écologie appliquée

CLIMAT, procrastination du Conseil européen

Sur le climat, le Conseil européen reporte ses décisions à plus tard pour éviter la discorde. Le 25 mai 2021, les chefs d’État et de gouvernement nient donc toute obligation de réduire les émissions de CO2 d’ici à 2030 d’au moins 55 % par rapport à 1990 et d’atteindre la neutralité carbone en 2050 conformément à l’accord de Paris de 2015. Cela prouve encore une fois que se fixer des objectifs chiffrés sans se donner les moyens de parvenir au résultat envisagé ne sert absolument à rien. Nous atteignons le comble de l’atermoiement quand Bruxelles compte aussi annoncer la fin des véhicules thermiques…à une date qui reste à déterminer, quelque part entre 2030 et 2040 !!

Il y a beaucoup de sagesse dans les commentaires sur lemonde.fr :

Simon T. : Les États ont donc choisi de laisser le climat nous dicter ses futures contraintes dans l’anarchie plutôt que de prendre les devants en tant que démocraties. On voit le mur, on ne ralentit pas, parce que « oulala que vont penser les gens » ? Petits calculs court-termistes et myopie meurtrière. À fond vers l’effondrement, pied au plancher dans la lâcheté. Préparez-vous, ça va secouer.

capitalisme et argent public : Bravo quel courage ! Quelle bande de clowns. En revanche et pour la énième fois, ce n’est pas “l’Union Européenne” en tant que telle qui ne fait rien, c’est le conseil européen, c’est à dire nos dirigeants exécutifs nationaux, qui détiennent le véritable pouvoir au sein de l’UE (la présidente de la commission en réalité est en gros l’équivalent d’une chef de service administratif). Ça va un moment de mettre toujours la faute sur une Union européenne, sans préciser les responsables. Ceux qui en portent la responsabilité sont en premier lieu nos dirigeants: Macron pour la France, Merkel pour l’Allemagne, etc.

Patou : Le problème de la politique de l’énergie, c’est qu’il y a des pays qui ont du vent et d’autres qui ont du charbon, des pays qui ont du soleil et d’autres du nucléaire…. Ils ont chacun leur histoire énergétique et un avenir dépendant de leur situation propre. Les solutions sont locales, régionales, la Commission et le Conseil ne feront rien. L’UE, ça a commencé avec le charbon et l’acier, il n’en reste rien, ni politique énergétique ni politique industrielle. Macron ne fait rien, qu’il commence par lancer une politique énergétique française.

J.P.M. : C’est un peu exaspérant que sur un tel sujet les dirigeants nationaux continuent de se positionner en défense de l’intérêt financier à court terme de leur pays, sans voir que cet intérêt c’est aussi que le réchauffement ne s’emballe pas trop pour leurs propres enfants.

LJ : Il est urgent de s’occuper du réchauffement… depuis cinquante ans. Quand on n’a pour horizon que sa propre réélection, il est compréhensible que l’on écoute la science seulement si l’on craint un reportage de BFM sur le tri des malades en réa.

Sarah Py : Vous instaurez une taxe carbone aux frontières donc vous visez à réindustrialiser l’Europe donc vous augmentez vos émissions de CO2 donc vous devez faire plus d’efforts. Cercle vicieux dont on n’est pas prêt de sortir.

Michel SOURROUILLE : Alors que le Parlement de Strasbourg avait approuvé l’idée d’un objectif neutralité carbone d’ici à 2050, les chefs d’État et de gouvernement n’étaient déjà pas parvenus en 2019 à s’entendre pour rehausser leurs efforts dans la lutte contre le changement climatique (LE MONDE du 2 avril 2019, Climat : l’inertie coupable de l’Union européenne). Or, en matière de climat comme de fiscalité, les décisions se prennent à l’unanimité dans l’Union . Comme on sait aussi que la neutralité carbone entérine le fait que nous ne voulons pas diminuer nos émissions nettes de gaz à effet de serre, le blocage est total et le restera. Les générations futures paieront très cher le prix de nos procrastinations !!

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

Votons pour un confinement climatique

Léviathan climatique, dictature supranationale

La loi climat, adoptée en première lecture

Ce mardi 4 mai 2021, adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi Climat et résilience. L’écologie superficielle a gagné, le sénat mettra bientôt la dernière banderille, le réchauffement climatique rendra la planète invivable pour nos descendants. Le « marqueur du quinquennat », plus de cent dix heures de débats depuis mars, était bien en retrait sur les 149 propositions de la convention citoyenne pour le climat. Et ces propositions étaient bien en dessous de ce qu’il faudrait faire pour diviser notre niveau d’émissions de gaz à effet de serre par un facteur 4 ou 5. Se retrancher derrière l’« acceptabilité sociale » n’est pas une démarche appropriée à l’urgence climatique. Notre blog biosphere a suivi tous les débats pendant la trajectoire de cette loi, exemples :

14 août 2019, La volonté du peuple exprimée grâce au tirage au sort

9 mars 2020, acte 6, sauver le climat avec 150 citoyens ?

2 juin 2020, Convention citoyenne CLIMAT, pschittt… (synthèse)

22 juin 2020, Climat, pour ou contre la Convention des 150

2 octobre 2020, Une convention climat qui n’a servi à rien

8 décembre 2020, Parlement godillot et convention citoyenne

8 décembre 2020, CLIMAT : Macron / Dion, le torchon brûle

11 janvier 2021, Projet de loi pour le climat, le recul

11 février 2021, La loi Convention Climat, cafouillage prévu

12 février 2021, Tout savoir sur la Convention Citoyenne

10 mars 2021, CLIMAT, une loi de résilience en zig et zag

11 mars 2021, CLIMAT, folle zizanie parmi les ministres

29 mars 2021, CLIMAT, jour 1 du débat législatif

10 avril 2021, Publicité et lutte pour le climat, le fiasco

19 avril 2021, Loi climat, caricaturée par le gouvernement

C’est à désespérer de l’intelligence humaine du long terme !!!

Nous préférons l’instant présent et comme on dit,

« après nous le déluge » ou bien la fournaise…

Cri de colère contre les sciences économiques

Diplômé en sciences économiques, enseignant en sciences économiques et sociales, conscient de l’urgence écologique, je (Michel Sourrouille) constate le gouffre qui existe entre les universitaires spécialisés en économie et les réalité de notre temps , y compris climatique. Voici quelques explications :

Stéphane Lauer : « Il est étrange de constater que le dérèglement du climat, essentiellement alimenté par les émissions de CO2, et donc directement liées à l’activité économique, ne soit pas davantage au cœur de la réflexion macroéconomique. Sur les 77 000 articles publiés par les revues académiques les plus réputées en économie, seuls 57 concernaient le thème du changement climatique, soit une proportion de 0,074 %. L’augmentation des températures, la disparition des espèces, la multiplication des catastrophes naturelles auront des impacts gigantesques sur la stabilité de l’économie mondiale. Ne pas les intégrer dans la réflexion macroéconomique revient à travailler dans un univers parallèle, qui sera de moins en moins utile à la prise de décision politique et à celle des dirigeants d’entreprise. »

L’origine du problème vient du manque d’interdisciplinarité d’une approche néolibérale (lois du marché naturel, système concurrentiel, abondance des ressources, etc.). Les sciences économiques n’ont pas encore changé de siècle, mais comme on a échafaudé des montagnes de théories qui servent à justifier les politiques économiques d’aujourd’hui, cette idéologie fait encore la loi. Par exemple William Nordhaus, couronné en 2018 par le prix de la Banque de Suède en sciences économiques (l’équivalent du prix Nobel)., prône une poursuite d’un modèle de croissance qui conduirait à un réchauffement de 3,5 °C en 2100, quand l’accord de Paris vise un objectif de 2 °C.

Voici quelques extraits du blog biosphere qui  cernent les termes du débat.

