démographie

le cancer de la terre (3/3)

L’homme, cancer de la Terre ? Ce n’est qu’une métaphore, simple procédé littéraire par lequel on transporte la signification propre d’un mot à une autre signification qui ne lui convient qu’en vertu d’une analogie. Le nouveau testament ne se prive pas d’user de ce procédé, ainsi la métaphore du voleur dans la nuit est utilisée à sept reprises à propos du retour de Jésus-Christ . En matière d’écologie, l’image du cancer se retrouve aussi plusieurs fois :

« Lorsque des cellules vivantes prolifèrent sans contrôle, il y a cancer ; l’explosion démographique c’est la multiplication sans contrôle des êtres humains. Si nous ne soignons que les symptômes du cancer, le malade peut en être soulagé quelques temps : mais tôt ou tard il mourra, souvent après d’atroces souffrances. Tel sera le destin d’un monde atteint d’explosion démographique si les symptômes seuls sont traités. Nous devons reconvertir nos efforts et tenter l’ablation du cancer Cette opération demandera de nombreuses décisions qui sembleront brutales et sans pitié. La douleur pourra être intense. Mais la maladie a fait de tels progrès que seule la chirurgie la plus énergique pourra désormais  sauver le malade. » (Paul Ehrlich, la Bombe « P »,1971)

             « Exactement comme un cancer qui étend ses métastases et finit par détruire les systèmes vitaux sur lesquels il repose, une économie en expansion continue détruit de plus en plus rapidement l’hôte qui le nourrit, l’écosystème terrestre. La croissance pour la croissance, c’est l’idéologie de la cellule cancéreuse. » (L’état de la planète, rapport de l’Institut Worldwatch, 1999)

Cette métaphore du cancer n’implique nullement qu’on devrait rayer les hommes de la surface de la Terre, elle signifie simplement que les humains doivent prendre conscience qu’ils exagèrent, qu’ils doivent réfréner leur nombre et leurs désirs, qu’ils doivent devenir de bons objecteurs de croissance !

 

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le cancer de la Terre (2/3)

L’homme, cancer de la Terre ? Yves Paccalet développe son point de vue dans son livre L’humanité disparaîtra, bon débarras ! : « Lorsque, dans un végétal ou un animal, une population cellulaire augmente de façon aberrante, elle déstabilise l’édifice. Elle accapare l’oxygène, l’eau et la nourriture. Les cellules conquérantes ont besoin de celles qui les entourent pour vivre, mais elles les asphyxient, les assoiffent et les affament, tous en les intoxiquant avec leurs déchets. A terme, les envahisseuses ruinent l’édifice dont elles sont une pièce. Elles se suicident. Pour le médecin, une population excessive de cellules prend le nom de « tumeur ». Si le processus de multiplication s’emballe, la tumeur devient maligne : on a affaire à un cancer. Une seule bête colonise en masse la planète entière : l’homme bien sûr ! Nous ne sommes ni le fleuron, ni l’orgueil, ni l’âme pensante de la planète : nous en incarnons la tumeur maligne. L’homme est le cancer de la Terre. Le cancer est une métaphore. Il en existe bien d’autres… p.49 à 51 »  

 

Tout ceci n’est qu’une métaphore dont la Biosphère approuve pourtant la pertinence…

 

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le cancer de la Terre (1/3)

Dans son livre De l’inconvénient d’être né, Cioran se permet d’écrire que « L’homme est le cancer de la terre ». De son côté, le politologue et objecteur de croissance Paul Ariès1 estime, en faisant référence à des thèses comme celle de l’Eglise d’Euthanasia ou à l’ouvrage d’Yves Paccalet : « Comment lire sans réagir que l’humanité serait un cancer ? ». Dans son livre Urgence planète Terre, Al Gore pense aussi que les tenants de l’ « écologie en profondeur » (deep ecology) commettent l’erreur d’utiliser la métaphore de la maladie pour définir notre relation à la Terre : « A les en croire, nous les humains, exercerions une action pathogène, comme si nous étions une sorte de virus qui irriterait la planète, lui donnerait la fièvre, et menacerait ses fonctions vitales. Ils assigneraient à notre espèce le rôle d’un cancer généralisé, dont nos villes seraient les métastases et qui, pour nourrir sa propre expansion, priverait le globe des ressources qui lui sont nécessaires pour rester en bonne santé. Le problème de cette métaphore, c’est qu’elle n’indique qu’un seul traitement possible : l’élimination des hommes de la surface de la Terre. »

