épuisement des ressources

cultivons notre jardin

Nous avons vécu depuis des décennies dans le monde entier un exode rural massif, mais les flux commencent à s’inverser.  Ainsi dans les 14 pays africains qui sont sur la bonne voie pou réduire le problème de la faim, le secteur agricole a connu une croissance constante ; au Ghana, les gens sont deux fois plus nombreux à revenir à l’agriculture qu’à la quitter (LeMonde du 10 décembre). Mon quotidien préféré explique que les ménages ne disposant pas de terres sont les plus vulnérables à la famine, les citadins achetant des aliments issus du commerce mondial sont les plus exposées et, selon le rapport annuel de la FAO, 693 millions de personnes souffrent de la faim en 2008. Les pays riches ne sont pas à l’abri de cette évolution qui touche d’abord les pays les plus pauvres.

           Dans son livre prémonitoire, Pétrole : la fête est finie !, Richard Heinberg montre que les combustibles fossiles sont essentiels à la productivité agricole actuelle. Sans cet apport d’énergie non renouvelable, notre planète ne pourrait nourrir qu’environ 2 milliards de personnes. Il constate aussi que durant la période de croissance énergétique, la plupart des groupes traditionnels ont été atomisés, et les familles arrachées aux fermes et villages basés sur la subsistance rurale, puis aspirés dans la compétition anonyme des cités industrielles : « La sécurité, pendant la transition énergétique à venir, impliquera de trouver les moyens afin d’inverser cette tendance ». Il faudra donc « contrôler la chute ». Richard recommande par exemple de cultiver autant que possible les aliments destinés à sa propre consommation et de faire son compost.           

Je m’étonne que les politiques et les médias n’attachent aucun importance à l’imminence du pic pétrolier, le moment où les quantités disponibles de pétrole commenceront à baisser. Dans les contributions générales du Parti socialiste (juillet 2008), seule celle des fabiusiens envisage  le pic : « De nouveaux consommateurs ont un besoin massif de pétrole alors même qu’apparaît le plafond de production selon l’Agence internationale de l’énergie ». Pourtant il ne s’agissait pas d’envisager la raréfaction géologique, seulement l’intérêt des pays producteurs « qui n’ont pas à pomper davantage avec un bail de pétrole qui pourrait atteindre 200 dollars ». Nos visionnaires politiques restent dans le court terme, alors qu’il faudrait structurer notre société pour le long terme en donnant à chaque ménage la possiblité de cultiver son propre jardin.

homo demens

Chaque fois que j’ouvre mon quotidien préféré, je peux m’attendre à apprendre un autre acte terroriste, une nouvelle bataille inter-étatique ou un désastre écologique. Le Monde du 28 novembre ne faillit pas à la règle : des groupes islamistes font plus de cent morts à Bombay, le régime chinois veut imposer un rapport de force avec la France, les glaciers fondent plus vite que jamais.

Est-ce le travail du diable ? Faut-il s’en prendre aux multinationales avides ? Une grande conspiration est-elle en marche ? Une analyse du lien entre l’homme et les ressources énergétiques suggère une explication plus prosaïque. L’agitation croissante qui se manifeste autour de nous est principalement la conséquence inexorable d’un mode de vie prédateur. La brutale augmentation de la population mondiale et de la consommation des ressources planétaires, caractéristique des sociétés industrialisées, accroît le chaos social. L’échelle des problèmes que nous devons affronter maintenant est unique dans l’histoire humaine et nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-mêmes. Face à l’abondance énergétique, les humains ne se distinguent pas malgré leur cerveau surdimensionné des autres organismes : leur population s’accroît et prolifère, il y a dépassement des capacités de l’environnement, puis chute brutale.

Les humains (se) détruisent, ils peuvent aussi changer. Avec la déplétion pétrolière, il est raisonnable d’espérer un monde futur dans lequel les collectivités seront plus réduites et égalitaires et au sein desquelles les individus vivront une harmonie avec leurs semblables et avec la Biosphère. Il est raisonnable d’espérer qu’homo demens pourra justifier un jour de son qualificatif d’homo sapiens. Est-il raisonnable d’espérer ?

effet multiplicateur

Le célèbre économiste Keynes, père de la croissance continue des Trente Glorieuses à cause de sa volonté de relance économique par les bas taux d’intérêt et le déficit budgétaire (théorie générale, écrite en 1936), voyait dans le mécanisme multiplicateur une explication de la diffusion de la croissance. En effet un investissement supplémentaire, par exemple une nouvelle entreprise dans une ville, permet la création de revenus qui sont dépensés dans les différentes boutiques de la ville, ce qui permet la création d’une nouvelle vague de revenus qui sont à leur tour dépensés dans d’autres magasins et ainsi de suite. Malheureusement cet effet multiplicateur fonctionne à la hausse comme à la baisse. Si une ville perd une entreprise, les sous-traitants peuvent fermer leur porte, puis le boulanger et le boucher réduire leur personnel, puis… Les revenus baissent, donc les consommations baissent, il y a un effet en chaîne qui détruit les emplois.

