démographie

sexualité éclairée

En 1971 dans la Bombe P (P pour population), Paul Ehrlich écrivait : « Nous avons besoin d’une loi qui rende obligatoire l’éducation sexuelle ».

Trente huit années plus tard, le Royaume-Uni inscrit au programme scolaire l’éducation sexuelle dès la maternelle (LeMonde du 8-9 novembre). Ce n’est pas trop tôt ! Combien de grossesses non désirées de la part d’adolescentes aura-t-il fallu attendre pour arriver enfin à cette politique. Tous les ans, près de 40 000 jeunes filles de moins de 18 ans sont enceintes, en 2007 on a même compté près de 4400 avortements chez les moins de 16 ans. Dans le secondaire, les adolescent(e)s pourront dorénavant réfléchir collectivement à ce qu’est une relation stable, aux effets des ruptures, aux différences entre les gens. Mais cette éducation sexuelle ne sera obligatoire que pour les plus de 15 ans, les milieux religieux ont encore frappé, englués qu’ils sont dans une conception morale d’un autre âge.

Paul Ehrlich poursuivait : « Quand je parle d’éducation sexuelle, je ne pense pas à des cours d’hygiène ou bien des histoires du genre « fleurs et papillons ». Il s’agit de présenter la fonction reproductrice comme une composante parmi d’autres de l’activité sexuelle, qui demande à être maîtrisée selon les besoins de l’individu et de la société. L’humanité devrait trouver le moyen de réduire l’importance conférée au rôle reproductif du sexe ». C’est là une belle illustration du malthusianisme moderne : la nécessaire limitation des naissances doit découler d’un apprentissage collectif  du rôle de la démographie dans les difficultés sociales, de l’importance de la sexualité libérée du poids de la procréation subie, de la nature des relations humaines sur une planète dont on  a dépassé la capacité de charge. En définitive, l’éducation sexuelle n’est validée que si elle dépasse une simple connaissance des techniques de la contraception pour aborder une vision systèmique permettant aux humains de se situer face à une crise systémique.

mourir de faim en 2050

D’ici à 2050, notre biosphère comptera 2,3 milliards d’êtres humains supplémentaires alors que ceux qui souffrent de la faim aujourd’hui sont déjà  plus de un milliard. Pour nourrir le surplus de population, personne n’envisage encore une maîtrise de la fécondité, sauf cas exceptionnels comme la Chine ou l’Iran. C’est criminel.

Les « experts », qui ne considèrent que les ressources alimentaires et pas du tout l’aspect démographique, pensent encore que la Terre pourra nourrir tous ses habitants (LeMonde du 17 octobre). Il suffirait de se contenter de 3000 calories par jour (dont 500 d’origine animale), contre environ 4000 actuellement dans les pays développés (dont plus de 1000 issues de la viande ou du poisson). Il suffirait d’augmenter de 70 % la production agricole de la planète, cela sans tenir compte de l’essor des biocarburants ; il suffirait pour cela d’améliorer les rendements des productions et d’accroître les surfaces cultivées. Et bien sûr, il suffirait d’ouvrir encore plus les échanges commerciaux

Or la tendance culturelle liée à l’augmentation en nombre de la classe globale privilégie la surconsommation alimentaire à base carnée. L’intensification des modes de production repose principalement sur l’utilisation du pétrole, en voie de raréfaction d’ici à 2050, et sur des technologies comme les OGM, qui n’ont pas fait la preuve de leur durabilité. Environ 10 % des terres émergées sont déjà cultivées et ce qui reste devrait être laissé en l’état vu leurs fonctions écologiques ou leur improductivité. Enfin le libre-échange n’a jamais nourri les pauvres. En Inde aujourd’hui, 44 % des enfants âgés de moins de cinq ans souffrent de malnutrition et malgré la sécheresse, le pays est exportateur net de denrée agricoles. Selon le prix Nobel d’économie Amartya Sen, ce qui restreint la demande alimentaire est non seulement l’absence de revenu, mais aussi le fait de l’existence de pays non démocratiques. En effet, l’existence d’une opposition politique nécessiterait, pour éviter la destitution, une réaction à la famine du gouvernement en place.

En l’absence d’une politique démocratique et anti-inégalitaire, en l’absence d’une acceptation d’un régime plus végétarien, en l’absence d’un soutien constant aux petits paysans, en l’absence d’une agriculture biologique centrée sur la souveraineté alimentaire, beaucoup de monde mourra de faim en 2050.

Quel est le prénom d’Alzheimer ?

Ca commence comme ça. Tout commence doucement, de petits oublis, quelques chutes inexpliquées. Alors on reste de plus en plus souvent à domicile et il y a de plus en plus d’aides extérieures. Et puis, quand on n’a pas de conjoint, on se retrouve chez ses enfants qui finissent par endosser le rôle de garde-malade 24 heures sur 24, 365 jours sur 365. Les « aidants-familiaux » aident leur malade tant aimé à aller aux toilettes, l’assistent pendant les repas, lui distribuent régulièrement ses médicaments. Et puis l’épuisement gagne, on ne peut plus faire face, on n’a plus le temps de souffler, on risque de craquer, on craque. Alors, quand on n’a pas de « plates-formes de répit » à portée de la main, c’est la maison de retraite sécurisée à 3400 euros le mois quand on a les moyens (cf. page 3 du Monde, 20-21 septembre). Le malade aimé est devenue une charge insupportable dont on se débarrasse aux bons soins de la collectivité, dans des maisons-prisons dont les pensionnaires ne reconnaissent plus personne, même les êtres les plus chers. Le patient n’est plus un « être social », il en arrive à « oublier de marcher » et reste dans son fauteuil roulant. Pourquoi alors lui rendre visite quand votre psy vous a expliqué que désormais la personne dont l’Alzheimer a évolué inéluctablement « n’est plus là » ? Que faire face à cette maladie ?

Plus on est « intelligent » et actif intellectuellement et plus on a de chances de découvrir son mal dès qu’il apparaît. Bruno Bettelheim, la grande référence en pédo-psychiatrie des années 60-70, s’étant aperçu qu’il était atteint d’Alzheimer, préféra se donner la mort. Soit donc on décide, grâce à son sens de sa responsabilité sociale, de mettre un terme à une vie qui, de toute façon perdra de jour en jour sa richesse d’humanité. Soit, quand le patient n’est plus responsable de lui-même, la collectivité qui prend en charge a le droit de se poser démocratiquement la question sur la durée de cette prise en charge…

bienfaiteur de l’humanité ?

Norman Borlaug aurait, paraît-il, sauvé un nombre incalculable de vies humaines en contribuant à vaincre des famines par ses semences à haut rendement (« révolution verte »). Mais son innovation n’a fait qu’entretenir la course sans fin  entre ressources alimentaires et population humaine. Alors que Borlaug vient de mourir (rubrique Disparitions du Monde du 18 septembre), on va consacrer mi-novembre un nouveau « Sommet mondial sur la sécurité alimentaire » dont l’objectif sera d’éradiquer la faim de la surface de la terre ! Notre mémoire collective est courte, un rapport de la FAO se terminait déjà par cette promesse en 1974 : « Dans dix ans, sur cette terre, aucun homme, aucune femme, aucun enfant n’ira au lit le ventre vide ». Nous avons aujourd’hui plus d’un milliard de personnes qui ne mangent pas à leur faim. Dans dix ans ce sera pire. Pourquoi ?

