épuisement des ressources

Serge Latouche en accord avec Malthus

Pour bien connaître Malthus, Michel Sourrouille en a fait le sujet de son 9ème livre, paru fin janvier 2026.

MALTHUS, penseur de la finitude 

(démographie et responsabilité)

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

https://www.babelio.com/livres/Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Re/1996022

https://www.fnac.com/a22630446/Michel-Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Responsabilite

https://www.eyrolles.com/Litterature/Livre/malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136/

NB : Il s’agit d’un tirage à la demande. Il faut donc le commander, soit pas Internet, soit auprès de son libraire. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé.

Serge Latouche, connu pour ses livres sur la décroissance économique, en a fait la préface suivante :

« Dans la collection des Précurseurs de la décroissance que je dirigeais aux éditions « Le passager clandestin » l’éditeur, pour des raisons de divergence idéologique et/ou politique s’était refusé de publier un ouvrage de Michel Sourrouille sur Malthus et ce en dépit de mon insistance. Cet épisode est assez révélateur des passions que suscite encore aujourd’hui le « sinistre pasteur ». Mais il faut reconnaître que, pour le meilleur ou pour le pire, Malthus est un précurseur. Il est difficile d’être spécialiste d’un auteur sans éprouver à son égard un minimum d’empathie. Michel Sourrouille, spécialiste reconnu du malthusianisme sur lequel il a publié plusieurs écrits, se reconnaît non seulement de la sympathie pour le pasteur, mais s’avoue même malthusien militant.

On peut parler d’une affaire Malthus comme on parle d’une affaire Darwin, les deux n’étant d’ailleurs pas sans lien puisque Darwin a eu l’intuition de sa loi de sélection naturelle à la lecture de l’essai sur le principe de population. Héritiers de l’optimisme des Lumières et ardents croyants dans la théologie du progrès, les penseurs socialistes ont tiré à boulets rouges sur Malthus, partisan raisonné de l’aristocratie foncière, au point que Proudhon pourtant généralement pondéré, déclare qu’il n’y a qu’un homme de trop sur la terre, c’est Malthus. Le coup de grâce a été porté par Marx qui critique l’idée d’une loi universelle et trans-historique de population et met en évidence, dans le cas du capitalisme, une loi de surpopulation relative, due au chômage et à la création d’un prolétariat surnuméraire, pour faire pression sur les prix. Du coup le problème du divorce inévitable entre croissance à long terme de la production et croissance de la population, n’est pas abordée, d’autant qu’aucune limite n’est posée à la croissance des forces productives.

Si tout chez Malthus est discutable dans le détail, l’ensemble n’en demeure pas moins vrai ; à savoir, qu’il est absurde de penser « qu’un territoire limité peut nourrir une population illimitée». Ma position personnelle, qui correspond à celle des principaux théoriciens de la décroissance, est que si une croissance économique infinie est incompatible avec une planète finie, il en va aussi de même pour la croissance de la population.

On aura beau faire et beau dire, si ce n’est aujourd’hui ou demain, Malthus finira toujours par avoir raison après-demain. La vérité de bon sens qu’il a très habilement formulé dans son modèle opposant la progression arithmétique de la production agricole à la progression géométrique de la population « naturelle » s’imposera nécessairement. Ce principe simple, voir simpliste, est incontournable, en dépit de toutes les faiblesses sur lesquelles il repose et de toutes les critiques qui lui ont été adressés, vérifiant par là la boutade de Paul Valéry : « Tout ce qui est simple est faux, mais ce qui n’est pas simple est inutilisable… ». Le dossier « Malthus » ne sera pas clos par cet essai de Michel Sourrouille, et ne le sera sans doute jamais, mais ce dernier contribue à éclairer le lecteur de bonne foi sur le problème, en particulier dans l’optique de la nécessaire décroissance. »

PS : Pour toute remarque, on peut lui écrire par l’intermédiaire du blog… ou poster un commentaire

biosphere@ouvaton.org

Serge Latouche en accord avec Malthus Lire la suite »

Malthus, parmi d’autres philosophes

Les penseurs de la finitude sont des philosophes connus, Malthus a l’avantage d’être plus compréhensible.

Althusser est un penseur de la limite. Si la philosophie althussérienne offre un espace privilégié pour penser l’altérité, cela tient avant tout à ceci qu’elle est fondamentalement une pensée de la finitude. Théoricien de la « coupure épistémologique », penseur de la ligne de division intra-philosophique entre tendance matérialiste et tendance idéaliste, penseur « aux extrêmes », penseur, enfin, du marxisme « dans ses limites » et du « marxisme comme théorie “finie”.

Heidegger est le penseur de la finitude ontologique, pour qui la pensée de l’Être est ancrée dans l’analytique du Dasein comme cet étant dont la seule essence est l’existence finie. Là où Spinoza propose une éthique excédant la logique de la métaphysique, Heidegger entreprend un travail de déconstruction de celle-ci, visant à sa métamorphose en une autre pensée permettant de rejouer le logos, la mort, le divin.

De son côté Spinoza était déjà un penseur de la finitude ; l’infini chez lui est surtout un moyen de penser celle-ci le plus positivement possible. C’est un penseur de la totalité qui, allant de l’être au connaître, fait, contre la tradition métaphysique, de l’Absolu le principe d’affirmation d’une finitude essentielle et montre que l’homme, tout en n’étant pas « comme un empire dans un empire », peut cependant accéder au savoir de son appartenance à la totalité comme cause prochaine, en une intuition intellectuelle que la tradition réservait à Dieu.

Malthus est beaucoup plus concret, enraciné dans notre réalité immédiate. Il montrait au moment de la révolution française le rapport étroit qui existe entre l’évolution démographique et la responsabilité de chacun d’entre nous. Son message principal était d’avant-garde, écologique : nous ne pouvons pas être plus nombreux que ce que la Terre nous offre de ressources.

Malthus était donc un précurseur de toutes les analyses contemporaines qui montrent qu’on a maintenant dépassé les limites de la planète. Le mot « malthusien » est dans le dictionnaire, il devrait être un élément de réflexion connu de tous et toutes à l’entrée dans la vie d’adulte. Le malthusianisme mérite d’être étudié par chaque citoyen car l’essentiel commence par notre chambre à coucher. Nous pouvons pratiquer la sobriété démographique comme Malthus nous le conseillait ou rendre notre monde invivable par trop d’enfants.

Pour bien connaître Malthus, Michel Sourrouille en fait le sujet de son 9ème livre, paru fin janvier 2026.

MALTHUS, penseur de la finitude 

(démographie et responsabilité)

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

https://www.fnac.com/a22630446/Michel-Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Responsabilite

https://www.babelio.com/livres/Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Re/1996022

Il s’agit d’un tirage à la demande. Il faut donc le commander, soit pas Internet, soit auprès de son libraire. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé.

Pour toute remarque sur le malthusianisme, on peut écrire à l’auteur :

michel.sourrouille@laposte.net

Malthus, parmi d’autres philosophes Lire la suite »

Thomas Robert MALTHUS, penseur de la finitude

Thomas Robert Malthus à l’époque de la révolution française a montré qu’on ne pouvait croître démographiquement au-delà des ressources du milieu. En termes contemporains, croire qu’on peut croître indéfiniment dans un monde fini est une pensée hors sol. Il peut donc être considéré comme un précurseur de l’écologie, mettant en relation les humains et leur environnement. Si on ne cherche pas un niveau de population adapté au milieu, on récolte guerres, famine et épidémies.

Le mot « malthusien » est dans notre dictionnaire, mais dans une définition tronquée. On ne considère que la baisse de fécondité, et pas le rapport fait par Malthus entre démographie et ressources naturelles. Un livre de Michel Sourrouille sur la question malthusienne vient d’être publié fin janvier 2026.

« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

https://www.fnac.com/a22630446/Michel-Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Responsabilite

https://www.babelio.com/livres/Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Re/1996022

NB : Il s’agit d’un tirage à la demande. Il faut donc commander le livre. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé. L’inconvénient, c’est que l’auteur pour être connu doit faire lui-même sa promotion. C’est pourquoi vous pouvez faire connaître, dans vos propres réseaux, ce livre essentiel à la compréhension de notre monde et de son avenir. Merci

Voici le 4ème de couverture

l’essentiel se passe dans la chambre à coucher.

Nous sommes responsables de l’état de la société et de notre environnement, nous ne pouvons pas être plus nombreux que ce que la Terre nous offre de ressources. Chacun de nous devrait se rendre compte que notre avenir collectif commence par notre sexualité, avec la décision de pratiquer la sobriété démographique comme Malthus nous le conseillait ou de rendre notre monde invivable par trop d’enfants.

Le mot « malthusien » devrait être un élément de réflexion connu de tous. Ce livre est aussi dédié aux acteurs absents des délibérations présentes : les générations futures et les non-humains, tous ceux que l’expansion démographique humaine peut à juste titre inquiéter…

Michel Sourrouille a déjà publié trois livres sur la démographie. L’avant-dernier est un livre collectif à 23 auteurs qu’il a coordonné. Le dernier, toujours aux éditions Edilivre: Surpopulation. Afghanistan, France, Royaume-Uni… aucun pays n’est à l’abri. Professeur de sciences économiques et sociales à la retraite, il est journaliste- écrivain pour la nature et l’écologie (membre des JNE) et adhérent de l’association ”Démographie Responsable”.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Mieux comprendre MALTHUS, le débat (extraits)

Marc: « la recommandation par Malthus de restriction volontaire des naissances par la « contrainte morale » me semble dangereuse. »

Michel : je ne sais pas à quoi tu fais référence. La contrainte morale pour Malthus est ce qui se pratiquait à son époque par les gens responsables, l’absence de relations sexuelles avant le mariage, un retard de l’âge au mariage, etc… En quoi est-ce dangereux ? Quelles sont tes sources d’information sur Malthus ?….

Une tribune malthusienne dans LE MONDE

extraits : La chute du nombre de naissances peut aider à réduire le chômage, apaiser les tensions sur le logement, et élever la qualité du système éducatif, estime l’ancien rédacteur en chef d’« Alternatives économiques » Guillaume Duval. Un malthusien peut donc s’exprimer dans LE MONDE, mais sans dire qu’il est malthusien….

MALTHUS, un incontournable penseur de la finitude

extraits : Il est si rare que MALTHUS soit considéré à sa juste valeur que nous ne nous refusons pas le plaisir de vous transmettre ce texte récent (4 septembre 2025) in « THE CONVERSATION »

https://theconversation.com/malthus-penseur-dune-humanite-soumise-a-des-limites-naturelles-263772

Depuis 1798, date à laquelle l’économiste et ecclésiastique Thomas Malthus a publié pour la première fois Essai sur le principe de population, la position « malthusienne » – l’idée que les humains sont soumis à des limites naturelles – a été vilipendée et méprisée. Aujourd’hui, ce terme est utilisé pour désigner toute personne qui ose remettre en question l’optimisme d’un progrès infini. Mais presque tout ce que la plupart des gens pensent savoir sur Malthus est faux….

Malthus prévoyait la multiplication des épidémies

extraits : Surpopulation humaine, surpopulation de nos élevages, monocultures, les épidémies ont de beaux jours devant elles. Nous mourrons en masse par où nous avons péché : notre fécondité sans frein. La dermatose nodulaire contagieuse détectée pour la première fois dans l’Ain, les bovins du foyer contaminé seront abattus. Cette épizootie est un coup dur pour l’élevage en France, après une année 2024 marquée par la recrudescence de la maladie hémorragique épizootique et de la fièvre catarrhale ovine….

François Bayrou n’aime pas les malthusiens

extraits : Un jour, Corinne Lepage lui parlait des « limites planétaires », une notion cruciale. « Je n’aime pas les malthusiens », rétorque Bayrou. Il est vrai qu’il a 6 enfants et qu’il est grand-père de vingt-et-un petits-enfants. La maîtrise de la fécondité connaît pas. C’est mépriser le raisonnement de Malthus, un peuple ne peut avoir plus d’enfants que ce que les ressources naturelles lui assignent. C’était là de l’écologie avant la lettre, en 1798. Bayrou occulte le fait que la France est aujourd’hui surpeuplée avec 66 millions d’habitants. En 2024, nous ne parlons médiatiquement que des inquiétudes liées à la baise de fécondité dans certains pays alors que nous allons bientôt atteindre 10 milliards d’humains, un chiffre inconcevable pour un prédateur comme nous, en haut de la chaîne alimentaire et qui fait preuve d’une boulimie consumériste insensée….

Thomas Robert MALTHUS, penseur de la finitude Lire la suite »

Mieux comprendre MALTHUS, le débat

Malthus a été un penseur de la finitude : on ne peut croître indéfiniment dans un monde aux ressources limitées. Le dépassement actuel des limites de la planète par l’activisme et le nombre des humains font en sorte que Malthus redevient d’actualité.

Comme on devrait tous et toutes le savoir à l’entrée dans sa vie d’adulte, Malthus est un grand précurseur de l’écologie.

Voici quelques  précisions données au cours d’un débat

Marc: « la recommandation par Malthus de restriction volontaire des naissances par la « contrainte morale » me semble dangereuse. »

Michel : je ne sais pas à quoi tu fais référence. La contrainte morale pour Malthus est ce qui se pratiquait à son époque par les gens responsables, l’absence de relations sexuelles avant le mariage, un retard de l’âge au mariage, etc… En quoi est-ce dangereux ? Quelles sont tes sources d’information sur Malthus ?

