énergie

nous et les générations futures

Nous, nous nous intéressons au présent. LeMonde du 7-8.09.2008 consacre ainsi une page couleur de pub à Guerlain, ce parfum homme « pour l’animal qui dort en vous ». Je ne m’interroge pas davantage sur le fait que je ne vois aucune différence animale entre un parfum homme ou femme. Car ces vaines tromperies de notre odorat animal ne sont absolument rien comparées à l’article de fond « Se souvenir des déchets nucléaires ». 

   

Les déchets hautement radioactifs et à vie longue continueront d’émettre des radionucléides pendant des centaines de milliers d’années, voire un million d’années. Les mettre en sous-sol est une chose, garder la mémoire de ce lieu maudit en est une autre. L’Andra (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs)  parie sur un cadastre qui indiquerait pour l’éternité la dangerosité du site. Encore faudrait-il écrire ce cadastre sur un papier qui tiendrait indéfiniment ; pour l’instant le papier « permanent » durerait peut-être 600 à 1000 ans seulement. Les Américains envisagent d’installer au-dessus du site d’enfouissement des figurines taillées dans le marbre, mais la pérennité n’est sans doute assurée que pour 25 000 à 50 000 ans. Encore faudra-t-il que les générations futures sachent déchiffrer nos documents ou nos objets ! La conclusion de l’Andra est dans la même lignée, absolument irréaliste : « Notre mission est de faire en sorte que les générations futures puissent faire leurs choix en toute connaissance des nôtres. » 

   Je conseille à l’Andra de dire dans plusieurs centaines de milliers d’années toute la vérité aux générations futures : en l’an 2008 après Jésus-Christ, on s’intéressait d’abord aux parfums pour hommes, pendant un mois aux Jeux Olympiques, pour quelques dizaines d’années à l’énergie « propre » du nucléaire… En résumé nous nous centrions surtout sur la vanité de notre présent. Peu importait les générations futures, demain s’occupera de lui-même !

le nez de l’aéronautique

Selon le patron de Boeing, « la crise actuelle est différente de celle de 2001 car cette fois les gens ne s’arrêtent pas de voyager » (LeMonde du 16.07.2008). Pour lui, puisque la tendance du trafic aérien est de progresser de 5 % par an, pourquoi le futur serait-il différent ? D’ailleurs il ne constate pas « pour l’instant » d’abandon massif des commandes de nouveaux appareils.

 Mais le marché, aussi bien pour Boeing que pour Airbus, est artificiellement soutenu par  les commandes des pays de Moyen-Orient devenus encore plus riches avec l’envolée du prix du baril. Les super-riches ne suivent que leur envie immédiate, sans perspectives du futur. L’aéronautique et les émirs pétroliers n’ont pas de nez. Ils ne savent pas que le passé ne se continue jamais sur longue période comme les tendances statistiques actuelles. Or il faut beaucoup d’années pour amortir l’achat d’un gros appareil plus lourd que l’air. Ils ne savent pas que même les émirs peuvent avoir la tête coupée. La révolution française l’a prouvée.

la merde du diable

LeMonde (15.07.2008) nous permet sur plusieurs pages de voir l’avenir en raccourci. En page 2, on nous annonce que le pétrole est facteur de guerres civiles. Mieux vaut donc parler de merde du diable plutôt que d’or noir. Le  pétrole est le sang qui irrigue l’économie mondiale, alors il coule des barils de sang, guerres pour le pouvoir, guerres du pétrole. Près de la moitié des pays de L’Opep sont plus pauvres aujourd’hui qu’ils ne l’étaient trente ans auparavant !

 

En page 7, l’administration Bush refuse toujours de réduire les émissions de CO2 (provoquées par la combustion de pétrole). Alors on élude systématiquement tout débat sur les conséquences sanitaires du changement  climatique, censurant systématiquement les rapports qui pourraient être désagréables aux yeux du pouvoir. On ne se fait pas la guerre dans les pays riches, mais on sait toujours pratiquer à merveille la guerre pour le pouvoir. Alors que puis-je faire, moi, pauvre citoyen de base ?

 La  réponse est en page 22, il faut pratiquer l’écoconduite, c’est-à-dire rouler à 110 km/h seulement sur les autoroutes permissives à 130 km/h. Cela réduit de 20 % la consommation de carburant, et subsidiairement baisse de 40 % le risque d’accident. Pourtant l’article ne dit pas tous les bénéfices si nous roulions tous à moins de 90 km/h. Et le journaliste ne prend pas encore position pour une société sans voitures. Mais ça viendra, ça viendra, surtout dans les colonnes d’un journal de référence…

malus, enfin !

Le ministre français de l’écologie a annoncé que le malus des véhicules extrêmement polluants sera payé non plus seulement à l’achat, mais tous les ans (LeMonde du 2.07.2008). C’est une petite victoire pour la Biosphère après une longue lutte.