 

Pourtant, Yves Paccalet explicite clairement son point de vue dans son livre2 : «  L’homme est un organisme vivant. Comme tous ses homologues, il se reproduit et il consomme. Il a besoin de respirer, de manger… Ce faisant, parce qu’il engloutit beaucoup plus d’énergie et de biens matériels que les espèces sauvages, et parce qu’il prolifère, il détruit à grande vitesse la seule maison dont il dispose : la Terre. p.19 » Ce raisonnement n’est-il pas réaliste ? Voyons la réponse de Cioran : « Des arbres massacrés. Des maisons surgissent. Des gueules, des gueules, des gueules partout. L’homme s’étend. L’homme est le cancer de la terre ».

1. revue Entropia n° 1, automne 2006, page 165

2. L’humanité disparaîtra, bon débarras ! éditions Arthaud

 

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optimum démographique ?

Il est étrange de constater qu’en regard du problème global que pose la croissance incontrôlée de la population mondiale, il n’existe aucun consensus sur ce que pourrait être une valeur acceptable de cette population. Ce que sait faire un éleveur pour des vaches et des prairies, la pensée humaine ne veut pas le faire pour son support corporel !!

 

Quelle est donc la quantité maximum d’humains que pourrait porter notre planète. Depuis 1679, on a inventorié 65 tentatives de chiffrage qui vont de 1 à 1000 milliards. Mais un maximum dépend de l’empreinte écologique de chaque individu plutôt que du nombre absolu de bipèdes. La Terre actuelle pourrait abriter 14 milliards de personnes si elles vivaient comme les Hindous, 7 milliards à la manière chinoise, mais seulement 1,2 milliards si on gaspillait à la manière de ces enfoirés d’Américains. Tout compris, l’empreinte écologique moyenne actuelle d’un humain ordinaire est telle que la planète pourrait en accueillir 5 milliards alors que nous sommes déjà 6,6 milliards. D’où les inégalités : alors que le cinquième le plus riche de l’humanité consomme 86 % des richesses, le cinquième le plus pauvre est obligé de se débrouiller avec 1,3 % des richesses. Mais comme les gens ne vivent pas statistiquement, cela voudrait dire que les riches consommateurs doivent subir une forte cure d’amaigrissement et que les pauvres du tiers-monde ne doivent pas être trop gourmands.

 

Quel est en définitive le minimum incompressible de population pour une espèce déterminée ? Le rhinocéros noir d’Afrique comptait un million d’individus au début du XXe siècle, 10 000 en 1950 et 2600 seulement en 2001. A ce rythme, la population humaine passerait en un siècle de 6 milliards de personnes à moins de 16 millions. Une telle évolution serait-t-elle catastrophique ? Les chercheurs ont défini le concept de « population minimum viable » et estimé à 50 femelles l’assurance de ne pas voir l’espèce s’éteindre  à moyen terme, à 500 femelles la garantie que l’espèce soit protégée à long terme : la baleine franche serait donc condamnée alors que les humains ont une marge de manœuvre immense. Le débat essentiel n’est pas de savoir si la Terre peut nourrir 6 ou 60 milliards d’humains, le problème est que cette espèce se répand au détriment de presque toutes les autres espèces.

 

Sachant que l’optimum n’est ni un maximum, ni un minimum, la Biosphère souhaiterait que les humains adoptent le schéma idéal d’un seul enfant par famille.

 

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Bourguignon nataliste !

