démographie

richesse des nations

Jean Bodin (1576) écrivait qu’il n’y a de richesses que d’homme. Adam Smith pensait en 1776 que la richesse des Nations découlait de la division du travail nationale et internationale. N.Baverez estime aujourd’hui (LeMonde du 23.04.2008, page 30), à  la suite de François Quesnay (1758), que les produits de la terre constituent les vraies richesses : « La planète redécouvre brutalement que l’agriculture reste un secteur stratégique. Un choc alimentaire prend corps alors que les politiques de développement ont sacrifié le secteur agricole au profit de l’industrie et des services ». Qui a raison ?

Les natalistes comme Bodin ont une vision quantitative de l’existence qui prolonge la parole biblique « Croissez et multipliez, recouvrez toute la Terre ». Bientôt 9 milliards de personnes et de plus en plus d’affamés, on sait déjà que Bodin plaisantait. Les productivistes comme Smith ont sacrifié les sociétés traditionnelles basées sur la reproduction sociale au profit (surtout financier) de la production sociale de biens et services marchands. Ce n’est pas l’abondance pour tous qui en résulte, mais l’accroissement des inégalités au Nord comme au Sud, l’épuisement des ressources au détriment des générations futures, les crises financières à répétition et le chômage de masse. Quant à Baverez, qui fait encore confiance aux prix du marché pour augmenter l’offre alimentaire et enrayer l’exode rural, laissons-le à ses illusions.

La richesse fondamentale des Nations repose en fait sur l’humus. Il faut trouver cette information au détour d’un article sur les agrocarburants (LeMonde du 23.04.2008, page 8) : «  Les stocks d’humus jouent un grand rôle dans la fertilité des sols, dépendent des résidus de cultures. L’humus a une capacité de stockage du carbone trois fois supérieure à celle des plantes terrestres ». La vraie richesse, celle qui permet de satisfaire nos besoins de base qui sont d’abord alimentaires, résulte de la productivité de la Biosphère, la quantité de biomasse produite par unité de surface. Elle s’exprime globalement en tonnes de matières sèches produites par hectare pendant une année. Elle atteint son maximum dans les forêts pluvieuses tropicales où elle présente une valeur moyenne de 2,2 kilos par m2. La seule énergie utilisée pour assurer cette productivité est celle du soleil, la biomasse constituant une forme transitoire de stockage de cette énergie. C’est pourquoi elle est essentielle pour les humains, bois de chauffe ou de construction, fertilité des sols, formation du charbon au carbonifère… La productivité de la Biosphère, la masse végétale, les décomposeurs, l’ensemble de la chaîne des espèces permet à toute vie de perdurer alors que la productivité de l’activité humaine n’est qu’un vaste pillage de cette richesse.

 Certaines espèces accroissent les possibilités de la vie sur Terre, l’espèce humaine s’ingénie à les gaspiller.

rien aux familles

Selon LeMonde du 17.04.2008, les allocations familiales vont être rognées en France. La belle affaire ! L’âge à partir duquel les enfants ouvrent droit à majoration des allocations familiales est fixé par décret à quatorze ans, ce qui va entraîner une perte de pouvoir d’achat pour les familles. Sans doute, mais ce n’est pas là le problème fondamental. La France a fait une politique d’aide à la naissance à partir des années 1930, ce qui passait aussi par l’interdiction de l’avortement et de la contraception. On réprime ainsi le libre choix de la fécondité, on favorise les familles nombreuses en distribuant de l’argent, on fait une politique nataliste qui pense faussement que c’est la quantité des hommes qui fait la richesse des nations. En conséquence notre planète porte aujourd’hui un surplus de population, la France connaît un chômage de masse… Pourquoi continuer à faire des politiques interventionnistes en matière démographique ? Si l’Etat voulait vraiment être neutre (libéral ?) face au choix libre et responsable des familles, il n’interviendrait pas du tout et s’abstiendrait de distribuer des allocations familiales à tel ou tel âge, à telle ou telle fratrie.

 Quant une population dépasse les possibilités des écosystèmes qui soutiennent cette espèce, il doit même y avoir régulation démographique. Les Chinois ont bien compris cette contrainte vitale. Selon l’article 25 de la Constitution chinoise, l’État encourage la planification familiale pour assurer l’harmonie entre la croissance démographique et les plans de développement économique et social. Le modèle d’un seul enfant par famille devrait être généralisé dans le monde entier.

vaincre la stérilité

En quoi  la pénurie de dons de gamètes (Lemonde du 29.01.2008) peut concerner la rubrique Environnement  & Sciences dans lequel il est inclus ? En quoi un « projet parental » peut-il concerner la Biosphère ?

