effet de serre

CLIMAT, que deviendra Côme Girschig ?

Côme Girschig, 24 ans, représentera la France au sommet de la jeunesse pour le climat qui se tiendra à New York le 21 septembre. Il a été choisi par les Nations unies parmi 7 000 candidats pour son engagement contre le dérèglement climatique. Diplômé de Sciences Po Paris et de l’Ecole des Ponts Paris Tech, il préfigure l’alliance entre les technocrates et les instances internationales pour faire face aux défis climatiques. Son discours va déjà dans ce sens : « Les COP sont-elles utiles ? lance-t-il à un auditoire de deux personnes, costume et baskets élégantes aux pieds. Oui, car même si ça ne va pas assez vite, elles créent une confiance commune qui permet à tous les Etats d’avancer ensemble. »

Ses bonnes résolutions seront rapidement détournées par le système. Il dit aujourd’hui : « nous devons relocaliser notre économie pour limiter notre empreinte écologique », il soutiendra demain la géo-ingénierie. Côme Girschig croit que la génération climat va se présenter massivement aux élections, encore faudrait-il que la génération des écrans veuille quitter ses écrans. Il apparaît pour la première fois dans les colonnes du MONDE* ce sera la seule fois en tant que militant. Il réapparaîtra un jour comme porte-parole d’un parti ou expert dans telle ou telle officine. Nous avons connu cette évolution avec la génération 1968. Car Côme Girschig s’apercevra comme Arnaud Montebourg que le discours politique, ce sont des propositions grandioses pour des résultats bien trop souvent minuscules. Alors mieux vaut en vivre !

A connaître cependant pour ne pas complètement désespérer des jeunes, l’association qu’il a lancé avec d’autres. Les Jeunes ambassadeurs pour le climat animent des interventions en collège, lycée et université pour sensibiliser les jeunes aux enjeux climatiques tout en partageant leur expérience des négociations internationales auxquelles ils participent chaque année. L’association propose aussi des conférences sur des thématiques en lien avec le climat (numérique, négociations internationales, agriculture, éducation, genre, …) à destination du grand public… et des grandes entreprises (Google, Deloitte, BNP). Pour les petits malins, le choc climatique permettra de gagner très bien sa vie. Côme Girschig est sur la bonne voie. A moins que Côme se garde de sombrer dans le management et devienne un adepte de la simplicité volontaire. Alors qu’il intégrait Sciences Po Paris, en section affaires internationales, il entreprenait de réduire son empreinte carbone : boycott de l’avion pour les déplacements touristiques, alimentation végétarienne, bio, locale et de saison, vélo et transports en commun dans la capitale, achat de vêtements et d’équipements d’occasion. Sans illusion : « C’est beau de changer de mode de consommation, mais après, il reste encore la production. Il est très compliqué de trouver un travail totalement éthique ». On ne lui fait pas dire ! Mais on peut toujours rêver. Côme Girschig, Greta Thunberg, Nicoles Hulot, Cyril Dion, etc. etc…. espérons que des millions et des millions d’humains deviendront à votre suite de véritables écologistes.

* LE MONDE du 13 septembre 2019, Côme Girschig, un jeune « champion du climat » qui croit à la politique

Taxe aux frontières ou démondialisation ?

Écologie superficielle : « En dissociant les lieux de production et de consommation, la croissance du commerce mondial entraîne une hausse du transport de marchandises et donc des émissions de gaz à effet de serre. C’est la contribution directe du commerce aux émissions. Or, ces dernières ne sont pas prises en compte dans le calcul des émissions de chaque pays.Si un groupe de pays décide de poursuivre des objectifs ambitieux en matière de climat et de taxer ses émissions de carbone, leurs efforts pourraient être annihilés par le jeu du commerce international. Les industries fortement émettrices, comme les cimenteries, délocaliseraient leurs usines dans des pays qui n’ont pas de politique climatique. Ce qui ne ferait que déplacer le problème ailleurs. Il faut donc imaginer autre chose. Une première méthode, a priori séduisante, est la taxe de compensation aux frontières. Les pays qui taxent leurs émissions pourraient aussi taxer les importations de biens en fonction du carbone émis au cours de leur production. Cela réglerait les problèmes de perte de compétitivité de leurs industries. Mais comment calculer la teneur en carbone d’un bien ? Difficile. Une manière de contourner cet obstacle serait de former un club de pays qui taxeraient tous les biens en provenance des pays non engagés dan la lutte climatique. Il suffirait à ces pays d’ajuster leurs objectifs climatiques pour rejoindre le club et échapper à la taxe. Le produit de la taxe pourrait être utilisé pour financer le transfert de technologies propres vers les pays les moins avancés. L’OMC l’autoriserait sans doute car elle prévoit une exception environnementale pour les droits de douane qui poursuivent un objectif légitime, transparent et non discriminatoire. » (Lionel Fontagné)*

Écologie de rupture : « Sur le plan environnemental, il va falloir réduire les échanges, puisque le transport de marchandises émet presque 1 milliard de tonnes de CO2 par an ! La mondialisation, c’est la concurrence effrénée où l’emporte le plus antisocial, le plus anti-environnemental, qui utilise les moyens les moins scrupuleux pour fabriquer moins cher. La mondialisation est donc déloyale en mettant en concurrence des anciens pays industrialisés, qui ont cent cinquante ans d’acquis sociaux, avec des pays nouveaux, qui traitent leurs travailleurs comme des esclaves. La mondialisation a provoqué deux crises : celle financière des subprimes, où un excès de la dette privée avait dû relayer un pouvoir d’achat insuffisant, et la crise écologique mondiale. Les standards mondialisés tirent vers le bas toutes les normes environnementales et organisent le saccage de la nature. Pour moi, la mondialisation est terminée. Si vous mettez bout à bout l’explosion des inégalités, la destruction des ressources naturelles, l’inquiétude mondiale sur le dérèglement climatique, l’appauvrissement des classes moyennes, la colonisation numérique de notre économie par les empires américains et chinois, vous avez en résultante le nécessaire rétrécissement du monde. Et avec l’affirmation des Etats-Unis qu’il faut restreindre les échanges, c’est le retour inévitable à la souveraineté économique des Etats-nations. Le retour du protectionnisme va rétrécir le monde, par un rééquilibrage justifié, nécessaire, après l’intégrisme religieux de la mondialisation. Nicolas Hulot a raison : les traités de libre-échange et l’écologie sont incompatibles. » (Arnaud Montebourg)**

* LE MONDE du 12 septembre 2019, « Il faut intégrer le coût environnemental au commerce des marchandises »

** LE MONDE du 8 septembre 2018, « La mondialisation, c’est terminé »

Le message déplaît, tuons le messager !

Stéphane Foucart* : « Souvenez-vous. Lorsque la question climatique a commencé à se frayer une petite place dans les grands médias, la première forme de négationnisme a consisté à en nier la réalité. Cet argument tombé, il fallut en trouver un autre. Certes, le réchauffement était réel, mais il n’était pas le fait des activités humaines. Puis il fallut chercher autre chose. Certes, le réchauffement était réel, certes il était bien le fait des activités humaines, mais il était sans gravité. Cet élément de langage a aussi fait long feu. Les négationnistes ont alors revêtu des habits neufs. Ce ne sont plus des arguments qui sont attaqués, mais les personnalités qui incarnent la mobilisation contre le réchauffement, ainsi la jeune Greta Thunberg. « Quelle âme habite ce corps sans chair ? », s’interroge Michel Onfray. Elle « affiche son syndrome d’Asperger comme un titre de noblesse », persifle Pascal Bruckner. Pour Raphaël Enthoven, elle n’est « qu’une arnaque, qu’une image, qu’une enveloppe vide mandatée pour dire le Bien ». Au terme de cet été, les forêts, les banquises, les océans et les ressources en eau douce ont certes souffert, mais la qualité du débat public n’a pas, elle non plus, été épargnée. » Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Si-i : Merci pour cet article. Quand la nouvelle est mauvaise, on tue le messager.

E. P : Des vagues de haine et de calomnie amplifiées par les réseaux sociaux qui servent le déni et la désinformation en détournant l’attention. A l’insulte Trump et Bolsonaro ajoutent la provocation de réaffirmer leur projet d’exploitation irraisonnée de la nature. Des méthodes qui obligent à replacer toujours et encore le discours sur l’essentiel, la maison brûle.

Fopa : Les nouveaux sceptiques montrent le syndrome d’Asperger de Greta Thunberg lorsque Greta leur montre la science. »

Marco Prolo : MERCI aux éveillés, à ceux qui prônent l’excès de sobriété. Et aux OUBLIETTES les autres.

Marredesc : Et si la presse n’offrait pas de relais à ces négationnistes ?

Pour en savoir plus sur notre blog biosphere :

24 juillet 2019, Greta Thunberg, le climat face aux députés

25 juin 2019, Greta Thunberg répond à ses détracteurs

20 mai 2019, Greta Thunberg, l’icône dont nous avons besoin

* LE MONDE du 1-2 septembre 2019, Climat : les habits neufs du scepticisme

Convention citoyenne sur le climat, mascarade ?

