écologie appliquée

à la télé, Morts en silence dans les champs

Déprogrammé à l’époque par France.tv vu le décès de Lionel Jospin, ce documentaire passera le dimanche 3 mai, à 21 h 05 sur France 5 et sur france.tv.

Nicolas Legendre signe avec « Violence dans les champs » un documentaire terrifiant sur le modèle mortifère de l’agro-industrie mis en place en France au début des années 1950.

Après son livre enquête « Silence dans les champs » où il déshabille le complexe agro-industriel à l’œuvre en Bretagne, ce fils de paysan persiste et signe, avec ce documentaire, en élargissant la focale à la France entière. Le productivisme agricole épuise les terres et les hommes, jusqu’à en mourir. Chaque année, des milliers d’agriculteurs jettent l’éponge pour sauver leur peau. « La violence est partout. Dans le travail, les pressions, le regard des autres. On la ressentait, mais on ne s’avouait pas cette violence au quotidien. C’est maintenant qu’on a arrêté qu’on s’en rend compte, parce qu’on est libérés. Et on se dit c’était de l’esclavage », expliquent Vanessa Péan et son mari.

Pour atteindre disait-on l’autosuffisance alimentaire, l’Etat et la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) noueront un pacte faustien où les profits de certains se paieront en engrais chimiques, en pesticides et en soja importé pour nourrir le bétail. La financiarisation et l’industrialisation ont poussé à un endettement, multiplié par quatre en quarante ans. Les agriculteurs eux-mêmes s’entre-dévorent pour s’approprier les terres des voisins, grossir et survivre…. contre ceux qui trouvent l’énergie de se convertir au bio… et contre l’environnement. Le film, qui renonce à désigner des méchants, décortique un système pervers où l’on ne sait plus qui est bourreau, qui est victime. Une enquête menée en 2024 par le cercle de réflexion The Shift Project révélait que 93 % des exploitants interrogés sont prêts à engager ou à accélérer la transition environnementale de leur ferme. Mais le système est totalement verrouillé par les banques, les organisations professionnelles, les politiciens.

La diffusion du documentaire sera suivie d’un débat présenté par Aurélie Casse avec le réalisateur Nicolas Legendre, Marine Colli (consultante indépendante spécialiste des politiques agricoles), Meryl Cruz Mermy (agricultrice bio dans l’Ain) et Eve Fouilleux (directrice de recherches en science politique au CNRS et chercheure associée au Cirad).

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La merde, un de nos biens les plus précieux

Pour pousser, les plantes ont besoin de nutriments indispensables (azote, phosphore, potassium…), qui, après avoir été consommés, sont excrétés par le corps. Traditionnellement, les paysans avaient le souci d’utiliser les excrétions humaines et animales pour fertiliser les sols cultivés.

Fabien Esculier : Jusqu’au XIXᵉ siècle, l’évacuation des matières organiques hors des villes s’effectue souvent selon un principe symétrique à celui de leur approvisionnement alimentaire. Il y a vidange des excreta, utilisés comme engrais sur les terres avoisinantes. La densification des villes conduit à imaginer un système de stockage dans des fosses. Avec le développement de l’hygiénisme, l’arrivée progressive de l’eau courante dans les habitations s’accompagne de la généralisation des toilettes à chasse d’eau puis des systèmes d’égouts. Les excréments y disparaissent comme par magie, même si, en réalité, ils vont polluer les rivières. Mais c’est surtout au XXe siècle, avec l’apparition des engrais de synthèse, que s’opère le basculement. En 1913, le chimiste allemand Fritz Haber et l’industriel Carl Bosch développent un procédé industriel pour convertir l’azote de l’air en azote assimilable par les plantes. Après la seconde guerre mondiale, ce procédé se généralise en France, en même temps que l’agriculture industrielle.

Nous dépensons des sommes colossales à détruire l’azote de nos excrétions dans les stations d’épuration. Et nous consacrons autant d’énergie et d’argent à fabriquer la même quantité d’azote sous forme d’engrais pour nous nourrir. Or, les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ont mis en lumière les effets catastrophiques des dépendances aux énergies fossiles sur notre autonomie alimentaire. Tant que nous serons dépendants des engrais d’origine fossile pour notre subsistance, notre souveraineté alimentaire sera un leurre. En outre, les conséquences environnementales de cette production sont catastrophiques. Elle contribue pour 2 % aux émissions de gaz à effet de serre et donc au réchauffement climatique, et aggrave les concentrations de nitrates dans notre eau potable.

NB : Fabien Esculier a fondé en 2014 le programme de recherche-action Ocapi (Organisation des cycles carbone, azote et phosphore dans les territoires) qui réinvente des pratiques millénaires, oubliées depuis cinquante ans. Dans Une autre histoire des excréments (Actes Sud, 304 p., 21 euros), il retrace le destin de ce trésor vital, devenu un déchet coûteux.

Le point de vue des écologistes avec toilettes sèches

– Dans son roman « La Terre », Zola parle d’une paysanne qui produisait et proposait plus beaux légumes du village, mais qui suscitaient une certaine défiance car elle était appelée « la Mère Caca »…

– Je vois déjà certains sortir les références fausses au Sri Lanka, les accusations de militantisme pour discréditer le chercheur (quand on aime pas le message, on attaque le messager)

– L’agronome et écologiste avant l’heure René Dumont expliquait qu’en Chine le vidangeur les récoltait les excréments et était l’homme le plus riche du village alors qu’en Inde c’était considéré comme indigne par les brahmanes, aux « intouchables » de s’en occuper !

– La solution peut être le re-développement de ceintures urbaines de production vivrières utilisant les excrétionss dans le cadre de circuits courts, ce qui existait encore au 19eme siècle comme à Paris.

– Intégrer dans les représentations que ce qui est considéré comme abject est en fait un or brun ne se fera pas sans résistances.

– Le prix des engrais augmente => le prix de la tonne de céréale augmente => le prix de la viande augmente. C’est comme cela que la consommation de produits carnés va se réguler.

– Reste plus qu’à séparer les produits sanitaire, le cadmium et les médicaments des eaux usées. Bon courage.

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toilettes sèches (2008)

extraits : Alors que dans les pays riches une frange d’expérimentateurs éclairés se lance dans la construction de toilettes sèches, il est vraiment bizarre que les pays pauvres n’utilisent pas les excréments humains qui peuvent faire un bon engrais. Il est bizarre qu’un article sur nos latrines insiste plutôt sur les maladies diarrhéiques, la contamination des eaux de surface, les bactéries, virus et autres parasites, sans aborder l’intérêt du nécessaire recyclage de toute matière par les décomposeurs. Nous n’avons pas à frémir ni fantasmer sur nos matières fécales : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme…

pisser dans la nature ou dans des toilettes ? (2012)

extraits : Il y a des commémorations pour tout, y compris pour les WC : journée mondiale des toilettes le 19 novembre ! Car ça urge : choléra, typhoïde, légionellose et autres maladies hydriques sont directement liés aux lacunes de l’assainissement. Or 1,1 milliard de personnes n’a d’autre choix que de déféquer dans un champ, au bord d’une rivière, en forêt ou sur un terrain vague… Pisser dans des toilettes « hygiéniques » avec le « tout-à-l’égout » n’est pas le meilleur service à rendre à l’humanité. Si le phosphore manque, la production agricole chutera !….

Merci la Terre, nous sommes tous écologistes (2013)

extraits : La chasse d’eau fut inventée par un Anglais, en 1775. Ce système, qui est synonyme d’hygiène et de civilisation moderne, n’est cependant pas généralisable, pour deux raisons. D’une part, il coûte trop cher, aucun pays du tiers-monde ne peut l’envisager, sauf pour le centre de sa capitale. D’autre part, il n’y a pas assez d’eau. Toute l’eau de l’Himalaya ne suffirait pas à emplir les chasses d’eau d’un milliard de Chinois…

815 millions d’affamés et cela ne peut qu’augmenter (2017)

extraits : On a combattu depuis le XIXe siècle la loi des rendements décroissants en agriculture par plus d’engrais et d’énergie, les sols ont été dopés artificiellement, ils sont en bout de course aujourd’hui, et les ressources fossiles sont bientôt inaccessibles. Autant il est facile dans de petites communautés de recycler les déjections humaines, autant cela devient impossible quand une population s’accumule sur un territoire restreint. La chasse d’eau est une invention du diable qui n’est pas généralisable. Il n’y a pas de problème dont la solution ne soit facilitée par la maîtrise de la fécondité humaine….

19 novembre, la journée mondiale des WC (2020)

extraits : Chaque jour il nous faut uriner et déféquer, bref c’est un besoin vital. Souvent le lieu importe peu, c’est n’importe où, mais quand on est des milliards à se soulager, ça craint… C’est pourquoi l’Organisation des Nations unies (ONU) a choisi le 19 novembre pour marquer la Journée mondiale des toilettes. Faire pipi-caca, c’est en effet le moyen d’aborder de nombreuses problématiques : comment économiser l’eau en tirant la chasse ? Comment récupérer l’urine qui peut faire un bon engrais ?….

Toilettes, dis-moi comment tu défèques (2022)

extraits : Le développement des toilettes était l’un des objectifs du millénaire, défini ainsi en l’an 2000 par les Nations unies : diminuer par deux le nombre de personnes n’ayant pas accès à des sanitaires d’ici à 2015. Mais dans le monde de demain, le principal souci ne sera pas la douce chaleur du lieu où on défèque car nous serons plutôt préoccupés par le nécessaire recyclage de notre urine et de nos merdes. J’ai rencontré pour la première fois en 2014 des WC séparant l’urine et les selles dans un village de yourte près de Totnes, ville modèle des communautés en transition. Mais si la population augmente trop vite, on ne pourra que polluer toujours plus…

Absence de WC en Afrique, à qui la faute ? (2023)

extraits : En 2011 la Fondation Bill et Melinda Gates a lancé le concours international Reinvent the Toilet pour inventer les toilettes du futur sans eau ni électricité tout en valorisant les déchets humains. Cela existe, les toilettes sèches. Mais même cela paraît inaccessible à un continent africain de 1,26 milliard d’habitants, à la croissance démographique exponentielle. Un demi-milliard de personnes dans le monde pratiquent ce que les Nations unies nomment « défécation à l’air libre », véritable arme de destruction massive d’eaux vives : rivières, lacs et littoraux sont pollués….

Toilettes, dis-moi comment tu défèques, je te dirais où tu vas (2026)

Étudiant dans les années 1970 en faculté de sciences économiques, j’aurais aimé qu’on nous parle un peu plus de la gestion de nos déchets plutôt que des grandes théories du marché et du libre échange. J’ai connu l’installation à la dure de WC chez mes grands-parents, dans une cabane au fond du jardin, les fesses assises sur un trou au milieu des planches, on se soulageait directement sur une fosse où grouillaient les vers blancs. Pour la vider, on portait nos seaux directement sur le compost. (Michel Sourrouille)

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22 avril, « Journée de la Terre » !?!

La Journée de la Terre, programmée tous les ans le 22 avril, devrait être célébrée par tous et toutes. Ce n’est pas le cas. Dans les archives du MONDE, la journée de la Terre est placée sous le signe de la désinvolture, dans nos archives l’approche reste insuffisante, et sur google quelques point saillants.

Dans les archives du MONDE

La Journée de la terre en 1999

La Confédération nationale des travailleurs dans l’agriculture (Contag) a déclaré mercredi 7 avril avoir envahi mardi, Journée nationale d’occupation de la terre, au moins 59 fazendas (grandes propriétés terriennes) pour faire accélérer la réforme agraire. Le président Fernando Henrique Cardoso a dit que si les occupations sont « confirmées » par le ministère de la politique agricole, « elles représentent un acte contre la loi » qui « entraînera des punitions », selon le porte-parole de la présidence, M. Sergio Amaral.

La Journée de la terre en 2010

A l’occasion de la Journée mondiale de la Terre, célébrée par plus de 500 millions de personnes dans 184 pays, un grand rassemblement à 10 heures sur la prairie du Triangle du parc de la Villette, à Paris. Pour chaque personne présente, qui donne un euro, un arbre sera planté dans le cadre des programmes de reforestation menés par Planète Urgence. L’objectif ? Planter 500 000 palétuviers en Indonésie.

La Journée de la terre en 2012

La Journée de la terre, célébrée chaque année le 30 mars par la minorité arabe palestinienne d’Israël, commémore les morts lors de manifestations contre la confiscation de terrains en 1976. (LE MONDE du 30 mars 2012),

Comme quoi la Journée de la terre n’est pas la même pour tout le monde !

La Journée de la terre en 2023

Sur Arte, une programmation spéciale « Journée de la Terre » placée sous le signe des bonnes nouvelles. La région des Abruzzes, en Italie, se dépeuple ? C’est une bonne nouvelle ! Dans les Abruzzes, les crises économiques ont chassé l’homme, laissant derrière lui sites industriels et villages abandonnés… Mais, contre toute attente, la végétation y a repris ses droits, et les loups ainsi que les ours marsicains ont reparu. Il faut « Rendre toute sa place à la nature ».