Vaincre la stérilité est considérée comme une grande victoire de l’individu ; en 1978, Louise Brown était le premier enfant de l’histoire à avoir été conçu en dehors des voies génitales féminines. Depuis il s’est produit une forte symbiose entre le goût des médecins pour les prouesses techniques et une pression des couples pour avoir des enfants à tout prix. Pourtant la procréation assistée n’est qu’un résidu de la tradition qui fait de la maternité le véritable accomplissement de la femme et de la stérilité de l’homme un signe d’impuissance. Dans notre contexte techno-psychologique, le clonage serait même acceptable puisqu’il n’est qu’une extension extrême du droit individuel de faire ses propres choix reproductifs. Mais ce n’est pas parce que les humains possèdent la possibilité technique d’échapper à la stérilité que cette technique doit s’imposer : l’intérêt collectif va au-delà de la préférence pour le présent des individus.

Non seulement l’instrumentalisation des naissances détourne les moyens financiers de causes plus urgentes, mais il serait plus porteur d’avenir pour la santé de la Biosphère que l’humanité divise par cent ou mille sa population ; il faut donc commencer par accepter la stérilité de quelques-uns.

effet démographique sur l’effet de serre

Tout va dans le mauvais sens pour l’espèce humaine puisque tout va changer dans l’espace vital qu’offre la Biosphère. Ce n’est pas la « Terre qui rétrécit » ; il ne sert à rien de dire « il faudrait 4,5 planètes ». Il s’agit de comprendre enfin que l’espèce humaine est 4,5 fois trop nombreuse, au moins. Une étude publiée le 22 octobre 2007 par l’Académie des sciences américaines indique que la teneur en dioxyde de carbone dans l’atmosphère a augmenté plus rapidement que prévue. Depuis 2000, le taux de CO2 a augmenté de 35 %, un résultat dû pour moitié à un fort usage des combustibles fossiles et, pour l’autre moitié, à un déclin de la capacité d’absorption du CO2 par les forêts et les océans.

 

 Signataire du protocole de Kyoto, la Chine n’est pas, en tant que pays en voie de développement, astreinte aux réductions. La situation est d’autant plus préoccupante que les émissions chinoises proviennent de centrales thermique au charbon, très polluantes. De toute façon les pays occidentaux ne parviennent plus à émettre moins de carbone par unité de PIB (efficacité énergétique). Alors ce sont les glaciers de l’Himalaya qui se réduisent. Dans un premier temps la fonte des glaciers va augmenter le débit des grands fleuves indiens, le Gange, le Brahmapoutre et l’Indus ; des crues vont alors dévaster les cultures et les habitations entre 2050 et 2070. Puis, comme le Gange par exemple  est alimenté à 80 % par les glaciers, les fleuves indiens vont devenir saisonniers : secs en hiver, rempli uniquement par l’eau de la mousson en été. Bien sûr il y aura plein de réunions, mais les réunions humaines de grande ampleur débouchent sur d’autres réunions, pratiquement jamais sur l’action.

On ne devrait pas cacher plus longtemps le facteur dimensionnant de ce réchauffement : le nombre d’êtres humains.

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LeMonde et la démographie

J’ai failli ne pas voir cette information écologique capitale dans Lemonde du 26.01.2008 : « Les stars chinoises font trop d’enfants » 

Il faut dire que l’info était cachée sous la rubrique International. Pourquoi le contrôle des naissances est-il du domaine de l’écologie ? Parce que toute espèce, dans un écosystème donné, ne peut multiplier ses membres qu’à condition de ne pas perturber l’ordre de cet écosystème. Mais les humains échappent à la loi commune en modifiant l’écosystème pour les servir et se multiplier encore plus, beaucoup trop. Alors notre planète anthropisée à outrance se porte de plus en plus mal, et l’espèce homo sapiens avec ! Seuls les Chinois, avec l’objectif d’un seul enfant par famille, avaient compris la leçon. Ils ont donc économisé 400 millions de naissance en trente ans. Ils ne voudraient pas que les stars et les riches se permettent d’échapper à la loi commune. Très bien, la Biosphère félicite la Chine.

Mais Lemonde met entre guillemet « coupables » à la fin de l’article. Il n’y a pas de guillemets à mettre, tout couple qui a plus d’un seul enfant est coupable puisque la planète ne suffit pas à nourrir nos six milliards. Mais cette décroissance démographique ne suffit pas, loin de là : il ne faut pas que les Chinois rêvent de bagnole et de voyage lointain.