Les conférences de consensus (ou de citoyens) sont un mécanisme qui devrait être mis en avant par les écologistes car c’est une nouvelle forme d’exercice démocratique alliant citoyen de base, tirage au sort et réflexion collective sur nos problèmes contemporains. Voici quelques éléments de présentation de ce système mis en place… par Macron ! Voici aussi nos critiques :

Cadre général : La convention citoyenne sur la transition écologique a été annoncée par Emmanuel Macron le 25 avril 2019 lors de sa conférence de presse de conclusion du grand débat : une assemblée de 150 citoyens tirés au sort sera placée sous la double tutelle du ministère de la transition écologique et solidaire et du Conseil économique social et environnemental (CESE). Cette convention « répond à la double demande de plus de participation et de plus d’écologie » et « a vocation (…) à mobiliser l’intelligence collective pour passer du consensus sur le diagnostic au compromis sur les solutions »

Biosphere: « …passer du consensus sur le diagnostic au compromis sur les solutions … » ? Cette phrase n’a aucun sens. Si le consensus admet la gravité d’un sujet, comment imaginer un compromis sur les solutions ? De plus la notion de « tutelle » pose problème, quelle va être l’autonomie réelle des 150 citoyens ? Enfin il est étonnant qu’une telle structure ne soit pas organisée par la Commission nationale du débat public (CNDP).

Objectif de la Convention : Cette convention citoyenne devrait « redessiner toutes les mesures concrètes d’aides aux citoyens sur la transition climatique dans le domaine des transports, de la rénovation des logements, pour les rendre plus efficaces ». Le ministre de l’écologie François de Rugy précisait : « Nous attendons de cette assemblée qu’elle définisse un paquet de mesures qui seront soit directement transmises aux Français par voie de référendum, soit au Parlement dans un cadre législatif, soit encore qui donneront lieu directement à des mesures réglementaires. »

Biosphere : Greenpeace a estimé que « le gouvernement brandit la participation des citoyens pour dissimuler son inaction… Le gouvernement se dédouane de ses responsabilités et repousse le moment d’agir, alors que les solutions sont connues depuis longtemps et que des textes importants pour le climat, comme la loi d’orientation sur les mobilités ou la loi climat-énergie, sont en cours d’examen. »

Moyens et résultats : Le tirage au sort des 150 Français a débuté lundi 26 août et s’achèvera fin septembre, avant une première réunion début octobre. A l’issue des discussions, « le gouvernement publiera un calendrier prévisionnel de mise en œuvre de ces propositions ». Six week-ends de trois jours de travail sont programmés, avec une journée bilan, fin janvier 2020. Les citoyens pourront par la suite « formuler une réaction commune et publique aux réponses du gouvernement ».

Biosphere : Comme la France est déjà loin de tenir ses engagements sur le climat, cette convention risque fort de ressembler au Grenelle de l’environnement sous Sarkozy qui n’avait abouti à aucune mesure concrète lors de son passage au parlement.

Greta Thunberg, le climat face aux députés

La Suédoise de 16 ans a prononcé devant les députés le 23 juillet 2019 un discours sur l’inaction climatique aux côtés d’une climatologue. Le président des députés LR, Christian Jacob : « J’aurais préféré que l’on mette en avant les scientifiques du GIEC, l’Assemblée nationale a vocation à prendre en compte l’avis d’experts. » La climatologue et membre éminent du GIEC Valérie Masson-Delmotte répond a cette contre-vérité : « Jusqu’ici, je n’avais pas été invitée à l’Assemblée. Ce sera le cas mardi, et j’en suis très reconnaissante au mouvement des jeunes pour le climat : grâce à eux, le message des scientifiques retient davantage l’attention. Or le moindre demi-degré compte. Chaque année où l’on n’agit pas implique un changement climatique plus important à l’avenir. » Pour mieux comprendre l’inertie des politiques, rappelons cet événement d’il y a près de treize ans. Une (petite) partie des députés français avait assisté le 11 octobre 2006 à la projection du documentaire d’Al Gore consacré au réchauffement climatique, « Une vérité qui dérange ». Au sortir de la séance, une sénatrice des Verts rappelait que « le Parlement français a voté à l’unanimité en faveur de l’application du protocole de Kyoto, mais nous n’avons concrètement changé aucune de nos politiques ». Le centriste F.Bayrou appelait les politiques à renoncer à leur approche habituelle par étiquette droite/gauche car, avec l’affrontement politique, il ne peut plus y avoir d’action continue contre le changement climatique.

Aujourd’hui les réactions disproportionnées de certains politiques contre la venue de Greta démontrent que l’aveuglement climatique est toujours présent malgré la canicule qui frappe la France. L’eurodéputé du Rassemblement national Jordan Bardella dénonce « la dictature de l’émotion » et une « nouvelle forme de totalitarisme ». Guillaume Larrivé : « Faire la grève de l’école, je ne peux l’approuver. » Le député (LRM) de Paris Sylvain Maillard dit de même, « Faire la grève de l’école, quel triste symbole ». Le député Julien Aubert, également en lice pour la présidence LR comme Guillaume Larrivé, qualifie la jeune suédoise de « Prix Nobel de la peur » : « Pour lutter intelligemment contre le réchauffement climatique, nous n’avons pas besoin de gourous apocalyptiques, mais de progrès scientifique et de courage politique. » A La France insoumise (LFI), le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière avait fustigé l’« hypocrisie » consistant à faire cohabiter dans la même journée le vote sur le CETA, « un accord climaticide », selon lui, et la venue de Greta Thunberg. Julien Aubert tenait le même raisonnement, « Le jour où vous ratifiez l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada [CETA], on invite une égérie qui permet de regarder ailleurs. On nous invite à écouter une prédication qui repose sur des présupposés. C’est du spectacle, de la mystification.  » La LRM Peyrol : « Mes héros à moi ne sont pas comme Greta, ce sont des agriculteurs, des chefs de PME qui essaient de trouver des solutions .» Pour résumer la réponse de Greta Thunberg, cette phrase : « C’est très triste que les gens soient si désespérés qu’ils inventent des choses. On dirait qu’ils ont plus peur de moi et des manifestations des jeunes que du vrai problème, à savoir le réchauffement climatique ».

Faisons la synthèse avec cet Éditorial du MONDE (24.07.2019) : « Par son message « Vous me volez mon avenir », Greta Thunberg incarne la mobilisation spontanée d’une génération qui réalise que la planète dont elle hérite est menacée par un mode de vie, de production et de consommation incompatible avec la croissance démographique… A l’urgence médiatique, on ajoute la dimension générationnelle. Il faut être politiquement aveugle – et l’état de notre débat public montre que nombre de nos élus le sont encore – pour ne pas comprendre que la protection de l’environnement est aujourd’hui un ressort fondamental dans l’électorat .Parce que cette préoccupation transcende les clivages traditionnels, son expression politique n’est pas encore aboutie ; mais la mobilisation citoyenne est réelle, comme l’ont prouvé les importantes manifestations de jeunes.. »

ensavoir plus, Al Gore aux avants-postes de la lutte climatique

A qui appartient l’Amazonie ? à Jair Bolsonaro

Jair Bolsonaro face à la presse étrangère : « L’Amazonie est au Brésil, pas à vous ! » Après deux cents jours à la tête du Brésil, Jair Bolsonaro assume : « Je suis là pour accomplir la mission de Dieu. » Et si d’aventure des maux existent dans le pays, la faute en revient en intégralité à ses prédécesseurs, de droite comme de gauche. Quand l’Institut national de recherches spatiales du Brésil publie des statistiques toujours plus effrayantes sur le niveau de déforestation, le président répond qu’il fera convoquer le directeur de l’organisme, qu’il soupçonne de travailler pour le compte d’une « ONG ». Quant aux populations autochtones, Jair Bolsonaro répond qu’ils vivent « comme des hommes préhistoriques ».Vivant dans un monde peuplé de « socialistes », de « corrompus » et de « fake news », Jair Bolsonaro reste néanmoins confiant quant à la capacité qu’a le peuple « de distinguer le vrai du faux ».

Au-delà de ce trumpiste d’Amazonie, la question de fond reste cruciale : à qui appartiennent les ressources naturelles ? Pour les intérêts globaux comme la nécessité des puits de carbone face au réchauffement climatique, il faut considérer l’Amazonie (et les autres forêts) comme des espaces à sacraliser car favorisant le bien commun planétaire. Pour le pétrole, les pays moteurs de la civivilaiton thermo-industrielle ne se sont jamais posé la question de l’appropriation. Est-ce que le pétrole de l’Arabie Saoudite appartient aux Saoudiens et Saoudiennes ? A la dynastie Saoud qui ne règne que depuis 1932 ? Au roi en exercice Salmane ben Abdelaziz ? Aux Etats-Unis qui ont protégé la dynastie des Saoud ? Aux compagnies pétrolières internationales ? Ou à Dieu puisque le Coran est partie intégrante de la constitution Wahhabite ? En fait le pétrole, offert gratuitement par mère Nature, appartient d’abord au sous-sol et secondairement à l’espèce humaine. Jamais on n’aurait du l’extraire pour le brûler, et comme on ne l’a pas fait, on se retrouve devant le problème amazonien ! Quelques réactions subsidiaires sur lemonde.fr* :

Léon : L’Amazonie est à nous ! Ben non, comme le Sahara, l’Amazonie est multinationale. Elle est partagée entre le Brésil, la Bolivie, le Pérou, l’Equateur, la Colombie, le Venezuela, la Guyana, le Surinam et … la France. Le Brésil en détient 63%. L’Amazonie n’est donc pas « brésilienne ».