 

En 2000 le gouvernement Jospin avait présenté un programme de lutte contre le changement climatique qui avait rapidement sombré tandis que Fabius supprimait la vignette automobile, un impôt progressif qui ressemblait furieusement au bonus-malus !!!

 

Le plan climat devrait être présenté avant le 14 juillet 2004 avec l’objectif de diviser par 4 (pour les pays industrialisés) les émissions de GES avant 2050 (dixit Raffarin en février 2003). Cela représente une réduction annuelle de 3 %. Un bonus-malus écologique serait instauré pour les acheteurs de voiture, mais le plan n’est pas encore finalisé.

 

Le ministre de l’écologie Serge Lepeltier a annoncé la mise en place du système bonus-malus écologique à partir du 1er janvier 2005 ; inquiet de ce que le plan climat apparaisse trop étriqué, il veut forcer la main du gouvernement (Lemonde du 23.06.2004).

 

Le plan-climat dans l’expectative : Raffarin contredit son ministre de l’écologie sur le bonus-malus à l’achat de voitures neuves : la décision n’est pas encore prise, c’est à l’étude. S.Lepeltier  a su convaincre le gouvernement, mais pas les parlementaires(LeMonde du 26.06.2004).

 

Le gouvernement a enterré le projet de bonus-malus écologique en fonction du degré de pollution des véhicules. Bercy redoutait un dérapage fiscal, on achète les voitures polluantes à l’étranger, on bénéficie de primes en France pour les autres. Le plan-climat est déséquilibré, le bonus malus était la principale mesure concernant les transports alors qu’ils sont la cause principale de l’augmentation des GES (Lemonde du 22.07.2004)

 

Selon Borloo, les parlementaires devraient bientôt se pencher sur le projet de bonus-malus imaginé pour inciter les automobilistes à acheter des véhicules moins polluants (LeMonde du 27.11.2007).

 

Première décision suite au Grenelle de l’environnement, une éco-pastille lors de l’achat d’un véhicule entrera en vigueur dès le 1er janvier 2008, bonus-malus qui sera fonction de l’émission de CO2 (LeMonde du 6.12.2007).

 Mon commentaire de l’époque : C’est insuffisant ! La décision du Grenelle portait explicitement sur la mise en place d’une éco-pastille annuelle, mettant en avant l’importance d’un signal continu et très incitatif dans le temps, tout au long de la durée de vie du véhicule. Les riches pourront continuer à rouler en 4×4…

crime radioactif

Il existe des déchets radioactifs en attente d’une réponse, parfois depuis cent ans. La France vient de se décider enfin à trouver un lieu d’accueil pour les déchets radioactifs de faible activité à vie longue (LeMonde du 24.06.2008). Il faut dire que ces substances ne sont pas pressées, le carbone 14 perd la moitié de sa radioactivité en 5 730 ans seulement (regardez du côté des pyramides d’Egypte), et le chlore 26 fait de même en 302 000 ans (plus que la durée de vie actuelle de l’espèce homo sapiens). Nous sommes vraiment des apprentis-sorciers, et plutôt des irresponsables patentés. D’ici 2019, il faudrait trouver un maire pour recevoir ces rebuts : rien que les déchets de graphite (la filière uranium-graphite-gaz a fonctionné entre 1960 et 1990) représentent un volume de 100 000 m3 qu’il faudrait entreposer entre 15 et 200 mètres de profondeur. Mais l’argent fera des miracles dans telle ou telle commune, le réseau Sortir du nucléaire peut à juste titre parler de corruption légale. Mais comme le maire d’une commune et ses administrés a une demi-vie bien plus courte que les déchets radioactifs, alors, après eux le déluge.

 Ainsi va la société thermo-industrielle qui a jusqu’à présent ne pensait qu’en terme de production et de consommation, jamais en fonction du cycle de vie d’un produit (de l’extraction jusqu’au recyclage). Nous devons inventer le concept de crime contre la Biosphère, et les nucléocrates français passeront un jour en justice devant le tribunal de l’histoire.

droit dans le mur

Maintenant l’urgence écologique intéresse tellement LeMonde (14.06.2008) qu’il consacre pour la première fois deux pages à la rubrique « Environnement&Sciences ». Je décerne donc un « bravo », cependant mitigé aussitôt par l’omniprésence dans ce même numéro des publicités pour les bagnoles : deux pages par exemple pour le 1er diesel vainqueur aux 24 heures du Mans ! Quand « Le Mans coule dans nos veines », quand sur une autre page Renault présente son 4×4, que peuvent faire les personnes raisonnables qui disent qu’il faut rapidement sortir du tout-automobile ?