Des pans de montagne sont dynamités près de Cologne, en Allemagne ? Encore une bonne nouvelle ! Les anciennes carrières de l’Eifel sont aujourd’hui peuplées de grands ducs, une décharge au sud de Francfort s’est réensauvagée, comme une mine de lignite désaffectée, à Cleveland, aux Etats-Unis.

Parmi les dix films programmés dès 5 heures, un autre inédit sort du lot, consacré Au royaume des vers de terre. Si le thème peut prêter à sourire, c’est à dessein : la réalisatrice exploite l’évocation comique du lombric pour convaincre le téléspectateur d’approfondir le sujet. Plusieurs séquences montrent ainsi le ver de terre en très gros plan et avec des sons amplifiés, dans son tunnel, ou en train de creuser (à la vitesse de 5 mètres par heure), ou encore deux spécimens en train de s’accoupler tête-bêche – le ver est hermaphrodite.

Dans nos archives biosphèriques

22 avril 2022, Journée de la Terre

extraits : La Journée de la Terre (Earth Day) est une fête célébrée aux États-Unis depuis 1970, toujours le 22 avril, en commémoration de la création du mouvement environnementaliste. Même le gouvernement français connaît cette date, la preuve : « La Journée mondiale de la Terre est l’occasion chaque année de sensibiliser les habitants de la planète aux problèmes qui l’affecte. En parallèle de l’action de l’État, des organismes et des entreprises, chacun, à son échelle, peut agir pour la planète… »

Notez que la page de référence de cette déclaration gouvernementale n’existe plus sur Internet !

Voter le 22 avril, quel dilemme !

extraits : Ne rêvons pas, il n’y aura pas de priorité écologique de la part des présidentiables lors des élections françaises du 22 avril 2007… Comme, de l’extrême gauche à l’extrême droite, il n’y a aucun candidat aux présidentielles qui prône la joie de vivre par la décroissance de la consommation d’énergie et de biens matériels, à toi électeur de choisir entre Charybde et Scylla : au pays des aveugles, les borgnes sont roi ou reine.

« Journée de la terre » sur google

– Le Jour de la Terre fut célébré pour la première fois aux États-Unis, le 22 avril 1970. Il n’existait aucun mécanisme légal ou réglementaire pour protéger notre environnement. Au printemps 1970, le sénateur Gaylord Nelson a créé la Journée de la Terre afin d’inscrire cette question à l’agenda national . Vingt millions d’Américains ont manifesté dans différentes villes des États-Unis, et cela a fonctionné !

– Au fil des ans, le Jour de la Terre est devenu une organisation, ainsi qu’une journée environnementale participative d’envergure, célébrée à partir de 1990 dans plusieurs pays à travers le monde.

– Cette Journée internationale de la Terre nourricière nous rappelle la nécessité de passer à une économie plus durable, qui bénéficie à la fois à l’humanité et à la planète. Assurer une harmonie avec la nature et la Terre n’est plus uniquement souhaitable, mais impératif.

– Comment célébrer la journée de la Terre ? Faire la fête. Organisez une sortie à vélo ou roller. Organisez une fête de quartier sur le thème de l’environnement, avec tri sélectif, sensibilisation à la consommation d’eau, consommation d’aliments locaux et bio-équitables, projets de verdissement ou de nettoyage

– La planète sera-t-elle habitable d’ici 2050 ? D’ici là, 3,3 milliards de personnes – soit un tiers de la population mondiale – seront confrontées à un stress hydrique. Selon le rapport GEO-7, le monde approche de plusieurs seuils climatiques critiques, potentiellement irréversibles . La fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique occidental pourrait entraîner une montée du niveau de la mer de 10 mètres.

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Katy Perry agresse sexuellement Ruby Rose

La chanteuse Ruby Rose a expliqué que l’actrice australienne Katy Perry aurait baissé sa culotte, puis frotté son sexe sur son visage alors qu’elle était endormie sur les genoux d’une amie, la réveillant en sursaut. L’agression sexuelle remonte à 2010 à Melbourne. Elle ajoute : « Je n’avais qu’une vingtaine d’années. J’en ai maintenant 40. Il m’a fallu près de deux décennies pour en parler. Ça montre bien tout le trauma qu’engendre une agression sexuelle. Vous avez besoin de sortir ça de vous avant que ça ne vous dévore comme un cancer. »

Katy Perry, aujourd’hui âgée de 41 ans : « Mme Rose a un long passé de diffamation publique sur les réseaux sociaux… »

https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/15/katy-perry-accusee-d-agression-sexuelle-par-l-actrice-ruby-rose-une-enquete-ouverte-en-australie_6680278_3210.html

Le point de vue des écologistes sur les mal-baisées

Cette histoire microscopique n’a rien à faire dans les colonnes du MONDE, et pourtant c’est aussi là qu’on la trouve. Comment voulez vous que les citoyens s’intéressent aux affaires sérieuses quand on donne dans un journal dit « de référence » la parole à des racontars d’il y a plus de 15 ans  ?

Soyons sérieux, parcourons la rubrique planète du MONDE

– L’objectif « zéro artificialisation nette », destiné à lutter contre la bétonnisation des sols, de nouveau assoupli par l’Assemblée nationale

– La circulation océanique qui maintient un climat doux en Europe pourrait s’affaiblir davantage que prévu

– Le rebond de la pollution de l’air en Île-de-France en 2025 « rappelle l’importance du maintien des ZFE », selon Airparif

– Le Parlement entérine l’adoption de la loi de « simplification » et la suppression des ZFE (zones à faibles émissions)

– ZFE : près de 3 millions de véhicules parmi les plus polluants seront remis en circulation avec l’abandon du dispositif

– « Les PFAS ne sont que la partie émergée de l’iceberg de la pollution chimique en Europe »

– Terres rares : des entreprises européennes prises au piège des restrictions chinoises

– The Shift Project liste les 20 chantiers à lancer d’urgence pour réussir la transition énergétique

– « La liberté diplomatique de l’Espagne n’est pas seulement politique, elle est énergétique »

– Derrière la guerre en Iran, l’obsession trumpienne des ressources énergétiques mondiales

– Data centers : « Limiter les impacts spatiaux, énergétiques et environnementaux des grandes fermes de données est fondamental »

– Pourquoi est-il bon d’apprendre le chant des oiseaux aux enfants ?

– Mesurer le déclin des insectes en photographiant sa plaque d’immatriculation : une idée « simple et géniale »

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Greenpeace va licencier, c’est une première !

Coup de massue chez Greenpeace France. L’ONG environnementale prévoit de réduire ses effectifs de 138 à 106 salariés, soit un quart de ses effectifs. L’association explique être « confrontée à un ralentissement de la croissance de ses ressources dû à un contexte économique dégradé ».

La spécificité de l’association, dont le budget était de 31 millions d’euros fin 2025, est d’être exclusivement financée par des dons privés. Cette indépendance est aussi une vulnérabilité, car les dons ont ralenti ces dernières années. Dans son rapport d’activité 2024, l’association déplorait que le nombre de ses donateurs ne cesse de diminuer depuis quatre ans : 224 000 en 2024 contre 248 000 en 2020.

Le point de vue des écologistes

– Sans les associations environnementales, la situation des relations entre les humains et la planète seraient encore plus catastrophiques qu’elles ne le sont actuellement. Taper sur Greenpeace, c’est donc consentir à un sort très peu enviable pour nos générations futures, c’est se tirer une balle dans le pied, c’est absurde, c’est même trumpiste !

– L’organisation a été « fortement fragilisée » par une décision de la Cour de cassation qui lui a interdit, en septembre 2025, d’avoir recours à des CDD d’usage pour embaucher ses « recruteurs », chargés d’attirer de nouveaux donateurs. Ce type de contrat permet à un employeur d’embaucher un salarié pour l’exécution d’une tâche précise et temporaire et se singularise par sa flexibilité extrême. Mais n’oublions pas qu’une association devrait reposer principalement sur le bénévolat de ses membres…

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Greenpeace, une multinationale comme les autres (octobre 2023)

extraits : Depuis vingt ans, les effectifs de Greenpeace France n’ont cessé de croître, et sa structure de se rapprocher d’une entreprise classique : naissance d’un service RH, création de postes de management intermédiaire et délimitation stricte des périmètres de chacun en 2015… Ce qui a généré des conflits fréquents entre pôles ou salariés, parfois arbitrés de manière autoritaire par la direction….

Devenir activiste avec Greenpeace

extraits : Greenpeace reste profondément discrète sur son fonctionnement. Les  « activistes  » font parler d’eux mais ne parlent jamais d’eux. Pourtant six d’entre eux ont accepté de raconter leur engagement, à visage découvert. Ils se félicitent d’avoir démontré la vulnérabilité de la centrale de Nogent-sur-Seine. Ils racontent : « Quand on t’appelle pour te demander si tu peux te libérer quatre ou cinq jours, tu ne sais pas où se passera l’action et même quelle en sera la durée exacte ». A l’origine de l’engagement, il y a un sens très développé de la désobéissance civile et beaucoup de courage. Les activistes sont formés pour participer à des opérations de confrontation non violente. La priorité pour Greenpeace est de pouvoir poser une image sur ce qu’elle veut dénoncer.

Greenpeace, que je t’aime… que je t’aime…

extraits : L’ONG Greenpeace a fêté son 50e anniversaire le 15 septembre 2021. A l’origine mobilisée contre des essais nucléaires américains en 1971, cette institution entièrement autonome financièrement a mené des actions médiatiques dans de multiples domaines liés à la protection de la planète. Sans compter l’important travail d’enquête, d’investigation pour cibler au mieux leurs campagnes. Le premier salarié de Greenpeace France était chargé de la production photo, Pierre Gleizes ; ce qui éclaire bien le choix de communiquer avec des images percutantes. Greenpeace a toujours revendiqué de marcher sur deux jambes. L’activisme, avec cette forte capacité d’actions non violentes, et le lobbying qui l’amène à discuter avec les gouvernements et à s’asseoir aux tables des grandes conférences..

Greenpeace, une association malthusienne

extraits : Rex Weyler, co-fondateur de Greenpeace international en 1979 : « The challenge we face, as environmentalists, or as concerned citizens, is that “scale” is almost a taboo subject in public discourse. Since population and overconsumption remain two of the primary drivers of ecological destruction, perhaps we should take on the challenge of stabilising our population, along with managing over-consumption. We cannot presume to engineer our way out of these ecological realities without attention to scale. We must embrace the nagging question of human scale, and recognise the need to slow down and control human enterprise. »

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René DUMONT, l’utopie ou la mort

On ne peut se proclamer écologiste sans avoir une connaissance de nos fondamentaux, Ellul et Charbonneau, Grothendieck et Gorgescu-Roegen, Arne Naess….

A partir des années 1970, c’est un des premiers écolo déclaré, René Dumont, qui entre en scène. Il fait économiser la lumière dans ses conférences. Il vitupère les emballages, le gâchis de la publicité, l’overdose d’engrais, les climatiseurs et les escaliers roulants. Il condamne « l’univers de la bagnole, la plus grosse erreur de civilisation du siècle ». Premier des présidentiables écolo en 1974, il avait déjà exposé ses idées en 1973 dans un livre « L’utopie ou la mort »*.

De son expérience des limites de la planète en tant qu’agronome, il en avait déduit un projet de « disciplines matérielles », incluant une disciple de consommation qui permettra l’aisance chez les plus démunis, mais aussi une discipline démographique (s’appliquant d’abord dans les pays riches). Dumont ne manque pas de propositions concrètes pour donner corps à son projet de civilisation : interdiction des automobiles privées en centre ville, rationnement des voyages en avion, égalisation des revenus et fiscalité plus lourde sur les riches en vue de réduire leur consommation, taxation des familles nombreuses par l’impôt, réduction du temps de travail, armement zéro, compostage pour l’agriculture des excréments, taxation des produits pétroliers, rationnement mondial des ressources rares, etc.

Voici quelques extraits de son livre

Le problème des exponentielles

– J’ai été saisi à la gorge par les perspectives qui s’offrent à nous si se prolongent les actuelles croissances exponentielles de la population et de la production industrielle. Il nous faut donc sortir du système capitaliste. Car jamais une société humaine n’a perdu à ce point le contrôle de sa démographie, de sa technologie, de son modèle de consommation. Non seulement nous nous acheminons vers une rupture brutale de notre type de civilisation au détriment de nos petits-enfants, mais nous privons définitivement les pays d’économie dominée de toute possibilité de réel développement par des gaspillages qui deviennent de plus en plus insoutenables. La croissance démographique zéro, dont nous avons montré l’urgence bien plus grande dans les pays riches, devrait donc s’accompagner d’une série de freins à l’urbanisation dévergondée, sans limite, qui dégrade l’environnement, pollue effroyablement, entraîne l’aliénation d’une part croissante de travailleurs, et surtout gaspille des ressources qui ne vont pas tarder à manquer.