La décroissance du niveau de vie des  riches est nécessaire pour que les Chinois ne pensent pas à imiter le néfaste modèle de la société de consommation

50 % de citadins

Au secours, les villes envahissent la Terre ! En Chine, 18 millions de ruraux migrent chaque année vers les villes. Selon les estimations de l’ONU, les citadins sont devenus en 2007 plus nombreux que les  campagnards : 3,3 milliards de citadins, quatre fois plus qu’en 1950 (29 % de la population à l’époque). Les villes devraient regrouper près de 5 milliards d’habitants en 2030, une augmentation qui se fera à 93 % dans le tiers-monde. Les pauvres se retrouveront le plus souvent dans des établissements informels, euphémisme pour désigner les bidonvilles dans lesquels on observe déjà des situations encore plus misérables que pendant l’urbanisation qui a accompagné la révolution industrielle. L’environnement est insalubre, les structures sociales disloquées, les enfants des rues prolifèrent, le modèle urbain qui était gage d’amélioration du niveau de vie ne fonctionne plus.

 

Pourtant la directrice du Fonds des Nations unies pour la population trouve encore normal cette situation : « Aucun pays ne s’est développé sans cette vaste transformation économique et sociale, accélérateur de la division du travail et catalyseur de l’ouverture au monde. Si les villes génèrent des problèmes environnementaux, elles peuvent également contribuer à en résoudre et, gérées de manière durable, avoir des effets largement positifs sur l’environnement. » Il faudrait reconnaître « l’inéluctabilité du phénomène d’urbanisation, ainsi que le droit des pauvres à bénéficier des possibilités que la vie urbaine incarne. » Thoraya Ahmed Obaid conclut : « Notre avenir, qu’on le veuille ou non, sera urbain. » (Le Monde du 28 juin 2007)

 

Alors que les pauvres s’installent dans la fatalité, les analystes au service du monde riche démontrent qu’il n’y a rien à faire si ce n’est vivre d’espoir et d’aide au développement. La Biosphère est abasourdie par tant d’aveuglement !

 

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moins de gens, plus d’agriculteurs

Question à Sunita Narain, directrice du centre for Science and environment à New Delhi : Plus de  70 % des Indiens vivent de l’agriculture. Comment leur assurer un niveau de vie décent ?

« Les responsables politiques disent qu’il y a trop d’habitants dans les campagnes, et qu’il faut les amener en ville. Mais où est le modèle de croissance qui crée de l’emploi pour tous ? En fait, les gens se retrouvent dans des bidonvilles. Cela me stupéfie que les gens continuent à proposer cette solution, c’est irresponsable. La réponse à la pauvreté est dans l’emploi, et l’emploi est à la campagne, dans l’agriculture. Si les petits fermiers ont des difficultés économiques, ce n’est pas parce qu’ils sont paresseux ou incompétents, mais parce qu’ils ne peuvent pas résister aux subventions qui existent dans l’agriculture des autres pays. C’est un blocage psychologique de croire que la terre ne peut pas faire vivre un grand nombre de gens. Sinon, en Inde, qu’est-ce qui fera vivre un milliard de personnes ? L’industrie n’a jamais été capable de créer des emplois à cette échelle. Elle prend les ressources, elle prend l’eau, mais elle ne génère pas d’emploi. L’avenir est dans la terre et dans l’eau. »

 Qu’est qui va permettre à neuf milliards d’humains (en 2050) de vivre sur cette petite planète. La Biosphère ne connaît qu’une réponse, la décroissance humaine.

combien d’obèses ?

Trois milliards de terriens contre une poignée d’obèses : le numéro 18 (avril 1974) de la Gueule ouverte se centre sur la surpopulation :

 

« De plus en plus, nous serons obligés de penser globalement, au niveau planétaire, en termes de détérioration du milieu naturel et de ressources globales disponibles. Nous préférons donc une approche écologique de la question démographique. Mais la quasi-totalité des philosophies, des religions, ou des idéologies politiques ont été natalistes. La régulation des naissances s’est heurtée à une formidable coalition du passé : catholicisme, communisme, islam, nationalisme, tabous sexuels, etc. Voyez ces politiciens illuminés qui préconisent en France les 100 millions d’habitants comme si le nombre était garantie de bonheur accru. Contemplez ces dirigeants des pays en voie de développement qui magnifient leur vertigineuse ascension démographique. Admirez comment ceux qui prodiguent les conseils de modération à ces pays sont souvent ceux-là mêmes qui prônent la natalité chez eux. En France les natalistes les plus indécrottables, on les connaît, Michel Debré, Alfred Sauvy, Jérôme Monod, le Dr Tremblay et autres irresponsables de « Laissez-les vivre ».

