écologie appliquée

Présidentielle 2027, positionnement écolo

LE MONDE du 26 août 2025, deux articles qui parlent des écolos :

– Chez Les Écologistes, débat en interne sur la primaire commune

– Rentrée des gauches : les unionistes à la peine.

Dans ces articles pas un mot sur l’écologie, mais un déballage de postures politiciennes… pour 2027. Le choc des egos est à son comble chez « Les Écologistes », Rousseau ou Tondelier, avec Cormand, Hardy et Piolle en arbitre… Va-t-on abandonner l’idée d’une candidature écolo à la présidentielle ?

Pourtant la présence des écolos à ce moment crucial a une longue histoire : René Dumont en 1974, Brice Lalonde en 1981, Antoine Waechter en 1988, Dominique Voynet en 1995 et 2007, Noël Mamère en 2002, Eva Joly en 2012, Yannick Jadot en 2017 (qui va se cacher derrière Benoît Hamon au dernier moment), puis encore Yannick Jadot en 2022.

Les raisons d’une candidature écolo à la présidentielle

Les prétendants actuels à la charge suprême en 2027, que ce soient des représentants de la gauche, de la droite ou du centre, n’ont pas compris que nous avions changé d’époque. Nous sommes au 21e siècle, avec l’épuisement des ressources naturelles, le choc climatique, la fragilisation croissante de nos sociétés par trop de complexité… La croissance économique est derrière nous et avec elle les promesses de campagne irréalistes, ne tenant pas compte des contraintes. Pourtant certains se posent la question de la pertinence d’une candidature écolo à la présidence. Voici le débat en cinq points :

1. Le temps d’une candidature de témoignage est passé, l’idée écologique s’est bien installée dans l’esprit des électeurs. Il n’est donc pas besoin d’une candidature écolo en 2027.

Cette analyse s’arrête en chemin, il faut aller plus loin. La « candidature de témoignage » doit se transformer en une candidature crédible pour gouverner concrètement la France dans un contexte totalement nouveau. Les citoyens sont plus anxieux que les politiques, ils ressentent que les conditions de vie de leurs enfants seront beaucoup plus difficiles. La période de croissance qui était censée guérir tous les maux s’achève, les recettes traditionnelles pour endiguer le chômage n’ont aucun effet durable, et la fin du pétrole s’accompagne de bouleversements climatiques. Si le monde entier adoptait le mode de vie du Français moyen, nous aurions besoin de deux ou trois planètes, ce qui est non seulement intenable, mais surtout impossible. Ce n’est pas le discours politique actuel qui continue au contraire d’enchaîner les promesses. À ce titre, le programme présidentiel de François Hollande (les « 60 engagements ») de 2012 était emblématique. On y cherchera vainement la présentation d’un grand défi propre à susciter l’enthousiasme. En revanche on trouvera l’assurance que ça ira mieux pour les PME, les technologies numériques, l’agriculture, les banques, les fonctionnaires, les technologies vertes, les contribuables, les familles, les retraités, les médecins, les malades, les locataires, etc. L’abondance à crédit, c’est terminé. L’écologie, c’est la sobriété.

Il est nécessaire d’être politiquement courageux et de mettre notre population face à ses responsabilités. Un peuple écolo est certes en formation, mais il doit être mobilisé par un projet collectif. Nous avons fait la guerre à la planète, un présidentiable clairvoyant déclarerait l’état d’urgence écologique plutôt que le réarmement militaire et démographique.

2. Depuis l’élection du président au suffrage universel, le débat d’idées devient secondaire : il y a polarisation de l’élection présidentielle sur une personne. Le fait que le calendrier électoral a mis la présidentielle avant les législatives a accentué ce phénomène. D’ailleurs les écologistes contestent le régime présidentiel, il faudrait qu’ils se concentrent sur les élections à la proportionnelle comme les régionales ou les européennes, faire une campagne de proximité et oublier les scrutins nationaux qui donnent une prime majoritaire.

Un tel point de vue présuppose qu’il n’y a aucune candidature écologiste qui puisse se personnifier autour d’un projet cohérent de gouvernement. Pourtant un présidentiable comme Nicolas Hulot travaillait en ce sens depuis des années. Sa fondation (où plusieurs analystes compétents planchent régulièrement) présentait en 2010 la manière de parvenir à une société sobre et désirable : « L’opinion doit accepter des contraintes opposées à ses désirs (de déplacements sans limites, de puissance sans limites, de consommation sans limites). » Avec son Comité de veille écologique, il avait déjà produit en 2006 un « Pacte écologique » qui sera signé (et non assumé) par la presque totalité des candidats à la présidentielle 2007. Le conseil était clair : « Mobilisation ! J’emploie ce terme à dessein, dans son sens guerrier, même si cette guerre est d’un type particulier puisqu’elle est dirigée contre nous-mêmes. L’ennemi ne vient pas de l’extérieur, il siège à l’intérieur de notre système et de nos consciences. L’impératif écologique dessine un paysage politique radicalement différent de ceux auxquels nous sommes habitués. Nous avons besoin que chacun participe au changement… Madame ou monsieur le futur président de la République, l’impératif écologique n’est pas une priorité, c’est LA priorité. »

Un mouvement sans présidentiable n’a pas d’avenir. Chaque fois qu’un candidat écologiste peut se présenter à une élection quelle qu’elle soit, il doit le faire. Reste à trouver la personnalité qui incarne le projet.

3. Depuis que l’arrivée du Front national au second tour est devenue une possibilité, il y a émergence du vote utile qui lamine le vote écolo. Cette élection consiste en fait à désigner qui nous voulons voir au deuxième tour et qui nous ne voulons pas voir. La présence d’un écolo serait de trop, marginalisée.

Dans le cadre de plusieurs élections, l’extrême droite est en effet devenue le premier parti de France en termes de voix. La petite affaire familiale est devenue un parti qui compte ! Alain Lipietz parlait sur son blog d’une présidentielle autrefois « à quatre partis, deux dans chaque camp, le premier tour servant à désigner l’option la plus crédible au sein de chaque camp ». Il estime ce temps révolu avec la quasi-certitude que l’extrême droite sera au second tour. On parle de vote « utile », ce qui laisserait entendre qu’une option de rupture avec la société croissanciste serait sans intérêt ! Ce vote serait négatif, il répondrait surtout à la problématique Lequel je ne veux surtout pas à l’Élysée ! Est-ce là un projet de société ?

En fait les trois partis actuellement dominants ne présentent pas de différence fondamentale. Les macronistes, le Rassemblement national et le Nouveau Front Populaire, tous soi-disant protecteurs de l’intérêt national et défenseurs des valeurs de la France, tiennent à peu près le même discours : c’est la croissance qui fera les emplois, il faut l’état d’urgence pour l’Ukraine tout en protégeant la liberté totale des grandes entreprises, les flux migratoires doivent être maîtrisés un peu beaucoup et les échanges internationaux de marchandises multipliés, le pouvoir d’achat peut être encouragé mais les conditions de travail doivent être flexibles, et de toute façon l’écologie n’est pas réellement à l’ordre du jour. Les blocs partisans ne diffèrent plus vraiment, c’est du social-libéralisme autoritaire des trois côtés. Le penchant vers l’extrême droite sur les thématiques identitaires et migratoires ne peut que renforcer le Rassemblement National, crédibilisé par ses imitateurs. Le RN est un « tigre en papier », sans programme sérieux, qui surfe uniquement sur le mécontentement de l’opinion face aux errements de la gauche et de l’ex-UMP. À eux d’affronter Marine le Pen ou Bardella qui, de toute façon, ne sera pas élue au deuxième tour en 2027 car le « front républicain » se reformera à ce moment-là. Et même élu, un président d’extrême droite n’aurait pas la majorité à l’Assemblé nationale.

Le seul modèle cohérent à opposer au RN, c’est bien ce « désir d’écologie » qui commence à imbiber le corps électoral. Sortons de la logique politicienne à courte vue, il n’y a pas le choix, ce sera l’écologie au pouvoir ou le chaos énergétique, climatique, économique et socio-politique. Il y a bien deux modèles de société en présence, le social-libéralisme et le social-écologisme. Macron et Le Pen ont choisi leur camp, anti-écolo. Nos peuples n’ont pas besoin de jeux politiques mais de concevoir un futur possible et souhaitable.

4. Le score électoral de l’écologie politique aux présidentielles n’a pas vraiment évolué depuis la première candidature de 1974. Beaucoup de commentateurs et d’adversaires prennent systématiquement exemple du faible score aux présidentielles pour dire que l’écologie ne pèse rien.

Il est vrai que seul Noël Mamère en 2002 a franchi la barre des 5 % qui permettait d’être remboursé des frais de campagne. De plus, l’élimination de Nicolas Hulot lors de la primaire écolo en 2011 montre qu’EELV n’avait pas la maturité suffisante pour se mettre d’accord sur une personnalité extérieure qui aurait pu franchir allègrement la barre des 5 %. Actuellement, il n’existe pas de figure médiatique issue de l’écologie politique qui représente suffisamment l’écologie aux yeux des électeurs pour la présidentielle 2027.

Mais ce n’est pas parce qu’on a connu des échecs qu’il ne faut pas persévérer. Le socialisme existe depuis presque deux siècles, il n’a jamais été au pouvoir très longtemps. L’écologisme existe depuis une quarantaine d’années seulement, c’est un mouvement naissant. Autrefois, quand un institut de sondage demandait aux sympathisants de gauche quelle personnalité politique ils souhaitaient voir jouer « un rôle important à l’avenir », un socialiste arrivait toujours en tête. Au 31 janvier 2016, quand l’Ifop (Institut français d’opinion publique) pose la même question, c’est un écologiste qui est plébiscité : Nicolas Hulot. Il est préféré par 61 % des sondés, 13 points devant Jean-Luc Mélenchon, la star du « plus à gauche ». La personnalité de celui ou celle qui se présentera à la présidentielle 2027 au nom de l’écologie est essentielle.

5. L’abandon de la candidature écolo pour la présidentielle est un moyen de négocier un contrat avec « la gauche unie » pour les législatives. Cela permettrait de retrouver l’équivalent d’une proportionnelle, avec un nombre de circonscriptions réservées.

L’expérience de ce que les écologistes appelaient autrefois « l’autonomie contractuelle » a été décevante. Jean-Vincent Placé avait été un fanatique de la carte électorale, un pur professionnel de la politique. En sa qualité de conseiller politique de Cécile Duflot, il avait organisé une négociation secrète avec le PS pour préparer les sénatoriales de 2011 ; il a obtenu un groupe parlementaire dont il a pris la pôle position. Il a ensuite négocié un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale pour 2012, sans même consulter les candidats à la primaire écolo Eva Joly et Nicolas Hulot. Il avait transformé EELV en un syndicat d’élus, c’était un carriériste. Bilan ? L’éclatement des deux groupes parlementaires entre ceux qui sont restés affiliés au PS (Jean-Vincent Placé est devenu secrétaire d’État) et ceux qui sont restés à EELV. Ces péripéties ont montré qu’il y a deux sortes d’écologisme, les fondamentalistes et les réalistes.

Le problème, c’est quand l’électeur ne distingue plus l’écologisme derrière le réalisme. L’expérience montre qu’il y a deux types de candidats aux élections, ceux qui courent après les places et ceux qui poursuivent un idéal. La deuxième catégorie est encore bien peu représentée dans l’arène politique conventionnelle, c’est pourquoi toute alliance avec un parti dit « de gouvernement » est sans doute vouée à l’échec. Faire de la politique autrement ne consiste pas à présenter systématiquement des candidats éligibles à toutes les élections, mais à faire preuve de pédagogie dans la transmission du message écologique. En d’autres termes « prendre le pouvoir », avoir des ministres écolos ou un groupe parlementaire, tout cela est contre-productif si l’urgence écologique que les élus devraient porter n’apparaît plus dans leur représentation médiatique. Une écologie réaliste ne peut être qu’une écologie de rupture avec la société thermo-industrielle.

« Ne nous cachons pas la vérité, nous parlons de la mise en place d’une économie de guerre comparable à ce qu’avait décidé le président Franklin Roosevelt en 1942, après Pearl Harbor. Alors pourra se déployer la redistribution de la terre, du travail et des revenus. La « descente énergétique » inéluctable qui nous attend n’est pas nécessairement synonyme de privation, de malheur et d’effondrement, mais de renaissance des communautés locales. Décroître pour vivre mieux. (Yves Cochet) »

C’est pour toutes ces raisons que la candidature d’un ou une écologiste à la présidentielle 2027 est absolument nécessaire. Mais n’oublions jamais que c’est par l’action de tous qu’un monde plus équitable et plus durable peut prendre forme.

(actualisation du livre de Michel Sourrouille, « L’écologie à l’épreuve du pouvoir » paru aux éditions Sang de la Terre en 2016)

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Dissoudre « Les Soulèvements de la Terre » ?

La liberté d’association est très protégée en France : la loi du 1er juillet 1901 prévoit que les associations se constituent librement et sans aucun contrôle préalable de l’administration. En 1971, le Conseil constitutionnel a même hissé la liberté d’association « au nombre des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République et solennellement réaffirmés par le préambule de la Constitution ». La dissolution des Soulèvements de la Terre pourrait pourtant faire l’objet d’un décret lors d’un prochain conseil des ministres, mais « l’instruction du dossier peut prendre un peu de temps », a précisé le porte-parole du gouvernement.

Romain Geoffroy : Les Soulèvements de la Terre ne sont pas une association à proprement parler, mais un mouvement né en janvier 2021 du regroupement d’une centaine d’organisations et de collectifs (la Confédération paysanne, Les Amis de la Terre France, Attac, Youth for Climate, Exctinction Rebellion…) et de nombreux soutiens individuels. Le gouvernement s’estime toutefois fondé à dissoudre le mouvement en le qualifiant de « groupement de fait ». Le ministère de l’intérieur reproche notamment à SLT de « prône[r et justifier la pratique de l’éco-sabotage ».

L’avocate du mouvement LST : « En cas de dissolution, est-ce que l’Etat va poursuivre des milliers de personnes qui continueront à se réclamer des Soulèvements de la Terre ? Est-ce qu’ils vont s’attaquer à chaque association qui se revendique du mouvement ? Cela ne nous paraît pas crédible ».

Le point de vue des écologistes pas contents du gouvernement

G. Verne : Si Darmanin avait un peu de jugeote, il se rendrait compte que dissoudre Soulèvement de la Terre est très exactement ce qu’il ne faut pas faire : il va donner au mouvement « martyr de la lutte écologiste » et symbole de « l’autoritarisme du gouvernement » une notoriété, une crédibilité et une audience dont jamais ses fondateurs n’ont pu rêver. Mais bon, demander de la jugeote au gars qui expulse les imams déjà partis, c’est naïf.

Castanea : accentuer la pression sur ce groupe, c’est lui donner toute l’audience qu’il mérite ! Bravo ! Et merci ! Les comités se multiplient depuis Ste Soline… et c’est très bien. Terminons par le fond : justement, cette lame de fond est fondée, on ne peut rien contre une telle légitimité, l’accaparement de l’eau (cf les scientifiques à ce sujet), ce n’est plus possible en 2023, surtout avec de l’argent public ! Enfin, il n’a échappé à personne que Mme Valérie Masson-Delmotte (éminente scientifique du GIEC) ou Monsieur Philippe Descola (éminent anthropologue dont les travaux renversent tous nos rapports à la nature) soutiennent de toutes leurs forces « Les soulèvements de la Terre » ?

Comicavecms : Darmanin/Macron peuvent dissoudre tout ce qu’ils veulent, la lutte se fera et gagnera progressivement sa légitimité devant les effets de la dévastation qu’entraînera le réchauffement climatique. Je parie même sur des procès à venir pour inaction climatique… Ils n’ont qu’à dissoudre le GIEC, ils l’ignorent tant qu’ils peuvent !

MEKEDA : Ce gouvernement est d’une bêtise et d’une intolérance hallucinantes et le pire c’est que des lecteurs du Monde semblent adhérer à ses arguments simplistes, outranciers et mensongers. Personnellement, je suis une personne âgée bien tranquille, mais qui ne trouve pas normal ni équitable que l’eau douce soit confisquée par une clique agro-industrielle. J’ai signé la déclaration du Soulèvement de la terre qui est un collectif d’associations fort respectables, j’adhère et je connais des tas de gens très bien qui en ont fait autant. Alors la question est celle-ci, monsieur Darmanin, vos sbires vont venir m’arrêter et me jeter en prison ? Je ne changerais pas d’avis et suis prête à subir les conséquences de votre arbitraire.

On peut rêver : Il faudrait poursuivre tous les paysans qui n’adhèrent pas à la FNSEA, interdire la ligue des droits de l’homme, etc. Enfin on aurait une vraie démocratie macroniste.

Parisianguy : …sans oublier la cellule Déméter qui, avec l’argent de tous, met les moyens de la gendarmerie au service du lobby agro-industriel pour surveiller, menacer et détruire les activités de militants ecologistes n’ayant commis aucune infraction. Elle est belle la démocratie selon macron !!!!

Slibo : Evidemment que cette dissolution sera nulle et non avenue, le gouvernement se comporte comme un complice actif des lobbies et intérêts économiques qui s’accaparent les richesses naturelles, le bien commun et mettent en péril l’avenir de nos enfants. Par conséquent apporter son soutien à LST est un impératif moral catégorique.