Marc : «  sa préconisation de supprimer toute les aides aux populations pauvres (semble dangereuse) »

Michel : Malthus a une position qui est toujours mesurée. Il indique explicitement qu’une aide conjoncturelle est toujours possible quand cela est nécessaire. Mais quand l’aide devient structurelle, cela incite à ne pas être responsable du nombre d’enfants que l’on fait ; le surnombre fait baisser les salaires, l’emploi devient rare et la pauvreté s’accroît. En termes contemporains, cela pose la question des allocations familiales : doivent-elles aller aux familles nombreuses ou permettre de responsabiliser les couples ?

Puisqu’il faut considérer aujourd’hui que les citoyens doivent devenir responsables de leurs propres  décision, ici en matière de fécondité, l’État devrait rester neutre par rapport aux choix de chacun. La suppression totale des allocations familiales est donc logique.

Marc : « L’analyse des rapports sociaux et de production était encore très sommaire chez Malthus. »

Michel : Malthus a été beaucoup plus perspicace que Marx quant aux rapports sociaux de production. Pour Marx, on se situe uniquement dans la sphère économique, les rapports entre capitalistes et prolétaires. Il raisonne hors sol, considérant que les ressources de la planète sont illimitées. Il suffit que la révolution soit victorieuse (la dictature du prolétariat) et le principe « à chacun selon ses besoins » est alors appliqué ; peu importe le nombre d’humains. Malthus par contre est réaliste, pour lui il faut toujours mettre en relation le nombre d’humains et la capacité de vivre bien par rapport au ressources, à son époque les ressources alimentaires. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui la capacité de charge. En termes actuels, quand des populations surnuméraires se retrouvent entassées et sans emploi dans des banlieues, les relations socio-économiques se dégradent automatiquement.

Jean-Loup : « Malthus fait une petite erreur mathématique. En effet, il avait constaté que l’augmentation de la population était exponentielle : vrai. Et que les ressources agricoles augmentaient linéairement. En théorie, il n’y a qu’une seule chose qui empêche les surfaces agricoles de croire exponentiellement comme la population :  c’est la finitude de la planète ! Au fond, cette finitude se faisait déjà sentir à son époque : les terres cultivables (à proximité des populations) étaient déjà en grande partie cultivées. » 

Michel : Malthus s’appuie pour les ressources alimentaires sur la loi des rendements décroissants en agriculture. A surface donnée, les rendements décroissent même si on augmente les intrants (nombre de travailleurs, engrais, etc.)

Malthus : « L’homme est assujetti à une place limitée. Lorsqu’un arpent a été ajouté à un autre arpent, jusqu’à ce qu’enfin toute la terre fertile soit occupée, l’accroissement de nourriture dépend de l’amélioration des terres déjà mises en valeur. Cette amélioration, par la nature de toute espèce de sol, ne peut faire des progrès toujours croissants…. »

Pour l’agro-industrie, c’est pire. Il faut faire le calcul intégral des rendements, c’est-à-dire comparer le nombre de quintaux à l’hectare transformés en calories, comparé au nombre de calories d’énergie (tracteurs, engrais, irrigation…) nécessaire à cette production. Les rendements chutent !

Marc : « Nous pouvons nous référer à Malthus quand cela est justifié, mais sans nous déclarer pour autant malthusiens ou même néomalthusiens. »

Michel : Ce qui précède montre qu’on ne peut être que malthusien quand on a étudié et compris Malthus. Le mouvement communiste a pris de l’ampleur car il s’est appuyé sur la manifeste du parti communiste de Marx qui faisait miroiter la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme. L’autolimitation de la fécondité se généralisera quand tout le monde aura compris le message malthusien. Mais c’est un message de responsabilisation des personnes, donc on ne peut pas suivre la voie de la facilité.

Les néomalthusiens sont aussi normalement une référence pour l’association « Démographie Responsable ». Avec Paul Robin (1837-1912) par exemple, on va plus loin que la « contrainte morale » de Malthus ; on fait la promotion du planning familial, on s’appuie sur la liberté de contraception et d’avortement, la libération de la femme, etc.

NB : Un livre sur la question démographique vient d’être publié fin janvier.

« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

Mieux comprendre MALTHUS, le débat Lire la suite »

MALTHUS, responsabilité et démographie

Un colloque international, « Malthus hier et aujourd’hui », avait eu lieu en 1984, il y a plus de 40 années. Or nous avons dépassé largement la barre des 8,2 milliards d’humains contre 4,8 milliards en 1984. Comment faire vivre décemment, sans famine ni guerres, des milliards d’humains supplémentaires de façon durable et viable ?

https://www.worldometers.info/fr/population-mondiale/

Un livre de Michel Sourrouille sur la question malthusienne vient d’être publié fin janvier 2026.

« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

Il s’agit d’un tirage à la demande. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé. L’inconvénient, c’est que l’auteur pour être connu doit faire lui-même sa promotion. C’est pourquoi vous pouvez faire connaître ce livre dans vos propres réseaux.

En voici le 4ème de couverture 

L’essentiel se passe dans la chambre à coucher.

Nous sommes responsables de l’état de la société et de notre environnement, nous ne pouvons pas être plus nombreux que ce que la Terre nous offre de ressources. Chacun de nous devrait se rendre compte que notre avenir collectif commence par notre sexualité, avec la décision de pratiquer la sobriété démographique comme Malthus nous le conseillait ou de rendre notre monde invivable par trop d’enfants.

Le mot « malthusien » devrait être un élément de réflexion connu de tous. Ce livre est aussi dédié aux acteurs absents des délibérations présentes : les générations futures et les non-humains, tous ceux que l’expansion démographique humaine peut à juste titre inquiéter…

Michel Sourrouille a déjà publié trois livres sur la démographie. L’avant-dernier est un livre collectif à 23 auteurs qu’il a coordonné. Le dernier, toujours aux éditions Edilivre: Surpopulation. Afghanistan, France, Royaume-Uni… aucun pays n’est à l’abri.

Professeur de sciences économiques et sociales à la retraite, il est journaliste- écrivain pour la nature et l’écologie (membre des JNE) et adhérent de l’association ”Démographie Responsable”.

MALTHUS, responsabilité et démographie Lire la suite »

Sans ressources minières, tu n’es plus rien

Selon la Cour des comptes européenne le 2 février 2026, la dépendance de l’UE est totale pour dix matières premières critiques. Or, si elle veut construire elle-même plus d’éoliennes, de panneaux solaires, de pompes à chaleur, de batteries, l’Union européenne (UE) aura besoin de lithium, de nickel, de cobalt, de cuivre ou encore de terres rares…

Adrien Pécout : La Commission européenne a fixé aux Etats membres de l’UE l’objectif d’atteindre 42,5 % d’énergie finale à partir d’énergies renouvelables pour 2030, contre 24,6 % en 2023. La Cour des comptes constate que pour dix composantes (vanadium, scandium, niobium, lithium, terres rares légères, terres rares lourdes, bore, antimoine, magnésium, phosphore), la dépendance aux importations en provenance de pays tiers est « totale ».On fixe l’objectif qu’aucune des 17 matières premières stratégiques ne provienne, à partir de 2030, à plus de 65 % d’un unique pays tiers. Concernant la production, l’objectif est d’extraire du sous-sol de l’UE au moins 10 % des matières qui seront consommées par les 27 Etats membres et d’en transformer au moins 40 % sur leur sol. L’Union européenne semble proche de son objectif de capacité d’extraction puisqu’elle atteint déjà 8 % de ses besoins. A l’inverse, concernant la transformation des matières premières stratégiques, elle en est encore loin (24 % de la consommation).

En avril 2025, la Chine a de nouveau restreint ses exportations de certaines terres rares…

Le point de vue des écologistes anti-extractivistes

Perros Jean Michel : Mince, on découvre qu’il n’y a pas de ressources minérales en Europe. Avoir des idées ne compense pas le fait de ne pas avoir de pétrole.

Magneto : Cet article aurait pu être écrit il y 20 ans. Toutes ces questions ont fait l’objet de rapports et d’alertes, rien n’a été fait. On peut penser que dans 20 ans le problème sera toujours entier. On se mettra à genoux pour commander et payer au prix fort les matières premières, critiques ou pas. Personne en Europe ne peut admettre d’avoir une exploitation minière dans son environnement. Le seuls autorisés et encouragés à polluer sont les agriculteurs. On aura des gouvernements d’extrême droite dirigeant des pays de vieux, sans matière première et sans main d’œuvre, mangeant et buvant une nourriture et une eau empoisonnée. Le problème sera résolu par la

Michel SOURROUILLE : Ils sont beaucoup à psalmodier « croissance… croissance… croissance » sans s’apercevoir que quand on a dépassé les ressources de la planète, il n’y a plus de croissance possible. L’article montre que l’UE est particulièrement vulnérable. Ajoutons que ce n’est pas seulement par rapport aux métaux stratégiques, mais aussi par rapport aux énergies fossiles ou même, pour plusieurs pays, par rapport aux ressources alimentaires. Un politique réaliste dirait que le niveau de vie actuel en Europe sera bientôt obsolète. Mais un politicien peut-il être réaliste ?

Totoro en réponse à Michel SOURROUILLE : Mais non il n’y a pas de problème de croissance à cause des limites de ressources de la planète (fake news). « Drill Baby Drill »!!! a dit un certain politicien dont j’ai oublié le nom 😉

Sans ressources minières, tu n’es plus rien Lire la suite »

Une tribune malthusienne dans LE MONDE

La chute du nombre de naissances peut aider à réduire le chômage, apaiser les tensions sur le logement, et élever la qualité du système éducatif, estime l’ancien rédacteur en chef d’« Alternatives économiques » Guillaume Duval. Un malthusien peut donc s’exprimer dans LE MONDE, mais sans dire qu’il est malthusien.

Guillaume Duval : Le bilan démographique de la France pour l’année 2025, que l’Insee a publié le 13 janvier 2026, fait apparaître pour la première fois un solde naturel négatif. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour la planète :

– Les discours qui mettent en avant la perte de compétitivité économique ou la perte de poids politique qu’une baisse de la population impliquerait n’ont pas de sens.

Cette évolution devrait détendre assez rapidement la situation du marché du logement.

– Avec la baisse du nombre d’enfants, on va pouvoir s’attaquer au caractère inégalitaire de notre système éducatif.

Le vieillissement de la population va contribuer à régler notre problème chronique de chômage

– Un financement des retraites qui ne repose que sur une croissance démographique infinie, cela porte un nom : la pyramide de Ponzi.

– Cette évolution est par ailleurs très positive sur le plan écologique. L’explosion des émissions de gaz à effet de serre, l’effondrement de la biodiversité, la déforestation, la dégradation des sols, la raréfaction de l’eau douce, la pollution plastique et chimique… menacent de rendre la planète inhabitable.

Si cette croissance démographique doit s’arrêter, mieux vaut que cela passe par une diminution du nombre des naissances plutôt que par les guerres et les épidémies qui ne manqueraient pas de se multiplier

Le point de vue des écologistes malthusiens

Karsenti : Enfin un article intelligent sur la démographie. Le problème écologique, c’est exactement juste ça : plus de 8 milliards, on est trop nombreux. La véritable écologie scientifique c est l équilibre entre les espèces et l’environnement physique a un moment donné. Nous sommes trop nombreux parce que nous utilisons beaucoup d énergie pour vivre longtemps et confortablement. Mais nécessairement nous le faisons aux dépends de l ensemble de l écosystème. Comme personne ne veut revenir revenir a un niveau de vie plus simple, la seule solution est de réduire la population humaine.

JP13 en réponse à Karsenti : Malheureusement le problème écologique ce n’est pas « juste ça ». La démographie galopante accentue le problème. Mais au fond du fond le problème c’est notre modèle de société qui tourne à coups d’hyper-consommation, et qui n’est guidée que par le court-terme (rendements financiers ; systèmes politiques etc). À deux milliards sur terre, vivant comme les américains ou les européens, on épuiserait tout aussi bien les ressources de la planète et on la dégraderait, seulement un peu moins rapidement.

Michel SOURROUILLE : Il est trop rare dans les médias de considérer que la baisse de fécondité est un avantage plutôt qu’un inconvénient. Ajoutons aux arguments de Duval le fait que la population de la France est beaucoup trop nombreuse par rapport aux capacités de son territoire, il y a surpopulation. La baisse des naissance n’est donc pas seulement un avantage, c’est aussi une nécessité…

Jacques Py : Un, Deux ou quatre milliards d’humains… a t-on jamais pensé l’idéal d’une population mondiale acceptable pour la Planète ? Cela signifie une régulation planifiée de la démographie… sujet hautement politique et improbable… pour le moment seulement.

Eglantine13 : Certes, certes, mais quand Macron en appelle au réarmement démographique, ce n’est ni au désir d’enfants ni à un substitut à la fin de vie qu’il pense. En qualité de chef des armées adepte du réarmement militaire, il désire des soldats en grand nombre… On aura encore des guerres comme l’avait prédit Malthus et Duval.

En savoir plus

Le livre de Michel Sourrouille  « MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) » vient juste d’être publié :

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

A commander si vous le voulez bien à partir de ce lien ou après de votre libraire.

Il s’agit d’une impression à la demande, il ne se trouve pas en stock dans les librairies.

Une tribune malthusienne dans LE MONDE Lire la suite »

« faillite hydrique », le monde entier a soif

Une conférence des Nations unies sur l’eau est prévue en décembre 2026 aux Emirats arabes unis. Kaveh Madani, des Nations unies pour l’eau, l’environnement et la santé : « La planète est entrée dans l’ère de la faillite hydrique mondiale ».

