épuisement des ressources

L’UNFPA en 2025, priorité au libre arbitre

Contrairement à sa version 2023 anti-malthusienne, l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) écrit en 2025 des chose sensées : La véritable crise de la fécondité, la quête du libre arbitre en matière de procréation dans un monde en mutation.

https://www.unfpa.org/fr/swp2025

 » Depuis quelque temps, le recul de la fécondité fait les gros titres, et bien trop souvent, c’est aux femmes que l’on reproche ces évolutions démographiques. Certains gouvernements adoptent des mesures drastiques pour inciter les jeunes à prendre des décisions procréatives en phase avec les objectifs nationaux. Pourtant, la véritable crise de la fécondité réside dans la remise en cause du choix procréatif le plus fondamental que puisse faire un être humain : décider s’il souhaite avoir un enfant, quand et avec qui.

Révéler les obstacles à la liberté de choix

L’UNFPA, en collaboration avec YouGov, a interrogé la population de 14 pays pour savoir si les habitant·e·s avaient la famille qu’ils et elles souhaitaient. Notre enquête révèle qu’une proportion alarmante d’adultes se trouvent dans l’incapacité de réaliser leurs intentions dans ce domaine.

– Près de 20 % des personnes adultes en âge de procréer pensent qu’elles ne pourront pas avoir le nombre d’enfants qu’elles désirent.

– Environ 1 sur 3 a déjà vécu une grossesse non intentionnelle.

– 39 % indiquent que les contraintes financières ont entravé ou risquent d’entraver leur capacité à atteindre leur taille de famille idéale.

– Environ 1 sur 5 explique que la peur de l’avenir (changement climatique, dégradation de l’environnement, guerres, pandémies, etc.) l’inciterait ou l’a incitée à avoir moins d’enfants qu’elle l’aurait souhaité.

– Environ 1 sur 4 n’a pas pu satisfaire son désir d’enfant au moment où elle l’aurait souhaité.

Témoignages de jeunes

Les jeunes sont extrêmement nombreux·ses à faire part de leurs inquiétudes à l’égard d’un avenir qui leur apparaît comme incertain. Beaucoup anticipent une détérioration des conditions de vie par rapport à celles de leurs parents, notamment en raison des défis liés au changement climatique, à l’instabilité économique et à l’émergence de conflits mondiaux. Ces préoccupations influenceront inévitablement leurs décisions en matière de planification familiale.

Femme, 29 ans, Mexique : « J’aimerais avoir des enfants, mais de nos jours, cela devient de plus en plus compliqué. Dans ma ville, il est quasiment impossible d’acheter ou de louer un logement à un prix abordable. Je ne souhaite pas non plus mettre au monde un enfant si c’est pour que mon bébé grandisse dans la souffrance, dans un contexte de guerre et de détérioration des conditions de vie planétaires. »

Une politique de planification au service des familles

Les solutions qui ne font pas du choix en matière de procréation une priorité ont maintes et maintes fois démontré leur inefficacité.

Notre objectif ne devrait pas être de manipuler les taux de fécondité, mais de donner aux individus les informations et les moyens de décider de façon libre et responsable du nombre d’enfants qu’ils souhaitent ainsi que du moment et de l’espacement des naissances

– Dans une société en bonne santé, les mères et les enfants doivent pouvoir bénéficier de soins de santé abordables, accessibles et de qualité.

– Chaque individu doit pouvoir compter sur le soutien et la bienveillance d’un ou d’une partenaire prêt·e à assumer une répartition équitable des responsabilités parentales.

– En vue de planifier l’avenir, il est essentiel de se sentir en sécurité sur le plan économique et d’avoir la certitude de pouvoir trouver un logement abordable pour soi et sa famille.

– Lorsque la population aura confiance envers ses responsables politiques pour privilégier des investissements qui se prolongeront au-delà de leur mandat électoral, elle envisagera plus sereinement d’avoir des enfants.

– De nombreuses personnes choisiraient d’avoir des enfants si elles avaient la certitude de pouvoir les faire grandir dans un environnement sain, une économe viable et un lieu de vie sûr.

Télécharger le rapport : EN ES FR AR RU

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

L’UNFPA en 2023 déconstruit le « mythe » de la surpopulation

extraits : Alors que la population mondiale a franchi le cap des 8 milliards d’individus, dans son dernier rapport « Huit milliards d’humains, un horizon infini de possibilités : défendre les droits et la liberté de choix », le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) appelle à cesser l’alarmisme croissant face aux changements démographiques. Le rapport déconstruit dans un premier temps les discours sur la « surpopulation », selon lesquels le monde serait au bord de l’explosion car submergé par un taux démographique hors de contrôle….