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere

« Nous sommes les Soulèvements de la terre »

Nous sommes la Terre qui se soulève

« Darmanin au service du vieux monde »

Le point judiciaire sur la désobéissance écolo

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Les scientifiques pour la désobéissance civile

Gianluca Grimalda sillonne l’Europe en train et en car pour présenter son livre A fuoco. Il mondo brucia, è ora di disobbedire (« en feu. Le monde brûle, il est temps de désobéir », Feltrinelli, 400 pages, 18 euros, non traduit). C’est l’histoire d’un chercheur prêt à avaler des dizaines de milliers de kilomètres en train, en cargo, en ferry et en stop pour revenir en Europe après une mission scientifique en Papouasie-Nouvelle-Guinée, quitte à devenir le premier salarié connu pour avoir été licencié, car il avait refusé de prendre l’avion.

Gianluca Grimalda : La COP26 à Glasgow [en 2021] a été un autre moment charnière, on allait savoir si les limites posées lors de l’accord de Paris [signé en 2015] seraient respectées. Je me suis rendu compte que les engagements étaient insuffisants. J’ai réduit progressivement les voyages en avion, jusqu’à complètement arrêter en 2023, quand j’ai réussi à rejoindre Bougainville, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, depuis Kiel, en Allemagne, où se trouvait mon employeur l’IfW, sans prendre ce moyen de transport. J’ai choisi Bougainville comme terrain de recherche, car c’est là que se trouvent les premiers réfugiés climatiques. Le monde brûle, j’ai basculé dans la désobéissance civile. Tout a basculé en 2022. Avec d’autres chercheurs, je me suis collé au sol dans le showroom de la marque automobile Porsche, à Wolfsburg . La fondation Volkswagen [propriétaire de Porsche] finance la chaire de mon employeur. Une semaine plus tard, j’ai reçu un avertissement, à la prochaine action de désobéissance civile, je serai licencié. Dix jours plus tard, j’ai participé au blocage de 11 aéroports de jets privés, dans différents pays. Mais je mène mes actions de désobéissance civile sur mon temps de vacances.

En 2023, l’IfW a approuvé mon voyage, aller-retour, en Papouasie-Nouvelle-Guinée en mobilité douce… Mon retour a pris du retard à cause d’une explosion volcanique… J’ai reçu un ultimatum brutal de mon employeur : si je ne rentrais pas au laboratoire sous cinq jours, ce qui impliquait de prendre l’avion, je perdais mon emploi. Mais je ne veux pas passer pour un « giaman » : en Papouasie-Nouvelle-Guinée, les hommes blancs sont accusés d’être des « giaman », des imposteurs qui promettent des choses et qui, pour leur profit personnel, ne les tiennent pas. Je n’ai pas pris l’avion, et j’ai reçu une lettre actant mon renvoi… Mon père a honte que je porte son nom de famille !

Le débat récurrent entre anti-écolos et éco-sensibles

Orlando Furioso Rapido : Apologie d’un comportement puéril et égocentrique aux antipodes des valeurs de gauche.

Gabuzo : Quand je lis cet article, je vois seulement un homme qui a des convictions et qui agit en fonction, et qui en assume toutes les conséquences. Il ne se pose pas non plus en donneur de leçons pour les autres, il explique juste son propre comportement. Pourtant ça a l’air d’horripiler un nombre impressionnant de commentateurs, qui ne peuvent pas supporter que certains fassent des choix différents d’eux.

VF : Cet homme est un clown. En plus 3 semaines en train et en bus, quel bilan carbone? Qui bosse a sa place pendant qu’il se promène ? Est il certain que des trains a l’électricité produite au charbon, des vieux bus thermiques, des voitures pourries et des ferry d’un autre âge. Si au moins il en avait profité pour évaluer scientifiquement la comparaison entre le bilan carbone de sa promenade par rapport a un voyage en avion.

ICILA : Face au choix mortifère et suicidaire de nos élites qui ont choisi de sacrifier l’avenir de nos propres enfants pour tenir leurs objectifs hors-sol du présent, Gianluca est une des seules personnes cohérentes de l’élite. Intelligence dans le sens faire face aux réalités et changer de comportement alors que nos politiques procrastinent depuis plus de 50 ans.

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Licencié pour avoir refusé de prendre l’avion

extraits : De plus en plus de personnes commencent à ressentir la « honte de voler » en avion, flygskam en suédois, flight shame en anglais. Ce sentiment de culpabilité nous semble tout à fait normal rationnel, moralement nécessaire, et même inéluctable à l’heure de la fin du kérosène et du réchauffement climatique. On obtiendra même peut-être un jour le comportement idéal : « J’ai honte de voyager en avion, j’ai honte de manger de la viande, j’ai honte de lire « Le Monde » numérique, j’ai honte de rester plus de deux minutes sous la douche, j’ai honte de faire du tourisme au long cours, j’ai honte de ne pas avoir de toilettes sèches, j’ai honte de posséder encore une voiture thermique (vade retro Satanas !)… » On installera des confessionnaux où chacun pourra regretter ses péchés et la planète sera (peut-être) sauvée....

L’urgence écologique entraîne la désobéissance civile

extraits : Aujourd’hui la première caractéristique de la désobéissance civile, c’est d’être mis au profit d’une cause nouvelle, la défense de l’environnement : actions de Greenpeace, faucheurs volontaires d’OGM, blocages de ponts de Londres par Extinction Rebellion, grèves scolaires pour le climat, etc. Ces mouvements ont désormais une dimension internationale, du fait des réseaux sociaux, qui permettent une circulation instantanée des informations, mais aussi parce que les conséquences du réchauffement climatique s’exercent à l’échelle planétaire. A l’origine de la désobéissance civile, l’Américain Henry David Thoreau (1817-1862) qui a écrit  : « en cas de conflit entre ce que me dit ma conscience et ce que me dit la loi, je dois obéir à ma conscience… sous un gouvernement injuste, la place d’un homme juste est en prison ; etc. »….

La désobéissance civile des scientifiques

extraits : Le 6 avril 2022, le climatologue américain Peter Kalmus s’est enchaîné à la porte d’une banque J.P. Morgan, premier investisseur dans les énergies fossiles. Devant le sentiment de voir les alertes scientifiques ignorées, il a décidé de s’engager dans une action de désobéissance civile. Dans les jours qui ont suivi, plus de mille deux cents scientifiques avaient participé à des actions de ce type dans vingt-six pays. Selon un argument fréquemment opposé, un certain principe de neutralité requerrait que les scientifiques s’abstiennent d’intervenir dans le débat public. Mais l’épistémologie récente considère que des sciences dépourvues de valeurs constituent un idéal illusoire et peu désirable lorsque les savoirs produits peuvent avoir des implications délétères. La neutralité est simplement mise en avant pour défendre le statu quo !….

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Quelle stratégie pour l’écologie politique ?

Bernard : Comment s’opère la transformation d’un électeur/consommateur en citoyen conscient des enjeux collectifs. La radicalité d’un programme n’a aucune prise sur la motivation électorale. Il n’y a pas de transition écologique sans implication populaire qui co-construit la transition à partir d’objectifs partagés confrontés au réel vécu. Il n’y a pas d’IVG sans le MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception), il n’y a pas de congés payés sans la grève générale de 1936. Un parti de transformation sociale ne peut pas se passer des innovations positives.

Michel Sourrouille : Peu importe pour moi l’habillage partisan, je ne cherche qu’une chose, faire progresser la cause écologique, je ne défends aucun parti spécifique. Mon premier vote a été pour Dumont en 1974, j’ai été membre des Verts, du PS, d’EELV, d’En Marche, de Génération écologie et maintenant du parti « Les Ecologistes ». J’ai mené des ateliers lors des journées d’été d’EELV tout en faisant deux conférence-débat lors des journées d’été du MEI… La transformation « sociale » ne peut faire l’impasse de la nécessaire rupture écologique.

Voici quelques éclairages sur ma pensée stratégique en réponse à ton discours socio-démocrate :

– Nous sommes à un tournant historique où la raréfaction des ressources pour un trop grand nombre d’humains est du jamais vu car ce n’est plus à une échelle locale, mais mondiale.

– Un parti écolo a pour stratégie de fond de s’opposer aux partis croissancistes, c’est dans les textes officiels des Verts, c’est justifié parce que nous avons dépassé les limites du système terrestre.

– L’imaginaire social aujourd’hui est globalement structuré par les sirènes de l’abondance pour tous au prix de la croissance de notre dette écologique et financière.

– Agir sur un tel réel implique nécessairement de tenir un discours politique qui va à contre-courant, donc qui ne fait pas plaisir aux électeurs-consommateurs.

– Obtenir un score électoral basé sur la duplicité ou les alliances contre-nature produit des élus inféodés au système thermo-industriel et ne fait pas avancer la cause écologique.

– Un programme écologique présente une vision du long terme qui est absente chez les politiques, obsédés par le court terme et le résultat d’une élection.

Delphine Batho a tenu lors des dernières élections le seul discours politique stratégique qui vaille et qui devrait être le credo de TOUS les écologistes. Voici un aperçu de son analyse le 8 janvier 2022 à l’invitation de l’Institut Momentum. Elle devrait être connue de tous les militants écolos.

 « Le déclic a été lié au refus du président F. Hollande et de son premier ministre de voir écrit le mot « raréfaction » dans un communiqué du Conseil des ministres. Cette obstruction a été justifiée par l’incompatibilité entre l’objectif de croissance, qui était une obsession de ce président, et le constat de la raréfaction des ressources. Le PIB constitue un indicateur de destructions. La décroissance, ce n’est pas la récession, terme qui s’applique à la crise des économies dépendantes de la croissance. Mais les bases culturelles de la décroissance se sont développées dans la société. Alors que notre société perd tout sens, beaucoup expriment le besoin de ralentir, de renouer avec la nature, le vivant, d’aller à l’essentiel. Mettre un mot sur l’ensemble de ces mouvements, tel celui de « décroissance », permet de les unifier et de les intégrer dans un projet politique commun, porteur de nouveaux imaginaires et d’un nouveau récit. Ce mot-obus crée un kairos, un choc qui met en branle un travail transformateur de la société en fracassant le mythe de la croissance.

Tous les mots qui font des compromis avec la décroissance sont inopérants. Si on donne des gages aux tenants du système, si nous n’affrontons pas frontalement nos opposants, nous échouerons. Le champ de l’écologie est lui-même miné de controverses (éoliennes, voitures électriques, etc.) dans lesquelles les personnes se perdent en l’absence d’une boussole politique formulant le type de société que l’on vise. J’ai donc porté un discours ouvertement décroissant à l’occasion de la bataille politique autour du secteur aérien cloué au sol par la pandémie. Le gouvernement proposa de le subventionner, ne faudrait-il pas plutôt organiser sa décroissance ? Ce concept offre une nouvelle stratégie électorale. Le discours catastrophiste peut être moteur de l’action politique à condition d’y associer une échappatoire, une perspective collective et un horizon. J’ai donc choisi de faire une proposition politique de décroissance pour la présidentielle 2022 en passant par la primaire des écologistes. Je suis sorti 3ème de la primaire avec 22,32% des voix, j’avais réussi à sortir la décroissance de sa marginalité. S’il est vrai que c’est beaucoup trop tard, pensons au rapport Meadows de 1972 par exemple, c’est une première étape.

Mes priorités sont, dans l’ordre, la réduction de la consommation, la sortie des énergies fossiles, et le mix énergétique 100% renouvelable. Faire comprendre l’importance du projet politique de la décroissance passe par l’éducation populaire sur les limites planétaires, la mécanique des budgets carbone et le réchauffement de 1.5°C. Bien que la décroissance s’imposera à nous de facto, nous avons tout intérêt à la décider volontairement pour l’organiser le plus humainement et justement possible. Mon point de vue est simple : plus il y aura d’écologistes, plus il y aura de décroissants. »

Pour en savoir plus sur Delphine Batho

lire son livre « Insoumise »  (Grasset, 2014)

lire sur le blog, L’insoumise Delphine Batho devient Génération écologie (mai 2018)

NB : La question démographique n’a tenu qu’une minuscule place dans la pensée de Delphine Batho. Voici ci-dessous les seuls éléments en notre possession.

Message pour Delphine Batho, la décroissante

A l’image de René Dumont, les écologistes digne de ce nom doivent clairement assumer une perspective de décroissance démographique, ce que les écologistes institutionnels ne font pas aujourd’hui. Nous pensons pourtant que ce positionnement politique qu’on pourrait appeler « malthusien » (au sens d’un dictionnaire de français), est porteur électoralement car l’idée de surpopulation est répandue dans la tête des électeurs/électrices alors que c’est devenu un tabou politique et médiatique.

La décroissance démographique peut être exposée publiquement de façon simple et compréhensible par tous et toutes. Notre impact écologique dépend à la fois de notre mode de vie multiplié par notre nombre, de la même manière que la surface d’un triangle dépend de sa longueur fois sa largeur. Séparer les deux est artificiel. Mais le facteur « mode de vie » est assez rigide, nos comportements consuméristes sont formatés par la publicité et l’abondance à crédit. Par contre la maîtrise démographique apparaît d’une simplicité évangélique. Tandis que les transitions énergétiques, agricoles et industrielles sont des mastodontes difficiles à remuer, il est possible de hâter la transition démographique avec des préservatifs et des stylos !

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image… l’écologie punitive

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« écologie punitive », slogan des impuissants

extraits : Largement utilisée à droite et à l’extrême droite, l’expression« écologie punitive », enferme les politiques environnementales dans un registre liberticide, ce qui permet à ceux qui veulent de fait encore plus de dégâts environnementaux de faire porter la responsabilité de leur impuissance sur les autres. Le premier à l’exprimer est Frédéric Nihous, président du parti Chasse, pêche, nature et tradition, dans un clip de la campagne présidentielle de 2007. La formule est reprise un an plus tard par l’ancien ministre de l’éducation nationale Claude Allègre, climato-négationniste revendiqué. En 2010, le premier ministre de l’époque, François Fillon, l’intègre à son discours de politique générale, avant que Xavier Beulin, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), ne s’en empare en 2012.

C’est paradoxalement Ségolène Royal, alors ministre socialiste de l’environnement, qui lui offre la notoriété en 2014, lorsqu’elle renonce à l’écotaxe – redevance visant à faire participer les entreprises du transport routier aux coûts des infrastructures, pourtant mesure démocratiquement votée par le parlement….

Dans les archives du MONDE, les approches contradictoires de « l’écologie punitive » …

Il est significatif que l’expression, aujourd’hui utilisée par les droites pour accabler les écologistes, ait été utilisée au tout début aussi bien par des soi-disant écologistes comme Cécile Duflot et Ségolène Royal que par Frédéric Nihous…

13 mars 2024. L’« écologie punitive », un slogan facile qui agit comme un repoussoir et confisque le débat démocratique

30 janvier 2024. Jordan Bardella profite de la colère des agriculteurs pour lancer une offensive contre l’« écologie punitive »

15 avril 2022. Marine Le Pen oppose son « écologie nationale » à « l’écologie punitive » d’Emmanuel Macron

23 avril 2021. « Si écologie punitive il doit y avoir, c’est à l’encontre des financements des énergies fossiles »

24 octobre 2018. Diesel et « écologie punitive » : les amnésies de Ségolène Royal

14 mai 2014. Ecotaxe : « Parler d’écologie punitive, c’est de la démagogie pour justifier l’inaction »

30 octobre 2013. Suspension de l’écotaxe : Duflot défend le maintien d’EELV au gouvernement

Saluant la décision de Matignon de suspendre l’application de l’écotaxe, la ministre du logement Cécile Duflot : « La fiscalité écologique est pertinente quand elle permet de faire évoluer les pratiques. Ce ne doit pas être quelque chose de punitif et supplémentaire ».

1er mai 2007. Frédéric Nihous appelle « à rejeter l’écologie punitive inspirée par les Verts »

13 décembre 2006. Ségolène Royal revendique « la crédibilité » sur l’écologie

Mme Royal s’est engagée à signer le Pacte écologique que M. Hulot présente à tous les candidat. Elle prône une fiscalité incitative, « encourageante » et non « punitive ». « Je ne suis pas d’accord pour augmenter systématiquement les impôts sur les énergies fossiles parce que les gens souvent n’ont pas le choix, a-t-elle expliqué.

image… l’écologie punitive Lire la suite »

Une écologie de rupture est-elle nécessaire ?

A la question « une écologie de rupture est-elle nécessaire ? » adressée au moteur de recherche du MONDE

Voici la réponse du matin (14 août 2025) proposée par l’IA Perplexity à partir des articles du Monde

Face à l’ampleur des crises environnementales, de nombreux experts et mouvements estiment qu’une écologie de rupture — c’est-à-dire une transformation profonde et rapide des modes de production, de consommation et de gouvernance — devient nécessaire pour éviter des points de bascule irréversibles du climat et de la biodiversité. Les scientifiques alertent sur le fait que plusieurs systèmes biophysiques majeurs de la planète risquent de franchir des seuils critiques, rendant les changements climatiques auto-entretenus et souvent irréversibles, même si la hausse des températures s’arrêtait.

Pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, il faudrait diviser par deux les émissions mondiales d’ici à 2030, ce qui implique des changements radicaux. Des approches comme la sobriété ou la décroissance sont régulièrement évoquées, mais elles suscitent des débats et des résistances, car elles impliquent de remettre en cause des modes de vie et des intérêts économiques puissants.