Selon François Bourguignon, premier vice-président et économiste en chef de la Banque mondiale, il faut « faire de la démographie un atout pour les pays en développement » (Le Monde du 21 novembre 2006). Cela ne l’inquiète pas que dans les PED plus d’un milliard des jeunes de 12 à 24 ans sont dans l’attente d’une vraie formation et d’une meilleure santé. Il constate pourtant qu’un peu partout, les jeunes chômeurs à la dérive sont une source d’inquiétude. Il ajoute que peu d’élèves accèdent au cycle secondaire et trop d’étudiants se retrouvent au chômage à la sortie de l’université ; une formation inadéquate représente un obstacle difficilement franchissable. De plus les jeunes représentent selon lui la moitié des nouveaux cas d’infection par la VIH. Et en Afrique subsaharienne, des milliers de jeunes combattants espèrent reconstruire leur vie… Cela ne gêne vraiment pas F.Bourguignon de conclure : « Ces pays doivent tirer le maximum de leur avantage démographique. Ou prendre le risque d’une génération perdue, aigrie par le manque d’avenir. »

 

           La solution ne passe pas par les vaines paroles de  F.Bourguignon : «  Une politique efficace en direction de cette jeunesse repose sur trois types de mesures, plus de possibilité de réussite, plus de compétences et l’offre d’une deuxième chance ». Pour la Biosphère, la solution réelle passe par le maintien de la jeunesse dans le milieu rural, une valorisation du statut de la femme, une éducation de base qui permette de saisir les enjeux de la régulation démographique. Rien que cela, c’est déjà proposer la révolution !

 

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Croissez et multipliez !

Dieu a dit à Adam et à Eve : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-là ; ayez autorité sur les poissons de la mer et sur les oiseaux des cieux, sur tout ce qui est vivant et qui remue sur la terre (Genèse 1,28) ». A partir de ces prémices, le pape Jean Paul II va plonger dans un populationnisme exacerbé dans son discours à l’Académie pontificale des sciences (18 mai 1990) : « La pression de la population est très souvent citée comme une des causes majeures de la destruction des forêts tropicales. Quoi qu’il en soit, il est essentiel d’établir que l’expansion démographique n’est pas seulement un problème de statistiques ; c’est une question profondément morale. En condamner les pressions, y compris économiques, auxquelles les gens sont soumis, spécialement dans les pays les plus pauvres, pour qu’ils acceptent des programmes de contrôle des naissances, l’Eglise soutient inlassablement la liberté des couples de décider du nombre de leurs enfants selon la loi morale et leur foi religieuse. »

 

Le pape confirme son anti-malthusianisme en 1999 : « Il semble que ce qui est le plus dangereux pour la création et pour l’homme soir le manque de respect pour les lois de la nature et la disparition du sens de la vie. Comment est-il possible de défendre de façon efficace la nature si l’on justifie les initiatives qui frappent au cœur de la création, qui est l’existence même de l’homme ? Est-il possible de s’opposer à la destruction du monde, si au nom du bien-être et de la commodité, l’on admet l’extermination des enfants à naître, la mort provoquée des personnes âgées et des malades. »

 

Le pape nie toute corrélation entre la pression démographique et les chocs écologiques, il ne fait aucune référence à l’empreinte écologique de l’homme et voudrait d’une Chine qui atteindrait aujourd’hui presque deux milliards de personnes si le gouvernement chinois n’avait pas mis en place le modèle d’un seul enfant par couple.

 

La Biosphère n’attend rien d’une papauté qui tourne en rond autour d’une simple phrase d’un texte trop ancien, « Soyez féconds et multipliez-vous ». La Biosphère préfère Arne Naess : «  L’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une diminution substantielle de la population humaine. L’épanouissement de la vie non-humaine requiert une telle diminution. »

 

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Zapatero déconne

L’espagnol Zapatero alloue 2500 euros pour tout enfant né à partir du 3 juillet !!!

 

Un vrai scandale, , une marchandisation d’un bébé, un crime contre la planète. Un couple stérile ou non qui n’a pas d’enfant devrait être fier de soulager notre Terre du poids de la démographie humaine. Les familles espagnoles qui avaient un indice de fécondité de 1,15 enfant par femme en 1995 devraient  servir de modèle.