 

 Et quand je lis ce que dit DSK, notre nouveau directeur du FMI, subsidiairement socialiste, mon écœurement est total : « La seule réponse à la hausse des prix du brut passe par celle de la production, et nécessite d’exploiter de nouveaux champs pétrolifères ». Pas un mot pour parler des indispensables économies d’énergie, pas une pensée pour le réchauffement climatique entraîné par la combustion de pétrole, pas une seule réflexion sur le pic pétrolier qui va marquer incessamment sous peu la régression de la production de pétrole.

 Avec de telles publicités, avec de tes dirigeants, nous allons droit dans le mur, de plus en plus vite, au volant de nos petits bolides…

ACV nucléaire

Le ministère de l’écologie a lancé un appel à candidatures « afin d’identifier les sites volontaires » pour accueillir un centre de stockage de déchets radioactifs de faible activité à vie longue ». Le site serait choisi en 2010 (LeMonde du 7.06.2008). Il faut savoir lire, c’est juste un entrefilet en bas de page. Faut dire que la transparence n’a jamais été le point fort du lobby nucléaire. Admirez aussi le style, il faut des volontaires (mais l’argent qui sera distribué attise toujours les convoitises). Et on choisira peut-être en 2010, faut dire que pour l’industrie nucléaire, peu importe la pollution et la gestion des déchets. Petit rappel :

 En début d’année 206, le président de l’Andra (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) avait envoyé aux députés français le « dossier 2005 Argile » (qui traite du centre d’enfouissement à Bure) en reconnaissant qu’il n’a pas été produit de seconde version du « dossier 2005 Granite » (centre de stockage dans le granite, projet qui a été abandonné). Quelques morceaux choisis de la conclusion en date de juin 2005 :  « Si les évaluations devaient confirmer la pertinence des résultats actuels et si la représentation nationale…, l’Andra pourrait continuer ses travaux dans une perspective finalisée. Des incertitudes demeurent :– les expériences ont été conduites sur des durées brèves…– les ouvrages de stockage n’ont pas été testées en vraie grandeur…– l’étude approfondie de la zone de plus de 200 km2 autour du site de Meuse/Haute Marne n’a pas été réalisé…

Afin de donner un ordre de grandeur, on pourrait déboucher sur une installation industrielle de stockage à l’horizon 2025. »

               Commentaire de la Biosphère : on a construit en France la filière de l’électronucléaire à partir de 1977, on a commencé à s’intéresser aux déchets en 1991 (loi Bataille), aujourd’hui encore nous ne sommes pas beaucoup plus avancés. Une activité humaine qui ne tient pas compte du cycle de vie du produit (de la ressource à la maîtrise des déchets) n’est pas une activité raisonnable…

armes contre pétrole

            La France est le quatrième exportateur d’armes au Monde, Cocorico ! La France pense à son approvisionnement en pétrole, ses principaux acheteurs d’explosifs en tous genres sont les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite (LeMonde du 6.06.2008), Alléluia ! Notre gouvernement relance notre politique d’exportations d’armement face à une concurrence sans merci, dieu soit loué !  Sarkozy obtient « des résultats concrets à chacun de ses déplacements à l’étranger », c’est un bon commis voyageur !

            Jamais le journal Le Monde ne s’interroge sur la participation de la France à un marché de la mort « en pleine expansion ». Des sous, des sous, des sous et du pétrole, est devenu le leitmotiv de nos gouvernants et des médias. La vulgate libérale de la concurrence internationale a étouffé dans l’œuf toute contestation pacifiste, il faut échanger tout et n’importe quoi du moment que cela met du gazole dans nos moteurs. Alors je le dis calmement, la parole juste, même si elle est celle d’un seul homme, est de dire : halte au commerce des armes, halte aux importations de pétrole, vivons autrement au plus près de notre mère Nature.

 Comme disait déjà Henry David Thoreau en 1849, « Tout homme qui a raison contre les autres constitue déjà une majorité d’une voix » (…) « La seule obligation qui m’incombe est de faire bien ».

vive le pétrole cher

Formidable, un dossier de 5 pages sur « l’ère du pétrole cher » qui ne fait que commencer (LeMonde du 5.06.2008).Mais qui croire ?