L’invention de l’écologie politique… en 1957

Le premier auteur à avoir employé l’expression « écologie politique » semble avoir été Bertrand de Jouvenel en 1957. Il précisait : « l’instruction économique devrait toujours être précédée d’une introduction écologique ». En d’autres termes, on ne peut pas être un bon économiste si on n’est pas d’abord un bon écologiste. Résumons l’analyse de Jouvenel : « Aussi bien qu’un organisme inférieur, la plus orgueilleuse société est un parasite de son milieu : c’est seulement un parasite intelligent et qui varie ses procédés… Avant de parler de l’organisation des hommes pour l’obtention de biens, il faudrait montrer que ces biens sont obtenus à partir de l’environnement naturel et que, dès lors, l’organisation dont il s’agit est essentiellement une organisation pour tirer parti de l’environnement. »

Croissance, un objectif économique complètement débile

Au début des années 1970, l’idiotie de la croissance économique n’était encore perceptible par personne. Étudiant en faculté de sciences économiques entre 1967 et 1971, j’en sais quelque chose. Tout autour de moi on ne jurait déjà que par la croissance, les « Trente  Glorieuses ». C’est idiot, c’est un déni de réalité. Le 15 Juin 1972, je découpe un article sur le cri d’alarme de Sicco Mansholt, président de la commission du Marché commun : « La race humaine, menacée par la pollution, l’accroissement démographique et la consommation désordonnée de l’énergie, doit modifier son comportement, si elle veut tout simplement ne pas disparaître… La grande crise devrait culminer autour de l’an 2020. » (Michel Sourrouille)

Les sciences économiques, art des lignes géométriques

Octobre 1970, je commence ma quatrième année de sciences économiques, option économétrie. L’idiotie de la croissance économique n’est encore perceptible par personne. Pourtant Pierre Massé, du commissariat au plan, nous explique que si la production continue de progresser à son rythme actuel, elle conduirait à doter en 2070 chaque Français d’une centaine d’automobiles et à fabriquer avant l’an 3000 un volume de produits manufacturés dépassant celui de la Terre, de la Lune et de Vénus réunis. (Michel Sourrouille)

Alerte, les économistes déconnent grave

Les économistes peuvent-ils sauver la planète ? C’est comme si on demandait à un pyromane de bien vouloir éteindre l’incendie qu’il a allumé. Les sciences économiques se sont profondément transformées depuis le XIXe siècle en se désencastrant de la Nature et en pensant possible une croissance endogène illimitée autoentretenue. Or c’est non seulement dans la société, mais aussi dans la biosphère que doit s’insérer l’économie, non pas pour en devenir la docile servante, mais pour inscrire résolument ses analyses dans les limites planétaires. L’économie écologique (économie biophysique, ou bioéconomie, ou reproduction durable) doit nous aider à déployer des pratiques réellement économes au sens premier du terme, « économiser.

Malheureusement il n’y a nulle science de l’humain

Il n’y a pas de sciences économiques, il n’y a qu’économie politique. Il n’y a pas de science sociologique, il n’y a que les multiples façons d’observer les multiplicités contradictoires du comportement humain. Il n’y a pas de sciences politiques, il n’y a que les différentes façons de manipuler les foules pour garder ou prendre le pouvoir.

L’éducation à l’écologie, déprimante et si nécessaire

Valérie Masson-Delmotte : « Le temps consacré à l’enseignement en relation avec les deux enjeux vitaux à l’échelle planétaire, l’effondrement de la biodiversité et le changement climatique, apparaît très insuffisant au collège comme au lycée. »

un enseignement économique et social (SES) aux ordres

Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, demande une réécriture des programmes de sciences économiques et sociales (SES). Il désignait le 3 juillet 2018 l’objectif : « Si l’approche pluridisciplinaire (des SES), qui s’appuie sur les sciences sociales, a tout son sens, il convient de renforcer les approches microéconomiques, nécessaires pour comprendre les mécanismes fondamentaux ». Les regards croisés entre économie, sociologie et sciences politiques, les trois piliers de la matière, seront limités au maximum. » Nous sommes en 2021, et l’aveuglement volontaire de nos « élites » perdure…

Pour en savoir plus, notre synthèse : Biosphere-Info, l’écologie politique en SES

Aux commentateurs de ce blog biosphere

Un commentateur fidèle de notre blog, Michel C, pousse ce cri de désespoir : « Disparus tous ceux qui enrichissaient ce blog à ses débuts ! Après avoir été bien formés (ou déformés peu importe) ils s’en sont probablement allé voir sous d’autres cieux. Mon dieu qu’elle ingratitude ! Aujourd’hui si par hasard on tombe sur Biosphère, on balance «ben, je vais mettre ce site dans les indésirables». Ce qui veut dire «vos services, vous pouvez vous les mettre où je pense». On ne peut même pas parler ici de clientèle, une clientèle on la bichonne, on l’écoute, on lui répond, on fait en sorte de la conserver et non pas de la faire fuir. Biosphère n’est finalement au service que d’elle-même. Elle n’écoute rien puisqu’elle se limite à prêcher sa «Vérité». Et faire semblant d’ignorer les indisciplinés reste une drôle de façon de former. Bref, comme le sont beaucoup d’assocs, de partis, clubs, sectes etc. son seul but est d’exister et de durer. »

Biosphere : dès les débuts de ce blog il y a plus de quinze ans, trop rares sont les personnes qui se consacrent à enrichir un contenu plutôt qu’à le dénigrer. Mais nous partageons la première partie de cette analyse de Michel. C’est le lot commun de tous les espaces sources de réflexion, ils sont ignorés par la grande majorité des membres d’une société qui cultive jusqu’à plus soif la consommation, le spectacle, le divertissement, la dernière mode, les faits divers, le croissancisme, etc. Pour éviter d’être dépressif devant cet électroencéphalogramme plat social, mieux vaut n’attendre aucun résultat probant et continuer sa tâche d’éveil pour quatre pelés et un tondus, c’est déjà mieux que rien. Ce blog touche environ 300 personnes par jour, dont en moyenne à peu près 80 % de nouveaux arrivants.

Quant à la deuxième partie, Michel se contente de dénigrer, ce qui n’appelle aucune réponse d’un blog qui se veut le rendez-vous des résistants à la société thermo-industrielle, des objecteurs de croissance, des désobéissants au business as usual, des réfractaires aux armées et à la bombe atomique, de ceux qui pensent que l’avenir tournera un jour le dos à nos imbécillités collectives habituelles. L’utopie, c’est ce qui n’est pas encore réalisée.

Une remarque finale. Il est vrai que nous n’utilisons aucun des procédés pour bichonner la clientèle, nous en restons aux textes sans agrémenter d’images, des milliers et des milliers de pages depuis les débuts de notre site de documentation et de notre blog biosphere en 2015, des centaines et des centaines de références d’auteurs divers et d’analystes qui se consacrent à l’urgence écologique. Notre récapitulatif pour le mois d’avril 2021 montre la diversité de nos approches, nos lecteurs peuvent approfondir à leur gré par leur commentaires et leur évolution personnelle.

Bien à vous tous et toutes, bonnes lectures ici ou ailleurs…

Avril 2021, le point de vue des écologiste

Notre tâche quotidienne depuis 2015 est de présenter sur le blog biosphere le point de vue des écologistes. Il ne s’agit pas d’imposer un point de vue, mais de fournir des éléments de réflexion. Un (dés)accord ponctuel peut s’exprimer par un commentaire. Voici en lien les thématiques étudiées pendant le mois d’avril 2021 :

1er avril, Ce qu’il faut retenir du mois de mars 2021

2 avril, Loi climat, les commerçants à l’attaque

3 avril, Covid, sauvons d’abord femmes et enfants !

4 avril, 2022, Édouard Philippe président ET écolo !?

5 avril, Pandémie de Covid-19 et « baby flop »

6 avril, Démographie, le point de vue du MEI

7 avril, Pour ou contre la décroissance économique ?

8 avril, L’adieu au charbon sera long, trop long

9 avril, La voie hydrogène, une nouvelle impasse

10 avril, Publicité et lutte pour le climat, le fiasco

11 avril, A connaître, «âge de pierre, âge d’abondance»

12 avril, Bientôt des centaines de millions de chômeurs

13 avril, Voiture autonome et démesure technologique

14 avril, Le président Macron vendu à l’agro-industrie

15 avril, Apiculture, l’hypocrisie des agro-industriels

16 avril, Les écologistes disent non au cannabis (2/2)

17 avril, LE MONDE, désinformation sur le nucléaire

18 avril, Sécurité ou liberté, que faut-il préférer ?

19 avril, Loi climat, caricaturée par le gouvernement

20 avril, Mon testament de militant écolo

21 avril, Menu sans viande chaque semaine, scandale !

22 avril, Du créationnisme au Big Crunch, notre destin

23 avril, CLIMAT, Joe Biden nous grise de promesses

24 avril, Nécessité du tri médical face à notre surnombre

25 avril, Un suicide assisté… en direct de Suisse

26 avril, Les démons identitaires à l’heure des bilans

27 avril, Écologie punitive et tragédie de l’horizon

28 avril, Chasseurs, sauvez des vies, restez chez vous

29 avril, One Health, l’humain inséparable de la nature

30 avril, Demain l’écologisme sera la religion commune

NB : Le blog biosphere est rattaché de façon explicite à un site de documentation des écologistes : http://biosphere.ouvaton.org/. Par exemple le lien « Bibliothèque » renvoie à des résumés de livres sur l’écologie. Nous laissons aux personnes avides d’informations fiables le soin de parcourir nos autres rubriques, « Lexique », «  Repères », « Spiritualités », etc. Notre association biosphere est au service du peuple écolo en formation, à la recherche de la symbiose pour affronter de façon analytique l’urgence écologique.

