démographie

manif le 30 octobre à l’occasion des 7 milliards d’êtres humains

Une manif à Paris pour notre passage aux 7 milliards ! Le rassemblement aura lieu le dimanche 30 octobre 2011 de 10 h à 17 heures, place Igor Stravinsky dans le 4ème arrondissement à Paris (près du centre Georges Pompidou, côté Sud). Selon l’association organisatrice démographie responsable  l’explosion démographique n’est pas une fatalité. Un ensemble de mesures est à même d’enrayer la marche vers l’abîme en Afrique ou ailleurs : éducation des jeunes filles, généralisation de la planification familiale (comprenant le libre accès à la contraception) et enfin diffusion de messages adaptés afin d’inciter à la modération de la procréation. En France, pays férocement antimalthusien, une manif sur la question démographique mérite d’être soutenue.

Même la journaliste Laurence Caramel* s’inquiète, le monde est passé de 6 à 7 milliards en douze ans seulement : « La démographie est une donnée première pour l’avenir des hommes »… « Le spectre de la surpopulation refait surface » … « La planète pourrait alors avoir à supporter 10 à 11 milliards en 2050 » … « La course aux ressources naturelles n’a jamais été aussi féroce » … « Surexploitation croissante des ressources » … « Sera-t-on en mesure de satisfaire les besoins vitaux de ces nouvelles générations ? »

Mais il nous paraît improbable que « pour les dirigeants africains, la question du développement restera intrinsèquement liée à celle de la maîtrise démographique ». Que ce soit à l’Est ou à l’Ouest, au Nord ou au Sud, la question démographique tout le monde s’en fout sauf exception bienvenue comme en Chine. Ah, l’article 25 de la Constitution chinoise ! Nous laissons méditer Laurence Caramel qui rêve de « partage plus équitable des richesses », sur ce jugement d’Hélène Crié-Wiesner** : « Qui a envie de vivre dans un confort et une aisance moindres ? Le partage n’est pas naturel à l’échelle planétaire. Quand on a en effet beaucoup à partager, cela veut dire qu’on a aussi beaucoup à perdre ». Raison de plus pour manifester avec démographie responsable contre l’égoïsme généralisé…

* American Ecolo d’Hélène Crié-Wiesner (delachaux et niestlé, octobre 2011)

** LE MONDE du 21 octobre 2011, Fin octobre, le monde comptera 7 milliards d’humains

bientôt 7 milliards d’humains, la Terre souffre de l’homme

Enfin une phrase forte dans LE MONDE* : « la Terre souffre de l’homme. » Manger va devenir hors de prix si, comme il est probable, priorité est donnée à la croissance économique et au bien-être immédiat des hommes. On multiplie les gaspillages alimentaires (40 % de l’alimentation disponible aux Etats-Unis est jetée chaque année) et les agrocarburants entrent en concurrence avec les cultures alimentaires. Habiter en ville va promouvoir les bidonvilles et dévorer jour après jour de nouveaux espaces agricoles. Sans compter que les villes ponctionnent déjà 75 % de la consommation mondiale d’énergie. La santé, l’école, tous les indicateurs virent au rouge. Les maladies cardiovasculaires arrivent en tête des causes de mortalité dans le monde, le  cancer progresse, le sida ne recule pas… Les deux tiers environ des enfants non scolarisés vivent dans des pays en conflit. Bien des pays en développement dépensent plus pour leur armée que pour l’enseignement primaire Depuis le jour du dépassement (27 septembre 2011), nous avons outrepassé le niveau des ressources naturelles que peut générer la Terre en un an sans compromettre leur renouvellement. La croissance démographique pèse de plus en plus sur nos ressources naturelles, rendant leur accès de plus en plus conflictuel et destructeur.

Mais cet article, descriptif, n’aborde pas vraiment le problème de la pression démographique. Avec 7 milliards d’humains dès le 31 octobre prochain, la situation de l’homme sur terre est devenue désespérée. Avec 9 milliards bientôt en 2050, le sombre diagnostic de Malthus sera validé : puisque nous ne voulons pas maîtriser notre expansion démographique, la guerre, les épidémies et les famines serviront de régulateur naturel. De la question démographique il n’est pas question dans le discours des présidentiables en France, même « verts »…

* LE MONDE du 21 octobre 2011, Face aux périls écologiques, les urgences d’une planète surpeuplée

bientôt 7 milliards d’humains, la Terre souffre de l’homme

Enfin une phrase forte dans LE MONDE* : « la Terre souffre de l’homme. » Manger va devenir hors de prix si, comme il est probable, priorité est donnée à la croissance économique et au bien-être immédiat des hommes. On multiplie les gaspillages alimentaires (40 % de l’alimentation disponible aux Etats-Unis est jetée chaque année) et les agrocarburants entrent en concurrence avec les cultures alimentaires. Habiter en ville va promouvoir les bidonvilles et dévorer jour après jour de nouveaux espaces agricoles. Sans compter que les villes ponctionnent déjà 75 % de la consommation mondiale d’énergie. La santé, l’école, tous les indicateurs virent au rouge. Les maladies cardiovasculaires arrivent en tête des causes de mortalité dans le monde, le  cancer progresse, le sida ne recule pas… Les deux tiers environ des enfants non scolarisés vivent dans des pays en conflit. Bien des pays en développement dépensent plus pour leur armée que pour l’enseignement primaire Depuis le jour du dépassement (27 septembre 2011), nous avons outrepassé le niveau des ressources naturelles que peut générer la Terre en un an sans compromettre leur renouvellement. La croissance démographique pèse de plus en plus sur nos ressources naturelles, rendant leur accès de plus en plus conflictuel et destructeur.