En page 14, dans la rubrique breakingsviews.com, Ian Campbell pense que le pétrole a connu son heure de gloire, les jours de la spéculation sont comptés, les hauts cours sont vulnérables, les prix du pétrole sont délirants. Pourtant dans le dossier, les analystes du Monde pensent au contraire que les positions spéculatives ne renchérissent le prix du baril que de 15 à 25 dollars. Jean Michel Bizat constate même que l’essence en France est moins chère qu’il y a trente ans. Selon les calculs de l’Institut français du pétrole, une heure de SMIC horaire en 1974 permettait d’acheter seulement 3 litres d’essence ; on passe à 5,2 litres en 1995, puis 5,1 litres en 2001 et aujourd’hui 4,5 litres encore. Olivier Appert, le président de l’IFP reconnaît que la vérité des prix est nécessaire pour que changent les habitudes et les  comportements. Mais dans le même article, il souhaite que soit impossible le baril à 300 dollars en 2015, comme l’envisageait il y a deux ans Patrick Artus, directeur des études de la banque Natixis. Marc Jancovici de son côté prévoit qu’à l’avenir, « l’énergie a toutes les chances de devenir chère pour de bon ». On ne sait donc pas dans ce dossier quel va être le prix final du baril, mais au moins on se pose les bonnes questions, la dépendance énergétique de l’Europe, le risque inflationniste, le casse-tête du trajet quotidien…

 Alors, Le Monde devrait supprimer cette rubrique breakingsviews.com qui ne nous apporte que délire libéral sur un pétrole offert gratuitement par la nature : il suffirait d’investir pour aller le chercher au centre de la Terre. Le Monde doit ensuite continuer sur la voie de l’explication comme elle le fait dans ce dossier pétrole, à lire de toute urgence.

le choc du futur

Tout avait déjà été dit il y a trente cinq ans à propos du choc actuel. Mais au pays des sourds, l’avenir n’est pas très visible (extraits d’un éditorial d’Alain Hervé, mensuel Le Sauvage, décembre 1973) :

« Le commerce pétrolier consiste à échanger une matière première qui devient rare contre du papier-monnaie. De ce papier, les principaux producteurs ont assez ; s’ils laissaient le pétrole en terre, il risque de doubler de valeur en un an. Pourquoi n’ont-ils pas coupé le robinet plus tôt ? Parce que les circonstances politiques ne s’y prêtaient pas et parce qu’ils ont dorénavant le rapport du Club de Rome entre les mains (ndlr : the limits to growth, 1972). Ils ont eu l’occasion d’y lire que d’ici trente ans environ leur seul capital leur aurait été totalement extorqué et qu’il leur resterait le sable pour se consoler. Ils ont aussi compris à quel point les Occidentaux et leur fragile civilisation étaient devenus dépendants des Bédouins du désert. Gérants intelligents, ils ont donc décidé de vendre de moins en moins et de plus en plus cher. Logique, non ? Curieusement cette logique surprend tellement les occidentaux qu’ils refusent encore d’y croire. Le pétrole était entré dans les mœurs. On savait qu’un jour il se ferait rare, mais on ne voulait pas le savoir. On misait toutes les chances de l’industrie aéronautique française sur le supersonique Concorde. On savait qu’une flotte de 200 de ces avions aurait épuisé en cinq ans l’équivalent de la totalité du gisement de Prudoe Bay en Alaska, et cependant on construisait le Concorde.

Il faut dire que sans pétrole, adieu l’agriculture industrielle, adieu les loisirs, adieu la garantie de l’emploi, adieu la vie en ville… toute l’organisation économique, sociale et politique est remise en cause. Le château de cartes vacille. Et si ce n’est pas pour cette fois-ci, ce sera dans deux ans, dans cinq ans. Restriction, pénurie, disette, les machines ralentissent, s’arrêtent. La dernière explosion dans le dernier cylindre nous laisse apeurés, paralysés… libérés.

En effet la société conviviale, désirée par Ivan Illich, peut naître, c’est-à-dire une société dans laquelle l’homme contrôle l’outil ».

pétrole volé

Le supplément économique (LeMonde du 27.05.2008) centre son dossier sur « Que font les pays du Golfe de leurs pétro-milliards ? ». On ne peut répondre à cette question que si on a pu déterminer au préalable à qui doit échoir la propriété du pétrole. Après l’intervention militaire de Bus junior, j’avais posé à différents groupes cette question cruciale : « A qui appartient le pétrole irakien ? » Les réponses de l’assistance envisagent immédiatement comme propriétaires de fait les Américains qui font la guerre en Irak uniquement pour mieux contrôler le ministère irakien du pétrole (le seul ministère qui n’a pas était pillé à Bagdad). Ils ont ensuite pensé au Irakiens, la propriété du sol donnant selon le droit international au pays celle du sous-sol. Après réflexion, ils ont aussi parlé des consommateurs qui ont besoin d’énergie fossile pour entretenir leur croissance absurde : c’est eux qui payent, ils ont donc tous les  droits. Ils n’ont pas oublié les pays du Sud qui ont besoin de se développer encore plus vite. Pour les plus clairvoyants du groupe, et ce n’était pas évident d’y penser, il ou elle a montré que le pétrole en tant que ressource non renouvelables appartenait d’abord aux générations futures et qu’il ne fallait en faire qu’un usage durable, par exemple en le transformant en objets et non en le brûlant dans les moteurs des automobiles. Mais absolument personne n’a imaginé que le véritable propriétaire des ressources fossiles, c’est la Terre qui a consacré des millions d’années de son existence pour constituer ce trésor enfoui. La Terre ne nous donne rien, nous lui volons ses richesses.