Faites-nous connaître dans vos réseaux, l’intelligence collective résulte de la transmission des idées d’avenir.

Pour recevoir gratuitement par mail notre récapitulatif mensuel,

vous pouvez vous inscrire en écrivant à biosphere@ouvaton.org, merci.

Du créationnisme au Big Crunch, notre destin

Du point de vue des écologistes, c’est simple ! Tu voyages pendant 514 années-lumière tout droit pour trouver notre planète terre. Puis au feu, là où il y a un Mac-do intersidéral, tu prends à droite et tu parcours encore 23 années lumières. Arrivé au rond point de la galaxie d’Andromède, t’es presque arrivé. Tu prends en face et au bout de 800 millions d’années, tu verras la planète bleue à droite où il y a de la lumière la nuit et beaucoup de bruit pour pas grand chose. Voilà t’es arrivé ! Tout ça pour dire que le scénario divin des monothéismes est débile. Il veut nous faire croire à la création ex nihilo d’une planète formée par un type qu’on n’a jamais vu et qu’on ne verra jamais Il nous présente un paradis perdu réservé à une espèce animale qui se dit homo sapiens et qui n’a pourtant d’existence que depuis 200 000 ans environ. Au créationnisme, nous préférons l’évolutionnisme, reposant sur des preuves multiples et concordantes. Quant à la destinée de l’univers, nous préférons de loin les explications de l’astrophysique à l’Armageddon prévu par le bible. Sans entrer dans les théories sur les multivers, il y a plusieurs scénarios* du destin de l’univers dont nous privilégions le premier.

Le scénario Big Crunch prévoit qu’à une phase d’expansion succède une phase de contraction. Celle-ci commence quand l’Univers a environ 60 milliards d’années (il en a un peu moins de 14 aujourd’hui), à un moment où toutes les étoiles de type solaire se sont transformées en naines blanches et toutes les étoiles massives en étoiles à neutrons ou en trous noirs. Au fur et à mesure que la matière se rapproche sous l’effet de la contraction, les trous noirs grossissent de plus en plus. La température moyenne du cosmos se réchauffe. Cent millions d’années avant la fin, l’Univers est mille fois plus petit qu’aujourd’hui et les galaxies fusionnent. Un mois avant la fin, c’est au tour des trous noirs de fusionner entre eux. A la fin, il ne reste plus que des quarks, des particules fondamentales, puis tout devient quantique. Ce modèle où l’Univers commence par un Big Bang et se termine par un Big Crunch a beaucoup plu il y a un siècle car certains imaginaient un « Univers phénix », cyclique, qui renaissait éventuellement de ses cendres… Mais c’est le seul scénario qui évite de se poser la question du début ultime d’un monde constitué d’énergie/matière.

Tout cela est fascinant, non seulement sur le plan scientifique mais aussi philosophique. On sait qu’on va vers la disparation totale et irrémédiable de l’humanité, cela devrait nous permettre de relativiser notre condition humaine. Notons surtout que c’est du très très long terme, envisager une époque où toute la vie sur Terre aura disparue depuis très très longtemps. À court terme, il va falloir déterminer comment les homo-sapiens qui peuplent cette minuscule planète terre vont arriver à (sur)vivre dans les 100 prochaines années sans s’entre-tuer pour accéder à l’eau, aux terres arables et aux matières premières qui vont se raréfier. Des milliards d’années pour les astrophysiciens, la faim de l’humanité d’ici la fin de siècle, les élections l’année prochaine pour les politiques, la fin de mois pour beaucoup, l’horizon n’est pas le même pour tous ! Le principal, c’est ce que chacun de nous fait de son instant présent, boursouflé d’égoïsme ou œuvrant pour le bien-être collectif…

* Selon Jean-Pierre Luminet, Directeur de recherche du CNRS au Laboratoire d’astrophysique de Marseille, il y a actuellement trois scénarios d’évolution de l’Univers. Le premier, c’est celui de l’« Univers fermé » (Big Crunch), le deuxième, celui de l’« Univers ouvert décéléré » (Big Chill) et le troisième, celui de l’« Univers ouvert accéléré » (Big Rip). Chaque scénario dépend des paramètres fondamentaux de l’Univers, à savoir, essentiellement, la répartition de la matière et de l’énergie.

Menu sans viande chaque semaine, scandale !

La délibération dite démocratique, c’est beaucoup discutailler pour en conclure qu’il ne faut rien faire, surtout en matière d’écologie. Démonstration :

Convention citoyenne pour le climat (proposition) : généraliser l’option évgétarienne dans l’ensemble des cantines proposant un choix,

Assemblée nationale : l’expérimentation prévue en 2018 d’un menu végétarien par semaine dans les cantines scolaires, restera expérimentale.

Samantha Cazebonne , députée LRM: « Si l’option végétarienne dans l’ensemble de la restauration collective est prise par 30 % des convives, elle permettrait d’économiser jusqu’à 1,3 million de tonnes de CO2 par an, presque autant que les émissions de tous les transports à Paris pendant un an »,

Jean-Baptiste Moreau, député LRM : « Le repas végétarien me pose problème car il va avec le fait de dire que la viande n’est pas bonne pour la santé et que la consommation de viande est mauvaise pour l’environnement. »

Davemoz : Si je comprends bien, l’idée de pouvoir proposer un menu végétarien EN PLUS (en alternative) d’un produit avec viande en scandalise certains, qui y voient une odieuse immixtion dans leurs libertés. On propose un droit, ils y voient une injonction. Que ceux qui ne souhaitent pas avoir de viande ne puissent pas avoir le choix, en revanche, ne les dérange manifestement pas plus que ça. Et après ça on nous dit ce sont les écolos qui sont dogmatiques et tyranniques…

Julien Denormandie, ministre de l’agriculture : « Le principal combat doit être celui de la qualité, aucunement d’imposer un régime alimentaire à quiconque. »

Jean.Ri : Un, UN seul menu végétarien par semaine (le reste du temps c’est viande obligée) et voilà les passions déchaînées ! Pour arriver à une loi qui n’est pas contraignante, autant dire qui ne sera pas appliquée !

Amendement cosigné par 60 députés : prévoit d’exclure de la liste des produits « durables » les volailles issues d’élevages en bâtiments fermés ou les œufs de poules en cage.

Assemblée nationale : amendement rejeté…

G. Delaurens : Donc il faut continuer à consommer de la viande, à rouler en SUV, à épandre de l’engrais azoté et des pesticides à profusion pour l’agriculture, et déclarer un logement comme climato-rénové avec un indice C ou D …

NKN : Vivement le SUV végétarien !

Loi climat, caricaturée par le gouvernement

Une pléiade de ministres concernés par la loi climat : « Sortons du temps des caricatures, c’est cela dont l’urgence environnementale a besoin… Oui, il y a un chemin pour s’attaquer à tout ce qui n’est plus soutenable tout en améliorant la vie des Français… Oui, il faut savoir avancer par étapes… Oui grâce la loi « climat et résilience », demain nous respirerons un air plus pur… Nous vivrons dans des logements plus confortables… Nous mettrons un coup d’arrêt à la bétonisation infinie de la nature… Le dérèglement du climat nous impose de refuser toute brutalité dans la méthode… »

Les commentateurs sur lemonde.fr sont unanimes pour condamner un tel étalage de dissonances cognitives :

A. H. : Donc, si je comprends bien cette tribune, « tout va très bien madame la marquise » ? Seulement le réchauffement est déjà là, et tôt ou tard, il ne fera plaisir à personne. Et ce satisfecit auto-décerné pitoyable ne suffira certainement pas à inverser la tendance …

Or : Votre loi climat est un scandale de minimalisme et de renoncements et vous osez la défendre en vous présentant comme ceux ayant de l’ambition ?? J’espère que peu de monde sera dupe.

minorité : Quelle puanteur dans ces délires politiciens (et je sais de quoi je parle)… Au bout de trois paragraphes j’enrage de ces discours de promesses idylliques jamais tenues. Dès la première ligne, on se dit que nos ministres n’ont vraiment rien compris : « il y a un chemin pour s’attaquer sérieusement à tout ce qui n’est plus soutenable dans notre modèle de développement, tout en améliorant la vie des Français ». NON, le développement durable, la préservation de l’environnement et du climat n’amélioreront pas la vie des français. NON prendre son vélo ou marcher à pied et pas prendre sa voiture, manger moins de sucres et de gras et pas s’empiffrer de sodas et de hamburger, s’amuser avec ce qu’on a et pas avec le dernier gadget techno qui nous procure encore plus de désir, se promener et pas regarder les réseaux sociaux, NON madame la ministre, cela n’améliorera pas la vie des français. Il faut 15 ans de confinements successifs pour préserver ce qui aurait pu l’être il y a 25 ans.