            Parce que la révolution verte nécessite beaucoup d’intrants artificiels (engrais, pesticides) dont l’approvisionnement deviendra aléatoire et coûteux avec le renchérissement du pétrole. Parce qu’elle repose sur la monoculture, méthode dangereuse de production, à la merci du développement d’un insecte résistant. Parce que, conséquence de ce qui vient d’être dit, les petits producteurs ont été écartés de cette « révolution » productiviste et capitalistique, ce qui entraîne exode rural et bidonvilles. Parce que tout accroissement de la production agricole alimente la pullulation humaine, exempte de tout prédateur.

            Soulignons que Borlaug était bien conscient de la relation perverse entre démographie et alimentation. Aux critiques, il répondait que le problème n’était pas le développement de nouvelles techniques agricoles, mais la non-maîtrise de la croissance démographique. Ce n’est pas d’un sommet alimentaire dont nous avons besoin, mais d’un sommet sur la population qui n’aurait pas peur d’affronter les tabous et de prôner méthodes contraceptives et éducation de la population aux risques de la surpopulation.

surpopulation en 2050

7 Milliards de terriens en 2012 (LeMonde du 26 août). Moi, ça m’affole. Pas mon journal préféré qui se  réjouit du regain de natalité dans les pays industrialisés (une « embellie », est-il suggéré) ! Il est vrai que l’article nous fait croire que 2,1 enfants par femme est un seuil critique : « Cet élan nataliste ne suffira pas à empêcher l’Europe de connaître rapidement – vers 2015 ou 2020 – un nombre de décès plus important que celui des naissances ». Donc la population des riches décroîtra, est-ce néfaste ? Non, car l’empreinte écologique diminuera et le Nord ne consommera plus potentiellement que 3 planètes et neuf dixièmes au lieu de 4 planètes et des poussières. Oui, car le vieillissement sera spectaculaire : d’ici à 2050, le nombre des plus de 65 ans devrait tripler. Mais la recette est simple et connue, demandez à Sarko : « Travailler plus ». Travailler plus ? Si le chômage ne connaît pas la crise vers 2015, 2020 et 2050 !

9,4 milliards de terriens en 2050, la bombe P a vraiment explosé : trois milliards de terriens supplémentaire en cinquante ans seulement. Imagine que la France passe de 60 millions à 90 millions en cinquante ans avec la croissance en berne ! Quelle serait alors ta position sur l’immigration, sur l’incapacité du système scolaire à faire face à cet afflux et sur la tension sur le marché de l’emploi ? Dans quarante ans, l’Afrique devrait même dépasser les 2 milliards d’occupants, ce qui représente un doublement de sa population. Sans doute que l’espèce homo sapiens, qui se veut au-dessus des règles de coexistence pacifique avec le reste de la planète, préfère les guerres, les famines et les différences d’espérance de vie ?

l’Allemagne décroît, chouette !

Avec son article « L’instauration d’un salaire parental n’a pas stimulé la natalité allemande » (LeMonde du 8 août), Marie de Vergès est vraiment à classer au nombre des repopulateurs. Ses expressions ne peuvent tromper : « Avec une moyenne de 8.2 naissances pour 1000 habitants, l’Allemagne est la lanterne rouge » (…) «  Avec un taux de fécondité de 1.36, l’Allemagne stagne par le bas » (…) « L’Allemagne observe avec inquiétude le déclin de sa démographie ». Elle prend parti, sans doute s’en sans rendre compte ; la mentalité française de l’élite qui pense à notre place est telle que le recul de la population allemande (168 000 personnes en 2008) paraît une abomination.

Je fais d’abord remarquer qu’il reste encore en Allemagne 82,1 millions d’habitants, soit autant que la population mondiale totale qui a explosé avec la révolution néolithique (80 millions de personnes il y a 8000 ans). Plus de 80 millions d’énergivoraces aujourd’hui sur un petit territoire, ce n’est pas rien, surtout avec le niveau actuel de consommation de l’Allemand moyen (il faudrait trois ou quatre planètes pour pouvoir se hisser tous à ce niveau). Ensuite les Allemands eux-mêmes ne s’inquiètent pas vraiment de la baisse de leur population au contraire de la ministre de la famille avec ses sept enfants (bien que médecin, aucune maîtrise de sa propre fécondité). Sa probable remplaçante, Manuela Schwesig, paraît plus perspicace : elle préconise de cesser d’examiner à la loupe les statistiques de la natalité pour davantage s’occuper des enfants qui « sont déjà là ». Et ce n’est pas parce qu’on multiplie le nombre de crèches pour permettre aux mères de devenir salariées qu’on fait le bonheur d’une famille.

Le message de Malthus, c’est-à-dire l’équilibre à préserver entre la population humaine et les ressources offertes par la Biosphère,  est toujours d’actualité. Je conseille à Marie de Vergès de lire « Essai sur le principe de population ».

morale minimaliste

Pour Ruwen Ogien, directeur de recherche au CNRS, l’éthique se doit d’être minimaliste : « Elle pourrait se résumer à un seul principe, ne pas nuire aux autres, rien de plus. L’idée d’un devoir moral à l’égard des autres ne pose pas de problème logique ou conceptuel, alors que celle d’un devoir envers soi-même en soulève beaucoup. De ce point de vue, les torts qu’on se cause à soi-même ou à des adultes consentants n’ont pas d’importance morale » (LeMonde des livres, 17 juillet). Il plaide donc pour la dépénalisation de l’euthanasie, le champ libre au  clonage humain reproductif, la liberté de procréer pour les homosexuels et les femmes âgées, l’autorisation de la gestation pour autrui. Constatons qu’il donne un droit à mourir dans la dignité, mais surtout la liberté de faire des enfants quand on veut, comme on veut.

Ruwen Ogien ne considère en fait qu’une biosphère peuplée uniquement d’humains, libre de faire tout ce qu’ils désirent du moment qu’ils ne nuisent pas à autrui. Mais les humains ne sont pas seuls sur notre petite planète, ils empiètent par leur nombre et leur activisme sur les autres espèces. Un autre philosophe de l’éthique, Arne Naess, estime que « la richesse et la diversité des formes de vie sont des valeurs en elles-mêmes ». Il en tire la conclusion que nous ne sommes pas libres de faire des enfants quand on veut, comme on veut : « L’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une diminution substantielle de la population humaine. L’épanouissement de la vie non-humaine requiert une telle diminution ». 

Arne Naess me semble moins anthropocentrique et beaucoup plus moral que Ruwen Ogien…

pour une Russie moins peuplée

Je ne vois pas en quoi « le déclin de la population » serait un « défi majeur pour un pays qui veut retrouver son rang de grande puissance ». Selon LeMonde du 16 juillet, l’ambition russe serait minée par un désastre démographique. Le quotidien transforme en mal ce qui n’est qu’un bien : toute décroissance de la population humaine allège pour partie le poids démesuré que fait peser l’espèce humaine sur les écosystèmes. Ce n’est pas parce qu’on ressasse depuis des centaines d’année qu’ « il n’y a de richesse que d’hommes » (Jean Bodin, 16e siècle) que cela en fait une vérité Déjà la bible nous incitait à croître et multiplier : fariboles et croyances insensées !