D’autres prônent des stratégies de réensauvagement ou de reconquête de la souveraineté écologique, qui visent à reconstituer les écosystèmes plutôt qu’à simplement les préserver.

Voici à la même question la réponse du soir, qui n’est plus aussi radicale que le matin !

Une « écologie de rupture » est défendue par certains acteurs face à l’urgence climatique, estimant que les politiques actuelles d’adaptation ou de transition sont insuffisantes pour répondre à la gravité de la crise environnementale. Ce courant prône des changements radicaux de modes de vie, de consommation et de production, jugeant que notre modèle économique n’est pas compatible avec la préservation de la planète.

D’autres voix, notamment parmi les entrepreneurs et certains responsables politiques, défendent une transformation profonde mais progressive, misant sur l’innovation technologique, la réindustrialisation verte et l’adaptation du capitalisme aux impératifs écologiques. Ils estiment qu’il est possible de concilier croissance économique et transition écologique, à condition d’investir massivement dans les solutions bas carbone et de soutenir les secteurs d’avenir.

Le débat reste vif : alors que certains experts et militants jugent la rupture indispensable pour éviter un effondrement écologique, d’autres craignent qu’une transition trop brutale entraîne des conséquences économiques et sociales majeures, notamment en matière d’emploi et de souveraineté industrielle. Le constat partagé est que les efforts actuels sont jugés insuffisants pour atteindre les objectifs climatiques, et que la question de l’ampleur du changement à opérer reste centrale dans le débat public.

Le point de vue de Michel Sourrouille

Je suis un fidèle abonné du MONDE depuis le milieu des années 1970. Sa présentation austère et la quantité d’information que ses journalistes offraient ont nourri mes cours de sciences économiques et sociales au lycée à une époque où l’intelligence se faisait par la lecture et n’était pas bousculée par des écrans.

Maintenant dans LE MONDE on a ajouté des images, mais on est asphyxié par un discours politiquement et économiquement correct, un soutien inconditionnel à la société croissanciste. « Ne vous inquiétez pas, on fera de l’innovation technologique, de la réindustrialisation verte, des solutions bas carbone… Les secteurs d’avenir vont sauver la planète et les générations futures » !!!

Bien sûr on parle de temps en temps dans ce quotidien des « soulèvements de la Terre », mais c’est tellement marginalisé que l’idée de rupture en devient invisible. Tant que l’écologie de rupture et la désobéissance civile ne feront pas la ligne éditoriale principale du MONDE, on continuera d’aller au désastre…

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Le point judiciaire sur la désobéissance écolo (avril 2023)

extraits : Des suffragettes s’enchaînant au Parlement britannique à Rosa Parks refusant de céder sa place dans un bus, en passant par les 343 femmes qui ont témoigné avoir avorté, ces actions, volontairement placées en marge de la licéité pour dénoncer des lois injustes, ont permis de belles avancées. Quand l’Etat étend le domaine de l’illicite, le domaine de la désobéissance civile s’étend. La violence des forces de l’ordre contre les personnes qui s’engagent dans la désobéissance civile – par essence non violente – ne saurait jamais être légitime….

L’urgence écologique entraîne la désobéissance civile (janvier 2023)

extraits : Aujourd’hui la première caractéristique de la désobéissance civile, c’est d’être mis au profit d’une cause nouvelle, la défense de l’environnement : actions de Greenpeace, faucheurs volontaires d’OGM, blocages de ponts de Londres par Extinction Rebellion, grèves scolaires pour le climat, etc. Ces mouvements ont désormais une dimension internationale, du fait des réseaux sociaux, qui permettent une circulation instantanée des informations, mais aussi parce que les conséquences du réchauffement climatique s’exercent à l’échelle planétaire. Manuel Cervera-Marzal nous explique l’origine de la désobéissance civile…

Le pourquoi de la désobéissance civile (décembre 2022)

extraits : L’éducation des enfants a pour finalité d’en faire, non pas des citoyens obéissants, mais des citoyens responsables, capables d’apprécier et de juger les normes et valeurs à laquelle la société leur demandera d’obéir. En clair, les enfants doivent savoir désobéir à un ordre injuste, quel que soit celui qui le leur demande, un parent, un enseignant, l’Etat. Tous les enfants de France devraient connaître la Déclaration des 121 sur le droit à l’insoumission en 1960 dans la guerre d’Algérie ou le Manifeste des 343 en 1971 pour légaliser l’avortement. La désobéissance civile est la respiration de la démocratie. Le problème de nos sociétés pseudo-démocratiques, en fait soumises aux diktats de l’économie, c’est qu’il faudrait pratiquement désobéir à tout. Non seulement désobéir aux OGM ou à la publicité…, mais désobéir aussi aux petits chefs dans les bureaux, à la consommation de masse, à la société du spectacle, au productivisme, au populationnisme, à la mondialisation, etc….

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40 voix pour les Soulèvements de la Terre

Le rapport entre le nombre d’humains et les ressources nécessaires à la faire vivre durablement s’effrite dangereusement. La famine règne, les guerres sont omniprésentes et des épidémies touchent autant homo dit sapiens que les autres espèces. Notre société thermo-industrielle est en train de basculer vers l’effondrement. Pourtant la vie politique fait comme si de rien n’était et un anti-écologisme primaire se montre même à tous les étages.

Bien sûr les associations environnementales ont beaucoup d’adhérents, bien sûr les scientifiques multiplient les messages d’alerte, bien sûr on utilise la voie juridique pour remettre en question des décisions destructrices. Cela ne suffit pas, il faut montrer sa détermination. Les manifestations dans la rue, les blocages non violents, les pétitions, les tribunes, les livres écolos existent, mais cela ne suffit pas. Il faut donc frapper du poing sur la table et la destruction de biens nuisibles aux humains et à la nature commence à être un mode d’action revendiqué. Après le fauchage d’OGM il y a quelques années, des groupes plus ou moins informels s’attaquent à différentes cibles. L’association « les Soulèvements de la Terre » se place dans cette lignée radicale. Voici quelques extraits de « On ne dissout pas un soulèvement – 40 voix pour les Soulèvement de la Terre » (un abécédaire aux éditons du Seuil, 2023)

Préface : Depuis l’hiver 2021, un mouvement s’est levé, les Soulèvements de la Terre. Contre l’accaparement et l’empoisonnement de la terre et de l’eau par le complexe agro-industriel. Contre la métropolisation et la bétonisation des terres agricoles nourricières et des derniers espaces naturels. Que chaque manifestant traduise sa colère dans un geste concret et non dans une vaine supplication adressée à ceux qui nous gouvernent et sont en passe de détruire la possibilité même de notre avenir sur terre. 30 000 personnes ont marché contre les méga-bassines. 5500 grenades ont été tirées en deux heures, plus de 200 personnes blessées parmi les manifestants.

Mais comme l’écrit René Char : « la parole soulève plus de terre que le fossoyeur ne le peut ».

Désarmement : en 1975, le dynamitage de la pompe du circuit hydraulique de la centrale de Fessenheim alors en construction marque l’irruption du sabotage dès les prémices du mouvement écologiste en France. La même année paraît de l’autre côté de l’Atlantique « le gang de la clé à molette » d’Edward Abbey. Des amoureux des grands espaces s’organisent pour détruire des bulldozers ou faire sauter un barrage. Depuis lors, en petits groupes nocturnes ou en foules diurnes, dans les champs d’OGM et les ZAD, des élans d’arrachage, déboulonnage, crevaisons et autres feux de joie ont toujours accompagné les grandes mobilisations écologistes. La propriété d’une raffinerie n’est pas au-dessus de la terre : il n’y a pas de loi naturelle ou divine qui la rende inviolable dans la situation actuelle. Le mardi 29 juin 2021, le terme « désarmement » est adopté à l’issue d’une occupation simultanée de quatre cimenteries Lafarge. Des centaines d’occupants revendiquent avoir neutralisé les matériaux, bétonné des machines, ensablé des réservoirs d’engins afin de maintenir les sites à l’arrêt après leur départ.

Par rapport au terme de « sabotage », celui de « désarmement » offre l’avantage d’expliciter directement la portée éthique du geste et la nature des cibles, de relier la fin et les moyens. Le désarmement vise des infrastructures toxiques. Il relève de la légitime défense, d’une nécessité vitale face à la catastrophe.

Gaïa se soulève : Même des servants de l’ordre, juristes ou ingénieurs, sont gagnés par la déloyauté et s’engagent du côté du démantèlement et du désarmement. Leur cri, « Nous sommes les soulèvement de la Terre ! » est repris par tous ceux qui ont compris que Gaïa n’est pas une intruse. La temporalité de Gaïa ne se soumet pas à l’agenda des gouvernements. Son seuil de tolérance aux dévastations capitalistes a été franchi, nous ne pourrons plus jamais ignorer son irascibilité implacable.

Le « nous » qui s’affirme être la nature qui se défend est celui qui lutte contre la destruction systématique des interdépendances entre toutes les espèces.

Luddisme : A l’aube de l’ère industrielle, des « écoterroristes «  anglais s’opposent à des machines perçues comme aliénantes et dangereuse pour leur travail et leurs milieux de vie. Ils pressentaient que l’avènement d’un capitalisme industriel fondé sur la mécanisation, les énergies fossiles et le travail salarié était porteur de plus de dégâts que de promesses. En 1812, des machines textiles sont incendiées dans des usines près de Leeds par un groupe d’homme agissant au nom d’un mystérieux général Ludd. Le recours à cette figure imaginaire est le reflet du secret nécessaire face à une répression. Durant des mois, des milliers d’artisans britanniques se soulèvent en brisant des machine à filer ou à tondre accusées d’accroître leur misère et leur exploitation. Leur violence n’est qu’une facette d’un ensemble varié de modes d’actions légaux ; elle surgit face à la surdité des autorités et à l’épuisement des autres stratégies. Ces émeutes effraient les autorités. Le mouvement est sévèrement réprimé. Des centaines d’individus furent emprisonnés, déporté en Australie ou même pendus. La machine avait acquis plus de valeur que la vie humaine. Pourtant dans le Capital (1867) Marx rejette le luddisme comme un épisode juvénile du mouvement ouvrier qui s’attaque au « moyen matériel de production », plutôt qu’à son « mode social d’exploitation ».

Puisse la mémoire du luddisme nourrir nos luttes au moment où s’affirme l’urgence de démanteler l’appareillage et les infrastructures matérielles destructrices.

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Détruire les biens nuisibles à la planète (12 juin 2023)

extraits : Sabotages, viser l’industrie du béton est plus que légitime. Ce n’est pas l’avis de l’État qui est aux ordres du système croissanciste. Le 5 juin 2023, des militants accusés de dégradations dans une cimenterie Lafarge ont été arrêtés par des brigades antiterroristes.L’attitude des manifestants est en train d’évoluer. La stratégie ancienne du pouvoir qui visait à séparer les militants entre gentils pacifistes et méchants casseurs ne fonctionne plus. Le train du progrès se précipite vers un abîme, et on ne va pas demander à l’État si le règlement autorise les passagers à tirer le frein. Les activistes appellent à désarmer le béton. Ils ont raison. Le béton est une arme de destruction massive. C’est une industrie qui depuis longtemps dévaste le monde avec la construction d’autoroutes, de centrales nucléaires, de barrages, etc. Le béton est le principal responsable de l’artificialisation des sols, à lui seul il représente 8 % des émissions de CO₂ mondiales. Quant au secteur du BTP, c’est 39 % des émissions de CO₂…

Malm et la destruction de biens nuisibles (27 juin 2023)

extraits : Mon livre « Comment saboter un pipeline » a contribué à un débat plus large au sein du mouvement écologiste, amené à se poser des questions difficiles sur ce qu’il est urgent de faire dans une situation où les effets du changement climatique s’intensifient et s’accélèrent, mais où les Etats hégémoniques sont déterminés à agir de façon minimale ou à ne pas agir du tout. Je fais valoir que tous les mouvements ayant provoqué des changements sociaux de grande ampleur – des suffragettes et des mouvements anticoloniaux jusqu’au mouvement des droits civiques dans les années 1960 et au-delà – ont, dans certaines circonstances, eu à mettre en place des tactiques spécifiques. Je suis loin d’être le seul auteur à soutenir que nous devons désactiver rapidement et de manière décisive l’infrastructure des combustibles fossiles. Et soyons clairs ici, je parle de propriété, d’objets matériels, pas de personnes – je n’ai jamais prôné la violence contre des individus ou des groupes….

Violence, contre-violence et dissolution

extraits : ll y a plusieurs sortes de violences à ne pas confondre. Il y a la violence du système thermo-industriel qui nous a enfermé dans une impasse, réchauffement climatique, extinction de la biodiversité, stress hydrique, etc. Face aux entreprises destructrices du vivant, il y a la contre-violence de quelques militants qui défendent les générations futures contre cette agression. Et puis il y a la violence d’État qui soutient la violence de ce système croissanciste aveugle….

Contre-violence par destruction de biens

extraits : Ce n’est plus seulement nos guerres imbéciles qui m’interpellent, mais l’extinction des espèces, les chocs pétroliers, les émissions de gaz à effet de serre, la raréfaction halieutique, etc. Comment lutter sur une planète qui brûle ? Comment lutter contre un système techno-industriel qui soutient le capital fossile ? Comment faire réfléchir une population cernée par des moteurs thermiques ? Les manifestations pour le climat se sont essoufflées aussi vite que commencées… Je me demande maintenant si une action contre les biens qui causent notre perte ne serait pas une obligation pour qui le sort des générations futures importe….

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Retrouver le sens des limites, ça urge

« Au lieu de mesurer ses limites, nous sommes beaucoup trop pressés de confier à l’IA la gestion du monde ». C’est le titre d’une tribune du MONDE, mais ce n’est que la dernière des limites que nous avons outrepassées. Au niveau collectif, ne pas retrouver le sens des limites est suicidaire.

Jérôme Bourdon : L’IA prolonge l’histoire des machines à communiquer. Même les sceptiques n’échappent pas au langage de la foi, nous sommes beaucoup trop pressés de confier à l’IA la gestion du monde au lieu d’en mesurer ses limites. L’IA dévoreuse d’énergie prolonge l’histoire d’un monde abîmé par nos machines, même si l’on fantasme que l’IA pourra réparer les dégâts passés et futurs, y compris ses propres dégâts. Et on se rappellera que cette machine, tout comme votre brosse à dent électrique, est à la merci des pannes d’électricité que l’avenir tient en réserve.

Michel SOURROUILLE : Lundi 28 avril 2025, une panne d’électricité géante a rapidement plongé la péninsule Ibérique dans le chaos – trains à l’arrêt, métros fermés, trafic routier paralysé, vols annulés, communications téléphoniques et accès à Internet partiellement coupés, lecteurs de cartes de crédit et distributeurs de billets hors service… Je ne peux pas ouvrir la porte de mon garage où se trouve ma voiture ; de toute façon, ma voiture, elle est électrique… Sans électricité dans le monde dit moderne, tu n’es plus rien. Merci aux pannes d’électricité quand elles nous rappellent aux vertus de la sobriété énergétique !

Hauteclaire : La grande objection à l’IA c’est qu’elle ne sait pas remplacer un plombier.

Pangeran : Cette IA, qui n’est pas intelligente mais bien artificielle, est la dernière marche que l’humanité gravit avant le grand saut, le grand sceau apposé par la destruction de tout ce qui nous permet vivre. Seul survivront ceux qui sauront cultiver la terre, pêcher a la ligne, et ouvrir un dictionnaire. Le reste ma foi. Peu importe.

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MALTHUS, le prophète du sens des limites

extraits : Si l’on pense que la substance de l’Essais sur la population réside dans l’avertissement que la Terre constitue un espace clos et un fonds borné, alors Malthus précède de 170 ans le Club de Rome et ses courbes exponentielles. Malthus s’appuyait sur une constante, la loi des rendements décroissants en agriculture : « Lorsqu’un arpent a été ajouté à un autre arpent, jusqu’à ce qu’enfin toute la terre fertile soit occupée, l’accroissement de nourriture dépend de l’amélioration des terres déjà mises en valeur. Cette amélioration, par la nature de toute espèce de sol, ne peut faire des progrès toujours croissants. » Cette approche reste toujours valide aujourd’hui quand on fait le calcul intégral des rendements. Si on compare le nombre de quintaux à l’hectare transformés en calories au nombre de calories d’énergie (tracteurs, engrais, irrigation…) nécessaire à cette production, on constate une diminution des rendements au fil des années….

Les limites à la croissance démographique

extraits : La baisse de la fécondité ne signifie pas que la croissance de la population mondiale a cessé ni qu’elle n’est plus exponentielle. Elle signifie simplement que le temps de doublement s’est allongé : il est passé de 36 ans à 2 % par an (en 1965) à 60 ans et 1,2 % par an aujourd’hui. Le nombre net d’individus sur la planète continue d’augmenter chaque année puisque le taux s’applique à un nombre d’habitants plus important. Dans les pays pauvres, la transition démographique reste bloquée à la phase intermédiaire, celle où l’écart entre les naissances et les décès est important. D’où l’expression « les riches font de l’argent et les pauvres font des enfants ». Est-ce la pauvreté qui entraîne l’accroissement démographique ou l’inverse ? Dans les faits, la boucle de rétroaction positive (population => pauvreté => accroissement démographique => population…) forme un système piège, une boucle d’aggravation de situations déjà problématiques….