Mais cet article, descriptif, n’aborde pas vraiment le problème de la pression démographique. Avec 7 milliards d’humains dès le 31 octobre prochain, la situation de l’homme sur terre est devenue désespérée. Avec 9 milliards bientôt en 2050, le sombre diagnostic de Malthus sera validé : puisque nous ne voulons pas maîtriser notre expansion démographique, la guerre, les épidémies et les famines serviront de régulateur naturel. De la question démographique il n’est pas question dans le discours des présidentiables en France, même « verts »…

* LE MONDE du 21 octobre 2011, Face aux périls écologiques, les urgences d’une planète surpeuplée

Malthus à la mode écolo

Ils sont du côté des patrons, du côté des machos, aux côtés des nationalistes, pour le pillage de la planète. Ils veulent la baisse des salaires, les corps usés par les grossesses, de la chair à canon, la perte de biodiversité. Qui sont-ils ?

Ce sont les natalistes, les repopulateurs, en bref les anti-malthusiens ! Malheureusement ils se disent aussi souvent socialistes. Pour eux, il suffirait de faire une société plus juste et tout le monde mangerait à sa faim. Le parti socialiste français veut encore une natalité vigoureuse pour la grandeur de la France et le paiement des retraites. Il oublie que c’est le nationalisme (et non l’internationalisme) qui accompagne la volonté de puissance. Il oublie que le problème actuel des retraites résulte du baby-boom d’après-guerre et qu’une fécondité forte aujourd’hui reporte encore plus de charges sur les générations futures. La droite et les capitalistes se frottent les mains, la gauche est du côté des traditions religieuses et de ses propres conceptions démographiques. Les malthusiens se retrouvent bien seuls ! Comme l’exprime Georges Minois*, « Face à cette coalition hétéroclite des populationnistes de tout bord, regroupant toutes les autorités morales, religieuses et politiques, détenant tous les leviers de la propagande et de la législation, la voix des néomalthusiens a bien du mal à se faire entendre ».

Mais la biosphère va donner raison aux malthusiens. La maîtrise de la fécondité devrait être valorisée à l’heure des grandes interrogations écologiques. Le raisonnement fondateur de Malthus sur la course entre croissance géométrique de la population (si rien ne l’arrête) et croissance seulement arithmétique des ressources alimentaires (à cause des rendements décroissants de l’agriculture) redevient d’actualité. L’agriculture intensive, basée sur l’énergie fossile et les méthodes mécanisées de l’industrie, n’est pas durable. De plus, nous comprenons mieux la nécessité de vivre en équilibre avec un écosystème, nous savons le poids des crises systémiques que forment le réchauffement climatique, le pic pétrolier, la sixième extinction des espèces, etc.

L’écologie donne raison à Malthus. Si le parti socialiste a complètement écarté la question démographique de ses interrogations actuelles c’est bien qu’il n’est pas encore écolo…

* Le poids du nombre de Georges Minois  (éditions Perrin, 2011)

bientôt 10 milliards d’êtres humains

Notre planète, qui devrait passer le cap des 7 milliards de personnes le 31 octobre 2011, comptera 9,3 milliards d’individus en 2050 et 10,1 milliards en 2100.

La question de la démographie galopante interroge bien évidemment sur notre capacité à partager les terres, ressources et richesses, tout en limitant le changement climatique d’origine anthropique. Selon le Fonds des Nations unies pour la population, le réchauffement planétaire ne peut être endigué que par une réduction massive de la population mondiale.

éco(lo)

immoralité de la gestation pour autrui

La chronique* de Caroline Fourest « Que dire à un bébé sans papiers ? est un monument de mauvaise foi. Sa morale peut se résumer à une seule expression : « Parce que j’ai envie ». Caroline Fourest défend la possibilité des mères porteuses en laissant croire que le bébé n’a plus en France de filiation alors même que la loi française est claire, « La mère, c’est celle qui accouche ». Caroline Fourest prétexte de l’intérêt de l’enfant alors qu’il s’agit de la seule prétention d’une femme à avoir un enfant malgré sa stérilité, par pur égoïsme : « A cause de mes ovules, je ne pouvais pas avoir d’enfant. Mais papa si. Nous avions tellement envie de t’avoir… ». Parce qu’on a envie, on peut donc mettre au boulot une mère porteuse pour qu’elle nous délivre sa marchandise (et si ça ne plaît pas dans les six jours, retour à l’envoyeur). Caroline Fourest croit sortir de la loi du plus riche alors que prendre l’enfant d’une autre est un acte de riche dominant. Caroline Fourest se veut porteuse de la vérité, c’est son avis « que cela plaise ou non » ; mais le droit à l’enfant n’est pas un droit. Caroline Fourest croit sortir de l’ère de la jungle alors qu’elle y retourne : la morale dans une société ne peut reposer sur le seul désir de ses membres. Signalons aussi qu’une femme stérile peut très bien adopter un enfant abandonné au lieu de marchandiser le corps d’une autre femme (gestation pour autrui).

Les mécanismes psychologiques qui conduisent à l’exigence d’une filiation à tout prix ne sont que l’exacerbation actuelle de notre ego et non la perspective de l’épanouissement de l’enfant. Une personne ne fait pas un enfant pour son plaisir personnel, mais pour l’intégration durable de cet enfant dans la société. La stérilité est une réalité qui doit être acceptée dans une société qui retrouve le sens des limites imposées par la nature. Et nous avons bien besoin de limiter nos désirs-envies à une époque où nous pillons les richesses de la Terre et le ventre des femmes pour satisfaire nos moindres caprices de soi-disant maîtres et possesseurs de la nature.