– Irresponsables seraient ceux qui persisteraient à ignorer celle des conclusions du Club de Rome qui me paraît irréfutable : une croissance exponentielle de la population et de l’industrie ne peut se prolonger bien longtemps dans un monde fini… Doubler une production industrielle en 10 ans pendant un siècle multiplie la production par 1024… Sur quelles bases matérielles ? Si nous ne parvenons pas à réduire les émissions de gaz carbonique, la dégradation des climats risque d’atteindre le point de non-retour à partir duquel on ne serait plus sûr de pouvoir rétablir un ordre climatique viable.

L’impasse automobile

– Revenons à l’automobile particulière, privilège devenu exorbitant surtout à la lumière de ce que nous apprend le club de Rome. L’acier, les matériaux, les ingénieurs, techniciens et ouvriers qui les construisent, toutes les ressources rares et toute cette activité compétente, s’ils étaient autrement dirigés, auraient pu développer partout une industrie suffisante pour couvrir l’ensemble des besoins essentiels des pays du tiers-monde. Chaque auto que vous achetez, en général bien avant d’avoir usé la précédente, représente autant d’acier de moins pour les charrues des paysans tropicaux.

La question démographique 

– De savant calculs nous montrent que l’explosion démographique, telle qu’elle est déjà engagée – contre du reste toutes les prévisions antérieures à 1945, qui la sous-estimaient terriblement – constitue un phénomène irréversible pour de longues décennies. Même si une campagne de planification familiale se généralisait rapidement, il suffirait que chaque futur couple ait une moyenne de deux enfants pour que la progression continue encore longtemps. Mais faut-il qu’ils aient chacun deux enfants ?

– Ce qui me paraît le plus grave, c’est la persistance des mesures natalistes, par exemple dans un pays comme la France, envers laquelle nous avons une responsabilité particulière ; et à qui des imprudents sinon des impudents comme Michel Debré, n’hésitent pas à proposer l’objectif de 100 millions d’habitants. Dans une décennie, il serait déjà bien tard pour la mise en œuvre hardie de toute la série de disciplines qui s’imposent impérativement ; et celle de la population commande toutes les autres si nous refusons un degré peu supportable d’austérité.

– Il n’est plus possible de s’en remettre à la seule planification familiale, car elle se contente d’empêcher la venue au monde des enfants non désirés. La survie de l’humanité ne peut plus être confiée au bon vouloir d’un nombre aussi élevé de procréateurs plus ou moins irresponsables. Ceux qui les encouragent peuvent désormais, maintenant que les limites de la planète sont enfin reconnues, être au mieux considérés comme inconscients, au pire comme criminels, cherchant à satisfaire quelque volonté de puissance. Des mesures limitatives autoritaires de la natalité vont donc devenir de plus en plus nécessaires, mais elles ne seront acceptables que si elles commencent par les pays riches et par l’éducation des autres.

– Dès 1931, je soulignais l’urgence de freiner la population au Nord-Vietnam… mais de 1931 à 1971, 40 années ont été perdues, pendant lesquelles l’explosion démographique a pris des proportions compromettant l’avenir même de l’humanité. Quarante années pendant lesquelles communistes et catholiques ont rejeté l’idée même du néomalthusianisme.

– En France, en Europe, quand on sera enfin capable de comprendre la gravité de la situation (état de surpopulation), on commencera par supprimer tous les avantages (fiscalité, logements et allocations familiales) au-delà du deuxième enfant, après que l’on aura réduit les inégalités de revenus. Les ouvriers de Montargis me disent qu’ils en ont assez de payer pour leurs voisins paresseux, qui vivent de leurs enfants.

– Aux États-Unis, il faudrait aller plus loin, taxer les familles nombreuses de plus en plus lourdement : surtout les plus riches, qui sont les plus gaspilleuses, de véritables vandales ; avant d’être obligé d’en arriver à des quotas autoritaires. Une fois cet arrêt de croissance des populations riches nettement amorcé, nous serons mieux en mesure de le conseiller efficacement dans les pays où il s’impose le plus, du Maghreb à l’Asie méridionale, en insistant sur l’Égypte, le Pakistan…

* L’utopie ou la mort de René Dumont ( 1ère édition 1973, réédition août 2020 au Seuil, 8,50 euros)

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l’origine de l’écologie politique, 1970

Voici la naissance de l’écologie politique grâce aux éléments tirés du livre de Pascale Audinenau sur « L’aventure du journal Écologie Infos » (1972-1992) titré « On ne dira pas que nous n’avons rien fait ».

L’écologie politique naît dans la période 1968-1974. Plusieurs combats commencent, comme le Comité contre la pollution de La Hague avec Didier Anger. Jean-Luc Burgunder dont il sera question tout au cours de ce livre, édite le 9 novembre 1970 « Pollution Non », puis Écologie Hebdo et Écologie Infos qui disparaîtra en 1992 après 600 publications sous ses différentes formes. Il a donc été le témoin de l’histoire des Verts, il écrivait en 1981 :

« Une décennie pour ce jeune mouvement qui pose la question de la croissance industrielle, celle des relations de l’homme avec son milieu, de l’homme envers l’homme, de la quantité et de la qualité, et interpelle un monde ayant atteint ses limites, et par conséquent sa viabilité… »

Considéré comme l’un des grands précurseurs de la contestation écologique, Pierre Fournier collaborateur de Hara Kiri, répondait ainsi aux lecteurs de son mensuel (n° 73 du 22 juin 1970) :

« Ceux qui me reprochent de me polariser sur les problèmes d’ environnement sont mal informés : si nous ne les solutionnons pas et très très vite, nous crèverons, Je ne peux pas piffer ce mot d’environnement, il pue l’anthropocentrisme alors que, justement la prise de conscience qui l’a mis à la mode annonce la fin d’un anthropocentrisme dépassé. C’est parce qu’elle provoque un bouleversement fondamental des attitudes philosophiques qui fondent le monde moderne que cette prise de conscience été ajournée jusqu’à l’ultime échéance. Le réel, que nous avions cru ployer, se redresse et nous gifle la gueule. Va falloir compter avec « la nature » autour de nous, en nous. »

Pierre invente l’expression « révolution écologique » en 1971. Il crée en novembre 1972 « La Gueule ouverte », mais il est foudroyé par un accident cardiaque le 15 février 1973, à 35 ans.

La candidature de René Dumont à la présidentielle 1974

Avant même que la maladie du président Pompidou ne soit connue, l’idée de présenter un candidat écolo à la présidentielle se profile lors du congrès de Nature et Progrès de novembre 1972. Le 9 avril 1973, le choix s’est porté sur l’agronome René Dumont, alors âgé de 70 ans. Grâce à une mobilisation sur tout le territoire, René est en mesure de déposer 180 signatures au Conseil constitutionnel. Le 19 avril 1974, René Dumont donne sa vision de l’écologie :

« L’écologie, c’est en somme tout ce qui regarde la vie du système végétal, du système animal, la vie dans tous ses aspects, y compris la vie microbienne, et actuellement c’est cette totalité de vie qui est menacée par l’ensemble des destructions, L’homme est arrivé sur la Terre un peu comme un accident et il s’est dit : C’est moi le patron ! Le patron évidemment, mais de là à tout détruire… Il est en train de scier la branche sur laquelle il est assis… »

Le journaliste Jean-François Kahn déclare qu’une candidature écologique est politiquement idiote ! Pour René Dumont, les problèmes soulevés par l’écologie sont bien politiques : « J’avancerai que, si les écologistes ne sont pas au pouvoir cette fois-ci, ils peuvent l’être un jour – les écologistes sont une force politique montante… ». A la question « Pourquoi cette candidature ? », je réponds :

« Les citoyens n’ont jamais droit à la parole, cette campagne électorale vous la donne : le jeu politique traditionnel, les structures bureaucratiques cachent les vrais questions qui se posent à nous tous. Le 11 mai 1971, 2200 scientifiques de 23 pays se sont adressés dans le message de Menton à tous les hommes pour les mettre en garde contre le danger sans précédent que fait courir à l’humanité la civilisation industrielle. Aucun de nos dirigeants n’a entendu cet appel. La politique n’appartient pas aux spécialistes de la politique, la politique vous appartient. »

Mais le mouvement écologique n’a pas encore trouvé son unité comme le reconnaissait René Dumont le 19 avril 1974 :

« Il est très divisé, comprenant des gens dont les options politiques dont différentes. Il va de la personne qui défend l’arbre ou le parc devant chez elle, sans plus de revendications, à celle qui pose le problème du changement total de notre style de vie, de notre société de consommation, de notre optique de civilisation technicienne abusive… Pour ma part, je souhaiterai qu’à l’issue de cette compagne présidentielle j’ai été une sorte de catalyseur de l’ensemble des forces écologiques désirant créer un mouvement écologique… »

La difficile émergence d’un parti écolo

Le comité de campagne de René Dumont lance un appel le 14 mai 1974 pour des assises à Montargis le 15 et 16 juin. C’est bien de la création d’un parti politique qu’il s’agit. Une hypothèse loin d’être accepté par tous les militants dont beaucoup revendiquent leur liberté. Pour d’autres, la question du positionnement politique est centrale, l’écologie, de droite ou de gauche ? Jean-Luc Burgunder se souvient : « Cabu, il était d’abord de gauche, puis écolo ; alors que moi, je suis d’abord écolo, puis de gauche… »

L’unité ne se fera pas à Montargis, trop de divergences sur la forme, sur la manière de faire, sur le but.

En ce printemps 1981, une nouvelle ère semble s’ouvrir avec l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. C’est le contraire qui s’est produit.

La 36e proposition du programme du candidat socialiste, celle d’un referendum sur le nucléaire et le développement des énergies renouvelables, ne sera jamais appliqué. Le 7 octobre 1981, le premier ministre Pierre Mauroy réaffirme l’importance du nucléaire dans la politique d’indépendance énergétique de la France et annonce la construction de 6 nouvelles centrales. On censure à la radio-télévision, en particulier à propos du « pacifisme ». Droite ou gauche, peu importe. C’est le même nucléaire, c’est-à-dire une énergie centralisée, un même type de société, les mêmes TGV, les mêmes autoroutes, la même agriculture, la même croissance, la même exploitation du capital naturel, enfin le même mépris pour l’écologie, Celle-ci ne serait-elle pas, d’après Mitterrand, « un prurit qui démange les jeunes gens et passe avec l’âge ».

René Dumont adresse une lettre ouverte contre la tentative de récupération qui appelait au rassemblement des forces de gauche en 1986 autour du président Mitterrand : « Qui cherche d’abord le pouvoir n’est pas apte à bien comprendre les grands problèmes de notre temps, c’est bien dommageable ».

Mais le mouvement écologiste est éclaté, il y a le Mouvement écologique créé en 1980, la Confédération écologique de 1981… La perspective des élections européennes du 17 juin 1984 impose de partir groupés. Rendez-vous est donné pour les 28 et 29 janvier 1984 à Clichy-la-Garenne,,

Seulement 143 personnes se sont déplacées, 63 pour les Verts-Parti écologiste et 80 pour les Verts-Confédération ; on dénombre au total 542 mandats. La liste « Les Verts-Europe écologie » conduite par Didier Anger n’obtient que 3,36 % des voix aux Européennes. Brice Lalonde avec les radicaux de gauche et l’Union centriste radicale obtient 3,32 % des voix. Aucune des deux listes ne passe la barre des 5 %, une contre-performance qui financièrement aura un coût.

Jean-Luc Burgunder aime à répéter avec ironie que « l’ennemi de l’écolo, c’est l’écolo lui-même ».

Après avoir dénoncé les errements et les conséquences d’un politique politicienne malade, l’écologie s’enferme à son tour dans un conformisme ennuyeux, à la remorque de l’évènement et sans ambition. En rupture avec ses racines, tournées vers elle-même, privilégiant l’électoralisme, sur quelle cohérence l’écologie politique s’appuie-t-elle ?

Sylvain Garel en 2023 : « Aujourd’hui, nous ne serons sans doute pas encore capables d’inverser le changement climatique, mais je reste persuadé que les écolos prendront le pouvoir dans les pays développés. Ce qu’on disait il y a cinquante ans se confirme, et nous sommes le seul idéal né de 1968 qui tienne encore la route. Tout le reste s’est cassé la figure. »

épilogue

Comment et de quoi ont vécu Jean-Luc et Sylvie Burgunder au cours de toutes ces années entièrement consacrées à la bataille pour la préservation de l’environnement et la diffusion des idées écolos ? « Mal », lance sans détour Jean-Luc : « On n’a jamais bien vécu du journal. » En cet automne 2022, les comptes sont vite faits, Sylvie touche une retraite d’environ 230 euros mensuels… Mais en 2024, le militantisme est toujours là. Jean-Luc se déclare viscéralement opposé à tout dogmatisme, la révolte n’est pas prêt de le lâcher.