UNFPA, rapport 2012 sur l’état de la population mondiale

extraits : Le rapport de l’UNFPA a pour sous-titre : « Oui au choix, non au hasard : planification familiale, droits de la personne et développement. » « La capacité de décider du nombre de ses enfants et de l’espacement de leurs naissances est tenue pour acquise par un grand nombre de gens du monde développé et de membres des élites des pays en développement. Néanmoins, pour la majorité de la population des pays en développement, et notamment des pays les plus pauvres, les capacités et les moyens de déterminer la taille de sa famille sont rares ou insuffisants. […] De nos jours, la planification familiale est reconnue quasi universellement comme un droit intrinsèque confirmé et conforté par de nombreux autres droits de la personne. Il n’est donc pas justifiable qu’en tant que droit, seuls y aient accès les membres des classes aisées ou privilégiées…..

L’UNFPA en 2025, priorité au libre arbitre Lire la suite »

Savoir définir les limites à ne pas dépasser

La population française sait parfaitement qu’il ne faut pas dépasser la limitation de vitesse sur routes. Mais elle ignore dans sa grande globalité que nous avons dépassé les limites de la planète et qu’il faudrait instaurer des limites dans tous les domaines. Voici un récapitulatif de nos articles traitant (en titre) des limites, un mot qui nous incite forcément à penser « Décroissance ».

La Décroissance, c’est simplement le sens des limites

Le mensuel La décroissance de novembre 2014 insiste à juste titre sur ce qui constitue un des fondements de la pense écologique, retrouver le sens des limites. En voici une présentation succincte :

p.3, La perte de la mesure (Olivier Rey)

« …Depuis plusieurs siècles en Occident on s’est livré frénétiquement à la mesure au premier sens du terme, l’évaluation d’une quantité, et en même temps la mesure au sens de juste mesure a complètement été mise à l’écart… C’est ainsi que pour la plupart des dispositifs, il existe un point en deçà duquel le développement est bénéfique, au-delà duquel il devient nocif et se met à desservir ceux qu’il était censé aider… »

p.5, « La notion de limite n’a plus droit de cité » (Aldo Naouri)

« …Mon activité professionnelle de pédiatre m’a conduit à analyser les facteurs qui ont abouti progressivement à la disparition de la notion de limite dans nos façons de penser… La non-limite est devenue l’idéal, laissant croire à chacun qu’il peut déployer son désir et ignorer la règle du don et du contre-don qui fonde le lien social… »

p.7, simplicité volontaire

Marie : « … Quand on est un couple infertile, si l’on ne veut pas du genre PMA-GPA, pour les grands médias, c’est incompréhensible… Bientôt on vous dira que c’est de votre faute si vous souffrez d’être infertile en vous renvoyant à votre refus d’utiliser les biotechnologies…« Pourquoi refuserions-nous de penser les limites dans la procréation et dans le même temps insisterions-nous sur la nécessité de prendre en compte les limites de la planète pour tout le reste ?… »

p.11, L’échelle humaine (Philippe Gruca)

« … Illich s’est montré particulièrement sensible à la question des limites, des seuils au-delà desquels le changement de taille devient un changement de nature… Nous autres, humains, pouvons être certains que notre liberté nous permet d’aller au-delà du raisonnable. L’échelle n’est pas notre destin, elle est pour nous un choix… »

p.12, Le président de la décroissance ?

«  Tu es libre seulement les moments de ta vie où tu fais des choses qui te plaisent, et tu n’es pas libre quand tu dois te consacrer exclusivement à gagner de l’argent… La vie ne doit pas servir la marchandise… » Cette citation provient du président de la République de l’Uruguay, José Mujica. C’est la première fois qu’un chef d’Etat va aussi loin dans la dépossession. Tous ce qu’il possède, c’est une Coccinelle. Il habite dans une ferme qui appartient à sa femme… Il reverse 87 % de ses émoluments à des œuvres sociales…

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Les limites biophysiques

Tout savoir sur les limites de la croissance

Dépasser les limites amène à l’effondrement

Limites planétaires franchies => décroissance

Nous avons dépassé 5 limites planétaires

13 août 2015, le jour du dépassement des limites

gratter l’écorce de la Terre jusqu’aux dernières limites

Les limites démographiques

Les limites à la croissance démographique

MALTHUS, le prophète du sens des limites

Limite, revue d’écologie intégrale… antimalthusienne

Limiter les naissances, plutôt choisir sa mort

EELV pour un accueil illimité des Afghan.e.s

Les limites technologiques

Loi bioéthique, des techniques sans limites

OGM, limites de la recherche-développement

L’intelligence artificielle atteint ses limites

Tout savoir sur chatGPT et ses limites

Le soldat « augmenté » sans limites !