JCM : Revoilà des caricatures gouvernementales. Il faut leur passer la tête à la moulinette ? Cela fait cinquante ans que des gens tirent la sonnette d’alarme sur la folie de la croissance infinie. Un demi siècle! Et on vient nous dire qu’on n’a pas eu le temps de se préparer ? Si « le peuple » n’est pas prêt à changer rapidement le changement, lui, est déjà là et de plus en plus violent: pas seulement le changement climatique, mais aussi l’empoisonnement de l’air et de l’eau, l’inflation des phytosanitaires toxiques, les bactéries résistantes aux antibiotiques et beaucoup d’autres choses. Tout ça c’est l’environnement, donc notre santé et tout notre mode de vie qui sont en question.

iphigenie : En 15 mois nous avons eu – 1 canicule européenne et une sécheresse – la forêt australienne et californienne dévastée – La vallée de la Roya détruite – 40 à 50% de la production de fruits française détruite et une pandémie ! La société regarde ses leaders. Et ses leaders disent : on a le temps, on avance doucement. Quelle catastrophe faudra-t-il pour qu’on change d’avis ?

Marc C : Montrer qu’on a descendu la poubelle alors qu’on avait promis les 12 travaux d’Hercule ne va pas améliorer la crédibilité de LREM et du gouvernement. Quant à l’écologie punitive, personne ne peut les accuser de la pratiquer, c’est même plutôt de l’écologie bienveillante à l’égard des bétonneurs, de l’industrie et agro-industrie en général, de la FNSEA…s

Tomko : Donc les membres de la majorité sont d’accord avec eux même. C’est rassurant.

MD : La majorité des commentaires montre bien que quoiqu’on fasse ce ne sera jamais assez pour les Amish. L’écologisme fait des ravages dans ce pays. Une bonne mesure serait de supprimer ce ministre de l’écologie.

BorderlineyeDisruptive @ MD : Eh oui, le président Macron est le premier à caricaturer l’écologie en Amish, puis ses copains signent une tribune contre les caricatures idiotes, ha ha ha… Très drôle ce gouv. Tourne au LSD probably. Et toi MD tu fumes quoi, de l’éther ?

Bernard l. : Notre chère planète Terre a-t-elle lu cette tribune gouvernementale? Est-elle prête à modifier le fonctionnement de notre biosphère ? Si oui, nous sommes sauvés, sinon…

LE MONDE, désinformation sur le nucléaire

Le nucléaire est un sujet de non-débat, il faut être pour ou contre, on n’a même pas besoin de développer une quelconque argumentation. La preuve, cet article du MONDE « 2022, le nucléaire s‘invite dans la campagne » : ce média dit « de référence » ne permet pas au lecteur de discerner le vrai du faux, il se contente de relater les éléments de langage des politiciens,

Emmanuel Macron : « Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire », avait-il expliqué sans pour autant annoncer de décision sur la construction de nouveaux réacteurs.

François Bayrou : « Il faut construire d’autres réacteurs, il n’y a pas d’autre solution »,

Xavier Bertrand : « Je le dis sans ambages : je suis pro nucléaire ».

Marine Le Pen a fait de la défense du nucléaire l’un des principaux piliers de sa politique en matière d’écologie.

Arnaud Montebourg : « L’urgence, c’est l’extinction du charbon et du pétrole pour diminuer les émissions européennes de CO2. Et nous avons besoin du nucléaire pour cela »,

Eric Piolle : « le nucléaire ne devait plus faire partie de la photo en 2050 ».

Olivier Faure : « Le nucléaire peut être une énergie de transition »

Pour autant, depuis le début du quinquennat, trois des quatre ministres qui se sont succédé à la transition écologique, dont dépend le domaine de l’énergie, étaient critiques envers le nucléaire : Nicolas Hulot, François de Rugy et l’actuelle ministre Barbara Pompili. Celle-ci s’est appuyée sur une éude du Réseau de transport d’électricité (RTE) et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), rendue publique en janvier 2021 qui posent les bases techniques d’un scénario reposant sur 100 % d’énergies renouvelables. Enfin un début d’argumentation !

Pour en savoir plus, mieux vous consulter ce blog biosphere :

BIOSPHERE-INFO, tout savoir sur le nucléaire

BIOSPHERE-INFO, le débat sur les déchets nucléaires

Les écologistes disent non au cannabis (1/2)

Du point de vue des écologistes réalistes, les drogues en général ne devraient pas être autorisés, y compris le THC du cannabis. Pourquoi des paradis artificiels alors que préserver la beauté de la nature et profiter de ses bienfaits devrait suffire à notre bonheur. Malheureusement ce n’est pas l’avis des écologistes institutionnels qui se croient être à la pointe de la modernité transgressive. Voici quelques extraits de notre blog biosphere pour en savoir plus sur la légalisation du cannabis en débat.

7 juin 2012, Dépénalisation du cannabis, Duflot pour, l’écologie contre

La dépénalisation du cannabis, c’est « la position » d’Europe Ecologie-Les Verts, depuis « très longtemps ». En tant que chef de parti Cécile Duflot a déclaré sur RMC et BFM TV : « Il faut considérer que le cannabis, c’est comme l’alcool et le tabac, même régime ; une politique de santé publique et de prévention, notamment vis-à-vis des plus jeunes. »

Ce positionnement résulte de l’amalgame qu’il y a eu au moment de la formation des Verts entre un gauchisme issu de mai 1968 bercé par les illusions du slogan « il est interdit d’interdire » et l’écologie scientifique qui s’intéressait réellement au devenir des écosystèmes. Il faut que l’écologie politique abandonne son aspect permissif pour atteindre sa maturité. Il faut que Cécile Duflot sache dire « Non, cela ne doit pas se faire »…

6 janvier 2014, fumer du cannabis est-il écolo ? Certainement pas !

… Rappelons que le principe actif du cannabis, le THC tétrahydrocannabinol, est inscrit sur la liste des stupéfiants. Des doses fortes entraînent rapidement des difficultés à accomplir une tâche, perturbant la perception du temps, la perception visuelle et la mémoire immédiate, et provoquent une léthargie. Est-ce cela qu’on attend d’un écolo, l’inconscience citoyenne ? L’appareil respiratoire est exposé aux risques du tabac qui accompagne le joint. Il y a des difficultés de concentration, donc des difficultés sociales, une dépendance psychique possible, des dédoublements de la personnalité… Ces effets peuvent se traduire par une forte anxiété et favoriser la survenue de troubles psychiques. Est-ce cela que les écologistes défendent, des citoyens en difficulté ?….

4 octobre 2016, légalisation du cannabis, une erreur des écolos

Le tout premier débat de l’élection présidentielle a eu lieu le 27 septembre entre les quatre candidats à la primaire écologiste, Yannick Jadot, Michèle Rivasi, Cécile Duflot et Karima Delli. Sur la légalisation du cannabis, c’est probablement le sujet sur lequel les quatre candidats se rejoignent le plus. Tous sont favorables à la légalisation du cannabis, à condition que celle-ci soit « encadrée ». Les écologistes sont donc le seul parti dont tous les candidats à l’élection présidentielle sont favorables à la légalisation et non à la seule dépénalisation du cannabis…

15 août 2020, exemplarité des membres d’un parti écolo

Un parti écolo a une grande supériorité sur les autres partis, ses membres peuvent montrer l’exemple de ce qu’il faut personnellement pratiquer, la sobriété personnelle. En effet l’expression de Gandhi, « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » s’applique parfaitement à l’objectif de militants écolos qui veulent que changent les comportements dans un contexte d’urgence écologique. Nous, militants écologistes, nous mangeons de préférence bio et de proximité. Nous sommes allergiques au tabac et au cannabis, abstinent quant aux vins et autres alcools. Nous pratiquons au minimum le lundi végétarien et évitons les nourritures industriellement transformées. Nous refusons les mécanismes publicitaires et ceux de la mode, nous proscrivons l’achat inutile et le besoin artificiel. Nous faisons preuve de sobriété énergétique, ce qui implique de limiter au maximum nos déplacements dans des engins motorisés. Pour les plus avancés d’entre nous, nous n’avons ni télévision, ni carte bancaire, ni voiture, encore moins de smartphone. On peut vivre sans, il suffit de s’organiser autrement. Quand nous allons au bout de notre prise de conscience, nous cultivons aussi un lopin de terre et/ou plantons des arbres fruitiers. Cessons d’attendre que le système change, il ne changera pas sans nous…