* LeMonde du 9 avril, Sans détour

face à face Claude Guéant/Malthus

Nous ne comprenons pas le Ministre de l’intérieur. Guéant tape sur les immigrés à bras raccourci, mais il se désintéresse de la surnatalité française. Pourtant dans les deux cas, il s’agit bien de la même chose, un accroissement démographique facteur de hausse potentielle du chômage, de désordres dans certaines banlieues et de pression immédiate et durable sur les ressources naturelles. La chasse aux immigrés clandestins ne se comprend que si elle s’accompagne de mesures malthusiennes de maîtrise de la parentalité. Nous conseillons donc à Claude Guéant de tester aussi bien la capacité des étrangers à être naturalisé qu’à vérifier les connaissances des candidats à la procréation. A quand un  diplôme de parent ?

                Claude Guéant peut lire dans « Le prix du bonheur » de Sir Richard Layard : « Concevoir un enfant est un acte impliquant de lourdes responsabilités. Pourtant la société ne se soucie guère de savoir qui doit avoir le droit ou non d’en procréer. Le psychologue américain David Lykken estime que les parents devraient passer un permis leur permettant de faire un enfant puisque les intérêts de l’enfant sont au moins aussi importants que ceux des parents. Alors que faire ? Il faudrait commencer par donner à l’école des cours d’éducation parentale afin d’expliquer aux élèves tout ce qu’implique, en termes de soins et de responsabilités, le fait d’élever un enfant. Il faudrait ensuite autoriser un couple à n’avoir un enfant qu’à condition que les deux parents soit réellement unis et prêt à s’occuper de leur progéniture. Par exemple, on ne devrait pas permettre que les parents fassent des enfants immédiatement après le mariage. Il faut en effet du temps, avant et après le mariage, pour apprendre à se connaître et à s’apprécier, et il n’est rien de pire pour un enfant que de naître sans être désiré par ses parents. C’est pourquoi les législations qui autorisent l’avortement ont permis de faire baisser le niveau de criminalité. (p.193, édition A.Colin) »

                Claude Guéant peut aussi lire : « Alors que tous les pédiatres et psychopédagogues admettent qu’il n’est pas de tâche plus difficile, plus complexe, que celle d’élever un enfant, le dernier des crétins peut s’essayer à fonder une tribu. Comment se fait-il qu’il n’existe à ce jour aucun permis de procréer ? Et pourtant, quel foisonnement, dans nos sociétés, de permis en tout genre : permis de conduire, de chasse, de pêche, de construire, de travail, de séjour, d’inhumer, etc. Sans oublier les permis de pratiquer une profession : les omniprésents diplômes. Tout le monde jugera indispensable qu’un médecin, ou un ingénieur ou un soudeur ou une puéricultrice n’obtienne guère licence d’exercer sans avoir démontré au préalable ses compétences, mais tout le monde juge naturel que le premier nabot venu puisse s’autoproclamer spécialiste en éducation en mettant simplement un enfant au monde ! Si nous souhaitons réellement faire aboutir l’indispensable projet de restriction des naissances, le geste le plus important serait de se lancer dans une politique d’éducation et de conscientisation systématique des jeunes générations : le goût de la nulliparité peut s’enseigner au même titre que celui de la non-violence et du respect d’autrui. Il va de soi qu’il appartient à l’Occident de montrer l’exemple au Tiers-Monde : nous devons enclencher les premiers le processus de contraction démographique ! » (L’art de guillotiner les procréateurs de Théophile de Giraud)

manifeste anti-nataliste de Théophile de Giraud

Si vous cherchez à connaître le mobile ultime de notre surpollupullulation, interrogez plutôt les futurs parents sur le pourquoi de leur parentalité : ils vous répondront le plus naïvement du monde qu’ils font un enfant parce qu’ils en ont envie ! Ils engendrent pour satisfaire un prurit, une concupiscence ! Les enfants sont là pour empêcher les parents de s’ennuyer. L’enfant n’est rien d’autre qu’un cadeau que les parents se font à eux-mêmes…

Chaque minute, 100 personnes meurent, 240 naissent. L’inverse eut été mieux. Il y aurait d’abondantes raisons d’intenter procès aux populateurs puisque désormais la procréation est aussi un crime contre l’Humanité ! En effet deux menaces éléphantesques écrasent de tout leur poids le XXIe siècle vagissant : la Surpopulation et son corollaire immédiat, la Pollution, ici comprise en tant que destruction du biotope. On insiste trop peu sur cette vérité biomathématique : le prétendu « droit » à la reproduction semble un sujet intouchable… Et pourtant les spécialistes l’admettent désormais unanimement, la planète est en train de trépasser à petit feu. Lorsque l’on sait par ailleurs que les aspirations ultimes de la plupart des pays du Tiers-monde s’avèrent de s’aligner sur le niveau de vie occidental, on devine sans peine quelle catastrophe se profile dans les prochaines décennies…

Répondez sans dérobade. S’il existait une solution capable d’abolir la totalité des maux dont gémit notre désastreuse humanité, auriez-vous la macabre inintelligence de dédaigner un tel remède ? Non, cela va sans dire. Eh bien une solution existe : elle consiste tout bonnement à cesser de procréer… Qui regrettera que l’embranchement des primates, qui n’a encore jamais cessé de s’entretuer depuis qu’il s’est un peu différencié des autres singes, ait tout à coup cessé d’exister ? Les animaux que nous passons notre temps à exploiter, maltraiter, torturer, emprisonner et génocider ? Certes non.