Les limites politiques

Horrible, limiter la liberté d’expression

Shutdown aux USA, s’endetter sans limites

Grève du 5 décembre 2019 et limites planétaires

Les limites sociétales

Les sportifs oublient leurs limites aux Jeux Olympiques

le sens des limites, contraire à l’esprit olympique

Mariage pour tous, oubli du sens des limites

Les limites de la loi « bioéthique »

Savoir définir les limites à ne pas dépasser Lire la suite »

« Limites », le mot le plus employé sur notre blog

Nous avons perdu dans notre société croissanciste le sens des limites. Il y a 20 ans, lors du démarrage de notre blog en 2005, nous avons déjà utilisé très souvent la notion de limites. En voici l’illustration :

12.03.2005 Le développement durable (en kiosque)

C’est le titre d’un Hors-série (1er trimestre 2005) du mensuel « Alternatives économiques » qui montre que l’homme a modelé la Nature selon ses besoins jusqu’à la limite du désastre. On y voit aussi une photo de Maurice Strong, secrétaire de la première conférence onusienne sur l’environnement à Stockholm (9 juin 1972) arrivant en bonne compagnie à la réunion en vélo. On y aborde le réchauffement climatique, la montagne des déchets, le casse-tête énergétique, la question de l’eau et de la ville, on s’interroge : la seule solution, la population ? Mais G.Duval pense encore que la décroissance n’est pas un projet économique et politique de nature à répondre à la grave menace écologique qui nous menace. Pourtant il constate qu’il y a peu de réalisations à mettre au compte du développement durable, que chacun cherche à protéger les situations acquises et que la décroissance de la consommation d’énergies fossiles doit être mis en place rapidement. Pourtant il souligne aussi l’effet rebond (quand on accroît l’écoefficience, l’usage se développe et la consommation globale ne diminue pas). Mais pour lui la décroissance relève d’une vison du monde passéiste qui voudrait revenir à l’âge de pierre et aux inégalités entre homme et femmes. Il pense sans le démontrer que le salariat est une forme bien supérieure des rapports sociaux. Pour résumer, « Faudrait-il rétablir le féodalisme pour espérer sauver l’environnement ? ».

La Biosphère trouve profondément déplaisant ce genre de penseur qui, assis dans son fauteuil, minimise la nécessaire critique de la croissance économique en faisant dire aux décroissants des choses qu’ils n’ont jamais dites !

28.02.2005 Les devoirs envers l’environnement

Le président J.Chirac avait lancé en janvier 2003 les premières assises de la charte de l’environnement : « Aux côtés des droits de l’homme de 1789 et des droits sociaux de 1946, et au même niveau, nous allons reconnaître les principes fondamentaux d’une écologie soucieuse de devenir de l’homme ». Le 28 février 2005, un texte était approuvé par les parlementaires réunis en Congrès : « Le peuple français, Considérant Que les ressources et les équilibres naturels ont conditionné l’émergence de l’humanité ; « Que l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel ;……

Art. 7. – Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement.

La Biosphère constate avec soulagement que les humains reconnaissent pour la première fois dans un texte fondamental qu’ils ont des devoirs envers l’environnement beaucoup plus qu’ils n’ont de droit pour eux-mêmes. L’année 2005 n’est donc pas complètement vide de sens, même si on parle encore d’environnement plutôt que de protection de la Nature !

20.04.2005 Relativisme

Avant même d’être pape, Josef Ratzinger s’en prenait violemment à la « dictature » du relativisme en tant qu’attitude qui ne reconnaît rien comme définitif et n’a comme mesure que ses propres désirs. C’est là faire peu de cas des vertus de la démocratie qui recherche à tâtons la vérité dans les méandres de la planète. Ce ne sont pas les « vérités » de la Bible ou du Coran qui peuvent fixer des limites aux appétits insatiables de la société thermo-industrielle ou de la démographie humaine galopante, ce sont les perturbations des écosystèmes qui exigent de la rationalité humaine un autre comportement, un changement radical du mode de vie et de procréation.

« Tant que vous oublierez la vérité des cycles vitaux, vous serez comme de petits enfants traînant à la dérive, emportés par n’importe quelle doctrine et invention des hommes » (épître de la Biosphère aux Humains).