La prostitution est un boulot comme un autre

« l’écologie face aux abolitionnistes de la prostitution » écrivions-nous sur ce blog en 2013. Le seul élément du discours des Verts français qui relève de l’écologie est celui-ci : « La prostitution n’est pas un élément naturellement constitutif de la vie en société. » C’est vrai, la sexualité tarifée relève du culturel. Mais la sexualité ordinaire aussi. Il n’y a donc aucune règle définitive qui puisse nous permettre de privilégier a priori la répression totale de la prostitution ou la légalisation intégrale des travailleurs du sexe. Mais relevons le fait essentiel, l’exercice de la sexualité procure naturellement du plaisir quand on se laisse aller. Il y a prostitution parce qu’il y a frustration. Si les humains passaient plus de temps à faire l’amour comme les Bonobos, sans esprit de conquête et chaque fois qu’il faut réduire les tensions sociales, sans doute n’y aurait-il plus de prostitution (ni même de guerres). L’amour libre, le sexe libéré, implique aussi de lutter contre les rapports de domination. Comme on disait en d’autres temps, « peace and love », l’amour et la paix. Réconcilier nature et culture, n’est-ce pas là l’objectif premier des écologistes ? Cinq ans après son vote, la loi du 13 avril 2016 qui voulait abolir la prostitution continue de faire débat. Voici l’avis d’un spécialiste :

Daniel Borrillo : « L’appréhension du phénomène prostitutionnel par l’Etat appelle une régulation et non une pénalisation. En décembre 2019, après une évaluation de l’application de la loi de 2016, un rapport interministériel a mis en lumière à la fois une aggravation de la précarité des personnes qui se prostituent dans la rue et un transfert du sexe tarifé vers le Web. Les violences à l’encontre des travailleuses du sexe de rue ont augmenté en quantité et en intensité… La loi de 2016 a réussi à imposer aux prostituées et à leurs clients une conception paternaliste selon laquelle la prostituée est une victime à protéger des clients, mais aussi d’elle-même puisqu’on ne peut consentir à la prostitution sous peine de compromettre sa propre dignité humaine. Or, comme tout travail, la prostitution peut être libre ou subie ; le seul moyen efficace de mettre fin à la contrainte d’un supposé « système prostitutionnel » est de rendre les prostitués, hommes et femmes, libres de leur force de travail… La reconnaissance légale du service sexuel constitue la consécration du principe de la liberté de disposer de son corps et permet de mieux combattre la prostitution forcée et surtout celle des mineurs, d’éliminer les situations d’abus et d’assurer des conditions dignes de travail aux prostituées en matière de sécurité et de santé… L’Etat devrait réajuster sa politique pénale en substituant à la criminalisation désuète du client une coopération policière et judiciaire renforcée de lutte contre le proxénétisme et la traite des êtres humains.

Daniel Borrillo est chercheur au Centre d’études et de recherches de sciences administratives et politiques (CERSA)/CNRS, il est auteur de plusieurs ouvrages sur la régulation juridique des sexualités, l’égalité des genres et la bioéthique.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

16 mars 2021, Faire l’amour en public, est-ce écologique ?

13 janvier 2018, Sexualité et harcèlement, l’homme, un animal dénaturé

9 novembre 2013, l’écologie face aux abolitionnistes de la prostitution

Non aux légumes qui voyagent plus que moi !

Fridays for Future. Vendredi 19 mars 2021, quelque 10 000 jeunes ont défilé dans les rues de Paris « pour une justice sociale et climatique » dans le cadre du mouvement lancé par la militante suédoise Greta Thunberg. Dans le cortège, des slogans tels que « L’écologie sans anticapitalisme, c’est du jardinage », « Non aux légumes qui voyagent + que moi », « Nous sommes l’avenir et nous n’en avons pas ». C’est frappé du bon sens, pourtant les commentaires sur le monde.fr tirent à boulets rouges sur cette jeunesse que nous sommes en train de sacrifier sur l’autel du croissancisme virolé.

le sceptique : Les moins motivés et les moins allumés sont passés à autre chose, il ne reste que les radicaux usuels qui seront de toutes les mobilisations de la gauche écologiste, féministe, anticapitaliste, etc. Espérons que certains se dirigent vers les industries d’avenir dans l’énergie et la mobilité post-fossile, le recyclage, les nouveaux matériaux, le génie des procédés, les technologies d’adaptation du vivant au climat, ce genre de choses innovantes où se lancent les étudiants de l’Asie, des Etats-Unis et d’ailleurs. Parce que passer un master d’agro-écologie pour contrôler un binage de carotte bio en potager partagé, c’est un peu has been.

LongueDistance : Je comprends ces jeunes, je comprends qu’ils ont besoin d’exister et de se donner une importance qu’ils n’ont pas et n’obtiendront jamais. Que croient-ils, qu’ils vont devenir, chasseurs cueilleurs ? Peaux de bêtes et gourdins ? La vie, la Vie, vivre c’est émettre du CO2, un médicament, un hôpital c’est du CO2, la fin du transport aérien ce n’est pas tant de CO2 que ça, lisez l’article des Échos. Sérieusement, la campagne, l’agriculture personne n’en veut, c’est dur comme boulot. Les campagnes se vident car on s’y casse le dos, les villages se vident.

Ana Chorète : Allez les jeunes, venez chez Ana, vivre en anachorètes ruraux, décroissants et responsables. P…tain, j’vous donne pas 10 jour avant de craquer. La vieille Ana, elle manifeste pas, mais elle met en pratique. J’prends des stagiaires. Me faites pas marrer, les jeunes, avec vos manifs et vos rézos.

Roudoudou1 : Donc des tomates ou des pommes bourrées de pesticides et récoltées par des machines à 10kms de chez moi ça passe ?

Sous Vos Applaudissements : Le parisien locavore qui s’est essayé à l’abonnement au bon panier fruits et légumes mis à disposition à l’épicerie bio du coin a bouffé du choux, de la betterave du poireau (pas toujours), et des pommes tout l’hiver. Ça lasse.

Maryse Chevasseau : Pardon, mais je ne me priverai pas d’avocats mexicains ou guatémaltèques pour faire plaisir à des jeunes filles aux cheveux violets pondant des slogans bobo-écolos aux rimes approximatives!

Sansson : Moi non plus : bananes, oranges et tous les fruits et légumes d’hiver. Sans compter que ces gamines des villes ne sortent pas de leur quartier , elles vont manger quoi ?

Toti le bienveillant : Pour les faits: le transport compte très peu dans l’ensemble des émissions CO2 d’un produit, disons une tomate ou un steak: 5% environ quand c’est en camion ou bateau+camion (<95% du transport), par contre bcp quand c’est de l’avion (+ camion). Donc, acheter des tomates bretonnes plutôt qu’espagnoles … Par contre, les haricots verts du Kenya en avion, même équitables, très mal ! Et oui, l’environnement, c’est compliqué! -:)

Babs : Les haricots du Kenya, c’est très mal pour la planète en effet mais c’est aussi ce qui a permis à des milliers de Kényans des hauts plateaux de sortir de la misère. Pas simple tout ça.

L’environnement dans la Constitution, quand ?

L’Assemblée nationale a validé l’inscription de l’environnement dans l’article 1er de la Constitution le 16 mars 2021 : « La France garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique ». Cette réforme reprend mot pour mot l’une des mesures les plus emblématiques de la convention citoyenne pour le climat, elle devrait déboucher sur un référendum. Mais l’issue est incertaine, la réforme doit être votée par les deux chambres en des termes identiques, et une majorité de droite sénat est opposée à la formulation actuelle. Elle craint avec l’inscription du verbe « garantir » dans la Constitution une « explosion des contentieux » liée à « une quasi-obligation de résultat » pour les pouvoirs publics.

Du point de vue des écologistes, cette réforme n’est que symbolique, la Charte de l’environnement fait déjà partie du bloc de constitutionnalité ; le 28 février 2005, ce texte était approuvé par les parlementaires français réunis en Congrès, plus besoin de référendum. Cette charte avait l’immense avantage de souligner le fait que les êtres humains ont aussi des devoirs, et pas seulement des droits. Rappelons le contenu de ce texte qui devrait être appris et récité par tous les écoliers, c’est bien plus adapté à notre temps que chanter en cœur la Marseillaise. Son préambule est fondamental : « Aux côtés des droits de l’homme de 1789 et des droits sociaux de 1946, et au même niveau, nous allons reconnaître les principes fondamentaux d’une écologie soucieuse du devenir de l’homme ». Voici son contenu :

« Le peuple français, Considérant que les ressources et les équilibres naturels ont conditionné l’émergence de l’humanité ; que l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel ; que l’environnement est le patrimoine commun des êtres humains ; que l’homme exerce une influence croissante sur les conditions de la vie et sur sa propre évolution ; que la diversité biologique, l’épanouissement de la personne et le progrès des sociétés humaines sont affectés par certains modes de consommation ou de production et par l’exploitation excessive des ressources naturelles ; que la préservation de l’environnement doit être recherchée au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la Nation ; qu’afin d’assurer un développement durable, les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins ; Proclame :

« Art. 1er. – Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

« Art. 2. – Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement.