C’est pourquoi la demande de l’industrie automobile aux Etats-Unis semble justifiée. Ils demandent 25 milliards de dollars à l’Etat américain car « il s’agit d’éviter à l’économie américaine une catastrophe dévastatrice » (Richard Wagoner de General Motors). L’automobile au sens large emploi treize millions de personnes, soit un emploi sur dix. Avec l’effet multiplicateur, tu devines déjà la catastrophe si on ne produit plus de 4×4. Mais l’essentiel pour la Biosphère n’est pas là. Examinons le discours d’Alan Mullary (Ford) : « Notre industrie automobile a-t-elle un avenir ? Est-ce qu’un prêt garanti par le gouvernement fédéral pour passer cette période difficile vaut mieux que l’inaction ? Je crois que la réponse à ces deux questions est oui » (LeMonde du 20 novembre).

En fait la réponse d’un politique digne de ce nom devrait être : « NON, l’automobile individuelle n’a pas d’avenir durable. Nous sommes en train d’atteindre le pic pétrolier, les réserves en pétrole vont fournir de moins en moins de carburant. Il n’y a pas de substitut possible pour mettre de l’énergie dans les moteurs à explosion. L’industrie automobile doit se reconvertir, la période du profit facile est terminée, l’Etat ne peut pas socialiser les pertes. Débrouillez-vous, c’est la seule loi du marché qui vaille ».

LeMonde, croissanciste

En première page un titre : « L’Elysée confronté au risque de croissance zéro » (LeMonde du 4 novembre). Pourquoi donc la croissance zéro serait-elle un risque ? Le rapport du Club de Rome estimait en 1972 qu’il fallait tendre à la croissance zéro pour ne pas dépasser les limites de la planète. Depuis cette époque, on  n’a pas voulu freiner l’activité économique et nous sommes à peu près à 30 % au-dessus des possibilités de la planète, c’est-à-dire que nous puisons dans le  capital naturel, nous brûlons nos meubles de famille.

            LeMonde estime aussi qu’une croissance économique comprise entre 0,1 et 0,2 % en 2009 dans l’UE est « un chiffre mauvais ». Pourquoi la stabilisation de l’activité économique ne serait-elle pas le moyen de repenser notre manière de produire et partager les richesses au lieu de se lamenter sur une variation du PIB qui n’est que leurre statistique puisqu’on ajoute ce qui devrait être retranché (par exemple, plus on lutte contre la pollution entraînée par la croissance du PIB, plus le PIB augmente).           

Mon quotidien préféré continue le bourrage de crâne : « Ces sombres prévisions… ». LeMonde est donc croissanciste alors que ce n’est pas le tsunami financier qui menace l’économie, mais les krachs écologiques. Si le baril de pétrole était aujourd’hui à 300 dollars comme il devrait être, les croissancistes auraient beaucoup moins de choses à affirmer, comme d’ailleurs en témoigne aujourd’hui le silence assourdissant de tous les commentateurs du Monde et d’ailleurs qui célébraient la nécessaire flexibilité des marchés financiers. Notre planète œuvre continûment pour rappeler aux humains que nous dépendons du capital naturel, bien plus que du capital financier. Mais les croissancistes ne le savent pas encore. Le Monde devrait faire beaucoup plus attention à ses jugements de valeur sur le niveau de croissance.

au bord du gouffre

Qui a dit : « Le monde est au bord du gouffre par la faute d’un système irresponsable ». Oh surprise, c’est le premier des ministres français, François Fillon (LeMonde du 5-6 septembre) ! La droite libérale devient aujourd’hui socialiste, il faudrait « recadrer un système devenu incontrôlable et sans éthique » et « instaurer de nouvelles régulations entre l’Etat et le marché ». La droite n’a aucune éthique, elle laisse s’accumuler les profits aux mains des riches pour ensuite socialiser les pertes. Laissons-là ces contorsions idéologiques des politiques pour se pencher plus étroitement sur l’idéologie des chefs d’entreprises.

 Le président du directoire de Porsche estime ingénument qu’il y aura « toujours une large palette de modèles de voitures », et il est sûr qu’il « existe suffisamment d’argent et toujours assez de clients pour acheter des jolies choses. Le luxe est partout, cela a toujours été comme cela et le sera toujours ». Admirons cette litanie de « toujours », cet acte de foi répété dans la pérennité d’un système irresponsable au bord du gouffre. Selon W.Wiedeking il faudrait donc toujours rester aussi con qu’avant, toujours accepter sans broncher l’étalage des inégalités et des voitures de luxe, ne jamais sortir du tout-automobile pour enfourcher son vélo.

Pourtant un autre monde est toujours possible, il suffit de ne plus donner la parole dans un quotidien de référence à quelqu’un qui, sous couvert d’un interview, fait de la publicité pour un système libéral irresponsable. Les constructeurs automobiles européennes réclament même 40 milliards d’aide à la Commission européenne…pour être assistés, comme les firmes américaines ! Et ni W.Wiedeking, ni Le Monde n’ont un seul mot pour l’épuisement prochain des réserves pétrolières et la perturbation climatique en train de s’emballer : ce sera dans un autre numéro, faut pas gêner le Mondial de l’automobile.