Nous allons étouffer de notre nombre et de notre voracité en ressources naturelles.

Horreur malthusienne ?

Parlons ensemble de la deep ecology… Comme disait Arne Naess, « l’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une diminution substantielle de la population humaine. L’épanouissement de la vie non-humaine requiert une telle diminution. » Le débat ne devrait pas opposer les traditionalistes des 3K (Kinder, Kirche, Küche) qui réduit la femme à une machine à procréer, et les modernistes qui veulent recruter les femmes comme réservoir de main d’œuvre pour l’industrie. Le débat devrait porter sur la capacité de la Biosphère à supporter une pression démographique occidentale dans des sociétés repues qui consomment plusieurs planètes par leur mode de vie.

 

Grâce à la vigueur de sa natalité (2,07 enfants par femme contre 1,3 en Allemagne), la France a une forte probabilité de devenir la première « puissance économique » de l’Europe dès 2035. En effet l’Allemagne sera alors confrontée à un important déficit de main-d’œuvre en raison du départ en retraite de la génération des « baby-boomers » et de l’arrivée de classes d’âge moins nombreuses sur le marché du travail. Ce scénario donne déjà des arguments à ceux qui prônent une politique familiale ambitieuse. Pour redonner envie aux Allemands d’avoir des enfants et les aider à mieux concilier vie professionnelle et vie familiale, la ministre allemande de la famille, Ursula von der Leyen (CDU), elle-même mère de sept enfants, veut améliorer la prise en charge des jeunes enfants. En Allemagne de l’Ouest, seuls 8 % des d’enfants de moins de 3 ans peuvent « bénéficier » d’une prise en charge hors du foyer familial. Elle a donc proposé en février 2007 de créer 500 000 places supplémentaires d’ici à 2013 dans les crèches et garderies pour les enfants âgés de moins de trois ans. Venant après le salaire parental entré en vigueur en janvier, ce nouveau projet de conciliation de la vie de famille et de la carrière professionnelle vise à inverser un taux de fécondité jugé trop bas. Une étude publiée récemment par l’institut IW montre d’ailleurs que les investissements dans la formation et la prise en charge des jeunes enfants augmentent les chances de qualification des jeunes, réduisent les risques de chômage et limitent ainsi à terme la hausse des charges sociales.

 

L’aile conservatrice dénonce un projet qui justifie l’intervention de l’Etat et veut parquer les très jeunes enfants du matin au soir dans des structures collectives comme cela se faisait en Allemagne de l’Est. La ministre de la famille répond qu’il est « cynique de faire comme si l’offre de prise en charge des enfants était une obligation ».

 

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L’horreur nataliste

Parlons ensemble de la deep ecology…

Au début du XIXe siècle, la France conquérante avait fait la guerre à l’Europe, forte de son statut de première puissance démographique. Puis elle a compris son erreur et s’est contentée de faire moins d’enfants. Les gouvernements qui se sont succédés ont alors imposé aux Français une idéologie nataliste. Dès la défaite de 1871, des projets de taxe sur les célibataires et sur les couples sans enfants sont discutés. Lors de la mise en place de l’impôt sur le revenu en 1914, ce projet devient même une réalité. En 1945, la France introduit le quotient familial, l’un des éléments de l’impôt sur le revenu qui se démarque de la pratique des autres pays européens : on accorde des avantages fiscaux aux familles nombreuses. Aujourd’hui cette propagande a marqué des points, la France, qui compte aujourd’hui 60,6 millions d’habitants contre 82,3 millions de personnes pour l’Allemagne, devrait redevenir le pays le plus peuplé d’Europe d’ici à 2045.