On ne dira donc pas qu’ils n’auront rien fait, Jean-Luc et Sylvie ont soutenu l’information écolo depuis 1970, dès les prémices de l’écologie politique. Merci à ce couple.

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Vaclav Smil, sobriété énergétique exigée

Entre 1820 et 2000, la consommation mondiale d’énergie aurait été multipliée au moins par 25 (World Energy Consumption. A Database, Paolo Malanima, 2022). Et encore est-ce une moyenne qui cache d’énormes disparités : en 2015, un Nord-Américain consommait 282 gigajoules par an contre 4,5 pour un habitant du Malawi. Sur la base de l’indice de développement humain, le chercheur canadien Vaclav Smil estime qu’une consommation énergétique annuelle supérieure à 110 gigajoules n’apporte aucun bienfait réel.

Vaclav Smil : « Tout ce que nous faisons d’important dans le monde moderne dépend des combustibles fossiles »

Vaclav Smil vient de publier en 2026 « Comment nourrir le monde ». Depuis vingt-cinq ans que nous parlons de décarbonation, mais nous brûlons chaque année davantage de combustibles fossiles [charbon, pétrole et gaz]. On extrait aujourd’hui 10 milliards de tonnes de carbone par an ! Nous ne pourrons pas passer à zéro aussi rapidement. Tout ce que nous faisons d’important dans le monde moderne – le transport aérien, le transport maritime à grande échelle, la production de biens essentiels – dépend des combustibles fossiles. Il y a des processus qu’on ne peut pas électrifier facilement, qui sont les fondements de notre civilisation : ce monde repose sur le béton, l’acier, le plastique et surtout l’ammoniac, qui permet de produire des engrais azotés et de nourrir 8 milliards de personnes. Le système alimentaire dans son ensemble est si immense qu’il représente près de 30 % de la consommation mondiale d’énergie. Plus le système est complexe, plus il faut du temps pour le changer. Or les systèmes énergétiques et alimentaires, mondialisés et interdépendants, comptent parmi les plus complexes qui soient.

Vaclav Smil : « 2050. Pourquoi un monde sans carbone est presque impossible »

Pour limiter le réchauffement catastrophique de la planète, plus d’une centaine de pays se sont engagés à débarrasser leurs systèmes énergétiques du charbon, du pétrole et du gaz et à atteindre la « neutralité carbone » d’ici au milieu du XXIe siècle. Pourtant, il n’y a quasiment aucune chance qu’elle se réalise : c’est ce que démontre en 2025 Vaclav Smil, un expert mondialement reconnu de l’énergie. Si la décarbonation complète du système énergétique n’est pas possible d’ici à 2050, Vaclav Smil ouvre la voie à d’autres pistes pour lutter contre le réchauffement : limiter les gaz à effet de serre issus de l’agriculture, de l’élevage ou encore de la déforestation…

Le point de vue des écologistes de la sobriété énergétique

L’agriculture paysanne, basée sur l’énergie solaire par assimilation chlorophyllienne, donnait en énergie plus qu’elle ne coûtait. Il n’en est pas de même pour l’agro-industrie. Alors que les rendements à l’hectare ont constamment augmenté, on constate que l’agriculture affiche un bilan énergétique négatif : elle consomme désormais beaucoup plus d’énergie fossile non renouvelable qu’elle ne crée de calories. Si on intègre la transformation agro-alimentaire et le transport des produits agricoles, le bilan est encore plus négatif. En fait, si on supprimait les subventions au gazole non routier pour les tracteurs, la presque totalité des techno-agriculteurs feraient faillite.

L’industrie sans énergie fossilise, c’est un monde sans avions, sans voitures, sans béton, sans goudron, sans industrie chimique… le  pied !

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L’alimentation très dépendante des énergies fossiles

extraits : Selon Vaclav Smil, chercheur dans le domaine de l’énergie, 20 % de tous les êtres humains, soit plus de trois milliards de personnes, survivent grâce aux engrais azotés, le principal ingrédient de la Révolution verte qui a boosté le secteur agricole dans les années 1960.

L’agrocarburant peut émettre plus de CO₂ que le pétrole si on remplace la forêt pour y pourvoir .

Une exploitation céréalière des plaines d Argentine, pour être autonome en énergie, doit consacrer entre 20 à 30 % de sa surface à la production d agrocarburant type huile de colza.

Si on doit revenir à la traction animale pour les travaux des champs, il faut savoir qu’il y a un siècle la nourriture des animaux consommait 25% des céréales produites.

Quand on regarde les surfaces consacrées à la production pour la consommation de viande, on est déjà à ce chiffre de 25 %.

Produire avec la traction animale nourrie sur place ne produit que très peu de CO2 contrairement à l’importation d’urée, d’engrais, de pesticides.

Seule l’agriculture bio émet beaucoup moins de carbone car les engrais, l’urée etc.. peuvent être produits sur place en mêlant élevage et culture.

Cultiver des plantes pour les réservoirs plutôt que pour les assiettes aggrave la crise alimentaire mondiale.

ne pas mourir de faim dépend de l’équilibre (ou non) entre la production agricole et le nombre de bouches à nourrir.

COP28 et AIE, sobriété énergétique tabou ! (2023)

extraits : La demande d’énergies fossiles devrait rester « trop élevée » pour respecter les objectifs les plus ambitieux de limitation du réchauffement planétaire, insiste l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à un mois de la COP28 à Dubaï, du 30 novembre au 12 décembre. Mais rien dans son rapport sur la nécessaire, indispensable, obligatoire et incontournable économie d’énergie dans le sens « sobriété partagée ». Nous ne nous faisons pas d’illusions : à la COP28 de Dubaï, les ambitions et les objectifs seront poliment rappelés, mais les moyens concrets de mise en œuvre – en particulier la réduction massive de la consommation d’énergies fossiles – seront muselés et renvoyés aux calendes grecques…

Sobriété énergétique, l’affolement gagne (2022)

extraits : Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d’EDF, Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies appellent à une sobriété d’urgence face à la flambée des prix de l’énergie.Il est assez rare que des entreprises incitent leurs clients à moins acheter les produits qu’elles commercialisent. « Le prix de l’énergie menace notre cohésion », clament les dirigeants dans la tribune. Une phrase qui aurait sans doute encore beaucoup plus de retentissement si elle était prononcée et assumée au sommet de l’Etat. Lorsque les efforts sont massifs et coordonnés, les économies d’énergie sont substantielles. Mais la ruée sur les climatiseurs lors de la dernière vague de chaleur montre qu’il y a encore beaucoup à faire en matière de civisme énergétique. Le gouvernement doit expliquer clairement que la sobriété est une moindre contrainte que le rationnement. Or, si la première n’est pas acceptée, c’est le second qui finira par s’imposer….

Efficacité énergétique et économies d’énergie (2020)

extraits : Une confusion est trop souvent entretenue entre « efficacité énergétique » et « économies d’énergie ». L’efficacité renvoie à la performance de l’équipement, la sobriété renvoie à l’intelligence de l’usage. Si on isole parfaitement une maison pour économiser l’énergie mais qu’on en profite pour vivre avec quelques degrés de plus, il n’y aura pas de transition énergétique ; c’est l’effet rebond. La sobriété, c’est au contraire rompre avec la facilité, c’est le contraire de l’ébriété énergétique. En clair, cela veut dire limiter nos besoins à l’essentiel et ne pas trop compter sur la technique et l’innovation. Cette réflexion, nous l’avions publiquement faite lors d’une rencontre organisée par l’entreprise Schneider Electric en 2013 dans le cadre d’un débat national sur la transition énergétique…

Notre défi, 100 % de sobriété énergétique en 2050 (2017)

extraits : Selon le scénario Négawatt de 100 % d’énergie renouvelable en 2050, le défi le plus difficile à surmonter est la réduction de la consommation, qui suppose des évolutions sociétales drastiques et des réorganisations industrielles extraordinaires… Il faudrait que chacun d’entre nous établisse une hiérarchie qui passe des besoins vitaux aux essentiels, puis indispensables, utiles, convenables, accessoires, futiles, extravagants et inacceptables. Chacun devrait se livrer à l’exercice en famille ou au travail, de façon à prendre conscience de l’impact de tel ou tel achat ou comportement. Il s’agit de faire jouer à plein ce qui est la contre-partie indissociable de notre liberté : notre responsabilité…

efficacité énergétique contre limitation des besoins (2013)

extraits : Notre société n’a pas encore compris que les citoyens devront limiter leurs besoins. A quoi sert en effet une bonne isolation thermique de sa maison (efficacité énergétique) si on en retire l’idée qu’on peut augmenter la température de son foyer (refus de la sobriété). Il est d’ailleurs significatif qu’on confonde généralement dans les débats « économies d’énergie » et « efficacité énergétique », ce qui permet de passer la sobriété à la trappe…

sobriété énergétique ? (2009)

C’est assez rare pour être commenté. L’analyste du Monde Jean-Michel Bezat termine son article du 13 janvier 2009 en supputant la possibilité d’une « forme de sobriété énergétique ». Il est vrai qu’avec un pic de consommation électrique de 92 400 Mw le 7 janvier la France n’est pas à l’abri d’un lock-out. Mais après le premier choc pétrolier de 1973, on raisonnait sainement en termes d’économies d’énergie ; le Premier ministre de l’époque avait même interdit les courses de formule 1. Aujourd’hui le patron d’EDF se plaint du manque d’investissement de son prédécesseur (faut produire toujours plus !) et les consommateurs plus ou moins jeunes font tourner leur Internet à haut débit 24 heures sur 24 tout en s’émerveillant des prouesses de bolides qui vont à Dakar en passant par l’Amérique du Sud. Et le Premier ministre (je crois qu’y en a un en France !) est un fanatique des 24 heures du Mans… 

Le réchauffement climatique et le prochain pic pétrolier auront-ils raison de la connerie humaine ?

Notre article le plus ancien sur la sobriété énergétique

27.11.2005 Moins de pétrole, plus de pauvres

Les pays pauvres importateurs de l’or noir n’ont pas fini de souffrir. L’Etat prenait souvent à sa charge l’écart entre les cours mondiaux et les tarifs intérieurs, c’était le seul moyen de rendre l’essence et le combustible domestique accessible à des populations très démunies. Comme ils connaissent maintenant un nouveau choc pétrolier avec un baril autour de 60 $, l’alourdissement de la facture pétrolière devient insupportable pour les budgets publics et les balances des paiements. Le poids de la facture énergétique peut en effet dépasser dans certains pays 5 % du PIB (1,75 % pour la France en 2004) et leur industrialisation peu efficace reste très énergivorace. Le coût du pétrole risque même d’annuler les effets bénéfiques de l’effacement récent de la dette multilatérale envers les 18 pays les plus pauvres. Même si le président Hugo Chavez d’un Venezuela pétrolier donne des facilités de paiement en Amérique central (pour réduire ainsi l’influence des Etats-Unis dans cette zone), même si les pays de l’OPAEP pourraient faire de même dans leur zone géographique, les pays pauvres importateurs de l’or noir qui ne veulent pas rogner dans les budgets consacrés à l’éducation ou la santé seront obligés de pratiquer la vérité des prix en affrontant le mécontentement populaire qui en résultera. Mais ce sont les voitures de la classe globale qui devraient être mises à la casse, tant que les pays riches ne donneront pas l’exemple de la sobriété énergétique, les inégalités mondiales s’accentueront.

De toute façon la meilleure solution dans l’intérêt bien compris de la Biosphère comme des humains est de laisser le plus rapidement possible des ressources fossiles dans les profondeurs de la Terre dont elles n’auraient jamais du sortir.

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Municipales, primaire « unitaire » avec qui ?

« Le secrétariat exécutif a décidé de vous suspendre du votre statut d’adhérent », missive envoyé à une trentaine de militants écolos. Ils ont signé une tribune dans laquelle ils dénoncent la stratégie d’alliance avec le Parti socialiste aux élections municipales plutôt qu’avec La France insoumise (LFI). Selon les dirigeants écologistes, ce sont les fédérations locales qui ont décidé des alliances avec le PS et non la direction, comme le prévoit d’ailleurs le principe de subsidiarité des statuts du parti.

Le point de vue des écologistes écolos

Aloes30 : Des militants venus de l’extrême gauche ont choisi l’écologie pour donner une nouvelle jeunesse à leurs échecs . C’est ceux là qui veulent tirer le mouvement vers LFI pour le tuer définitivement. Les écologistes n’ont aucune réserve électorale de ce côté, et n’ont plus d’identité propre, ils peuvent disparaître.