Keynes a tort (en 2008)

Il paraît que c’est la revanche de Keynes (LeMonde du 2 septembre). D’après l’article, « Les keynésiens disent simplement que les gens gagneraient plus d’argent s’il y avait plus de régulation. » Mais pour d’autres, « Le keynésianisme n’est pas la solution à la crise, c’est son origine. Ce sont les recettes de 1929, toujours appliquées aujourd’hui, qui ont entraîné la crise. » Qui a raison ? Le journaliste tranche en faveur des keynésiens. Erreur !

             En fait la méthode keynésienne est faite pour enrayer un chômage de masse à un moment donné. Keynes a écrit après la grande crise de 1929 pour promouvoir une politique de relance économique soutenue par l’Etat. Le système de marché n’était pas capable à son avis de résoudre une telle crise financière et ses impacts sur l’activité réelle. Mais il s’agissait pour lui d’une politique conjoncturelle, de court terme. Les Trente Glorieuses en ont fait une politique structurelle de soutien continu de la demande par l’expansion monétaire, le crédit et les  dépenses étatiques. Cette politique a échoué dans la période 1974-1980 car la stagflation, à la fois stagnation de l’activité économique (et donc chômage) et inflation s’est installée : le premier choc pétrolier a été plus fort que le volontarisme  gouvernemental. La relance effectuée par les socialistes française en 1981 a échoué à cause de la contrainte extérieure : plus de distribution de pouvoir d’achat entraîne plus d’importations, donc creusement du déficit commercial dans une économie ouverte. Aujourd’hui l’inflation menace, le chômage reste structurel et les économies sont encore plus ouvertes sur l’extérieur. Les politiques keynésiennes sont définitivement inapplicables.

Il faut ajouter à cela que les matières premières non renouvelables, de plus en plus rare, forment un goulet d’étranglement pour l’activité économique. Il faut ajouter à cela que même les ressources renouvelables comme l’eau et les poissons se raréfient. Il faut ajouter à cela que la population humaine explose et que le modèle de consommation occidental voudrait se généraliser. Il faut ajouter à cela que la gestion de nos déchets devient de plus en plus problématique, gaz à effet de serre, déchets nucléaires et même déchets ménagers. La croissance économique est dernière nous, il va falloir apprendre à gérer la pénurie, situation que Keynes ne pouvait envisager à son époque.

 LeMonde est-il encore aveugle, lui qui consacre pourtant ce jour un article documenté sur la difficulté probable de financement du démantèlement des installations atomiques.

Congrès d’orientation ?

Six motions pour le prochain Congrès du PS et mon quotidien favori (LeMonde du 25 septembre) ne développe longuement que les quatre motions emplies de saumons, ces dirigeants versatiles habitués à sauter d’un courant du PS à l’autre. Ce n’est pas gentil pour les vrais saumons, ce n’est pas gentil pour les deux motions qui présentent vraiment une orientation politique précise. La motion « Utopia », comme son nom l’indique, fait référence aux socialistes utopiques qui n’ont jamais changé quoi que ce soit à la face du monde ; cependant, quand on voit ce que les socialistes marxistes ont fait de notre planète, la tentative est bien entendu louable. 

L’autre motion, « pour un socialisme écologique », est véritablement nouvelle, elle rompt avec la pratique du PS de laisser sous-traiter les questions environnementales par les Verts depuis que ceux-ci ont rompu avec le discours « ni droite, ni gauche ». Elle rejoint la tentative récente du Monde de traiter plus longuement les questions qui entourent la sauvegarde de notre milieu naturel sous une rubrique Planète. Par exemple, nous apprenons ce jour que l’humanité a épuisé depuis le 23 septembre dernier le produit global de la Terre et dès aujourd’hui, nous vivons déjà aux dessus de nos moyens. Pour continuer à vivre, nous entamons le capital naturel : en plus de la surexploitation des travailleurs, il y a dorénavant une surexploitation des écosystèmes.

 Alors, si mon quotidien favori est sincère avec son nouvel engagement écolo, il devrait consacrer de longues lignes au pôle écologique du PS. Mais quand je vois ce jour dans le Monde une pleine page de pub pour McDonald’s qui « goutte à goutte, économise l’eau », le doute m’assaille…

lunettes théoriques

lunette théoriques :  Dieu et les resssources non renouvelables.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva dit n’importe quoi. Après la découverte d’un champ pétrolifère à quelque 250 km au large de son pays, il s’exclame : « C’est un signe de dieu, un passeport pour l’avenir » (LeMonde du 13.09.2008).