 

La croissance démographique est peut-être moins un problème matériel immédiat qu’une question de valeurs : quel est le sens de la vie humaine dans un monde surpeuplé, encombré ? Cette vie a déjà commencé, on quitte la ville où l’on vit en troupeau, pour se retrouver en troupeau sur les lieux de vacances. Il finit par naître une pensée de troupeau, et nous savons tous que le troupeau postule le berger. L’homme qui pense librement n’aura plus sa place dans la société de demain, il n’aura même plus la possibilité d’aller vivre ailleurs parce qu’il n’y aura plus d’ailleurs. En définitive le dilemme est clair : soit nous complaire dans notre délire actuel et « après nous le déluge », soit prendre délibérément, lucidement les mesures qui s’imposent :

 

– contraception libre et gratuite, autorisation légale de la vasectomie ;

 

– suppression de tous les textes répressifs relatifs à l’avortement ;

 

– suppression des encouragements à la natalité (allocations familiales), suppression de la prime à la naissance ;

 

– Dire aux couples qu’au-delà de deux enfants, ils contribuent directement aux catastrophes futures ;

 

– Recours à une éducation en vue de la stabilisation démographique. »

 

La Biosphère ne peut qu’approuver ! Mais trente-trois ans  nous ont fait passer de 3 à plus de six milliards !!

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suicide de Gérard Horst

La Biosphère te donne la vie, la croissance, la maturité, le déclin et te retire de toute façon un jour ou l’autre le droit de continuer. La Nature est plus forte que l’environnement…

 

Né à Vienne en février 1923, sous le nom de Gerard Horst, André Gorz est considéré comme un penseur de l’écologie politique et de l’anticapitalisme. Cependant André Gorz ignorait la philosophie de l’écologie profonde, apparue en même temps que son article Ecologie et liberté. Contre les courants environnementalistes systémistes ou écocentristes, il s’était en effet attaché à défendre un courant humaniste pour qui l’environnement se conçoit seulement comme un environnement humain. Exit la Nature ! Dans Capitalisme, Socialisme, Ecologie (1991), il adoptait même une attitude sans nuances : « Du point de vue des fondamentalismes pré-modernes, tout le développement de la modernité a été un péché contre l’ordre naturel du monde. Son issue catastrophique obligera l’humanité à sa nécessaire conversion. Il n’existe pas de voie rationnelle vers le salut, seul l’effondrement inévitable pourra ouvrir la voie. » C’est pourquoi il allait jusqu’à trouver une parenté entre ce qu’il appelle « les fondamentalistes Vert » et les intégristes : « Il n’est pas exclu, d’ailleurs, que le fondamentalisme  islamique ait  recours à des armes biologiques ou nucléaires afin d’anéantir l’impie civilisation moderne avec sa propre technique scélérate. (p.28) 

 Pourtant on peut être à la fois un écologiste forcené et un non-violent confirmé, à la fois un écologiste forcené et un athée convaincu. Mais laissons là le débat, paix à son âme, il s’est suicidé  le 24 septembre 2007 en même temps que sa femme, Dorine, atteinte depuis longtemps d’une affection évolutive qui s’est doublée d’un  cancer. L’écrasante beauté d’une communion dans le suicide de deux amoureux octogénaires ne peut que nous faire penser à Paul Lafargue qui écrivait, avant de se suicider en 1911 avec sa femme Laura Marx : « Sain de corps et d’esprit, je me tue avant que l’impitoyable vieillesse qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. » Ce double exemple montre qu’il n’est pas nécessaire d’aller en Suisse pour avaler un cocktail létal et pratiquer ainsi une forme d’auto-euthanasie.  

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La faim, bientôt!

Il faudrait transformer en toute sérénité les urbains en agriculteurs respectueux de l’environnement naturel… La Biosphère souhaite bien du plaisir aux générations futures ! 

 

En 2007, la planète compte 6,5 milliards d’habitants dont 2 milliards sont mal nourris et 854 millions sont affamés. Nous pouvons donc déjà déterminer que les 9 milliards de Terriens en 2050 ne pourront pas tous manger à leur faim. Les terres apparemment vides sont déjà utilisées en jachères pour rotation longue des cultures ; mais pourtant on parle de cultiver ces jachères pour produire des agrocarburants ! Les engrais seront beaucoup plus chers puisque fabriqués à partir d’un pétrole en voie de disparition, et forcer le sol à donner plus se heurte à la loi des rendements décroissants en agriculture. Les produits phytosanitaires entraînent déjà une forte pollution et l’accès à l’eau pose problème dès aujourd’hui. On ne peut donc compter ni sur une agriculture plus extensive, ni sur une agriculture plus intensive. Enfin on connaît la dégradation actuelle des écosystèmes, l’épuisement des ressources halieutiques, la déforestation, la désertification, la salinisation des sols, la pression qu’exercera la production de biocarburants au détriment des ressources vivrières. Le prix des denrées alimentaires va exploser d’ici à 2050, et toucher de plein fouet les plus démunis. Une expertise de la Banque mondiale évoque bien  un nouveau modèle d’agroécologie, mais quand on mesure le rejet de l’agriculture biologique dans les pays développés, quand on voit le sort réservé aux paysans qui font de l’agriculture biologique sans le savoir dans les pays pauvres, on peut déjà prévoir le résultat. De plus, il est vain de parier sur la capacité des écosystèmes à se régénérer quand la pression démographique s’accroît : douze pays verront leur population tripler dans les cinquante prochaines années, 51 connaîtront un vieillissement accéléré, les stabilités sociales seront menacées, les paysans seront encore les premières victimes des conflits.