13 août 2015, le jour du dépassement des limites

extraits : Ce jeudi 13 août 2015 est le « jour de dépassement » : en moins de huit mois, l’humanité a déjà utilisé toutes les ressources naturelles renouvelables que la planète peut produire en un an. Cette date tombait en 1975 fin novembre et en 2005, début septembre. Notre planète contient de moins en moins d’or, de pétrole, de minerais, de poissons, d’espèces sauvages… Nous puisons dans le capital naturel au lieu de vivre des intérêts du capital que nous avait offert si généreusement la biosphère. Combien de millions d’années pour fabriquer le pétrole que nous allons consommer en deux siècles seulement ! Il faudrait 1,6 planète pour répondre aux besoins de l’humanité actuelle, or nous n’avons qu’une seule Terre à notre disposition. Si la tendance se poursuit, il faudra 2 planètes pour répondre à nos besoins en 2030. Quand une génération a dilapidé son héritage familial, il ne reste plus rien pour les générations futures.

Nous avons dépassé 5 limites planétaires

extraits : Une équipe de chercheurs internationaux avait forgé en 2009 cette notion de « limite planétaire ». En 2015 la même équipe identifiait quatre limites déjà franchies ou en cours de dépassement, la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone, la diversité érodée du vivant, le changement trop rapide d’usage des sols, la perturbation des cycles de l’azote et du phosphore qui assurent la fertilité des sols agricoles. La pollution chimique constitue une cinquième limite ; la quantité d’« entités nouvelles » (plastiques, pesticides, solvants, polluants organiques persistants, etc.) introduites dans l’environnement par les activités humaines, est ingérable….

Dépasser les limites amène à l’effondrement

extraits : Beaucoup de phénomènes agissent de façon différée. Prenez la baisse de la mortalité infantile. On sait qu’elle conduit les couples à faire moins d’enfants. Mais on sait aussi que cet effet n’est pas immédiat. Il faut a minima qu’une génération se passe. Donc il faut introduire des délais dans notre modèle statistique (Gros Bébé). Ils essayèrent de nouvelles hypothèses : et si la population se stabilisait rapidement, avec un enfant par femme? Et si l’on freinait drastiquement la production industrielle ? Et si l’on parvenait à endiguer les niveaux de pollution grâce à l’innovation technologique ? Et si l’on découvrait d’immenses gisements de ressources énergétiques facilement exploitables ? Gros Bébé était formel : aucun de ces mesures ne pouvait, seule, éviter l’effondrement. Pour espérer une issu favorable elles devaient être mises en œuvre SIMULTANÉMENT et IMMÉDIATEMENT….

Limites planétaires franchies => décroissance

extraits : Le concept de « limites planétaires » est scientifiquement établi. Il provient d’une étude internationale réalisée en 2009. Elle fixe neuf limites à ne pas franchir pour que l’écosystème terre continue de fonctionner d’une manière qui soit vivable pour les humains. Six sont déjà considérées comme dépassées. Il en manque une dixième, et de taille, le nombre d’habitants humains. C’est sur cette dimension, et elle seule car elle détermine toutes les autres, que se fera ou non l’équilibre indispensable….

Tout savoir sur les limites de la croissance

extraits : Voici une présentation générale suivie d’un résumé du rapport au club de Rome sur « les limites de la croissance » de 1972.Le rapport des Limites est issu du projet d’Aurelio Peccei, l’industriel italien qui a fondé le Club de Rome. En 1968, âgé de soixante ans, Peccei fonde une organisation consacrée aux « grands problèmes du monde », le Club de Rome. À cette époque, l’enthousiaste manifesté jusque-là pour ce développement laisse la place à une interrogation sur ses effets sociaux et écologiques, et à une inquiétude concernant le risque d’éclatement d’un monde où ce développement procède à des rythmes extrêmement différents, selon les régions. Peccei semble également très marqué par les préoccupations de l’époque : « explosion démographique » (l’ouvrage de Paul et Anne Ehrlich, La Bombe P est publié en 1968), mais aussi épuisement des ressources, pollutions, et prolifération nucléaire….

gratter l’écorce de la Terre jusqu’aux dernières limites

extraits : Nous sommes comme dans la légende de l’homme né avec un cerveau empli d’or qui, tout au cours de sa courte vie, puise dans son crâne de quoi se croire riche jusqu’à gratter les dernières poussières d’or dans le sang et les larmes et en mourir vidé de sa substance. De même la France veut puiser ses ressources pétrolières, minières et minérales dans le sol sous-marin grâce à l’extension du plateau continental français. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans son avis oublie son étiquette environnementale : « Cette possibilité d’extension du plateau est une chance et un atout à ne pas négliger. Dans un contexte de crise économique, quel pays côtier ne saisirait pas l’opportunité d’accéder à des droits sur des ressources naturelles vitales pour ses industries ? » Depuis le tournant libéral des années 1980, funestes années Reagan-Thatcher, la planète est au pillage….

hausse du baril et limites de la démocratie

extraits : La commission européenne vient de refuser un objectif contraignant d’efficacité énergétique. Pourquoi ? A cause des lobbies et de la lâcheté des politiques. Les distributeurs de pétrole, de gaz et d’électricité n’ont pas d’intérêts financiers à promouvoir la baisse de la consommation, donc ils ne le font pas. Les politiques, qui n’ont jamais entendu parler de pic énergétique mondial et de déplétion pétrolière, font ce que les lobbies industriels exigent. Les journaux, y compris LeMonde, minimisent les perspectives de pénurie. Tout juste si on reconnaît que « dans les deux prochaines années les marchés voient se profiler un déséquilibre offre-demande ». Pourquoi deux années seulement ? Parce que l’avenir pour le marché, les journalistes et donc les politiques se limitent aux événements de la veille….

Loi bioéthique, des techniques sans limites

extraits : La loi bioéthique a été adoptée le 29 juin 2021. Qui, même au sein des médias, sait réellement ce qui se prépare à travers les évolutions nombreuses que ce texte autorise : Chimères homme-animal, embryons transgéniques, ciseaux génétiques Crispr-Cas9, « bébés-médicaments », autoconservation des ovocytes sans motif médical, gamètes artificiels… La France consent d’avance à toutes les mutations que la science permettra et renonce ainsi au principe même de la responsabilité politique, qui est de décider de la règle commune… Derrière la mise en scène du « progressisme » en marche, la logique du marché gagne des pans entiers de la vie humaine… Toute nouveauté n’est pas nécessairement bonne en soi… Étrange paradoxe que cette tendance à déréguler les expérimentations menées sur l’homme, au moment où nous réapprenons envers l’environnement le sens de la mesure, la nécessité d’une autolimitation, l’obligation d’anticiper les conséquences des mutations que nous imposons à des équilibres vulnérables et nécessaires à la vie….

Quelles limites à la procréation médicalement assistée ?

extraits : Notre système démocratique montre que tout et son contraire est possible quand se dégage un consensus. Mais où sont les limites, la référence ultime ? Selon un groupe de travail, sous l’égide de  la sociologue Irène Théry, le droit doit prendre en compte « la grande métamorphose de la filiation, et plus généralement de la famille et de la parenté, dans les sociétés occidentales contemporaines ». A savoir l’explosion de l’union libre et des naissances hors-mariage, la banalisation des séparations, l’émergence des familles recomposées, le développement de l’homoparentalité, le recours croissant à la PMA (Procréation médicalement assistée). Le père du premier bébé éprouvette, Jacques Testard, se confie dans un mensuel : « Les dérives actuelles de l’AMP (aide médicale à la procréation) pour raisons sociétales ont davantage à voir avec des  comportements individuels qu’avec des inventions scientifiques ; je suis consterné par les positions d’EELV sur l’AMP, comme si les écologistes d’appareil reniaient les fondements mêmes de l’écologie, avec les principes de frugalité, d’autonomie et de convivialité….

Eradication des baleines, une volonté d’ignorer les limites

extraits : Rares sont ceux qui imaginent devoir apprendre à vivre à l’intérieur de limites rigides lorsque la plupart espèrent les repousser indéfiniment. Le secteur de l’industrie baleinière est un secteur marginal de l’économie globale, mais il fournit l’un des exemples les plus caractéristiques de l’accroissement sans frein d’une activité dans un cadre matériellement limité : les baleines les plus rentables, les baleines bleues, ont été systématiquement exterminées avec des moyens sans cesse plus puissants et plus perfectionnés. Pour maintenir et accroître le tonnage d’huile produit chaque année, on a mis en œuvre des bateaux de plus fort tonnage, plus rapides et dotés de moyens de traitement plus productifs. En conséquence il a fallu pourchasser en nombre croisant les baleinoptères dont le rendement en huile était inférieur. Cette seconde espèce puis une troisième étant en voie de disparition, les baleiniers en sont maintenant à chasser le cachalot. C’est l’ultime folie…..

OGM, limites de la recherche-développement

extraits : Sur le fond de la question technologique, le blocage résulte de la difficulté de fixer des limites à l’application dans la vie courante de découvertes scientifiques. A l’extrême règne pour certains le principe d’innovation, une croyance aux bienfaits du progrès technique totalement opposée au principe de précaution : tout ce qui a été inventé doit avoir son application (même la bombe atomique). A l’autre bord extrême, d‘autres vont dire qu’il fallait s’arrêter à l’épée pour en rester au contact direct pour faire la guerre et au cheval de labour pour garder le lien avec la nature. Choisir un moyen terme entre le retour à la bougie et la conquête de Mars reste une interrogation qui reste sans réponse si ce n’est par le débat démocratique. L’introduction d’une nouveauté parmi les Amish, soumise entre eux à controverse « en présentiel », montre que si on dialogue vraiment, on en reste à des techniques très simples….

les limites nanomètriques

extraits : Le nanomètre (nannos en grec signifie « nain ») est à l’échelle du milliardième de mètre.Les nanotechnologies  comme le nucléaire sont déjà des éléments du marché et de l’emploi avant même qu’on commence à faire de la « démocratie participative ». Pourquoi revenir « en arrière » ? Les nanotechnologies comme le nucléaire ont certainement des effets négatifs sur les rapports sociaux et l’environnement, mais on applique le principe que tout ce qui est réalisable doit être réalisé ; même si on ne sait toujours pas traiter les déchets radioactifs ou le franchissement des barrières corporelles par les nanoparticules ! Les nanotechnologies comme le nucléaire relèvent du principe de précaution, mais on va nous expliquer qu’il faut savoir prendre des risques….

Le soldat « augmenté » sans limites !

extraits : De longue date, l’être humain comme un imbécile cherche à accroître ses capacités à guerroyer. On croyait que la bombe nucléaire et les drones avaient atteint le summum de son inventivité, on découvre qu’il faut rendre le soldat encore plus terrifiant. Le comité d’éthique du ministère de la défense plaide pour l’ouverture de travaux sur les méthodes « invasives » d’amélioration des performances physiques des militaires. Vive le « soldat augmenté ». En clair, l’injection ou l’absorption de substances et des opérations chirurgicales: substances conçues pour améliorer « la résistance face au phénomène d’isolement », » intégration de puces sous la peau pour être géolocalisé en cas de capture », opération des oreilles pour entendre des fréquences très élevées ou très basses, opération pour améliorer l’acuité visuelle ou encore implants « permettant de prendre le contrôle d’un système d’armes ». Les seules méthodes « invasives » employées aujourd’hui au sein des armées françaises sont le recours à un certain nombre de produits facilitant la récupération après l’effort ou diminuant le stress….

Les sportifs oublient leurs limites aux Jeux Olympiques

extraits : Le sport-spectacle s’accompagne du dopage, les JO ne font pas exception à la règle. Normal ! Quand on demande à un individu de dépasser ses limites, la tentation est grande de se faire aider. Le sportif est dénaturé par obligation. Au cours des six derniers mois, au moins 107 athlètes de sport olympiques d’été ont été sanctionnés pour une période de suspension qui inclut les jeux de Londres, a révélé le président de l’AMA (Agence mondiale antidopage). Une étude en cours de finalisation devrait révéler d’ici à la fin de l’année que plus de 10 % des athlètes prennent part à des activités de dopage. Les JO poussent les sportifs au-delà de leurs limites.A ux JO ou ailleurs, le sport de haut niveau est un enfer…

Shutdown aux USA, s’endetter sans limites

extraits : Les États-Unis, comme tous les pays développés ou presque, vivent à crédit depuis des décennies en ce qui concerne la dépense publique. C’est anormal, un riche normalement épargne puisque ses revenus dépassent largement sa consommation. En 2013, la dette publique des USA était déjà de seize mille milliards (16 000 000 000 000) de dollars. Il faudrait d’urgence retrouver le sens des limites, ce qui paraît impossible puisque tous les dirigeants US sans exception mettent à leur programme la protection du niveau de vie des Américains….

L’intelligence artificielle atteint ses limites

extraits : L’IA générative apprend en ingurgitant : un modèle de texte est nourri de livres, d’articles, de sites web ; un modèle d’image doit avaler des millions d’images légendées. Une fois cette base de données constituée, on crée un cerveau artificiel sans souvenirs, qui ne sait rien au départ. Il va alors apprendre par essais, en faisant des erreurs. On lui soumet des phrases ou images partiellement masquées, et on lui demande de prédire ce qui manque. A chaque erreur, l’IA ajuste automatiquement ses calculs grâce à un mécanisme appelé rétropropagation, qui lui permet de corriger ses connexions internes et de progresser. Ce processus est particulièrement long et coûteux. Mais l’entraînement des machines semble désormais moins problématique que son utilisation massive. De 100 millions d’utilisateurs hebdomadaires fin 2023, ChatGPT aurait atteint les 400 millions en février 2025 pour doubler de taille avec 800 millions d’utilisateurs actifs en avril 2025….

La Décroissance, c’est simplement le sens des limites

extraits : Le mensuel La décroissance de novembre 2014 insiste à juste titre sur ce qui constitue un des fondements de la pense écologique, retrouver le sens des limites. En voici une présentation succincte. p.3, La perte de la mesure (Olivier Rey) : « …Depuis plusieurs siècles en Occident on s’est livré frénétiquement à la mesure au premier sens du terme, l’évaluation d’une quantité, et en même temps la mesure au sens de juste mesure a complètement été mise à l’écart… C’est ainsi que pour la plupart des dispositifs, il existe un point en deçà duquel le développement est bénéfique, au-delà duquel il devient nocif et se met à desservir ceux qu’il était censé aider… »….

le sens des limites

extraits : Scott Momaday, professeur à l’université d’Arizona, a grandi dans les réserves indiennes et possède la potion magique : « Aucun de nous ne vit totalement séparé de la terre ; un tel isolement est inimaginable. Tôt ou tard, il nous faudra tenir compte du monde physique qui nous entoure, il nous faut en tenir compte dans une optique d’éthique. » Pour plus de précisions, pensons à Aldo Leopold, avant-garde de l’écologie profonde : « Une éthique (écologiquement parlant) est une limite imposée à la liberté d’agir dans la lutte pour l’existence. Il faut valoriser une éthique de la terre et montrer sa conviction quant à la responsabilité individuelle face à la santé de la terre, c’est-à-dire sa capacité à se renouveler elle-même. L’écologie, c’est cet effort pour comprendre et respecter cette capacité. Le progrès n’est pas de faire éclore des routes et des paysages merveilleux, mais de faire éclore le sens de l’observation dans des cerveaux humains….

Retrouver le sens des limites, ça urge Lire la suite »

Loi Duplomb : le principe de précaution en débat

article 5 de la Charte de l’environnement : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ».

Le Conseil constitutionnel a partiellement censuré, jeudi 7 août, la loi visant à lever les contraintes au métier d’agriculteur, ou loi dite « Duplomb ». C’est la première fois que le Conseil constitutionnel consacre l’article premier de la Charte de l’environnement, sur « le droit à vivre dans un environnement sain et équilibré, de manière autonome ». Mais on prône toujours la liberté des entreprises et le principe d’innovation contre l’intérêt des générations futures et le principe de précaution.

Stéphane Foucart : Cette décision du Coneil constitutionnel constitue une avancée inédite en ce qu’elle est fondée sur la Charte de l’environnement, annexée en 2005 à la Loi fondamentale. Mais les juges de la rue de Montpensier rechignent toujours à utiliser le potentiel du principe de précaution. Depuis deux décennies que ce principe est inscrit dans le bloc constitutionnel, il n’a encore jamais été utilisé pour censurer une loi. Le droit est peu interrogé au regard des principes constitutionnels de protection de l’environnement, mais la réponse des sages est, quatre fois sur cinq, circulez, y’a rien à voir.

La réticence du Conseil à se saisir du principe de précaution exprime la répugnance à porter tort à de puissants intérêts économiques et la crainte d’ouvrir une boîte de Pandore jurisprudentielle. De plus certains veulent l’utiliser paradoxalement contre l’environnement. Alors qu’elles sont déjà protégées par la liberté d’entreprendre, des entreprises se sont en effet servies de ce principe pour contester des mesures législatives d’interdiction définitives destinées à lutter contre des risques avérés, comme en 2013 pour l’extraction du gaz de schiste. Une suspension seulement provisoire, plaidaient les firmes, suffisait en attendant de faire plus de recherches…

Le point de vue des écologistes qui ont réponse à tout

FR28 : Principe de précaution = « ustensile » législatif flou planqué dans la constitution, qui sert à jeter le doute, évidemment négatif, sur un projet, action ou produit que l’on veut éliminer sans avoir à argumenter/démontrer son éventuelle dangerosité. Donc arme essentiellement politique…..

