel SOURROUILLE @ Adrien H : Lors du sommet de la Terre à Rio en 1992, toutes les composantes de la vie sur Terre étaient déjà mises sur la table, sauf une, la démographie. Maurice Strong, le secrétaire général de cette rencontre, eut beau déclarer que « soit nous réduisons volontairement la population mondiale, soit la nature s’en chargera pour nous et brutalement », dès le début ce sujet était purement et simplement tabou.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

16 janvier 2020, Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

Féminisme radical et écologie politique

SCUM Manifesto, pamphlet autoédité en 1967 par Valerie Solanas, n’y va pas de main morte : « Rien dans cette société ne concerne les femmes. Alors, à toutes celles qui ont un brin de civisme, le sens des responsabilités et celui de la rigolade, il ne reste qu’à renverser le gouvernement, en finir avec l’argent, instaurer l’automation à tous les niveaux et supprimer le sexe masculin. » SCUM, acronyme de Society for Cutting Up Men (l’association pour châtrer les hommes) appelle à constituer des banques de sperme pour assurer la reproduction et tient l’homme pour « un accident biologique ; le gène Y (mâle) n’est qu’un gène X (femelle) incomplet, une série incomplète de chromosomes (…) une femme manquée, une fausse couche ambulante, un avorton congénital ». Si Solanas elle-même ne se considérait pas comme féministe et traitait les associations féministes avec mépris, son manifeste est considérés par certaines comme un acte fondateur du féminisme radical. Aux Etats-Unis, SCUM a divisé profondément les féministes au cours des années 1970 et provoqué une fracture au sein de la National Organization for Women (NOW), la principale organisation féministe. L’emblématique fondatrice, Betty Friedan, estimait que les idées de Solanas faisaient du tort à la cause, tandis que d’autres militantes la défendaient. Cinquante ans après, deux essais reprennent l’idée de se passer des hommes : Moi les hommes, je les déteste, de Pauline Harmange et Le Génie lesbien de l’élue Ecologie-Les Verts (EELV) au Conseil de Paris Alice Coffin.

Les pamphlets sont des pamphlets à l’égal des caricatures de Mahomet, des témoignages que la liberté d’expression existe aux États-Unis et en France. SCUM n’est qu’une caricature, un simple prurit. Le sexicide devrait faire rire et ne pas être pris au pied de la lettre. Libres à certaines de ne vivre qu’entre femmes comme des hommes préfèrent l’entre-soi. Mais toutes ces manifestations ne font pas projet de gouvernement. Que Coffin ne lise plus Matzneff, soit, qu’elle fasse virer Girard, c’est un changement de registre. Ce qui inquiète chez ces féministes radicales, c’est de ne plus faire la distinction entre la pensée symbolique et l’action réelle. Ce qui inquiète chez EELV, c’est qu’on donne la parole et des places d’élues à un féminisme extrémiste alors que l’écologie politique prône le sens des limites. Le féminisme politique, c’est-à-dire la volonté de mettre en œuvre l’égalité réelle entre l’homme et la femme est l’exact contraire du séparatisme des sexes. Le terme misoandre n’existait pas avant les années 1970, c’était injuste puisque le terme misogyne existait. Mais l’existence d’un mot désignant certaines attitudes ne devrait pas occulter le fait que nous sommes tous fondamentalement androgynes. Voici quelques compléments d’analyse sur lemonde.fr :