21.04.2005 Economiser l’eau ?

Selon l’OMS (organisation mondiale de la santé), « Chaque être humain a droit à 50 litres d’eau potable par jour », soit un peu plus de 18 m3 par an. Certains peuvent s’étonner, n’est-ce pas déjà trop ! Mais en France chaque personne utilise déjà en moyenne 150 litres par jour pour sa consommation domestique (alimentaire et non alimentaire), et plus de 200 litres si on ajoute l’ensemble des utilisations collectives de l’eau (écoles, hôpitaux, lavage des rues…). Il faut dire qu’un bain nécessite 150 litres, le lave-linge 90 et la chasse d’eau 10. Les Belges sont les plus sobres de l’UE avec 108 litres quotidiens de consommation domestique. Calcule ta propre consommation et tu t’apercevras que tu peux faire des économies pour la planète : se doucher plutôt que prendre un bain (en fermant le robinet entre chaque aspergions !), se doucher moins souvent, ne jamais laver sa voiture (que l’on ne possède pas !) …

La Biosphère est sûre que tu as plein d’autres proposition pour limiter tes activités…

30.04.2005 Un kit euthanasie

Il y a parfois une bonne nouvelle : un kit contenant les produits nécessaires pour abréger la vie a été mis en vente par les pharmacies de Belgique, cette mort douce étant légalisée depuis une loi de 2002. La mauvais nouvelle, c’est que ce kit ne peut être donnée qu’aux médecins qui doivent se rendre en personne à la pharmacie.

Il y a toujours des limites à la liberté individuelle, un candidat quelconque à l’euthanasie ne peut demandera directement ce kit. Pourquoi ne légalise-t-on pas le suicide, un acte libre et volontaire ?

13.06.2005 L’environnement pour les Européens

C’est un trimestriel publié par l’office des publications officielles des communautés européennes (abonnement gratuit, écrire rue de la Loi 200 à B-1049 Bruxelles). Dans son numéro de juin 2005, on y apprend qu’il est grand temps d’assainir notre atmosphère (européen), qu’il faut sortir les forêts européennes de l’ombre, qu’il faut s’approprier le droit communautaire environnemental, qu’il faut donner le feu vert pour les voitures propres et qu’il faut même limiter les émission de CO2 engendrées par le trafic aérien de la flotte mondiale. Un encadré indique que le développement durable reste un priorité du Conseil européen : lors de leur sommet de printemps en mars 2005, les chefs d’Etat et de gouvernement ont rappelé à quel point il était important de protéger l’environnement en Europe et ont reconnu que la stratégie de Lisbonne (2000–2010) en faveur de la croissance devait contribuer à l’objectif majeur qu’est le développement durable.

Mais la Biosphère vous demande : Est-ce que vous connaissiez déjà ce magazine ? Est-ce que la croissance économique qui détruit la planète est le meilleur moyen de rendre leurs équilibres aux écosystèmes ?

01.07.2005 Le climat, c’est compliqué

L’irruption du Pinatubo en 1991 projeta de telles quantités de poussière volcaniques dans l’atmosphère que la température moyenne à la surface de la Terre diminua de 0,5°C. J’entends tout de suite cogiter nos scientifiques : « Si on utilisait encore plus d’aérosols, ces particules vont réfléchir les rayons de soleil et le réchauffement climatique sera enrayé ». Biosphere signale d’abord que les aérosols d’origine humains représentent seulement 10 % de ceux générés par la Nature, ensuite ils sont de trop petites tailles. Comme ils servent alors de noyaux de condensation, ils diminuent la quantité des précipitations et réduiront ainsi les productions agricoles. Alors d’autres scientifiques : « On pourrait essayer de stimuler un gros volcan avec une petite bombe atomique ! ». Mais dans ce cas, comment doser la quantité de matière émises ?

Il n’y a pas d’autres solutions contre l’effet de serre que limiter la consommation , mais la cécité humaine va de pair avec leur imagination débordante. La Biosphère rigole.

10.07.2005 Pas d’OGM en Europe

Contre l’avis de la Commission, les Etats membres ont autorisé par 22 voix contre 3 l’application de la clause de sauvegarde permettant à un pays d’interdire la culture d’OGM sur son sol. Ils ont raison, mille fois raison (au fond). Les OGM, adaptés à une agriculture extensive, correspondent seulement aux besoins des grandes multinationales de l’agroalimentaire. A l’opposé, le problème agricole mondial n’est pas d’accroître les quantités produites, mais de maintenir des communautés paysannes vivables et viables.

En effet la solution au désordre mondial n’est pas à rechercher dans une agriculture industrialiste et peu utilisatrice de main d’œuvre, mais au contraire dans le développement d’une petite agriculture qui protège des sols fragiles et limite l’exode vers des métropoles de plus en plus ingérables.