« Art. 3. – Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environnement ou, à défaut, en limiter les conséquences.

« Art. 4. – Toute personne doit contribuer à la réparation des dommages qu’elle cause à l’environnement, dans les conditions définies par la loi.

« Art. 5. – Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en oeuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage.

« Art. 6. – Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social.

« Art. 7. – Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement.

« Art. 8. – L’éducation et la formation à l’environnement doivent contribuer à l’exercice des droits et devoirs définis par la présente Charte.

« Art. 9. – La recherche et l’innovation doivent apporter leur concours à la préservation et à la mise en valeur de l’environnement.

« Art. 10. – La présente Charte inspire l’action européenne et internationale de la France. »

remarque de biosphere : Le concept de « développement » dans ce texte, et à plus forte raison « durable » (article 6), n’est pas approprié. En effet Il n’y a pas de développement durable possible dans un monde fini, il faut sortir du croissancisme qui n’est qu’idéologie et certainement pas une valeur fondamentale.

Entrons en résistance, « Dé »construisons

A l’heure de la suprématie des « SUR » (surproduction, surpollution, surpopulation…), définissons pour l’après-Covid une société apaisée des « Dé » :

Débond : Les stratégies de débond passent par une définition du suffisant et vont à l’opposé des stratégies de rebond. Il faut identifier les facteurs limitant : temps, monnaie, infrastructures, propriété, aliénation, inégalités. Des activités telles que le jardinage, la randonnée, les repas qui s’étirent en longueur, l’usage de la bicyclette réduisent le temps disponible pour d’autres activités polluantes ; elles créent un « débond temporel ». Limiter la monnaie, c’est réduire la capacité financière d’exploiter. Ce serait une politique de décroissance post-keynésienne, dans le sens où elle agirait sur le budget et la monnaie mais viserait à réduire la demande plutôt que de l’augmenter. Les politiques de décroissance réduisent les infrastructures dédiées à la production et à la consommation, par exemple les infrastructures de transport. De manière très concrète, il faut diminuer les incinérateurs, les aéroports, les autoroutes, les lignes haute tension, les infrastructures touristiques, etc. Il s’agit de promouvoir des infrastructures basées sur le local… (François Schneider)

Décentralisation : Il ne s’agit pas de décentralisation politique et administrative, il s’agit d’instaurer des communautés de résilience, cherchant à la fois l’autonomie alimentaire et énergétique tout en établissant des critères de vie démocratique locale. On peut se référer au livre de Rob Hopkins, Manuel de transition, ou approfondir l’idée de biorégions.

Décolonisation (de l’imaginaire) : Pour réaliser au niveau des masses le déclic suffisant pour rompre avec la toxicodépendance du consumérisme et procéder à la nécessaire décolonisation de l’imaginaire, on ne peut guère compter que sur la pédagogie des catastrophes. Bien sûr, il n’y a aucun certitude que cela fonctionnera à temps. Toutefois on n’a rien à perdre à essayer. (Serge Latouche)

Déconnexion : En réalité, nous ne vivons pas dans un monde avec des écrans, avec des téléphones portables, avec des compteurs connectés – nous vivons dans le monde des écrans, des téléphones portables, des compteurs connectés. Ce ne sont pas des gadgets auxquels nous pouvons aisément renoncer. Le mythe de la liberté du consommateur – individu rationnel et autonome derrière son caddie – n’est qu’un argument publicitaire. Nous ne souhaitons pas la déconnexion. Au contraire, nous désirons plus de connexion : une connexion sans intermédiaire technologique, un lien immédiat avec ce – et ceux – qui nous entoure(nt).(Marianne Durano)

Déconsommation : les militants de la décroissance pratiquent depuis longtemps la déconsommation qu’ils nomment simplicité volontaire, sobriété partagée, limitation des besoins, austérité ou même ascétisme. Dans la mesure où les désirs de l’humanité sont illimités, quelles limites devons-nous nous fixer ? C’est à chacun de déterminer le degré de simplification à atteindre. Mais il est facile de voir que nos existences individuelles et notre vie collective seraient grandement changées si tout le monde simplifiait ses desseins. Les actions comptent plus que les mots. (Richard B.Gregg)

Déconstruction : La plupart des économistes font leur métier comme si la nature n’existait pas. Le mot croissance renvoie habituellement à l’introduction de nouveaux moyens de production. Il s’agit en réalité d’un simple déplacement de ressources ou de l’emploi d’un actif non renouvelable qui réduit le capital naturel. Il faut donc déconstruire le modèle BAU, business as usual. Il n’est que temps de recadrer le débat pour déterminer ce qui doit croître et ce qui doit décroître. La première Conférence internationale sur la décroissance s’est tenue à Paris en 2008, sous les auspices de l’European Society for Ecological Economics. (Juliet B.Schor)

Décroissance : Alors que la récession touche la quasi-totalité des secteurs sans discernement en créant un chômage massif, la décroissance est une entreprise prévue, se concentrant sur les secteurs ayant l’impact environnemental le plus négatif, améliorant le quotidien des plus nombreux, réduisant les inégalités par une redistribution des ressources et une démarchandisation du monde. La décroissance permet le passage d’un système obèse reposant sur les énergies fossiles vers un système sobre et convivial. L’humain n’est pas un ennemi de la nature. S’il y a un ennemi, c’est le capitalisme extractiviste et productiviste (Stanislas Regal)

Défaire (le développement) : colloque organisé en mars 2002 au palais de l’Unesco sur le thème « Défaire le développement, Refaire le monde ». La notion de « développement » est piégée dès l’origine et il est désormais impossible de séparer de la croissance économique. Une mention spéciale, au titre de l’oxymore, revient au « développement durable », censé combiner à la fois la croissance économique et la sauvegarde de l’environnement. Comme si les nouvelles technologies – qui contribuent d’abord à l’extension de la mondialisation, à l’accroissement des inégalités, à la transformation de la nature en biens marchands et à la substitution des liens sociaux fondés sur le face à face par des prothèses numériques – pouvaient soudain échapper à la logique du profit pour entrer dans celle du bien commun ! En fait, ériger la pauvreté en problème, c’est occulter le fait qu’elle constitue un rapport social et qu’elle ne peut se définir que par rapport à la richesse. Comme le dit un proverbe tswana : « Là où il n’y a pas de richesse, il n’y a pas non plus de pauvreté. »

Démilitarisation : « si tu veux la paix prépare la guerre, c’est l’option militaire. Si tu veux la paix, prépare la paix », c’est la voie suivi par les objecteurs de conscience qui refusent tout usage collectif des armes par des armées au service d’intérêts particuliers, y compris nationaux. Pour en savoir plus, lire le manifeste du pacifisme et/ou consulter l’expérience vécue d’un objecteur de conscience.

Démobilité : La croissance contemporaine des mobilités peut être alternativement présentée comme incarnation de libertés nouvelles ou comme puissante menace environnementale ». Une étude parue en janvier 2021 confirme l’avènement de la « démobilité ». A la fin d’octobre, juste avant le deuxième confinement, alors qu’un couvre-feu avait été instauré dans la moitié des départements, seul un quart des personnes interrogées disaient avoir repris le cours normal de leurs déplacements… Mais plus de 40 % du 1,2 million de personnes travaillant à moins d’un kilomètre de leur domicile prenaient le volant pour se rendre au travail… 

Démondialisation : Soit nous conduisons une stratégie de protectionnisme raisonné, européen, social et écologique, soit les peuples céderont aux sirènes perverses des droites extrêmes. (Aquilino Morelle) » Pour des raisons écologiques, il nous paraît en effet nécessaire de relocaliser l’activité pour épargner les énergies fossiles (moins de déplacements) et favoriser l’emploi local (respect des ressources naturelles locales, paysans du cru, agriculteurs de proximité, monnaie locale, etc.). C’est pourquoi l’idée de démondialisation est nécessaire, mais elle doit être accompagnée de la réalisation de communautés de résilience ou territoires en transition. Il ne s’agit pas de se contenter d’un patriotisme économique.