Ma Tzu : L’ oxygène appartient à tout le monde !

Pierre K : Puisque Bolsonaro est, selon ses dires, si croyant, on devrait lui rétorquer que l’Amazonie, comme toutes les richesses naturelles, sont à Dieu et non au Brésil, que les hommes qui l’habitent depuis toujours, sont ses frères. Que fait le pape? Mais bon… ce christianisme n’est que façade ou instrument d’oppression comme il l’a été trop souvent.

Dmg : Voyons les choses en face. La société libérale hyper-capitaliste est une invention occidentale. Elle s’est accaparée la totalité de la planète et mène l’humanité entière à vitesse accélérée à sa destruction. Ce qui nous gène chez Bolsonaro, c’est qu’il veut piller son pays pour lui-même, pas pour nous.

jamaiscontent : Sur l’Amazonie, ce grand ami de l’humanisme et de l’environnement a apporté une réponse claire à sa façon aux béni-oui-oui européens encore persuadés que les accords de libre échange obligeront ce pays à respecter des normes en matière environnementales… Tous ceux qui nous vendent l’accord UE-Mercosur comme une possibilité de faire progresser l’accord de Paris ne pourront plus nous mentir impunément.

U. Zée : Un procès pour mise en danger de la vie d’autrui est-il envisageable contre un homme qui massacre le poumon de la planète sous prétexte qu’il lui appartient ?

Woudi Kherenc : Peu de chance de faire entendre raison à un mec persuadé qu’il est là « pour accomplir la mission de Dieu »…:

* LE MONDE du 21 juillet 2019, Jair Bolsonaro, L’Amazonie est au Brésil, pas à vous 

Les victimes du réchauffement se battent déjà

Le présidentiable René Dumont avait prévenue en 1974, «L’écologie ou la mort » ; il a obtenu 1,3 % des voix.  Certains croyaient encore dans les années 2000 à la pédagogie de la catastrophe… La responsable académique au développement durable a accusé un référent EEDD dans son lycée d’être « catastrophiste ». Eviter le réalisme des mots en matière d’urgence écologique, c’est le meilleur moyen d’accélérer l’effondrement. Les gens conscients des réalités biophysiques en arrivent à penser aujourd’hui que même la catastrophe ne peut plus servir de pédagogie : chacun se battra pour accaparer les ultimes ressources terrestres, et la dernière goutte de pétrole ira sans doute à un tank. L’article* de Jean-Baptiste Fressoz confirme :

«  Les climatologues n’hésitent plus à relier les inondations au réchauffement : une terre plus chaude, c’est une évaporation plus intense, davantage d’eau retenue dans l’atmosphère et donc des inondations plus fréquentes et plus dévastatrices. Alors que de nombreuses inondations frappent partout la planète et que les grandes plaines du Midwest américain sont sous l’eau, le président Trump aggrave les sanctions économiques contre l’Iran, lui-même submergé. Le désastre dans le Midwest ouvre des opportunités commerciales aux concurrents, incités à déforester davantage l’Amazonie et La Pampa argentine, et donc à accroître le réchauffement. Pis : pour amadouer les agriculteurs américains lessivés par les inondations et la guerre commerciale avec la Chine, le président Trump cherche à encourager la production de carburant à partir de maïs et de soja. Enfin, les évangéliques, très actifs dans le Midwest, expliquent à qui veut l’entendre que le réchauffement climatique est un mythe et que les inondations sont une sanction des péchés d’une Amérique qui a tourné le dos à Dieu ! L’idée d’une pédagogie de la catastrophe est décidément beaucoup trop optimiste… »

Voici sur notre blog biosphere quelques autres points de vue complémentaires de Jean-Baptiste qui méritent la lecture :

25 décembre 2018, Jean-Baptiste Fressoz annonce l’apocalypse joyeuse

en résumé : En avril 1855, alors que la foule se presse à l’exposition universelle de Paris pour y admirer machines, locomotives et inventions, paraît « La Fin du monde par la science », écrit par un avocat, Eugène Huzar  : Je ne fais la guerre ni à la science, ni au progrès, mais je suis l’ennemi implacable d’une science ignorante, d’un progrès qui marche à l’aveugle sans critérium ni boussole. La science expérimentale ne peut anticiper les conséquences lointaines de ses productions toujours plus puissantes. Et ce décalage entre capacités techniques et capacités de prévision conduit inexorablement à l’apocalypse…

25 octobre 2018, L’addition des énergies mène droit à la crise ultime

en résumé : Jean-Baptiste Fressoz souligne à juste titre que la « transition » devrait s’appeler « crise énergétique » ou « gap énergétique ». Mais dire « transition » plutôt que « crise » rend le futur beaucoup moins anxiogène en l’arrimant à une rationalité planificatrice et gestionnaire. Ainsi va un monde où il ne faut plus culpabiliser les gens, ni parler d’écologie punitive, encore moins de sang, de larmes et de sueurs

* LE MONDE du 13 juin 2019, « Les victimes du réchauffement se battent au lieu de s’entraider »

CLIMAT, prendre aux riches, donner au pauvres

Thomas Piketty* : « les responsables Verts, enivrés par leur succès, notamment en France, refusent de dire s’ils souhaitent gouverner avec la gauche ou la droite. Pourtant tout indique de plus en plus clairement que la résolution du défi climatique ne pourra se faire sans un puissant mouvement de compression des inégalités sociales. On voit mal comment les classes moyennes accepteraient de changer leur mode de vie si on ne leur apporte pas la preuve que les plus aisés sont mis à contribution. Avec l’ampleur actuelle des inégalités, la marche en avant vers la sobriété énergétique restera un vœu pieux. D’abord parce que les émissions carbone sont fortement concentrées parmi les plus riches. Au niveau mondial, les 10 % les plus riches sont responsables de près de la moitié des émissions, et les 1 % les plus riches émettent à eux seuls plus de carbone que la moitié la plus pauvre de la planète**. La réduction drastique du pouvoir d’achat des plus riches aurait donc en tant que telle un impact substantiel sur la réduction des émissions au niveau mondial. » Quelques réactions sur le monde.fr

CM : J’ai arrêté la lecture de l’article arrivé à cette phrase : « Au niveau mondial, les 10% les plus riches sont responsables de plus de la moitié des émissions carbone ». D’où sort ce chiffre ? Et comment il est calculé ? L’utilisation du mot « responsable » annonce déjà l’escroquerie intellectuelle. On devine que Piketti inclut ceux qui détiennent des actions dans une industrie polluante par exemple. Donc en fait, les millions de voitures et de camions qui roulent dans le monde, c’est à cause des 10% les plus riches (qui en sont les actionnaires). Donc si on suit le raisonnement probable de M Piketti, si on ruine les 10% les plus riches, on ruine l’industrie automobile et, miracle, plus d’émissions carbone.

GGir : La relation entre redistribution et écologie est assez ténue. Si on redistribue des plus riches aux plus pauvres, et que ceux ci s’en vont consommer des produits carbonés, le problème n’aura été que déplacé. Une société très égalitaire dont la principale source d’énergie serait le pétrole contribuera toujours plus au changement climatique qu’une société très inégalitaire dont la principale source d’énergie reposerait sur une inégalité énergétique. Faire du changement climatique un combat anti-capitaliste est le meilleur moyen de n’arriver à rien. Un problème d’une telle envergure ne peut être résolu que si toute la société s’y attelle.

jacques Fauvet : Si on effectue des transferts de richesse des riches aux pauvres pourquoi cela aurait-il un effet sur le réchauffement climatique ? Les anciens « pauvres » prendront l’avion, auront plus de voitures, etc. Piketty est un militant politique aveuglé par son idéologie.

Olivier Godard : De façon générale les problèmes écologiques ne sont pas directement attribuables aux inégalités, mais à l’absence de régulation de nombreux usages de la nature (droits de propriété et d’usage, réglementations, taxes et marchés de quotas, etc.), ce que les économistes appellent des externalités. Dommage que Piketty se soit transformé en idéologue.

PHILEMON FROG : Une fois n’est pas coutume, l’analyse de T.Piketty s’égare en s’attardant sur un aspect de l’écologie politique qui n’est pas mineur mais qui n’est pas l’axe autour duquel doivent s’articuler les actions en la matière. Cet axe c’est la régulation de l’activité humaine pour la rationaliser (fixer des normes pour maîtriser les impacts, interdire les activités nocives, etc). C’est en cela que l’écologie est fondamentalement progressiste (par opposition aux formes conservatrices qui ne sont que des traditionalismes régressifs, une sorte de culte passéiste de la terre nationale). La justice sociale par la solidarité, en d’autres termes la redistribution (accompagner les défavorisés dans la transition afin que les coûts soient soutenables), est un moyen d’atteindre les objectifs écologiques. Mais T.P. semble en faire un objectif en soi et même le seul. En absolu, pourquoi pas mais ce n’est pas un objectif écologique. Le propos est donc bien trop restrictif.