Paul Hurley : J’ai pendant un temps voté « écolo » avec enthousiasme, mais la fin de partie semble proche pour ce parti à l’agonie qui n’a d’écologiste que le nom ! René Dumont doit se retourner dans sa tombe, et José Bové doit avoir les oreilles qui qui sifflent sur le plateau du Larzac…

Michel SOURROUILLE : Le problème de l’écologie politique, c’est de vouloir avec des élus à tout prix même s’il s’agit pour cela de s’allier avec le diable. Je conseille à Marine Tondelier de proposer un programme vraiment écolo et, sur ce programme, présenter des candidats au niveau local, national ou européen. Il y aura peu d’élus dans un premier temps, mais on ne pourra pas accuser les militants écolo, seulement les électeurs bernés par des partis croissancistes et populistes sans aucune vision de nos lendemains qui vont déchanter. Quand l’urgence écologique se fera ressentir encore plus violemment qu’aujourd’hui, on saura alors pour qui voter.

dudu la trompette : Jadot ne veut pas entendre parler de cette primaire et il est déjà numéro 2 de Place publique. Ici on ne parle pas d’entrisme ! Le fait est que c’est Tondelier qui mise tout sur cette primaire « unitaire » dont personne ne veut à part elle-même, Ruffin, Autain et (peut-être) Faure.

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Bilan trés écolo des municipales (en 2020)

extraits : Les Verts enregistrent de bons scores lors de ce scrutin ; à Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble, Tours ou encore Besançon, où les candidats estampillés EELV sont en tête. L’écologie politique est passée d’une offre de témoignage à une force politique majeure. Une chose a en effet changé en vingt ans, l’état de l’opinion publique. Personne ne peut plus se dire en désaccord avec l’objectif de préserver la planète ou celui de lutter contre le réchauffement climatique. Il y a eu un basculement particulièrement ressenti il y a deux ans avec les marches internationales des jeunes pour le climat. A ce moment-là, les parents, les grands-parents et les enseignants ont commencé à se sentir concernés…..

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Localisme, extrême droite ou écologisme ?

Sur ce blog, nous défendons l’idée de communautés de résilience, recherche de l’autonomie alimentaire, énergétique et politique au niveau local. Cette approche se différencie fortement d’un localisme véhiculé par l’extrême droite.

Claire Legros : Le localisme  donne la priorité aux enjeux de proximité. Est-ce la diversité des cultures au nom du lien que chaque peuple entretient avec son terroir, son « sol natal » ? A l’extrême droite, Alain de Benoist et la nouvelle droite théorisent un localisme identitaire, centré sur l’« enracinement » de communautés autochtones fermées. En témoigne la création, en 2020, du Parti localiste, satellite du Rassemblement national (RN). Le RN a d’ailleurs intégré le localisme dans son programme présidentiel en 2022.

Autre conception, l’écologie sociale de Murray Bookchin promeut une fédération de communes autonomes, tandis que le biorégionalisme vise à repenser l’occupation d’un territoire à partir de ses ressources. A l’étiquette « localiste » qu’ils jugent porteuse d’une vision réactionnaire, ils préfèrent la formule « Penser global, agir local » articulant les enjeux planétaires et l’action concrète à l’échelle d’un territoire.

Entre cette gauche écologiste, qui considère l’« agir local » comme un levier face à la catastrophe environnementale, et l’extrême droite, davantage préoccupée de préserver cadres de vie et identités immuables, l’écart est profond.

Le point de vue des écologistes décentrés

– Nos politiciens toutes étiquette confondues préfèrent une idée de commerce mondialisé qui permet de maintenir loin des yeux la pollution et les esclaves.

– L’hyper-mobilité des marchandises (la mondialisation) est un sous-produit du pétrole… Une anomalie de l’Histoire créée par la surexploitation des fossiles. Nous vivons les dernières décennies de pétrole peu cher.

– Les bio-régions et l’approvisionnement local sont un futur incontournable du fait de la descente énergétique causée par l’épuisement des fossiles.

– Le mouvement des Villes en Transition (voir Rob Hopkins, un des fondateurs) recommande d’identifier nos dépendances (en ressources) et de comprendre à quel point nos dépendances peuvent être satisfaites, ou non, par le territoire où l’on vit.

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Localisme à la sauce Rassemblement National (mai 2021)

extraits : Hervé Juvin, candidat localiste, est  farouchement hostile aux éoliennes et ardent supporter du nucléaire. Hervé est de fait le penseur de l’écologie à la sauce Rassemblement National. Il prône une « écologie heureuse », appuyée sur des référendums locaux, contre « l’écologie punitive » des Verts. Il pense à un label de préférence locale ou régionale pour privilégier les circuits courts. Le 10 mai dernier, Marine Le Pen est venue le soutenir localement pour les élections régionales….

Pour Marine Le Pen, l’écologie se résume au localisme (avril 2019)

extraits : « Localisme », l’ex-FN a définitivement trouvé son concept totem pour les Européennes. Sa tête de liste, Jordan Bardella, d’affirme qu’« on ne peut pas faire d’écologie sans frontières ». Marine Le Pen jure que le RN défend désormais « une vision totalement alternative » de l’écologie, à savoir « la protection des écosystèmes, à commencer par les écosystèmes humains que sont les nations ». Derrière la défense des circuits courts, il s’agit de promouvoir plus largement une forme d’autarcie grand-continentale dans la continuité des théories nationales-révolutionnaires….

Notre futur, la résilience alimentaire locale (juillet 2020)

extraits : La France peut-elle revenir à une agriculture du XIXe siècle basé sur la polyculture et une très nombreuse main d’œuvre agricole ? Comment les grandes villes peuvent-elles reconquérir leurs ceintures vivrières alors qu’on a tout bétonné ? Faudra-t-il se priver de thé, de café et de fruits exotiques ? Dans un partenariat entre Paris et la Creuse, quelle pourrait être la contribution comparé de chacun ? Après le choc énergétique, ne faut-il pas craindre de voir un jour des hordes d’urbains affamés et armés dévaler sur nos campagnes ?….

Pour en savoir encore plus

23 mars 2012, Schmallenberg : sécurité alimentaire contre libre-échange

10 septembre 2012, transition énergétique, centralisation, autonomies locales ?

27 janvier 2014, Localité et simplicité : les clés de la résilience

24 juin 2017, Biorégions pour le futur, instituer la résilience locale

19 novembre 2017, effondrement, le risque agricole/alimentaire

2 mai 2018, Autonome grâce à son potager, c’est possible

30 juin 2019, Créez votre communauté résiliente

7 septembre 2019, la résilience selon Piero San Giorgo

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Régime végétarien imposé à ses enfants ?

Il y a la réalité d’un régime alimentaire équilibré. Il faudrait être flexitariens, mangeurs occasionnels de viandes. Et même « écovégétariens », à adopter dans la vie de tous les jours. Une attitude écoresponsable devrait nous conduire à diminuer d’environ de moitié notre consommation de produits animaux pour que la part des calories animales dans nos assiettes passe de 30 % à 15 % des calories totales. A titre indicatif, cela équivaut à consommer de la viande (environ 100-120 g) seulement trois ou quatre fois par semaine, du poisson une fois par semaine, des produits laitiers quatre à sept fois et de la charcuterie quatre ou cinq fois par mois seulement…. Il y a aussi les habitudes des familles. Mais aussi la capacité d’autodétermination des enfants

Peut-on imposer un régime végétarien à ses enfants ?

Valentine Faure : En 2021, la décision de la municipalité de Lyon de servir, temporairement, un menu unique sans viande dans les cantines avait déclenché une polémique nationale. « Idéologie scandaleuse », avait tweeté Gérald Darmanin. Au nom d’une politique « moraliste et élitiste », les écologistes excluraient les classes populaires des cantines scolaires, car « de nombreux enfants n’ont souvent que la cantine pour manger de la viande », écrivait le ministre de l’intérieur de l’époque. Jusqu’où peut-on imposer des choix alimentaires à des enfants ? L’expression « Avenir ouvert » est due à l’Américain Joel Feinberg qui l’emploie en 1980 pour dire que les enfants ont des droits futurs qui ne doivent pas être irréversiblement compromis par les choix des adultes. Une décision parentale devient limite lorsqu’elle transforme la désobéissance en faute morale grave et empêche l’enfant d’accéder à d’autres options plus tard. Autrement dit, les choix éducatifs ne deviennent problématiques non par leur existence, mais par leur degré de fermeture. Or paradoxalement, ce sont aujourd’hui les jeunes qui sont plus enclins à devenir végétariens que leurs parents. Le dilemme se pose alors dans l’autre sens : doit-on convertir ses parents ?

Le point de vue des écologistes flexivores

– Tous les parents du monde imposent des choses à leurs enfants – des horaires, une langue, des règles, parfois une religion ; et tous leur imposent aussi des habitudes alimentaires, bonnes ou mauvaises.

– Dans toutes les familles c’est la même règle. À table les enfants mangent comme les parents. Et avec les copains ils mangent ce qu’ils veulent.

– Les humains sont des animaux culturels où la période d’imitation (dès la naissance) grâce entre autres aux neurones miroirs

– Personnellement j’ai des canines, Je m’en sers, mais je mange moins souvent de viande qu’avant, changement climatique exige.

– La viande (et le cuit) ont joué dans notre bilan énergétique pour permettre le développement de notre cerveau. Et le lait maternel…

– Pensons aussi à la maltraitance animale ( conditions d’élevage, de transport, de mise à mort…)

– Pensons à la maltraitance des consommateurs de viande : augmentation du risque de maladies cardio-vasculaires, cancers, diabète de type 2…

– La vraie question : peut-on imposer un régime carné à ses enfants ?

– Allons plus loin : peut-on imposer à ses enfants de se faire couper le prépuce ou leur interdire de manger du porc ?

– Dilemme, dilemme… Dans beaucoup d’autres endroits sur la planète le problème pour beaucoup de monde reste de trouver à manger.

– Prochain dilemme : peut-on imposer à nos enfants de naître ?

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Les enragés contre une politique mortifère

Dans « Soulèvements », le documentariste Thomas Lacoste est parti à la rencontre de militants des Soulèvements de la Terre, qui parlent avec passion de leur rapport concret au monde. Créé en 2021, ce mouvement écologiste dit « radical » prône la mise en adéquation des idées et des actes, privilégie par voie de conséquence des actions de résistance opiniâtre aux entreprises jugées les plus attentatoires à la préservation de notre écosystème. Les bassines de Sainte-Soline sont à ce jour l’événement le plus cuisant en date.

Jacques Mandelbaum : Loin de l’imputation d’« écoterrorisme » portée en 2022 contre les « Soulèvements de la Terre » par Gérald Darmanin pour le criminaliser – sa cause est fondamentalement celle du bien commun. Y en a-t-il de plus noble ? Seize personnages, concrètement retournés à la terre et situés en différentes régions, expérimentateurs de pratiques collectives et agricoles plus vertueuses et plus heureuses, s’expriment à tour de rôle dans le documentaire. Leurs arguments sont rationnels et intelligents. On y parle, plutôt très bien, non pas tant de soi-même que de son rapport au monde. Le geste juste. Voilà le mot qui les caractériserait le mieux. Avec la sincérité de leur passion, le désintéressement de leur désir, le savoir pratique qui légitime leur engagement, le rapport lyrique, tendre, sensuel, qu’ils entretiennent avec la nature, l’ingéniosité et la ténacité de leurs actions. Ils se lèvent contre la logique mortifère qui nous précipite dans le mur , ils luttent pour que vive la continuité du monde.

La légitimité de la résistance offerte par Les Soulèvements de la Terre est évidente à l’heure où notre environnement et notre climat nous empoisonnent à petit feu, où les maladies cardio-vasculaires et les cancers explosent, où la pollution industrielle menée en parfaite connaissance de cause et l’inertie des Etats soumis à ce modèle atteignent désormais une dimension tout bonnement criminelle. A eux pourtant, nul n’envoie la police antiterroriste.

Dans cette perspective, qu’est-ce au juste que la désobéissance civile ? Rien de plus que la prise de conscience de l’inacceptabilité de l’inaction, rien de moins que le rêve de réenchanter le monde. Le succès que rencontre le film auprès des spectateurs n’est pas à chercher plus loin : il présente une action positive efficiente dans un ordre mondial voué au pillage et à la destruction, devant le spectacle duquel tous les hommes et femmes de bonne volonté se trouvent confits dans leur impuissance à le changer. Ce film de 1 h 45 est, en un mot, un signe d’espoir.

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Dissoudre « Les Soulèvements de la Terre » ? (août 2025)

extraits : Les Soulèvements de la Terre ne sont pas une association à proprement parler, mais un mouvement né en janvier 2021 du regroupement d’une centaine d’organisations et de collectifs (la Confédération paysanne, Les Amis de la Terre France, Attac, Youth for Climate, Exctinction Rebellion…) et de nombreux soutiens individuels. Le gouvernement s’estime toutefois fondé à dissoudre le mouvement en le qualifiant de « groupement de fait ». Le ministère de l’intérieur reproche notamment à SLT de « prône[r et justifier la pratique de l’éco-sabotage ».

L’avocate du mouvement LST : « En cas de dissolution, est-ce que l’Etat va poursuivre des milliers de personnes qui continueront à se réclamer des Soulèvements de la Terre ? Est-ce qu’ils vont s’attaquer à chaque association qui se revendique du mouvement ? Cela ne nous paraît pas crédible ».