Faillite, une métaphore financière pour déplorer la « liquidation » d’une « forme de capital naturel ». Le déséquilibre entre prélèvements et recharge s’apparente à une insolvabilité bancaire. Elle est devenue structurelle à de nombreux endroits du globe. L’image bancaire s’arrête là : les réserves d’eau ne sont « pas des billets imprimés par la Banque centrale ». Lorsque le dernier arbre aura été coupé, le dernier poisson pêché et la dernière rivière polluée, vous vous rendrez compte un peu trop tard que l’argent ne se boit pas.

Léa Sanchez : En surface, environ 35 % des zones humides ont disparu en un demi-siècle. Pour les eaux souterraines, environ 70 % des principaux aquifères présentent des niveaux à la baisse à long terme. La « faillite hydrique » se caractérise par sa dimension irréversible. La surexploitation des eaux souterraines facilite le tassement des aquifères. Ce phénomène qui fragilise les infrastructures urbaines touche plus de 6 millions de kilomètres carrés dans le monde. Ils incluent 231 000 kilomètres carrés de zones urbaines denses, où réside près de 25 % de la population mondiale. Il n’y a plus assez d’eau, en raison de problèmes de qualité ou de quantité, pour satisfaire toutes les demandes. 

Le point de vue des écologistes assoiffés

Provincial : Déjà en 1974, à l’élection présidentielle, le candidat René Dumont . Face à la caméra, il interrogeait les téléspectateurs : « Vous savez ce qu’il va se passer ? », tout en portant un verre d’eau à ses lèvres, il poursuivait : « Nous allons bientôt manquer de l’eau, et c’est pourquoi je bois devant vous un verre d’eau précieuse puisque avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera. »

Castanea : 50 ans que nous, écologistes, sonnons l’alarme. Vous savez quoi ? Les lois de la physique (c’est cela l’écologie) sont implacables. Continuez de les ignorer et la mort arrivera bien plus vite qu’imaginé. Mais entre-temps c’est mieux de faire de l’écolo-bashing.

Rufufus : Et que font la Fnsea et la Coordination Rurale? Ils menacent et font pression pour avoir le droit de polluer l’eau potable, pomper toujours plus, assécher les zones humides et détruire les haies pourtant si utiles au cycle de l’eau. Des génies ! Et que fait le gouvernement ? Il poursuit les « écoterroristes » et regarde ailleurs quand les agripourris détruisent…

xxyyzz : C’est pourtant évident. La population mondiale augmente. Donc la consommation d’eau augmente aussi. la seule possibilité, à long terme , est que l’ensemble des états décident de ne plus augmenter leurs populations.. c’est vrai pour l’eau; mais aussi pur l’énergie, les matières premières et pour certaines zones géographiques en ore rares ,pour l’espace vital.

EgoBrain : Il y a trop d’humains sur cette planète. Je suis le premier à dire que la baisse de la natalité est une excellente chose, et que vu l’état de la situation, ceux qui demandent un réarmement démographique peuvent aller se brosser, mais peut-être que la décroissance de la population arrivera plus vite qu’envisagé. Pas pour des raisons agréables, bien sûr.

Charles Aznavour : « On causait de mouches ! Vous savez pas ce que c’est que de mourir de soif. Mais j’ai étudié ça, c’est assez bichant. Votre langue va d’abord gonfler. La déglutition deviendra de plus en plus pénible. Puis viendront les troubles auditifs, les troubles visuels, ensuite. C’est l’évolution classique. Les spasmes viendront plus tard précédant de peu l’agonie. C’est à ce moment là que les mouches attaqueront. » (dans Un taxi pour Tobrouk)

Pierr Charlo : Changeons de paradigme: la croissance à tout va est un modèle qui prend l’eau

Denis Monod-Broca : Sur ce sujet comme sur bien d’autres, nous savons mais nous faisons comme si nous ne savions pas. Nous n’avons pas le courage de savoir ce que pourtant nous savons.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Crise de l’eau douce selon les Nations unies (mars 2023)

extraits : A la différence de la santé, de l’alimentation ou de l’éducation, l’eau n’a pas d’agence ni de fonds attitrés au sein des Nations unies. Or le risque d’une crise mondiale de l’eau douce est « imminent », prévient l’Organisation des nations unies (ONU), en introduction à la conférence exceptionnelle qu’elle lui consacre, à New York, du 22 au 24 mars 2023. L’agenda onusien ne prévoit pas de négociation sur un quelconque accord politique, puisque tel était le prix à consentir pour que l’ensemble des États acceptent l’organisation de cette conférence. Pourtant l’assemblée générale de l’ONU reconnaît l’accès à l’eau et à l’assainissement comme un droit humain fondamental depuis 2010….

8 milliards, stress hydrique extrêmement élevé (août 2023)

extraits : A l’échelle mondiale, la demande ne cesse d’augmenter. Elle a doublé depuis 1960, tirée par le boom de l’agriculture irriguée, les besoins grandissants de la production d’énergie, le secteur industriel, la croissance de la population. Environ quatre milliards de personnes affrontent déjà un stress hydrique « élevé » au moins pendant un mois par an. Dès à présent, vingt-cinq pays relèvent, eux, d’un stress « extrêmement élevé » : le déséquilibre entre leur consommation et leurs réserves en eau atteint au moins 80 %. Le rapport souligne les dangers pour la sécurité alimentaire : 60 % des cultures irriguées sont menacées par un stress hydrique « extrêmement élevé ».

 

« faillite hydrique », le monde entier a soif Lire la suite »

À qui appartient le pétrole ? Pas à Trump !

A qui appartient le pétrole enseveli depuis des millions d’années sous la terre ? Aux potentats locaux qui n’ont absolument rien fait pour fabriquer le produit de leur sous-sol ? Aux multinationales qui s’engraissent sans risque en distribuant l’or noir ? A l’OPEP qui fixe le prix du baril à sa convenance sur une marché oligopolistique ? Aux conducteurs et conductrices d’automobiles thermiques qui bénéficient d’une essence données gratuitement par la nature et qu’on fournit à si bas prix qu’on peut la gaspiller à son aise. Aux générations futures qui ne trouveront que les vestiges des ressources fossiles ? Ou plus fondamentalement à la Terre-mère qui avait enfoui profondément en son sein ces restes de la vie passé sur Terre pour qu’on ne l’y trouve pas si on avait été raisonnable !

Mais Trump qui ne connaît rien à rien et qui se croit encore le président tout-puissant des Etats-Unis pense que le pétrole est à lui ; on lui a par exemple « volé » celui du Venezuela. Faisons le point de la situation réelle.

– Les ressources pétrolières appartiennent principalement aux États, qui en conservent la propriété souterraine, sauf aux États-Unis où le propriétaire du sol possède aussi le sous-sol.

– Les compagnies nationales contrôlées par les États détiennent la majorité des réserves mondiales. Elles agrègent 56 % des réserves mondiales de pétrole. Les principales compagnies nationales sont concentrées autour de l’OPEP et de ses alliés : Saudi Aramco (Arabie Saoudite), Rosneft (Russie), Nioc (Iran), PDVSA (Venezuela) et Sonatrach (Algérie). Le poids des compagnies nationales devrait croître, notamment parce que les meilleures réserves de pétrole conventionnel, les plus abondantes et aux coûts de production les plus bas, se situent dans le golfe Persique et sont détenues par des compagnies nationales.

– Les compagnies privées internationales (appelées « majors »), comme TotalEnergies, ExxonMobil, Shell et BP, ne contrôlent que 12 % des réserves mondiales. Elles exploitent les gisements en vertu de contrats de concession signés avec les États propriétaires des ressources. Les entreprises pétrolières signent des contrats pour des périodes déterminées, pas des actes de propriété éternelle. Cette règle n’a jamais été contestée.

Francisco Monaldi : Au début du XXe siècle, le Venezuela n’avait pas les moyens techniques d’exploiter seul ses immenses réserves pétrolières. Les concessions étaient de longue durée, et les royalties ne dépassaient pas 7 %, des redevances dérisoires. Dire qu’il y a eu « vol » à cette période ne tient pas. En 1929, le pays devient le premier exportateur mondial de brut, devant le Mexique. En 1943, sous le gouvernement du général Isaias Medina Angarita, une nouvelle loi sur les hydrocarbures impose le principe du 50/50 : les bénéfices sont partagés à parts égales entre l’Etat et les compagnies. Partout dans le monde, l’heure est aux nationalisations dans les années 1960. En 1975, deux ans après le premier choc pétrolier, le président social-démocrate Carlos Andres Perez nationalise le pétrole vénézuélien. Si c’est à cette nationalisation que Donald Trump se réfère pour parler de « vol », il faut alors rappeler qu’au Venezuela, comme partout dans le monde, sauf aux Etats-Unis, l’Etat est propriétaire du sous-sol. A partir de 1976, PDVSA (Petroleos de Venezuela SA) détient le monopole sur l’exploration, la production, le raffinage et la commercialisation du pétrole.

La plupart des majors acceptent la participation majoritaire de PDVSA et cèdent une partie de leurs actions à l’Etat. ConocoPhillips et ExxonMobil refusent et saisissent les tribunaux d’arbitrage. Au terme d’une procédure qui dure des années, ils obtiennent respectivement 8,7 milliards de dollars et 1,6 milliard de dollars d’indemnisation. Il s’agit d’une dette, pas d’un vol. Les compagnies pétrolières ne sont pas les seules à réclamer leur dû : la liste des créanciers du Venezuela est longue. Le total des créances atteint environ 150 milliards de dollars, davantage encore si l’on inclut les intérêts, si bien que celles des entreprises pétrolières représentent moins de 10 % de l’ensemble.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Module sur le pic pétrolier… à diffuser

extraits : Voici une séance de formation à l’enjeu pétrolier qui pourrait faire le buzz grâce à vos relais, chers lecteurs.

A) Commencer par un sondage dans votre groupe d’appartenance….

B) Présenter les différentes manières de fixer le prix de l’essence….

C) Faire un graphique montrant le pic du pétrole conventionnel en 2006 (la quantité)…..

D) Montrez les relations entre prix et quantités. Une hausse de prix entraîne une hausse des quantités, ce qui fait que le pic pétrolier n’est pas un sommet, mais un plateau ondulant. La fin du pétrole est donc repoussée d’année en année….

Conclusion : Un mouvement politique responsable aurait indiqué qu’une augmentation du carburant de 10 % chaque année (doublement de prix en 7 ans) était nécessaire. Il fallait préparer les citoyens à la civilisation de l’après-pétrole. Mais nous n’avons pas compris les leçons des chocs pétroliers des années 1970, nous n’avons rien fait pour économiser le pétrole, le choc pétrolier ultime qui se profile sera d’autant plus brutal. Nous serons confrontés à des guerres et violences pour l’accès aux ressources. ….

À qui appartient la forêt amazonienne ?

Extraits : Quand Bolsonaro est arrivé au pouvoir, il disait que les cavaleries brésiliennes auraient dû faire comme aux Etats-Unis pour en finir avec les indigènes. Dès le premier jour de son mandat, le président Bolsonaro a placé la démarcation des terres indigènes sous la tutelle du ministère de l’agriculture, les livrant ainsi à l’agrobusiness. Un projet de loi remettant en jeu les droits des indigènes a été déposé en février 2020 alors que la Constitution brésilienne rend ces terres « inaliénables et indisponibles … Le cacique Raoni Metuktire : « Le Blanc n’a pas l’air de comprendre que si les indigènes veulent préserver l’eau et la terre, ce n’est pas seulement pour eux, mais c’est pour préserver la vie en général, celle des générations futures. »…..

À qui appartient le pétrole ? Pas à Trump ! Lire la suite »

Guerre du pétrole, réalité et faux semblants

La part des produits pétroliers domine encore dans la consommation finale mondiale d’énergie (40 %). Nous sommes donc extrêmement dépendants et pourtant nous faisons comme si le prix du litre d’essence (ressource non renouvelable) devait être similaire au prix du litre de lait entier (ressource renouvelable).

Jean-Baptiste Fressoz : En 2017, rendant visite au siège de la CIA, Donald Trump déclare que les Etats-Unis auraient dû « prendre le pétrole » irakien après l’invasion de 2003, ajoutant qu’« il y aurait peut-être une seconde chance ». Ce genre de déclaration relève de ce que Vitalis appelle « l’oilcraft ». Le terme n’est pas facile à traduire. Par analogie avec statecraft, l’art de gouverner, il désigne un ensemble de récits qui font du pétrole une source quasi magique de puissance politique. Malgré une occupation militaire prolongée, le pétrole irakien est demeuré une marchandise échangée sur le marché mondial, soumise à des logiques commerciales. Il est resté accessible, y compris, et même surtout, à des puissances rivales de Washington, comme la Chine…C’est cette leçon que Donald Trump refuse de tirer lorsqu’il affirme que les Etats-Unis auraient dû « prendre le pétrole » irakien – et qu’ils vont se rattraper sur celui du Venezuela.

Le pétrole n’est pas une sorte de trésor souterrain que l’on peut « prendre » : il n’a de valeur que par l’investissement, par l’absence de substitut, par l’expertise des entreprises qui savent l’extraire, par l’intégration aux marchés – tout ce qui fait aujourd’hui défaut au Venezuela. Donald Trump n’est un qu’un croyant naïf. Le problème, c‘est qu’une mauvaise histoire dans un cerveau mégalomaniaque peut engendrer d’immenses désastres.