Jogg : T.Pikkety devrait regarder attentivement la carte du vote écologiste en Europe. Dans les pays pauvres (Est et Sud de l’Europe), les écologistes n’ont obtenu aucun siège. Ce sont les pays riches (du Nord-ouest) qui votent écologistes. L’écologie est une préoccupation de « riches », pas chez les pauvres qui ont d’autres priorités. A l’échelle de la planète, les régions les plus pauvres sont celles qui polluent le plus (air, eaux, sols) et où la démographie n’est pas maîtrisée. Donc tuer les riches pour que la planète aille mieux semble une très mauvaise idée.

NRVé : Je suis assez admiratif sur la méthode « Piketty ». Prenez n’importe quel sujet. Dites que les riches sont responsables de X% du problème. Brodez autour. Regrettez que les choses n’aillent pas mieux. Dire qu’elles iraient mieux sans riches. Parlez de la suppression de l’ISF. Recommencer la même argumentation sur un autre sujet.

Bullocrate : Piketty et ses erreurs, l’écologie a eu comme origine, non pas la gauche mais le courant malthusien plutôt de droite et comme vecteur essentiel, la religion protestante. Piketty et ses errements, on additionne des chèvres et leurs fromages pour faire une majorité puisque la gauche n’a jamais existé comme force unique.

le sceptique : Si les socialistes adoptent un point de vue écolo consistant à appauvrir tout le monde chez les industrialisés et bloquer le développement chez les émergents, ils sont politiquement morts, l’ensemble vert+gauche fera entre 10 et 20% car les électeurs fuiront vers le centre ou la droite. Il n’y a en fait qu’une écologie écologiste (ni libérale ni socialiste), c’est une construction intellectuelle ne correspondant pas aux préférences majoritaires des individus pour le moment.

MBS : Être de gauche, plus personne ne sait trop ce que cela veut dire. Aucune raison de considérer une sensibilité particulière à la problématique écologique. Elle l’a prouvé lorsqu’elle était au pouvoir. Ce qui est certain c’est qu’elle n’est pas fédéraliste. Poser déjà comme prérequis l’acceptation par les partis se disant de gauche d’un transfert de souveraineté vers l’Europe, ainsi que plus d’autonomie aux régions. le PC est contre, LFI est contre, le PS est contre…EELV est pour. Passer d’un bipartisme PS-LR à un bipartisme EELV-LREM ne me pose pas de problème. Le PS a échoué et trahi ses électeurs, très peu en sont nostalgiques.

* LE MONDE du 9-10-11 juin 2019, Thomas Piketty : « L’illusion de l’écologie centriste »

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Nous n’en poumons plus, vite le dévoiturage !

Sortir de la voiture individuelle ne sera pas une mince affaire. Pourtant ça urge, le climat et nos poumons sont à la peine. La loi d’orientation des mobilités (LOM) est discutée par nos députés depuis le 3 juin. Le projet inscrit dans la loi l’interdiction en 2040 de la vente des voitures utilisant des énergies fossiles (pétrole, essence, GPL, GNL). Bravo, même si l’association de Nicolas Hulot (FNH) estime que « La seule date réaliste et ambitieuse c’est 2030 pour être compatible avec l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 ». Pourquoi 2030 ? Parce que les véhicules ont une durée de vie de quinze à vingt ans. FNH a fait le calcul : entre une interdiction en 2030 et en 2040, ce sont environ 200 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) rejetées en plus dans l’atmosphère. Et attention à la cohérence : un tel choix implique une massification de l’électro-mobilité, et donc la multiplication des centrales nucléaires. Or là-dessus le projet ne dit rien 

100 citoyen·nes ont interpellé les députées le 4 juin en organisant un die-in devant l’Assemblée Nationale. “Nous n’en poumons plus” déclare la banderole placée devant le Palais Bourbon, tandis que les activistes brandissent des pancartes “Le fond de l’air effraie”. Les collectifs Respiraction, Action Climat, Alternatiba et Greenpeace Paris appellent les députés à écrire noir sur blanc la fin de la vente des voitures neuves d’ici à 2030. Ils demandent que soit généralisé le droit pour tous les salariés au « forfait mobilité durable » obligeant les employeurs à rembourser les déplacements à vélo et en co-voiturage. Le forfait, tel qu’il est prévu par le projet de loi, peut être refusé par l’employeur. Ils exigent de supprimer les ristournes octroyées au fret routier et à l’aérien sur les taxes carburants diesel, kérosène et carbone, une mesure absente du projet de loi. Les activistes appellent tout un chacun à interpeller leurs députés cette semaine sur le site “Pour qui roulez-vous ?” avant qu’il ne soit trop tard :

Sur le vélo, les associations reprochent aussi au gouvernement et aux parlementaires d’avoir « rétropédalé » en n’inscrivant pas l’apprentissage du « savoir rouler » à l’école. Autre mesure réclamée, « Mettre en œuvre une fiscalité juste et équitable » en mettant fin au remboursement des taxes sur le diesel professionnel dont bénéficient les transporteurs routiers. En outre, les militants de la cause climatique demandent l’abandon de tous les nouveaux projets autoroutiers ou de contournements, comme il en existe à Strasbourg, Toulouse ou Rouen. Mais des gilets jaunes sans voiture, ce n’est pas pour demain vu les résistances multiples. Le syndicat FO annonce « une casse sociale sans précédent », estimant que 340 000 emplois sont en danger. » Et les cons-ommateurs privilégient les SUV (37 % des ventes en 2018), ces grosses berlines qui font croire au 4 × 4.

pour en savoir plus sur notre blog biosphere :

18 octobre 2017, La chasse aux automobilistes est ouverte, feu à volonté

29 février 2016, Dévoiturage : l’urgence de sortir du tout routier

5 mars 2013, En route vers le dévoiturage

Fridays for Future, génération CLIMAT dans la rue

Pour le climat, au moins 1,6 million d’étudiants, de lycéens et de collégiens ont séché les cours pour défiler dans plus de 120 pays : « Les calottes sont cuites », « Je sèche et la planète aussi », « Les bronzés ne feront plus de ski ». Aux côtés de 15 000 jeunes en France, Sam et Maxence en 1re à Paris : « Ceux qui galèrent aujourd’hui à acheter à manger seront bientôt les mêmes [qui galéreront] à cause du climat ».

Comme les politiques et les décideurs économiques continueront de faire la sourde oreille, le mouvement ne fait que commencer.

* LE MONDE du 24 mai 2019, Plus d’un million de jeunes descendent de nouveau dans la rue pour le climat

CLIMAT : grève scolaire mondiale

« Pourquoi devrions-nous étudier pour un futur qui ne sera plus si personne ne fait rien pour le sauver ? » écrit Youth For Climate. Ce collectif appelle donc à une deuxième grève mondiale des jeunes pour le climat le vendredi 24 mai 2019. Après le succès rencontré pour la première grève, le 15 mars , les associations, les collectifs citoyens, les établissements scolaires, les universités et tous les citoyens sont invités à une nouvelle mobilisation.

La fédération SUD éducation a déposé un préavis de grève couvrant l’ensemble des personnels de la maternelle à l’Université pour le 24 mai 2019. La fédération SUD éducation soutient l’appel des enseignant-e-s pour la planète. Participons à la grève mondiale du 24 mai 2019 pour la justice sociale et climatique !

Il faut bien que les scolaires manifestent dans la rue puisque l’inertie politique et judiciaire est totale. Ainsi le Tribunal de l’UE a acté le 15 mai 2019 l’irrecevabilité de l’affaire du People’s Climate Case pour des raisons de procédure. Si le tribunal reconnaît dans sa décision les impacts du changement climatique comme menaçant les droits humains des plaignant-es, celui-ci a déclaré de fait, que les familles et les jeunes affecté-es par le changement climatique n’avaient pas le droit de recourir aux tribunaux pour contester les objectifs climatiques européens – objectifs qui mettent leurs droits fondamentaux en danger.

(La décision est accessible ici)

Greta Thunberg, l’icône dont nous avons besoin

CLIMAT. Certains internautes regrettent la mise en avant de Greta Thunberg, 16 ans. Ils ne comprennent pas que notre démocratie de masse a besoin d’image représentative de ce à quoi il faut s’identifier. Ils postent par exemple « Balader cette jeune fille malade dans le cadre d’un lobbying est tout simplement répugnant ». Laissons de côté les indignes attaques sur l’Asperger de Greta, son syndrome ne l’empêche pas de savoir de quoi elle parle, même devant  le Parlement européen: « Sous peu, nous ne pourrons plus inverser la tendance actuelle. Lors de cette élection du 26 mai, vous voterez pour les futures conditions de vie de l’humanité... »*

Face à l’inertie politique totale des politiques face à l’urgence écologique, la présence de Greta est nécessaire. Les 24 années de parlottes internationales sur le climat n’ont servi à rien, COP21 à Paris, puis COP22, 23, 24, bientôt 25 au Chili. L’Union européenne s’interroge depuis bien des années, peut-être un jour qu’elle va faire quelque chose, peut-être. Les objectifs européens du paquet énergie (32 % d’énergies renouvelables et 32,5 % d’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici à 2030) ne sont que des effets d’annonce sans programmation d’un plan d’action. Voter une réduction de 37,5 % des émissions de CO2 des voitures neuves, c’est entériner qu’on ne sortira pas de l’impasse de la voiture individuelle alors qu’il faudrait mettre en place un processus dévoiturage. La France régresse en adoptant le concept de neutralité carbone en 2050 (on peut continuer à polluer, on trouvera bien un jour qqch pour compenser nos émissions de gaz à effet de serre). Le prix de la tonne de CO2 sur le marché du carbone est trop faible pour être efficace, et les taxes carbones sont aux abonnés absents. Etc., etc.