10.08.2005 ça va chauffer !

La combustion massive de charbon, de pétrole et de gaz depuis la révolution industrielle a réchauffé l’atmosphère en émettant du CO2, mais elle a aussi contribué à limiter ce réchauffement en émettant de grandes quantités de particules et surtout de dioxyde de soufre. Ce dernier, une fois transformé dans l’atmosphère en aérosols sulfatés, réfléchit les rayons du soleil comme un parasol et influence la formation des nuages, qui agissent aussi sur la température de la Terre. Ce phénomène bien connu a masqué une partie du réchauffement jusqu’à présent, mais il s’estompera probablement au fur et à mesure que les politiques de lutte contre la pollution locale réduiront les émissions de SO2 un peu partout dans le monde. Or, les aérosols sulfatés ne restent que quelques jours dans l’atmosphère tandis que le CO2 y reste plus de cent ans ! Il se peut que cet effet des aérosols ait largement masqué le réchauffement dû aux gaz à effet de serre, d’où une sous-estimation du réchauffement à venir qui, dans le pire des cas, pourrait atteindre 7,8 °C !

La Biosphère vous dit : il n’y a que la décroissance humaine qui mérite attention.

15.08.2005 Blockbuster

Le groupe pharmaceutique français Sanofi Aventis devrait bientôt commercialiser un blockbuster, c’est-à-dire une nouvelle molécule miracle qui fera exploser le chiffre d’affaires. En effet le rimonabant permettrait non seulement d’arrêter de fumer sans prendre un gramme après 10 semaines de traitement, mais il ferait aussi perdre à un obèse en moyenne annuelle 9 kg tout en augmentant son taux de bon cholestérol et en baissant le taux de triglycérides. Le rimonabant agit en effet sur les mécanismes du cerveau et des cellules nerveuses qui interviennent dans le contrôle de l’équilibre énergétique de la personne. Plutôt que de limiter un système techno-industriel pernicieux, la chimie adapte les gens…

La Biosphère se marre : les individus se croient complètement libres dans une société où on les a fortement incité à fumer et à grignoter n’importe quoi n’importe quand, et après on leur fait prendre « librement » des pilules qui les soulage du poids de leurs inconséquences.

12.09.2005 Vous êtes des animaux stupides

La surface dévastée par l’ouragan Katrina est de 235 000 km2, soit près de la moitié de la superficie de la France. Colère et désespoir gagnait en particulier les 300 000 habitants de la Nouvelle-Orléans en attente d’évacuation. Rudolph éclate : « On vit comme des animaux, sans électricité, sans eau, sans toilettes, sans douches, sans rien. Il faut que l’on sorte de là, on devient fous et malades. Ma fille et ses deux petites filles vivent comme des clochardes, c’est insupportable ». S’il est vrai que le cataclysme a révélé le niveau élevé des inégalités et la cruauté des rapports sociaux aux USA, en fait l’ouragan n’est qu’un épiphénomène : les humains sont les premiers responsables de la catastrophe. Dès 1722, on commençait l’édification des travaux d’assèchement de ce qui était un marécage propice à la biodiversité. En 1763, La Nouvelle Orléans n’avait encore que 3200 âmes, mais il y eut ensuite l’explosion urbaine qui avait aujourd’hui besoin de six grandes stations de pompage fonctionnant 24 heures sur 24, même par temps sec !

La Biosphère vous rappelle que les humains sont des animaux parmi les autres qui vivent normalement sans électricité, ni eau courante ou douches privées. Tout cela n’est que le privilège de la classe globale actuelle qui utilise sans limites les ressources naturelles au détriment de beaucoup d’humains, des autres animaux et des écosystèmes : les premiers destructeurs des cycles vitaux sont les habitants de villes dont on croit qu’elles peuvent survivre même en dessous du niveau de la mer !

16.09.2005 L’euthanasie en direct

La télé-réalité n’a plus de limites, elle recherche femme enceinte acceptant d’accoucher en direct mais elle se refuse encore à présenter la mort en direct, en particulier après un choix d’euthanasie. Pour Hummie Van der Tonnerkreek, le réalisateur de « Big brother », il faut en effet différencier ces deux cas : « Avoir des enfants, c’est une fête ; l’euthanasie, c’est sans doute la dernière chose que vous voudriez partager avec d’autres ». Mais ce prescripteur d’amollissement cérébral ne connaît pas grand chose à la relativité en matière sociologique. La mort pour un catholique profond est le moment d’une véritable espérance en la vie éternelle alors que faire un marmot dans un ménage allemand est souvent considéré comme une véritable calamité.