La Russie perdrait sans doute 11 millions de personnes entre 2008 et 2025, il en restera quand même 131 millions, et plein d’ogives nucléaires. Ce n’est pas la quantité d’homme qui fait la puissance, c’est la sagesse de sa technique et la qualité de sa population. Je préfère une biosphère peuplée de quelques millions de personnes en harmonie avec la nature plutôt que saturée par des centaines de millions d’alcooliques et de jeunes sans avenir sur une planète surpeuplée.

Obama est-il schizo ?

Obama est schizophrène. Il peut promettre une aide alimentaire de 20 milliards à l’Afrique et affirmer dans le même temps que les Africains doivent être responsables d’eux-mêmes (LeMonde du 12-13 juillet). Pourtant chacun sait que pour devenir responsable, il faut lancer son propre filet de pêche, pas importer des poissons. Qu’Obama commence d’abord à supprimer les subventions versées aux agriculteurs américains, et les Africains commenceront à pouvoir aller vers leur souveraineté alimentaire. Que l’Afrique s’occupe de son agriculture vivrière et pas de ses cultures d’exportation ; que l’Afrique consolide  ses circuits commerciaux courts et n’attende pas de rentes du tourisme ou des multinationales pétrolières ; que l’Afrique ne singe pas le mode de vie américanisé et retrouve ses solidarités coutumières ! Alors son autonomie sera plus durable. Il faudrait ajouter que toute problématique alimentaire est indissociable de l’évolution démographique.

Obama s’engage auprès du pape à « faire tout son possible pour réduire le nombre des avortements ». Il ferait mieux de déclarer à l’Afrique que le préservatif sert autant à limiter les naissances qu’à éviter les avortements. Il n’y a pas de sécurité alimentaire quand la population progresse plus vite que ses ressources alimentaires.

Obama devrait lire Malthus plutôt que fréquenter Benoît 16. Obama, c’est un peu mieux que George W.Bush, mais ce n’est pas encore l’idéal.

décroissance démographique

Réponse à des questions posées par Bruno Clémentin, rédacteur de La Décroissance, à biosphere : « Comment envisager d’assurer la décroissance rapide de la population humaine ? »

Biosphere : Je précise d’abord que je n’ai jamais envisagé une décroissance « rapide » de la population parce que c’est impossible. Par exemple, certains sociologues analysent que les guerres servent d’infanticide différé et les pertes humaines peuvent malheureusement être très nombreuses. Mais ces événements conjoncturels sont suivis le plus souvent par un boom démographique, il n’y a donc pas décroissance. Pour moi personnellement la « rapidité » n’est pas un enjeu car je ne vis pas dans l’attente de résultats ; il me suffit de vivre de façon intègre et en harmonie avec ce que je crois. 

Q : mais aucun des débatteurs ou « théoricien » de la dénatalité ne  répond à deux questions fondamentales :

1 – par qui on commence ?

2 – comment on fait ?

biosphere :

1) par qui on commence apporte beaucoup trop de réponses possibles. En effet les humains ont tellement de façon de s’entretuer après s’être trouvé un ennemi que l’humain à abattre n’est pas désigné par avance. En tant qu’objecteur de conscience, je ne me sens pas concerné par ce type de solution militarisée (la guerre comme infanticide différé). Il faudrait donc commencer par soi, devenir objecteur de croissance : notre sens des limites devrait porter aussi bien sur nos consommations personnelles (simplicité volontaire) que sur notre fécondité.

2) comment on fait la dénatalité ? Par la limitation volontaire des naissances, on a tellement de moyens techniques pour cela. Ainsi les malthusiens se sont exprimés en France et ailleurs de façon indirecte, par la création du planning familial, du MLAC et du MLF. Aujourd’hui le préservatif n’est pas d’abord un moyen de lutte contre le SIDA, mais un moyen de limiter sa fécondité naturelle.

Voyons ensuite le  point de vue d’Albert Jacquart, à méditer dans son aspect « limitation des libertés » : « Devant les dangers d’une Terre saturée d’hommes, la tentation est grande de renoncer peu à peu à ce  luxe inutile qu’est la liberté. Dans quelques siècles, la fécondité  leur sera peut-être imposée, la gestion de leur effectif résultera des calculs de quelques ordinateurs. Le seul espoir est que les pays  riches mettent une part de leurs ressources surabondantes à la  disposition des systèmes éducatifs des pays pauvres ».

L’éducation est donc une autre réponse possible pour une gouvernance  démographique, à commencer par l’éducation des femmes : par exemple le taux de scolarisation entre garçons et fille est encore trop inégal dans les pays moins développés. Le statut de « mère » est  encore trop valorisé dans les pays riches malgré les discours de Simone de Beauvoir. Or les études montrent que des femmes mieux éduquées limitent le pouvoir des hommes et contrôlent mieux leur fécondité.

Le point de vue d’Yves Cochet d’allocations familiales inversées se comprend aussi face à un Etat français ouvertement repopulateur. Mais si l’Etat était vraiment neutre en matière démographique comme je le voudrais, il ne verserait aux couples voulant des enfants aucune bonification ou sanctions. 

Q : une « politique » ne peut se satisfaire du « on commence d’abord par soi », elle est la somme des actions en vue d’un but appliqué, avec ou sans leur consentement, à des collectifs : pour ceux qui veulent faire de la démographie une politique, il faut exprimer clairement le but : quelle quantité d’être humains, à quelle échéance, le reste est vraiment une perte de temps.

biosphere : La politique ne consiste pas seulement à faire du chiffre. Le gouvernement chinois ne dit pas qu’il désire atteindre 1 milliard ou 600 millions de Chinois dans 5 ans ou dans trois générations. Il se contente de dire que la population chinoise est devenue trop importante en application de l’article 25 de leur constitution. Il a donc mis en place une politique de l’enfant unique, assorti de règles et de sanctions si on n’applique pas la norme.

Si j’avais à présenter un programme politique en France, je dirais que l’empreinte écologique des français est telle que nous ne pouvons pas généraliser notre mode de vie. Il faudrait donc construire à la fois une décroissance  économique par la limitation des besoins et une décroissance démographique grâce à la neutralité de l’Etat en matière d’allocations familiales et de quotient familial (qui seraient donc supprimés). Dans l’éducation nationale, il serait mis en place une éducation des enfants à être futurs parents avec présentation de l’égalité homme-femme, ce qui refroidirait déjà les ardeurs procréatrices de certains. L’éducation sexuelle ne serait pas limitée à la présentation des moyens de contraception, mais à la responsabilité des couples par rapport aux limites de la planète. Il nous faut une éducation  systémique face à une crise systémique.  

Q : Le « contrôle de la population » n’est PAS le contrôle des naissances.

biosphere : Revenons à la base, ce que disait Malthus. Il constatait une rupture inéluctable entre notre ponction sur les ressources agricoles, soumise à la loi des rendement décroissants, et un accroissement exponentiel de la population dans les conditions naturelles de notre fécondité. Loin de lui l’idée de « contrôler la population », depuis le contrôle aux frontières jusqu’aux fichage des autochtones ! Il suffirait de contrôler la natalité. Mais comme Malthus ressemblait aux papes actuels, il refusait  les moyens de contraception pour ne retenir que la limitation de notre sexualité. Selon Malthus, si nous ne contrôlons pas notre natalité, alors il y aura contrôle de la population par augmentation de la mortalité (famine, épidémies et guerres).  