Dénatalité : La beauté sauvage est en train de disparaître et ça me fait mal… L’homme, ce grand prédateur, accapare l’espace de ses frères quadrupèdes… Faire moins d’enfants autorisera ces derniers à en faire à leur tour. Sinon, il y a toutes les chances que le droit à l’enfant s’écroule… La loi française autorise la stérilisation depuis 2001… Nous sommes déjà trop nombreux et je ne veux pas mettre au monde une personne qui ne serait qu’un outil permettant à une petite élite de garder ses privilèges… Avoir des rapports sexuels protégés, c’est comme trier ses déchets : c’est faire un geste pour la planète… Pourquoi dans mille générations, ma millième descendante n’aurait-elle pas le droit de vivre dans les mêmes conditions que moi ? (Cécile Deffontaines)

Dépollution : La croissance est un mythe dont le faux prophète s’appelle le PIB (produit intérieur brut). Cet indicateur de création  de richesse apparente n’est en fait qu’un instrument de l’exploitation des humains par d’autres humains et, plus fondamentalement encore, la cause première de la détérioration de la Biosphère. Le PIB mesure la somme de toutes les valeurs ajoutées, c’est-à-dire la production réellement issue de l’activité d’une entreprise. Un taux de croissance du PIB signifie donc plus de marchandises à disposition des consommateurs, plus d’accumulation de capital, plus d’ouverture sur l’extérieur, plus d’emploi. Mais cette conception de l’activité humaine laisse de côté la gestion du quotidien familial comme l’engagement bénévole au service de la société, compte en plus ce qui devrait être soustrait comme les dépenses de dépollution ou toute activité nuisible (alcoolisme, tabagisme, tourisme…), et ne mesure en rien la joie de vivre et l’état de la Biosphère. Beaucoup de producteurs qui croient sincèrement apporter une contribution positive à la richesse d’une nation seraient étonnés de calculer l’impact négatif de leur activité sur l’environnement naturel et humain.

Dépopulation : C’est une évidence, le pullulement humain est terrifiant, rend esclave les humains, épuise la planète, réduit la biodiversité, pollue les sols et le climat… L’infinie multiplication des hommes, face à des ressources de plus en plus réduites, mène obligatoirement comme l’avait prévu Malthus au désastre : famine, guerres et épidémies. (vers un dépopulation mondiale en 2047)

Dépublicité : Trois ingrédients sont nécessaires pour que la société de consommation puisse poursuivre sa ronde diabolique : la publicité, qui crée le désir de consommer, le crédit, qui en donne les moyens, et l’obsolescence programmée des produits, qui en renouvelle la nécessité. Ces trois ressorts de la société de croissance sont de véritables pousse-au-crime. Quand Emile de Girardin accepte l’insertion d’annonces payantes le 29 avril 1845, elles doivent être selon ses propres termes franches et concises : « La publicité  se réduit à dire : dans telle rue, à tel numéro, on vend telle chose à tel prix ». Un révolutionnaire raisonnable pourrait exiger, aujourd’hui, la stricte application de ce précepte-là.(Serge Latouche)

Déscolarisation : Les gens ne comprennent pas qu’en détruisant la planète, on détruit également les conditions de la stabilité et de la prospérité de nos descendants, et que les générations futures, c’est toi, ta classe de collège, et toutes les classes d’enfants du monde. On peut encore éviter le pire. Cela implique d’accepter de ne pas faire des études longues à la fac, mais de devenir agriculteur ou menuisier. (Jean-Marc Jancovici). N’oublions pas aussi les idées d’Ivan Illich sur une « société sans école ».

Désindustrialisation : La révolution industrielle a détruit la paysannerie, socle fondamental de nos besoins primaires, alimentaires. Le système de classification moderne a bien octroyé au secteur agricole la qualification de « primaire » (qui vient en premier), mais c’est pour mieux glorifier l’extension du secteur secondaire puis tertiaire. Pourtant que ce soit clair : ouvriers, employés et cadres ne sont que des parasites qui vivent au crochet des agriculteurs. Avec les crises écologiques qui menacent, le besoin d’avoir de quoi se nourrir va redevenir l’exigence de tous les jours. Les paysans seront de retour. (Silvia Pérez-Vitoria)

Désinvestissement : L’enceinte politique des négociations climatiques ne pourra pas être le seul endroit où se jouera l’avenir de la planète. Et si notre meilleure option était tout simplement de compter sur l’aversion pour le risque des marchés financiers ? Depuis 2012, une ONG baptisée 350.org a lancé une coalition intitulée Divest-Invest (désinvstissez-Investissez). Le mouvement est bien suivi, plus de 200 institutions ont déjà décidé de désinvestir du secteur pétrolier en transférant  50 milliards de dollars vers d’autres domaines.

Désurbanisation : L’urbanisation arrive au sommet de son inefficacité. Historiquement la vie biologique comme la vie sociale suivent des cycles. L’essor d’une civilisation s’accompagne d’une croissance des villes, son effondrement provoquera une désurbanisation. Comme il y a le pic pétrolier, le pic du phosphore, le peak fish… il y  aura bientôt le pic de l’urbanisation. Nous retournerons bientôt au rythme ancestral qui privilégie les campagnes, l’agriculture vivrière et l’artisanat de proximité ; en termes contemporains, il nous faut retrouver des communautés de transition qui soient à l’échelle humaine.

Détechniciser : Le terme « Détechnicisation » a été proposé par Dominique Wolton : «  détechnicisation de la communication au profit de la relation », c’est-à-dire moins d’outils et plus de temps consacré au face à face. Au niveau historique, on employait plutôt l’idée de techniques douces pour remplacer la technologie dure. L’écologie n’est pas technophobe, elle incite seulement à choisir des techniques appropriées.

Dévoiturage : Après Pearl Harbour, le président Roosevelt annonce le 6 janvier 1942 un arrêt de la production de voitures qui durera jusqu’à la fin 1944. La vente de véhicules à usage privé a été interdite, ainsi que la conduite de loisir. La construction de maisons et d’autoroutes a été stoppée. Les gens se sont rapidement mis à recycler tout ce qui pouvait l’être, avant de se lancer dans l’autoproduction alimentaire dans les « jardins de la victoire ». (Michel Sourrouille)

Macron, politique de dénigrement des écolos

Rabaisser autrui pour ne pas écouter son avis, tuer le messager pour ne pas entendre son message, c’est une figure de rhétorique dont on abuse. Pour gagner, Macron ne cherche pas à s’élever plus haut que les autres, juste à rabaisser les écolos…Tout l’échec de Macron et de ses sbires est résumé dans les propos suivants que nous commentons les uns après les autres :

– Certains macronistes dénoncent une « idéologie » écologique, d’autres une « écologie de l’entre-soi »,« moraliste »,« élitiste », « qui fait peur »… Ah, l’expression « écologie punitive » a beaucoup servi. En public ou en privé, sur les plateaux de télévision ou dans des discussions informelles, les membres du gouvernement n’ont eu de cesse pendant une semaine que d’attaquer la décision du maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, d’instaurer un menu sans viande dans les écoles de sa ville. Voici le point de vue des écologistes, Haro politicien sur le menu sans viande !

– M. Macron a comparé les Verts aux « tenants de la fermeture absolue » en matière sanitaire, qui se montreraient tous partisans, à leurs niveaux respectifs, d’un bien trop rigide principe de précaution. Eh oui, ils préfèrent le principe innovation par rapport au principe de précaution !

M. Macron avait assumé « le tournant de la 5G » pris par la France, « pays des Lumières et de l’innovation », malgré les craintes exprimées face à une technologie perçue comme potentiellement néfaste pour l’environnement et la santé.

— « J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile. Je ne crois pas au modèle amish », avait-il aussi lancé. Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish, pourtant un modèle de civilisation agropastoral bien préférable par sa durabilité au système thermo-industriel qui mène droit à la catastrophe !

« Je ne suis pas sur une ligne Greta Thunberg à vouloir prendre trois mois pour aller aux États-Unis en bateau, grince l’eurodéputé et conseiller élyséen Stéphane Séjourné. Je préfère qu’on investisse massivement dans l’innovation pour l’avion du futur. » Mais pour ne pas changer le climat, mieux vaut ne pas prendre l’avion !

L’écologie, le grand impensé du plan cancer !