 


 

Zapatero a déconné

Un couple (stérile ou non) qui n’a pas d’enfant devrait être fier de soulager notre Terre d’un peu du poids de la démographie humaine.. Nous allons étouffer la Biosphère de notre nombre et de notre voracité en ressources naturelles. Les familles espagnoles, proches aujourd’hui de l’idéal chinois d’un seul enfant par famille, devraient servir de modèle et non de repoussoir.

 Le nombre moyen d’enfant par femme était descendu en Espagne au plus bas à 1,15 en 1998 (1,37 en 2006) et, selon l’OCDE, l’Espagne pourrait devenir en 2050 la nation la plus vieille du monde après le Japon et la Corée. Le président du gouvernement José Luis Zapatero alloue donc 2500 euros pour tout enfant né à partir du 3 juillet 2007 pour encourager une natalité jugée trop faible. Cette somme sera versée sans condition de ressources. Les aides publiques étaient précédemment de 450 euros, cette allocation annuelle étant réservée aux familles les plus modestes. Mais l’Espagne agit comme si les grands-mères n’étaient pas de meilleures gardiennes d’enfant en âge préscolaire que des nounous rétribuées, comme si la multiplication des naissances allait résoudre les problèmes croissants de précarité du travail, comme si les futurs chômeurs allaient pouvoir financer les retraites du papy boom.

C’est un non-sens économique que de financer la natalité, bien plus c’est un vrai scandale, une marchandisation du bébé, un crime contre la planète.

permis de parent

Tu peux lire dans « Le prix du bonheur » de Sir Richard Layard ce constat de réalité: « Concevoir un enfant est un acte impliquant de lourdes responsabilités. Pourtant la société ne se soucie guère de savoir qui doit avoir le droit ou non d’en procréer. Le psychologue américain David Lykken estime que les parents devraient passer un permis leur permettant de faire un enfant puisque les intérêts de l’enfant sont au moins aussi importants que ceux des parents. Alors que faire ? Il faudrait commencer par donner à l’école des cours d’éducation parentale afin d’expliquer aux élèves tout ce qu’implique, en termes de soins et de responsabilités, le fait d’élever un enfant. Il faudrait ensuite autoriser un couple à n’avoir un enfant qu’à condition que les deux parents soit réellement unis et prêt à s’occuper de leur progéniture. Par exemple, on ne devrait pas permettre que les parents fassent des enfants immédiatement après le mariage. Il faut en effet du temps, avant et après le mariage, pour apprendre à se connaître et à s’apprécier, et il n’est rien de pire pour un enfant que de naître sans être désiré par ses parents. C’est pourquoi les législations qui autorisent l’avortement ont permis de faire baisser le niveau de criminalité. (p.193, édition A.Colin) » La Biosphère ne peut qu’être en total accord avec un tel « permis de parent » !

Sir Richard estime par ailleurs que si nous voulons être heureux, il nous faut pouvoir disposer d’un concept de bien commun auquel chacun puisse contribuer. Cet idéal requiert de chacun qu’il se soucie des autres autant que de lui-même, C’est là une position restrictive qui se limite à la fraternité humaine. Mais comme cette fraternité ne peut exister que si la société humaine est en équilibre durable avec les possibilités des écosystèmes, il faudrait aller bien au-delà. Puisqu’il y a surpopulation, « le permis de parent » n’est qu’un élément parmi d’autres d’un contrôle malthusien de la population…

 

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permis de mourir

Il en va aujourd’hui pour le diesel comme il en a été  autrefois pour le tabac, des procès contre les pollueurs qui doivent devenir payeurs pour solder leurs méfaits. Les constructeurs automobiles ont en effet accepté le 8 août 2007 à Tokyo de verser 7,4 millions d’euros à 520 plaignants souffrant de troubles respiratoires. De son côté l’Etat de Californie a engagé en septembre 2006 des poursuites contre six constructeurs automobiles pour leur responsabilité dans le réchauffement climatique. Mais tout cela n’est qu’un minuscule aspect du problème général : deux morts sur cinq dans le monde sont liés à des facteurs environnementaux (Human Ecology, article à paraître en décembre 2007). Parmi les principales cause de décès, les déficiences en fer (9 millions de morts par an), la malnutrition (6 millions de morts de morts par an), le tabac (5 millions), les conditions sanitaires et un accès à l’eau insuffisant (5 millions), la pollution de l’air (3 millions) ou la tuberculose. Bien sûr cette analyse relève d’une conception très large de l’environnement, mais elle permet de replacer l’homme dans son contexte naturel. Les auteurs estiment que compter sur les maladies et la malnutrition pour limiter la population du monde serait une politique à hauts risques ; il vaudrait mieux un contrôle de l’augmentation de la population, combinée avec un programme de gestion de l’environnement. Il s’agit donc d’un malthusianisme réfléchi.