Michel SOURROUILLE : Principe d’innovation, credo des technophiles qui sert à valoriser un produit que l’on veut vendre sans avoir à argumenter/démontrer son éventuelle dangerosité. Donc arme essentiellement politique…..

Lecteur-attentif : Et si l’on faisait du principe de précaution un dogme intangible, Pasteur aurait-il vacciné le petit Joseph Meister contre la rage ? Il serait temps de redescendre sur terre (qui a bien besoin que l’on s’occupe d’elle).

Smoky@ Lecteur attentif: Rappelons quelques faits au lieu des clichés classiques (« ouais mais aux débuts de la lampe électrique tout le monde était contre hin hin! ») utilisés comme argument fallacieux. Dire que si l’on applique le principe de précaution pour les pesticides revient à l’appliquer pour tout et n’importe quoi relève du sophisme. Pasteur a vacciné un enfant considéré comme en danger de mort : en médecine il y a ce qu’on appelle le rapport bénéfice/risque et peser ce ratio fait partie du travail quotidien du médecin. Ramon et sa recette d’anatoxines a réussi…mais il aurait pu se planter. Raoult s’est bien planté avec sa chloroquine…

MarxDarwin : Le principe de précaution voudrait qu’on arrête de vivre pour ne pas risquer de mourir… Et ne plus vendre d’essence, de nourriture, de ne plus travailler…

Smoky : MarxDarwin utilise le sophisme de l’épouvantail (de l’homme de paille), présenter la position d’un adversaire en l’exagérant, en la déformant, ou en la simplifiant à l’excès afin de donner l’impression que cette position est indéfendable. Cette argumentation fallacieuse est symbolisée par l’image du mannequin de paille (inoffensif) utilisé pour l’entraînement au combat à la place d’un véritable combattant (qui serait plus redoutable) !

Pm22 : Au départ, une loi Duplomb de bons sens, technique… Après le militantisme s’en empare et fait tourner la machine à fantasme. C’est le vieux truc du « on empoisonne nos puits ». Qui ? Eux !!!! Les bobos paniquent, les juges aussi. Bref, une loi de bon sens émasculée…

AG11 : Parler de « machine à fantasmes » alors qu’autant de scientifiques, médecins, se sont prononcés relève de la désinformation pire et simple. Mais bon, pour vous, un scientifique qui vous contredit est « militant » donc, rien d’étonnant.

Perspicace : Le principe d’innovation est totalement opposée au principe de précaution : tout ce qui a été inventé doit avoir son application (même la bombe atomique). Certains vont dire qu’il fallait s’arrêter à l’épée pour garder le contact direct dans une guerre et au cheval de labour pour garder le lien avec la nature. Choisir un moyen terme entre le retour à la bougie et la conquête de Mars reste une interrogation qui reste sans réponse si ce n’est par le débat démocratique. Les Amish, après débat interne, en restent à des techniques très simples. Les lobbyistes de l’appareil techno-industriel veulent nous faire gober la dernière nouveauté à la mode (qu’ils fabriquent eux-mêmes par la publicité) ; dans ce cas il n’y a plus de frein au « progrès » technique, c’est le « sans limites » qui mène la société thermo-industrielle à sa perte….

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BIOSPHERE-INFO, le principe de précaution

extraits : Le principe de précaution a été constitutionnalisé depuis 2005 sous le gouvernement Chirac. Pourtant il s’attire encore aujourd’hui les foudres d’une droite politique excessive, déniant les problèmes et peu soucieuse de l’intérêt public. Ainsi le présidentiable 2017 François Fillon a annoncé sa volonté de supprimer ce principe «dévoyé et arbitraire» de la Constitution. Il suit en cela son maître Nicolas Sarkozy qui en 2014 disait : « Je souhaite clairement que nous réfléchissions aux conséquences du principe de précaution auquel je préférerai toujours le principe de responsabilité. Avec la précaution, on s’abstient de faire, avec la responsabilité, on assume la conséquence de ses choix et on ne se condamne pas à l’immobilisme. » Pour mieux comprendre le fond de ce débat, voici une synthèse…

Annexe documentaire

sur notre blog le 13 août 2008 : principe de précaution

extraits : Jean Yves Nau s’interroge dans Le Monde du 13.08.2008 sur la science quand elle est muette. Avec la problématique de l’effet à long terme des faibles doses (radiations nucléaires, ondes électromagnétiques, la taurine dans le Red Bull…), les enquêtes n’aboutissent pas à des conclusions unanimes, le doute s’installe…

sur notre blog le 21 avril 2010 : Frilosité du principe de précaution ?

extraits : Le principe de précaution n’est pas un principe d’anxiété (éditorial du MONDE du 21 avril), il permet au contraire de lutter contre les dérives de notre société thermo-industrielle. Cet éditorial préfère assimiler mesures de précaution et société régressive, diabolisant le principe de précaution……

sur notre blog le 26 juin 2010 : le principe de précaution contre l’irresponsabilité

extraits : Le chlrodécone est un « scandale sanitaire », mais c’est aussi la preuve que sans application du principe de précaution, il y a irresponsabilité des producteurs……

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Loi Duplomb et charte de l’environnement, 0 à 1

éditorial du MONDE : Le Conseil constitutionnel a mis un terme à la dérogation à l’interdiction des néonicotinoïdes voulue par la loi Duplomb. Le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé est garanti par la Charte de l’environnement, un texte adopté en 2004 et intégré l’année suivante dans le « bloc de constitutionnalité » français. Les neuf juges de la rue de Montpensier ont relevé que la dérogation accordée par ce texte couvre « toutes les filières agricoles », qu’elles soient menacées ou non par des parasites, pour un temps indéterminé, alors que les produits en question « ont des incidences sur la biodiversité et induisent des risques pour la santé humaine ».

Clairement motivée par des données sanitaires alliées à l’état du droit, la décision tranche juridiquement un débat où les constats scientifiques avaient été relégués à l’arrière-plan par une coalition d’intérêts économiques, corporatifs et politiques, mêlant professionnels de l’agriculture intensive, droite et extrême droite, au nom de la compétitivité. Les sages du Conseil constitutionnel consacrent la valeur fondamentale de l’écologie et se posent en protecteurs du droit à un environnement sain. L’ardeur que mettra ou non l’exécutif à défendre la décision logique et équilibrée des gardiens de la loi suprême contre ceux qui, à droite et à l’extrême droite, ne manquent jamais d’opposer le « peuple » aux juges en dira long sur l’Etat de droit en France.

Le point de vue des écologistes légalistes

Il est heureux de voir enfin souligner dans la charte de l’environnement le fait que les êtres humains ont aussi des devoirs, et pas seulement des droits.

« Art. 2. – Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement.

« Art. 3. – Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environnement ou, à défaut, en limiter les conséquences.

« Art. 4. – Toute personne doit contribuer à la réparation des dommages qu’elle cause à l’environnement, dans les conditions définies par la loi.

« Art. 8. – L’éducation et la formation à l’environnement doivent contribuer à l’exercice des droits et devoirs définis par la présente Charte.

L’intégrale de la charte de l’environnement

https://biosphere.ouvaton.org/reperes/593-charte-de-lenvironnement

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15 juillet 2025. Loi Duplomb, une rupture avec la démocratie

extraits : L’adoption de la loi Duplomb le 8 juillet 2025 constitue un moment de rupture démocratique inédit. Elle propose d’agrandir les élevages hors-sol alors que ses effluents sont la principale source du problème des nitrates. La loi réinstaure le mélange des genres entre conseil technique aux exploitants et vente des pesticides. La loi rouvre la porte à des substances interdites dans l’eau potable. Les gigantesques bassines qui accaparent la ressource sont désormais d’« intérêt général public majeur ». Pour parachever le tout, un décret, pris le jour du vote, place de facto sous influence politique le travail de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), en lui imposant l’ordre de ses priorités d’expertises…..

28 mai 2025. Loi Duplomb, l’agriculture écolo plombée

extraits : La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) avait pu garer ses tracteurs devant les grilles du Palais-Bourbon, lundi 26 mai 2025, lors de l’examen de la proposition de loi « visant à lever les contraintes au métier d’agriculteur ». Mardi 27 mai, en milieu de journée, les organisations paysannes et de défense de l’environnement qui s’opposent à ce texte ont, elles, été reléguées sur un parterre de l’esplanade des Invalides, à l’écart de l’Assemblée nationale. Significatif ! Nous avons un parlement qui soutient l’agro-industrie, pas l’écologie ni notre santé. Le gouvernement choisit son camp : la mobilisation de la FNSEA a reçu la visite de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, accompagnée du ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau…..

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Loi Duplomb, une rupture avec la démocratie

L’adoption de la loi Duplomb le 8 juillet 2025 constitue un moment de rupture démocratique inédit. Elle propose d’agrandir les élevages hors-sol alors que ses effluents sont la principale source du problème des nitrates. La loi réinstaure le mélange des genres entre conseil technique aux exploitants et vente des pesticides. La loi rouvre la porte à des substances interdites dans l’eau potable. Les gigantesques bassines qui accaparent la ressource sont désormais d’« intérêt général public majeur ». Pour parachever le tout, un décret, pris le jour du vote, place de facto sous influence politique le travail de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), en lui imposant l’ordre de ses priorités d’expertises.

Stéphane Foucart : La mobilisation d’ampleur contre le texte du sénateur de la Haute-Loire n’a pas pu empêcher son adoption. Des sociétés savantes aux associations, tous n’ont rencontré qu’un vide argumentaire terrifiant. Lors du vote par les députés de l’arc bleu-brun et leurs supplétifs du parti présidentiel, Fleur Breteau , encore marqué par l’épreuve du cancer et de son traitement, a crié : « Vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir ! » En réponse, des rires ont traversé l’Hémicycle. Voici ce qu’une majorité de la représentation nationale avait à opposer à l’indignation de cette jeune femme et, à travers elle, à l’inquiétude de la société civile et de l’ensemble des communautés scientifiques concernées : un cynisme méprisant. Les députés ont voté contre vingt-deux sociétés savantes médicales, contre la Ligue contre le cancer, contre les administrateurs et les personnels de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, contre le troisième syndicat agricole de France, contre la Fondation pour la recherche médicale, contre vingt mutuelles, groupes mutualistes ainsi que la Fédération des mutuelles de France, représentant plusieurs millions d’assurés, contre le Conseil scientifique du CNRS, contre la Fédération des régies d’eau potable, contre des centaines de médecins et de chercheurs qui ont signé intuitu personae des tribunes.

Des organismes de recherche sont aussi sortis de leur réserve – le fait est inédit. L’Institut d’écologie et d’environnement du CNRS a déclaré « regretter profondément l’adoption de cette loi à la vision court-termiste et ses conséquences graves sur l’environnement, qui méprise santé et bien-être de la population, [ainsi que] le rôle des espèces sauvages dans la production agricole ». Au reste, que répondre à Laurent Duplomb lorsqu’il prétend que les haies s’étendent, alors que le rythme de leur disparition (plus de 23 000 kilomètres par an) a doublé depuis 2017 ? Que répondre lorsqu’il assure que le changement climatique est plutôt bénéfique pour sa région ? A ce niveau d’inversion du réel, tout débat démocratique est impossible.

Le point de vue des écologistes démocrates

Les commentaires critiques de cet article de Foucart reposent principalement sur le fait que les députés seraient représentatifs de la voix du peuple, et donc de la démocratie. Ils oublient qu’on doit différencier légalité et légitimité, qu’un député peut voter librement une chose ou son contraire selon sa propre conscience. Selon l’ARTICLE 27 de la Constitution en effet, « Tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du Parlement est personnel. »

L’élu doit donc s’exprimer en citoyen éclairé des conséquences de ses votes. Le mépris d’un parlementaire des avancées scientifiques ou de l’avis des associations environnementales reflète donc un mauvais usage de son mandat. Il fait preuve d’incompétence et ne mérite pas d’être réélu.

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Loi Duplomb, l’agriculture écolo plombée

extraits : La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) avait pu garer ses tracteurs devant les grilles du Palais-Bourbon, lundi 26 mai 2025, lors de l’examen de la proposition de loi « visant à lever les contraintes au métier d’agriculteur ». Mardi 27 mai, en milieu de journée, les organisations paysannes et de défense de l’environnement qui s’opposent à ce texte ont, elles, été reléguées sur un parterre de l’esplanade des Invalides, à l’écart de l’Assemblée nationale. Significatif ! Nous avons un parlement qui soutient l’agro-industrie, pas l’écologie ni notre santé. Le gouvernement choisit son camp : la mobilisation de la FNSEA a reçu la visite de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, accompagnée du ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau….

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Italie, crise démographique ou bonne nouvelle ?

La présidente d’extrême droite du conseil italien, Giorgia Meloni, a fait de la question démographique l’une de ses priorités. Des mesures d’aides aux familles comportent une baisse de la TVA pour les produits destinés à l’enfance et un chèque unique de 50 euros à 175 euros par mois et par enfant selon les revenus des parents. Ce programme nataliste reste cependant entravé par des contraintes budgétaires sévères. Et les Italiennes n’en ont cure.

Allan Kaval : Lorsque je vais au centre-ville de Bergame, je ne vois plus d’enfants, mais des gens qui promènent leur chien. Dans une Italie en irrémédiable déclin démographique, les bébés se font rares et les landaus et les tables à langer ne trouvent plus preneurs.  Le taux de fécondité s’établit à 1,18 en 2024, bien loin du seuil de renouvellement des populations de 2,05 enfants par femme. D’après les données du ministère de l’éducation italien, le nombre d’élèves à l’école maternelle a baissé de 21,4 % entre les années scolaires 2013-2014 et 2023-2024. La contraction continue de la population en âge de travailler pèse lourdement sur le système des retraites. Aujourd’hui déjà 16 millions de retraités pour 24 millions d’actifs en Italie ratio de 1,5. La classe politique est forcément plus attentive aux attentes des personnes âgées qu’aux exigences des jeunes. Le revers de la question de la natalité est celle de l’intégration de populations étrangères.

Le point de vue des écologistes malthusiens

– Arrêtons les logiques pyramidales (de Ponzi) pour financer les retraites !

– Avec la densité de population de l’Italie, la France serait à 100 millions d’habitants. Est ce viable sur le long terme ?

– Travail au noir systématique, quatre ans de labeur non déclaré pour espérer un job officiel, impossible de louer sans feuille d’impôt… les jeunes italiens fuient le pays.

– Les Italiens ne voient pas du tout leur déclin démographique comme une évolution négative

– L’immigration est une partie de la solution, mais si c’est pour soutenir la croissance.…

– Comme notre prospérité repose sur une croissance perpétuelle (et illusoire), ça va forcément coincer, tôt ou tard.

– Le problème de la natalité, c’est qu’on en mesure réellement les effets et les conséquences que 20 ou 30 ans plus tard.

– La population humaine doit redescendre et se stabiliser avec quelques milliards de moins pour arriver à un mode de vie convenable et durable.

– La planète ne sera jamais vide du seul fait de la dénatalité, il restera toujours des personnes qui voudront des enfants.

– Et pourquoi donc faire des enfants ? Pour la France de Bardella, pour celle des xénophobies de tout poil, pour celle du steak…

– Qui peut avoir envie d’avoir un enfant dans un monde aux perspectives climatiques effrayantes et où des dirigeants irrationnels et ultranationalistes nous invitent à faire la guerre.

– Reste pour faire tourner le commerce les couches pour personnes âgées.

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Italie, une surpopulation en voie d’extinction

extraits : On est déjà trop nombreux pour les ressources de la planète mais c’est pas assez pour certains ! Il faudrait aller vers l’extinction plus vite, avoir plus de gens pauvres, plus de gens qui ne mangent pas à leur faim, plus de gens qui auront des vie courtes dans des conditions misérables… car il faut plus de croissance pour plus de profit. On va pas s’occuper des gens déjà là non non non on les balance à la mer et on fait des enfants dont on s’occupera pas et qui auront une vie pourris par la surpopulation le climat les crise de logement et du travail. L’espèce humaine est le cancer de la planète et de ce système solaire….

Le pape veut faire des bébés à la chaîne

extraits : en mai 2021, le Pape avzit appelé à faire « tout le possible pour vaincre cet hiver démographique en Italie qui va contre nos familles, contre notre patrie, et aussi contre notre futur ». Mais le pays compte 60 millions d’habitants et une densité de 200 hab./km2, soit un carré de 70 mètres sur 70 mètres pour chaque Italien, carré dans lequel pour être autonome il doit pouvoir à la fois faire son potager, nourrir son bétail, construire sa maison, trouver du pétrole, et même laisser un peu d’espace pour la nature sauvage…

Soit le pape n’est qu’un affreux nataliste, soit un parfait ignorant des réalités biophysiques, soit un croyant au miracle …. soit tout cela à la fois.

Les autres articles du MONDE

6 juillet 2023, En Italie, Giorgia Meloni face à l’« hiver démographique »

Le pays, qui compte 59 millions d’habitants, pourrait en perdre 12 millions à l’horizon 2070. Si la cheffe du gouvernement entend relancer les naissances, la grande volatilité politique freine les réformes à destination des familles.