 

             Au milieu du XXe siècle, une Allemagne surpeuplée faisait au nom de son espace vital  la guerre à l’Europe ; la relance économique était passée par la relance de l’armement. La France se prépare-t-elle à une nouvelle guerre ? Un territoire pacifié est celui qui imite les équilibres de la Biosphère entre proies et prédateurs, il faut que nous apprenions à limiter notre population. Comme disait Arne Naess, « l’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une diminution substantielle de la population humaine. L’épanouissement de la vie non-humaine requiert une telle diminution. »

 

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contraception facile

Parlons ensemble de la deep ecology…

La contraception à l’usage de tous et un seul enfant par couple, la Biosphère vous remercie. Il ne s’agit pas de morale, il s’agit de limiter la croissance démographique en faisant un choix de procréation à la fois volontaire et responsable.

 

Le professeur Nisand (Le Monde du 7 décembre 2006) affirmait d’ailleurs que « la sexualité des adolescents doit être  considérée comme un problème de santé publique et non de moralité ». Il est vrai que la sexualité des mineures se heurte souvent au manque d’information et surtout au fait que la prescription en matière de contraception nécessite l’ordonnance d’un médecin. Pour obtenir la pilule, la jeune fille doit consulter, ce qui l’oblige, si elle veut être remboursée, à en parler à ses parents, ce qui est souvent difficile. Pour lutter contre les avortements précoces qui découlent de cet état de fait, le Haut conseil chargé depuis 1985 d’éclairer le président de la République sur les questions relatives à la démographie et à la famille, demande donc la gratuité de la contraception pour les jeunes filles de moins de 18 ans. La situation actuelle est d’autant plus paradoxale que depuis 1999, les mineures peuvent accéder gratuitement à l’avortement sans autorisation de leurs parents. Libéralisons la contraception. Comme l’indique Arne Naess, « L’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une diminution substantielle de la population humaine. L’épanouissement de la vie non-humaine requiert une telle diminution. »

 

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marché de la faim

Le point de départ du film « Le marché de la faim » découle d’une conversation du réalisateur Erwin Wagenhofer avec un rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation. Celui-ci présente par exemple le cycle du soja brésilien, qui deviendra la thématique du film : la forêt disparaît pour faire place à des plantations de soja qui sera ensuite exporté vers l’Europe pour nourrir des poulets élevés en batterie. Les parties nobles sont consommées sur le Vieux continent et les restes surgelés et envoyés en Afrique, où leur présence détruit l’élevage local. De plus la forêt amazonienne est progressivement rasée (l’équivalent de la surface de la France et du Portugal depuis 1975) afin d’étendre la culture du soja dont ne profite pas une population qui souffre de malnutrition chronique. Il faut donc dénoncer les extrémistes du consumérisme et du libre-échange. Avec cette question complémentaire : Qu’est-ce qu’un marché « libre » s’il est pratiquement monopolisé par cinquante grands groupes mondiaux ? Dans « Le marché de la faim », le PDG de Nestlé conteste même le souhait de voir l’eau reconnue comme un droit public : « L’eau est un aliment, elle devrait donc avoir une valeur marchande ». Une telle attitude condamne définitivement les pauvres.

Al Gore rappelle dans son livre « Urgence planète Terre » que de vastes surfaces, traditionnellement réservées aux cultures vivrières, sont aujourd’hui réservées à des productions d’exportation : les premières ne rapportent que de la monnaie faible (qui n’ont cours que sur le marché intérieur), les secondes des devises fortes. Par une triste ironie, ces devises fortes servent (quand elles ne sont pas détournées) à importer des produits alimentaires pour nourrir une population qui n’assure plus sa propre subsistance.

           L’espèce homo sapiens a mis en place un système parfaitement absurde qui dilapide les ressources de la Biosphère. La souveraineté alimentaire de chaque région du monde devrait devenir une priorité.