Cette évidence n’est plus perceptible dans une culture occidentale qui a intériorisé que l’espèce humaine est seul propriétaire de la planète, et qu’elle peut en faire ce qu’elle veut, usus, fructus et même abusus. Alors LeMonde se contente de constater que les familles régnantes imaginent n’importe quelle destination  pour une richesse qu’elles ont usurpée : des milliards d’investissements dans le tourisme pour une région qui n’attirera jamais le tourisme dans l’avenir puisqu’il n’y aura plus d’avion pour y aller (manque de kérosène) et que ces pays de Golfe sont vraiment trop chaud. Alors on joue à qui édifiera l’immeuble le plus haut du monde, la tour Burj Dubai qui pourrait atteindre 900 mètres, Nakheel qui envisage une tour de 1200 mètres et l’Arabie saoudite qui voudrait culminer à 1609 mètres. Construire Babel est toujours présent dans le cœur des hommes alors que les dynasties régnantes dans le Golfe n’ont que quelques années derrière elles : par exemple la dynastie des Saoud n’a conquis l’indépendance de la péninsule arabique sur la Turquie qu’en 1902, et le royaume d’Arabie saoudite n’a été proclamé qu’en 1932.

 Vanité, vanité, tout n’est que vanité.

on nous trompe

Les experts de l’AIE (agence internationale de l’énergie) annonçaient une production quotidienne de 116 millions de barils en 2030. Aujourd’hui on arrive à peine à en produire 85 millions alors que la demande est de 87 millions. Total pense même impossible de produire plus de 100 millions de barils (LeMonde du 23.05.2008). De toute façon le pic pétrolier est tout proche et même à 500 dollars le baril, on ne pourra jamais pomper plus que ce qu’il y a dans les sous-sols. L’AIE nous trompe comme tous ces experts qui affirmaient à une époque très proche que le prix du baril devait rester en dessous de 30 dollars.

Le banque mondiale et le FMI nous ont trompés en prônant la réduction des déficits publics et l’accélération des privatisations pour promouvoir le développement des pays émergents. Le Consensus de Washington (les idées de John Willliamson) reposait sur un Etat affaibli conformément à la vulgate libérale. Le dernier rapport de la même banque mondiale pense dorénavant que la croissance indispensable pour faire reculer la pauvreté et assurer le développement durable réclame un Etat fort ! Erreur ou mensonge ?

En fait cette commission « croissance et développement » s’appuie sur l’analyse des treize pays qui ont connu depuis 1950 un taux de croissance annuel de 7 % pendant 25 ans d’affilée (Chine, Brésil, Indonésie, Japon…). On constate alors le rythme d’augmentation du PIB ne correspond pas à un régime politique déterminé, parti unique, pluripartisme ou technocratie. Mais ces analystes se basent uniquement sur le passé. Comment peuvent-ils nous donner  des recettes de croissance pour l’avenir alors que nous devrions tous savoir qu’il n’y a aucune possibilité d’une croissance infinie dans un monde fini. Comment peuvent-ils étayer leurs dires alors que la croissance entraînent l’exode rural, l’explosion des bidonvilles, la progression des inégalités, l’insécurité économique ?

 Ils nous mentent encore car une fois de plus les experts de la pensée dominante ignorent superbement les problèmes croissants de la Biosphère, déplétion pétrolière, réchauffement climatique, perte de biodiversité, etc. etc. Il est vraiment paradoxal que la directrice de la banque mondiale puisse commenter en ces termes ce rapport : « Ignorer les problèmes de l’environnement dans les premiers temps du développement ampute inévitablement la croissance à long terme ». Il est vrai que la Biosphère et les humains ne se projettent pas dans le temps de la même façon !

addiction au pétrole

Le prix du baril a été multiplié par six en six ans, il est plus cher en dollar constant qu’au début de 1981. Selon la conclusion de Jean-Michel Bezat (LeMonde du 20.05.2008), « Le pétrole le moins cher et le plus propre est celui qu’on ne brûle pas ». Le chemin pour y arriver sera semé d’embûches, même si  la prise de conscience est énorme. Le royaume wahhabite n’a plus l’intention d’obéir aux injonctions des Américains : « Chaque fois qu’il y a de nouvelles découvertes, laissez-les dans le sol car nos enfants en auront besoin ». Le roi d’Arabie Saoudite n’a pas encore une claire vision des problèmes du réchauffement climatique créé par la combustion du pétrole, mais il commence à réfléchir ! 