13 mai 2023, En Italie, face à la crise démographique, le populisme fait recette

La troisième édition des « états généraux de la natalité » s’est tenue à Rome en présence de la présidente du conseil, Giorgia Meloni, et du pape François.

Italie, crise démographique ou bonne nouvelle ? Lire la suite »

L’alimentation très dépendante des énergies fossiles

L’agriculture paysanne, basée sur l’énergie solaire par assimilation chlorophyllienne, donnait en énergie plus qu’elle ne coûtait. Il n’en est pas de même pour l’agro-industrie. Alors que les rendements à l’hectare ont constamment augmenté, on constate que l’agriculture affiche un bilan énergétique négatif : elle consomme désormais beaucoup plus d’énergie fossile non renouvelable qu’elle ne crée de calories. Si on intègre la transformation agro-alimentaire et le transport des produits agricoles, le bilan est encore plus négatif. En fait, si on supprimait les subventions au gazole non routier pour les tracteurs, la presque totalité des techno-agriculteurs feraient faillite.

Mathilde Gérard : Le secteur agricole représente au moins 15 % de la demande mondiale en énergies fossiles et 40 % de la consommation de produits issus de la pétrochimie, notamment sous forme d’engrais de synthèse et d’emballages en plastique. Aucun objectif de neutralité carbone ne sera tenable si cette dépendance n’est pas réduite. L’alimentation reste un des relais de croissance pour les énergies fossiles. L’essor des aliments ultratransformés nourrit cette dépendance. Mais l’instabilité géopolitique mondiale entraîne déjà une montée des prix de l’énergie, qui pourrait se répercuter sur les cours des denrées alimentaires. Pour les 2,8 milliards de personnes qui n’ont pas les capacités de se payer une alimentation adéquate, les conséquences seraient dramatiques.

Si l’on arrêtait de subventionner les combustibles fossiles injectés dans les systèmes alimentaires, soit 2 500 milliards de dollars par an, cela laisserait beaucoup d’argent pour reconstruire un système plus résilient.

Le point de vue des écologistes paysans

– Selon Vaclav Smil, chercheur dans le domaine de l’énergie, 20 % de tous les êtres humains, soit plus de trois milliards de personnes, survivent grâce aux engrais azotés, le principal ingrédient de la Révolution verte qui a boosté le secteur agricole dans les années 1960.

L’agrocarburant peut émettre plus de CO₂ que le pétrole si on remplace la forêt pour y pourvoir .

– Une exploitation céréalière des plaines d Argentine, pour être autonome en énergie, doit consacrer entre 20 à 30 % de sa surface à la production d agrocarburant type huile de colza.

Si on doit revenir à la traction animale pour les travaux des champs, il faut savoir qu’il y a un siècle la nourriture des animaux consommait 25% des céréales produites.

– Quand on regarde les surfaces consacrées à la production pour la consommation de viande, on est déjà à ce chiffre de 25 %.

– Produire avec la traction animale nourrie sur place ne produit que très peu de CO2 contrairement à l’importation d’urée, d’engrais, de pesticides.

– Seule l’agriculture bio émet beaucoup moins de carbone car les engrais, l’urée etc.. peuvent être produits sur place en mêlant élevage et culture.

– Cultiver des plantes pour les réservoirs plutôt que pour les assiettes aggrave la crise alimentaire mondiale.

– ne pas mourir de faim dépend de l’équilibre (ou non) entre la production agricole et le nombre de bouches à nourrir.

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Les illusions de la productivité agricole

extraits : Pour calculer un indice statistique globalisé du rendement, il faut faire le rapport production/intrants : combien de calories ont été utilisées pour produire, combien de calories délivrent les champs cultivés. L’agriculture est normalement une illustration parfaite de l’échange constant entre matière et énergie. Basée sur l’assimilation chlorophyllienne, elle devrait donner plus qu’elle ne coûte puisqu’elle transforme l’énergie du soleil et les éléments de la terre. C’est ce qui a été fait pendant plusieurs millénaires, ce n’est plus le cas aujourd’hui de l’agriculture productiviste qui doit investir sous forme d’hydrocarbures deux fois plus d’énergie que ce qu’on récolte. Plus globalement, on peut montrer que l’énergie consommée par l’ensemble de la chaîne alimentaire, compte tenu du processus de transformation et de la distance parcourue par les produits agricoles, représente 10 fois l’énergie restituée sous forme de calories utilisées pour l’alimentation humaine. Et encore, nous n’avons pas développé sur la détérioration par l’agriculture productiviste des sols et du climat…

Ehrlich, Borlaug, démographie et semences

extraits : Norman Ernest Borlaug, initiateur de la révolution verte, lançait cet avertissement lors de son discours de réception du prix Nobel de la paix en 1970 :

« Nous sommes face à deux forces contraires, le pouvoir scientifique de la production alimentaire et le pouvoir biologique de la reproduction humaine. L’homme a fait des progrès fantastiques, depuis quelques temps, pour ce qui est de maîtriser potentiellement ces deux puissance opposées. La science, l’esprit d’innovation, la technologie lui ont livré des matériaux et des méthodes qui permettent d’augmenter de façon substantielle et parfois spectaculaires, les réserves alimentaires. L’homme a acquis les moyens de réduire avec efficacité et humanisme le rythme de la reproduction humaine. Il utilise ses pouvoirs pour augmenter le rythme et l’ampleur de la production alimentaire. Mais il n’exploite pas encore de façon adéquate son potentiel pour limiter la reproduction humaine… Il n’y aura pas de progrès durable, dans la guerre contre la faim, tant que les gens qui luttent pour augmenter la production alimentaire et ceux qui luttent pour contrôler la fécondité humaine n’auront pas uni leurs forces. »…

L’alimentation très dépendante des énergies fossiles Lire la suite »

Plaidoyer pour le short au bureau

Si le règlement intérieur de votre entreprise n’apporte pas de restriction, vous pouvez venir vêtu comme bon vous semble au boulot tant que les tenues sont appropriées et décentes. Mais si aucune loi ne l’interdit, porter un short ou un bermuda au travail suffit souvent à vous faire passer pour un militant pro-farniente. Cette décontraction vestimentaire ne serait-elle pas, plutôt, une forme d’avant-gardisme écologique en époque de canicules ?

Nicolas Santolaria : Exhiber ses mollets poilus dans un environnement où ils n’ont historiquement aucun droit de cité peut revêtir un caractère potentiellement malaisant, pour celui qui les expose comme pour ceux qui les croisent dans leur champ de vision. Un vêtement trop exagérément décontracté renvoie, en contexte professionnel, une image d’« incompétence » et de « manque du respect ». Mais dès qu’arrivent les fortes chaleurs, les femmes peuvent dénuder leurs gambettes, là où le type qui débarque looké comme un estivant fait figure de personnage séditieux. Face à une telle résistance culturelle, les rares qui se risquent à porter un bermuda sont perçus à juste titre comme des pionniers : ils sont les premiers à avoir intégré la réalité du réchauffement climatique à leur garde-robe.

Le point de vue des écologistes naturistes

 N’oublions pas que le port du pantalon pour les femmes et les filles a été strictement encadré pendant des siècles. Le « travestissement en homme » était puni par la loi et c’est seulement en janvier 2013 que cette interdiction a été officiellement levée. Permettre le pantalon aux femmes mais interdire le short aux hommes s’appelle simplement de la discrimination. Les mentalités ont besoin d’évoluer. Votre banquière vous reçoit en jupe, nus pieds, chemisier à épaule nues, c’est juste normal. Votre banquier qui vous reçoit pourrait avoir avec les genoux à l’air, des pieds nus, un haut qui montre l’épaule. C’est pareil. Ce genre d’article sur le short fera hurler de rire nos descendants quand il fera 40° plusieurs fois par été…

Une société vraiment démocratique, donc tolérante aux idées d’autrui, permettrait à toutes les attitudes de se côtoyer sur une même plage, nudistes, textiles, abaya, voile islamique, cacher le haut et pas le bas, etc. Au boulot, ça devrait être pareil !

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Le naturisme, une pratique spirituelle

extraits : Qui ne pratique pas le naturisme dans toute sa nudité ne sait pas vraiment ce que vivre veut dire.L’absence de vêtements évoque une connexion avec la nature, permettant une relation plus forte avec ce que certains appellent “la Terre-Mère”. Il y a l’idée de se montrer tel que l’on est réellement, au-delà des aspects imposés par la société. Le naturisme n’a rien à voir avec des délires mystiques, avec du voyeurisme, avec de l’exhibitionnisme, avec du commerce y compris spirituel… c’est à l’opposé de tout cela et sa base est le respect mutuel. C’est tout simplement le plaisir de se débarrasser de ses oripeaux, de ses contraintes quotidiennes….

Nudité, naturisme et conventions sociales

extraits : Au commencement, Adam et Eve étaient « nus » et n’en avaient pas honte (Genèse 2, 25). Un serpent les invite à manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal (Gen. 3, 1). Ils se confectionnent alors des pagnes de feuilles de figuier, avant que Dieu ne les revête de « tuniques de peau [de bêtes] » (Gen. 3, 20). En remplaçant le pagne de feuilles, résidu de l’harmonie entre l’homme et la nature, par des peaux de bêtes, il consacre non seulement le fait qu’Adam et Eve doivent désormais s’habiller, mais il les mène à une autre étape de civilisation, passant de la culture végétale à la chasse ou à l’élevage, qui demandent techniques et connaissances….

Caricatures et tolérance partagée

extraits : La provocation n’est ressentie comme provocation que par ceux et celles qui s’estiment provoqués. Prenons l’exemple de la nudité sur les plages. Que faut-il préférer comme système social ? Le modèle traditionnel est de ne pas dénuder le corps. Dans un esprit de tolérance réciproque, les textiles devraient accepter le nudisme des uns comme les naturistes accepteraient la différence vestimentaire sur une plage partagée par tous et toutes. Le respect de pratiques différentes doit être un critère permettant la coexistence pacifique…

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CLIMAT. Une convention citoyenne trahie !

Un « gâchis » et une « trahison » : l’amertume des membres de la convention citoyenne pour le climat de 2020 est palpable. Ces 150 Français tirés au sort, âgés de 16 ans à 80 ans, de toutes les régions et catégories socioprofessionnelles ont vécu neuf mois de travaux, d’octobre 2019 à juin 2020. Tous ses membres avaient des opinions statistiquement identiques à la population générale sur l’écologie et les politiques climatiques. Ils ont réfléchi ensemble, aidés par des experts de tous horizons ; ils ont compris la gravité du choc climatique. La totalité de leurs délibérations aurait du être rendue publique, ce serait plus formateur que la télé-réalité. C’est resté confidentiel et sans suivi politique.

Le 21 juin 2020, les Français tirés au sort remettaient leurs 149 propositions au gouvernement. En septembre 2020, le président Macron décidait que la France allait « prendre le tournant de la 5G » – alors que la CCC demandait un moratoire. Macron a ironisé sur ceux qui préféreraient « le modèle amish » et « le retour à la lampe à huile ».

Audrey Garric : Le rapport contenant 149 mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du pays de 40 % d’ici à 2030 dans un esprit de justice sociale. Une partie de leur travail a été repris dans la loi Climat et résilience, promulguée au Journal officiel en août 2021. Les anciens  conventionnels interrogés par Le Monde se disent tous extrêmement « déçus » du sort réservé à leurs mesures. Les mots qui reviennent dans leur bouche sont durs : « mascarade », « gâchis », « sabotage », « trahison », « fausses promesses », « catastrophe », « échec ». Déjà détricotées au moment de l’adoption de la loi Climat et résilience, leurs propositions ne cessent d’être ensuite rabotées par le gouvernement et le Parlement : suspension de l’aide MaPrimeRénov’pour les rénovations énergétiques d’ampleur, multiples atteintes à l’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN), tentatives de suppression des zones à faibles émissions (ZFE). Au final ne subsistent que des « mesurettes qui ne résolvent rien », dénoncent-ils.

Le modéré Grégoire Fraty, qui cherchait toujours à voir le « verre à moitié plein » à l’époque de la convention, ressent désormais une « gueule de bois ». Sylvain Burquier peine à cacher sa colère. : « Macron avait promis que le quinquennat serait écologique ou ne serait pas. Mais sur ce sujet, il est en dessous de tout, comme le gouvernement. Je ne sais pas si le premier ministre est au courant qu’il a une ministre de la transition écologique »…

Le point de vue des écologistes ulcérés

– C‘est typiquement français: lancer un truc pour ne rien en faire.

– Les gens sont d’accord pour la transition énergétique à condition que cela ne leur coûte rien.

– Ce n’est pas Emmanuel Macron le problème. C’est l’électorat.

– Les gens n’ont pas voulu de « l’écologie punitive » , ils vont goûter au capitalisme punitif…

– Je crains les manipulation des populistes qui mèneront à des états totalitaires.

– Dans les dictatures, on approuve 100 % des propositions qui émanent du leader suprême.

– Qu’on se rassure : l’amertume de la CCC sera vite effacée par la vengeance implacable de dame Nature.

– La météo et ses errements va mettre tout le monde d’accord

– Les ressources fossiles manqueront bien un jour ou l’autre !

– Cette convention citoyenne était un coup d’essai. Mais un jour ce sera la norme.

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Tout savoir sur la Convention Citoyenne (février 2021)

extraits : Un livre vient de sortir qui décrit dans le détail les travaux et les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC). Le titre, « Cap 2030, une décennie pour changer le monde », est mal choisi car il ne dit rien du contenu, la CCC. Ce livre de 218 pages est à 10 euros seulement, l’effort pour se le procurer est minuscule. De notre côté nous ne parlerons pas de la question démographique qui a été soigneusement évitée par la CCC. Par contre nous allons commenter ses propositions pour le transport, sachant que la taxe carbone a été explicitement retirée de l’ordre du jour des travaux. Or pour parvenir à la neutralité carbone, un Français devrait émettre en moyenne 2 tonnes de CO2 équivalent par an, soit 5 fois moins que ce qu’il émet individuellement. « Se déplacer », l’un des six groupes de travail, a donné lieu à 43 propositions de la CCEC sur 149, presque 30 %. La mobilité moderne est remise en cause, le recours massif au pétrole entraîne un coût climatique important. De toute façon, taxe carbone ou non, les prix du baril sont voués à augmenter car les réserves diminuent, le pic du pétrole conventionnel est déjà dépassé….

La loi Convention Climat, cafouillage prévu (février 2021)

extraits : Barbara Pompili, la serpillière de Macron et accessoirement ministre de la transition écologique, a présenté le projet de loi « climat et résilience » en conseil des ministres le 10 février 2021. Cette loi est inspirée des travaux de la convention citoyenne pour le climat (CCC) : fin des passoires thermiques en 2028, interdiction de la publicité en faveur des énergies fossiles, réduction par deux du rythme d’artificialisation des sols, interdiction des vols intérieurs quand une alternative en train existe en moins de deux heures trente minutes… La liste est longue, mais ne convainc pas. Les mesures suggérées par les citoyens ont été « détricotées », dixit Cyril Dion. Dans un avis en date du 27 janvier, 2021 le CESE (Conseil économique, social et environnemental) souligne que ces dispositions, « restent souvent limitées, différées, ou soumises à des conditions telles que leur mise en œuvre à terme rapproché est incertaine ». Matthieu Orphelin, porte parole de la fondation de Nicolas Hulot de 2012 à 2015 et ex-député LREM en 2017, renchérit : « Barbara Pompili a perdu tous ses arbitrages, sur la rénovation énergétique, la publicité, l’écocide… Je n’y vois pas les grandes mesures qui changent la donne »….

Parlement godillot et convention citoyenne (décembre 2020)

extraits : Qui représente qui ? Un parlementaire ne représente que lui-même, c’est l’article 27 de la Constitution qui le dit : «  Tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du parlement est personnel ». Ces élus sont en outre inféodés à un groupe d’appartenance (leur parti et parti-pris) et soumis aux pressions des lobbies techno-industriels et agro-alimentaires. Ils ne représentent pas le bien commun et le climat ils s’en foutent. Par contre la convention citoyenne sur le climat était composé de personnes représentatives de la diversité de la population française. Des experts ont informé les membres de ce groupe sur les problèmes spécifiques du réchauffement climatique. Ces conventionnels ont pu en discuter démocratiquement entre eux, chercher le consensus et voter les mesures à prendre. C’est donc un avis conforme aux décisions à prendre et d’ailleurs personne n’a contesté la validité des 149 propositions faites….

Une convention climat qui n’a servi à rien (octobre 2020)

extraits : « J’irai au bout du contrat moral qui nous lie », affirmait Emmanuel Macron. Mais sur les 149 mesures évoquées, des « jokers » sont avancés les uns après les autres.

1. Taxer de 4 % les dividendes dans les entreprises qui en distribuent plus de 10 millions annuels pour financer la transition écologique. Joker, « Ce serait réduire notre chance d’attirer des investissements supplémentaires ».

2. Modification du préambule de la constitution souhaitée par la convention. Joker, « Elle menace de placer la protection de l’environnement au-dessus des libertés publiques. Ce serait contraire à notre texte constitutionnel, à l’esprit de nos valeurs ».

3. Passage de la vitesse sur autoroute de 130 à 110 km/h : «  Joker, il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Pour que ça marche, il ne faut pas stigmatiser les gens, ll ne faut pas les diviser. Et donc je propose de repousser ce débat. Je ne voudrais pas que vous connaissiez le même sort que moi, c’est à dire avoir des mois de travail qui s’abîment dans une polémique. »

4. Le moratoire sur la 5G ? Joker, « je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine » assène Macron.

5. Une trajectoire progressive sur la fiscalité du kérosène ? Balayée d’un revers de la main, lors d’une émission matinale diffusée sur LCI, par le ministre des transports.