 

            Notons d’abord que Dieu ne nous dit rien que ce qu’on veut bien entendre. S’il existe, il ne s’intéresse nullement aux péripéties humaines. Je préfère de loin la parole de Thomas More qui, en 1516, écrivait dans son utopie: « L’or et l’argent n’ont aucune vertu, aucun usage, aucune propriété dont la privation soit un inconvénient véritable. C’est la folie humaine qui a mis tant de prix à leur rareté. La nature, cette excellente mère, les a enfouis à de grandes profondeurs, comme des productions inutiles et vaines, tandis qu’elle expose à découvert l’air, l’eau, la terre et tout ce qu’il y a de bon et de réellement utile. » L’or, l’argent, mais aussi tout ce qui est enfoui, le charbon, le pétrole, le gaz, l’uranium, fera le malheur de nos générations futures. Précisons d’ailleurs que le nouveau gisement de Tupi est situé à une profondeur allant de 5 000 à 7 000 mètres !

 

            Un passeport pour l’avenir ? Je préfère de loin la parole de Yves Cochet : « Chaque jour qui passe nous rapproche d’un choc imminent que nous ignorons : la fin du pétrole bon marché. Depuis plus de trente ans, les écologistes n’ont cessé de proposer la diminution des consommations d’énergie fossiles et la mise en œuvre de politiques de sobriété énergétique et de promotion des énergies renouvelables, l’abandon de l’agriculture productiviste au profit de l’agrobiologie, le désengagement de notre dépendance à l’égard des entreprises transnationales et la réhabilitation des circuits économiques courts. En vain. Il est déjà trop tard pour espérer transmettre à nos enfants un monde en meilleure santé que celui que nous connaissons aujourd’hui. Plus nous attendrons, plus leurs souffrances seront grandes et dévastatrices » (in Pétrole apocalypse, 2005).

 

Lula da Silva ne suit pas la voie de dieu, il personnifie notre bêtise analytique actuelle.

moratoire sur les sous-sols

« Persuadés qu’un traité réservant l’Antarctique aux seules activités pacifiques servira les principes de la Charte des Nations unies », treize Etats ratifient le traité de l’Antarctique le 1er décembre 1959. Ce traité fixe les bases de la non exploitation de ce continent sauf à des fins scientifiques. En 1991, le protocole de Madrid réaffirme cette protection pour une période de 50 ans en s’engageant à assurer la protection globale de l’environnement en A et des écosystèmes associés. L’ Antarctique devient une réserve naturelle consacrée à la paix et à la science. Toute activité minière y est interdite.

 

Mais à l’heure actuelle, la course aux ressources naturelles s’accélère. L’arctique recèle sans doute 22 % des ressources énergétiques non découvertes mais techniquement exploitables de la planète(LeMonde du 21.08.2008). Alors les disputes commencent. Les Russes revendiquent près de 45 % du territoire, Danois, américains, Canadiens et Norvégiens ne sont pas en reste. Notre Terre a donc besoin d’un Traité de l’Arctique sur le même modèle que celui de l’ Antarctique, reprenant en particulier  l’article IV.2 : « Aucun acte ou activité intervenant pendant la durée du présent Traité ne constituera une base permettant de faire valoir, de soutenir ou de contester une revendication de souveraineté territoriale dans l’Antarctique, ni ne créera des droits de souveraineté dans cette région ».

 Nous n’avons que trop oublié les préceptes de Thomas More en 1516 : « La nature, cette excellente mère, a enfouis des ressources naturelles à de grandes profondeurs, comme des productions inutiles et vaines, tandis qu’elle expose à découvert l’air, l’eau, la terre et tout ce qu’il y a de bon et de réellement utile. La nature invite tous les hommes à s’entraider mutuellement et à partager en commun le joyeux festin de la vie. La nature a donné la même forme à tous ; elle les réchauffe tous de la même chaleur, elle les embrasse tous du même amour ; ce qu’elle réprouve, c’est qu’on augmente son bien-être en aggravant le malheur d’autrui. »

fuite de carbone

LeMonde du 1er juillet 2008 nous présente à plusieurs reprises l’omniprésence des ressources fossiles dans l’actualité. Le pétrole de la discorde en Irak en page 4, l’avis de convocation des actionnaires de Gaz de France en page 5,  le besoin d’approvisionnement en hydrocarbure des pays de l’Europe centrale en page 8, le gisement de Kashagan qui ne produira pas avant 2013 en page 13, le X6 de BMW  en page 25…

 

De son côté l’Union européenne en page 17 va se pencher sur le gros dossier environnement : « La présidence française va devoir se démener pour arracher un compromis sur le paquet climat/énergie », « Les nations les plus industrialisés réclament des solutions pour limiter le phénomène de fuite de carbone ou délocalisation des activités les plus consommatrices en énergie vers des pays où les contraintes environnementales sont moins fortes… ».

 En conclusion le verrou énergétique va continuer à provoquer des émeutes de la faim dans les pays les plus pauvres et des émeutes de ceux qui ont besoin de pétrole pour travailler dans les pays riches. Alors, écolo-fascisme ou prise de conscience que nous allons devoir faire beaucoup d’efforts pour partager tous ensemble la pénurie ?

futurs certains

 

Il faudrait aider les tout-petits à structurer leur rapport au futur (rubrique « Futurs » du Monde, 23.06.2008). Il suffirait pour synchroniser le temps des grands et le temps des petits de les rassurer par quelques mots, préciser qui le gardera ce soir, dire « on se retrouvera demain… » Mais après-demain ?