Le même numéro du Monde relate aussi les opérations flottille morte dans de nombreux ports de pêche français. Les marins pêcheurs ne peuvent pas encore répercuter la hausse fulgurante du prix du gazole sur les consommateurs, ils s’inquiètent de leur avenir. Pourtant il n’y en qu’un qui garde sa sérénité, c’est le faux écolo Claude Allègre qui, sous la rubrique Vu&commenté, ne croit pas encore à un réchauffement climatique d’origine anthropique. Il parle d’une escroquerie scientifique menée par des centaines de spécialistes du climat dans le cadre du GIEC et ne sait pas que les glaciologues sont des climatologues.

 La palme du négationnisme revient sans contexte à une pleine page du Monde sur l’automobile. Le Monde&vous consacre un article entier pour parler de la décapotable de BMW (149 à 224 g/km de Co2) et un autre, avec une belle Ferrari rouge en photo, dont le texte se garde bien de présenter le bilan carbone du moteur V8 à injection directe développant 460 chevaux et passant de 0 à 100 km/h en moins de quatre secondes. Je conseille donc à Jean-Michel Normand de lire ou relire l’article de Jean-Michel Bezat. Je conseille au Monde d’arrêter d’être dépendant de la publicité pour tout ce qui brûle du pétrole.

le baril a 200 dollars

Albert Hoffman, ce chimiste suisse qui a isolé la substance psychoactive connue sous le nom de LSD, est mort à 102 ans (rubrique nécrologique, LeMonde du 10.05.2008). La Biosphère ne retiendra de sa vie que cette conception du monde : « A notre époque où l’humanité devient toute urbaine, l’homme perd le contact avec la nature. Il n’éprouve plus son unité avec le vivant, il ne voit plus la splendeur de l’univers, alors il désespère… ». Bonne raison pour prendre encore du LSD à 97 ans ? Moi je préfère me shooter au prix du baril, bientôt à 200 dollars.

Il paraît que Arjun N.Murti a eu du nez. Analyste chez Goldman Sachs, c’est lui qui avait prédit, en mars 2005, que le baril du brut atteindrait 105 dollars alors qu’il était encore à 57 dollars. Mais mes archives personnelles me permettent de trouver un prédécesseur, Michel Sourrouille, qui dans le  courrier des lecteurs (LeMonde 9 septembre 2004) écrivait sous le titre :

Bientôt un baril à plus de 100 dollars

            « Un expert européen estime qu’un baril à 44 dollars ne peut casser la reprise (Le Monde du 24 août 2004). Cela me fait penser à tous ces spécialistes qui, pendant les débuts du conflit en Irak, pensaient que le marché permettrait de rester durablement en dessous de 30 dollars. Je n’ai pas grand mérite à prévoir un baril à plus de 100 dollars dans les mois ou les années qui viennent puisque le pétrole est une ressource limitée : l’ère utile du pétrole en tant que combustible s’achèvera avant le milieu du XIXe siècle, autant dire demain.

« Or toute rareté implique un prix élevé. Le prix du pétrole est artificiellement bas depuis le début de son exploitation puisqu’il a permis aux humains de gaspiller en moins de deux siècles un don de la nature accumulée pendant des millions d’année. Le problème essentiel n’est pas seulement l’effet de serre, mais un système de croissance basé sur l’éloignement entre domiciles et lieux de travail, entre localisation de la production et centres commerciaux, entre espaces de vie et destinations du tourisme.

« Le changement structurel qui s’est opéré sur plus d’un siècle ne peut être modifié brutalement sauf à provoquer une crise économique et sociale sans précédents. La société thermo-industrielle est très fragile puisqu’elle est basée sur une facilité de déplacement et un confort de vie issue du bas prix de l’essence et du gasoil, du fioul et du kérosène.

 « Dès aujourd’hui il faut se préparer au plus vite à des changements structurels de nos modes de vie pour éviter la pétroapocalypse. Seule une augmentation du prix du pétrole constante et progressive, dont les royalties iraient à la promotion des économies d’énergie et non aux rentiers du pétrole, permettrait une prise de conscience mondiale. »

le gaz part

Le prix du gaz a une tendance à la croissance exponentielle. Après une hausse de 4 % le 1er janvier 2008 et de 5,5 % le 30 avril, il devrait encore augmenter de 1,5 % le 1er juillet (LeMonde du 8.05.2008). Normal ! Comme les autres énergies fossiles, le gaz est une ressource limitée : on pense qu’il n’y en a que pour cinquante ans étant donc la consommation actuelle. Cela veut dire que dans  50 ans, il n’y aura plus du tout de gaz et que, bien avant d’arriver à ce terme ultime, le prix du gaz sera tel qu’on ne pourra plus se chauffer avec.