Extrêmecentre : L’argumentation de cet « SCUM » comporte la même structure que les « écrits » antisémites et racistes. En particulier l’animalisation, donc la déshumanisation, d’une partie de l’espèce humaine afin de justifier son élimination. A bien des égards on est en présence d’un Mein Kampf féministe. Je ne comprends même pas qu’on réserve une seule ligne à ce type de machin dont on apprend avec consternation qu’il a inspiré nombre de féministes actuelles (cela étant on s’en doutait).
Hervé Corvellec : Je mettrais le SCUM au rayon littérature et non pas sciences humaines, ce qui n’empêche pas les études de genre d’y faire référence. Il s’agit selon moi d’un écrit de révolte à mettre dans la tradition du Marquis de Sade (sans les détails) ou d’Alfred Jarry (sans l’humour) . Solana y vomit la sociétés des hommes comme d’autres vomissent leur haine de tel ou tel groupe de personnes – ce qui bien sûr pose problème.
Jibé : SCUM montre bien comment le féminisme n’est qu’une des expressions de l’extrême-droite exclusive, qui a réussi par je ne sais que tour de magie à recevoir un label « de gauche » tout en prônant des exclusions et interdictions de mélange dans tous les sens.
Alta : Ce que ces » féministes » ne comprennent pas, c’est que tous leurs excès provoquent ce qu’elles haïssent le plus. Chaque fois qu’une femme dit vouloir exterminer les hommes, elle raidit un peu plus ceux qui auraient pu tendre une main vers elle.
Vermont1 : Solanas était une grande admiratrice de William Burroughs. Selon maints témoignages elle le suivait partout dans New York. Bien sûr, Burroughs (qui avait tué sa femme d’une balle dans la tête) avait écrit, bien avant Solanas, un petit texte intitulé ‘A New Frog’ où, découvrant cette nouveauté scientifique qu’était le clonage, imaginait un monde où les mâles pourraient se reproduire sans les femelles, ce qui rendait la présence du genre féminin sur terre tout à fait dispensable. Burroughs représentait non seulement l’icône gay des années 50, 60, mais aussi le seul grand écrivain de son époque qui assumait une misogynie radicale.

Pour en savoir plus sur l’écoféminisme :

Écoféminisme et question démographique

Tuer des animaux pour se sauver du Covid

Pour mieux lutter contre le Covid-19, sommes-nous prêt à sacrifier des animaux quand on est écolo ? Les modèles animaux, qui permettent de tester « in vivo » les traitements avant de les dispenser aux humains, sont paraît-il cruciaux dans la phase préclinique de la lutte contre le SARS-CoV-2. Dès le mois de mars, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rassemblé chaque semaine, en vidéo, un groupe international d’experts afin qu’ils sélectionnent les cobayes les plus pertinents. Des visons aux chiens, des chats aux cochons, des poulets aux canards, tous les animaux qui pouvaient avoir un intérêt ont ainsi été utilisés dans le cadre d’expériences. L’équipement d’imagerie exceptionnel rassemblé à Fontenay-aux-Roses permet par exemple de suivre les lésions mais aussi la réponse inflammatoire des animaux malades, « et bientôt l’évolution du pathogène lui-même ». Autant d’observations pratiquement impossibles chez l’humain mais essentielles pour comprendre les vicissitudes du virus. Quelques commentaires sur lemonde.fr, qui l’emporte entre les POUR et les CONTRE l’expérimentation animale ?

Ouuuups : Lectrice assidue du Monde, je me permets pour la première fois d’exprimer mon étonnement quant au traitement journalistique d’un article. Les termes qui sont ici employés s’agissant du sujet délicat de l’expérimentation animale mettent en avant une réification des animaux, les ramenant à de simples « boîtes à outils » et le recours à différents jeux de mots dans les titres voire à une sorte d’humour (« trois espèces se partagent le soin d’accomplir le dernier tour de piste »…) pour désigner les résultats d’expériences sur quatre espèces animales, qui ont nécessairement enduré stress et souffrances dans ce cadre, me laisse perplexe… Si je peux entendre que l’épidémie rend nécessaire ce type de recherches et ne remets pas en cause l’intérêt de l’article, un traitement plus respectueux des animaux (et des lecteurs soucieux de la condition animale) aurait été apprécié…

Alazon : Je suggère que les gens qui sont contre les expérimentations animales se placent dans un grand fichier de refus des médicaments validés grâce à elles. Les médecins consultant celle liste sauront alors qu’il faut les laisser crever plutôt que de leur donner les dits médicaments.