6. Composante poids sur le bonus-malus auto, pour favoriser la vente des véhicules les plus légers ? Joker de Bercy, qui refuse de l’inscrire dans le projet de loi de finances.

7. Régulation de la publicité ? Joker ! Le ministre de l’économie n’y croit pas, la ministre de l’écologie attend « la fin des consultations en cours »…..

les leçons à tirer de la Convention Climat (juin 2020)

extraits : « Citoyennes et citoyens de toutes origines et professions, nous sommes représentatifs de la société ; nous avons été sélectionnés par tirage au sort selon une génération aléatoire de numéros de téléphone, sans nous être portés volontaires préalablement. Nous ne sommes pas des experts, la convention citoyenne reconnaît la capacité des citoyens moyens de s’exprimer sur un sujet d’avenir majeur. Pour répondre à la question qui nous était posée, « Comment réduire d’au moins 40 % par rapport à 1990 les émissions de gaz à effet de serre [(GES)] d’ici à 2030, dans le respect de la justice sociale ? », nous avons échangé librement dans la pluralité de nos opinions. Nous nous sommes nourris d’échanges avec des experts et des représentants économiques, associatifs et publics, afin d’être en capacité de rédiger des mesures concrètes, en connaissance de cause et en toute indépendance. Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique : la Terre peut vivre sans nous, mais, nous ne pouvons pas vivre sans elle. Si nous ne rattrapons pas le retard pris, beaucoup de régions du globe deviendront inhabitables, du fait de la montée des eaux ou de climats trop arides. C’est une question de vie ou de mort ! »….

Climat, pour ou contre la Convention des 150 (juin 2020)

extraits : Editorial du MONDE, en bref : « La conclusion des travaux de la convention citoyenne sur le climat apparaît prometteuse. Il n’était pas écrit d’avance que 150 citoyens tirés au sort parviennent à formuler des propositions précises visant à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 « dans un esprit de justice sociale ». Il aura fallu développer toute une ingénierie participative. Près de 140 experts ont été auditionnés, des animateurs ont encadré les travaux de chaque groupe de travail, un comité de pilotage a veillé à la bonne marche de la convention. Le message est clair : la démocratie participative peut être l’une des réponses convaincantes à la crise de la représentativité, à condition que la réponse du président de la République soit, maintenant, à la hauteur. En 2007, le Grenelle de l’environnement avait soulevé un grand espoir avant d’accoucher d’une souris après la crise de 2008. Cette fois, il n’y a plus le choix : l’urgence climatique est telle qu’il faut agir vite et fort. Mais deux sujets essentiels ont été éludés, le sort de la taxe carbone et la part du nucléaire dans le mix énergétique… »….

Convention citoyenne sur l’écologie, acte 5 (février 2020)

extraits : Cinquième week-end de travail des 150 membres de la Convention citoyenne pour la transition écologique*. Voici quelques les propositions des groupes de travail thématiques (30 personnes) :

1) se loger, lutter contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain, rénover énergétiquement tout le parc immobilier, inciter à ne pas dépasser une température de 19 °C dans les bâtiments…

2) se déplacer, limiter les émissions polluantes du secteur aérien et l’impact carbone du numérique, encourager l’usage du vélo et des transports en commun, covoiturage pour les trajets domicile-travail…

3) se nourrir, ne pas ratifier le CETA en l’état…

4) consommer, éviter le suremballage, interdire les terrasses chauffées et l’éclairage des magasins la nuit après leur fermeture…

5) produire-travailler, limiter la consommation d’énergie dans les lieux publics….

CLIMAT, convention citoyenne et décisions (janvier 2020)

extraits : Le site de la convention citoyenne pour le climat vaut le détour. Pratiquer les recommandations qui en émergent mériteraient d’entrer en application tout de suite. Exemples :

– Faire une commission de citoyens tirés au sort qui déciderait de la commercialisation ou non des produits que les entreprises souhaitent vendre, selon leur impact pour la société ;

– Faire calculer à tous les élèves de primaire le bilan carbone de leurs parents et le comparer aux objectifs de 2030 afin de les sensibiliser ;

Inverser la politique actuelle d’allocations familiales en n’ouvrant des allocations qu’au premier enfant ;

– Obliger la vente à emporter de ne vendre que des boissons à verser dans des gourdes ;

Apprendre aux élèves de l’école primaire à bricoler et réparer les objets ; ……….

Convention citoyenne sur le climat, mascarade ? (septembre 2019)

extraits : La convention citoyenne sur la transition écologique a été annoncée par Emmanuel Macron le 25 avril 2019 lors de sa conférence de presse de conclusion du grand débat : une assemblée de 150 citoyens tirés au sort sera placée sous la double tutelle du ministère de la transition écologique et solidaire et du Conseil économique social et environnemental (CESE). Cette convention « répond à la double demande de plus de participation et de plus d’écologie » et « a vocation (…) à mobiliser l’intelligence collective pour passer du consensus sur le diagnostic au compromis sur les solutions ». Greenpeace a estimé que « le gouvernement brandit la participation des citoyens pour dissimuler son inaction… Le gouvernement se dédouane de ses responsabilités et repousse le moment d’agir, alors que les solutions sont connues depuis longtemps et que des textes importants pour le climat, comme la loi d’orientation sur les mobilités ou la loi climat-énergie, sont en cours d’examen. »….

La volonté du peuple exprimée grâce au tirage au sort (août 2019)

extraits : Convention citoyenne pour le climat, une assemblée de 150 Français tirés au sort à partir des listes électorales… mais aussi à partir des listes des abonnés au téléphone afin d’élargir la convention aux personnes éloignées de la politique. Le fait qu’il n’y a pas de compétence particulière des membres est un avantage, l’ouverture d’esprit de chacun n’est pas viciée par un parti pris associatif, politique ou économique. Même si par miracle un climato-sceptique s’y retrouve, il lui faudra trouver la meilleure façon de comprendre et assumer des avis différents. Quant à la compétence technique, mieux vaut ne pas faire confiance aux experts ; le sens du bien commun est une qualité partagée par tous nos concitoyens ou presque, surtout quand on est réuni pour le rechercher ensemble. Notons d’ailleurs que nos députés n’ont pas de compétence particulière, si ce n’est l’art et la manière de se faire élire, ce qui ne prédispose en rien à être représentatif d’autrui…..

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Le tabou démographique dans les archives du MONDE

Quand on tape « surpopulation humaine » dans les archives,

voici le résultat  :

12 mars 2015, La surpopulation en prison n’enfreint pas nécessairement les droits humains

la Cour européenne des droits de l’homme estime que le manque d’espace individuel ne constitue pas systématiquement un traitement inhumain ou dégradant.

30 août 2019, Au Sénégal, deux détenus meurent dans la prison centrale de Dakar

Des ONG de défense des droits humains appellent les autorités à mettre fin à la surpopulation carcérale et la vétusté des établissements pénitentiaires.

19 février 2023, « Il existe un moyen d’avancer vers des prisons plus humaines : la régulation carcérale »

Face au scandale de la surpopulation des prisons françaises, les Etats généraux de la justice avaient proposé un mécanisme favorisant la remise en liberté de détenus en fin de peine. Une idée écartée en janvier par le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, déplore dans sa chronique Philippe Bernard, éditorialiste au « Monde ».

23 juin 2023, Prisons : que faire face à la surpopulation carcérale ?

Le taux de suroccupation des prisons n’a jamais été aussi élevé. La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté dénonce une réalité invivable. Dans ce podcast, Abel Mestre, journaliste au « Monde », explique pourquoi la surpopulation carcérale ne cesse de s’aggraver et évoque des pistes pour y remédier.

11 juillet 2024, La « double peine » : les prisons françaises surexposées aux conséquences du dérèglement climatique

La totalité des établissements est soumise au risque de canicule, plus d’un sur quatre à celui d’inondations. Cette surexposition est aggravée par certains facteurs, comme la surpopulation carcérale ou la vétusté des bâtiments.

24 juillet 2024, Prisons : « Comment comprendre que le garde des sceaux s’oppose à toute programmation afin de réduire la surpopulation carcérale ? »

Malgré l’accumulation des rapports sur l’indignité des conditions de détention dans les prisons françaises, rien ne bouge, dénoncent le rapporteur de la loi pénitentiaire de 2009, Jean-René Lecerf, et le sénateur Jean-Pierre Sueur dans une tribune au « Monde ».

10 février 2024, Robert Badinter, un « juste » pour la postérité

Le rappel de la rectitude et de l’intransigeance de l’ancien garde des sceaux apparaît salutaire au moment où le ministre de l’intérieur oppose la politique au droit, où le rôle du Conseil constitutionnel est contesté et où la surpopulation carcérale atteint des records inquiétants.

Il faut donc attendre longtemps pour lire un article sur la surpopulation humaine, mais avec une dévalorisation explicite de cette réalité.

10 novembre 2022, Face à la crise climatique, des humains trop nombreux ou qui consomment trop ?

Plutôt que d’accuser le trop grand nombre d’êtres humains, de nombreux démographes insistent sur la question des modes de vie et de consommation.

Ensuite il faut remonter à 1972 pour avoir enfin une idée claire grâce de la surpopulation humaine au MONDE

19 janvier 1972, II. – LE DÉSARMEMENT DÉMOGRAPHIQUE

 ESCOFFIER-LAMBIOTTE : La progression numérique vertigineuse de l’espèce humaine, l’échec des procédés utilisés jusqu’à présent pour tenter de la restreindre à l’échelle nationale, les dangers du déséquilibre économique et démographique qu’entraîne la surpopulation relative des pays les moins favorisés ont incité l’Organisation mondiale de la santé à consacrer à l’étude de la régulation de la reproduction humaine le plus important programme de recherche qu’elle ait jamais entrepris. Un budget qu’elle juge considérable – 6.7 millions de dollars – doit être annuellement attribué à ce programme qui, pour être mené à bien, exigerait un investissement quarante fois plus élevé (voir  » le Monde, du 18 janvier 1972).

A l’exception de l’homme, toutes les espèces vivantes sont dotées d’un système qui règle subtilement et par des mécanismes endocriniens encore mal connus le taux de leur reproduction. Celle-ci se trouve ainsi strictement ajustée tantôt à l’étendue du territoire disponible, tantôt au climat, à l’alimentation ou, plus directement, et sans qu’aucun autre facteur semble jouer, à l’importance numérique de la population. L’environnement dans le premier cas, un processus purement psycho-physiologique dans le second, mettent en branle un système de rétroaction neuro-hormonal conduisant à une atrophie ou à une inhibition sexuelle. Ce système, remarquablement précis n’est mis en échec que lorsque l’intervention de l’homme vient modifier profondément les conditions écologiques.

En accédant à la conscience logique et au langage, l’espèce humaine a perdu cette régulation automatique ; l’humanité se doit de manière impérative d’y suppléer dans les délais les plus brefs – en fait, une génération, – soit par une percée technique, soit par le déclenchement de motivations nouvelles.

Tel est le sens des actions prioritaires et des programmes des  » task forces  » (groupes de travail lancés par l’Organisation mondiale de la santé, dans un effort ultime pour modifier la situation actuelle, également inquiétante sur le plan démographique et sur celui des perspectives scientifiques. Aux espoirs engendrés par les acquisitions prometteuses de cette dernière décennie a succédé, en effet, un sévère pessimisme : il paraît vraisemblable que, compte tenu des exigences bureaucratiques auxquelles sont soumises actuellement les recherches quasiment monopolisées par les Etats-Unis, aucune méthode nouvelle et efficace ne sera utilisable avant la fin de ce siècle : si le même climat avait prévalu il y a quinze ans, aucun des contraceptifs oraux (pilule) n’aurait pu être produit en série. (…)

Certains, qui mesurent l’étendue du péril que représente la conjugaison de la poussée démographique irrépressible et de l’impasse scientifique ou administrative actuelle, en viennent à penser que la solution ne peut venir en réalité, et à l’échelle mondiale, que de la découverte d’une substance qui administrée par exemple avec l’eau de boisson, inverserait l’état naturel de fertilité des êtres humains. L’infertilité deviendrait ainsi permanente, et c’est d’une décision personnellement motivée que résulterait alors la procréation, par l’absorption d’un médicament annulant l’effet du premier. Une telle conception, si elle ne paraît pas utopique sur le plan scientifique, impliquerait évidemment un profond bouleversement des consciences et des traditions. De la fertilité volontaire – étape positive dans l’évolution des libertés humaines – aux abus de la stérilité obligatoire, il pourrait, en effet, n’y avoir qu’un pas, qui risque de conduire au génocide, aussi longtemps que n’existerait pas une véritable conscience collective, fondée sur une éthique universelle et sur le partage mondial des informations scientifiques.

Il reste que l’abolition du droit immémorial à la procréation anarchique pourrait bien être le prix que devra payer l’homme pour la survie de sa civilisation.

Faute d’une double révolution éthique et biologique, et devant l’inflation démographique actuelle, le recours au régulateur barbare et par essence antisélectif qu’est la destruction guerrière paraît inévitable. L’histoire de ces vingt dernières années, le déplacement des guerres vers un continent – l’Asie – où la population croît plus vite que les ressources, montrent bien le caractère explosif de structures où la sous-alimentation et le chômage engendrent le désespoir et l’agressivité collective.

Au-delà de toute contrainte nationaliste, de tout intérêt particulier, de toute tradition ou législation locale ou temporelle, ne serait-ce pas un devoir pour l’O.M.S., qui seule peut le faire – de diffuser à la fois la vérité actuelle, la réalité des solutions possibles et l’importance de leurs implications morales ?

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L’écologie est, par nature, « punitive »

Après un bon repas  on fait la vaisselle. C’est punitif ! Mais c’est la condition sine qua non pour profiter du prochain repas en mangeant dans de la vaisselle propre… La différence entre pauvres et riches c’est que les riches la font faire et les pauvres la font eux-mêmes ; les « entre-deux » ont un lave vaisselle ! Quant à l’écologie politique, c’est pareil, il faut faire des efforts, même si les riches et les pauvres s’en sortent différemment ! Les obligations et les interdits peuplent nos existences, c’est obligé. N’oublions pas, l’écologie n’est pas une idéologie , c’est la nécessaire prise de décision par rapport à ce que nous indique les écologues, les scientifiques. Pour le bien de la planète et de notre avenir, tout le monde devrait s’en rendre compte et l’accepter.


Laurent Joffrin : Depuis six mois, l’écologie a subi plusieurs revers spectaculaires. Trahison des pouvoirs publics ? Pas seulement : à chaque fois, c’est la protestation populaire qui a fait reculer l’État. À chaque fois l’action écologique a été contrecarrée par un refus populaire. Les ZFE ont été écartées à la suite de la campagne démagogique menée par Alexandre Jardin au nom des « gueux » propriétaires de véhicules anciens qu’une législation écologiste « hors-sol » aurait empêché d’accéder au cœur des villes. La loi Duplomb est née de l’inquiétude des agriculteurs devant le durcissement des normes encadrant l’usage des produits chimiques censés protéger les cultures. La lutte contre l’artificialisation des sols se heurte à la volonté de nombre d’élus locaux qui veulent décider librement de l’urbanisation de leur commune. Enfin l’interdiction de louer des « passoires thermiques » met en colère nombre de petits propriétaires qui sont privés du modeste revenu additionnel sur lequel ils comptaient. D’où la montée en puissance du déni climatique et du refus populaire de l’écologie.

Pourtant, au regard des nécessités écologiques, sanitaires ou climatiques, ces mesures sont logiques, rationnelles et justifiées. C’est là qu’on touche au cœur de la question : pour verdir les politiques publiques, il faut imposer aux citoyens de nouvelles contraintes. C’est mensonge que de prétendre le contraire : en ce sens, l’écologie, impératif catégorique si l’on veut préserver les équilibres écologiques, est par nature « punitive ».

À cette contradiction oxymorique, il n’y a qu’une seule solution : compenser par la redistribution financière les contraintes imposées aux classes défavorisées au nom de l’écologie. C’est-à-dire infliger aux classes plus riches des efforts supplémentaires. Ce qui confirme la thèse initiale : par nature, pour les riches ou pour les pauvres, l’écologie est décidément « punitive ». (publié le 12/06/2025)

Le point de vue des écologistes donneurs de fessée
La « tragédie de l’horizon» reste
d’actualité pour le commun des mortels. Cette myopie temporelle fait référence à des risques catastrophiques susceptibles de se manifester bien au-delà de l’horizon des décideurs économiques et politiques actuels. Les investissements fossiles sont maintenus à des fins de pure rentabilité immédiate, ils prennent le pas sur les risques climatiques qui pèsent pourtant à moyen terme sur l’investisseur lui-même. Le marché, même s’il est efficient pour synthétiser l’information présente, est incapable de leur fournir une boussole pour s’orienter vers le futur. Quant aux citoyens, leur dépendance au fonctionnement socio-économique global leur enlève toute incitation à assumer les coûts de la prévention de pertes qui vont frapper les générations d’après.