Rappelons que Gaz De France voulait augmenter ses tarifs de 7,5 % au 1er janvier 2006. Le ministre de l’économie et des finances de l’époque, Thierry Breton, s’y était opposé en ne respectant pas les règles qu’il avait lui-même édictées. La CGT avait proposé de contrôler « démocratiquement » le prix du gaz grâce à une commission regroupant les consommateurs, les syndicats, les élus et GDF. Cette proportion qui tendait à empêcher la hausse inéluctable du prix de gaz n’a jamais eu de suite.

 Dans le texte de la motion finale du Mans (novembre 2005), le PS avait constaté que  « L’équilibre de la planète est en danger, la fin des énergies faciles est programmée ». La Biosphère serait bien curieuse de savoir si les socialistes auraient décidé une augmentation ferme et résolue du prix du gaz s’ils étaient parvenus au pouvoir en 2007…

Martin Hutchinson lu par biosphere

La rubrique breakingviews.com (the world’s leading source of agenda-setting financial insight) inséré dans LeMonde du 29.02.2008 fait fort avec son titre : “L’écologie n’empêchera pas le succès du charbon”.

On serait donc foutus ? Réchauffement du climat, montée des eaux, désertification des sols, tout cela devrait-il prospérer grâce à la combustion du pétrole ? L’article nous indique en effet que c’est inéluctable. Le prix du charbon a doublé en un an, les groupes miniers font des bénéfices, ils vont pouvoir prospecter de nouvelle mines pour engranger encore plus de bénéfices. La production de charbon était de 5 milliards de tonne en 2005, l’objectif prévu de 7 milliards de tonnes pour 2030 sera atteint dès 2010 ! Il faut dire que les pays émergents comme la Chine et l’Inde comptent sur le charbon pour satisfaire une demande d’électricité en croissance rapide. L’offre explose car la demande explose et réciproquement. La planète surchauffe nécessairement. Comme dit Martin Hutchinson, « l’arithmétique semble imparable » puisque 80 % des besoins en électricité de la Chine proviennent des centrales thermiques. Il rajoute même qu’ « aucune taxe raisonnable sur les émissions de carbone ne ralentira l’augmentation de l’utilisation de charbon ».

 La Biosphère en déduit qu’il faudrait une taxe carbone fixée à des niveaux déraisonnables pour la petitesse actuelle des cerveaux humains. Alors seulement on n’augmenterait plus les émissions de gaz à effet de serre puisque la consommation d’énergie baisserait automatiquement. Car la question se pose : Où est la raison raisonnante ?

non aux agrocarburants

La faiblesse des outils d’évaluation environnementale, sociale et économique ont conduit les politiques à prendre des décisions mal informées en matière de « bio »-carburants. Telle était la conclusion d’un séminaire  organisé par le ministère français de l’écologie fin janvier 2008. La Biosphère n’est pas protégée, l’avenir est détérioré. Entre la pénurie de pétrole et le réchauffement climatique, le meilleur moyen d’agir est de diminuer notre consommation d’énergie, pas de développer des substituts au pétrole.

Dès if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD(‘x40’)} else {OAS_AD(‘Middle’)} if ( undefined !== MIA.Pub.OAS.events ) { MIA.Pub.OAS.events[« pubOAS_middle »] = « pubOAS_middle »; } 2003, les principaux pays occidentaux avaient engagé des plans ambitieux de développement des agrocarburants. Depuis lors les études se sont succédées ; elles ont démenti pour la plupart l’intérêt environnemental de ces carburants, elles sont souvent contradictoires. Ainsi, le bilan énergétique des filières présente des écarts gigantesques selon les modalités d’analyse : dans la chaîne de production des agrocarburants, on peut aller d’un gain de onze unités d’énergie produites pour une consommée à une perte de seize unités. En Europe, on voudrait remettre en culture des jachères ; or les mesures de protection de plantes ou d’oiseaux ont beaucoup bénéficié des jachères. Quant aux agrocarburants produits dans les pays tropicaux, s’ils présentent des rendements énergétiques bien meilleurs (notamment la canne à sucre), leur développement se produit en partie par la déforestation. La concurrence avec les cultures alimentaires peut aussi être nuisible aux plus pauvres, en poussant les prix alimentaires à la hausse. Certains agrocarburants conduisent même à une augmentation des émissions de polluants atmosphériques, comme le protoxyde d’azote. Comme le colza absorbe assez mal l’engrais azoté, son développement en culture énergétique risque de provoquer une augmentation des pollutions de l’eau. Quant à la prévention du changement climatique, les agrocarburants semblent d’un intérêt limité.