Marioniet : Où sont les vegans, végétariens, végétaliens, pro animaux, défenseurs des animaux, « brigittebardotistes « et autres » aimant-les-animaux »…dont je suis ? Incapable d’écraser un insecte, même méchant, je déplore que l’on exploite la race animale pour connaître ce virus 19 qui s’éteindra de lui-même, comme celui de la grippe espagnole qui, ELLE, a fait des millions de morts.

pierre marie : C’est votre choix, Marioniet. Vous pouvez refuser tous les traitements. Il est toutefois plus complexe d’en priver les autres… La grippe espagnole a surtout fait des morts car nous ne disposions pas à l’époque des médicaments qui permettait de soigner ces effets secondaires. Aujourd’hui, cette grippe n’aurait pas été un problème majeur.

Anti-démago : Il est honteux de faire souffrir des animaux innocents pour sauver des humains. Ça ne montre que le complexe de supériorité de l’humain, qui de plus en plus se retourne contre lui.

Pelayo Decovadonga @ Anti-démago : Le lion qui a mangé le petit Mamadou avait le même complexe de supériorité. Pourquoi l’Homme serait-il la seule espèce à ne pas avoir le droit de mettre le reste de la nature à son service ? Vous croyez à sa singularité dans le monde animal ? A sa supériorité ?

avec le temps @anti-démago : je te rappelle que la TOTALITE des médicaments, aliments, boissons, vêtements, produits de première ou seconde nécessité, sont testés sur des animaux, avant d’être commercialisés. si tu refuses ces tests, il te faut refuser la TOTALITE des produits commercialisés. il te faut donc t’habiller de feuilles et aller chercher des racines ou fruits « naturels » pour te nourrir…

GuillaumeS : Pourquoi ne pas tester sur des primates humains moins évolués que le hamster : les électeurs de trump ?

Danielito Cevenas
 : Mais qu’en disent les anti-specistes? Les Bardot et autres écolos animalistes?

Kryssy @Cevenas : L’humain sauve sa peau. C’est logique. Il a supériorité pour lui aujourd’hui (pour combien de temps ?). L’expérimentation animale nous est malheureusement ( et je l’écris au sens littéral) indispensable pour sauver notre peau. Nous le faisons au détriment d’êtres vivants à qui on nie l’empathie, les émotions et la souffrance.

Article complémentaire sur notre blog biosphere :
25 mai 2015, L’expérimentation animale dans la recherche médicale

Législation, féminisme et avortement

Pour valider une pensée, il faut savoir d’où on vient pour mieux déterminer où on veut aller. Né en 1947, ma mère venait juste d’obtenir le droit de vote ; lycéen, je n’avais pas le droit d’avoir des cheveux longs ; les femmes dans leur profession n’avaient pas droit au pantalon. Mon père était légalement le chef de famille, le texte de loi n’a changé qu’en 1972. Depuis cette époque, bien des changement ont eu lieu. Ma pensée éco-féministe a évolué. En 2020, l’état de la législation en France est tel que l’objectif du féminisme, l’égalité entre l’homme et la femme, a été atteint. S’il existe peut-être des lacunes de la loi en la matière, je voudrais qu’on m’en fasse part en commentaire sur ce blog. A mon sens certaines améliorations ponctuelles peuvent être proposées, mais la pratique montre qu’on peut tomber dans la démesure, par exemple au niveau de l’IVG.