Michel Sourrouille : L’essentiel dans le discours de Jean-Baptiste, c’est que les conditions d’extraction du pétrole devient de plus en plus coûteuse et donc que le prix du baril doit augmenter. Plus c’est rare, plus c’est cher. Si l’offre est égale à la demande à un moment donné, avec des prix bas et relativement stable, c’est de la myopie. La constance du marché à ne pas envisager le long terme nous envoie dans le mur, une augmentation brutale du baril, un choc pétrolier suivie d’une crise internationale d’autant plus aigu qu’on commencera à envisager la fin du pétrole trop tard. Trump et son « drill, baby drill , n’est que les derniers gémissements des politiciens qui croient encore au miracle.

Un système international cohérent ferait en sorte qu’on programme une augmentation constante du prix des carburants pour préparer la population à se passer de ressources fossiles dont on rappelle que leur combustion entraîne le réchauffement climatique. Sinon pétrole apocalypse !

Les commentaires sur lemonde.fr montrent qu’on regarde la réalité par le petit bout de la lorgnette, on occulte complètement ce qui conditionne notre avenir.

JeDubiteTuDubites : Ça doit faire partie du boulot du CNRS de produire des lignes publiées par Fressoz. Avec nos impôts bien sûr !

Makaevitch : Et si l’objectif de Trump était plutôt de contrôler des pays exportateurs de produits pétroliers vers la Chine ?

Oblomov : prix élevés sur le marché signifie prix élevés à la pompe pour l’électeur, et coûts plus élevé pour l’industrie utilisant de l’énergie à base de pétrole. Pas de quoi favoriser le succès de l’économie trumpienne.

LINDAKIEU : Le slogan de Obama est « Yes, we can » et il n’a rien foutu. La quasi-totalité des experts et médias mainstream ont prédit des échecs de Trump. Il a réussi deux fois à se faire élire.

Jacque P : le pétrole est la première source d’énergie mondiale, point. Et les conseillers économiques et politiques de Trump ne se trompent pas, croyez moi – surtout lorsqu’il s’agit de faire du profit, n’est-ce pas? Donc, oui, les USA ont investi le Venezuela pour ses ressources pétrolières.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Octobre 1974, 50 ans déjà, le 1er choc pétrolier

extraits : Nos dirigeants ont la mémoire courte, ils font comme si le premier choc pétrolier n’avait pas eu lieu, ni les suivants. Ils restent croissancistes. Ils attendent donc le choc pétrolier ultime, celui qui fera en sorte que nous devrons agir dans l’urgence, de façon conflictuelle au niveau national (manifestations contre la hausse des prix) et international (conflits pour la répartition des ressources rares). Voici comme piqûre de rappel ce qui s’est passé en 1973-1974…

Guerre du pétrole, réalité et faux semblants Lire la suite »

Seule avec mon chat, pourquoi faire un gosse ?

Pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, indique le bilan démographique de l’Insee publié le 3 janvier 2025, le nombre de décès excède celui des naissances. La France affiche le nombre moyen d’enfants par femme le plus faible depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

éditorial du MONDE : En France comme en Europe, la substitution progressive, depuis les années 1970, du « désir d’enfant » au « devoir d’enfant », qui, pendant des siècles, a conduit à désigner les femmes comme les seuls agents de la natalité, constitue un immense progrès, qui renforce les responsabilités parentales. On doit reconnaître la gravité des conséquences de la crise démographique. Du logement aux retraites, de l’éducation aux conditions de travail, de la protection sociale à la place de la France dans le monde, aucun domaine de l’action politique ne devrait être considéré indépendamment de l’enjeu démographique. (extraits)

Le point de vue des écologistes malthusiens

LaurentHBDE : Une fois les papys sous terre, les enfants auront la France pour eux, de l’immobilier disponible à bas prix, probablement moins de pollutions et des emplois enfin accessibles. Quelqu’un m’explique pourquoi je devrais paniquer ?

Luc de Noiolo : « Les plus de 65 ans seront bientôt plus nombreux que les moins de 20 ans » ; le taux de natalité « bien inférieur au seuil de renouvellement »; « gravité de la crise démographique »… Les éditoriaux du MONDE sur la situation démographique se suivent et se ressemblent : une liste de mauvaises nouvelles assénées d’un ton autant péremptoire que faussement neutre. Et bien sûr, toujours aucune mention d’un phénomène qui pourtant ne s’embarrasse aucunement du conditionnel : le Papy Crash, ou disparition naturelle des boomers: Stabilisation du nombre de retraités dès 2028-2029, diminution à partir de 2037-2038. Jusqu’à 2000 décès par jour, autant de pensions et de dépenses de santé en moins.

Forza : L’obstination d’avoir toujours plus de population pour faire vivre un modèle de croissance infinie, est une hérésie hors sol. Il faut le dire. C’est bien que la population baisse. Certes il faut trouver de quoi compenser, mais on va aussi moins dépenser !!! En tout cas, on ne peut pas continuer a se multiplier comme des lapins sur une planète qui crame…

Michel Sourrouille : Il est étonnant qu’on ne se soit jamais inquiété de la hausse de la population alors que la France a depuis longtemps dépassé la capacité de charge de son territoire… Maintenant on trouve épouvantable la baisse de fécondité alors que c’est une excellente nouvelle pour les voyageurs dans le métro et le nombre de loups en France !

Donc amis politiques, travaillez sur des scénarios de décroissance, c’est vital.

SBC1982 : Enfin ! Les humains n’étant pas indispensables sur cette petite planète, vivement qu’ils deviennent le moins nombreux possible. Arriver à zéro, c’est très bien.

La question complexe du désir d’enfant

Solène Cordier : Cette chute de la natalité, amorcée en 2011, traduit-elle une baisse du désir d’enfant  ? En vingt-cinq ans, le nombre d’enfants souhaités est en effet passé de 2,7 à 2,3 en moyenne. Dans la tranche d’âge des 25-39 ans, un âge-clé en matière de procréation, les intentions de fécondité sont en baisse dans toutes les catégories sociales, de genre et d’origine. Or, il existe un décalage entre le nombre d’enfants souhaités et le nombre d’enfants réels, moins élevé. Les incertitudes liées à l’avenir, d’ordre climatique, économique et politique, sont avancées. Émancipation des femmes et entrée massive de ces dernières dans le monde du travail, injonctions fortes pesant sur la parentalité, angoisse climatique, infertilité croissante, coût élevé du logement… Une foule de raisons peuvent peser sur la décision de procréer.

La psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval : « Depuis le Moyen Age, c’était le devoir d’enfant qui primait et écrasait le désir. Devoir vis-à-vis des parents des individus, vis-à-vis d’enfants aînés décédés, vis-à-vis de la société, vis-à-vis de l’espèce… ».

L’historienne Sylvie Chaperon : « Plus qu’un désir, on considérait que c’est la nature des femmes de mettre au monde des enfants ».

L’émergence du désir de maternité assumée en tout conscience renvoie à une période très récente. Avec deux dates importantes : 1956, la création de la Maternité heureuse, l’ancêtre du Planning familial, et la décennie 1970, qui se caractérise par la diffusion des méthodes de contraception et la légalisation de l’avortement.

Sur le plan des idées : La sortie en 1949 du Deuxième Sexe, livre de Simone de Beauvoir, est une date importante. Beauvoir affirme que les mauvaises mères existent et s’élève contre l’idée d’un instinct maternel. De nos jours, la parole des nullipares se libère. Dans des podcasts, des ouvrages, des comptes Instagram, le non-désir d’enfant est davantage assumé. Le phénomène prend racine dans une « volonté de sortir des diktats de la maternité ».

Zorglu : Ne faudrait-il pas inverser la question : plutôt que se demander pourquoi les gens veulent moins d’enfants, il serait intéressant de leur demander pourquoi ils en veulent ? On serait très étonné par les réponses. Les allocations familiales ? Donner un petit frère à la petite sœur ? Ma troisième femme en voulait un elle aussi !

Allons allons… : Un enfant ça coûte un pognon de dingue…

Fran56 : La perspective de se retrouver dans un régime d’extrême droite ne donne pas non plus très envie d’imposer ce naufrage à des enfants

testiflette : Même si elle a eu des enfants, elle termine « seule avec son chats ». En effet, les enfants, flexibilité de l’emploi oblige, ne vivent plus à proximité de leurs parents et les visitent seulement occasionnellement… quand ils ont le temps.

Seule avec mon chat, pourquoi faire un gosse ? Lire la suite »

Accès à l’énergie et guerres du pétrole

Donald Trump revendique haut et fort le sale petit secret au cœur de la géostratégie américaine depuis un demi-siècle : il n’y a pas de puissance sans contrôle de l’accès à l’énergie.

Ce secret de Polichinelle, l’Europe doit le regarder à nouveau bien en face. Les sources d’hydrocarbures de la mer du Nord ont commencé à se tarir il y a un quart de siècle. Pour échapper à la tenaille des deux « superpuissances » énergétiques que sont la Russie et les Etats-Unis, l’UE doit miser avec lucidité sur ses faibles sources domestiques d’énergie, renouvelables et nucléaire.

Matthieu Auzanneau : En 1970, les sources vieillissantes de pétrole conventionnel des Etats-Uni entrent en déclin. L’amorce de ce double tarissement de l’or noir classique sur le continent américain sur-détermine les chocs pétroliers de 1973 et 1979. Il coïncide aussi avec l’investissement cauchemardesque de la puissance américaine autour du golfe Persique, depuis la longue guerre Iran-Irak (autorisation du recours de l’Irak à l’arme chimique, « Irangate »…) jusqu’à l’invasion de l’Irak en 2003. L’ex-gouverneur de la Fed [la Banque centrale américaine] Alan Greenspan, affirmait : « Le pétrole est le seul mobile de la guerre d’Irak. » Le déclin du pétrole conventionnel n’a pas cessé de se poursuivre. Confrontée à ce phénomène naturel, l’industrie américaine cherche à partir des années 1980 à développer les sources non conventionnelles. On vise alors les pétroles lourds du Canada et du Venezuela. Exploiter ces bruts visqueux demande des investissements importants pour les traiter. La plupart des raffineries des Etats-Unis s’équipent alors pour traiter en particulier le brut « extra-lourd » vénézuélien, plus intéressant économiquement que les sables bitumineux canadiens.

En 1999, la prise de pouvoir du socialiste Hugo Chavez bouleverse ce plan de sauvegarde de l’industrie pétrolière américaine. Sur le continent américain, du Canada à l’Argentine, 40 % de la production mondiale de brut est à la portée de l’influence de Washington. En procrastinant sur ses objectifs climatiques de décarbonation, l’Europe, première importatrice mondiale de pétrole à égalité avec la Chine, s’est d’elle-même placée dans une position géostratégique terriblement vulnérable.

Le point de vue de Michel Sourrouille

Je supplie les partis politiques, et particulièrement les partis écolos, de prendre en compte notre situation de « guerres du pétrole ». Dans le livre de Matthieu Auzanneau et Hortense Chauvin « Pétrole, le déclin est proche », le pic pétrolier global « surviendra probablement durant la décennie 2020. Une chose est certaine, le pic de production du pétrole dit conventionnel – ou à bas prix – est déjà loin derrière nous, depuis 2008. »

Le réchauffement climatique a occulté la réalité du pic pétrolier, mais cela fait une double menace qui pèse sur notre mode de vie futur. L’Union européenne est presque totalement dépendante de l’importation de ressources fossiles. La boulimie énergétique des USA accroît la concurrence sur ces ressources

J’avais organisé un colloque à l’Assemblée nationale le 25 janvier 2011 : « Pic pétrolier, quelles conséquences politiques pour 2012 ». A la tribune entre autres Yves Cochet, Jean-Marc Jancovici, Matthieu Auzanneau… devant un large public et plusieurs députés.

JM Jancovici ce jour-là (extraits) : « L’idée qu’on va pouvoir trouver des substituts à l’énergie fossile ou à l’uranium, c’est une chimère, ça n’existera pas. Aujourd’hui, pour faire un baril jour de pétrole conventionnel, il faut mettre sur la table 20 000 dollars de coût en capital. Pour les hydrocarbures non conventionnels, coal to liquids ou sables bitumineux, il faut 200 000 dollars. Dix fois plus de capital nécessaire, le coût en capital du déplacement des ressources fossiles représente des sommes astronomiques. Il faut donc investir massivement dans les économies d’énergie sinon le problème social sera dramatique…. »

Dès 2005, Yves Cochet pouvait parler de pétrole-apocalypse : « La hausse du cours des hydrocarbures ne sera pas un simple choc pétrolier, ce sera la fin du monde tel que nous le  connaissons… Dans les pays industrialisés, l’alimentation du consommateur est le dernier maillon d’une chaîne agroalimentaire dominée par la délocalisation et la désaisonnalisé… Suite au pic pétrolier, les pays importateurs souffriront de pénurie, ce qui les entraînera vers l’effondrement économique et social. Où aller pour trouver à boire et à manger ? Nous n’avons plus de parents fermiers à la campagne chez lesquels nous réfugier comme nous l’avons fait au cours de la débâcle de 1940. Nous n’avons plus un ailleurs inexploré comme l’avaient jadis quelques hordes, émigrant massivement lorsque la pression démographique sur le territoire traditionnel dépassait sa capacité de charge écologique. Que nous restera-t-il hormis la violence ? Il n’existe qu’une demi-solution : la sobriété immédiate… »

En savoir plus grâce à ce blog biosphere

Le réchauffement climatique a occulté le pic pétrolier

extraits : Nous sommes une société où l’information chasse la précédente, donc plus aucun événement n’a d’importance. Un jour on nous parle de la fonte des glaciers, c’est abominable, le lendemain de la mort de Johnny Hallyday, c’est atterrant, le surlendemain de l’extinction de la biodiversité, c’est catastrophique, et de temps en temps on s’immobilise médiatiquement sur des événements anodins… quand il n’y a pas un attentat terroriste. Autant dire que le pic pétrolier est derrière nous, on a déjà oublié que les ressources fossiles ne sont pas renouvelables. Misère, misère, trop d’informations tue l’information, tu l’intelligence, tue notre capacité à envisager l’avenir. Seuls quelques spécialistes de l’énergie lancent en vain un cri d’alarme par rapport à notre addiction à la merde du diable….