Source : L’art de guillotiner les procréateurs de Théophile de Giraud

édition « Le mort qui trompe », 2006

Dépopulation selon Michel Tarrier

DD*, Défaire le Développement, telle sera la tâche des prochaines décennies. Cela passe par la démondialisation, la désurbanisation, la dépollution des sols et des esprits, la décroissance du PIB et puis bien sûr la dépopulation. Voici une analyse de Michel TARRIER, reçue par courriel et propice à commentaires :

« Notre surnombre fait reculer les autres espèces et Homo sapiens ne survivra pas seul sur une planète sans fleurs et sans oiseaux. Surnatalité et productivisme agricole est un tandem infernal, sciemment provoqué par un choix de société. Alors, pour éviter les guerres d´appropriations, d´ailleurs déjà bien entamées, et ce, notamment pour les énergies fossiles en voie de tarissement, il faudra bien envisager une dépopulation

Si nous n´avions pas eu le malheur de connaître le pétrole, notre économie serait restée sagement et exactement sous le signe du soleil, et nous ne serions que deux ou trois milliards de Terriens. La fin des énergies fossiles ayant pour corollaire la fin des intrants agricoles que sont les engrais azotés, seulement deux de la dizaine de milliards de Terriens attendus pour l´après 2050 pourront, selon les experts les plus sérieux, tirer leur épingle du jeu et subsister. Suite à cet effondrement des rendements agricoles, imaginons donc une famine de 6 ou 7 milliards d´humains. La sélection ne se fera pas en douceur et les pires hostilités présideront à une telle crise. Le mammifère humain est un gros con avide, mégalo et cupide en raison de son ego très perso. Les mieux nantis devront reconstruire des châteaux forts pour se préserver des gueux, châteaux-forts aux nouvelles dimensions de la virtualité et de la mondialisation.

Un enfant par couple, c´est bien. Vous en voulez plus ? »

* DD, Défaire le Développement,

à ne pas confondre avec l’oxymore « Développement Durable » !

l’écologie contre les migrations

Malthus avait une approche très contemporaine du phénomène migratoire : « L’émigration, en supposant qu’on en pût faire un libre usage, est une ressource qui ne peut être de longue durée. » Nous savons en effet qu’il n’y a jamais eu libre circulation des personnes. Partout dans le monde ancien, les peuples donnaient un caractère sacré aux portes de leur territoire, village ou ville : aller au-delà impliquait toutes sortes de précaution. Même le roi de Sparte s’arrêtait à la frontière de la Cité pour y effectuer des sacrifices. A l’extérieur était le domaine de l’étranger et  du combat. Jusqu’au XVIIIe siècle, seule une minorité de personnes se déplaçait : les soldats, les marchands, les aventuriers et les brigands. La masse de la population était peu mobile et le vagabondage proscrit ; on naissait, vivait et mourait dans le même village. Les frontières nationales érigées au XIXe siècle n’ont fait qu’actualiser cette constante humaine, la délimitation d’une appartenance territoriale.

Mais il est vrai aussi historiquement que l’expansion territoriale a été un déversoir pour l’expansion démographique. Les migrations étaient autrefois des guerres de conquête et la recherche de l’espace vital… jusqu’au Lebensraum des nazis. Comme aucune terre n’était libre d’hommes, que ce soit l’Amérique du nord ou du sud et la plupart des îles, il faut éliminer l’autochtone. Sur ce point aussi, Malthus était perspicace : « On ne peut lire le récit de la conquête du Mexique et du Pérou sans être frappé de cette triste pensée, que la race des peuples détruits était supérieure, en vertu aussi bien qu’en nombre, à celle du peuple destructeur. » (…) « Si l’Amérique continue à croître en population, les indigènes seront toujours plus repoussés dans l’intérieur des terres, jusqu’à ce qu’enfin leur race vienne à s’éteindre. » Nous ne savons que trop que la colonisation par des nations dominantes a été une succession de massacres et d’atrocités. L’impérialisme anglo-saxon à la conquête du monde a été une abomination.

Les migrations économiques et le tourisme de masse ne sont que des migrations temporaires et anormales découlant d’un pétrole « gratuit » et non renouvelable. En fait l’immobilité territoriale est une constante et l’émigration reste source de problèmes. Il n’y a pas de morale à mettre là-dedans : on ne peut vivre durablement que sur un territoire restreint dont on maîtrise collectivement les paramètres : potentiel alimentaire et énergétique, rapports humains de proximité et culture particulière. Si la population sur ce territoire délimité commence à excéder les possibilités du milieu sans qu’on puisse émigrer, c’est là une forte incitation à décider collectivement de la régulation des naissances. C’est ce qu’on peut appeler un phénomène de cocotte-minute, de mise sous pression, qui pousse les autorités à prendre des mesures conséquentes – à être responsable démographiquement -.

Si l’émigration peut servir de soupape de sécurité, elle contribue alors à l’expansionnisme démographique mondial. C’est ce que n’a pas perçu M.Tarrier dans son dernier livre, « Faire des enfants tue… la planète » !

Frontex et la chasse aux immigrés

Qu’on ne s’y trompe pas, la libre circulation des personnes n’a jamais existé et aujourd’hui l’Europe devient une forteresse. Frontex, l’agence pour la protection des frontières extérieurs de l’Union, acquiert de plus en plus de pouvoir : moyens de surveillance aérienne, coopération avec les gardes-côtes, interception par hélicoptère, prérogatives et indépendance de plus en plus grandes, etc. La commissaire européenne aux affaires intérieures, Cecilia Malmström*, estime que la quasi-totalité des récents immigrés en Italie seront renvoyés : « L’Europe devrait s’engager davantage. Elle devra adopter sa stratégie de voisinage, commencer un dialogue sur le long terme… » En termes clairs, l’Europe demandera aux autres pays de garder leurs concitoyens chez eux et ne sera accueillante que selon ses besoins. La puissance politique et économique de l’UE est déjà employée pour faire de pays du Maghreb des partenaires coopérant à la délocalisation de la violence. Presque tous les pays occidentaux doivent d’ailleurs leur forme actuelle d’Etats-nations à une politique d’homogénéisation ethnique dont l’envers est la purification ethnique ; c’est le côté caché de la démocratisation.