Q : Le contrôle des naissances n’est pas réduit à l’éducation et la liberté des femmes mais autant par la liberté et l’éducation des hommes, c’est pour avoir méconnu (et méconnaître) cette évidence que les « malthusiens » tourne en rond.

biosphere : il s’agit bien sûr d’éduquer à la fois les hommes et les femmes. Pour Malthus, cela passait par l’intériorisation des couples du nécessaire retard à l’âge du mariage et à l’acceptation d’une abstinence prolongée. Tu ne peux pas reprocher au discours de Malthus, ponctuel et daté historiquement, d’être incomplet.

Q : L’éducation et la liberté des hommes et des femmes n’est pas « négociable »et ne doit pas être assujetti à des demandes annexes, sauf à se conduire comme les colons et les missionnaires religieux).

 

biosphere : je ne comprends pas à quoi tu fais implicitement référence dans cette phrase…

 
Q : pour illustrer mes propos montrant que se focaliser sur le contrôle des naissances est inopérant, lorsque René Dumont visite la Chine (en 1975), il sort cette énormité (vu d’aujourd’hui) et Dumont n’était pas un plaisantin et connaissait le sujet : « … cette baisse du taux de croissance [de la population, mais il ne parle que de la baisse contrôlée de la natalité…] va se poursuivre sans doute de plus en plus rapidement ; la Chine  ne dépassera  peut-être pas le chiffre fatidique d’un milliard d’habitants… » ; il ne s’est trompé que de 500 millions… sur moins de deux générations ; c’est là une démonstration s’il en fallait une de l’échec absolu du contrôle de la population par le contrôle des naissances »

biosphere : La Chine grâce à sa politique de l’enfant unique a économisé 400 millions de naissance. Cela ne veut pas dire que c’est un succès, cela ne veut pas dire non plus que c’est un échec. Une gouvernance démographique est très difficile à mettre en place, en Chine il y a la préférence pour les garçons, le travail de la terre, l’absence de régime retraite… et même la volonté des riches chinois de faire autant d’enfants qu’ils le veulent puisqu’ils peuvent assumer les amendes. En France, les résistances seraient aussi fortes pour d’autres raisons : il y a le lobby des démographes, le soutien d’une grande partie des intellectuels…

Q : Enfin il y a un préambule, si on parle de contrôle de la population dans un « cadre » écologique ou de soutenabilité ou de « capacité de charge », c’est la limite posée du nombre optimal d’être humains sur terre. Sauf à parler dans le vide, tu dois donc donner le nombre que tu juges optimal.

 

biosphere : en 1970, une étude des Nations unies répondait à la question suivante : « Etant donné la capacité agricole et industrielle mondiale, le développement technologique et l’exploitation des ressources, combien de personnes pourrait-on faire vivre sur Terre avec le niveau de vie actuel de l’Américain moyen ? La réponse était : 500 millions tout juste. » Actualisons.

Selon Yves Cochet, « Il existe une corrélation historique entre la quantité totale d’énergie dans le monde et, d’un autre, le niveau démographique et le niveau de vie. Cette corrélation est si forte qu’on peut émettre l’hypothèse d’une causalité : moins il y aura d’énergie disponible, moins la planète pourra accueillir d’individus à un certain niveau de vie. Si cette hypothèse est vraie, comme je le crois, le nombre maximal d’humains sur terre, au niveau de vie moyen actuel, déclinera d’environ 7 milliards vers 2025 à environ 5 milliards en 2050, puis 2 à 3 milliards en 2100. En résumant dans l’expression « niveau de vie moyen » de la Terre le rapport entre la consommation d’énergie par personne et le nombre de la population, on pourrait énoncer que plus le niveau de vie est élevé, moins la planète peut accueillir de personnes. »

A part le blocage énergétique, il y a bien d’autres signes qui montrent que la capacité de charge de notre planète ne peut suffire à notre population actuelle. De toute façon, je n’ai pas à donner un nombre optimal car la meilleure chose qui soit possible est la résultante de déterminants innombrables. Pour résumer, il faut à la fois parler du nombre d’habitants à un moment donné sur un territoire donné, de leur taux de croissance démographique, des échanges durables ou non avec les autres territoires, de leur volonté de puiser plus ou moins fortement dans les ressources de la planète (niveau de vie), c’est-à-dire de l’évolution des besoins économiques qui dépendent aussi de considérations sociologiques, etc.

Le problème avec les humains, c’est qu’il adaptent le milieu et qu’ils savent s’adapter. Des rats dans une cage, même bien nourris, ne supportent pas une densité trop forte ; on peut entasser des humains dans des trains à cause de l’idéologie du lebensraum allemand, ils ne diront rien ou presque. Car le problème essentiel, c’est que nous avons restreint dans de fortes proportions notre espace vital et que nous subissons tous les désagréments d’une surpopulation absolue. Cela est d’autant plus dangereux que la méthode ancestrale de migration à cause de la surpopulation relative d’un territoire ne peut plus servir de soupape de sécurité. 

Q : « quand tu confronteras ces deux données physiques (le nombre actuel et celui à obtenir), il te faudra alors choisir par qui tu commences »

biosphere : comme je me situe dans une perspective de contrôle de la natalité librement choisi par les individus et les communautés, je t’ai déjà expliqué par quoi on commence : on agit d’abord sur soi-même et sur sa propre fécondité, on fait aussi de l’éducation (empreinte écologique, réchauffement climatique, pic énergétique, capacité de charge, problème migratoire…). Si les humains préfèrent la famine, la guerre ou les épidémies pour contrôler leur population de façon non choisie (par la mortalité), moi cela ne me concerne plus.

            Je veux ajouter cependant une réflexion importante pour qui veut défendre les intérêts de la Biosphère. Jusqu’à présent nous n’avons envisagé que la taille de la population humaine face aux ressources limitées de la planète. Il ne faudrait pas oublier que l’expansionnisme humain (démographique et économique) réduit l’espace vital de toutes les autres espèces, d’où la dramatique perte de biodiversité que nous connaissons à l’heure actuelle. C’est aussi pour cela que la philosophie de l’écologie profonde est pour moi incontournable…

école des parents

Ecole des parents ou cirque médiatique ? La téléréalité s’empare de vrais bébés en Allemagne (supplément télévisons du Monde, 25 au 31 mai). Des adolescents de 16 à 19 ans se voient confier un vrai bébé pendant quatre jours. Il est vrai que de plus en plus de couples mettent au monde des enfants sans avoir la maturité requise. Mais ce n’est pas un show télé qu’il faut mettre en place, tout au contraire une vraie école des parents, systématique et  généralisée. L’idée est ancienne.

En 1971 dans La Bombe P, Paul Ehrlich réclame une loi qui rende obligatoire l’éducation sexuelle. Quand il parle d’éducation sexuelle, il ne pense pas à des cours d’hygiène ou bien des histoires du genre « fleurs et papillons ». Il s’agit de présenter la fonction reproductrice comme une composante parmi d’autres de l’activité sexuelle, qui demande à être maîtrisée selon les besoins de l’individu et de la société. Selon lui, l’humanité devrait trouver le moyen de réduire l’importance conférée au rôle reproductif du sexe. Il s’agira en particulier de découvrir des valeurs nouvelles pour remplacer ce sentiment de plénitude que la femme retire du don de la vie, et cette satisfaction de l’ego engendrée chez le père par le spectacle d’une nombreuse progéniture. Il s’agit en fait de politique démographique destinée à décourager la natalité. Un bureau de la Population et de l’Environnement devrait être créé pour apprécier le niveau de peuplement optimal, et préconiser les mesures permettant d’y arriver. Ce BPE devrait coordonner politique démographique, protection de l’environnement et gestion des ressources.