Lire, « Pétrole-apocalypse «  d’Yves Cochet

http://biosphere.ouvaton.org/de-2005-a-2008/1119-2005-petrole-apocalypse-dyves-cochet

Sur ce blog biosphere, nous sonnons le tocsin depuis longtemps :

16 mars 2016, BIOSPHERE-INFO, bientôt la crise pétrolière ultime

23 avril 2014, Le PIB va s’effondrer avec le prochain choc pétrolier

31 mars 2013, transition énergétique : rien sur le pic pétrolier !!!

10 décembre 2012, Pic pétrolier : l’alerte ignorée d’un expert du FMI

25 février 2012, campagne présidentielle française et déni du pic pétrolier

6 février 2012, pic pétrolier, pic de la mondialisation, pic de notre civilisation

16 février 2011, le pic pétrolier vu par les politiciens

15 février 2011, le pic pétrolier vu par Yves Cochet

14 février 2011, le pic pétrolier vu par JM Jancovici

13 février 2011, le pic pétrolier vu par Bernard Durand

30 décembre 2010, Crise ultime et pic pétrolier

4 décembre 2010, tout savoir sur le pic pétrolier

25 novembre 2010, pic pétrolier, le commencement de la fin

6 novembre 2010, après le pic pétrolier, le pic charbonnier !

12 août 2010, la date du pic pétrolier

19 avril 2008, pic pétrolier (USA, Russie, etc.)

Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…

Accès à l’énergie et guerres du pétrole Lire la suite »

L’impérialisme fou de Trump le cinglé

Jusqu’où ira Donald Trump ? C’est la question que chacun est en droit de se poser après l’attaque spectaculaire menée au Venezuela et l’enlèvement de son dirigeant, Nicolas Maduro. En affirmant sa volonté de profiter des quelque 30 milliards de barils de réserve d’or noir du Venezuela, Donald Trump assume de mettre la superpuissance militaire américaine au service de son idéologie « L’Amérique d’abord ». Ce pays, qui s’est fondé sur le génocide des autochtones et la spoliation des terres et des ressources revient à ses fondamentaux.

Le président Donald Trump piétine un droit international déjà bien mal en point, ainsi que le rôle constitutionnel du Congrès américain et tout ce que les Etats-Unis comptent comme alliés. Rien ne permet d’affirmer que le milliardaire s’arrêtera là. Au contrôle d’un Etat souverain revendiqué par les Etats-Unis s’ajoutent désormais les menaces plus ou moins explicites visant l’Iran, la Colombie et Cuba, sans compter les velléités d’annexion du Groenland, territoire appartenant au Danemark, pays membre de l’OTAN. Aucun président américain n’a jamais déployé autant d’énergie pour affaiblir l’influence des États-Unis dans le monde en croyant le contraire.

Nous relatons les errements de Donald Trump et ses conséquences depuis ce début d’année 2026 en tenant à jour cette chronique.

3 janvier 2026. Donald Trump fait bombarder le Venezuela. Dans la foulée Donald Trump déclare dans un message publié sur son réseau, Truth Social : « Les Etats-Unis d’Amérique ont mené avec succès une frappe d’envergure contre le Venezuela et son dirigeant (Nicolas Maduro), qui a été capturé avec son épouse, et exfiltré du pays ».

– Le vice-président américain, J. D. Vance, explique que « le président [Donald Trump] a proposé à plusieurs reprises des voies de sortie, mais il a été très clair tout au long de ce processus : le trafic de drogue doit cesser et le pétrole volé doit être restitué aux Etats-Unis.

– Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva : « Les bombardements sur le territoire vénézuélien et la capture de son président franchissent une ligne inacceptable. Attaquer des pays, en violation flagrante du droit international, est le premier pas vers un monde de violence, de chaos et d’instabilité, où la loi du plus fort l’emporte sur le multilatéralisme. »

– Jean-Noël Barrot, ministre français des affaires étrangères, a dénoncé « une atteinte grave à [la] dignité et [au] droit à l’autodétermination » du peuple vénézuélien, « la France rappelle qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir ».

3 janvier 2026. Trump s’exprime publiquement à 17h42 heure française :
« A ma demande, les forces armées américaines ont conduit une opération militaire extraordinaire dans la capitale du Venezuela, un assaut comme on en n’avait pas vu depuis la Seconde Guerre mondiale pour confronter à la justice le dictateur hors-la-loi Nicolas Maduro. Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions assurer une transition sûre, appropriée et judicieuse. Nous ne pouvons pas prendre le risque qu’un autre s’empare du Venezuela qui ne souhaiterait pas le bien du peuple vénézuélien. Nous allons faire intervenir nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, qui vont investir des milliards de dollars pour réparer les infrastructures gravement endommagées, partager les ressources pétrolières et commencer à générer des revenus pour le pays »

– Le mot pétrole a été prononcé pas moins de 20 fois lors de la conférence de presse de Donald. « Nous allons leur vendre le pétrole » a-t-il asséné, dans une formule qui montre qu’il considère désormais les réserves en hydrocarbure à l’étranger comme les siennes. Que les Etats-Unis aient été mis dehors lors de la nationalisation par Hugo Chavez des réserves pétrolières n’est pas un vol, mais le droit absolu d’un État souverain.

– Dans les premières prises de parole, les officiels américains ont insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une intervention ciblée contre un individu (Nicolas Maduro) soupçonné de trafic de drogue, menée par des officiers judiciaires protégés par les forces spéciales de l’armée, et non d’une intervention militaire contre le dirigeant d’un autre pays, ce qui reviendrait à une déclaration de guerre. Aux Etats-Unis, le pouvoir de déclarer une guerre revient au Congrès, qui n’a pas été consulté en la matière.

– Ce qui vient d’être commis est du même acabit que l’attaque de l’Ukraine par Poutine, un acte contraire au droit international. Avec le non respect de la Charte des Nations Unies par deux pays qui sont membres du Conseil de Sécurité, les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites. Ceci montre que l’extrême droite nationaliste au pouvoir c’est toujours la trahison des idéaux. Trump, Poutine appartiennent à la catégorie des dictateurs fauteurs de guerre, fouteurs de merde et maîtres en pillage.

– L’opération militaire coup de poing est certes une réussite, les soldats font la seule chose qu’ils savent faire, obéir et frapper. Mais gérer un pays de 28,5 millions d’habitant est une autre paire de manche. Des troupes américaines au sol vont être considérés comme des envahisseurs. Une élection au Venezuela sous contrôle américain est une gageure. Une telle méconnaissance des réalités d’un pays riche en pétrole mais socialement et économiquement à la dérive est ahurissante. Cela montre que Trump ne prend pas conseil auprès de personne compétentes au niveau géopolitique.

3 janvier 2026. « Nous n’avons pas peur d’envoyer des troupes sur le terrain si besoin », a déclaré Donald Trump en réponse à une question sur la manière dont les Etats-Unis comptaient désormais gouverner le Venezuela. Avant de poursuivre : « Le Venezuela va être géré avec beaucoup de discernement et d’équité. Et ça va rapporter beaucoup d’argent. On va donner de l’argent aux gens, on va rembourser ceux qui ont été lésés. On va prendre soin de tout le monde. On ne pouvait pas les laisser faire. Vous savez, ils ont volé notre pétrole. On a construit toute cette industrie là-bas, et ils nous l’ont prise comme si on n’était rien. »

– La Charte des Nations unies, qui forge les relations entre Etats depuis quatre-vingts ans, demande à ses membres (193 aujourd’hui) dans leurs relations internationales. » de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat ». La charte prévoit des exceptions : pour être légale, une intervention doit être validée par le Conseil de sécurité des Nations unies ou doit relever de la légitime défense. Ce qui, dans la situation présente, n’est pas le cas. La procédure pénale enclenchée aux Etats-Unis contre M. Maduro pour justifier l’intervention ne confère aucun titre juridique autorisant l’exercice d’une contrainte armée sur le territoire d’un Etat souverain.

– Déclaration conjointe de l’Espagne, du Brésil, du Chili, de la Colombie, du Mexique et de l’Uruguay concernant les événements au Venezuela : « Nous exprimons notre préoccupation face à toute tentative de contrôle, d’administration ou d’appropriation extérieure par un gouvernement de ressources naturelles ou stratégiques, qui est incompatible avec le droit international et menace la stabilité politique, économique et sociale de la région. »

– Les Etats-Unis risquent de se retrouver avec une situation locale compliquée à gérer, dans un pays où la Chine et la Russie ont des intérêts.

– Trump vient de légitimer l’envahissement prochain de Taïwan par la Chine. En une seule année, et même s’il perd les midterms (élections de mi-mandat), il aura semé les graines de conflits majeurs à travers le monde. Ce personnage est le chaos incarné. Vraiment, ce n’est pas un cadeau que les Américains se sont faits et ont fait au monde…

– Donald Trump est déjà bien embêté pour déterminer qui devrait avoir le pouvoir au Venezuela. Il a rejeté sèchement toute possibilité d’une accession au pouvoir de la cheffe de l’opposition vénézuélienne et Prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado. Il a affirmé que la vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, avait dit au secrétaire d’Etat américain Marco Rubio être prête à coopérer avec les Etats-Unis. Celle-ci a cependant déclaré dans la soirée que Nicolas Maduro était « l’unique président du Venezuela ».
On souhaite à Trump bien des mésaventures pour diriger à distance un pays ingouvernable où les yankees ne sont pas les bienvenus. « Yankees go home » va bientôt être sur toutes les lèvres en Amérique du Sud.

– L’une des mesures entérinées dès le 3 janvier 2026 par le régime vénézuélien a été la déclaration d’un décret d’estado de conmocion exterior, sorte d’état d’urgence qui octroie des pouvoirs élargis au chef de l’État face à la menace d’une « agression de l’empire américain ». Il ordonne notamment la recherche et l’arrestation de « toute personne impliquée dans la promotion ou l’attaque de l’armée des Etats-Unis ».

– En 2003, les États-Unis de George W. Bush avaient envahi l’Irak sans mandat international mais après le vote d’une autorisation d’usage de la force par les élus du Congrès. Ce précédent rappelle ce que peuvent provoquer des interventions brutales, dépourvues de légitimité internationale, dans des pays fragilisés par un pouvoir autoritaire. Il faut être armé d’un solide optimisme pour imaginer qu’une administration à ce point aveuglée par l’idéologie impérialiste et l’esprit de rapine s’est préparée à toutes les éventualités au Venezuela.

– Si le précédent de Caracas fait école, ceux qui veulent trouver des vertus au marteau américain, en négligeant ses périls, regretteront amèrement leur complaisance lorsque leurs propres intérêts seront à leur tour et tout aussi arbitrairement réduits en poussière.

– Donald Trump accuse Nicolas Maduro de diriger le prétendu cartel vénézuélien de Los Soles, mais il a dans le même temps gracié et libéré l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernandez (2014-2022), pourtant condamné aux Etats-Unis à quarante-cinq ans de prison pour trafic de drogue.

– Kamala Harris, l’ancienne candidate démocrate à la présidentielle : « Nous avons déjà vu ce scénario. Des guerres pour un changement de régime ou pour le pétrole, présentées comme des démonstrations de force, se transforment en chaos, et les familles américaines en paient le prix. »

– Malgré une production domestique importante, les USA sont importateurs de pétrole. Le pétrole brut raffiné aux USA provient seulement à 60 % de la production nationale. Pour le reste 25 % vient du Canada, 3 % du Mexique pour 3 % et 12 % du reste du monde. Le rebond de la production grâce au “pétrole de schiste” est majeur, mais n’a pas permis de rendre le pays autosuffisant. Et ce pétrole non conventionnel est beaucoup trop coûteux à extraire pour être rentable.Les Américains consomment actuellement 20 % environ du pétrole mondial à eux tout seuls. Ajoutons que la population américaine de 348 millions d’habitants ne représente que 4,2 % de la population mondiale.

– Réduire la situation vénézuélienne à une opposition morale (« dictature » vs « démocratie ») occulte l’essentiel : la centralité du pétrole dans les rapports de force actuels.