 

Le deuxième article, « Il est urgent de sauver les sols », est bien moins optimiste. Daniel Nahon a écrit L’épuisement de la terre, l’enjeu du XXIe siècle, il nous dit : « Les sols n’en peuvent plus. Nous sommes au bord de l’abîme et, si cela continue, il y aura des famines. La création d’un sol vivant est un processus qui passe par la décomposition de la roche mère, sa fertilisation par le long travail des bactéries et des plantes. La dégradation des sols vivants par  l’homme est un processus accéléré, productivisme agricole, urbanisation des terres arables, déforestation, près d’un quart des terres utilisables dans le monde  sont déjà dégradées ». En conséquence, Daniel pense qu’il faudrait « un véritable effort de guerre » pour affronter la désertification des sols. Nous savons par ailleurs qu’Yves Cochet réclame lui-aussi « un véritable effort de guerre » pour affronter le choc pétrolier qui ne peut que s’accentuer. D’autres experts parlent de lutte désespérée à mener contre le réchauffement climatique, contre l’extinction des espèces, contre la disparition des ressources halieutiques, contre la marchandisation de l’homme…

 Oui, l’avenir de nos enfants et bien compris, surtout si on se contente, comme dans le cas de l’épuisement des sols, de promouvoir en France un observatoire qui réalisera un inventaire des sols tous les dix ans. Il faudrait agir violemment, on se contente de constater. Alea jacta est, mais nous restons immobile.

ami des pêcheurs ou ami des poissons ?

Bruxelles est restée inflexible sur la fermeture de la pêche au thon rouge, Paris, Rome et Madrid récusent cette décision (LeMonde du 19.06.2008). Qui a raison ?

 

            Que ce soit en Europe, au Canada ou ailleurs, chaque pêcheur est aujourd’hui individuellement conscient que sa catégorie professionnelle va collectivement à la catastrophe. Mais chaque pêcheur sait également qu’en situation de rareté générale, le poisson qu’il ne prend pas immédiatement sera pris par un autre. Il est donc condamné à pêcher tout ce qu’il peut dans un minimum de temps tout en sachant pertinemment que cela aggrave le processus de catastrophe collective. Alors les Etats côtiers veulent étendre encore plus loin vers le large leur juridiction, mais cela ne suffit pas et ils doivent instaurer des quotas de pêche, puis subventionner une partie de leurs pêcheurs pour les empêcher de pêcher, enfin interdire un jour ou l’autre complètement la pêche à la morue et aux anchois… Il n’y a pas d’avenir pour un tel état de fait : la prise mondiale de poissons sauvages a déjà baissé de 17 % entre 1995 et 2002 et, malgré les programmes successifs, la flotte européenne est restée en surcapacité. Les captures le thon rouge atteignent 53 000 tonnes par an ; le quota de prise autorisé est fixé à seulement 32 000 tonnes et les scientifiques estiment qu’il ne faudrait pas en prélever plus de 25 00 tonnes pour préserver la capacité de reproduction de l’espèce. Même si l’opacité des chiffres de capture (sans doute sous-évaluée) persiste, l’Ifremer (institut français pour l’exploitation de la mer) estime que l’espèce est fortement surexploitée et gravement menacée. Bruxelles a donc raison contre Paris, Rome et Madrid.

 Il y a bien longtemps que les humains auraient du comprendre que les amis des pêcheurs et les amis des poissons fréquentent le même océan et que l’essentiel n’est jamais la dynamique de la pêche, mais la gestion collective d’un écosystème.

Pêcheurs de tous les pays, unissez-vous !

La phrase de Karl Marx incitant à l’union des prolétaires pour renverser le capitalisme est restée célèbre. Aujourd’hui l’expression est actualisée par tous ceux qui ont besoin de pétrole dans leurs moteurs. Pêcheurs, agriculteurs et routiers sont mobilisés un peu partout en Europe contre l’envolée des prix du gazole (LeMonde du 30.05.2008). La grève des pêcheurs s’étend en Espagne et au Portugal. Des mouvements de routiers sont signalés en Bulgarie et en Grande Bretagne. Il y a même internationalisation du conflit ; depuis plusieurs jours en Indonésie la hausse des carburants suscite la colère. Signe de la généralisation des périls, ce pays membre de l’Opep n’est plus exportateur depuis plusieurs années ; le pétrole se raréfie alors que la demande explose. Toute la classe globale qui a  besoin d’un véhicule personnel pour se déplacer va rejoindre le mouvement contestataire un jour ou l’autre.