Il nous faudrait jeter un pont entre le présent et l’avenir. Il revient aux acteurs politiques de déterminer une vision du long terme, ce qui passe par le courage de dire la vérité. Ce n’est pas la croissance du niveau de vie qui nous attend, c’est une descente aux enfers si on ne fait rien pour le climat, la biodiversité, l’épuisement des ressources, etc. L’écologie est punitive par essence dans une situation de raréfactions et de limites. On le sait depuis 1972 et le rapport au club de Rome !

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« écologie punitive », slogan des impuissants

extraits : Largement utilisée à droite et à l’extrême droite, l’expression« écologie punitive », enferme les politiques environnementales dans un registre liberticide, ce qui permet à ceux qui veulent de fait encore plus de dégâts environnementaux de faire porter la responsabilité de leur impuissance sur les autres. Le premier à l’exprimer est Frédéric Nihous, président du parti Chasse, pêche, nature et tradition, dans un clip de la campagne présidentielle de 2007. La formule est reprise un an plus tard par l’ancien ministre de l’éducation nationale Claude Allègre, climato-négationniste revendiqué. En 2010, le premier ministre de l’époque, François Fillon, l’intègre à son discours de politique générale, avant que Xavier Beulin, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), ne s’en empare en 2012. C’est paradoxalement Ségolène Royal, alors ministre socialiste de l’environnement, qui lui offre la notoriété en 2014, lorsqu’elle renonce à l’écotaxe – redevance visant à faire participer les entreprises du transport routier aux coûts des infrastructures, pourtant mesure démocratiquement votée par le parlement….

Écologie punitive et tragédie de l’horizon

extraits : Le punitif n’est qu’une question temporelle, s’il n’écoute rien on punit un enfant pour qu’il ne recommence pas ses bêtises dans l’avenir. Globalement cette myopie temporelle fait référence à des risques catastrophiques susceptibles de se manifester bien au-delà de l’horizon des décideurs économiques et politiques actuels. C’est la « tragédie de l’horizon», les investissements fossiles par exemple sont maintenus à des fins de pure rentabilité immédiate, et prennent le pas sur les risques climatiques qui pèsent à moyen terme sur l’investisseur lui-même. Quant aux citoyens, leur dépendance au consumérisme leur enlève toute incitation à assumer les coûts de la prévention de pertes qui vont frapper les générations d’un futur qu’on croit lointain. Producteurs, consommateurs et politiciens, il nous faut donc tous jeter un pont entre le présent et l’avenir, c’est-à-dire mettre un terme à notre préférence pour le présent. C’est pas gagné…. 

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Le vélo, petite reine des temps à venir

A temps de déplacement égal, le risque pour un cycliste d’être tué dans un accident de la route est trois fois plus important que pour un piéton, quatre fois plus qu’un automobiliste et sept fois moins qu’un usager de deux-roues à moteur. Les cyclistes sont pourtant vus maintenant comme des bobos privilégiés des centres-villes. La hausse des conflits entre usagers de la voie publique reflète à la fois l’exacerbation des clivages sociaux et géographiques, et les tensions autour des mesures destinées à lutter contre le changement climatique. C’est donc un phénomène politique important.


Philippe Bernard  : Qu’il est loin le temps où, en 1972, des manifestants défilaient en scandant « La bagnole, ça pue, ça pollue et ça rend con » et « Des vélos, pas d’auto ! » A l’époque, le vélo en ville symbolisait la rébellion contre le mode de vie, la logique économique et les nuisances qu’impose le « tout-bagnole ». Mais l’engin sans pollution, signe de totale coolitude, s’est mué en symbole d’agressivité, de chacun pour soi et de chaos urbain. En quelques années, le « cycliste sympa » s’est transformé en adepte du « chacun pour soi ». « Il y a autant de cons à vélo qu’en voiture », constate, amer, le coprésident de l’association lyonnaise La Ville à Vélo. L’essor généralisé des violences, de l’individualisme et de l’incommunicabilité dans la société se manifeste aussi dans ce domaine. Le vélo devait être le symbole d’une autre façon de vivre ensemble.

Le point de vue des écologistes vélocipèdistes

555 commentaires sur lemonde.fr entre le 8 juin à 5h23 et le 10 juin à 10h30. Un record significatif de l’importance des enjeux. Quelques morceaux choisis:

Gailuron : Il suffit de se déplacer à pied ou à vélo dans Paris et dans Copenhague pour voir ce qu’est une société civilisée qui a le sens et le respect du collectif et une société où l’individu se veut roi et ne se sent pas concerné par l’application des règles de base d’une cohabitation harmonieuse.

Solferino59 : « je circule en ville en vélo donc j’ai tous les droits » ! Voici ce que je ressens quand je vais en ville. Qu’on le veuille ou non, pléthore de cyclistes n’ont pas une âme de cycliste et se conduisent en sagouins sur les routes et trottoirs.

Fromafar : Après plusieurs décennies de règne, l’automobiliste considère naturel de pouvoir rouler, généralement seul, dans son canapé blindé d’une tonne en crachant des nuages de gaz toxiques. Même les véhicules les plus pourris qui vous arrachent les poumons vont pouvoir continuer à intoxiquer nous enfants avec la bénédiction des députés.

MS : Si tous les cyclistes prenaient leur voiture au lieu de leur vélo plus possible de circuler en voiture. Toutes les agglomérations auraient des embouteillages incontournables.
Les automobilistes devraient remercier les cyclistes à chaque fois qu’ils prennent leur voiture.

Danny : 20 000 morts par an sur les routes en Europe, grâce aux voitures. Gare aux voitures !

Michel Henri : Le piéton que je suis à Paris a bien plus peur des vélos que des voitures. Je hurle quand les écolos parisiens qualifient le vélo de « mobilité douce ». 80 % des cyclistes n’ont ni Dieu ni maître et n’envisagent pas une seconde de poser le pied à terre.

Daeth : L’erreur fondamentale, c’est la roue : l’humain humain muni de roue(s) devient un écraseur en puissance.

Michel SOURROUILLE : Le problème de fond pour les écologistes qui s’occupent du long terme, c’est d’oser dire publiquement la vérité : la voiture individuelle qui n’a qu’un siècle d’existence et a modifié notre mode de vie pour le pire va disparaître, qu’elle soit thermique ou électrique, dans le siècle à venir. Il nous faut donc nous préparer collectivement à d’autres modalités de déplacement. Les ZFE comme les mobilités douces, le vélo, le covoiturage, les transports publics, etc… ne sont que des modalités de la rupture écologique nécessaire aux équilibre planétaires bien compromis actuellement. Mais les automobilistes ne prendront conscience des réalités biophysiques qu’avec un litre d’essence à plus de 10 euros.

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Le vélo c’est bien, la voiture c’est trop mal

extraits : L’automobiliste n’a pas encore compris qu’il est plus rapide de rouler en vélo. Considérer 80 km/h ou 200 km/h, c’est un calcul superficiel de la vitesse de déplacement. On ne prend en compte que la distance parcourue et le temps resté au volant. Mais pour avoir le droit de s’installer sur son confortable siège, il a fallu consacrer un grand nombre d’heures de travail pour amortir l’achat de son véhicule et payer tous les frais inhérents à son fonctionnement (plein d’essence, réparations …). Si on divise le nombre moyen de kilomètre parcourue dans l’année par la durée réelle qui permet de couvrir le coût total (les heures de travail qui s’ajoutent au temps de déplacement), on obtient la vitesse généralisée, et non l’apparence de la performance. Le calcul montre qu’on va moins vite en voiture qu’en vélo. Alors, demain, tout le monde en vélo ? Ou à pied….

Incontestable, le vélo va bien plus vite que l’auto

– L’Américain moyen dépense 1600 heures chaque année pour parcourir 10 000 kilomètres ; cela représente à peine six kilomètres à l’heure. Car qu’on soit dans sa voiture en marche ou à l’arrêt, qu’on travaille pour payer le premier versement des traites ou l’essence, les péages, l’assurance, les impôts et les contraventions, l’Américain donne quatre heures chaque jour à sa voiture, qu’il l’utilise ou qu’il gagne les moyens de le faire. Passé un seuil critique, l’industrie du transport fait perdre plus de temps qu’elle n’en fait gagner. Depuis deux générations, la durée du trajet entre le logement et le lieu de travail a augmenté plus vite que n’a diminué la durée de la journée de travail. L’utilité marginale d’un accroissement de la vitesse de quelques-uns est acquise au prix de la désutilité marginale croissante de cette accélération pour la majorité. En d’autres termes, chaque privilégié se transforme en voleur qui dérobe le temps d’autrui. (Ivan Illich, 1973)

– Nous avons calculé la vitesse généralisée de l’automobile. Loin d’être un instrument de gain de temps, l’automobile apparaît comme un monstre chronophage. On estime toutes les dépenses annuelles liées à la possession et à l’usage d’une automobile : amortissement des frais d’acquisition, frais fixes payables annuellement, dépenses courantes d’utilisation… Ces dépenses sont converties en temps, en les divisant par le revenu horaire. On l’additionne au temps passé effectivement à se déplacer. Le temps global ainsi obtenu, mis en rapport avec le kilométrage annuel parcouru, permet d’obtenir la vitesse généralisée recherchée. Extrait d’un tableau comparatif de différentes catégories professionnelles : en 1967, la vitesse généralisée d’un ouvrier spécialisé est de 13 km/h en bicyclette, 10 en Citroën 2CV, 8 en Simca 1301 et 6 en Citroën DS 21. Plus un engin permet d’atteindre une vitesse effective de déplacement élevée, plus sa vitesse généralisée est faible. Le temps social que nous mange l’automobile est de l’ordre de trois à plus de quatre heures par jour (Jean-Pierre Dupuy, 1975)…. 

Plus tu veux aller vite, plus tu vas lentement

extraits : Grâce à la vitesse, nous déménageons plus loin de notre lieu de travail, allons faire des courses plus loin, partons plus loin en vacances. En conséquence, la durée quotidienne de déplacement est restée stable au cours du temps, de l’ordre d’une heure par jour. Il y a 200 ans, les Français parcouraient entre 4 et 5 kilomètres par jour à la vitesse de 4 à 5 km/h. La multiplication des distances par 10 (44 kilomètres par jour et par personne en moyenne) a été rendue possible par une augmentation des vitesses à peu près équivalente, de l’ordre de 42 km/h. Là où le bât blesse avec les « sciences » économiques, c’est lorsqu’on passe de l’utilité individuelle à l’utilité collective. Si tout le monde se déplace davantage, les réseaux de transport rapide, victimes de leurs succès, en viennent à être saturés. Il faut créer de nouvelles infrastructures. A terme, avec un tel cercle vicieux, les individus perdent littéralement du temps à cause du développement de la vitesse, et donc de la distance.

Cela conduit les populations, non plus vers la simple satisfaction de leur besoin, mais vers une dépendance définitive à l’automobile, à la vitesse et à la distance. Dans nos sociétés sur-industrialisées, la survitesse revient à remplir un immense tonneau des Danaïdes….

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ZFE, une étape vers le dévoiturage

Voici le script d’un débat interne à un mouvement écolo qui est significatif du fait qu’il y a deux conceptions de l’écologie, une engluée dans le social et l’autre plus radicale.

Marc : Suppression des ZFE : les députés votent la fin de ces zones à faibles émissions qui restreignent la circulation de certains véhicules polluants. La mesure a été approuvée, contre l’avis du gouvernement, par les députés de droite, d’extrême droite, les insoumis (!) et quelques macronistes. Ils jugent injuste ce dispositif visant à lutter contre la pollution aux particules fines. Sa fin reste suspendue au vote sur le projet de loi tout entier…

Lire, Zones à faibles émissions (ZFE), clapped- out !

Michel : Notre futur n’intéresse plus personne. Le raisonnement est uniquement basé sur le moment, les émotions. Avec la suppression des ZFE, Les députés démontrent un peu plus chaque jour leur indigence et leur peu de considération de l’intérêt général à long terme. Honte à LFI, pris en flagrant délit d’alliance avec la droite la plus rance, en se cachant derrière un prétexte « social » peu crédible. La France va-t-elle emboîter le pas à Trump ?

Jacques : La réalité, c’est qu’un smicard à 1 426 euros par mois ne peut pas s’offrir une voiture neuve répondant au critère Crit’Air. En cela, La France Insoumise relaye simplement la voix de ceux qu’on n’écoute plus. Dans mon entourage, plusieurs personnes favorables à l’écologie et ayant voté à plusieurs reprises pour les écologistes critiquent aujourd’hui une loi qui, sous couvert d’écologie, les contraint à changer de véhicule alors qu’elles n’en ont tout simplement pas les moyens. Quand tu te rends en région parisienne avec des enfants et que tu veux te déplacer en transports en commun, cela revient souvent plus cher que d’utiliser ta voiture. Et comme beaucoup de gens venant de province ou de personnes qui ne travaillent plus n’ont pas d’abonnement unique permettant de passer du bus au métro sans frais supplémentaires, le calcul est vite fait;  se déplacer en voiture est tout simplement moins cher. Bien écologiquement…

Michel : Le problème de fond pour les écologistes qui s’occupent du long terme, c’est d’oser dire publiquement la vérité : la voiture individuelle qui n’a qu’un siècle d’existence et a modifié notre mode de vie pour le pire va disparaître, qu’elle soit thermique ou électrique, dans le siècle à venir. Il nous faut donc nous préparer collectivement à d’autres modalités de déplacement.

Les ZFE comme les mobilités douces, le covoiturage, les transports publics, etc… ne sont que des modalités de la rupture écologique nécessaire aux équilibre planétaires bien compromis actuellement.

Jacques : Je suis tout à fait d’accord avec toi, Michel, mais il faudrait que l’on revienne à notre première revendication  « Vivre et travailler au pays ». Si la voiture a pris une telle place dans nos déplacements, c’est en partie parce que les gens travaillent de plus en plus loin de chez eux. Le temps de travail a certes diminué, mais en contrepartie, le temps perdu pour s’y rendre s’est allongé.

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Le futur de la mobilité, sans voitures c’est mieux !

extraits : Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et la ministre des transports, Elisabeth Borne, ont présenté le 20 juillet 2018, « les engagements de l’Etat en faveur de la mobilité propre et de la qualité de l’air ». Ils préfigurent la future loi d’orientation sur les mobilités (LOM), d’abord annoncée au printemps et désormais attendue en fin d’année ou début 2019. Comme d’habitude un retard à l’allumage, de simples déclarations d’intention, une écologie superficielle qui se contente de faux-semblants : zones à circulation restreinte dites ZFE (zones à faibles émissions), le langage technocratique règne en maître quand il s’agit de ne rien faire de sérieux, il n’y aura aucune obligation pour les collectivités concernées. Il n’y aura pas de plan vélo, Macron évite tout ce qui coûte de l’argent quand il s’agit d’écologie. Autre grand absent des « engagements », le report modal dans le transport de marchandises vers le fret ferroviaire. Comme d’habitude, Nicolas Hulot se contente de miettes…

Dévoiturage, on commence juste à en parler

extraits : Sur ce blog biosphere, il y a bien longtemps que nous parlons de dévoiturage. Il faudrait dire aux élèves de sciences économiques et sociales que de leur vivant ils seraient obligé un jour ou l’autre de se passer de voiture personnelle. Sylvie Landriève reflète parfaitement ce discours, on devrait tous le tenir si on était vraiment écologiste, merci à elle : « La voiture a colonisé l’espace public et l’a reconverti en zone de circulation rapide et dangereuse. Sans même revenir sur le nombre d’accidents et de morts de la route, situation que l’on n’accepterait d’aucune autre politique publique. Et si le problème était… la voiture ? N’est-ce pas l’occasion d’être plus radical ? Passons-nous dès demain de ce formidable objet du siècle passé. Allons vers un autre système de mobilité intégrant marche et vélo pour les trajets courts, cars fréquents pour les distances moyennes, train pour les longues distances… »….

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Le point de vue des écologistes

Notre blog biosphere a pour objectif de présenter « le point de vue des écologistes ». Tâche de Sisyphe ! Tout ce que nous écrivons est susceptible d’être rectifié ou compléter par des commentaires directs, soumis seulement à modération a posteriori. De notre côté nous essayons sincèrement dans nos analyses de correspondre à toutes les conditions ci-dessous.

  • Prendre le temps de la réflexion

  • Posséder des connaissances de base en matière de philosophie, de sciences économiques, de sociologie, d’histoire…

  • Faire preuve d’une écoute de l’autre, être ouvert à une argumentation différente de la sienne

  • Avoir la capacité de se remettre en cause, ce qui nécessite une prise de distance avec soi-même

  • Accéder à une maîtrise de ses affects, de ses sentiments personnels, de ses préjugés et a priori

  • Ne pas être prisonnier de sa fonction sociale (son métier, ses responsabilités familiales ou politiques…)

  • Chercher à approfondir ses connaissances par le choix de ses lecture, de sa fréquentation des médias (pour nous, principalement LE MONDE)

  • Adopter une démarche scientifique : c’est vrai, mais uniquement tant qu’on ne m’a pas démontré le contraire

L’expérience montre qu’une telle approche, complexe si ce n’est compliquée, a beaucoup plus de difficulté à se généraliser qu’une dérive de type religieuse ou un comportement de type fasciste. Les simplismes attirent les foules alors que les raisonnements étayés font fuir les masses. Pourtant une démocratie ne peut délibérer à bon escient qu’avec des citoyens éclairés.

On peut nous écrire 

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On peut faire connaître autour de soi notre existence ….

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