– « Récemment, Trump a avancé un autre prétexte pour justifier son action. Il a écrit sur les réseaux sociaux qu’il souhaitait que le Venezuela restitue “aux Etats-Unis d’Amérique tout le pétrole, les terres et autres biens qu’ils nous ont volés” … C’est un mensonge : le Venezuela a nationalisé ses champs pétrolifères en 1976, mais de nombreux autres pays ont fait de même, notamment l’Arabie saoudite avec la Russie… Cela laisse penser que l’objectif de Trump n’est pas d’apporter la liberté au Venezuela, mais plutôt d’obtenir l’accès à ses réserves de pétrole, les plus importantes au monde. » (Washington Post) 

– « Le Venezuela semble être devenu le premier pays victime de cet impérialisme des temps modernes, et cela représente une conception dangereuse et illégale de la place des Etats-Unis dans le monde » (New York Times)

– La question écologique n’est donc pas seulement qui gouverne le Venezuela, mais pourquoi le pétrole reste un levier de domination mondiale. C’est cette dépendance énergétique, et non tel ou tel dirigeant, qui rend ces situations récurrentes. Si l’écologie politique veut être cohérente, elle doit dénoncer la logique d’appropriation des ressources fossiles ; appeler que la sortie des hydrocarbures est aussi une condition de paix durable ; refuser de servir de caution morale à des stratégies énergétiques déguisées.

4 janvier 2026. Donald Trump a réaffirmé, son souhait de voir le Groenland passer sous la coupe américaine, après que la première ministre danoise a exhorté les Etats-Unis à « cesser [les] menaces » d’annexer le territoire ce week-end. « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper », a déclaré le président américain aux journalistes à bord d’Air Force One. « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… parlons du Groenland dans vingt jours »

– Ils sont de plus en plus cinglés. Donald Trump et son équipe « discutent de plusieurs options » pour obtenir le Groenland, « et bien sûr utiliser l’armée américaine est toujours une option à la disposition » du président, a déclaré, mardi 6 janvier 2026, sa porte-parole, Karoline Leavitt.Le président américain « a fait savoir clairement qu’acquérir le Groenland était une priorité de sécurité nationale pour les Etats-Unis, et c’est vital pour tenir en respect nos adversaires dans la région arctique », a-t-elle fait savoir.

La première ministre danoise a exhorté les Etats-Unis à « cesser [les] menaces » d’annexer le territoire ce week-end. « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper », a déclaré le président américain aux journalistes à bord d’Air Force One. « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… parlons du Groenland dans vingt jours »

– Plusieurs membres de la Chambre des représentants, dont certains issus des rangs républicains, ont exprimé leur désaccord face à la prédation d’un territoire associé à l’Union européenne et à l’OTAN, le tout sans l’accord de ses habitants, les Groenlandais.

5 janvier 2026. Après l’opération militaire américaine au Venezuela, le Conseil de sécurité s’est réuni en urgence à New York. En dépit de quelques critiques, le conseil ne s’est pas prononcé clairement sur la légalité ou pas de l’enlèvement du président vénézuélien par Washington, laissant présager qu’après l’invasion de l’Ukraine ou la guerre menée à Gaza par Israël, cet épisode vénézuélien pourrait bien être un troisième clou dans le cercueil du multilatéralisme et du droit international. L’ambassadeur américain, Mike Waltz, a surtout martelé qu’il était « inacceptable que les plus grandes réserves d’énergie du monde continuent d’être sous le contrôle d’adversaires des Etats-Unis ».

Nous sommes clairement face à une guerre du pétrole où le plus gourmand en énergie fossile, les USA (20 % des la consommation pour 4 % de la population mondiale) en veut toujours plus alors qu’ils sont déjà gros émetteurs de gaz à effet de serre.

– Pour la première fois, un président américain revendique ouvertement le fait d’avoir tenu le Congrès à l’écart, non par nécessité stratégique ou par urgence, mais par mépris, par crainte de « fuites » venant du Capitole. Il y a une ironie tragique à voir Donald Trump se poser en libérateur du Venezuela, alors même qu’il a évincé et humilié son propre Congrès à deux reprises, y compris après l’assaut meurtrier du Capitole, le 6 janvier 2021. Nicolas Maduro, de son côté, a lui aussi méprisé son Parlement, contraignant Juan Guaido, son dernier président légalement élu, à l’exil. Le parallèle est cruel : celui qui se prétend champion de la liberté ailleurs pratique chez lui une concentration des pouvoirs que Montesquieu aurait qualifiée de despotique. Montesquieu avait anticipé ce danger dans De l’esprit des lois (1748) : « Lorsque, dans la même personne ou dans le même corps de magistrature, la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, il n’y a point de liberté. »

– Déclaration de Jeffrey D. Sachs au Conseil de sécurité de l’ONU concernant l’agression étasunienne contre le Venezuela : « La question soumise au Conseil est de savoir si un État membre a le droit, par la force, la coercition ou l’étranglement économique, de déterminer l’avenir politique du Venezuela ou d’exercer un contrôle sur ses affaires. Au cours de l’année écoulée, les États-Unis ont mené des opérations de bombardement dans sept pays, sans autorisation du Conseil de sécurité ni au titre de la légitime défense au sens de la Charte. Parmi les pays visés figuraient l’Iran, l’Irak, le Nigeria, la Somalie, la Syrie, le Yémen et, désormais, le Venezuela. Au cours du mois écoulé, le président Trump a proféré des menaces directes contre au moins six États membres de l’ONU, dont la Colombie, le Danemark, l’Iran, le Mexique, le Nigeria et, bien sûr, le Venezuela. …L’anarchie internationale mène à la tragédie… Selon la Charte, l’ONU a été créée « pour préserver les générations futures du fléau de la guerre, qui, à deux reprises au cours de notre vie, a causé d’innombrables souffrances à l’humanité…». (extraits)

https://www.pressenza.com/fr/2026/01/declaration-de-jeffrey-d-sachs-au-conseil-de-securite-de-lonu-concernant-lagression-etasunienne-contre-le-venezuela/

6 janvier 2026. Donald Trump, a assuré le que Caracas allait remettre aux Etats-Unis « entre 30 et 50 millions de barils de pétrole » actuellement stockés sur des navires. « Ce pétrole sera vendu aux prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi »Le gouvernement américain a aussi annoncé le 7 janvier que Washington contrôlerait « pour une période indéterminée » la commercialisation du pétrole vénézuélien.

7 janvier 2026. Donald Trump a signé un décret ordonnant le retrait des Etats-Unis de 66 organisations internationales qui « ne servent plus les intérêts américains ». 31 sont liées à l’ONU, dont la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). En septembre 2025, depuis la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump avait qualifié le réchauffement de « plus grande arnaque de notre histoire » et fait l’éloge du charbon « propre et magnifique ».

– Washington poursuit ainsi son désengagement de la coopération mondiale sur le climat. « L’administration Trump a jugé ces institutions redondantes, mal gérées, inutiles, coûteuses, inefficaces, instrumentalisées par des acteurs poursuivant des objectifs contraires aux nôtres, ou menaçant la souveraineté, les libertés et la prospérité générale de notre nation », a déclaré le département d’État.

– Dans un communiqué, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a accusé les organisations visées de promouvoir une « idéologie progressiste », dénonçant notamment « les campagnes pour “l’égalité de genre” et l’orthodoxie climatique ».

L’impérialisme fou de Trump le cinglé Lire la suite »

TRUMP, extractiviste notoire de la finitude

La planète est perforée, surexploitée comme jamais dans son histoire. Minerais critiques au Groenland, pétrole au Venezuela : l’intérêt du président américain, Donald Trump, pour les matières premières de ces pays illustre la dépendance croissante de l’économie mondiale aux ressources naturelles. Les ressources extraites du sous-sol représentent désormais 20 % du commerce mondial. L’extraction et la transformation des ressources du sous-sol génèrent plus de 60 % des émissions de CO2. 

L’extractivisme  est un terme popularisé en Amérique du Sud dans les années 1990 qui désigne les conséquences politiques et sociales d’une économie entièrement tournée vers l’exploitation du sous-sol ; elle creuse les inégalités et freine le développement. En 1957, les bénéfices réalisés par les majors américaines au Venezuela représentent l’équivalent de 12 % du produit intérieur net du pays, soit à peu près autant que ce que touchaient les 50 % les plus pauvres.

Julien Bouissou : L’évolution d’un indicateur peu connu, celui des « extractions mondiales » publié par les Nations unies, donne le vertige : au cours des cinquante dernières années, les quantités extraites du sous-sol, que ce soit des minerais métalliques ou non, comme le sable, des sources d’énergies primaires, à l’instar du charbon ou du pétrole, ont été multipliées par 3,5. En 2024, 106 milliards de tonnes ont ainsi été extraites, contre 31 milliards en 1970. Sur cette même période, l’extraction par habitant est passée de 23 à 39 kilos en moyenne par jour.

La politique extérieure de Donald Trump est, en grande partie, déterminée par la sécurisation des approvisionnements américains. Incontournable, le pétrole alimente 30 % de la demande énergétique mondiale. La part du continent américain dans la production mondiale d’or noir est de 35 %, contre 31 % pour les pays du Moyen-Orient.Selon une liste établie par les Etats-Unis, le Groenland possède 39 des 50 minéraux critiques indispensables aux industries de pointe. Or, la Chine domine aujourd’hui largement le marché des terres rares, avec 68 % de la production en 2024, loin devant les Etats-Unis (11 %). Il est aussi beaucoup plus difficile de sécuriser l’approvisionnement en minerais critiques qu’en pétrole, car la production est éclatée entre un nombre plus élevé de pays, dont la plupart sont alignés sur la Chine. D’où l’intérêt, pour les Etats-Unis, de placer le continent américain sous leur contrôle.

Dans un monde où le commerce, fondé sur les avantages comparatifs de chacun, ne bénéficie plus aux Etats-Unis, la coercition remplace les règles de la concurrence.

TRUMP, extractiviste notoire de la finitude Lire la suite »

MALTHUS, un incontournable penseur de la finitude

ll est si rare que MALTHUS soit considéré à sa juste valeur que nous ne nous refusons pas le plaisir de vous transmettre ce texte récent (4 septembre 2025). Nous vous précisons que Michel Sourrouille fera de son côté paraître son 9e livre, « Devenons malthusiens », fin janvier 2026.

« THE CONVERSATION » (L’expertise universitaire, l’exigence journalistique)

https://theconversation.com/malthus-penseur-dune-humanite-soumise-a-des-limites-naturelles-263772

Malthus, penseur d’une humanité soumise à des limites naturelles

Personne n’utilise aujourd’hui le terme « malthusien » comme un compliment. L’économiste britannique Thomas Malthus (1766-1834) a longtemps été dénigré pour sa vision négative du progrès. Depuis 1798, date à laquelle l’économiste et ecclésiastique Thomas Malthus a publié pour la première fois Essai sur le principe de population, la position « malthusienne » – l’idée que les humains sont soumis à des limites naturelles – a été vilipendée et méprisée. Aujourd’hui, ce terme est utilisé pour désigner toute personne qui ose remettre en question l’optimisme d’un progrès infini.

Mais presque tout ce que la plupart des gens pensent savoir sur Malthus est faux.

Dans un contexte de crise écologique aiguë, sa pensée d’un monde limité mérite d’être revisitée. Voici l’histoire telle qu’elle s’est déroulée réellement. Il était une fois un pasteur anglais qui eut l’idée que la population augmente à un rythme « géométrique », tandis que la production alimentaire augmente à un rythme « arithmétique ». Autrement dit, la population double tous les vingt-cinq ans, tandis que les rendements agricoles augmentent beaucoup plus lentement. À terme, une telle divergence ne peut que conduire à une catastrophe. Mais Malthus a identifié deux facteurs qui réduisaient la reproduction et empêchaient la catastrophe : les codes moraux, ou ce qu’il appelait les « freins préventifs », et les « freins destructifs », tels que la pollution, la guerre, la maladie.

Malthus fut caricaturé comme un ecclésiastique borné, mauvais en mathématiques, qui pensait que la seule solution à la faim était de maintenir les pauvres dans la pauvreté afin qu’ils aient moins d’enfants. L’étude de Malthus révèle un personnage très différent, un penseur novateur et perspicace. Non seulement, il fut l’un des fondateurs de l’économie environnementale, mais il s’est également révélé être un critique prophétique de la croyance selon laquelle l’histoire tend vers l’amélioration humaine, ce que nous appelons le progrès. Malthus était familier de l’idée de progrès, élevé par des protestants anglais progressistes qui prônaient la séparation de l’Église et de l’État. Son père était un ami et admirateur du philosophe Jean-Jacques Rousseau qui inspira la Révolution française.

Son Essai sur le principe de population est caractérisé par une démarche empirique, notamment au fil des éditions successives. Son argumentation sur les taux de croissance géométrique et arithmétique par exemple, s’appuyait sur la croissance démographique rapide observée dans les colonies américaines. Elle s’inspirait également de ce qu’il observait autour de lui. Au cours des dernières décennies du XVIIIe siècle, la Grande-Bretagne a été ravagée par des pénuries alimentaires et des émeutes répétées. La population est passée de 5,9 millions à 8,7 millions d’habitants, soit une augmentation de près de 50 %, tandis que la production agricole stagnait. En 1795, les Londoniens affamés ont pris d’assaut le carrosse du roi George III pour réclamer du pain.En tant qu’écrivain et membre actif du parti whig, Malthus était un réformateur qui prônait, entre autres, la gratuité de l’enseignement national, l’extension du droit de vote, l’abolition de l’esclavage et la gratuité des soins médicaux pour les pauvres.

L’étude de l’histoire a conduit Malthus à conclure que les sociétés n’évoluaient pas selon une ligne ascendante de progrès, mais selon des cycles d’expansion et de déclin. Malthus chercha à démystifier le progressisme grandiloquent de Godwin. Mais il ne dit pas que le changement positif était impossible, seulement qu’il était limité par les lois de la nature. L’Essai sur les principes de la population fut une tentative pour déterminer où se situaient certaines de ces limites, afin que les politiques puissent répondre efficacement aux problèmes sociaux, plutôt que de les exacerber en essayant de réaliser l’impossible.