 

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1,5 milliards de Chinois

La Commission chinoise pour la population et la planification familiale se félicitait en janvier d’une économie de 400 millions de naissances puisque le taux de fécondité est passé de 5,8 enfants par femme dans les années 1970 à 1,8 actuellement. Mais la politique de l’enfant unique est loin d’avoir atteint ses objectifs, la tendance de la fécondité est de nouveau à la hausse. La possibilité pour les paysans d’avoir un deuxième enfant quand le premier est une fille montre non seulement les exceptions à la règle de l’enfant unique, mais aussi le déséquilibre des sexes qu’il serait urgent de combattre. En 2005, il y avait 118 naissances de garçons pour 100 filles, mais le ratio est déjà 130/100 dans certaines régions. En 2020, trente millions d’hommes en âge de se marier ne pourront trouver d’épouses. Autre défi majeur, 300 millions de Chinois quitteront les zones rurales pour s’urbaniser dans les vingt prochaines années, ce qui correspond grosso modo à l’augmentation de la population en âge de travailler. Cerise sur le gâteau, la Chine comptera en 2033 environ 1,5 milliards d’individus, soit 200 millions de plus qu’aujourd’hui. Quand on sait en outre que les riches payent volontiers les taxes pour se permettre d’échapper au modèle de l’enfant unique.

Selon l’article 25 de la Constitution chinoise, l’État encourage la planification familiale pour assurer l’harmonie entre la croissance démographique et les plans de développement économique et social. Pour actualiser cet article, il faudrait parler d’équilibre avec les écosystèmes plutôt que de plan de « développement » !

Pour en savoir plus, tu peux consulter le site :

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edward Abbey

L’avertissement d’Edward Abbey en préface de son roman, « Le retour du gang de la clef à molette » (Gallmeister, 2007) vaut le détour : « Quiconque prendra ce livre au sérieux sera immédiatement abattu. Quiconque ne le prendra pas au sérieux sera enterré vivant par un bulldozer Mitsubishi ». Il faut dire qu’Edward, mort en 1989, avait un tempérament plutôt radical, partageant avec Douglas Peacock  un sain mépris pour la lamentable race humaine (une espèce parmi d’autres dans l’univers du vivant). Voici une mise en bouche (page 35) :

 « -T’es un con triste, Seldom Smith. T’es contre tout.– Ouais, quasiment. (Smith sourit, rejette la tête en arrière pour dégager sa frange de ses yeux et poursuit.) Cette industrie nucléaire de mes deux arrive dans not’ pays, démolit la terre avec ses mines à ciel ouvert, ouvre des routes partout, souille le torrents à truite, fait fuire la faune et sème partout derrière elle des résidus de broyage et des sites radioactifs, rapatrie ses profits à New York ou Londres ou au Gai-Paris. Nous volons une bonne vie à nous-mêmes pour nous payer des mobil homes California climatisés.– Y faut du boulot pour nos gosses, crie la même voix.– Arrêtez d’en pondre autant, réplique Smith.Moment de stupéfaction silencieuse. Puis tonnerre de protestations :– Hein ? Quoi ? Appel au génocide ! T’es cont’ les enfants aussi ? Tu veux quoi, qu’on les abattes ? T’as combien d’mômes, Smith ? »           

Plus loin dans le livre, Edward pose le fond du problème : « Orval reste silencieux, neurones à plein régime. Les gens et la nature, pense-t-il. Trop de gens, plus de nature. Juste ce qu’il faut de gens, plein de nature pour tout le monde. La nature ou les gens ? Ou la nature et les gens ? Réfléchis, Orval, réfléchis. C’est dur. Surtout lorsque vous venez de tomber soudainement ardemment brusquement désespérément amoureux. »

Biosphère riposte

Notre civilisation est-elle donc condamnée à voir ce siècle mourir avec elle ? Y aura-t-il un déclin massif de la population, laissant quelques survivants démunis sur une planète torride, hostile, infirme, mise en coupe réglée par des seigneurs de la guerre ? L’absence de contrainte pesant sur notre croissance démographique est une des origines de nos problèmes. Nous pouvons vivre partout, de l’Arctique aux tropiques, les seuls prédateurs importants restent, de temps en temps, les micro-organismes qui provoquent une brève pandémie La population du globe est passée de quelques millions à l’époque des chasseurs-cueilleurs, il a maintenant dépassé six milliards, ce qui est tout à fait intenable pour Gaïa, même si nous avions la volonté et la capacité de réduire notre empreinte écologique. Personnellement, je crois qu’il serait sage d’opter pour une population stabilisée d’environ un demi-milliard d’individus, nous aurions alors la liberté d’adopter des modes de vie très différents sans nuire à Gaïa. Au premier abord, cela peut sembler aussi malaisé qu’inacceptable, voire impossible, bien que le XXe siècle ait montré le peu de cas que l’humanité pouvait faire de la vie humaine.