Dans ce contexte où les blocages décisionnels sont omniprésents et les nations charbonnières (Pologne, Hongrie et République tchèque) arc-boutés sur leur intérêts nationaux, nous avons besoin de Greta Thunberg, nous avons besoin d’une icône de la lutte contre le changement climatique. Nous avons besoin d’une Greta Thunberg en pleurs, submergée par l’émotion, pour sortir de notre indifférence face à des changements de température qui ne nous touchent pas encore : « Il va faire beau, y’a le soleil, dit miss météo ». Nous avons besoin d’être culpabilisés par Greta en pensant au triste sort que nous préparons pour nos générations futures dont Greta est une porte-parole. Elle fait vivre les acteurs absents. Nous avons besoin que les Greta se multiplient dans toutes nos écoles, fassent la grève pour le climat, discutent avec leurs parents des désastres écologiques, envahissent les réseaux sociaux pour parler d’autre chose que leur dernier maquillage à la mode. Faire de Greta une icône, ce n’est pas lui voler une partie de son enfance, c’est lui donner de l’expérience pour faire face aux réalités, c’est la faire grandir. C’est nous faire grandir, et ça nous change des icônes de la chanson, du cinéma, de la télé. C’est abandonner la société du spectacle, c’est contribuer à la formation d’un peuple écolo. Pour en savoir plus sur Greta Thunberg grâce à notre blog biosphere :

Pascal Bruckner incarne l’infantilisme de l’adulte : « Greta Thunberg ou la dangereuse propagande de l’infantilisme climatique* », dixit Pascal Bruckner. Il est terrifié par une jeune fille de 16 ans qui a le culot de faire la leçon aux mâles dominants….

Les générations futures font entendre leurs voix : Greta Thunberg, qui a été proposée pour le prix Nobel de la paix 2019. Elle s’est exprimé devant le Parlement de Stockholm : « Nous venons de naître au monde, cette crise nous allons devoir vivre avec, et nos enfants et nos petits-enfants et les générations futures. Nous ne l’accepterons pas »….

Nous, adultes, ferons la grève scolaire du 15 mars : A l’opposé des destructeurs se situent les lycéens et étudiants qui suivent le mot d’ordre de grève climatique de Greta Thunberg ; et au-delà la jeunesse de la planète entière. Nous comprenons un mouvement de désobéissance civile comme Extinction Rebellion, dont la radicalité relève du réflexe de survie….

* LE MONDE du 15 mai 2019, L’Europe divisée face à l’urgence climatique

Le réchauffement climatique a occulté le pic pétrolier

Nous sommes une société où l’information chasse la précédente, donc plus aucun événement n’a d’importance. Un jour on nous parle de la fonte des glaciers, c’est abominable, le lendemain de la mort de Johnny Hallyday, c’est atterrant, le surlendemain de l’extinction de la biodiversité, c’est catastrophique, et de temps en temps on s’immobilise médiatiquement sur des événements anodins comme les manifestions récurrentes des gilets jaunes… quand il n’y a pas un attentat terroriste. Autant dire que le pic pétrolier est derrière nous, on a déjà oublié que les ressources fossiles ne sont pas renouvelables. Misère, misère, trop d’informations tue l’information, tu l’intelligence, tue notre capacité à envisager l’avenir. Seuls quelques spécialistes de l’énergie lancent en vain un cri d’alarme par rapport à notre addiction à la merde du diable.

Matthieu Auzanneau : La démocratie moderne a germé dans un bain d’abondance énergétique. Il me semble raisonnable de craindre que l’hiver de cette ère soit tout proche. La production mondiale de pétrole conventionnel (près des 3/4 de la production totale de pétrole) « a franchi un pic en 2008 à 69 millions de barils par jour (Mb/j), et a décliné depuis d’un peu plus de 2,5 Mb/j ». L’Agence Internationale de l’Energie estime que ce déclin ne sera pas interrompu (cf. World Energy Outlook 2018, p. 142). L’essor spectaculaire du pétrole de schiste aux Etats-Unis apparaît à l’AIE comme la seule planche de salut accessible à une humanité technique plus que jamais shootée à l’or noir, et qui n’est en rien préparée au sevrage .Il est peu probable que le pétrole de schiste prenne le relais à lui seul. Aux Etats-Unis, plus des trois-quarts des entreprises petites et grandes spécialisées dans le pétrole de schiste continuent à investir plus qu’elles ne gagnent d’argent. Rendre d’urgence nos systèmes techniques (beaucoup) plus sobres est un enjeu vital, non seulement pour le climat, mais aussi pour nous éviter un monde à la Mad Max. La démocratie est-elle capable de faire des choix rationnels qui lui réclament de s’écarter de la pente de plus faible résistance qu’elle a jusqu’ici suivi ? … Y’a du boulot. (Pic pétrolier probable d’ici 2025, selon l’Agence internationale de l’énergie)

Jean-Marc Jancovici : Qu’est-ce que l’économie des hommes ? Rien d’autre que la transformation des ressources naturelles, qui sont apparues sous nos pieds sans que nous ne fassions rien pour cela. La clé de cette transformation est l’énergie, qui  est, par définition, l’unité physique de transformation du monde. Dès lors, la baisse tendancielle du prix réel de l’énergie depuis deux siècles a permis de transformer le monde à moindre frais. Inversement toute hausse suffisante de son prix freinera le système, et se traduira par la récession et une inflation généralisée. Il existe un signal fort pour les spécialistes de l’économie actuelle, trop dépendante des ressources physiques : la multiplication, depuis deux ans, de déclaration de la part des dirigeants du monde pétrolier sur le prochain pic pétrolier, et donc chacun aurait mérité de faire la une d’un grand journal. Le fait est que, en 2007, la production mondiale de pétrole conventionnel a diminué de 0,15 % par rapport à celle de 2006 après avoir augmenté de seulement 0,5 % l’année d’avant. (C’est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde au Seuil, 2009)

Sur ce blog biosphere, nous sonnons le tocsin depuis longtemps :

16 mars 2016, BIOSPHERE-INFO, bientôt la crise pétrolière ultime

23 avril 2014, Le PIB va s’effondrer avec le prochain choc pétrolier

31 mars 2013, transition énergétique : rien sur le pic pétrolier !!!

10 décembre 2012, Pic pétrolier : l’alerte ignorée d’un expert du FMI

25 février 2012, campagne présidentielle française et déni du pic pétrolier

6 février 2012, pic pétrolier, pic de la mondialisation, pic de notre civilisation

16 février 2011, le pic pétrolier vu par les politiciens

15 février 2011, le pic pétrolier vu par Yves Cochet

14 février 2011, le pic pétrolier vu par JM Jancovici

13 février 2011, le pic pétrolier vu par Bernard Durand

30 décembre 2010, Crise ultime et pic pétrolier

4 décembre 2010, tout savoir sur le pic pétrolier

25 novembre 2010, pic pétrolier, le commencement de la fin

6 novembre 2010, après le pic pétrolier, le pic charbonnier !

12 août 2010, la date du pic pétrolier

19 avril 2008, pic pétrolier (USA, Russie, etc.)

Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…

Interdisons de parole les négationnistes du climat

Un média français, CNews, lundi 6 mai, un animateur, Pascal Praud, amateurs de « clashs ». Le thème du débat donnait la couleur : « Le refroidissement climatique ? ». Et Pascal Praud le texte : « Est-ce que vous diriez qu’il y a depuis trente ans dans le monde un dérèglement climatique ? Oui ou non ? » L’invitée principale, Claire Nouvian, militante écologiste s’étrangle : « Attendez, mais vous en êtes encore là ? Ce n’est pas une émission de climatosceptiques quand même ? » Rejoint par Elisabeth Lévy, la directrice de la rédaction du magazine conservateur Causeur, Pascal Praud défend le droit des climatosceptiques à s’exprimer. Claire Nouvian interpelle par la site le CSA : « Protégez notre avenir ! Des propos climatosceptiques contribuent à créer un climat de suspicion envers la science et à fabriquer du doute, au moment même où l’action collective et individuelle doit être radicale pour sauver la vie sur Terre. C’est pourquoi nous demandons au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) d’appliquer l’article 3-1 de la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, «Le Conseil supérieur de l’audiovisuel veille à ce que le développement du secteur de la communication audiovisuelle s’accompagne d’un niveau élevé de protection de l’environnement et de la santé de la population.» Les médias audiovisuels ne doivent pas servir de tribune à la négation de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, qui est un fait avéré.»