Harald Welzer** montre de façon argumentée la violence potentielle contenue dans l’être humain, acculé à des solutions extrêmes quand il se retrouve en situation de péril extrême. L’ère des Lumières pourrait même s’achever (temporairement ?) au XXIe siècle. Comme les ressources vitales s’épuisent, il y aura de plus en plus d’hommes qui disposeront de moins en moins de bases pour assurer leur survie. Il est évident que cela entraînera des conflits violents entre ceux qui prétendent boire à la même source en train de se tarir. L’augmentation de la pression migratoire provoque déjà chez la population européenne des sentiments de menace et des besoins de sécurité, qui entraîneraient des exigences d’une politique migratoire plus rigoureuse.

Pourtant selon Harald Welzer, l’ennemi, ce n’est pas l’immigré, c’est nous-mêmes : «  Un individu  qui ne voit pas le moindre problème à gagner 70 fois plus que tous les autres, tout en consommant leurs matières premières et rejetant 9 fois plus de substances nocives dans l’environnement devient une personnalité pathologique. Cette personnalité psychopathologique se désintéresse de surcroît aux conditions de vie de ses enfants et petits-enfants. Un être pareil serait considéré, selon tous les critères normatifs, comme un dangereux parasite qu’il faudrait empêcher de nuire. » Pourtant c’est quelqu’un à imiter en cherchant à s’expatrier…

* LeMonde du 20-21 février 2011, La commissaire européenne

** Harald Welzer, Les guerres du climat (Gallimard, 2009)

pullulement humain et inertie sociale

Nous sommes souvent confrontés sur ce blog à des écolo-sceptiques, dont une frange se dit antimalthusienne. Pas étonnant ! Même des journaux « révolutionnaires » comme La Décroissance veulent la diminution du nombre d’automobiles mais ne trouvent rien à redire du pullulement humain. Que la population mondiale ait augmenté d’un milliard de personnes en douze ans seulement, c’est pas leur problème ! Pourtant, destruction de l’environnement, urbanisation anarchique, tension extrême sur les ressources naturelles, l’alimentation, l’eau… les cauchemars associés à un tel peuplement ne manquent pas. Nous serons 7 milliards d’humains à l’été 2011 et il y a de fortes chances de dépasser les 9 milliards en 2050. Il suffirait que la fécondité reste un demi-point au-dessus de celle prévue dans le scénario moyen jusqu’en 2050 pour que la population mondiale atteigne non plus 9 mais 10,5 milliards. Mais en France, la question démographique reste tabou sauf sur quelques sites comme Démographie responsable.

Les choses évoluent. LeMonde* de mardi titre : le risque de surpopulation mondiale reste réel. Alerte salutaire ! Cependant, il ne s’agit pas simplement de « nourrir » 9 milliards d’êtres humains, ou alors au sens large : il faut aussi leur donner à boire une eau potable, les vêtir, les chauffer, leur permettre de continuer à profiter d’espaces naturels (à partager avec les autres espèces)… En résumé, leur laisser une planète viable, vivable et conviviale ! C’est pas gagné !! Un récent rapport de l’ONU laisse peu de place à l’optimisme : « Même dans les pays où la fécondité a déjà décliné notablement, des réductions supplémentaires sont nécessaires pour éviter des fortes augmentations de populations sur le long terme. » Tous les pays doivent au plus vite selon l’ONU tomber à un taux de fécondité de 1,85 et s’y maintenir pendant un siècle. Mais rien ne garantit que l’amélioration de la planification familiale dans les pays en développement se poursuive ; dans certains pays, elle est en recul. Le taux de fécondité des pays les moins avancés reste en moyenne de 4,29.

La surpopulation manifeste dans le Tiers-monde ne doit pas nous faire oublier que l’empreinte écologique d’un enfant né en Occident est infiniment supérieure à celle d’un enfant né ailleurs. Depuis 40 ans, c’est dans les pays où la population augmente le moins que l’empreinte écologique augmente le plus. On ne peut donc évoquer le risque de surpopulation sans considérer les modes de développement, la répartition des richesses, etc.

* LeMonde du 15 février 2011

l’Egypte, victime de sa démographie

Au delà de la sympathie naturelle que l’on ressent pour un peuple qui tente de se libérer, il faut bien reconnaître que le régime qui prendra le relais, aussi démocratique soit-il, aura peu de chance de sortir le pays de l’ornière dans laquelle des décennies de laxisme démographique l’ont précipité. Comment ne pas voir en effet qu´à la source des problèmes de l’Égypte se trouve la question démographique ?

                L´Égypte compte aujourd’hui 85 millions d´habitants pour une surface d´un million de kilomètres carrés, soit un peu moins de deux fois la France. Chacun sait toutefois que ce pays n´est en réalité habitable et cultivable que sur une faible proportion de ses terres. A 90 % la population et les cultures se concentrent sur le delta du Nil ainsi que sur une bande d´une dizaine de kilomètres de large au bord du fleuve sur 1.000 km de long, allant du Caire jusqu´au au pied du barrage d´Assouan. Grosso modo l´Égypte ne peut compter pour vivre et se nourrir que sur une quarantaine de milliers de kilomètres carrés. Ainsi ramené à la « surface utile », la densité de peuplement égyptienne approche 2.000 habitants au kilomètre carré (avec une telle densité la France accueillerait près d´un milliard d´habitants).