Lorsque son essai a été publié, la population mondiale était d’environ 800 millions d’individus. Aujourd’hui elle dépasse les 8 milliards, soit une multiplication par dix en un peu plus de deux siècles. Au cours de cette période, les partisans du progrès ont rejeté l’idée selon laquelle les êtres humains étaient soumis à des limites naturelles et ont dénigré quiconque remettait en question le fantasme d’une croissance infinie comme étant « malthusien ». Pourtant, Malthus demeure incontournable, car son analyse pessimiste de la société exprime clairement une idée qui résiste au temps et aux critiques : les lois de la nature s’appliquent aussi à la société humaine.

En effet, « la grande accélération » du développement humain et de son impact au cours des 80 dernières années pourrait avoir conduit la société à un point de rupture. Les scientifiques avertissent que nous avons dépassé six des neuf limites planétaires pour une vie soutenable et que nous sommes sur le point de franchir une septième limite.

L’une de ces limites est un climat stable. Le réchauffement climatique menace non seulement d’élever le niveau des mers, d’augmenter les incendies de forêt et des tempêtes violentes, mais aussi d’amplifier la sécheresse et de perturber l’agriculture mondiale. Malthus n’avait peut-être pas prévu les développements qui ont alimenté la croissance démographique au cours des deux derniers siècles. Mais sa vision fondamentale des limites de la croissance n’en est devenue que plus pertinente.

Alors que nous sommes confrontés à une crise écologique mondiale qui s’accélère, il est peut-être temps de revisiter la pensée pessimiste d’un monde limité. Reconsidérer ce que nous entendons par « malthusien » pourrait être un bon point de départ.

(La version originale de cet article a été publiée en anglais)

MALTHUS, un incontournable penseur de la finitude Lire la suite »

L’extractiviste Trump veut le pétrole de Maduro

Le vice-président américain, J. D. Vance, explique que « le président [Donald Trump] a proposé à plusieurs reprises des voies de sortie, mais il a été très clair tout au long de ce processus : le trafic de drogue doit cesser et le pétrole volé doit être restitué aux Etats-Unis. Le président Maduro reprochait aux Etats-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète. Donald Trump à Fox News: «Washington ne peut pas prendre le risque de laisser quelqu’un d’autre prendre la place de Maduro et poursuivre sur sa voie ».Il ajoute que les Etats-Unis seront « très impliqués » dans l’avenir du Venezuela, disant « vouloir la liberté pour le peuple ».

Tout est dit, les Américains sous la houlette de Trump veulent continuer à piller la planète à leur guise. Trump considérait déjà que le Canada serait une province des États-Unis et que le Groenland bien sûr était américain. Il s’attaque maintenant à l’Amérique du Sud, ou plutôt à ses réserves naturelles. Trump est très clair dans son extractivisme quand il s’exprime publiquement  le 3 janvier 2026 à 17h40 heure française :

« A ma demande, les forces armées américaines ont conduit une opération militaire extraordinaire dans la capitale du Venezuela, un assaut comme on en n’avait pas vu depuis la Seconde Guerre mondiale pour confronter à la justice le dictateur hors-la-loi Nicolas Maduro. Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions assurer une transition sûre, appropriée et judicieuse. Nous allons faire intervenir nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, qui vont investir des milliards de dollars pour réparer les infrastructures gravement endommagées, partager les ressources pétrolières et commencer à générer des revenus pour le pays. »

Trump et bien d’autres dirigeants de la société croissanciste (et donc extractiviste) feraient mieux de s’inspirer de l’histoire de Nauru, une île dévastée à cause de ses ressources en phosphate. Une entrée massive d’argent joue un rôle incroyablement déstabilisateur : un peu comme ces gagnants du loto qui finissent par perdre la tête. Les Nauruans cessèrent de travailler et se comportèrent en rentiers. Un bref instant historique, Naurutopia a pu se définir comme une sorte de socialisme parfait où chaque citoyen récolte les fruits du sous-sol. Mais évidemment, les choses se gâtèrent avec les premiers signes d’épuisement des mines de phosphate au début des années 1990 ; l’économie de Nauru s’est alors tout simplement effondrée. Le sort de Nauru préfigure non seulement le présent du Venezuela, mais celui de toute la civilisation thermo-industrielle, bâtie sur l’exploitation des ressources en hydrocarbures et en métaux du sous-sol…

Lire, Extractivisme d’Anna Bednik (2016)

extraits : Les nouveaux tenants du pouvoir en Amérique du sud ont en effet poursuivi la spécialisation primo-exportatrice historique de leurs pays car la rente extractive a permis à ces régimes les fonds qui leur permettaient de financer les politique sociales. Aux dires du président équatorien Rafael Correa, on construira une société plus juste et plus équitable «avec le même modèle». La lutte contre la pauvreté (entendu au sens occidental du terme) a pris le dessus. Derrière la notion de développement, il y a l’idée que vivre ne serait pas suffisant. Ceux qui nous disent pauvres, expliquent les paysans-ronderos d’Ayabaca au Pérou «ne voient pas nos richesses, ils comptent l’argent». En Australie, les Aborigènes interrogent : «Nous avons du soleil, du vent et des habitants, Pourquoi polluer notre environnement pour de l’argent?» Le buen vivir (ou vivir bien) n’est plus qu’un slogan utilisé à des fins de marketing politique qui se confond, selon les besoins de ceux qui les utilisent, avec «développement», «services de base», voire  «accroissement du pouvoir d’achat». Le seul fait d’intensifier l’extractivisme a enseveli tout espoir de renouveau….

En savoir plus sur l’extractivisme

« extractivisme », synthèse de notre folie

extraits : Le mot extrativismo (sans c) est apparu au Brésil, dans les années 1930, pour désigner l’exploitation des plantations de caoutchouc. C’est avec une acception différente que le mot extractivismo (avec un c) s’est diffusé, à partir des années 1980 dans les pays voisins, avec comme contexte la résistance des peuples autochtones aux grands projets miniers.A la fin des années 2000, cette notion militante a été généralisée par des chercheurs engagés. Ce terme est devenu une caractéristique du capitalisme contemporain : la valeur y est “extraite” plutôt que “produite” par le travail. Deux traits majeurs le définissent : une exploitation des ressources qui ne se préoccupe pas de leur renouvellement et des externalités négatives (pollution, pauvreté…), et un contrôle par des réseaux oligopolistiques. Les bénéfices tirés de cette « capture de valeur » sont concentrés entre les mains de quelques-uns, tandis que les coûts sont légués au reste de l’humanité. L’extractivisme imprègne les mentalités de nombreux dirigeants, ce que Donald Trump a confirmé avec son slogan de présidentiable : « Drill, baby, drill ! » (« fore, bébé, fore ! »)

En savoir plus sur le Venezuela

Venezuela, la malédiction extractiviste (août 2025)

extraits : Les immenses mines d’argent de Potosi, pillées à partir du XVIe siècle, avaient servi de berceau au capitalisme en Europe. La république bolivarienne du Venezuela repose encore aujourd’hui sur un imaginaire extractiviste. Neuvième producteur de brut mondial et cinquième exportateur, le Venezuela vit de la rente pétrolière. Corruptions et violences autour du pétrole n’ont pas fini de s’y donner la main… Au pouvoir depuis 1999, Hugo Chavez avait mis PDVSA (Petroleos de Venezuela SA) au service de la « révolution bolivarienne ». Le président depuis la mort de Chavez, Nicolas Maduro, promet à ses concitoyens de « reconquérir » l’Essequibo au Guyana. C’est un désert vert au sous-sol chargé de gaz et de pétrole, d’or, de diamants, de cuivre, de bauxite, de fer et d’aluminium.…Le 3 décembre 2023, les électeurs vénézuéliens ont été appelés à se prononcer par référendum sur l’avenir de cette région… située dans un autre pays. Le référendum a donné 95 % de « Oui » à une tentative de prendre une partie de son territoire à un pays limitrophe.

L’extractiviste Trump veut le pétrole de Maduro Lire la suite »

Décroissance, mot nécessaire et indicible

A sa seule mention du mot « décroissance » apparaissent immédiatement des images mentales de pénurie, de privations et de retour à la bougie. Mais que se passe-t-il lorsque les individus sont amenés à juger de ses grands principes lorsque le mot lui-même n’est pas mentionné ? Une équipe de chercheurs en économie et en sciences comportementales de la London School of Economics et de l’université autonome de Barcelone a testé le concept.

Stéphane Foucart : Les idées saillantes de la décroissance, quand on ne mentionne pas le mot, recueillent un large soutien, de 74 % à 84 % au Royaume-Uni et de 67 % à 73 % aux Etats-Unis : réduction de la production des biens et services inutiles et nuisibles à la santé et/ou l’environnement, accès universel aux services publics et à des logements abordables, mise en place progressive d’un contrôle démocratique de l’économie, abolition des mécanismes d’appropriation des ressources du Sud global par les pays riches, recherche d’efficacité technologique en accord avec des impératifs de durabilité, etc. L’adhésion à la décroissance ne dépend pas, chez les individus interrogés, de leur niveau de revenus ou de la satisfaction qu’ils en tirent. Les plus riches n’y étaient en moyenne pas moins favorables que les moins fortunés. La résistance du public à la décroissance ne tient donc pas à une opposition à ses fondements, mais à un manque d’occasions d’en débattre en tant que politique cohérente.

Une très large majorité des gens aspirent à une économie radicalement différente. Mais la théorie économique telle qu’elle existe aujourd’hui a été fondamentalement conçue pour résoudre les problèmes d’un autre siècle.

Le point de vue des écologistes décroissants

La convention citoyenne sur le climat, d’octobre 2019 à juin 2020, l’avait déjà certes démontré : des citoyens tirés au sort, peu ou pas politisés, lorsqu’ils sont confrontés à l’état de la connaissance et qu’ils sont extraits de l’océan d’insignifiances et de diversions du bavardage médiatique, peuvent proposer des mesures de protection de l’environnement et du climat plus fortes que les plus ambitieuses portées par les partis écologistes. Et ce, en assumant explicitement de faire décroître certains secteurs, comme le transport aérien, la chimie ou l’agroalimentaire.

Mais il ne faut pas se payer de mots, littéralement. Si une réalité fait peur, appelez-la par un nom désirable et le tour serait joué ? Remplacez « décroissance » par « économie du bien-être », « guerre » par « opération spéciale », « mensonge » par « liberté d’expression », etc. Ce qu’il faudrait tester, ce n’est pas l’adhésion aux idées, mais l’adhésion aux conséquences concrètes de ces idées. Évidemment que tout le monde est d’accord pour ne pas consommer de biens inutiles ou nuisibles. Mais qui est prêt à ne pas faire crouler les enfants sous des monceaux de cadeaux à Noël ? Qui est prêt à se passer des facilités d’un système économique qui flatte l’égo, l’égoïsme et l’égocentrisme ?

De toute façon, si on ne veut pas utiliser publiquement ce terme «  décroissance », pourtant celle-ci s’imposera bientôt à nous. La démesure de la société thermo-industrielle avait entraîné le règne des « SUR » : SURabondance, SURactivité, SURcommunication, SURconsommation, SURdéveloppement, SURemballage, SURendettement, SURéquipement, SURmédicalisation, SURpâturage, SURpêche, SURproduction, SURtourisme…

Dans un contexte de pénurie globale des ressources naturelles, l’avenir n’est plus dans l’expansion, mais nécessairement dans son inverse. A la croissance économique doit donc succéder la DEcroissance conviviale, à l’effet rebond l’effet DEbond, à la mondialisation la DEmondialisation, à la pollution des sols et des esprits la DEpollution, au populationnisme la DEpopulation, à l’urbanisation la DEsurbanisation, à la voiture pour tous le Devoiturage, au réarmement actuel la DEmilitarisation et au tourisme de masse la Demobilité.

Mais le passage à la décroissance socialement consentie ne peut se faire immédiatement, nous sommes tellement bercés actuellement par la musique ambiguë d’un croissancisme destructeur.

 

Décroissance, mot nécessaire et indicible Lire la suite »

La population mondiale au 1er janvier 2026

Nous voilà maintenant un peu plus de 8,2 milliards sur la Terre en ce 1er janvier 2026. La croissance démographique est toujours forte, + 76 millions de personnes supplémentaires en 2025, plus que la population de la France. Certes le rythme de progression tend à baisser mais reste toujours positif. Nous passons à peu près sous la barre des + 1 % par an. Rappelons qu’avec un tel taux d’accroissement, la population double encore tous les 70 ans.

Pourtant c’est la baisse de fécondité qui inquiète le monde politique comme le monde médiatique. Notre situation concrète de surpopulation reste un sujet tabou quant à son impact sur le monde des humains et des non humains. Même les écologistes institutionnels ne souhaitent pas évoquer le facteur démographique. Paradoxalement certains craignent la dépopulation alors que tous les indicateurs scientifiques montrent que nous avons déjà largement outrepassé les limites de la planète. La baisse de fécondité d’une frange aisée de la population mondiale doit être considérée comme un bienfait.