Stéphane Foucart in L’écologie, le grand impensé du plan cancer ? « On parle de cancers « évitables », environ 40 % des cancers survenant en France, pour définir ceux qui sont liés à des facteurs de risque connus (tabac, alcool, sédentarité, alimentation, etc.). Les facteurs de risque les plus accessibles sont ceux liés au comportement ou aux conditions individuels. Mais cette définition sous-entend que les 60 % restant seraient par nature « inévitables ». Un tel glissement est trompeur. Nul ne sait à quel perturbateur endocrinien ou autre polluant diffus il est ou a été exposé au cours de sa vie ni à quel niveau : effets parfois importants à faibles doses d’exposition, effets différés d’expositions au cours de la vie fœtale, effet cocktail, absence de population témoin pour certains polluants trop largement distribués, etc. Il sera toujours très complexe de mettre un nombre de cancers en face de contaminant à bas bruit de la chaîne alimentaire. Tout cela conduit mécaniquement à faire de l’environnement le grand impensé du nouveau plan cancer. La focalisation sur les grands facteurs de risque comportementaux conforte une vision politique libérale, qui fait de l’individu l’unique responsable de son destin sanitaire. Ce parti pris conduit à éviter de condamner les structures économiques. Mais qui sont les premiers responsables des cancers induits par les viandes transformées : ceux qui en mangent ou ceux qui les ont rendues cancérogènes ? »

Collectif d’associations : Chaque année, plus de 157 000 personnes meurent d’un cancer en France. La stratégie nationale décennale (2021-2030) de lutte contre les cancers « minimise le rôle de la pollution passive et de l’environnement en général ». Par exemple 36 % des décès par cancer du poumon dans le monde sont liés à l’exposition aux particules fines. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 15 % de la mortalité française serait liée à des causes environnementales au sens large : pollution de l’air, de l’eau, ou des sols, exposition aux produits chimiques dangereux (pesticides, phtalates et autres perturbateurs endocriniens omniprésents), etc. Dans leur lettre au président de la République, les associations demandent entre autres à Emmanuel Macron l’élaboration d’un référentiel pour les normes environnementales intégrant les « effets cocktail » des multi-expositions. Parmi les signataires, on retrouve des organisations de consommateurs (UFC-Que choisir), d’usagers (Ligue contre l’obésité), de professionnels de santé (Convergence infirmières) ou encore de familles (association des familles victimes du saturnisme).

L’analyse de nos cheveux : Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Autissier, Delphine Batho, José Bové, Nicolas Hulot, Yannick Jadot, Marie-Monique Robin, les mèches de cheveux de toutes ces personnalités sont polluées par des substances chimiques susceptibles de perturber le système hormonal. La coiffure de chacun des cobayes volontaires en recelait une palette de 36 à 68 substances différentes. « Montrer ces résultats est une façon de souligner la réalité de l’exposition aux Perturbateurs Endocriniens », résume François Veillerette, directeur de Générations futures, commanditaire de ces analyses.

Pour en savoir plus sur le cancer :

10 mars 2017, Pour dire la vérité vraie, il faut avoir un cancer

En direct de la nature et de l’environnement

À lire, les recensions des JNE (journalistes pour la nature et l’écologie)

.• L’écologie profonde : un enjeu pour notre époque – Roland de Miller (JNE) – >> lire
..• Mousses et lichens – V Wirth, R Düll et S Caspari >> lire
..• La Flore des Bonnes Herbes – Gérard Ducerf et Rémi Geneston >> lire

CLIMAT : LES LEÇONS DE LA CONVENTION CITOYENNE par Thomas Blosseville >> lire

Opinions et débat : L’avenir tel qu’on se le cache. par Michel Sourrouille >> lire

Actualités internationales :

État des lieux de la nature dans les Alpes et les Cévennes par Jean-Pierre Lamic >> lire
• En forêt, les exotiques c’est pas automatique ! par Jean-Claude Génot >> lire
• Projet de Loi climat : pourquoi ce décalage avec les attentes de la Convention citoyenne ? Propos recueillis par Anne Henry >> lire

Indisponibilité du serveur ouvaton.org

Indisponibilité totale du 01/03 00:01 au 02/03 fin d’après-midi du serveur ouvaton.org, notre blog biosphere n’a pas été visible sur cette période. Quelques infos du serveur :

Arrêt de la plate-forme ouvaton le 1er mars à 0h01. Retour à partir du mardi 2 mars en fin d’après-midi. Nous faisons tout pour minimiser l’impact .

13h45 : Le déplacement de nos serveurs va bientôt commencer. 14h15 : Nous avons récupéré nos serveurs. 14h54 : Le branchement commence … fin estimée vers 17 heures 16h20 : on tient le planning … les branchements continuent, tout se passe bien … vers 17 heures toujours, début des vérifications … 16h38 : Tout est connecté et clignote au vert !! La suite bientôt ! 17h39 : Le remontage réseau se passe bien. Sauf gros imprévu, retour en ligne entre 18h et 19h. 18h56 : Encore un peu de patience : ça avance …

mardi 19h13 : Le déménagement est terminé, Ouvaton est en rétablissement progressif. Déjà des sites en ligne…

L’essentiel du mois de février 2021

La conquête spatiale a été à l’honneur en ce mois de février 2021 : Une trace de vie sur Mars, est-ce possible ? Bientôt la terraformation de cette planète ? Coloniser Mars ? «  Le fantasme d’un exode vers d’autres mondes nourrit nos imaginaires« , dixit le journaliste scientifique Stéphane Foucart.

Des informations décontextualisées laissent croire qu’il y aurait dans le cosmos une multitude d’ailleurs vivables et accessibles. Le mirage de la technologie qui va nous permettre d’échapper à une planète qu’on a rendu invivable, ça marche puisque les médias en parlent. Mais il nous faut savoir raison garder, voici notre synthèse sur la question, parue au mois de février dernier :

Tout savoir sur la conquête spatiale

https://biosphere.ouvaton.org/blog/tout-savoir-sur-la-conquete-spatiale/

NB : Pour recevoir gratuitement « l’article du mois » à domicile, il suffit d’écrire à biosphere@ouvaton.org.

Même adresse pour nous envoyer une contribution, pas plus de 4000 caractères svp.

Faites-nous connaître si vous le jugez utile, merci

Haro politicien sur le menu sans viande

La mairie écologiste de Lyon propose des menus sans viande dans les cantines scolaires à partir du 22 février. « Idéologie scandaleuse », a tweeté Gérald Darmanin, « insulte inacceptable aux agriculteurs et aux bouchers français … Politique élitiste, de nombreux enfants n’ont souvent que la cantine pour manger de la viande ».Plusieurs membres du gouvernement ont récupéré la polémique locale pour en faire un sujet national. Après Gérald Darmanin, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, et Olivier Dussopt, ministre des comptes publics, ont relayé la thèse doctrinaire imputée à la mairie de Lyon.

Le point de vue des écologistes. Lutter contre le réchauffement climatique passe nécessairement par une réduction de la consommation de viande, important vecteur d’émissions de gaz à effet de serre. La convention citoyenne pour le climat, installée par Macron, proposait même de passer à un choix végétarien quotidien dans la restauration collective publique à partir de 2022, y compris dans la restauration à menu unique (proposition SN1.1.6). De toute façon la moitié des élèves de primaire ne choisissait pas la viande, par goût, par habitude familiale ou par précepte religieux. De toute façon l’ancien maire de Lyon, Gérard Collomb, avait pris exactement la même mesure, lors de la sortie du premier confinement, seul moyen pour assurer la distribution de 29 000 repas quotidiens dans les écoles primaires de la ville. Les négociations en cours à Lyon prévoient deux types de menus, dont une alternative végétarienne, laissant toujours le choix aux familles. En toute chose, il faut savoir raison garder, ainsi des commentaires sur le monde.fr :

Axico : Un ministre de l’intérieur qui se mêle de diététique…pour moi ça discrédite un peu plus les politiques…

γλ : Ou comment une solution pragmatique est recyclée par la boboécologie politique en un principe doctrinaire non assumé.

Jemapivi : Bravo aux lyonnais. Un premier pas vers une alimentation plus saine et plus respectueuse de l’environnement et des animaux. Tenez bon face aux oppositions rétrogrades inévitables.

Patrice Bzh : Pourquoi tout ce raffut puisqu’il en est ainsi partout en France depuis 2 ans ? « Depuis le 1er novembre 2019, toutes les cantines scolaires publiques et privées françaises, de la maternelle au lycée, doivent proposer au moins un menu végétarien (sans viande ni poisson) par semaine. Il s’agit d’une mesure menée à titre expérimentale pendant deux ans. » C’est la loi Egalim mise en place par ce même gouvernement !!!

Eli 2 : Par ailleurs l’argument des classes sociales est puant de mépris. Personne n’ignore que les classes modestes mangent plus de viande (de qualité désastreuse) et pas assez de légumes frais. Enfin, il suffit d’avoir lu 3 pages d’un livre de diététique pour savoir qu’un plat de lentilles ou de pois chiches apporte protéines et fer. Bref c’est vraiment prendre les gens pour des imbéciles absolus que de monter en épingle la décision de supprimer la viande une fois par semaine alors que les rapports du GIEC préconisent une nette diminution de la consommation de viande. Comment transformer un micro-sujet de bon sens en une polémique nationale. La politique, dans ce qu’elle a de pire. Ces boomers me fatiguent.

Pour en savoir plus, La recette du régime alimentaire obligatoire