La liberté d’expression n’est jamais absolue, surtout quand il s’agit à la fois de nier les avancées scientifiques et de ne pas agir contre la détérioration de la Biosphère. Voici quelques commentaires éclairés sur le net :

Bruno : Si les climatosceptiques sont si visibles, c’est parce qu’ils ont tous ou presque une grand gueule.

Ulysse : Il faut instaurer un délit de mensonges avérés. C’est délicat vis-à-vis de la liberté d’expression, mais peut-on continuer à autoriser les manipulations de masses et provoquer notre perte au bout du chemin ?

Amitiés à Claire : Il y a deux sortes de négationnistes climatiques, ceux pour qui 2 et 2 font 5, qu’aucun fait ne peut convaincre, qui ne se donnent d’ailleurs pas la peine de lire, c’est trop compliqué, ça prend trop de temps etc…et de toutes les façons , ils savent. Et ceux pour qui 2 et 2 font 4 mais c’est négociable, par exemple en plantant davantage d’OGM, en augmentant la part du nucléaire etc… Dans les deux cas, la rubrique « réaction » porte bien son nom!

Un scientifique : Des milliers d’études très complètes dans Science, Nature (les publications scientifiques les plus prestigieuses et sérieuses du monde) faites par des spécialistes mondiaux du climat, des big data, de la mécanique des fluides, des modélisations montrent que l’Homme a un impact non négligeable dans le réchauffement actuel de la Terre et des océans. Mais non, on accorde plus de crédits à ces spécialistes de rien du tout que sont Zemmour, Praud, Elisabeth Lévy… Époque des réseaux sociaux …

HK : +1 ! Sacré époque où tout le monde a un avis sur tout et veut absolument le faire partager à la terre entière.

MICHEL BRUNET : Tout le problème avec le climat et l’opinion publique en général c’est que le « ressenti » est dicté par la « météo ». Le réchauffement global est réellement mesuré (fonte des glaciers, température des mers,…etc..). Mais ses conséquences se font à « bas bruit » sur la météo de tous les jours et seulement à « grand bruit » quand il y a des phénomènes exceptionnels.

CLIMAT : la semaine internationale de rébellion

Au premier jour d’une « semaine internationale de rébellion », plusieurs milliers de militants ont mené des actions de désobéissance civile afin de dénoncer l’inaction politique face au réchauffement climatique. Lundi 15 avril, plusieurs milliers de militants ont bloqué cinq lieux majeurs du centre de la capitale anglaise – Marble Arch, Oxford Circus, Waterloo Bridge, Parliament Square et Piccadilly Circus. « Notre idée, c’est l’escalade des perturbations. Si nous parvenons à stopper le trafic automobile des jours durant, nous allons finir par provoquer une crise et le gouvernement n’aura plus d’autre choix que d’agir », assure Tatiana Jacout, l’une des organisatrices de ce mouvement horizontal suivi par 130 000 personnes sur les réseaux sociaux et soutenu par plusieurs centaines d’intellectuels et de scientifiques. Les militants de « XR » (Extinction Rebellion), comme ils se surnomment, attendent de leurs dirigeants qu’ils « disent la vérité », déclarent un état d’urgence climatique, réduisent les émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2025 et créent des « assemblées de citoyens » supervisant cette transition. Ces activistes disent craindre davantage le changement climatique que la prison et multiplient les actions ; au total, plus de 200 d’entre eux ont déjà été arrêtés, dont certains jugés.* Quelques réactions sur lemonde.fr :

untel : Il est surprenant de voir que des Anglais n’apprécient pas l’amélioration de leur climat. La promenade des Anglais à Nice nous rappelle l’amour des Anglais pour le soleil qu’ils n’ont pas chez eux… qu’ils n’avaient pas chez eux.

MICHEL SOURROUILLE : Cher untel, les russes aussi n’auront plus besoin de parkas en hiver et les vignes s’épanouiront sur leur sol… tandis qu’une grande partie de l’humanité deviendra réfugiés climatiques. On ne peut parler écologie qu’en ayant une vision globale des choses…

le sceptique : L’idée d’Extinction Rebellion, « Si nous parvenons à stopper le trafic automobile des jours durant, nous allons finir par provoquer une crise et le gouvernement n’aura plus d’autre choix que d’agir », c’était l’idée des Gilets jaunes. Les décideurs devraient demander au groupe 3 du GIEC de faire un rapport spécial sur « Réussir le zéro carbone 2050 » car le bureaucrate environnemental planétaire a encore des paramètres manquants dans ses cogitations.

Baz : Au vu des réactions à l’incendie de Notre Dame, il nous faut des catastrophes tellement visibles que nous ne pouvons les occulter pour réagir ! Bravo aux jeunes du monde entiers, les premiers concernés, bravo aux britanniques qui défilent enfin pour autre chose qu’un couronnement ou un baptême royal !

* LE MONDE du 17 avril 2019, Crise climatique : Extinction Rebellion bloque des lieux emblématiques de Londres

PS: Plusieurs milliers de militants du mouvement de désobéissance civile Extinction Rebellion bloquent depuis lundi cinq lieux emblématiques de la capitale britannique. La « semaine de la rébellion internationale » se déroule dans un climat de répression au Royaume-Uni. Cinq militants ont notamment été arrêtés lundi après avoir dégradé l’entrée du siège du grand groupe pétrolier Royal Dutch Shell. Les autres arrestations ont été menées sur le pont de Waterloo, pour trouble à l’ordre public, entrave à la circulation, et, pour l’une d’entre elles, « obstruction » à l’action de la police. (Le Monde avec AFP 17 avril 2019, Crise climatique : près de 300 militants arrêtés à Londres à la suite de blocages « écologiques »)

Faire « tourisme et découvertes » sans prendre l’avion

No Fly Climate Sci, Hypocrites in the Air ou Labos1.5 en France, des collectifs de chercheurs visent à limiter les déplacements aériens académiques*. Il en est des savants comme des touristes aux antipodes et tant de commerciaux, l’avion est à la mode. Tout ce beau monde devrait savoir que les climatologues remettent en question cette addiction au kérosène. Le pire, c’est quand des climatologues prennent eux-mêmes l’avion. L’Anglais Kevin Anderson, ancien directeur du Tyndall Centre**, sort du lot par sa réticence à prendre l’avion quel qu’en soit le motif. Son public lors d’une récente conférence en Chine fut stupéfait d’apprendre qu’il était venu (et repartirait) en train. Il est persuadé que cette information a renforcé la légitimé de ce qu’il avance. Anderson juge « extrêmement perturbant » le fait que les personnes qui façonnent les lois contre le changement climatique prennent autant l’avion. D’après Anderson, les experts semblent penser que la sagesse qu’ils répandent sur la Terre depuis leur siège en première classe à 10 000 mètres d’altitude est si importante qu’elle pèse plus lourd dans la balance que leurs propres émissions de gaz à effet de serre. Ils ne comprennent pas que le problème est causé par des gens comme eux. (extrait du livre de George Marshall, « Le syndrome de l’autruche »)**.
Mais ce journaliste avoue aussi ses manques : « Moi aussi je prends souvent l’avion. J’essaie de voyager le moins possible et de justifier chacun de ces vols. Mais comme le révèle le verbe justifier, je suis aussi enclin à bâtir une histoire susceptible de résoudre le conflit intérieur qui sourd en moi chaque fois que je prends place dans un avion. Les justifications de nos voyages personnels sont aussi semblables à celles que les toxicomanes inventent au sujet de leur dépendance : j’en ai besoin, je ne fais de mal à personne, tous les autres le font, je peux m’arrêter à tout moment, d’autres font bien pire. Mais les experts du changement climatique ne sont pas des êtres humains comme les autres en ce qui concerne un aspect essentiel : ils sont les principaux communicants sur cette question, et leurs actions seront toujours passées à la loupe comme preuve de leur fiabilité. » Le raisonnement est parfait, puisse tous ces toxicomanes de l’avion en prendre conscience et culpabiliser chaque fois qu’ils s’élèvent dans les airs. Voici comme complément d’analyse les réactions sur le monde.fr à l’article* sur les scientifiques qui s’envoient en l’air :
Alp25 : Ce grand chercheur à l’EHESS (ndlr : Jean-Baptiste Fressoz, auteur de l’article) ne doit certainement pas être chercheur en statistiques, car pour UN voyage de chercheur français en avion, combien y a-t-il de voyages vers la France pour des touristes chinois, américains, russes, etc…
relations publiques : Très grand nombre de « colloques » et « séminaires » qui pourraient être remplacés par des échanges par Skype ou par des mails. Mais cela donne le sentiment d’être très occupé et important.
Marik : Et de faire un peu de tourisme, visite, dégustations, rencontres…. Pour être savant, on n’en est pas moins humain !
HADI RIZK : Rabelais, Montaigne, Descartes, Montesquieu, et bien d’autres, mettaient en relation le voyage et la vie de l’esprit. Il serait regrettable qu’à force de parler de la planète, on en vienne à oublier que c’est le monde qui est l’horizon de l’existence humaine, celle-ci ne pouvant être enfermée dans le local parce qu’elle se nourrit de cosmopolitisme. Et la grandeur de l’esprit est de n’être point enraciné comme une plante, ni confiné à un territoire, comme l’animal.
Michel SOURROUILLE : Hadi Rizk, la grosse différence entre les « tours d’Europe » de Montaigne ou Montesquieu, c’est qu’ils se passaient à l’époque à pied ou à cheval, très faibles émissions de gaz à effet de serre… complètement recyclées. Ce n’est pas le cas des voyages en avion aujourd’hui, avec impact climatique… Et Malthus en 1803 a fait le tour du monde plusieurs fois uniquement en lisant les récits des quelques explorateurs de l’époque !
Jean-Baptiste Fressoz : Buffon, le plus grand naturaliste de son temps, qui décrit tous les animaux du monde, reste claquemuré dans le Muséum d’histoire naturelle. Bien sûr, si ces savants peuvent rester aussi statiques, c’est parce qu’autour d’eux, tout bouge. De la Compagnie des Indes orientales aux missionnaires jésuites, ce sont ces grands réseaux de la première mondialisation, transportant les marchandises, les spécimens et les informations, qui révolutionnent la botanique, la zoologie, la géographie, l’hydrographie, la météorologie et jusqu’à la physique mathématique ; qui rendent, en somme, possible l’avènement de la science moderne.
* LE MONDE du 4 avril 2019, « Faut-il prendre l’avion pour être savant ? »
** Tyndall Centre, laboratoire britannique en pointe sur les questions de climat
** http://biosphere.blog.lemonde.fr/2018/01/01/biosphere-info-le-syndrome-de-lautruche/
George Marshall, « Le syndrome de l’autruche (Pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique) » aux éditions Actes sud/colibris (2017), traduit de Don’t Even Think About It (2014)