                L´Égypte est donc surpeuplée au regard de ses capacité réelles et ce surpeuplement se traduit déjà par une forte dépendance alimentaire, illustrée en avril 2008 par les fameuses « émeutes de la faim ». L´Égypte se trouve ainsi fragilisée par toute hausse des denrées alimentaires. Ne pouvant les produire elle-même, elle les achète et paye cash toute élévation des cours mondiaux, qu´elle soit due à une tendance haussière générale ou qu´elle soit le fruit d´une spéculation passagère.

                En plus du niveau de son effectif le pays souffre également de la rapidité de son évolution. En 200 ans, soit en seulement trois fois la vie d´un homme, l´Égypte a, selon les sources, multiplié ses effectifs par 20 ou par 40 ! (Les estimations de la population égyptienne en 1810 s´étagent de 2 à 4 millions d´habitants). Si l´ensemble de la Terre avait suivi la même pente, notre planète compterait aujourd´hui entre 20 et 40 milliards de terriens ! (nous étions un milliard en 1810).

                Cette croissance est toujours très élevée : il y avait 21 millions d´Égyptiens en 1950, il y en a 85 millions aujourd´hui, soit 4 fois plus en 60 ans. Pour 2011, l´Ined indique pour ce pays un taux de natalité de 23,8 pour mille avec 2,73 enfants par femme et un taux de croissance de la population de 1,7 % par an, soit une augmentation de 1,4 million du nombre d´habitants chaque année ! Ces chiffres expliquent l´extrême jeunesse de la population égyptienne (30 % des égyptiens ont moins de 15 ans !) et l´arrivée continue d´un grand nombre de personnes sur le marché du travail. Un travail que justement, dans ces conditions, nul ne peut leur proposer.

                A moins que l’humanité ne s’investisse clairement  dans la stabilisation de la population mondiale, les révoltes du Maghreb en annoncent d’autres, qui seront elles aussi essentiellement causées par la pression du nombre.

 (Source : Démographie responsable : http://www.demographie-responsable.org)

l’effondrement volontaire de la population

Alain Frachon* craint une population mondiale qui ne compterait pas assez de jeunes pour prendre en charge les vieux. Il évoque une société 4-2-1 où un enfant va avoir la responsabilité, une fois adulte, de prendre en charge ses deux parents et ses quatre grands-parents. Le Chine devra inventer l’Etat-Providence pour des dizaines de millions de plus de 75 ans. Alors Alain Frachon préconise un solide taux de natalité et une immigration dynamique pour conserver l’élan démographique. Il se situe du côté de l’optimisme démographique béat qui pense que les actifs en 2050 ne seront pas des chômeurs, que les caisses de retraite seront pleines dans les pays anciennement développés comme nouvellement industrialisés, que les Etats seront encore solides et les gens solidaires. Il rêve. Comme le démographe Alfred Sauvy qui pensait que la France pouvait facilement supporter une population de 100 millions d’habitants, et la Terre de 50 milliards. Mais 9 milliards en 2050, c’est déjà trop.

Nicholas Georgescu-Roegen proposait une diminution progressive de la population jusqu’à un niveau où une agriculture organique suffira à la nourrir convenablement. Arne Naess considérait qu’une diminution substantielle de la population humaine permettrait l’épanouissement de la vie non humaine comme des cultures humaines. William Stanton dans son livre The Rapid Growth of Human Population (2003) est beaucoup plus virulent. Il vise à une réduction progressive de la population sur 150 ans à un taux égal à celui de la déplétion du pétrole afin d’éviter le  cauchemar d’une réduction brutale à travers guerres, famine, etc. Les ingrédients en sont les suivants :

« L’immigration est interdite. L’avortement est obligatoire si le fœtus s’avère très handicapés. Quand par l’âge avancé, un accident ou une maladie, un individu devient plus un poids pour la société qu’un bénéfice, sa vie est humainement arrêtée. Aux sentimentalistes qui ne peuvent pas comprendre le besoin de réduire la population de la Grande-bretagne de 60 millions à environ 2 millions sur 150 ans, et qui sont outrés par la proposition de remplacement des droits humains par une froide logique, je pourrais répondre : Vous avez eu votre temps. »**

* LeMonde du 28 janvier 2011, Démographie mondiale : la croissance ralentit

** cité par Serge Latouche, Le pari de la décroissance (2010)

assistance au suicide et liberté humaine

Mourir est d’une banalité extrême. Non seulement il nous faut bien mourir un jour, mais l’espèce humaine s’ingénie à hâter notre trépas : victimes directes et collatérales des conflits armés, assassinats en tous genres, accidents du travail, de la route, domestiques, cancers causés par l’environnement que nous avons fabriqués, etc. Dans ce contexte de morts en série, l’art de la mort volontaire devrait tendre au consensus social, interruption volontaire de grossesse et assistance médicale au suicide. Mais si en France l’avortement est légalisé, le droit à l’euthanasie pose encore problème*.