La régulation de la fécondité participe du contrôle démographique, mais la régulation du taux de mortalité n’est pas la moins importante. Là encore, dans les sociétés riches, les gens choisissent volontairement des façons convenables de mourir. Maintenant que la Terre court le danger imminent d’évoluer vers un état chaud et inhospitalier, il semble amoral de s’acharner à vouloir prolonger notre espérance de vie au-delà de sa limite biologique normale.

 Si nous voulons continuer d’exister sans craindre les catastrophes naturelles, nous devons dès maintenant soumettre la croissance démographique à de fortes contraintes. En fin de compte, c’est Gaïa, comme toujours, qui opérera la réduction de population et éliminera ceux qui enfreignent ses règles. (texte recomposé à partir de La revanche de Gaïa de James Lovelock)

démographie galopante

Au début de la révolution industrielle en 1804, la population humaine atteignait son premier milliard après une période couvrant des dizaines de milliers d’années. En bien plus qu’un siècle, le deuxième milliard était atteint en 1927. Après les choses l’accélèrent, 3 milliards en 1960, 4 en 1974, 5 en 1987, 6 en 1999, 7 prévu en 2013, 8 en 1028 et 9 en 2047, quand j’aurai personnellement atteint les 100 ans. Nous aurons donc gagné 8 milliards en 120 ans, une horreur si je vis aussi longtemps. Il ne faudrait donc pas dire « gagner des habitants supplémentaires », nous avons plutôt fait perdre à la Terre sa tranquillité, et en conséquence déséquilibré les sociétés humaines. Même si le taux de croissance a ralenti depuis le pic de 2 % (doublement tous les 35 ans) atteint en 1965-1970, la population croît encore de 1,2 % en moyenne entre 2000 et 2005 (doublement en moins de 60 ans). De plus une espérance de vie prolongée ajoute au nombre absolu de bipèdes une pression sur la planète plus longue dans la durée. A l’échelle mondiale, l’espérance de vie moyenne d’une personne née entre 1950 et 1955 était de 47 ans, on prévoit que celle d’une personne née entre 2000 et 2005 sera de 65 ans. On prévoit, mais on pourrait affirmer aussi bien le contraire ! Comme dirait Malthus, sur une planète surexploitée, guerres, famines et épidémies s’installent obligatoirement. Ce phénomène a déjà commencé.

 J.Dorst il y a déjà bien longtemps faisait référence à des densités plus vivables pour la Biosphère : « En Australie avant l’arrivée des Européens, il y avait en moyenne 8 habitants par 100 km2 et 16 en Amérique du nord ; l’Italie au moment de l’Empire romain avait une densité d’environ 24 habitants par km».  Cela ne veut pas dire que les peuples vivant avant ou après le néolithique avaient atteint un optimum de densité, cela veut dire que nous l’avons depuis longtemps dépassé. Remarquez que je n’ai encore rien dit sur le surpoids du mode de vie occidental ! 

Pour en savoir plus, tu peux consulter le site :

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avenir sans futur

La Biosphère nous rappelle ce cri d’alarme lancé en 1969 par U.Thant, alors secrétaire général de l’ONU : « Il reste à peine dix ans aux nations membres de l’ONU pour oublier leurs anciennes querelles et s’associer pour sauver l’environnement et pour freiner l’expansion démographique ; au-delà, les problèmes auront pris une telle ampleur qu’il sera devenu totalement impossible de les surmonter ». Bien plus tard en 2005, le rapport « Planète vivante 2004 » du World Wildlife Fund veut réduire la dette écologique, c’est-à-dire le retour à la vie sur la base d’une seule planète, et esquisse quatre scénarios pour 2050 :