Claire Quillot expliquait son suicide programmé comme une manière de « ramener une sorte d’optimisme ». Du point de vue de la Biosphère, elle a tout à fait raison : la décroissance humaine consentie est préférable à l’explosion démographique du troisième âge. Vive l’euthanasie en direct, à mort les naissances excédentaires !

28.09.2005 Limiter le trafic aérien

Si les émissions totales de gaz à effet de serre ont diminué en Europe de 3 % entre 1990 et 2002, celles générées par le trafic aérien ont augmenté de près de 70 %. Au niveau international, le trafic aérien a engendré en 2002 des émission qui représentent 12 % du total des émissions produites par les transports. Mais l’impact est nettement plus grand si tous les facteurs sont pris en considération. Les oxydes d’azote qui sont rejetées par les avions à leur attitude de croisière forment de l’ozone. Ils engendrent la formation de traînées de condensation qui contribuent également au réchauffement climatique. Pour donner une idée de l’ampleur du problème, sachez que chaque vol aller-retour entre Londres et New York produit, pour deux passagers, presque autant de CO2 qu’une voiture particulière européenne moyenne en un an. La commission européenne pense que si les prix reflètent ces coûts externes, les consommateurs seront plus conscients du coût global de leur vol et les compagnies seront plus enclines à investir dans des technologies respectueuses de l’environnement.

Mais la Biosphère pense de son côté que les riches n’ont pas à monopoliser les voyages en avion ; de plus faire confiance au progrès technique est une illusion car rien ne peut faire voler des plus lourds que l’air sans conséquences sur l’entropie. A chacun d’en tirer les conclusions !

30.09.2005 Consomm-acteur ?

Le prix de l’essence affole facilement les boussoles politiques. La gauche réclame le rétablissement de la TIPP flottante (mécanisme inventé par L.Fabius à Bercy en 2001-2002), c’est-à-dire une baisse de taxe. Le gouvernement supposé libéral de D. De Villepin a choisi de montrer du doigt les profits des compagnies pétrolière. Reste à savoir ce qui est citoyen en matière d’énergie en général et de pétrole en particulier. S’il s’agit de baisser les taxes ou de taxer les majors pour financer une baisse du carburant, et donc relancer la consommation de pétrole, il n’est pas sûr que ce soit dans l’intérêt à long terme de la France et de la planète l’attitude la plus « citoyenne ».

La Biosphère ne peut qu’être en accord avec la Cour des comptes qui, dans son rapport « fiscalité et environnement » indique : « La TIPP contribue à limiter la consommation d’énergie fossile ; elles constitue à ce titre un outil efficace pour respecter les objectifs de réduction des gaz à effet de serre ». Comme la TIPP est moins appropriée pour limiter la pollution locale, la Cour envisage aussi des péages urbains pour limiter l’accès des automobiles aux centres-villes. Préparez-vous à ouvrir votre porte-feuille !

1.10.2005 Vive le pétrole cher !

Le baril de pétrole a récemment dépassé 70 $, il faudrait qu’il augmente encore continûment. En effet certains politiciens et chefs d’entreprises commencent enfin à penser aux économies d’énergie et à la relance des énergies renouvelables car des perspectives s’ouvrent grâce à la hausse des prix. Selon la présidente de l’Ademe (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), le kWh éolien coûte aujourd’hui à peu près autant que le kWh fourni par une turbine à gaz ; pour le thermique, si vous prenez le chauffage au bois, avec un baril durablement à 60 $, il devient compétitif par rapport à un chauffage au fioul ; à 65 $ le baril, certains biocarburants deviennent compétitifs, mais pour d’autres il faudra attendre que l’on se rapproche de 80 ou 100 $. De toute façon, pour que l’investissement dans les énergies renouvelables progresse, le prix du pétrole doit monter toujours plus haut : le kWh photovoltaïque revient encore sept fois plus cher que l’éolien.

La Biosphère aime les énergies renouvelables qui brassent la vie sur Terre comme l’a fait le cyclone Katrina au Sud des USA. Elle préfère sans aucun doute une humanité moins nombreuse qui limite ses besoins en énergie

2.10.2005 L’effet de serre dope l’effet de serre !

Dans la rubrique « l’avenir de la planète », le journal Le Monde nous apprend ceci : « Face aux fortes chaleurs et surtout au stress hydrique, les plantes adoptent un mécanisme de défense qui leur permet de limiter leur évapotranspiration : elle ferment les stomates de leurs feuilles, ce qui ralentit la photosynthèse et absorbe moins de CO2. A l’échelle de l’Europe, la production végétale a donc chuté de 30 % en 2003 dans les peuplements forestiers comme sur les surfaces cultivées ; une baisse sans précédent au cours du siècle écoulé. Dans le même temps, avec la respiration des végétaux, les écosystèmes ont relâché dans l’air quelque 500 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent de quatre années de séquestration du même gaz par la végétation. Alors que les experts estiment qu’au niveau de la planète entière le manteau végétal permet de capturer entre 10 % et 20 % des émissions humaines de CO2, le bouclier vert risque donc de se transformer en menace. »