                Le Premier ministre François Fillon n’est pas péremptoire : « Je sais que c’est un débat où aucune conviction n’est indigne (…) Il n’y a pas de débat interdit sur la fin de vie car c’est un débat de nature politique, au sens le plus noble du terme… », mais « à titre personnel, je suis hostile à la légalisation d’une aide active à mourir ». Nous n’insisterons pas sur les médecins qui veulent agrandir leurs unités de soins palliatifs et qui sont donc contre l’euthanasie active. Nous n’insisterons pas sur cet activisme médical qui refuse d’accepter l’échec d’une thérapie et qui consent pourtant à l’acharnement sur un mourant. En Allemagne et en Grande-Bretagne, dit la sociologue Ruth Horn, le patient peut réclamer l’assistance médicale au suicide, acte accompli par l’intéressé lui-même. En France on continue de pratiquer dans le silence des couloirs de la mort une euthanasie passive. Abréger ses souffrances doit-il relever du pouvoir des médecins ou de la libre volonté personnelle ? Nous considérons que mettre un terme à sa vie relève du choix de la personne.

Pratiquons les « directives anticipées », cette possibilité offerte à l’individu de donner des indications concernant ses préférences thérapeutiques lorsqu’il n’est plus en état de les exprimer. Obligatoire en Allemagne, contraignant en Angleterre, c’est seulement un avis consultatif en France. Halte au pouvoir des médecins sur notre vie ! Pour nous, toute euthanasie volontaire est un acte de liberté consciente qui responsabilise l’individu tout en allégeant le poids de l’empreinte humaine sur la biosphère.

* LeMonde du 25 janvier 2011, Nouvelle bataille sur la législation de l’euthanasie.

** LeMonde du 25 janvier 2011, légaliser l’aide active à mourir serait une erreur, estime le premier ministre.

l’avortement dans la dignité

Le collectif En marche pour la vie revendique « la reconnaissance de la dignité humaine dès la conception ». C’est reconnaître la dignité de la vie humaine dès l’union du spermatozoïde et de l’ovule. Un peu court comme argumentaire, ce qu’on appelle dignité doit être justifié. Car la dignité pour les uns n’est pas la dignité pour les autres, certains revendiquent même le droit de mourir dans la dignité. Il n’est d’ailleurs pas anodin de constater que le collectif pro-life soit composé de Chrétienté-Solidarité, la Confédération nationale des familles chrétiennes ou Renaissance catholique* : la dignité oui, mais pour eux au sens religieux ! Pour notre société laïque au contraire, qui s’est débarrassée des fantasmes de la crédulité manipulée (Jésus n’a rien dit de l’avortement), la dignité et la sécurité des femmes passe par une prise en charge collective qui essaye de « civiliser » les avortements clandestins.

Notons quand même qu’il y a échec relatif de la régulation volontaire des naissances. Il est en effet malheureux de  constater que la libéralisation de la pilule et du condom n’empêche pas l’avortement : la France comptabilise encore chaque année environ 200 000 avortements pour 800 000 naissances. Mais l’échec est humain, n’ajoutons pas de la culpabilité comme le voudraient ces quelques milliers de personnes anti-IVG qui ont défilé à Paris le 23 janvier pour le 36e anniversaire de la loi Veil. Ces manifestants veulent-ils encore et toujours plus d’avortements clandestins ? Ces militants de l’extrême sont-ils aussi comme leur pape hostiles au préservatif ? La réflexion peut-elle être encore de ce monde ?

Du point de vue de la biosphère, toute naissance non désirée contribue non seulement au malaise social, mais à la surpopulation humaine.

* lemonde.fr du 24.01.2011, les anti-avortements ont défilé à Paris

la France fait trop de bébés

L’éditorial du Monde*, pour une fois, n’est pas ultra-nataliste. Il montre que 61 % des Français voient dans 2011 une nouvelle année de difficultés, « ils broient du noir mais ils font des enfants ». En fait, ce n’est pas la volonté des gens qui stimule la fécondité, c’est la politique familiale française, prestations familiales, aides sociales, aides au logement… Il est vrai que droite et gauche confondue sont populationnistes, les partis font le mauvais choix du Coq gaulois qui multiplie les poussins contre le long terme où les exclus vont proliférer : destin de bétail parqué.

Le prétendu « droit » à la reproduction semble un sujet intouchable… Comme le constate Théophile de Giraud**, le discours politique ose vanter la reproduction à visée économique : il faudrait fabriquer des enfants afin de garantir le financement des pensions de retraite ou de soutenir la croissance industrielle. On demande donc à un individu de naître afin de nous aider à résoudre nos problèmes : quelle pestilence ! La fécondité comme source de prospérité est fondée sur l’instrumentalisation d’autrui, c’est-à-dire sur le principe même de l’esclavage. Lorsque l’on sait par ailleurs que les aspirations ultimes de la plupart des pays du Tiers-monde s’avèrent de s’aligner sur le niveau de vie occidental, on devine sans peine quelle catastrophe se profile dans les prochaines décennies ! Trop nombreux dans un sac de farine, les charançons s’entre-dévorent. Les spécialistes l’admettent désormais unanimement, la planète est en train de trépasser à petit feu.

                Il va de soi qu’il appartient à l’Occident de montrer l’exemple au Tiers-Monde : nous devons enclencher les premiers le processus de contraction démographique ! Comme l’exprimait René Dumont en 1974, il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à new York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. Les propositions du mouvement écologique : la limitation des naissances. En 1974, pas aujourd’hui… Dommage !

* LeMonde du 20 janvier 2011, En France, un baby-boom sur fond de sinistrose

** Théophile de Giraud, l’art de guillotiner les procréateurs (aux éditions La mort qui trompe)

Pétrole et décroissance démographique

Nous avons tendance à croire que notre intelligence humaine et nos codes moraux nous distinguent des autres espèces vivantes. Erreur ! Lorsque d’autres créatures se procurent une manne énergétique, elles réagissent par la prolifération : leur population traverse les phases bien connues d’épanouissement, de dépassement des capacités de leur environnement, puis de chute brutale. Jusqu’à présent, nous avons réagi face à l’apport énergétique des énergies fossiles exactement comme les rats ou les bactéries répondent à une nouvelle et abondante source de vie.