Les générations futures font entendre leurs voix

Le mouvement « Fridays for Future », mondialisé dès le départ et mettant en avant nos générations futures, ne peut que redonner foi en l’intelligence humaine. Malheureusement un trop grand nombre d’aveugles sévit encore sur lemonde.fr. Pour oser mépriser cette jeunesse dans la rue, il faut beaucoup de méchanceté et énormément d’ignorance de ce que nous réservent les perturbations climatiques. Il faut aussi une sacrée indécence pour ne pas avoir honte de ce que nos vieilles générations ont fait de notre monde :

Claude Hutin : Manifester pour le climat c’est comme manifester contre le cancer : sans intérêt. Cette jeunesse manipulée par les écologistes n’a ni idées concrètes ni programme. Elle retourne à sa PS4, au MacDo et à ses vacances à Ibiza dès la manifestation finie.

Ioan : Comme quoi les bobos ont des enfants. Ensuite?

Mamani Quispe : Ils manifestent pour le climat, mais ils vont en avion aux USA plusieurs fois par an. Tout est dit. Et après cela, ce sont les gouvernements qui ne font pas ce qu’il faut faire. Aussi incohérents que les gilets jaunes.

Corbin Colby : Sociologie des manifestants : UNIQUEMENT des enfants bourgeois, bien nés, MAJORITAIREMENT blancs, des beaux quartiers. Ils pleurent devant la banquise qui fond et l’ours blanc du bout du monde sans un regard pour leurs camarades précaires ni même une véritable action locale réelle. Elles sont où les assos « mon lycée propre », « dimanche footing/ramassage déchet » ?

PAUL RASMONT : Combien de canettes vides ces marcheurs jetteront-ils dans la nature?

Untel : Les écolos ayant renoncé à convaincre les adultes (sondage : 7,5% aux européennes) ils s’attaquent à un public plus malléable : les enfants. Ils présentent ça comme une victoire alors qu’en réalité il est honteux d’effrayer des enfants en les poussant à manifester pour sauver leur vie.

MD : Manif jusqu’aux vacances, ça c’est un slogan porteur! M’est avis qu’il aura du succès auprès de nos chères têtes blondes chaussées de Nike fabriquées au Bangladesh avec leur portables fabriqués en Chine.

ARMAND DANCER : Sécher les cours pour le climat ? Oui et aussi contre la faim dans le monde, contre le SIDA, contre le chômage, contre la guerre, contre … etc… vacances perpétuelles pour les gentils bisonounours aux mignonnes mimines bien blanches… Mon Dieu qu’ils sont bêtes !

Rappel des faits, grève de l’école le vendredi 15 mars* : De l’Australie au Canada en passant par l’Europe, plus d’un million d’étudiants, de lycéens et de collégiens ont défilé dans 2 000 villes de 125 pays pour reprocher aux dirigeants mondiaux leur inaction face au réchauffement de leur planète. « Moins de banques, plus de banquise », « There is no planet B », « Queremos la vida ». Dans toutes les langues, de l’Australie au Canada en passant par l’Italie, le Kenya et l’Argentine, des centaines de milliers de jeunes ont délaissé massivement leurs bancs d’école pour descendre dans la rue, vendredi 15 mars, afin de demander aux dirigeants d’agir contre le dérèglement climatique. Ils répondaient à l’appel de la jeune suédoise Greta Thunberg, qui a été proposée pour le prix Nobel de la paix 2019. Elle s’est exprimé devant le Parlement de Stockholm : « Nous venons de naître au monde, cette crise nous allons devoir vivre avec, et nos enfants et nos petits-enfants et les générations futures. Nous ne l’accepterons pas ». Les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent à grimper, plaçant la planète sur une trajectoire de plus de 3 °C aux conséquences catastrophiques. « A quoi bon suivre une éducation scolaire et préparer son avenir s’il n’y a pas d’avenir ? », questionne Hannah de Shrewsbury. A Montréal, l’un des porte-parole du collectif « La planète s’invite à l’université », l’assure : « Il est grand temps que l’on commence à paniquer. » En France, les organisateurs ont revendiqué 168 000 manifestants dans plus de 200 villes de l’Hexagone. Dans des cortèges souvent très jeunes et peu politisés, tous ont entonné : « Et un, et deux, et trois degrés, c’est un crime contre l’humanité. » Les jeunes rivalisant de bons mots sur des pancartes en carton : « Votre planète, bleue ou saignante ? », « Je ferai mes devoirs quand vous ferez les vôtres », « Prenez vos responsabilités, pas notre avenir ».

* LE MONDE 17-18 mars 2019, De Sydney à Vancouver, plus d’un million de jeunes descendent dans la rue pour le climat

Neutralité carbone en 2050, la volonté de ne rien faire

Diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici à 2050, c’est réduire nos besoins en combustion de ressources fossiles. Merveilleux cette loi de 2015 ! Hélas le Macronisme décide une simple « neutralité carbone » en 2050 : on pourra toujours émettre davantage de gaz à effet de serre, il suffit de compenser par ailleurs ces émissions. Est-ce possible ? LE MONDE* nous éclaire : « Il existe deux systèmes de compensation carbone : l’un est lié au protocole de Kyoto et engage les Etats qui y ont souscrit ; l’autre est le marché des compensations volontaires, dont tout un chacun peut décider d’être acteur. Soit on intervient sur un marché étatique officiel en finançant des projets de réduction d’émission de gaz à effet de serre à l’étranger en échange de crédits carbone, c’est-à-dire de droits à polluer. Soit un acteur quelconque (particuliers, collectivités locales…) fait appel à un intermédiaire pour compenser ses émissions, avec des niveaux de garantie extrêmement variables. La procédure est cependant la même : l’option forestière (planter des arbres), l’investissement dans les énergies renouvelables, l’utilisation rationnelle de l’énergie. »

Mais un barrage hydroélectrique peut-il remplacer une centrale thermique à charbon ? La compensation carbone n’a jamais fait la preuve de son efficacité. Il est impossible de garantir l’additionnalité des projets, le fait qu’ils n’auraient pas pu voir le jour sans la compensation. Les promesses de réduction des émissions sont le plus souvent surestimées, non contrôlé, sans encourir de sanctions. Pour compenser ses émissions de CO2 produites par ses centrales à charbon, l’Allemagne devrait être couverte de forêts et cela ne suffirait pas ! De toute façon, déléguer à autrui la responsabilité du changement de comportement est signe d’irresponsabilité. Les mots de « compensation » et de « neutralité carbone » devraient être abandonnés, ils trompent le consommateur sur le réel bénéfice que son financement aura sur son empreinte carbone. Avec le mécanisme de « compensation », les émissions de gaz à effet de serre pourront continuer à croître encore longtemps. Sur ce blog biosphere, nous condamnons depuis longtemps ce trafic des indulgences**  :

26 septembre 2018, La comptabilité morale des petits-pas en écologie

8 octobre 2016, Compensation carbone, l’hypocrisie de l’aviation civile

19 janvier 2016, loi sur la biodiversité, la mascarade de la compensation (il n’y a pas qu’en matière de réchauffement climatique qu’on parle de compensation)

5 novembre 2013, effet rebond, compensation carbone… hypocrisie morale !