En vis-à-vis de cette information, le journal Le Monde présente sur toute une page la nouvelle Clio (117 à 179 g de CO2 pour des moteurs de 75 à 105 ch.) ainsi que l’Alfa Roméo 159 de 260 ch. Pour 1,9 tonnes ; mais le niveau d’émission de gaz à effet de serre de ce modèle n’est pas indiqué ! Ce n’est pas sur un journal d’information aussi schizophrène que la Biosphère peut compter. Alors, où est l’espoir ? Seulement dans ces militants de l’action directe qui commencent prudemment à dégonfler les pneus de 4×4 en attendant de devenir plus virulents…

5.10.2005 Avantage aux riches…

Le nombre de véhicules particuliers en France qui émettent moins de 120 g/km de CO2 a progressé de 6 % entre 2003 et 2004, de 24 % entre 121 et 140 grammes et diminue de 8 % au-delà de 140 grammes : les véhicules sont donc de plus en plus propres, ainsi la Citroën C2 1.4 HDI avec 107 grammes. Mais on peut aussi rouler en 4×4 avec 192 grammes « seulement », soit en dessous de la limite des 200 grammes fixées par le gouvernement pour taxer les cartes grises. Il s’agit de la Lexus Rx400, un engin à 56 000 euros conçu par Toyota et doté de la technologie hybride (électricité et essence). Ce monstre se voit ainsi exonéré de la taxe qui est fonction du niveau de rejet de gaz carbonique. De toute façon les ménages les plus modestes seront toujours les plus polluants, ils ne pourront jamais acheter de véhicules neufs et leur achat d’occasion restera aux normes anciennes, sans filtre à particules ni moteur hybride.

Il est impossible que l’égalité entre humains passe par un mécanisme de liberté des prix, même tempéré par des taxes internalisant les dégâts environnementaux : pour sauver la Biosphère, il faudra supprimer tous les véhicules motorisés personnels.

13.11.2005 Eco-gîte ?

A quelque kilomètres du centre nucléaire de Cadarache, une association écologiste fête son 25ème anniversaire. Au début il s’agissait d’éduquer les gens au respect de la forêt, et puis l’idée de construire une maison autonome en énergie a fait son chemin. De chantiers de jeunes en stages de formation pour adultes, la bâtisse bioclimatique va prendre vie L’eau de pluie est récupérée et stockée, mais le centre n’a pas de jardin potager à arroser. L’eau potable est puisée par forage, déjà la technique commence à montrer son nez. Et puis on utilise chauffe-eau solaire, cellules photovoltaïque et groupe électrogène au GPL qui assurent une indépendance toute relative. En fait il n’y a pas d’autonomie quand les matériaux utilisés (cellules photovoltaïques, GPL…) sont importés de l’extérieur et que cette communauté ne vit en fait que des touristes (10 000 nuitées chaque année) en mal de mode de vie expérimental.

Pour la Biosphère, une société deviendrait conviviale si l’outil lui-même était convivial, utilisant seulement une technique douce, douce à l’usage, douce à la reproduction du savoir-faire, douce à la Nature. Pour que les activités humaines redeviennent comme autrefois le simple prolongement de la force physique, il faudrait limiter l’utilisation des techniques modernes. L’objet qui pèse le moins lourd sur la planète sera toujours celui qu’on ne fabrique pas.

17.11.2005 Pollutions atmosphériques !

L’un des risques majeurs pour la santé est celui lié aux particules fines en suspension dans l’air. Elles pénètrent profondément dans les poumons et sont à l’origine de graves troubles cardiaques et respiratoires. L’impact dans toute l’Union européenne est de 386 000 décès prématurés en l’an 2000, une perte de neuf mois d’espérance de vie et une perte annuelle de quatre millions de vie. Si on ajoute l’ozone troposphérique, il faut ajouter 21 400 décès et 30 millions de journées sous médication respiratoire. Il faut donc limiter les émissions de particules par les moteurs à combustion, les solvants, les peintures, le dioxyde de soufre des navires, les systèmes de chauffage et de climatisation des immeubles, les usines obsolètes…

La Biosphère a du mal à compatir à la souffrance humaine puisque leur activisme est le seul responsables de leurs maux. Mais la Biosphère est très mécontente des pluies acides qui menacent toujours 245 000 km2 de forêts, la Biosphère est en plein désarroi devant les sols et les eaux polluées par des teneurs élevées en azotes qui entraînent la prolifération excessive de certains végétaux au détriment de la biodiversité (45 % des écosystèmes terrestres de l’UE sont menacés).