 

Conclusion ? Pour sauver les hommes, il faut sauver la Biosphère. Pour sauver la Biosphère, il faut limiter le nombre d’humains.

 

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Homo disparitus

Et si le pire arrivait ? Si par le miracle d’un virus mutant la population humaine était balayée de la surface de la Terre ? Alan Weisman envisage l’hypothèse qu’homo sapiens devienne ainsi « Homo disparitus » (éditions Flammarion) et s’interroge sur le devenir de la planète. Après les dinosaures, l’extinction de l’espèce humaine ! C’est alors que les réseaux péniblement entretenus par des myriades d’humains  se briseraient rapidement, les canalisations d’eau exploseraient avec le gel, les métros souterrains seraient envahis par les eaux, les barrages et canaux engorgés de vase déborderaient, la végétation recouvrirait le bitume et le béton, tout ce qui fait les routes et les villes, les maisons et les usines disparaîtrait du regard. Ce processus ne prendrait que quelques centaines d’années. Mais les métaux lourds comme le plomb, le mercure ou le cadmium mettraient des millénaires à être recyclés et la concentration en gaz carbonique dans l’atmosphère ne retrouverait des niveaux pré-humains que dans au moins 100 000 ans. Il faudra même attendre que les processus géologiques refaçonnent la surface de la Terre pour que soit anéanti le plastique de la poupée Barbie.

 

La lecture du livre d’Alan Weisman incite parfois à penser que le pire aurait, pour la Biosphère, la couleur du meilleur…

 

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Quelle est ton alvéole ?

L’analyse de François Terrasson (La civilisation anti-nature, éditions du Rocher), semble pertinente : «  Il existe en écologie une courbe bien connue qui, en relation avec les sources de nourriture disponibles, montre que l’expansion démographique précède de peu la dégringolade. La règle invisible s’imposera toujours : plus nous sommes nombreux, moins je suis libre. « La liberté d’étendre le bras s’arrête au nez du voisin » a-t-on pu dire. Donc pas trop de nez, et pas trop de voisins. Sinon gare à la bagarre ! Contre la bagarre, il y a le règlement, qui restreint la liberté. Rappelons-nous qu’au Japon on distribue des tickets donnant droit à une place et à quelques minutes sous les cerisiers en fleurs. Et que dans les parcs nationaux, on peut voir des visiteurs débarquer au sifflet. L’alvéole individuelle pour 25 milliards d’hommes fera regretter les veaux en batterie du XXe siècle qui étaient plus à l’aise que nous le serons. Comment douter que la nature trouvera une solution à nos inepties ? Mais le résultat sera peut-être un peu trop radical pour nous plaire. Pour être optimiste, il faut n’avoir aucune sympathie pour l’espèce humaine. Il y a d’ailleurs des jours où… » 

Pour François Terrasson, la solution consiste à s’éloigner de tout anthropocentrisme : « La logique scientifique montre la nécessité des autres espèces pour que la nôtre prospère. Plus on aura de nombreuses, longues rivières sauvages, moins la démographie et la concentration galoperont, plus le monde restera vivable. Mais ce raisonnement prêche dans le désert parce qu’aucune métaphysique, aucune relation sensible au monde ne le soutient. L’idée de fusion avec l’univers, de solidarité avec les autres animaux, d’intégration sensuelle aux ambiances forestières, l’élan d’identité avec les énergies intérieures et celles du vent et des montagnes, tant de multiples façons de toucher réellement les cordons ombilicaux qui nous lient aux forces d’où l’on a émergé, sont absents, ou ridiculisés par les gens sérieux. L’égoïsme humain, le maintien des ressources pour l’homme ne peut être satisfait que par une philosophie qui ne soit pas centrée sur l’homme. Pour sortir d’un problème insoluble, les thérapeutes expliquent qu’il faut commencer par voir le problème de l’extérieur, en sortant du système de pensée qui a provoqué la crise. Il est grand temps que la Nature divorce de l’Environnement, car au nom de l’environnement on trafique et détruit la nature. »

Que nous voilà proche de la Biosphère et de l’écologie profonde !