8 janvier 2010, l’illusion de la compensation carbone

2 février 2008, compensation carbone ? : …Pour s’installer au volant d’un véhicule de plus de 9 CV, il suffirait de débourser 70 euros en achetant auprès des magasins Nature & Découvertes une carte de compensation carbone (LE MONDE du 4.01.2008)…

* LE MONDE du 7 mars 2019, Le principe de compensation carbone est-il efficace ?

** trafic des indulgences : rémission totale ou partielle devant Dieu de la peine temporelle encourue en raison d’un péché pardonné, ce qui se faisait généralement contre espèces sonnantes et trébuchantes.

Neutralité carbone en 2050, la volonté de ne rien faire

Diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici à 2050, c’est réduire nos besoins en combustion de ressources fossiles. Merveilleux cette loi de 2015 ! Hélas le Macronisme décide une simple « neutralité carbone » en 2050 : on pourra toujours émettre davantage de gaz à effet de serre, il suffit de compenser par ailleurs ces émissions. Est-ce possible ? LE MONDE* nous éclaire : « Il existe deux systèmes de compensation carbone : l’un est lié au protocole de Kyoto et engage les Etats qui y ont souscrit ; l’autre est le marché des compensations volontaires, dont tout un chacun peut décider d’être acteur. Soit on intervient sur un marché étatique officiel en finançant des projets de réduction d’émission de gaz à effet de serre à l’étranger en échange de crédits carbone, c’est-à-dire de droits à polluer. Soit un acteur quelconque (particuliers, collectivités locales…) fait appel à un intermédiaire pour compenser ses émissions, avec des niveaux de garantie extrêmement variables. La procédure est cependant la même : l’option forestière (planter des arbres), l’investissement dans les énergies renouvelables, l’utilisation rationnelle de l’énergie. »

Mais un barrage hydroélectrique peut-il remplacer une centrale thermique à charbon ? La compensation carbone n’a jamais fait la preuve de son efficacité. Il est impossible de garantir l’additionnalité des projets, le fait qu’ils n’auraient pas pu voir le jour sans la compensation. Les promesses de réduction des émissions sont le plus souvent surestimées, non contrôlé, sans encourir de sanctions. Pour compenser ses émissions de CO2 produites par ses centrales à charbon, l’Allemagne devrait être couverte de forêts et cela ne suffirait pas ! De toute façon, déléguer à autrui la responsabilité du changement de comportement est signe d’irresponsabilité. Les mots de « compensation » et de « neutralité carbone » devraient être abandonnés, ils trompent le consommateur sur le réel bénéfice que son financement aura sur son empreinte carbone. Avec le mécanisme de « compensation », les émissions de gaz à effet de serre pourront continuer à croître encore longtemps. Sur ce blog biosphere, nous condamnons depuis longtemps ce trafic des indulgences**  :

26 septembre 2018, La comptabilité morale des petits-pas en écologie

8 octobre 2016, Compensation carbone, l’hypocrisie de l’aviation civile

19 janvier 2016, loi sur la biodiversité, la mascarade de la compensation (il n’y a pas qu’en matière de réchauffement climatique qu’on parle de compensation)

5 novembre 2013, effet rebond, compensation carbone… hypocrisie morale !

8 janvier 2010, l’illusion de la compensation carbone

2 février 2008, compensation carbone ? : …Pour s’installer au volant d’un véhicule de plus de 9 CV, il suffirait de débourser 70 euros en achetant auprès des magasins Nature & Découvertes une carte de compensation carbone (LE MONDE du 4.01.2008)…

* LE MONDE du 7 mars 2019, Le principe de compensation carbone est-il efficace ?

** trafic des indulgences : rémission totale ou partielle devant Dieu de la peine temporelle encourue en raison d’un péché pardonné, ce qui se faisait généralement contre espèces sonnantes et trébuchantes.

Les anti-écolos sévissent sur le monde.fr, dommage !

Les contradicteurs de Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC), réagissent à un discours qui nous semblait pourtant inattaquable :

– Pour contenir la hausse des températures à 2 °C, voire 1,5 °C, « il faut absolument diminuer de moitié les émissions de dioxyde de carbone d’ici à 2030 et atteindre  “le net zéro” en 2050 ».

Ce n’est pas gagné à en croire la climatologue qui raconte « un moment très désagréable » passé récemment au Sénat. « Ce sont des gens qui ont commencé leur carrière en politique quand j’étais encore au lycée. Et ils me demandaient pourquoi il y a urgence maintenant. Mais il y avait déjà urgence à l’époque. C’était dans les rapports du GIEC mais ils ont choisi de l’ignorer ! »

– La scientifique embraye sur les programmes scolaires : « L’influence de l’homme sur le climat n’est plus enseignée au collège et il n’y a quasiment plus rien sur le changement climatique au lycée. »

– Elle pointe aussi l’évolution démographique et même les allocations familiales. « Avant, il était important d’avoir plus d’enfants, et donc plus de soldats, pour assurer la puissance de la France. Mais aujourd’hui, on peut se poser la question de leur utilité. »

– Elle enjoint la jeunesse à ne pas baisser les bras : « C’est quelque chose qui peut être vibrant. Ça peut aussi être difficile dans vos familles parce que vous voulez faire différemment. ? Le problème c’est qu’entre aujourd’hui et le moment où les jeunes seront aux manettes, on sera déjà en 2030… »

Claude Hutin sur lemonde.fr : Cette dame utilise sa casquette GIEC pour légitimer sa propagande écolo décroissante en psalmodiant à l’envi ce qui est devenu un mantra : « ouhlala la catastrophe nous attend si on ne suit pas la Parole écologiste, sortons du déni pour notre salut »‘.

MBA : C’est notre comportement de consommateur qu’il faut attaquer, pas les gouvernements. Est-ce la faute au gouvernement s’il n’y a pas d’éoliennes en France, ou bien aux assoc. de riverains qui bloquent tous les projets? Si on préfère prendre l’avion pour partir en vacances? Si on achète des produits à contre-saison qui ont fait le tour du monde? Il y a une certaine tartuferie à déplorer la disparition des orangs-outans tout en continuant à consommer de la pâte à tartiner à l’huile de palme.

le sceptique : Quant au climat, les courbes présentées sont des moyennes inter-modèles (sur les 20 qui font de la projection globale), chaque trajectoire de chaque modèle étant en fait déjà un lissage (une probabilité centrale parmi plein d’itérations avec divers résultats). Donc oui : on ne sait pas réellement ce que sera le climat 2100 pour tel forçage. Mais on n’a pas d’autres infos : comme nos petits doigts ne créent pas des avis robustes et opposables aux tiers, faut bien partir de quelque chose.

SARAH PY : Etre réaliste face aux risques climatiques, est ce pencher vers le pessimisme ou l’optimisme? Autrement formulé, la position la plus responsable, est-ce envisager les hypothèses les plus dramatiques (emballement, chaines de causalité inconnues) …ou préférer l’idée que tout cela n’est ni si grave, ni si urgent et que tout se résoudra de lui même ?

Marcus : J’ai arrêter de lire quand j’ai lu qu’elle remet en question l’évolution démographique de la France alors qu’a l’heure actuelle le taux de natalité ne permet même plus de renouveler la population et qu’il serait donc idiot de vouloir le diminuer encore plus. Un pays avec 4 fois plus de retraités que d’actifs n’a pas les moyens d’investir dans l’écologie.

Abert : Ne vous inquiétez pas ce n’est pas la politique qui va diminuer la population. Le climat va s’en charger…et vos petits enfants, si vous en avez, iront cracher sur vos tombes.

ARMAND DANCER : Offre de la Chambre d’Agriculture du Jura : suite à l’abandon du glyphosate on recherche étudiants(es) volontaires pour sécher les cours et venir désherber les champs. Sarcloirs fournis, gîte et couvert (grange et repas en commun) offerts…

ha : Mes frères finançaient leurs études en ramassant les maïs l’été il y a une quinzaine d’années, d’autres vendangent, d’autres encore deviennent maraîchers bio, qui vous dit que les jeunes ne sont pas prêts à faire ça? Regardez le nombre de cadres qui deviennent boulanger ou charpentier en divisant par 4 leurs revenu, et mes élèves, qui passent des journées (6h-23h minimum) à faire les foins en juin (au lieu de venir au collège…). Le courage physique n’est pas toujours où on pense…

Conclusion : Cette scientifique devrait se cantonner à la science. J’ai l’impression que quand elle se met à parler de solutions, elle fait plus de mal à la cause que si elle la fermait. Déjà, se prononcer sur les résultats est hors de ses compétences. Quant à critiquer le gouvernement, n’en parlons pas.

Obéron : Oui, qu’elle se cantonne à la science, aux mathématiques si possible, qui ne bousculent le train-train de personne ! Qu’elle travaille en silence dans son labo ! Et que nous puissions continuer à ne nous poser aucune question, en toute innocence, ne disposant pas des données et c’est très bien comme ça ! Que nous puissions laisser ronronner nos moteurs, dormir sans se soucier d’écologie, la conscience tranquille vis-à-vis de nos enfants qui auront toute la vie pour voir ce qu’ils peuvent faire !

* LE MONDE du 3-4 mars 2019, La climatologue Valérie Masson-Delmotte exhorte lycéens et étudiants à « mettre la pression »