Mais le peuple travailleur ne se révolte plus contre une autre classe sociale, elle est confrontée aux limites objectives de la planète, à l’épuisement des ressources fossiles. Obtenir d’un gouvernement le maintien des subventions ou un petit bout de TVA ne fera que reculer l’échéance : la crise ultime s’approche à grands pas, tous les prix vont être indexés sur la hausse du prix du baril et du gaz, le maintien du pouvoir d’achat va devenir un slogan déplacé et illusoire, la simplicité volontaire que les imbéciles qui nous gouvernent  n’ont pas su « développer » va se transformer en pénurie forcée dans des secteurs de plus en plus étendu, pour des populations de plus en plus nombreuses. Ne m’accusez pas de catastrophisme, la catastrophe est devenue une réalité qui va impliquer une révolution dans nos pensées, dans nos modes de vie, qui va exiger une remise en cause de notre insouciance économique, de notre foi dans la croissance économique, de nos structures politiques soumises au lobbying et au court terme.

 Puisque nous n’avons pas su pratiquer la pédagogie de la catastrophe, c’est la catastrophe qui va nous servir de pédagogie.

l’effet Giffen

Le président de la Banque mondiale, Robert Zellick, s’alarme de la montée du prix des denrées alimentaires de base, 80 % depuis 2005 (LeMonde du 12.05.2008). Il nous rappelle que la nourriture représente 50 à 75 % de la consommation des pauvres, contre moins de 15 % en moyenne pour les Français. Il est vrai que ce coefficient budgétaire, c’est-à-dire la part des consommations de première nécessité dans la consommation totale, diminue au fur et à mesure que le revenu s’élève : c’est la loi d’Engel, une loi qui peut s’inverser quand le revenu diminue. Pour les plus pauvres, c’est encore plus terrible ; les spécialistes parlent de l’effet Giffen, situation parfois subie au XIXe siècle en Europe. Lorsque le prix de biens essentiels, comme le pain, augmente, il reste moins d’argent pour acheter d’autres aliments et la consommation de pain augmente malgré la hausse de son prix. Cet effet s’explique par l’impossibilité de substituer d’autres aliments au pain, car aucun n’est aussi bon marché.

 Encore faut-il que le gouvernement contrôle le prix de la denrée alimentaire de base : le prix du pain (ou du maïs pour la tortilla) doit être juste selon les normes collectives, c’est-à-dire qu’il doit rester accessible. Les émeutes de la faim ont donc de l’avenir alors que la Banque mondiale et la théorie économique avaient oublié depuis des années que ce qui permet aux hommes de vivre résulte d’abord du soin apporté à la productivité de la Biosphère, la quantité de biomasse produite par unité de surface. On a préféré bétonner ou goudronner les terres cultivables ; en Egypte, on arrive même à construire dans la nuit une maison au milieu des champs. Les anciens étaient plus prévoyants, ils construisaient à l’orée du désert. Nous préférons transformer la terre en désert.

pic pétrolier

LeMonde du 16.04.2008 nous présente un graphique selon lequel la production russe de pétrole atteint un sommet en 2007 à près de 10 millions de barils/jours et commence à baisser en 2008. Un dirigeant du premier groupe pétrolier privé russe (Loukoil) confirme que la Russie est dans la même situation que le Mexique, l’Alaska et la mer du Nord, trois régions où la production d’or noir décroît fortement depuis des années en raison de l’épuisement des réserves. L’inquiétude est relancée, le bail atteint plus de 112 dollars. Nous sommes déjà dans l’attente du pic pétrolier mondial qui préfigure la crise ultime que va connaître prochainement la civilisation thermo-industrielle : toutes les activités ou presque reposent sur un pétrole bon marché, que ce soit les déplacements individuels et collectifs ou même l’alimentation (engrais et pesticides découlent du pétrole). Le livre du député Vert Yves Cochet est édité en 2005 avec ce titre prémonitoire : « Pétrole apocalypse ».

Le pic pétrolier est donc ce point de retournement à partir duquel la production de pétrole commence à baisser inéluctablement. Le géologue américain King Hubbert avait annoncé en 1956 que les Etats-Unis connaîtraient ce pic vers 1970. A l’époque la majorité des experts s’était montrée incrédule. Pourtant le pic de Hubbert a de fait été atteint aux Etats-Unis entre 1971 et 1972. Cela a contribué à expliquer le choc pétrolier de 1973 puisque les pays de l’OPEP pouvaient dorénavant faire pression sur la première puissance mondiale qui devenait importatrice nette. Les ressources de la mer du Nord ne suffisent plus à la Grande Bretagne depuis le troisième trimestre 2005 : Albion a enregistré son premier déficit de balance pétrolière depuis 1980, les exportations ont représenté 11,2 millions de tonnes alors que les importations atteignaient 13,7 Mt. D’ailleurs les réserves pétrolières sont tombées de 15,4 milliards de barils en 1979 à 4,5 milliards à la fin de 2004. En mai 2005, une conférence internationale de géologie s’ouvrait à Lisbonne. L’association pour l’étude du pic pétrolier (ASPO) y annonçait que le « Peak Oil » serait atteint avant la fin de la décennie.