Il ne s’agit pas de mesurer médiatiquement la  capacité des adolescents à pouponner, il s’agit de leur faire prendre conscience des enjeux globaux dans un contexte de surpopulation humaine.

échapper au marché

La gestation pour autrui est en débat, LeMonde du 23 mai y consacre plus de deux pages. Comme d’habitude, il y a le pour et le contre, le Conseil d’Etat donne son avis, experts et associations s’étripent, rien n’est résolu. Reconnaissons que c’est là la caractéristique de notre démocratie, un lieu a priori vide dans lequel le dernier consensus social va faire force de loi…temporairement. La légitimité, toujours en mouvement, devient légalité, puis une nouvelle légitimité apparaît qui transforme les textes de loi et ainsi de suite. Normal. Mais il y a certains principes qui ne devraient pas bouger, des catégories servant de fondement aux décisions judiciaires, des référents universels, des valeurs qui nous permettent en soi de classer le bien et le mal.

Pour les partisans de la GPA (des multiples formes de procréations médicalement assistées), il s’agit de combler le désir d’enfant d’un couple stérile. Dans ce cas, les valeurs sur lesquelles reposent sur la primauté du choix individuel et l’importance de l’enfant. Mais le sens ultime du droit devrait être le primat de la responsabilité collective sur la liberté des personnes ; nos choix individuels ne peuvent oublier les nécessités sociales. Il n’y a pas de solidarité sociale à avoir en matière de couples stériles. En effet, puisque notre planète est surpeuplée, le toujours plus en matière de nombre d’enfants n’est pas une sage décision. Si une femme  comprend que son destin de femme n’est pas de faire des enfants, elle accepte sa stérilité en se consacrant aux enfants des autres ou à toutes les autres activités qui s’offrent à elle. Si une femme est suffisamment intoxiquée par la « nécessité » d’être mère, elle peut toujours adopter un enfant. Notre solidarité doit s’exercer pour supporter au mieux la détérioration de nos écosystèmes et les pressions socio-économiques que la société thermo-industrielle multiplient contre nous. Pas pour satisfaire des egocentrismes.  

Notre société libérale actuelle raisonne comme si tout devait se comporter comme un marché. Il y a une demande d’enfant, il suffit donc de fabriquer une offre. Peu importe le prix financier, socio-psychologique et écologique à payer. Accepter sa stérilité, c’est tout au contraire échapper au marché, c’est valoriser le sens de sa responsabilité collective dans ses choix individuels. Construire un avenir durable, telle est la valeur fondamentale qui devrait guider notre appareillage législatif.

l’affreux Malthus

Critique d’un vieux livre, dix ans déjà, de Jean Ziegler, la faim dans le monde expliqué à mon fils. Il est vraiment  dommage que notre société ne se rende pas compte à quel point les thèses malthusiennes ont aujourd’hui toute leur validité. 

Le dialogue commence fort mal :

« – Je n’arrive pas à comprendre comment, à l’approche de l’an 2000 et sur une planète si riche, tant de gens continuent à mourir de faim.

« – Tu as raison, Karim. » 

Jean Ziegler suppose que son fils Karim sait de source sûre que notre planète est riche. Mais la richesse est-elle d’argent ? On peut déjà douter : notre planète regorge de monnaie, mais cela ne veut pas dire grand chose quand on a connu le tsunami financier de 2008. La richesse est-elle celle de la productivité des sols ? Notre biosphère connaît un déséquilibre croissant des écosystèmes, la détérioration de la biomasse, l’épuisement des ressources fossiles qui comptent tant dans le rendement agricole actuel, la pénurie croissante d’eau dont l’agriculture a pourtant tant besoin. Notre planète n’est pas riche, elle est percluse de dettes monétaires et écologiques : les pauvres survivent dans l’économie informelle, les riches vivent à crédit, l’empreinte écologique de l’humanité dépasse déjà les possibilités de la planète. D’ailleurs Ziegler termine son ouvrage sur les réfugiés écologiques suite à la désertification, la déforestation et le déséquilibre climatique.  

Jean Ziegler se situe a priori du côté de Marx contre Malthus : « Les capacités de production – y compris agricoles – de l’humanité sont développées d’une façon extraordinaire. Il n’y plus aujourd’hui un manque objectif de biens, comme le disait Marx, il y a surabondance ». Son attaque contre Malthus est proche de la diffamation : – Ziegler : Une théorie fait des ravages en Occident : celle de la sélection naturelle. C’est une théorie perverse ! Le nombre des hommes sur Terre augmentant sans cesse, les famines assureraient une sorte de fonction régulatrice. 

– son fils : Qui a inventé une théorie aussi affreuse ?

– Ziegler : C’est un pasteur anglican du nom de Thomas Malthus qui a vécu en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle.

– Comment a-t-on pu croire à la théorie de ce Malthus ?

– La réponse est simple, Karim. Cette théorie est archi-fausse, mais pour calmer leur mauvaise conscience, certains se raccrochent à la pseudo-science de Malthus qui permet de refouler l’horreur. »

Avec cette présentation, Jean Ziegler montre une méconnaissance totale de Malthus. Il suffit d’ouvrir le petit Larousse illustré de 2000 pour s’apercevoir que le terme malthusianisme veut dire simplement « Toute doctrine préconisant une restriction de la procréation ». Malthus veut éviter les « obstacles destructifs » ou mode naturel de régulation comme la famine, les guerres et les épidémies. En termes modernes, Malthus préfère la prévention et serait un chaud partisan du planning familial ! De plus la sélection naturelle dont parle Ziegler n’est pas de Malthus, c’est l’idée centrale de Darwin*. Paradoxalement, Ziegler lui-même trouve qu’une sélection est parfois inévitable, par exemple en Ethiopie pour faire le tri entre ceux qui avaient une chance de survivre et ceux qui allaient mourir à brève échéance :

– Comment ose-ton refuser de la nourriture à un enfant qui meurt de faim ?

– La sélection, Karim ! Ce petit ruban de plastique qui se referme autour du maigre poignet du petit squelette. Et l’infirmière qui doit dire à une mère : « Ton enfant est trop atteint, nos rations sont en nombre limité, et je ne peux lui donner le bracelet ». Ce que j’ai vu, il y a quinze ans, en Ethiopie, se reproduit actuellement tous les jours, du Tchad au Soudan, de la Sierra Leone à la Somalie. 