 En fait, le développement des agrocarburants a été largement motivé par la volonté de soutenir les céréaliers, mis en difficulté des deux côtés de l’Atlantique par la baisse des subventions. (source LeMonde, 2.02.2008)

pétrole, monde de brut(es)

La Biosphère ne peut que craindre la marchandisation de la planète. Aussi LeMonde argent (25-26.02.2008) a toutes raisons de mettre en exergue cette citation d’Oscar Wilde : « Aujourd’hui, les gens connaissent le prix de tout et la valeur de rien ». Alors pourquoi consacrer un supplément de 8 pages uniquement sur des valeurs monétaires ?  Parce que LeMonde a aussi besoin d’argent, tout simplement. Encore faut-il  comprendre à bon  escient les événements.

Prenons l’article « pétrole, monde de brut ». J’attendais une critique d’une société basée sur le tout pétrole qui va rencontrer prochainement, après le pic pétrolier prévu incessamment sous peu, un monde de brutes. Je ne rencontre que célébration du brut comme valeur refuge. Comme quoi l’argent fait bien perdre le sens des vraies valeurs. Le journaliste fait d’abord porter la responsabilité d’un baril à 100 dollars sur les méchants spéculateurs. Heureusement en fin d’article je retrouve quand même quelques fondamentaux, épuisement des ressources fossiles, fin de l’extraction d’un pétrole facile. Et la conclusion de JM Bezat devrait faire transpirer tous les politiques : Washington a peu de chances de faire pressions sur l’OPEP pour qu’elle booste sa production (et que le prix du baril retombe).

L’ère de la facilité se termine. Comme dit Colin Campbell dans LaRevueDurable (février-mars-avril 2008) : «  Ce que fournit aujourd’hui au monde l’énergie du pétrole, c’est l’équivalent de 22 milliards d’esclaves travaillant nuit et jour. La société vit grâce au pétrole depuis plus d’un siècle et doit maintenant  réaliser qu’elle devra se débrouiller sans énergie alternative aussi pratique à utiliser et facile à extraire. Bien sûr, on peut toujours remonter à cheval.[rires] »

 NB : Colin Campbell est fondateur de l’Aspo, association pour l’étude du pic pétrolier.

l’arnaque du pétrole à bas prix

Le Billet de Robert Solé (LeMonde du 21.02.2008) se veut humoristique, il est simplement désespérant. Sous le titre « Arnaque symbolique », on comprend à demi-mot que le baril à 100 dollars ne serait qu’une arnaque puisqu’on ne voit plus de barils et que ce prix n’est que symbole abstrait !

Au lieu de jouer sur les mots, il aurait été préférable que  Robert nous rappelle que le baril à 100 dollars est loin de ce qu’il faudrait pour lutter contre le choc climatique et le pic pétrolier. Rappelons aussi  à Robert que le baril de pétrole contient 158,98 litres et qu’il était transporté au XIXe siècle dans des tonneaux de cette capacité. Mais Robert a raison sur un point, il n’y a personne à la barre du vaisseau Terre.

 Si la Biosphère avait le pouvoir de l’Opep, elle se débrouillerait pour fixer concrètement le baril à 300 dollars pour fin 2008. Ce n’est pas difficile, il suffit que l’Arabie Saoudite ferme un tout petit peu un robinet qui reste trop grand ouvert. Alors ce triplement de prix obligerait la classe globale (celle qui croit qu’elle peut posséder une automobile personnelle) à modifier son mode de vie gaspilleur et agressif envers la planète. Alors les générations futures pourront inscrire 2008 comme année de la grande rupture avec l’arnaque du pétrole à bas prix.

délices de Capoue

La production d’un litre d’agrocarburant  peut contribuer à l’effet de serre jusqu’à deux fois plus que la combustion de la même quantité de combustible fossile. C’est ce que démontre Paul Crutzen, prix Nobel de chimie 1995 pour ses travaux sur la dégradation de la couche d’ozone (revue Atmospheric Chemistry and Physics Discussions). Aux grands naïfs que nous sommes, on nous faisait valoir qu’un agrocarburant était neutre pour le climat, on ne relâchait dans l’atmosphère que le carbone préalablement absorbé par la plante. Cette présentation occulte les émissions de protoxyde d’azote (N2O) dues à l’agriculture intensive. Ce gaz issu de la dégradation des engrais contribue 296 fois plus à l’effet de serre que le CO2. Le GIEC estimait le taux de conversion de l’azote des fertilisants en N2O à environ 1 %, aujourd’hui P.Crutzen le situe entre 3 et 5 %. Ainsi la combustion de diesel issu de colza contribue de une à 1,7 fois plus au réchauffement que l’utilisation d’une énergie fossile. La seule  culture qui aurait un bilan acceptable est la canne à sucre, mais seulement si on ne prend pas en compte la déforestation qui, de son côté, contribue aussi à l’augmentation de l’effet de serre.

 

Rappelons que sur cette planète, certains brûlent encore des bouses de vache pour faire la cuisine. L’énergie n’est pas gratuite, elle se vole dans les poches de plus en plus vides de la Biosphère. Les délices de Capoue ont toujours une fin…

 

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