Augmenter la biocapacité grâce à un réseau de zones protégées incluant tous les écosystèmes (terrestres d’eau douce, marins), restaurer les écosystèmes dégradés, protéger le sol contre l’érosion et la dégradation (notamment les terres arables contre l’urbanisation), protéger les bassins de rivière et les zones humides et cesser l’utilisation de produits chimiques toxiques ;

Réduire la population mondiale, en offrant aux femmes une meilleure éducation, des opportunités d’emploi et des soins de santé ; en accompagnant les foyers qui choisissent d’avoir moins d’enfants ;

Réduire la consommation par personne ; ceci ne peut être attendu des populations en survie ; par contre les habitants de pays ou de villes riches peuvent bien souvent réduire leur empreinte écologique sans compromettre leur qualité de vie ;

Améliorer l’efficience des systèmes de production qui transforment l’énergie et les matières premières en biens de consommation

 

Nous sommes en 2007 et les humains n’ont pratiquement rien fait pour sauver la planète… Au contraire ils ne croient toujours pas au malthusianisme et à la simplicité volontaire car ils se refusent à voir la réalité d’une Biosphère surpeuplée. 

Pour en savoir plus, tu peux consulter le site :

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Tabou du préservatif, une Eglise populationniste !

                Depuis l’encyclique Humanae vitae du pape Paul VI, publiée en 1968, le préservatif fait partie des moyens non naturels de contraception que l’Eglise catholique condamne, car il ferait obstacle au développement de la vie humaine, potentiellement contenue dans toute relations sexuelles. Même comme moyen de prévention contre le virus du sida, cette Eglise n’a jamais admis l’usage du préservatif. Le pape Jean Paul II avait d’ailleurs toujours défendu l’idée que l’« unique moyen » de combattre l’épidémie de façon efficace était la fidélité absolue dans la relation conjugale, l’abstinence ou la chasteté. Pourtant le nouveau pape Benoît XVI s’apprêterait à rendre public un document tolérant l’usage du préservatif pour les personnes déjà contaminées par le virus du sida ou une autre maladie infectieuse. Ce serait une levée partielle d’un tabou et une évolution (très marginale) de l’éthique sexuelle du Vatican.

                 Le tabou du préservatif est significatif de la propension de l’Eglise catholique à favoriser le pullulement des humains dans une Biosphère de plus en plus déstabilisée par leur nombre et le poids de leurs activités. Une telle attitude est condamnable, elle est immorale, elle est contraire à l’obligation d’utiliser tout moyen de contraception pour promouvoir la décroissance démographique et retrouver un certain équilibre entre les humains et la capacité des écosystèmes.

En France, il est rare que nous puissions avoir un débat sérieux sur la régulation démographique. 

En Chine, le malthusianisme est constitutionalisé dans l’article 25 et justifié ainsi : « L’État encourage la planification familiale pour assurer l’harmonie entre la croissance démographique et les plans de développement économique et social ».

N’est-ce pas là une attitude raisonnable ?

démographie

En Allemagne, le nombre de naissances a été divisé par deux en quarante ans, passant de 1,3 million naissances en 1964 à environ 700 000 en 2003. Cette baisse s’explique par la pauvreté des équipement collectifs de prise en charge (crèches, écoles maternelles), mais aussi par la difficulté de trouver le bon partenaire pour fonder une famille ou par la profonde crise qui secoue le monde du travail et accentue l’ampleur du chômage. On peut donc noter l’émergence d’un climat général hostile à l’enfant et même aux parents qui veulent en avoir ; une vie sans enfant semble procurer plus de satisfaction qu’avec des enfants. La biosphère ne peut qu’être en accord avec un tel type de comportement, la voie malthusienne est la première des solutions au désordre planétaire actuel. Le seul modèle qui mérite d’être défendu, c’est celui d’un seul enfant par famille, qu’elle soit allemande, chinoise ou d’une autre nationalité.