Quant à l’idée de Ziegler de « calmer la mauvaise conscience », elle est extraite quasi-directement d’un commentaire de Karl Marx en 1848 : « La théorie malthusienne, appelée volontiers loi naturelle, à savoir que la population croit plus vite que les moyens de subsistance, a été accueillie par le bourgeois avec d’autant plus de faveur qu’elle tranquillise sa conscience, qu’elle fait de la dureté de son cœur un devoir moral, transforme des conséquences sociales en conséquences naturelles, et qu’elle lui fournit enfin l’occasion de regarder sans remuer le petit doigt la ruine du prolétariat du fait de la famine avec la même tranquillité que d’autres événements naturels. Elle lui permet de considérer la misère du prolétariat comme étant de sa propre faute ; le prolétariat n’a qu’à mettre un frein, n’est-ce pas, par sa raison, à l’instinct de nature et empêcher par son contrôle moral la loi naturelle de prendre un développement pernicieux. »

Marx croyait qu’il suffisait de faire la révolution en supprimant le capitalisme pour que chacun puisse obtenir selon ses besoins. Nul besoin de se préoccuper de savoir si les rendements agricoles seront durablement suffisants pour nourrir une population croissante. Nul besoin pour Ziegler de mesurer le potentiel agricole de la planète. Or nous ne pouvons parler de la faim dans le monde que si nous analysons en même temps l’évolution des ressources alimentaires et l’évolution de la démographie humaine. Et je ne dirai rien de plus sur le fait que l’anthropisation des sols nécessaire à l’activité humaine réduit dangereusement la biodiversité. L’ouvrage de Ziegler est seulement centré sur le constat de famine ici et là dans le monde pour affirmer que la faim n’est pas une fatalité « si la distribution des aliments sur la Terre était juste ».

Selon Ziegler, s’il n’y avait plus de seigneurs de la guerre, s’il y avait des gouvernements dignes de ce nom, s’il n’y avait pas une oligarchie avide… les forces de production agricole pourraient nourrir sans problème plus de 12 milliards d’êtres humains. Il n’y a aucun démonstration d’une telle générosité de la Nature car pour Ziegler, ex-rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation, le Programme alimentaire mondial de la FAO pourrait assurer une distribution équitable de la nourriture sur terre. Mais il ajoute qu’en 1998, le PAM a dû interrompre son aide dans certains lieux faute de moyens. Il précise qu’un quart de la récolte céréalière mondiale est chaque année utilisé pour nourrir les bœufs des pays riches et que les spéculateurs de la Bourse de Chicago manipulent les prix des céréales à leur guise. Mais Ziegler ne fait aucun publicité pour les végétariens et se garde bien de condamner le système capitaliste libéral.

Il pense même que les combattants de la faim prolongent les guerres et nourrissent les assassins. La nourriture n’arrive pas toujours aux plus démunis, elle est détournée. Mais « la vie d’un enfant n’a pas de prix. Et tant pis si les assassins prélèvent leur part sur le chargement d’un  cargo ». Le problème avec ce type de raisonnement, c’est qu’on panse quelques plaies à court terme, mais qu’on laisse les causes de la famine amplifier leurs effets. Notons aussi avec Ziegler que l’arme alimentaire est utilisée autant dans les pays pauvres que par les pays riches ou des sociétés multinationales. C’est tout l’ensemble des rapports géopolitiques qu’il faudrait revoir. Distribuer quelques sacs de farine ne sert à rien ou presque. 

L’ouvrage de Ziegler est incantatoire, comme le fut le rapport de la FAO en 1974 qui se terminait par cette promesse : « Dans dix ans, sur cette terre, aucun homme, aucune femme, aucun enfant n’ira au lit le ventre vide ». La famine est devenue structurelle, les solutions ne peuvent que passer par la mise en œuvre de tous les moyens d’y remédier. L’héritage de Malthus et de Marx n’est pas contradictoire, il est complémentaire : lutte contre les inégalités, lutte contre les gouvernements corrompus, lutte contre l’appropriation privée des biens communs, mise en place du planning familial, de la liberté de contraception et de l’interruption volontaire de grossesse, éducation des citoyens qui doivent connaître l’état désastreux de la planète que la surconsommation des pays riches arrive si bien  à cacher. Et le message essentiel à défendre doit être fortement exprimé :

Il ne sert à rien de donner aux affamés du poisson quand on fait en sorte de leur interdire de pêcher. 

* Pour être plus précis,  Darwin écrit dans Life and letters que l’idée de la sélection naturelle lui est venue en lisant L’Essai sur le principe de population de Malthus. En effet, on peut retrouver dans les thèses malthusiennes les prémices du concept de « struggle for life ». Le révérend Malthus applique l’idée de lutte pour la vie à la lutte des populations pour l’espace : c’est un penseur de la rareté et la rareté fait pression, elle sélectionne. De son côté, Darwin fait de la lutte pour la vie, la lutte des populations pour l’espèce : la lutte pour l’existence chez les animaux et plantes amène une sélection naturelle ou encore la survivance des espèces les plus adaptées. En fait, Malthus avait mis l’accent sur l’aspect quantitatif de la population.

ils préfèrent le H1N1

En 2006, le directeur de l’OMS pour l’Europe Marc Danzon, en était sûr : « Aucun expert n’a laissé espéré que la pandémie aviaire n’arrivera pas un jour. L’incertitude porte sur le degré de sévérité qu’elle revêtira. Dans les dix ans à venir, il y aura une pandémie due à un virus qui se sera échappé du règne animal. » Mais qui est responsable ? Les oiseaux sauvages ont été accusés d’être la source du H5N1 aviaire. En fait le responsable était l’élevage des volailles en batterie. Maintenant surgit un H1N1 porcin. Le risque pandémique lié au H1N1 actuel est lié comme celui du virus aviaire de la trop grande concentration des cochons en batterie. La source de l’épidémie actuelle serait en en effet les élevages de porcs aux conditions d’hygiène scandaleuses, charognes pourrissant à l’air libre, excréments polluants directement les environs (dixit LeMonde du 29 avril).

Cette vie de cochons est à l’image de la vie des poules qui est à l’image de la vie des humains comme l’exprimait si bien  Armand Farrachi dans son livre Les poules préfèrent les cages : « L’objectif à peine dissimulé de l’économie mondialisée est de soumettre le vivant aux conditions de l’industrie. En ce sens le sort des poules en cage, qui ne vivent plus nulle part à l’état sauvage, qui n’ont plus aucun milieu naturel pour les accueillir, augure ainsi du nôtre. Il est possible dans notre monde actuel de prouver que les poules préfèrent les cages, que les otaries préfèrent  les cirques, les poissons les bocaux, les Indiens les réserves, les humains les cités. Si les poules préfèrent les cages, on ne voit donc pas pourquoi les humains ne préfèreraient pas les conditions qui leur sont faites, aussi pénibles, aussi outrageantes soient-elles, à une liberté dont ils ne sauraient faire bon usage et qu’ils retourneraient contre eux-mêmes. Les instituts de sondage, les enquêtes d’opinion et les études de marché prouvent statistiquement qu’un citoyen normal préfère l’anesthésie des jeux télévisés et des parcs de loisirs pour se sentir en sécurité, ne pas éprouver de douleur, ne pas présenter de symptômes d’ennui et de frustration. Il importe peu de savoir comment la volaille humaine s’épanouirait au grand air, mais à quel prix elle préférerait une cage.  »

Concentration des poules, concentration des porcs, concentration des hommes, camps de concentration. Pourquoi avoir refusé de voir cette continuité ? Pourquoi la génération actuelle admet-elle l’inadmissible ? Les humains mettent en place tous les ingrédients d’apparition d’un virus mortel. Les humains préfèrent le H1N1 !

mettez un préservatif

Pour qui réfléchit, il est absolument anodin que le pape ait dit ceci ou cela. Benoît 16 n’est qu’un humain ordinaire qui dit comme tout un chacun des conneries : « On ne peut résoudre le problème du sida en distribuant des préservatifs : au contraire, cela augmente le problème » (LeMonde du 21 mars). Il dit même des conneries sur une question dont il savait à l’avance qu’elle lui serait posée. Josef Ratzinger est vraiment un humain ordinaire.