40 voix pour les Soulèvements de la Terre (août 2025)

extraits : Bien sûr les associations environnementales ont beaucoup d’adhérents, bien sûr les scientifiques multiplient les messages d’alerte, bien sûr on utilise la voie juridique pour remettre en question des décisions destructrices. Cela ne suffit pas, il faut montrer sa détermination. Les manifestations dans la rue, les blocages non violents, les pétitions, les tribunes, les livres écolos existent, mais cela ne suffit pas. Il faut donc frapper du poing sur la table et la destruction de biens nuisibles aux humains et à la nature commence à être un mode d’action revendiqué. Après le fauchage d’OGM il y a quelques années, des groupes plus ou moins informels s’attaquent à différentes cibles. L’association « les Soulèvements de la Terre » se place dans cette lignée radicale. Voici quelques extraits de « On ne dissout pas un soulèvement – 40 voix pour les Soulèvement de la Terre »….

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Télévision, machine à nous emprisonner

La télévision, un miracle technologique depuis les recherches sur le sélénium qui, plus ou moins stimulé par l’intensité lumineuse, la restitue sous une forme électrique. Il aura donné son impulsion aux découvertes sur l’alliance entre la lumière et l’électricité. Mais la télé repose aussi sur des politiques publiques, des investissements privés massifs et d’innombrables stratégies de guerre culturelle pour avoir accès au « temps de cerveau disponible » des spectateurs.

L’écran est devenue notre prison dans laquelle nous nous sommes enfermés à notre insu de notre plein gré.

Tristan Garcia : La télévision est devenue un cristal presque miraculeux pour le capitalisme, ordonnant, dans un appareillage technique, la captation du temps d’attention des consommateurs, un point de fixation des corps fatigués après le travail, la synchronisation des regards et des émotions, à partir de centres de diffusion à peu près contrôlables par les Etats ou par des consortiums industriels.

– Coordinatrice de nos solitudes et de nos vies familiales, elle est aussi devenue source de fascination grâce au miroitement de l’écran, au feuilletonnage du monde.

– Avec la télévision, le spectacle social a débarqué à la maison : on va au cinéma, mais la télévision vient à vous.

– Et puis, son flot ne s’arrête jamais vraiment, on l’arrête et on le reprend, selon notre tempo.

– Elle a domestiqué nos corps, elle nous a assis sur des canapés.

Le point de vue des écologistes débranchés

Après l’ère de la télévision, Internet et smartphones ont fait passer le spectacle entre nos mains. Chacun a pu se lever du canapé et regarder l’écran, à n’importe quel moment.

– Le temps disponible de notre cerveau pour devenir intelligent est devenu insignifiant.

– Un monde de drogués s’est répandu sur toute la planète, on ne peut plus rien faire sans la numérisation du monde.

– On a même besoin d’une intelligence artificielle qui se répand sur nos écrans et dans nos têtes.

– A force d’offrir (à peu de frais) de l’évasion, elle dispense l’aliénation à la tonne, à toutes les sauces, et en toutes les langues.

J’ai cessé de regarder la télé quand j’ai quitté mes parents à la fin de mes études. La télé était dans la salle à manger- séjour. Impossible d’y échapper, difficile de communiquer avec le reste de la famille. Depuis je n’ai jamais acheté de téléviseur. Quand les amis de parlaient des émissions, je leur disais que je n’avais pas la télé, ils me répondaient  » tu ne t’ennuies pas ? » Non je ne m’ennuie pas ! Je fais du sport, je lis, nous allons aux spectacles, nous dansons, nous faisons de la randonnée. Le poste de télévision ne jacasse pas tout seul chez nous.

la télévision, mouroir de la pensée (février 2011)

extraits : Le diagnostic est simple, TV lobotomie. La vie est dangereuse pour les hommes. L’alcoolisme, le bavardage et l’automobile en font déjà des abrutis. Pourtant on a rajouté la télé.. Il n’y a pas une bonne ou une mauvaise télévision. Il est préférable qu’il n’y ait pas de télévision du tout. Les influences médiatiques sont subtiles, cumulatives, et interviennent sur une longue période de temps ; parents, pédiatres et éducateurs peuvent ne pas être conscient de leur impact. Il n’empêche que la possibilité de  penser par soi-même s’effondre. Cela n’empêche pas des velléités de résistance aux émissions qui vident notre cerveau pour nous inciter à boire du coca cola….

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ZFE, la zone des frénétiques écolos

Les zones à faibles émissions, ou ZFE, vivent peut-être leurs derniers jours. Issu des lois d’orientation des mobilités (2019) et Climat et résilience (2021), ce dispositif vise à interdire progressivement les véhicules les plus polluants afin d’améliorer la qualité de l’air dans les villes de plus de 150 000 habitants. Les ZFE sont devenues un repoussoir par la faute d’un personnel politique immature lorsqu’il s’agit de penser les enjeux de long terme de la transition écologique. L’opposition aux ZFE a amalgamé différents types de colères – contre les métropoles, contre les élites, contre le pouvoir politique… sans pour autant être capable de proposer ni aménagement, ni solution de recours.

Poussée par la droite, l’extrême droite et La France insoumise (LFI), la suppression des ZFE a été ajoutée au projet de loi de simplification de la vie économique, qui fera l’objet d’un vote au Parlement dans les prochains jours. Ce dossier illustre la difficulté à mettre en œuvre les politiques écologiques. Si les ZFE peuvent être supprimées d’un trait de plume, ni la pollution urbaine ni le réchauffement climatique ne disparaîtront par enchantement.

Les écolos et les zozos s’affrontent sur le monde.fr

ROTZ : Quand il s’agit d’agir contre les intérêts des citoyens tout en leur faisant croire le contraire, les extrémistes de tous bords sont toujours en première ligne !

Ailleurs : Personnels politique et vision à long terme. Ces deux termes devenus totalement antinomiques expliquent à eux seuls ce choix. Le fait que les deux extrêmes se mettent d’accord en dit également long. Bref nous avons les politiques que nous élisons … cela en dit long sur l’égoïsme générationnel, clanique et de caste qui caractérise désormais notre société.

Olive974 : le principe de la ZFE est inique, discriminatoire et stupide : c’est typiquement la mesure pour les bobos des villes. D’autant que les véhicules sont de moins en moins polluants et silencieux, le temps fera son œuvre : discriminer les pauvres sur l’accès à telle ou telle zone, c’est bête et méchant.

B52 en réponse à Olive974 : Il est largement documenté que les pauvres,comme vous dites, habitent les zones les plus polluées, près des rocades et voies rapides puisque c’est là que le foncier est moins cher pour construire des logements sociaux.

Tlsm en réponse à B52 : Vous parlez uniquement des banlieues des très grandes villes. Ce n’est pas la France. Quand aux bobos parisiens ils polluent en prenant leurs grosses voitures tous les week ends.

Nicolas C. en réponse à Tlsm : Les bobos parisiens n’ont pas de voiture.

Un lecteur du Val de Marne en réponse à Olive974 : Une mesure pour contrer la pollution est forcément discriminatoire envers les pollueurs. Je me méfie toujours de ceux qui balaient d’un revers de la main des questions de santé qui touchent les plus fragiles : enfants et personnes âgées notamment. Les ZFE, c’est tellement stupide et absurde que 315 ZFE dans 14 pays européens l’appliquent et ne songent pas du tout à revenir en arrière !!!

J Var : La suppression des ZFE (mesure discriminatoire antisociale) sera une bonne chose, n’en déplaise aux écolos de la rédaction du Monde. Le journal que je lis depuis 1972 tombe chaque jour plus bas dans la complaisance avec ceux qui ne connaissent que les taxes et les interdictions comme moyen de préparer l’avenir.

Jean Puplu en réponse à J Var : Depuis 1972 ? Bon au moins le facteur biologique devrait bientôt nous libérer de votre vision qui date du millénaire dernier.

BIOMAN en réponse à J Var : Heureusement que d’anciens ministres comme C.Evin ont eu davantage de courage que vous s’agissant de la lutte contre le tabagisme car avec avec des propos comme les vôtres, nous en serions toujours à subir. Il en est de même s’agissant de la pollution atmosphérique dont les les méfaits ne semblent pas vous émouvoir. En attendant, prenez le temps de l’échange avec les médecins (Pneumologues , cardiologues,allergologues,…) et vous comprendrez peut-être les dégâts de ce fléau qu’est la pollution atmosphérique…

Mésange Pinson : C’est curieux que les discussions ne portent jamais sur le paramètre des mobilités, comme s’il était tabou d’évoquer de possibles réductions de celles-ci. Beaucoup de mobilités ne résultent pourtant pas de choix personnels, mais sont contraintes, dues à l’éloignement des emplois, commerces et services par-rapport aux lieux de résidences. Ah, mais voilà, envisager le rapprochement de ceux-ci vers les usagers nuirait à la liberté et à la profitabilité des entreprises, et ça, on n’y touche pas. Redéployer de la proximité des réponses aux besoins sur tout le territoire, finalement, cela serait plus efficace à long terme.

Marc Girod : Bien sûr les pollutions disparaîtront par enchantement ! Il suffit d’attendre.

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ZFE, une étape vers le dévoiturage (4 juin 2025)

extraits : Suppression des ZFE : les députés votent la fin de ces zones à faibles émissions qui restreignent la circulation de certains véhicules polluants. La mesure a été approuvée, contre l’avis du gouvernement, par les députés de droite, d’extrême droite, les insoumis (!) et quelques macronistes. Ils jugent injuste ce dispositif visant à lutter contre la pollution aux particules fines. Sa fin reste suspendue au vote sur le projet de loi tout entier… Notre futur n’intéresse plus personne. Le raisonnement est uniquement basé sur le moment, les émotions. Avec la suppression des ZFE, Les députés démontrent un peu plus chaque jour leur indigence et leur peu de considération de l’intérêt général à long terme. Honte à LFI, pris en flagrant délit d’alliance avec la droite la plus rance, en se cachant derrière un prétexte « social » peu crédible….

Zones à faibles émissions (ZFE), clapped- out ! (31 mai 2025)

extraits : Le 8 octobre 2018, Elisabeth Borne, alors ministre des transports, réunit les quinze villes et métropoles les plus polluées de France pour annoncer le déploiement des zones à faibles émissions (ZFE). La future ex-première ministre évoque « une dynamique que nous voulons irréversible tant au niveau local que national ». Mais la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) a été adoptée le 28 mai 2025. Ce vote dissident du 28 mai 2025 devra être confirmé par celui sur le projet de loi sur la simplification de la vie économique….

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De nouveaux mots expriment notre désarroi

Des expressions ont été médiatisées pour nous faire croire que l’avenir allait être radieux, « progrès technique », « développement durable », « croissance verte », « transition écologique »… tout va se passer en douceur, l’urgence écologique attendra. Mais l’inquiétude croissante de l’opinion publique invite à mettre de nouveau mots sur nos maux.

Glenn Albrecht* invente des néologismes en phase avec la détérioration de notre planète, il y voit une stratégie politique : « Ce que nous faisons subir à la Terre est sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Cela crée en nous des émotions pour lesquelles nous n’avons pas encore de mots. Or, si nous voulons agir, il faut pouvoir les décrire précisément ». Installé dans l’est de l’Australie ce « fermosophe » ou fermier philosophe est devenu célèbre en inventant le concept de « solastalgie ».

« La solastalgie, c’est le sentiment de perte que vous ressentez lorsque le lieu que vous avez toujours connu n’existe plus. C’est avoir le mal du pays dans son propre pays. » Ce néologisme formé de la racine latine sola (le réconfort) et de la racine grecque algos (relatif à la douleur) est formulé pour la première fois en 2005 dans la revue australienne Philosophy, Activism, Nature, le terme a depuis fait florès. Une autre de ses inventions sémantiques, « symbiocène », autrement dit l’ère qui succédera, si tout se passe bien, à l’actuel anthropocène, période à partir de laquelle l’activité humaine a commencé à modifier l’histoire de la Terre pourrait aussi connaître un joli succès : « Au symbiocène, l’empreinte des humains sur la Terre sera réduite au minimum, et toutes les activités humaines seront intégrées dans les systèmes vitaux. » Glenn Albrecht n’est pas naïf, il sait que l’« écoagnosie » (le fait qu’une personne ignore son environnement ou soit indifférente à l’écologie) reste très prégnante. Mais il se veut « un optimiste sans relâche » :

« Nous sommes à l’aube d’une troisième guerre mondiale, une guerre “émotionnelle” entre les créateurs de la Terre et ses destructeurs. ».