Sur le globe vivent aujourd’hui entre 2 et 5 milliards d’êtres humains qui n’existeraient probablement pas sans les combustibles fossiles. Lorsque l’afflux d’énergie commencera à décliner, l’ensemble de la population  pourrait se retrouver dans une situation pire encore que si les combustibles fossiles n’avaient jamais été découverts et l’on assistera à une compétition intense pour la nourriture et l’eau entre les individus d’une population dont les besoins seront désormais impossibles à satisfaire. Combien d’êtres humains l’agriculture post-industrielle sera-t-elle capable de nourrir ? Une estimation précautionneuse serait : autant qu’elle pouvait en faire vivre avant que l’agriculture s’intensifie, c’est-à-dire la population du début du XXe siècle, soit un peu moins de 2 milliards d’êtres humains.

Une politique démographique faisant en sorte que chaque couple n’engendre en moyenne que 1,5 enfants parait incontournable. Cet objectif global doit se traduire par des mesures et quotas nationaux. En effet, le niveau le plus efficace pour la régulation de la population se situe actuellement sur le plan national car seuls les Etats ont la possibilité d’influencer efficacement les comportements et d’imposer des restrictions. L’opposition à l’immigration incontrôlée est souvent assimilée à tort à la xénophobie anti-immigrés. Mais dans une perspective écologique, l’immigration n’est pratiquement jamais souhaitable. Lorsqu’elle se fait massivement, elle ne fait que mondialiser le problème de surpopulation. De plus, ce n’est que lorsque les groupes humains se sont enracinés dans une zone particulière, au fil de plusieurs générations, qu’ils développent un sens des limites en termes de ressources. Pourtant la gauche comme la droite tendent à occulter le problème de la croissance démographique continuelle.

Richard Heinberg , Pétrole, la fête est finie (2003, traduction française 2008)

moins de retraités et la biosphère respire !

Toujours plus de retraités, et c’est des réformes du système de retraite à répétition ! Heureusement que l’espérance de vie commence à reculer… Aux Etats-Unis, l’espérance de vie a régressé de plus d’un mois en 2008 alors qu’elle augmentait en moyenne de 2,6 mois par an depuis 1970. L’explication tient exclusivement à un accroissement de la mortalité chez les plus de 85 ans. Sylvain Cypel* y voit surtout un phénomène conjoncturel, les effets de la crise qui paupérisent la classe moyenne blanche qui se soigne encore moins. Hervé Kempf** y voit un tournant historique : « Cette inflexion de tendance n’est pas imputable à la mortalité infantile, qui a au contraire reculé pour atteindre un minimum historique : c’est bien une dégradation de l’état de santé général qui est ici en cause. Les trois premières causes de mort sont les maladies cardiaques, le cancer, et les maladies respiratoires. » Claude Aubert*** tranche : « Un enfant sur cinq est en surpoids ou obèse en Europe, ce qui devrait conduire à une surmortalité à l’âge adulte de 50 % à 80 %. »

Il est interdit d’interdire la publicité pour la junk food ? Tant mieux ! Continuons à sur-nourrir nos enfants avec des produits gras, sucrés et chimiques… Ainsi le poids des retraités sera moins important pour les actifs. Mais les personnes obèses et toutes celles qui ne savent plus marcher, même si elles ne vivent pas longtemps, auront une fin de vie très coûteuse pour la sécurité sociale… A moins ? A moins que la couverture sociale ne diminue pour les personnes à risque !?

Trêve d’humour noir. Nous sommes désespérés de voir un système social qui produit de la croissance économique (pour l’agroalimentaire et les fast-food) au détriment de la santé des individus tout en détériorant la biosphère. Car mal nourrir les gens, c’est faire une espérance de vie en mauvaise santé, et c’est un coût en ressources naturelles…

*   LeMonde du15 décembre 2010, Phénomène rarissime

** LeMonde du 15 décembre 2010, Un tournant historique

*** Claude Aubert, L’Espérance de vie, la fin des illusions (Terre vivante, 2006)

Mères porteuses = dégradation de la planète

Le problème de la plasticité des modèles sociaux, c’est que les socialistes n’ont plus aucune position cohérente sur quelque sujet que ce soit. Même sur les mères porteuses ! Les uns veulent autoriser la gestation pour autrui (interdite en France depuis 1991), les autres ne veulent toujours pas d’une marchandisation du corps féminin. Nous proposons aux socialistes une grille de référence qui nous change du marxisme. Dorénavant le discours rationnel est celui qui met l’économie au service du social, et le social reconnu comme complètement dépendant de la bonne santé de la biosphère. Au XIXe siècle, le socialisme naissant a fait comme si les ressources naturelles étaient illimitées, seul comptait le combat des travailleurs contre le capital. En matière démographique par exemple, l’analyse de Malthus a été vigoureusement critiquée par Marx. Or nous avons actuellement dépassé les limites de la planète, les humains ne peuvent plus y vivre de façon conviviale. Malthus a gagné contre Marx.

D’un point de vue écologique, vouloir des enfants à tout prix sur une planète surpeuplé paraît alors absurde. La nature nous impose certaines lois, par exemple la stérilité. Nous pouvons contourner cette loi par l’adoption. Mais admettre comme règle sociale que tout est réalisable quand c’est techniquement possible, les mères porteuses, la fécondation in vitro, la manipulation des gènes… nous projette dans un monde où ce qui importe, ce n’est pas la stabilité sociale et l’intérêt des écosystèmes, mais le désir égoïste des catégories aisées. Cela nous fait oublier le sens des limites.