Moi, ce qui m’horripile vraiment, c’est que tout le monde semble oublier que le préservatif n’a pas été inventé pour lutter contre le sida ! Le préservatif est d’abord un moyen de contraception. Mais la propagande antinataliste est interdite, que ce soit par l’Eglise catholique, le culte musulman ou la plupart des pays dont la France. Je rappelle l’article 5 de la loi n° 67-1176 du 28 décembre 1967 relative à la régulation des naissances : « Toute propagande antinataliste est interdite. Toute propagande et toute publicité commerciale directe ou indirecte concernant les médicaments produits ou objets de nature à prévenir la grossesse ou les méthodes contraceptives sont interdites, sauf dans les publications réservées aux médecins et aux pharmaciens ».

Je rappelle que le premier fléau qui pèse sur la biosphère, c’est la pullulation humaine. Frères humains de tous les pays, mettez un préservatif à défaut d’autres moyens de contraception. Frères humains, limitez le nombre des naissances et la planète en sera soulagée…

Alzheimer et DMD

En ce jour où Le Monde ne paraît pas pour cause de grève, je m’interroge sur le DMD, droit de mourir dans la dignité. Qu’en est-il de ce problème philosophique que pose la maladie d’Alzheimer ? Les patients  restent-ils des « êtres sociaux » comme le postule le livre de Fabrice Gzil (LeMonde du 18 mars) ?

Le témoignage d’un ami : « En ce qui concerne ma femme, elle a commencé à « débloquer » à qq occasions (hallucinations devant la télé, perte d’objets qu’elle accusait tel ou tel de le lui avoir volé, avant de le retrouver sans en informer ou s’excuser, expulsion d’amis sans motif) dès 1996. Dès 97 j’avais fini par m’inquiéter de ses clashs, et après une émission TV sur le sujet je n’avais plus de doute et en janvier 98, tous les examens (scanner et autres) ne permettaient plus de doute. Même après le diagnostic, Annie n’a jamais fait allusion à sa maladie, attribuant ses absences de mémoire à « sa tête de linotte », et sa non-activité extérieure et intérieure à de la « fatigue ».

A partir de 98, Annie a progressivement et en douceur, sans qu’on s’en aperçoive et qu’elle le signale, arrêtez toutes ses activités habituelles : religieuses (catéchismes, prières, messes quotidiennes, etc.) qui l’occupaient pq entièrement, courrier, téléphone, utilisation de la voiture, cuisine, pour finir par le repassage. Par contre, demande de promenades à pied quotidiennes et premières fugues en France et à l’étranger… En 2000, elle devient incontinente de nuit jq au jour où elle devient incontinente de jour dans des endroits (église, voiture) où cela pose pb. On finit par rester à la maison. Et en avril 2004 j’ai dû me résoudre, la mort dans l’âme, à la placer en maison de retraite. Au début, et pt 2 ans nous faisions le tour du parc en échangeant qq paroles : je l’informais de tt ce que faisait la famille. Puis les promenades se sont progressivement raccourcies car elle montrait de la fatigue, puis se sont arrêtées…

Dernière étape : avril 2007 crise d’épilepsie, phlébite et embolie cérébrale, hôpital où on « la sauve », alors que je n’avais cessé de demander, à notre médecin traitant, à la maison de retraite , à l’hôpital, « pas d’acharnement thérapeutique ni pour elle ni pour moi ». J’avais mm écrit un texte confirmant ma demande, mais personne n’a voulu accepter ce manuscrit (les médecins ayant même refusé de me donner le formulaire officiel pour une telle demande). Depuis on dit qu’« elle a oublié de marcher », elle est en fauteuil roulant, ne parle plus sinon en chantonnement monotone et refuse les bises. Je ne sais pas si elle me reconnaît, on me dit que si, et aussi qu’on ne peut savoir ce qui se passe pas dans sa tête, elle ne souffre pas, est souriante en général avec des passages au noir, où elle semble totalement absente. Depuis qu’elle est en maison de retraite ma psy que je vois une fois par trimestre m’encourage à ne plus aller la voir : « elle n’est plus là », me dit-elle. Mais elle ne m’a pas encore convaincu, d’autant plus qu’il y a tj des pb à régler, administratifs, paiements, vêtements etc.

Pour en revenir à la question posée par l’Alz. souvent je souhaiterais son absence plutôt que sa maladie. Et durant les 1ères années de sa maladie, durant les nuits, mon cerveau élucubrait toutes sortes de scénarios pour qu’on puisse partir ensemble sans souffrir et pt que l’amour nous faisait encore vivre. Mais je n’ai jamais réussi à trouver le bon, et malgré moi j’ai continué à tt faire sans réfléchir ni décider, pour profiter jq au bout des dernières étincelles de sa vie humaine, en espérant partir avant elle. Donc, quand aurait-il été judicieux d’abréger les souffrances qu’elles nous imposent par son état infra-humain ? Avant la mise en maison de retraite ?

Je me suis posé la question cruciale de savoir si les personnes atteintes d’Alzheimer se rendaient compte de leur atteinte et donc pouvaient préparer leur avenir, voire leur fin. La réponse est claire, et je l’ai déjà entendue qq part : la prise de conscience de la maladie est directement liée au niveau d’intelligence du sujet, à ses activités mentales, etc. Id est, plus on est « intelligent » et actif intellectuellement et plus on a de chances de découvrir son mal dès qu’il apparaît. Bruno Bettelheim, la grande référence en pédo-psychiatrie des années 60-70 s’étant aperçu qu’il était atteint d’Alzheimer, préféra se donner la mort. En résumé, soit on a, grâce à ses capacités et activités intellectuelles, les avertissements des premières atteintes et on peut à ce moment-là, si on le décide, mettre un terme à une vie qui, de toute façon va vers sa fin en perdant de jour en jour sa richesse d’humanité ; mais comment ? Cela reste pour moi le très grand problème, le problème n°1 en ce début du XXI° s, qu’aucune des sociétés précédentes n’a été capable d’affronter. Pour moi je revendique et le ferai jq au bout le droit à ma mort. En attendant que l’hypocrisie sociale, politique, médicale et religieuse prenne fin, en souhaitant à nos gouvernants actuels qui font barrage aujourd’hui, de crever de la pire des façons quand leur tour sera venu, et qu’alors ils ne trouvent pas plus de compassion qu’ils n’en montrent aujourd’hui.

Histoire complémentaire : Le romancier flamand Hugo Claus a choisi de mourir par euthanasie alors qu’il n’était qu’au premier stade de la maladie d’Alzheimer (LeMonde du 21 mars 2008). Il a déterminé le moment de sa mort, la Belgique ayant légalisé le droit à mourir. Mais il ne souffrait pas, il était loin du terme ultime de sa maladie, il était encore en pleine possession de ses moyens.