Mieux que des néologismes, nous aimerions que soit relayé publiquement un certain nombre d’expression clés sur les changements réels à promouvoir, un langage commun qui ne soit pas réduit à des éléments de langage : Acteurs absents (démocratie), agriculture biologique (production), communautés résilientes (relocalisation), conférences de consensus (décisionnel), décroissance maîtrisée (économie), Descente énergétique (énergie), écologie profonde (éthique), écocentrisme (valeur), fécondité raisonnée (démographie), Migration limitée (déplacements), Monnaie locale (échange), Non-violence (relationnel), Revenu maximum (revenu), Sobriété partagée (consommation), Techniques douces (organisation), etc. Ce sont les thématiques qui sous-tendent le contenu de ce blog biosphere. A nos lecteurs d’en faire bon usage…

article antérieur du 23 juin 2019, Eco-anxiété, dépression verte, « solastalgie »

* LE MONDE du 10 mars 2020, Glenn Albrecht, gentleman « fermosophe »

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Un langage commun grâce à ce blog biosphere

Noël est un fête pour célébrer l’allongement des journées et l’annonce du réveil de la nature. Noël est une fête pour les chrétiens qui ont récupéré ce moment pour célébrer la naissance du fils de leur dieu. Noël est devenu une fête pour les marchands qui offrent des cadeaux payant à la société de consommation. A chaque période, à chaque groupe social son propre langage. Noël a perdu son sens profond, sur ce blog nous proposons de nouveaux éléments de langage pour nous y retrouver un peu dans ce monde de brut et de brutes. Mais c’est beaucoup plus compliqué que de déterminer le cadeau à choisir pour ses proches…

Il faudrait que se diffuse dans la population un langage commun dont on pourrait poser les termes de façon suivante

Acteurs absents (démocratie), agriculture biologique (production), communautés résilientes (relocalisation), conférences de consensus (décisionnel), décroissance maîtrisée (économie), Descente énergétique (énergie), écologie profonde (éthique), écocentrisme (valeur), Malthusien (démographie), Migration limitée (déplacements), Monnaie locale (échange), Non-violence (relationnel), Revenu maximum (revenu), Sobriété partagée (consommation), Techniques douces (organisation), etc.

Pour mieux comprendre la première expression,  « Acteurs absents ».

Le mot « représentation » peut se comprendre de deux manières. La première concerne la façon dont nos imaginaires contemporains se figurent cette nature, plus ou moins anthropocentrée. La seconde concerne la façon d’inclure la nature dans nos débats et les prises de décision. Évidemment, les deux perspectives sont liées : l’inclusion du vivant dans les décisions dépend largement de notre conception de la nature. Encore faudrait-il installer des chaises pour les acteurs absents. C’est ce  qu’il faudrait faire. Pour en savoir plus, lire :

Tiers-absents ! (juin 2007)

extraits : Il y a des entités qui ne sont jamais invitées lors des palabres humaines, les êtres vivants non humains, le milieu naturel. Ce n’est pas une procédure véritablement démocratique que de décider sans eux, les acteurs absents, les tiers-absents, de ce qui les intéresse au premier chef. Tu n’es que partie de la Biosphère, tes décisions sont contraintes. Un jour notre bulletin de vote ira à un candidat aux élections qui prendra en compte l’existence des tiers-absents. Ce jour-là, la démocratie aura fait un pas de géant, au delà de son anthropocentrisme ordinaire…. 

une démocratie élargie aux acteurs-absents (décembre 2009)

extraits : Les utopies sont derrière nous et les futurologues ne décrivent l’avenir que sous forme de  catastrophes irréversibles. Comment  donc échapper au court-termisme ? Il faut que chaque citoyen en position de décision délibérative se fasse l’avocat des acteurs-absents, c’est-à-dire ceux qui ne peuvent prendre la parole lors d’une négociation, ou qui n’est pas invité à la table des négociations : milieu naturel, être vivants non humains, générations futures. Il faut d’ailleurs remarquer que la génération actuelle peut se permettre d’utiliser autant de ressources non reproductibles (et perturber le climat) uniquement parce que les générations à venir sont exclues du marché actuel pour la simple raison qu’elles ne peuvent y être présentes ; sinon le prix s’élèverait déjà à l’infini. Il y a une dictature du présent sur l’avenir….

La démocratie représentative élargie aux acteurs absents (janvier 2016)

extraits : Les désordres écologiques posent, au niveau global comme local, la question centrale : comment vivre ensemble ? ou plus précisément : comment décider ensemble ? A ce propos, nous montrons que les théories de la négociation dévoilent leurs faiblesses quand elles sont confrontées aux acteurs faibles et aux acteurs absents ; deux entités importantes à considérer dans une problématique environnementale. Afin de faciliter la négociation environnementale dans un contexte multi-acteurs, nous avons mis au point le modèle de l’Acteur en 4 Dimensions (A4D). Testé sur plusieurs territoires….

Acteur absent, pour une représentation démocratique (mai 2016)

extraits : La plupart de nos contemporains vivent au jour le jour. Les politiciens, même réunis dans une conférence internationale sur le climat, ne raisonnent pas beaucoup plus loin que les intérêts immédiats de leurs électeurs. Les utopies sont derrière nous et les futurologues ne décrivent l’avenir que sous forme de  catastrophes irréversibles. Comment  donc échapper au fatalisme et au court-termisme ? En utilisant la notion d’acteur absent dans notre conception de la démocratie représentative.

Acteur absent, élément-clé d’une démocratie écologique (août 2016)

extraits : La politique repose sur des « éléments de langage » que les membres de la classe dirigeante s’efforcent de propager dans la presse et d’inculquer à l’opinion publique. Michel Sourrouille propose aux électeurs dans son dernier livre un lexique pour pouvoir mieux se situer face aux jeux du pouvoir et mieux comprendre les enjeux de la démocratie. Exemple : Acteur absent (ou tiers absent), acteur qui ne peut prendre la parole lors d’une négociation, ou qui n’est pas invité à la table des négociations. Exemple : milieu naturel, êtres vivants non humains, générations futures. (Dictionnaire du développement durable, AFNOR, 2004).

Penser l’avenir au nom des acteurs absents (octobre 2021)

Le texte intégral de Michel SOURROUILLE a été publié par LE MONDE

https://www.lemonde.fr/blog-mediateur/article/2021/10/01/paroles-de-lecteurs-penser-l-avenir-au-nom-des-acteurs-absents_6096775_5334984.html

extraits : Ce qu’on ne nomme pas n’existe pas. Nommer permet de représenter, de pouvoir en discuter, d’y croire jusqu’à pouvoir en faire un statut social. C’est pourquoi l’expression « acteurs absents » mérite considération. Selon la définition du Dictionnaire du développement durable, il s’agit des générations futures et des non-humains, absents de nos délibérations actuelles. Une expression nouvelle permet de rendre visible l’invisible. C’est possible, les religions du livre en témoignent : elles font célébrer un dieu abstrait dont l’existence ne pourra jamais être prouvée. Par contre, les enfants de nos enfants et la biodiversité dans la nature sont une réalité tangible dont l’avenir est compromis.

Il n’y a pas eu un seul commentaire si ce n’est celui de Michel Sourrouille  : « Pour résumer mon analyse, trop complexe peut-être. Si tu dois décider de quelque chose, tu dois tenir compte de tes propres centres d’intérêt, mais aussi du sort des générations futures et de la biodiversité (les acteurs absents) qui sont nécessairement impactées par les conséquences de tes décisions présentes. Cela est valable autant dans nos comportements quotidiens (manger de la viande par exemple, avec effet sur le climat) que dans les délibérations politiques (condition animale par exemple) qui ne doivent pas rester centrées sur des intérêts catégoriels ou même nationaux. Une démocratie ne peut véritablement fonctionner que si tous les citoyens et électeurs font preuve d’ouverture d’esprit, et la considération des générations futures ainsi que des non-humains est un des éléments de cette aptitude… Est-ce plus clair ainsi ? »

Acteurs absents de nos délibérations présentes (juillet 2022)

extraits : Le suffrage universel est une conquête récente qui s’est progressivement élargi à des acteurs de plus en plus nombreux, ce qui a permis un certain approfondissement de la démocratie. Ce serait élargir l’universalité bien plus fondamentalement que le droit de vote aux femmes et aux adulescents si on pouvait inclure dans la participation électorale les êtres vivants non humains, le milieu naturel et les générations futures. Ce n’est pas une procédure véritablement démocratique que de décider sans eux, les acteurs absents ou tiers-absents, de ce qui les intéresse au premier chef. Une telle délibération sans participation vraiment universelle ne peut qu’entraîner de mauvaises décisions : on s’immerge dans la défense d’un groupe particulier et/ou on ignore le long terme….

M. Sourrouille représente les acteurs absents (mai 2024)

extraits : Les acteurs, militants ou experts, s’appuient moins sur l’argument de protection de l’humanité. Il s’agit désormais de préserver la nature, voire de lui refaire gagner du terrain pour elle-même. En parlant au nom d’êtres qui n’ont pas la parole (faune, flore, océan, nature en général), les militants ou les experts se positionnent en porte-parole. Diverses expérimentations existent. Un groupe de travail de l’Agence française de normalisation a, par exemple, mis en place une « chaise vide pour le vivant », qui incarne la présence de la nature à la table de discussion. Lors des réunions, chacun peut venir s’y asseoir pour devenir porte-parole de la nature (ou d’une entité vivante)….

BONUS

Nécessité pour la foule, partager un langage commun

Plus le nombre de personnes ayant à se mettre d’accord sur une décision à prendre est important, plus les points communs à leur réflexion sont réduits. On peut donc dire que les considérations de chaque individu (ou États) ne s’ajoutent pas, au contraire, elles s’annihilent ! Des immeubles construits par plus de 195 personnes, il y en a beaucoup. Mais ils ne sont jamais le fruit de la volonté d’un si grand nombre de personnes. C’est là qu’on retrouve la structure pyramidale habituelle de la société… avec un « chef » architecte qui décide en définitive tout seul, comme notre auto-constructeur. Souvenons-nous : L’homme est un animal de petit groupe. Alors oui : lorsqu’il s’agit de réfléchir en petit groupe, au niveau de son clan, POUR SON CLAN, les individus qui composent ce clan sont capables d’aboutir à une réflexion commune, un consensus. Mais au niveau national ou mondial, les compétences dans la réflexion s’annulent. En d’autres termes : 8 milliard de personnes, cela fait une capacité d’action qui tend vers l’infini. 8 milliard de personnes, cela fait une capacité de réflexion qui tend vers zéro.

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Maudite soit la guerre (Pierre Douillard-Lefèvre)

Il n’est pas de solution militaire à un problème politique. Dans le contexte de réarmement militaire, voici le résumé d’un livre qui réveille sans sonner le clairon.

Maudite soit la guerre de Pierre Douillard-Lefèvre

Le réarmement militaire actuel

1922. Au cœur du village de Gentioux dans la Creuse, un monument aux morts construit en 1922 proclame « Maudite soit la guerre ! » Un enfant en blouse d’écolier lève son poing rageur vers le ciel, un orphelin devant la plaque gravée des 63 noms de villageois morts durant la guerre.

2025. Lorsque vous sortez de la gare, la vue de militaires de la patrouille Sentinelle, équipés de fusils d’assaut, vous rappelle que l’espace public est militarisé depuis près de trois décennies au nom de la « menace terroriste ».

Depuis 1945, plus de 210 conflits armés ont tué 25 millions d’êtres humains. De 2020 à 2023, on recense 170 conflits armés en cours, majoritairement des guerres civiles. La guerre moderne est désormais presque toujours asymétrique et l’écrasante majorité des victimes ne participaient pas au combat.

Les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 718 milliards de dollars en 2024,soit une augmentation de 9,4 % par rapport à 2023. L’union européenne, championne de l’austérité quand il s’agit de dépenses sociales, débloque la somme vertigineuse de 800 milliards d’euros pour un plan baptisé ReArm Europe, soit une augmentation de plus de 50% par rapport à 2024.

Voici résumé le grand paradoxe de notre temps : au moment où la guerre menace et que le militarisme fait son grand retour, l’antimilitarisme n’a jamais semblé aussi marginal. L’antimilitarisme musical de Brel, Brassens, Vian ou Anne Sylvestre est un vestige méconnu des nouvelles générations. Depuis la fin du service militaire obligatoire, les collectifs de réfractaires ont disparu. Dans le même temps, les générations ayant vécu dans leur chair les atrocités du siècle dernier s’éteignent peu à peu.

L’origine de la guerre

Depuis les premières cités antiques, la guerre est le processus fondateur des États. Les premières villes coïncident avec l’apparition des hiérarchies, des guerres et de l’accaparement des richesse par quelques-uns. La guerre est un processus de violence extrême, institutionnalisée, et de troupes disciplinées. Elle ne peut donc être que le fruit d’un pouvoir centralisé disposant d’un classe de guerriers. La notion de masse, de hiérarchie et de territoire est déterminante. Les premières armées professionnelles apparaissent en Mésopotamie il y a six millénaires, et sont liés à des conflits pour les droits sur la terre ou approvisionnement en eau, avant de devenir des guerres pour imposer la suprématie politique d’un roi ou d’une cité sur les autres. Ainsi les États ne sont jamais que des clans armés – c’est-à-dire des mafias – qui ont réussi en rançonnant la population en échange d’une « protection ».