 Même l’Agence Internationale de l’Energie, cette officine chargée depuis 1974 de défendre les intérêts des pays consommateurs, a changé de discours. Après avoir bercé le monde des politiciens occidentaux d’illusions, l’AIE reconnaissait dans son rapport annuel 2005 que la production des Etats qui ne sont pas membre de l’OPEP (Russie, Etats-Unis, Norvège…) devrait décliner peu après 2010 alors qu’ils fournissent aujourd’hui 60 % du brut mondial. Après des années d’insouciance, le mot d’ordre devient : « Economisez l’énergie, économisez le pétrole ! Et diversifiez-vous, s’il vous plaît. Sortez du pétrole ! » L’un des banquiers les plus en vue de Houston a publié Crépuscule dans le désert et a révélé que l’Arabie saoudite surestimait ses réserves.

La pétroapocalypse est pour bientôt, mais personne ne veut voir les guerres qui se préparent : surtout, pas de catastrophisme, svp !!!

Ça va être dur

Ça va être dur à Las Vegas (LeMonde du 10.04.2008). La ville du jeu et des filles, de la pacotille et des mariages rapides avait pris l’habitude de dépenser l’eau sans compter. Pourtant Las Vegas s’est construite dans l’Etat le plus sec de l’union, la ville est aujourd’hui rattrapée par son environnement. L’eau manque. La ville est comme une adolescente, elle devrait dorénavant apprendre à vivre avec des contraintes. Mais elle veut pourtant continuer à grandir trop vite : Las Vegas comptait 770 000 habitants en 1990, elle en compte aujourd’hui 2 millions, qui préfèrent une pelouse verdoyante devant la maison plutôt que graviers et plantes grasses. Jusqu’à présent aucune métropole n’a arrêté son développement. Mais comme pour toute adolescente, il y aura une taille maximum, puis une lente dégénérescence vers la mort. Ainsi vont les mécanismes autorégulateurs de la Biosphère. Las Vegas était une anomalie, une pécheresse assoiffée née par accident du désert, elle retournera au désert. Ce qui lui arrive arrivera à toutes les métropoles qui ont grandi plus vite que le niveau des nappes phréatiques et les possibilités d’approvisionnement.

Ça va aussi être dur pour les pauvres en France (LeMonde du 10.04.2008). Le pays est aujourd’hui rattrapé par son environnement. Les ressources fossiles importées viennent à renchérir. Les ministères des finances et de l’écologie proposent une hausse du prix du gaz de 5,5 %, après 4 % en janvier. La gestion politique de ce problème va devenir de plus en plus difficile étant donnés ses répercussions sociales. Déjà, entre 2001 et 20036, la part de l’énergie (fioul, gaz) dans les dépenses des foyers les plus pauvres est passée de 10 % à 15 % entre 2001 et 2006, tandis qu’elle diminuait pour les familles les plus aisées, dont les revenus ont augmenté plus vite que le prix de ces combustibles. Dans le même temps, Sarkozy est acculé par l’absence de possibilités budgétaires. Fini les largesses pour les politiques sociales puisqu’on a déjà tout donné pour les riches : « Transmettre à nos enfants la facture de nos dépenses de santé et de retraite, via la dette, est profondément immoral » a déclaré le président français Sarkozy.

 Pourtant, ce n’est pas aux plus pauvres d’assumer le prix d’une eau ou d’une énergie de plus en plus rare, il en va de la responsabilité de tous. Nous ne pouvons apprendre la frugalité  et le contrôle de nos besoins qui si tout le monde montre l’exemple, et d’abord les plus riches. Les mégalopoles doivent être rayées le plus vite possible de la carte du monde, le chauffage devra être rationné. L’eau aurait du rester dans les nappes phréatiques, le pétrole aurait du rester sous la terre, nous avons fait des erreurs, cela va être très dur de les payer.

l’or n’est pas une monnaie-refuge

L’once d’or côte 958,40 dollars (LeMonde du 23 février), soit 30 814 dollars le kilo. La belle affaire ! Les épargnants trouvent que la Caisse d’épargne ne leur rapporte pas assez, donc ils chassent la proie pour l’ombre. Car que vaut réellement le kilo d’or ? Du côté de la demande, certes les bijoux ne progressent que faiblement, mais l’or devient en cette période d’instabilité le recours, ce qui permet de se  rassurer face à la dégringolade des valeurs mobilières. La chute du dollar accentue la confiance dans une valeur-refuge, l’or qui pendant tant d’années a servi de référent monétaire, à 35 dollars l’once. Du côté de l’offre, la production d’or a reculé à 2500 tonnes en 2007, il est de plus en plus coûteux à extraire. On le cherche jusqu’à 3 3000 mètres de profondeur et à une température de 50°C dans les mines de Chine. La demande est supérieure à l’offre, alors la hausse de prix va procurer l’équilibre dans cette économie de marché si efficace. Le prix augmente, la demande baisse, l’offre augmente, vive l’équilibre automatique.