Encore une fois des questions fondamentales se posent : à partir de quel moment un individu peut-il disposer librement de sa vie ? Avec quelle aide de l’Etat de droit ? Et comment, avec une potion létale qu’on pourrait trouver en pharmacie ?

la voix de Leridon

Enfer et abomination. Le titre qui barre la page du Monde du 7 mars ne fait pas dans la dentelle : « Les programmes de contrôle des naissances ne sont plus d’actualité ». C’est ainsi que s’exprime la voix ainsi officialisée du démographe Henri Leridon, premier titulaire de la chaire développement durable du Collège de France. Mais dans l’interview, nulle trace d’une quelconque préoccupation environnementale, pourtant au cœur de la problématique du développement durable. Comment gérer durablement une population qui a quasiment triplé en un demi-siècle, passant de 2,535 milliards en 1950 à 6,828 milliards en 2009 ? Comment la Biosphère va-t-elle pouvoir nourrir et faire consommer 9,191 milliards d’humains en 2050 ? La question demeure sans réponse ! Les démographes sont avant tout des spécialistes du dénombrement, pas des généralistes du développement durable. Mais ils restent, surtout en France idéologiquement anti-malthusiens. Henri Leridon ne fait pas exception :

– « La question du nombre optimum n’est pas d’une grande utilité pratique ».

Pourquoi donc s’interdire de réfléchir à ce qui serait la meilleure façon de concilier le nombre d’hommes et les possibilités de la Biosphère ? 

– « Le solde nécessaire pour un renouvellement des générations s’établit autour de 2,15 enfants par femme ».

Ah il y aurait donc un optimum, la stabilité de la population mondiale à 9 milliards après 2050 ! Combien de chômeurs et d’affamés ?

– « Les programmes de contrôle des naissances ne me semblent plus d’actualité ».

La Chine pourrait donc abandonner sa politique de l’enfant unique ? Les douze pays africains qui connaissent un taux de croissance de 3 % (doublement de la population en 23 ans) devraient-ils se croiser les bras ?

Richard Heinberg (Pétrole, la fête est finie !), est bien plus sérieux que Leridon : « Combien d’êtres humains l’agriculture post-industrielle sera-t-elle capable de nourrir ? Une estimation précautionneuse serait : autant qu’elle pouvait en faire vivre avant que l’agriculture s’intensifie, c’est-à-dire la population du début du XXe siècle, soit un peu moins de 2 milliards d’êtres humains. »

euthanasie, le droit ultime

Le Monde du 6 mars, sous la rubrique le livre du jour, résume Pitié pour les hommes. L’Euthanasie : le droit ultime de Denis Labayle, écrivain et médecin engagé. Toute l’argumentation repose sur l’affirmation de la liberté de choisir sa mort, un droit consubstantiel à l’individu contemporain. La journaliste Cécile Prieur ajoute : «  Cette liberté de disposer de soi est récusée par les opposants de l’euthanasie. Au nom d’une certaine idée de la solidarité, et du fait qu’on ne saurait anticiper son rendez-vous avec la mort, ce moment ontologique ». Cela n’engage que cette journaliste.

La solidarité n’est certainement pas l’acharnement thérapeutique, il réside dans l’acceptation de quitter une communauté quand nous pensons ne plus pouvoir y trouver notre place. De plus, je ne vois pas pourquoi le suicide assisté ne serait pas prendre rendez-vous avec la mort de façon anticipée.  Enfin, parler d’ontologie ou « étude de l’être en tant qu’être » ne fait certainement pas avancer le débat. Les opposants de l’euthanasie ne sont pas très clairs dans leurs raisonnements ! Qu’ils acceptent de confesser que c’est seulement au nom de croyances religieuses qu’ils nous empêchent de naître et mourir volontairement. Denis Labayle remarque à juste titre que les opposants à l’euthanasie sont « les mêmes défenseurs de la vie à tout prix » que ceux qui s’opposent à l’avortement. Que les croyants se réservent à eux-mêmes leurs propres choix sans vouloir l’imposer aux autres !

Pour les défenseurs d’une vie paisible en harmonie avec les possibilités de la Biosphère, il paraît évident que le surpoids de l’espèce humaine dans les écosystèmes doit être combattue de façon délibérée, que ce soit par l’euthanasie librement choisie ou par l’interruption volontaire de grossesse.

homoparentalité interdite

A propos de l’article du Monde du 5 mars, voici la participation de la Biosphère au débat sur l’homoparentalité :

Le 4 août 1982, l’homosexualité était dépénalisée, et le 17 mai 1990 l’OMS retirait l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Il faut saluer ces décisions, la préférence sexuelle de chacun relève de la vie privée quand elle est librement consentie. Mais jusque dans les années 1990, les gays et les lesbiennes faisaient de leur sexualité, stérile par définition, un élément censurant leur désir d’enfant. Au fil des ans, cette autocensure s’est affaiblie. De plus en plus fréquemment, les homosexuels ne sont plus avant tout des militants de la liberté, ils ne tiennent pas de discours politique global, ils ont tout simplement envie, comme beaucoup d’hétérosexuels, de fonder une famille. L’homoparentalité ne concerne encore que 24 000 à 40 000 enfants en France selon l’INED, bien que l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens revendique le chiffre de 300 000 enfants  aujourd’hui, 1 million demain !

Mais lorsque le désir d’enfant est là, encore faut-il pouvoir répondre à la question du comment ! Il faut bien plus de deux personnes quand l’homoparentalité reste adepte de la coparentalité, ou alors on utilise l’insémination artificielle avec donneur pour les femmes, ou un mère porteuse pour les hommes (pratique interdite en France). Pour ces adeptes de l’homoparentalité, ce n’est pas la nature qui fonde la filiation, c’est un choix libre et indéterminé de l’individu !

Pourtant quand on forme un couple homosexuel, il y a déni de l’autre sexe, donc impossibilité morale et matérielle de faire des enfants. Devant les circonvolutions socio-juridiques des humains, la Biosphère demande qu’il y ait un peu plus de respect pour les mécanismes naturels, en particulier celui de la procréation. Homosexuels de tous les pays, acceptez votre stérilité choisie, agissez pour la nécessaire décroissance démographique…

retour au passé

Nous revenons au tramway et autres transports collectifs qui se substituent à la voiture individuelle. Retour au passé ! Nous savons qu’il faut des produits durables et simples à réparer qui se substituent au jetable. Retour au passé ! Même LeMonde (26 février) consacre un article aux techniques du passé pour que l’agriculture devienne plus verte : « Le constat de l’impasse de l’agriculture productiviste est dressé, faire pousser dans un champ deux cultures, aujourd’hui gagner en autonomie comme les fermes avant la mécanisation et la chimie de synthèse, limiter les achats d’alimentation animale en faisant au maximum pâturer les bêtes, il y a des choses que nous avons eu tort d’oublier. »

Nous avons eu tort d’oublier l’agriculture biologique d’autrefois. Comme l’exprime Richard Heinberg (Pétrole, la fête est finie !), la production agricole grimpante, basée sur des ressources énergétiques abordables, a rendu possible l’alimentation d’une population passant de 1,7 milliard à plus de 6 milliards en l’espace d’un seul siècle. L’énergie bon marché ne sera bientôt plus que de l’histoire ancienne. Combien d’êtres humains l’agriculture post-industrielle sera-t-elle capable de nourrir ? Une estimation précautionneuse serait : autant qu’elle pouvait en faire vivre avant que l’agriculture s’intensifie, c’est-à-dire la population du début du XXe siècle, soit un peu moins de 2 milliards d’êtres humains. » Retour au passé !

N’oublions pas que l’action sur l’alimentation est inséparable de l’action sur une démographie qui a trop librement galopée ; regards vers l’avenir…