La nation naît de l’État, non l’inverse. La troisième république n’a réussi à imposer le français comme langue unique que dans les tranchées de la première guerre mondiale. Qu’y avait -il de commun entre un breton, un Basque ou un Alsacien avant qu’on ne leur impose une fiction qu’on appelle France ? C’est la guerre qui forge l’affirmation d’un sentiment national, la fierté d’appartenir à une terre. Le nationalisme mène aux massacres. Les sondages montrent que les dirigeants qui lancent des guerres gagnent en popularité, à la manière d’un troupeau mené à l’abattoir qui remercierait son bourreau. La guerre est par définition la raison d’État et l’opacité, au détriment de toute liberté individuelle.

Pompée, Alexandre, Clovis, Tamerlan, Bonaparte, notre panthéon collectif est dévolu aux chefs de guerre, jamais à ceux qui ont tenté de s’y opposer, ni à leurs millions de victimes.

La fabrique du consentement

La première bataille est celle des mots. Tuez un homme, vous êtes un assassin ; tuez des milliers, vous êtes un héros. La guerre est un phénomène absurde qui consiste à envoyer des inconnus se massacrer au nom d’idées et de valeurs abstraites. Pour y parvenir, la fabrique du consentement au militarisme est l’étape la plus cruciale. Voici quelques « commandements » utilisés par faire accepter l’entrée en guerre : « Nous ne voulons pas la guerre »… « Le camp adverse est le seul responsable de la guerre »… Il s’agit de produire des storytelling simplistes qui marquent l’opinion. Benyamin Natanyahou, poursuivi pour crime contre l’humanité, réclame sans rire le prix Nobel de la paix pour son complice Donald Trump lors d’un dîner officiel. La grande majorité des productions culturelles de masse parle de guerre, nous connaissons les personnages de chevalier ou de héros mieux que les espèces d’oiseaux ou les essences d’arbre.

Avec l’instauration de l’école gratuite et obligatoire, l’État français a bénéficié d’un relais privilégié sur tout le territoire pour atteindre tous les enfants. A partir de 1882, la République organise des « bataillons scolaires » : les écoliers défilent au pas et s’entraînent au tir à la carabine. Les enseignants sont chargés de « faire aimer la patrie et former les jeunes citoyens à l’impératif de la défense ». A partir de septembre 2025, la journée défense citoyenneté (JDC), obligatoire pour tous les jeunes, est « militarisée » et transformée en passerelle assumée vers le recrutement. Un général déclare sas détour qu’en prévision d’une « confrontation militaire », il faut « identifier à l’avance des viviers » de soldats. Le 13 juillet 2025, Macron mettait en avant l’acceptation du sacrifice ultime ».

La guerre à la nature

La plus grande des guerres menées par l’Homme est celle qui s’exerce contre la nature. Les sociétés hiérarchisées n’ont eu de cesse de dominer, mutiler, asservir la faune et la flore.

Pourtant l’écologie politique en Europe semble avoir renié la tradition antimilitariste qui faisait pourtant partie de on ADN. En Allemagne, l’ancien ministre écologiste Joschka Fischer déclare que « le service militaire obligatoire doit être réintroduit pour les deux sexes ». En France le parti « Les Écologistes » reprend sans recul la propagande de guerre et s’aligne sur les positons du gouvernement Macron. Marine Tondelier parle de « financer l’effort de guerre » et la présidente des députés écologistes déclare à l’Assemblée que « L’Union européenne doit s’affirmer comme une force politique, ce qui implique de s’affirmer comme une force militaire ». Le vert vire au kaki, un mélange indigeste qui fait coexister la défense de la planète et l’augmentation des moyens pour la détruire. L’écologie avait abandonné l’anti-capitalisme, elle se débarrasse désormais de son pacifisme.

(éditions divergences 2025)

Maudite soit la guerre (Pierre Douillard-Lefèvre) Lire la suite »

Comment vivre sans les réseaux sociaux ?

Vivre sans smartphone, c’est possible. Tous les parents sans exception devraient interdire l’usage d’un smartphone par leurs enfants. Et le meilleur moyen pour arriver à ce résultat, c’est que les parents se passent eux aussi de smartphone et de réseaux sociaux.

AFP : Depuis mercredi, Facebook, Instagram, YouTube, TikTok, Snapchat, Reddit, ou encore les plateformes de streaming Kick et Twitcho, ont l’obligation d’interdire l’accès aux utilisateurs australiens de moins de 16 ans.

L’entreprise Reddit, située aux Etats-Unis, attaque en justice ctte interdiction des réseaux sociaux en Australie pour les moins de 16 ans. Dans un communiqué, elle convenait de l’importance de protéger les jeunes, mais que la nouvelle loi australienne avait « l’effet regrettable de contraindre les adultes comme les mineurs à des processus de vérification intrusifs et potentiellement peu sûrs ». Selon la plateforme, la nouvelle législation pourrait aussi isoler les adolescents d’« expériences communautaires adaptées à leur âge », ainsi que « créer un patchwork illogique de plateformes incluses et d’autres qui ne le sont pas ».

Le gouvernement australien a souligné de son côté qu’il était « du côté des parents et des enfants australiens, pas des plateformes… Nous ne céderons pas, afin de protéger les jeunes Australiens des dangers des réseaux sociaux. » La ministre des communications, Anika Wells :

« Les plateformes en ligne utilisent la technologie pour cibler les enfants. Nous leur demandons simplement d’utiliser cette même technologie pour assurer la sécurité des enfants en ligne… Nous voulons que les enfants aient une enfance et que les parents aient l’esprit tranquille »

Le point de vue des écologistes

Dans les années 1950 en France, il n’y avait ni téléphone, ni téléviseur, encore moins d’ordinateur et de numérisation de notre monde. On s’en portait très bien, on peut se satisfaire des petits riens dans l’existence, aller au travail à pied, discuter avec le voisins, aller au bistrot du coin, faire une belote en famille, laisser les enfants jouer dans le jardin…

Aujourd’hui le confort des écouteurs nous extraient de la compagnie de nos semblables. Notre « prosternation » permanente devant le portable est synonyme d’enfermement, d’addiction et d’aliénation. Jamais on n’a autant communiqué, mais sans parler aux autres. Paroxysme en la matière, les réseaux sociaux incarnent un monde de l’autre sans autres. Alors que nous n’avons jamais été autant connectés, jamais le sentiment de solitude n’a été aussi répandu. Le principal danger, plutôt qu’être anesthésié par notre portable, c’est de ne plus en être conscient.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Le Danemark vent debout contre les écrans

Mette Frederiksen, première ministre du Danemark :« Nous avons accepté les téléphones portables dans la vie de nos enfants avec les meilleures intentions. Pour qu’ils puissent appeler à la maison et communiquer avec leurs amis. Mais, en réalité, nous avons libéré un monstre… Jamais auparavant autant d’enfants et d’adolescents n’ont souffert d’anxiété et de dépression … Beaucoup ont des difficultés à lire et à se concentrer… Sur leur écran, ils voient des choses qu’ils ne devraient pas… 60 % des garçons âgés de 11 à 19 ans ne voient pas un seul de leurs amis physiquement pendant leur temps libre au cours d’une semaine… »

Caroline Stage Olsen, ministre danoise du numérique : « Nous avons été trop naïfs. Nous avons confié la vie numérique de nos enfants à des plateformes qui n’ont jamais eu à cœur leur bien-être. Ils ont été les pions d’une gigantesque expérience dans laquelle des algorithmes et des fonctionnalités addictives ont été autorisés à contrôler leur quotidien. Cela doit cesser maintenant. » (extraits)

« Pas d’écrans avant 13 ans », c’est un minimum

extraits : Auparavant, les enfants vivaient des aventures, ils circulaient librement à vélo, exploraient les bois. Le jeu libre était un espace où ils pouvaient s’amuser et grandir de façon autonome. Ils vivaient des expériences essentielles au développement du cortex cérébral frontal et de leurs aptitudes sociales. Plus aujourd’hui avec les écrans. Les contenus créés par des intelligences artificielles les rendra encore plus accros aux écrans. Tout cela se terminera mal, très mal….

BONUS

– Sur les réseaux sociaux, les jeunes font des recherches intéressantes 0,1% du temps. Les 99,9% du temps restant, ils y perdent leur cerveau.

– Interdire les réseaux sociaux protège les mineurs de phénomènes systémiques hautement toxiques pour leur équilibre mental.

– Bravo! Il faut passer à 18 ans. Et pourquoi ne pas interdire tout simplement les échanges numériques à tout âge.

– Je ne comprends pas comment une entreprise privée comme Reddit peut attaquer un État souverain…

– Elon Musk, patron de X, a précisé que son groupe se conformerait à l’interdiction.

– La Nouvelle-Zélande, pays voisin, ainsi que la Malaisie réfléchissent à des restrictions similaires à l’Australie.

– En France, Emmanuel Macron, mercredi 10 décembre, a répété qu’il souhaitait « imposer à tous les réseaux sociaux la vérification de l’âge » des utilisateurs et interdire leur accès aux moins de « 15 ou 16 ans », dans le cadre d’un projet de loi déposé au début de 2026.

– Excellent ! Et pour échanger, les ados reviendront aux bonnes vieilles méthodes : discuter entre eux en « vrai ».

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Faisons des cadeaux à la FEP

Pour mener à bien ses missions, la Fondation de l’Écologie Politique a besoin de vous. En faisant un don simple, vous nous donnez l’énergie d’avancer. En faisant un don régulier, vous nous offrez de la visibilité financière et de la capacité à agir dans une période où l’incertitude règne. Notre objectif, rassembler près de 1000 potes, ami.e.s ou compagnon.ne.s de de route pour faire un bout de chemin avec nous.

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Aidez nous à transmettre la mémoire du mouvement écologiste

Depuis 2015, la Fondation investit beaucoup pour collecter, classer et valoriser les archives de l’écologie. En 2024, avec nos nouveaux locaux et le soutien grandissant de nos partenaires, nous avons pu franchir un cap. Aujourd’hui notre travail est de plus en plus reconnu, nous accueillons de plus en plus de chercheur.se.s, etc. Mais il reste encore énormément de travail pour que la mémoire de toutes celles et ceux qui ont porté l’écologie depuis les années 1960 et 1970 soit transmise et nourrisse les batailles politiques d’aujourd’hui.

Aidez nous à remettre l’écologie et les sciences au centre du village (… et inversement)

Telle est notre boussole. Dans une société abîmée par la défiance, la désinformation et les attaques contre l’écologie, nous prenons le parti de celles et ceux qui s’appuient sur la méthode scientifique pour informer les débats qui traversent notre vie démocratique.

Dans un même mouvement, c’est le « village », le quotidien et les aspirations des classes moyennes et populaires que nous voulons replacer au cœur des pensées de l’écologie politique et des transformations écologiques. Nous prenons notre part à la construction d’un nouveau contrat écologique et social.

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Faisons des cadeaux à Sciences Citoyennes

Sciences Citoyennes lance un appel à dons

Nous vivons un moment de bouleversements. Les extrêmes droites et/ou leurs idées parviennent au pouvoir sur tous les continents – accompagnées d’un amoindrissement des libertés associatives, académiques et citoyennes. Depuis deux décennies, Sciences Citoyennes mène un travail de fond pour dessiner un autre projet de société. Ce travail, parfois peu visible, porte ses fruits. La recherche participative se développe peu à peu, notre plaidoyer pour une autre recherche – avec et pour la société, trouve un écho grandissant auprès des pouvoirs publics. 

Il n’est pas l’heure de ralentir ! 

Nous sommes mobilisé·es sur plusieurs fronts et dans le contexte politique contraint que nous connaissons, chacun de vos dons est précieux et a un réel impact sur notre capacité à poursuivre nos combats.

👉 Faire un don : https://urls.fr/wT6V8S

Tout savoir sur les Conventions citoyennes

Les vidéos des colloques sont disponibles

Du 30 septembre au 17 octobre, Sciences Citoyennes a organisé un cycle de colloques sur les Conventions citoyennes, avec le soutien du député Hendrik Davi, du sénateur Yan Chantrel et de Démocratie Ouverte.

L’objectif de ce cycle était de donner la parole à des observateurs et observatrices de ces types de dispositifs, des personnes qui les ont vécus de l’intérieur et des acteurs et actrices qui portent un plaidoyer visant à inscrire les Conventions citoyennes dans la Constitution

Les thèmes proposés étaient les suivants :

– 30 septembre (en ligne) : Analyse des forces et faiblesses des Conventions citoyennes

– 7 octobre (en ligne) : Les Conventions citoyennes par celles et ceux qui les ont vécues

– 17 octobre (à Paris) : Inscrire les Conventions citoyennes dans la Constitution

Les captations vidéos sont maintenant disponibles sur notre chaîne Youtube.

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