 Mais pour la Biosphère, cette hausse de prix d’une matière première est au contraire le signe d’un déséquilibre durable. L’or, le pétrole, le fer, l’uranium, la bauxite, toutes les richesses naturelles sont maintenant exploitées dans leurs profondeurs les plus cachées, l’extraction minière atteint ses limites ultimes comme d’ailleurs les performances de nos sportifs de haut niveau. Rien ne peut croître indéfiniment sur une planète finie. La demande est artificielle, l’or ne redeviendra jamais une valeur monétaire dans une société qui sait fixer des supports extraordinaires pour l’échange marchand, depuis la monnaie électronique jusqu’aux SEL (systèmes d’échange local). Et les bijoux en or, franchement, on s’en fout complètement. L’offre approchera donc prochainement de zéro, la demande de zéro. L’équilibre absolu ? Non, le signe que la société devra changer profondément les mythes et ses valeurs sur lesquelles elle repose actuellement quand l’échange marchand s’effondrera et qu’il n’y aura plus de repères aussi clinquants que l’or.

eau virtuelle

Dans la province espagnole d’Almeria, entre la côte andalouse et les contreforts montagneux, s’étend un paysage de lande rousse et de rocailles. Ce désert est aujourd’hui recouvert de serres sur 27 000 hectares. Elles produisent fruits, légumes et fleurs pour l’Europe tout entière. Mais ces produits étant composés à 80 % d’eau, la région vit d’une forme d’exportation de ses ressources naturelles, l’eau virtuelle qui se cache dans les produits que nous consommons. L’eau virtuelle peut apparaître comme un moyen efficace de réguler les ressources en eau sur la planète. En effet, difficile de transporter de la vraie eau ! Mais pour Almeria, c’est l’appauvrissement assuré. Il n’y pleut quasiment pas, seulement autour de 20 millimètres par an. Il faut donc prélever dans les nappes phréatiques qui n’ont plus le temps de se reconstituer. On pompait l’eau fossile jusqu’à 30 mètres sous terre, maintenant les nouveaux forages puisent à 600 ou 700 mètres. Personne ne sait combien de temps cela durera, mais on est sûr que cela ne durera pas. L’eau de mer a déjà pénétré dans les couches superficielles, les nappes sont polluées par les fertilisants et les pesticides, le dessalement de l’eau de mer ne changera pas la donne fondamentale : on ne doit pas exporter une eau qui se raréfie. D’autant plus que les touristes arrivent sur la côte pour réclamer des terrains de golf qui utilisent beaucoup d’eau…

La souveraineté alimentaire de chaque territoire doit devenir une exigence mondiale, on ne peut exporter de l’eau virtuelle en épuisant une Biosphère limitée.

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

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du GEO.4 au Grenelle

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement vient de publier (Le Monde du 28-29 octobre) son 4ème rapport Global Environment Outlook. Selon cet organisme, notre société n’affronte pas des crises séparées, la « crise environnementale », la « crise du développement », et la « crise de l’énergie » ne font qu’une. Cette crise n’inclut pas uniquement le changement climatique, les taux d’extinction de la biodiversité et des ressources naturelles (selon l’EWG, la moitié des réserves pétrolières seraient déjà épuisées, le Monde du 27 octobre 2007), mais bien d’autres problèmes liés à la croissance de la population, à la hausse de la consommation des riches et au désespoir des pauvres.

            Le Grenelle de l’environnement n’est donc pas une fin en soi, mais le début d’une révolution qui va modifier tous nos modes de vie et de pensée. Les politiques qui n’ont pas compris cela ne doivent pas être élus, les économistes qui continuent de propager l’idéologie de la croissance doivent être condamnés. 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

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dette écologique

Au Sommet de la Terre qui s’est tenu à Rio en 1992, la plupart des pays pauvres de la planète ont signé la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique. Cette convention prenait l’année 1990 comme « année zéro », autrement dit cela signifiait que l’on ne ferait aucune reconstitution du patrimoine des réserves mondiales de combustibles fossiles pillées auparavant depuis des décennies. Donc, d’un trait de plume, on effaçait la dette écologique des pays riches. Les Etats-Unis se comportent comme un fils prodigue de famille aristocratique, dilapidant en égoïste le legs familial, sans se soucier des effets sur le reste de la collectivité. Pourtant, du point de vue de la logique et de l’équité, le fait de puiser davantage que sa part de ressources naturelles au sein d’un écosystème à l’équilibre délicat crée une dette écologique. Rien que pour donner la mesure des inégalités actuelles, rappelons qu’entre le repas du soir pour le Nouvel An et le 2 janvier, une famille américaine aura déjà consommé, par personne, l’équivalent en combustible fossiles des besoins d’une famille tanzanienne pour toute l’année !

 

Après avoir généreusement annulé, en 1992, leur créance en charbon et hydrocarbures, les pauvres ont été payé en retour par une décennie de promesses non tenues sur le plan de l’aide au développement. A moins que les riches ne s’acquittent de leur dette écologique, il ne s’écoulera guère de temps avant que les huissiers du climat ne frappent à toutes nos portes. (dixit Andrew Simms, un des directeurs de la New economics foundation de Londres)

 

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