 

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crise démographique

La gouvernance écologique commence par la planification démographique. Pour l’écologie profonde, l’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une diminution substantielle de la population humaine. Et la Biosphère ajoute avec Arne Naess : « L’épanouissement de la vie non-humaine requiert une telle diminution. »

 

Malthus à la fin du XVIIIe siècle liait croissance démographique et ressources alimentaires : il faudrait limiter l’accroissement naturel de la population humaine, sinon nous n’aurions pas assez de ressources pour bien vivre ensemble, d’où famine, épidémies, guerres. Aujourd’hui il existe une relation bien plus subtile, entre population humaine et  écologie, mais Malthus a toujours raison. Ainsi le Soudan a vu sa population s’accroître de 2,6 % chaque année, soit un doublement tous les 27 ans pour atteindre aujourd’hui près de 40 millions d’habitants. Cette explosion démographique se conjugue avec l’aggravation du climat régional, les précipitations ont régulièrement diminué. Les experts du PNUE (programme des Nations unies pour l’environnement) peuvent donc écrire sans se tromper : « Il y a un lien très fort entre la dégradation des sols, la désertification et le conflit du Darfour. Au Darfour nord, la croissance démographique exponentielle et le stress environnemental qui lui est lié ont créé les conditions des conflits qui ont été lancés puis entretenus par des différences politiques et tribales : il peut être considéré comme un exemple tragique de la rupture sociale qui peut résulter d’un effondrement écologique ». Pour le PNUE, la gouvernance écologique devrait donc être considérée comme un outil vital pour la prévention des conflits et pour la pacification.

 

Pour de plus amples renseignements, voir le réseau de documentation

lexique/démographie

le cancer de la terre (3/3)

L’homme, cancer de la Terre ? Ce n’est qu’une métaphore, simple procédé littéraire par lequel on transporte la signification propre d’un mot à une autre signification qui ne lui convient qu’en vertu d’une analogie. Le nouveau testament ne se prive pas d’user de ce procédé, ainsi la métaphore du voleur dans la nuit est utilisée à sept reprises à propos du retour de Jésus-Christ . En matière d’écologie, l’image du cancer se retrouve aussi plusieurs fois :

« Lorsque des cellules vivantes prolifèrent sans contrôle, il y a cancer ; l’explosion démographique c’est la multiplication sans contrôle des êtres humains. Si nous ne soignons que les symptômes du cancer, le malade peut en être soulagé quelques temps : mais tôt ou tard il mourra, souvent après d’atroces souffrances. Tel sera le destin d’un monde atteint d’explosion démographique si les symptômes seuls sont traités. Nous devons reconvertir nos efforts et tenter l’ablation du cancer Cette opération demandera de nombreuses décisions qui sembleront brutales et sans pitié. La douleur pourra être intense. Mais la maladie a fait de tels progrès que seule la chirurgie la plus énergique pourra désormais  sauver le malade. » (Paul Ehrlich, la Bombe « P »,1971)

             « Exactement comme un cancer qui étend ses métastases et finit par détruire les systèmes vitaux sur lesquels il repose, une économie en expansion continue détruit de plus en plus rapidement l’hôte qui le nourrit, l’écosystème terrestre. La croissance pour la croissance, c’est l’idéologie de la cellule cancéreuse. » (L’état de la planète, rapport de l’Institut Worldwatch, 1999)

Cette métaphore du cancer n’implique nullement qu’on devrait rayer les hommes de la surface de la Terre, elle signifie simplement que les humains doivent prendre conscience qu’ils exagèrent, qu’ils doivent réfréner leur nombre et leurs désirs, qu’ils doivent devenir de bons objecteurs de croissance !

 

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le cancer de la Terre (2/3)

L’homme, cancer de la Terre ? Yves Paccalet développe son point de vue dans son livre L’humanité disparaîtra, bon débarras ! : « Lorsque, dans un végétal ou un animal, une population cellulaire augmente de façon aberrante, elle déstabilise l’édifice. Elle accapare l’oxygène, l’eau et la nourriture. Les cellules conquérantes ont besoin de celles qui les entourent pour vivre, mais elles les asphyxient, les assoiffent et les affament, tous en les intoxiquant avec leurs déchets. A terme, les envahisseuses ruinent l’édifice dont elles sont une pièce. Elles se suicident. Pour le médecin, une population excessive de cellules prend le nom de « tumeur ». Si le processus de multiplication s’emballe, la tumeur devient maligne : on a affaire à un cancer. Une seule bête colonise en masse la planète entière : l’homme bien sûr ! Nous ne sommes ni le fleuron, ni l’orgueil, ni l’âme pensante de la planète : nous en incarnons la tumeur maligne. L’homme est le cancer de la Terre. Le cancer est une métaphore. Il en existe bien d’autres… p.49 à 51 »  