René Dumont lors de la présidentielle 1974 réclamait la liberté d’avorter, ce fut légalisé le 17 janvier 1975. Dont acte. Aujourd’hui en 2020 une proposition de loi fait passer le délai légal de recours à l’IVG de douze à quatorze semaine de grossesse. Les femmes ne demandent pas de pouvoir avorter plus tard, elles demandent à être prises en charge tout de suite, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. On sait très bien que les délais n’ont pas été allongés pour le bien des femmes, il s’agissait seulement de pallier les défaillances du système de santé. Il semble que l’agitation politique actuelle nous fait oublier la complexité du monde dans lequel nous vivons et les risques que des techniques mises en œuvre nous font prendre ; avorter à 14 semaines, ce n’est pas anodin, ni pour la femme, ni pour le praticien. Ce qu’il faudrait, c’est un droit opposable à l’avortement, qui obligerait l’État à garantir une IVG

Rappelons quelques idées sur le féminisme. C’est par définition un ensemble de mouvements et d’idées qui partagent un but commun : promouvoir et atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines ( Wikipédia). Quant à approfondir la question, on peux se référer à mon livre de 2017, « On ne naît pas écolo, on le devient » (éditions Sang de la Terre), rubrique Féminisme : « Je suis né garçon et pourtant je suis féministe. Aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours été féministe, en faveur de l’égalité pleine et entière des hommes et des femmes. Pourquoi ? Difficile à dire. Ma mère ne pouvait rien faire sans l’aval de mon père. Peut-être est-ce là une explication de mon féminisme, un soutien indirect à ma mère ! C’est avec Jean Rostand à 22 ans que je découvre en 1970 la diversité sociologique du statut de la femme. Chez les Arapesh, il existe un seul type sexuel de comportement social qui correspond au type féminin des nations occidentales. Chez les Mundugumor, c’est la référence masculine qui est privilégié par les deux sexes. Quant aux Tchambuli, nous retrouvons les deux catégories, mais inversées par rapport aux société machistes….

A partir de 1975-76, ma vie professionnelle de professeur de SES va me permettre de rationaliser mes convictions et de faire des cours sur le féminisme. La nature physique de la femme ne dit rien de son statut social par rapport à l’homme : le comportement humain est déterminé par un conditionnement culturel. Il n’y a pas d’éternel féminin, il y a des cultures diverses qui produisent telle ou telle image de la femme. Avec les élèves de seconde, nous nous interrogeons sur la notion d’actif/inactif. La notion officielle de l’activité fait que la femme au foyer n’est pas comptée dans le PIB. Je fais chercher la réponse à cette question existentielle : que fait le PIB quand un médecin épouse sa femme de ménage ? J’organise des débats genre « les femmes doivent-elles rester à la maison ? ». J’interroge les élèves : « Que connaissez-vous comme métier spécifiquement masculin… ou féminin. » On m’a sorti un jour « ouvrir les huîtres, masculin ». Les parents sont les premiers responsables d’une différenciation des rôles injustement fondée sur une différence biologique. J’ai étudié avec mes élèves un texte de Simone de Beauvoir (Le deuxième sexe – 1949) dans lequel se trouve ma phrase fétiche « On ne naît pas femme, on le devient ». Notre comportement n’est pas fixé par nos gènes, « naturel », pré-établi à la naissance. Tout est culturel, issu d’une socialisation, que ce soit les (in)égalités sexuées ou notre attitude vis-à-vis de la nature. Un bébé a un comportement androgyne. C’est à travers la bouche, les mains et les yeux que les nourrissons des deux sexes appréhendent l’univers. Jusqu’à douze ans environ, la fillette est aussi robuste qu’un garçon du même âge, et les capacités intellectuelles sont similaires tout au cours de la vie. Ce n’est pas la nature qui, pendant des siècles, avait empêché les femmes d’aller à l’université, mais des élites masculines qui ne voulaient pas partager le pouvoir, aidées par des femmes qui avaient intériorisé une impuissance factice. L’égalité des sexes progresse dans les jeunes esprits de mes élèves… un peu ! Nous sommes tous androgynes, mais nous ne le savons pas vraiment. (…) »

Michel SOURROUILLE

pour en savoir plus grâce à ce blog biosphere :

8 mars 2020, Écoféminisme et question démographique

1er novembre 2017, Biosphere-info, féminisme et écologie (synthèse)