Non seulement notre niveau de peuplement est bien plus haut qu’il ne l’a jamais été, mais nous croissons à un rythme élevé. Notez que la conjugaison de l’augmentation de la durée de vie moyenne et surtout l’écroulement de la mortalité infantile, 27 pour 1000 au niveau mondial, accroît le surnombre. C’est d’autant plus grave que la hausse démographique s’applique à un niveau plus élevé en valeur absolue : + 0,4 % par an en 1900, soit plus 6 ou 7 millions de personnes en supplément, + 0,9 % par  an en 2025, mais plus de 76 millions ! Les projections les plus fréquentes prévoient une croissance maintenue jusqu’aux années 2080 avec 9,6 ou 9,7 milliards en 2050 (dans seulement 24 ans), ce qui conduirait à plus de 10 milliards de personnes à la fin du siècle.

On s’inquiète des cas extrêmes comme le Japon ou la Corée du sud (fécondité respectives de 1,2 et 0,7 enfants par femme) sans mettre en parallèle les densités extrêmes de ces deux pays. Les problèmes écologiques et la déplétion d’une majorité des sources d’énergies fossiles et de matières premières nous conduira inexorablement à un niveau de population qui pourrait descendre à 1 milliard, soit la population mondiale en 1800, avant la révolution industrielle. 

 Estimations de la population mondiale au 1er janvier 2026 

En millions d’habitants selon les compteurs suivants

Source 2025 2026 Evolution Evolution
      en millions en %
       
  Countrymeters  8 250 8 354 104 + 1,3 %
  Duurzame Demografie 8 156 8 228 73 + 0,9 %
  INED  8 197 8 266 69 + 0,9 %
  PopulationCity.world 8 139 8 222 83 + 1,0 %
  Population.io 8 155 8 228 73 + 0,9 %
  Population Matters 8 156 8 228 72 + 0,9 %
  The Population Project 8 155 8 227 72 + 0,9 %
  Terriens.com 8 063 8 135 72 +  0,9 %
  US Census Bureau 8 092 8 163 71 + 0,9 %
  Worldometer 8 197 8 267 70 + 0,9 %
         
  Moyenne 8 156 8 232 76 + 0,9 %

NB : C’est la 18ème édition de cette compilation publiée par le porte-parole de Démographie Responsable, Didier Barthès. Depuis la première version en 2009 (avec un peu plus de 6,7 milliards d’humains), nous avons augmenté de presque 1,5 milliard d’habitants. C’est quasiment ce que l’humanité avait gagné de ses débuts jusqu’aux premiers jours du 20ème siècle ! La progression est affolante, quelles que soient les inquiétudes des économistes et des natalistes à courte vue qui raisonnent hors sol.

La population mondiale au 1er janvier

2009 (6,759 milliards), 2010 (6,838 milliards), 2011 (6,914 milliards), 2012 (7,003 milliards),

2013 (7,082 milliards), 2014 (7,162 milliards), 2015 (7,260 milliards), 2016 (7,358 milliards), 

2017 (7,440 milliards), 2018 (7,534 milliards), 2019 (7,637 milliards), 2020 (7,703 milliards), 

2021 (7,800 milliards), 2022 (7,888 milliards), 2023 (7,984 milliards), 2024 (8,075 milliards).

2025 (8,156 milliards), 2026 (8,232 milliards).

Source : Didier Barthès sur son blog : ECONOMIE DURABLE

Pour adhérer à l’association Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.fr/nous-rejoindre

La population mondiale au 1er janvier 2026 Lire la suite »

Besoin d’être ou d’êtres (moins) nombreux ?

Nous suivons le journal « La décroissance » depuis ses débuts et lisons toujours avec intérêt la rubrique « Simplicité volontaire ». Le dernier article, « Besoin d’êtres » interroge Thomas et Clotilde. Voici des extraits de l’article et notre commentaire en ce qui concerne la question démographique.

Les écologistes ont depuis toujours alerté sur les dangers de la croissance démographique. Thomas et Clotilde, eux, ont neuf enfant. De quoi faire une équipe de foot, ou un orchestre !

Clotilde : A sept ans, j’avais décidé d’avoir dix enfants, il me fallait un mari qui accepte ! En fait nous en avons eu dix, mais le septième est décédé bébé. Ma première grossesse est arrivée en 2004. Avant, nous étions considéré comme un couple stérile, comme on dit. Il a fallu que je sois opérée plusieurs fois pour l’endométriose. Nous avons décidé adopter et de continuer des traitements médicamenteux. Par conviction, nous refusons la fécondation in vitro. Quand des étrangers, surtout d’Afrique du Nord ou subsaharienne, apprenaient le nombre d’enfants que j’avais, ils me disaient : « Ah, toi, tu n’es pas française ! » Ils comprenaient immédiatement que nous n’étions pas en phase avec les standards occidentaux. Nous sommes dans un réseau de partage de familles nombreuses, nous avons tendance à nous regrouper.

Thomas : C’est vrai que des fois nous dérangeons. Imaginez, quand on va à Paris en train.. il y a la moitié du wagon qui entend du bruit. Une famille de onze, même tous très sages avec des jeux de cartes, c’est du volume, une petite colonie.

Passons à LA grande question, celle qui fâche ! Est-ce que la meilleure chose à faire pour la planète, ce ne serait pas justement d’avoir moins d’enfants ?

Thomas : Nous sommes souvent attaqués, plus ou moins gentiment, sur le fait que nous soyons nombreux, donc que nous consommerions beaucoup. Évidement la Terre est surpeuplée aujourd’hui et chaque bouche qu’on amène est à nourrir. C’est peut-être très égoïste d’avoir autant d’enfants. Mais je considère que, vu la manière dont nous consommons, nous ne sommes pas particulièrement polluants. Si nous nous comparons à une famille moyenne de deux ou trois enfants, nous n’allons pas forcément consommer plus. Je pense même que notre bilan carbone aurait peut-être été supérieur si nous nous étions arrêtés à trois enfants. Nous aurions voulu le même espace, une voiture moderne, des objets neufs pour les enfant alors que tout passe de l’un à l’autre.

Clotilde : Et puis en Lozère, la surpopulation, ce n’est pas une réalité. C’est le département le moins peuplé de France ! Ici, s’il n’y avait pas de migrants, il n’y aurait personne pour s’occuper des personnes âgées dans les EHPAD. Même dans les églises, les prêtres viennent d’Afrique.

(La décroissance n°222, janvier-février 2026, page 10)

Le point de vue des écologistes malthusiens

– Décider, à l’âge de sept ans, du nombre d’enfants que nous voulons (dix !) montre une forme de conditionnement familial dont l’article ne dit rien. Et ne faire couple qu’avec un mari qui accepte ce choix d’enfance du grand nombre, c’est vouloir imposer ses propres idées.

Le refus de la stérilité est aussi significatif, il faut forcer la nature à force d’opérations chirurgicales et de médicaments. L’idée de refuser l’acharnement technologique et de respecter la sélection naturelle n’effleure pas Clotilde. Refuser la baisse de fécondité pour adopter un régime de familles nombreuses qui mène plusieurs pays africains dans l’impasse, c’est n’avoir aucune ouverture d’esprit. D’ailleurs Clotilde préfère fréquenter les autres familles nombreuses, qui se ressemble s’assemble.

Le problème n’est pas le nombre d’enfants dans un train, Thomas a une vision familio-centrée de la surpopulation. Nous sommes déjà bien plus de 8 milliards et si tout le monde faisait comme son couple, la population serait multipliée par 4 en une seule génération !

Thomas a pourtant la connaissance d’une Terre surpeuplée. Mais il n’en tire pas les conséquences en se réfugiant derrière un niveau de consommation qui pourrait compenser le surnombre. Mais une sobriété choisie multipliée par un plus grand nombre de personnes veut dire une détérioration plus grande de la planète. Il faut plus qu’une seule voiture pour déplacer cette famille nombreuse !

Il est vrai que la Lozère est le département ayant la densité la moins élevé de France, 15 hab./km². Mais 50 % de la superficie, c’est de l’herbe… faut-il manger de la viande pour faire vivre Thomas et Clotilde.

Cette famille apparemment tire ses ressources d’un salaire de professeur de biologie et des allocations familiales. C’est ce qu’on appelle une densité subventionnée, tirant ses richesses d’autres sources que de ses capacités propres, ici de l’État, des contribuables.

Besoin d’être ou d’êtres (moins) nombreux ? Lire la suite »

Pas de cadeaux à Noël, c’est une évidence

C’est un drame, les enfants sont  trop gâtés à Noël. Avec la complicité de leurs parents, ils ont complètement oublié que le Christ est né dans la plus pauvre des conditions. Le véritable message de Noël est celui du partage, certainement pas cette outrance des marchands du Temple qui nous proposent leurs gadgets plus ou moins soldés. Tout aussi grave est cette illusion constante quant à l’autonomie souveraine de l’enfant : «  Faire plaisir à ses enfants », le nec plus ultra de la société de consommation.

Souvent sur ce blog on se sent bien seul pour exprimer des idées qui étaient pourtant monnaie courante dans les années 1970. Le croissancisme hors sol a tué notre capacité de jugement.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Les raisons de ne pas croire au père Noël

extraits : Que diriez-vous de parents qui raconteraient à leur enfant l’histoire du Père Noël, mais qui, alors que l’enfant grandit, ne lui diraient jamais qu’il s’agit d’une histoire inventée ? Et qui, alors que l’enfant commence à douter et à opposer des arguments rationnels à l’existence du Père Noël (par exemple, l’impossibilité physique de livrer tous les foyers du monde en une nuit), maintiendraient mordicus que l’histoire est vraie, que ses détracteurs sont mal intentionnés, qu’il est essentiel pour l’enfant d’y croire, et que, s’il n’y croit pas, le Père Noël lui infligera des punitions. Vous trouveriez certainement que ces parents jouent une farce bien cruelle à leur enfant, qu’ils le maintiennent dans un état de sujétion intellectuelle et psychique inacceptable, et qu’ils lui rendent un bien mauvais service en cultivant et en perpétuant sa crédulité d’enfant au lieu de développer son esprit critique. Vous considéreriez cette attitude comme un abus de pouvoir inexcusable, et vous auriez raison….

Apprendre aux enfants à ne pas croire au père Noël

extraits : Une enseignante remplaçante du New Jersey a annoncé à ses élèves, âgés de 6 et 7 ans, que le père Noël n’existait pas. Face au traumatisme enduré, le directeur de l’école élémentaire a envoyé une lettre aux parents pour s’excuser et leur recommande de « prendre les mesures appropriées pour préserver l’innocence des enfants ». L’enseignante a été renvoyée. Elle aurait du être remerciée, félicitée, montrée en exemple. Car l’innocence des enfants est exploitée, dénaturée. le Père Noël est devenu le camelot immonde des marchands les plus fétides de ce monde…

Cadeaux, Noël bientôt en décroissance

extraits : A la veille de Noël, l’inflation hante la plupart des clients. Mais la fille aînée, âgée de 13 ans, aura droit à un « joli bijou », tandis que le fils obtiendra une console de jeux PS5,, acquise 400 euros fin novembre lors des opérations du « Black Friday ». « Pour la première fois », toute la famille s’était cotisée. Endettés par la construction de leur maison à Bretigny-sur-Orge, les parents ne se feront pas cette année de présents. Une première. Le couple a même puisé dans les cagnottes de ses cartes de fidélité Carrefour et E. Leclerc pour acheter le foie gras « dès les premières opérations de promotion de novembre ». Ainsi va le monde occidentalisé aux temps de la guerre de tranchée en Ukraine et du massacre à Gaza, sans compter les zones touchées par la famine….

Faut le faire, ce sera Noël sans cadeau

extraits : Soyons des Décroissants sous le sapin. Pour en finir avec le mythe de la croissance, Noël est un bon indicateur de notre aptitude réelle à changer. Car qui est vraiment prêt à dire à ses proches le jour J : «  Je ne vous ai rien acheté, car on va crever de surconsommation, et je préfère favoriser la vie » ? Combien sommes-nous à regarder en face ceux qu’on aime… sans rien leur offrir ? Combien sommes-nous à fabriquer nous-mêmes nos cadeaux ? Très peu, trop peu. Trop d’enfants n’ont plus accès à cette joie que procure des choses simples. Ils sont blasés devant l’excès et ont perdu la saveur de l’attente et de la patience devant la rareté. Un rituel comme celui de Noël ne devrait être là que pour nous ramener à l’essentiel, contribuer à la fraternisation familiale et à la cohésion de nos groupes sociaux avec ou sans la célébration de la naissance du Christ. Heureusement les temps des pénuries s’annoncent, les cadeaux vont changer de signification….

La cerise sur le gâteau… de Noël

Les récents articles du MONDE vont tous dans le même sens, pour Noël faut acheter, acheter, acheter… Ce n’est pas avec ce journal dit de référence qu’on va critiquer le Noël des marchands !

3 décembre 2025. Cinq livres à offrir à Noël par pure gourmandise

1er décembre. Cinq beaux livres de mode à offrir pour Noël

1er décembre. Ce qui change à partir du 1ᵉʳ décembre pour votre budget : prime de Noël, …

28 novembre. Quand les cadeaux de Noël sont de seconde main : « Mes sœurs m’ont regardé d’un drôle d’air »

27 novembre. « Le dilemme » : peut-on refuser de mentir à ses enfants sur le Père Noël ?

26 novembre. Pourquoi la saison de Noël commence de plus en plus tôt

17 novembre. Six cadeaux de Noël qui ont remporté nos comparatifs

Pas de cadeaux à Noël, c’est une évidence Lire la suite »