 

Tout ceci n’est qu’une métaphore dont la Biosphère approuve pourtant la pertinence…

 

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le cancer de la Terre (1/3)

Dans son livre De l’inconvénient d’être né, Cioran se permet d’écrire que « L’homme est le cancer de la terre ». De son côté, le politologue et objecteur de croissance Paul Ariès1 estime, en faisant référence à des thèses comme celle de l’Eglise d’Euthanasia ou à l’ouvrage d’Yves Paccalet : « Comment lire sans réagir que l’humanité serait un cancer ? ». Dans son livre Urgence planète Terre, Al Gore pense aussi que les tenants de l’ « écologie en profondeur » (deep ecology) commettent l’erreur d’utiliser la métaphore de la maladie pour définir notre relation à la Terre : « A les en croire, nous les humains, exercerions une action pathogène, comme si nous étions une sorte de virus qui irriterait la planète, lui donnerait la fièvre, et menacerait ses fonctions vitales. Ils assigneraient à notre espèce le rôle d’un cancer généralisé, dont nos villes seraient les métastases et qui, pour nourrir sa propre expansion, priverait le globe des ressources qui lui sont nécessaires pour rester en bonne santé. Le problème de cette métaphore, c’est qu’elle n’indique qu’un seul traitement possible : l’élimination des hommes de la surface de la Terre. »

 

Pourtant, Yves Paccalet explicite clairement son point de vue dans son livre2 : «  L’homme est un organisme vivant. Comme tous ses homologues, il se reproduit et il consomme. Il a besoin de respirer, de manger… Ce faisant, parce qu’il engloutit beaucoup plus d’énergie et de biens matériels que les espèces sauvages, et parce qu’il prolifère, il détruit à grande vitesse la seule maison dont il dispose : la Terre. p.19 » Ce raisonnement n’est-il pas réaliste ? Voyons la réponse de Cioran : « Des arbres massacrés. Des maisons surgissent. Des gueules, des gueules, des gueules partout. L’homme s’étend. L’homme est le cancer de la terre ».

1. revue Entropia n° 1, automne 2006, page 165

2. L’humanité disparaîtra, bon débarras ! éditions Arthaud

 

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optimum démographique ?

Il est étrange de constater qu’en regard du problème global que pose la croissance incontrôlée de la population mondiale, il n’existe aucun consensus sur ce que pourrait être une valeur acceptable de cette population. Ce que sait faire un éleveur pour des vaches et des prairies, la pensée humaine ne veut pas le faire pour son support corporel !!

 

Quelle est donc la quantité maximum d’humains que pourrait porter notre planète. Depuis 1679, on a inventorié 65 tentatives de chiffrage qui vont de 1 à 1000 milliards. Mais un maximum dépend de l’empreinte écologique de chaque individu plutôt que du nombre absolu de bipèdes. La Terre actuelle pourrait abriter 14 milliards de personnes si elles vivaient comme les Hindous, 7 milliards à la manière chinoise, mais seulement 1,2 milliards si on gaspillait à la manière de ces enfoirés d’Américains. Tout compris, l’empreinte écologique moyenne actuelle d’un humain ordinaire est telle que la planète pourrait en accueillir 5 milliards alors que nous sommes déjà 6,6 milliards. D’où les inégalités : alors que le cinquième le plus riche de l’humanité consomme 86 % des richesses, le cinquième le plus pauvre est obligé de se débrouiller avec 1,3 % des richesses. Mais comme les gens ne vivent pas statistiquement, cela voudrait dire que les riches consommateurs doivent subir une forte cure d’amaigrissement et que les pauvres du tiers-monde ne doivent pas être trop gourmands.

 

Quel est en définitive le minimum incompressible de population pour une espèce déterminée ? Le rhinocéros noir d’Afrique comptait un million d’individus au début du XXe siècle, 10 000 en 1950 et 2600 seulement en 2001. A ce rythme, la population humaine passerait en un siècle de 6 milliards de personnes à moins de 16 millions. Une telle évolution serait-t-elle catastrophique ? Les chercheurs ont défini le concept de « population minimum viable » et estimé à 50 femelles l’assurance de ne pas voir l’espèce s’éteindre  à moyen terme, à 500 femelles la garantie que l’espèce soit protégée à long terme : la baleine franche serait donc condamnée alors que les humains ont une marge de manœuvre immense. Le débat essentiel n’est pas de savoir si la Terre peut nourrir 6 ou 60 milliards d’humains, le problème est que cette espèce se répand au détriment de presque toutes les autres espèces.

 

Sachant que l’optimum n’est ni un maximum, ni un minimum, la Biosphère souhaiterait que les humains adoptent le schéma idéal d’un seul enfant par famille.

 

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