04.12.2005 Tous malthusiens !

Quand on considère qu’il faut limiter la population, on est traité avec condescendance de « malthusien ». C’est en effet l’Anglais Thomas Malthus qui a mis en évidence à la fin du XVIIIe siècle une sorte de loi démographique : quand on laisse faire la nature, la population croît selon une progression géométrique (exponentielle) très rapide alors que l’alimentation connaît une progression arithmétique (linéaire) bien plus lente. En l’absence d’obstacles, les couple peuvent en effet faire en moyenne quatre enfants par génération, ce qui fait doubler la population tous les 25 ans. Par contre l’agriculture rencontre l’obstacle des rendements décroissants : au fur et à mesure qu’on force la terre à donner davantage, elle s’épuise et les rendements supplémentaires à l’hectare sont de moins en moins grands malgré l’apport de travail ou de capital technique supplémentaire. La révolution industrielle et le progrès technique ont temporairement disqualifié cette thèse. Mais aujourd’hui Malthus a de nouveau raison, la croissance démographique mondiale a presque atteint 2 % (un doublement tous les 35 ans) et dépasse 3 % dans certains pays pauvres (doublement en 23 ans). Or aucune évolution exponentielle dans un monde fini n’est durable, on atteint très vite les limites du supportable. Même la croissance démographique zéro, avec une fécondité égale à 2,1 enfants par femme (dans un pays développé) qui assure le simple renouvellement de la population, est un mythe destructeur puisque l’humanité a déjà dépassé les capacités de charge de la planète. Alors que faites-vous ? Lors de la conférence des Nations Unies sur la population et le développement de septembre 1994, la communauté mondiale a adopté un programme d’action dont l’objectif était de stabiliser la population de notre planète entre 8 et 10 milliards d’habitants : aucun pays (à l’exception de la Chine) n’a pris cet engagement au sérieux, on a laissé faire la nature humaine.

Mais on se rend compte aujourd’hui qu’on peut de moins en moins agir sur la production alimentaire : les terres cultivables le sont maintenant dans leur presque totalité et les modes de production deviennent même dangereux : il y a une désertification des sols, l’eau commence à manquer pour l’irrigation, les pesticides s’accumulent dans la chaîne alimentaire, les ressources halieutiques voient leurs stocks diminuer… Il faudrait donc comme le voulait Malthus agir sur la fécondité humaine : la contraception pour tous et un seul enfant par couple, la Biosphère vous remercie.

25.12.2005 Champion d’Europe du médicament

L’acte médical devrait rester une relation interindividuelle aidée par la technique et non l’inverse. Avec 30 milliards d’euros de dépenses, la France demeure pourtant le premier pays prescripteur de médicaments en Europe. Les Français ne consultent les médecins guère plus que les autres, mais 90 % des visites se concluent par la délivrance d’une ordonnance contre 83 % en Espagne, 72 % en Allemagne et 43 % aux Pays-Bas. Paradoxalement 80 % des Français interrogés considèrent qu’une consultation ne doit pas forcément se terminer par la délivrance de médicaments : on attend du praticien qu’il explique ce dont on souffre, qu’il fasse preuve d’une bonne écoute et donne des conseils utiles. Explication de cette contradiction, si beaucoup de médecins croient que le patient attend des médicaments, c’est parce qu’ils ont été formés au curatif au détriment du préventif, parce qu’il ont été formatés par l’industrie pharmaceutique à prescrire le remède miracle. Il y a maintenant près de 7000 marques qui se font concurrence alors que la dénomination commune internationale (DPI), l’espéranto du médicament, ne compte que 1700 substances thérapeutiques. Une commission de la transparence en France a évalué 1100 médicaments ordinaires : un quart n’avait pas fait la preuve de son efficacité. Bien plus, les médicaments sont sommés aujourd’hui d’améliorer le bien-être de gens qui ne sont pas malades, que ce soit pour maigrir ou pour faire l’amour. Dans le même temps les pays pauvres sont ignorés des laboratoires pharmaceutiques. En fait les humains peuvent faire de la bonne médecine avec trente médicaments seulement, la volonté de décroissance humaine passe aussi par l’acceptation de la maladie et de la mort.

Pour la Biosphère, si tu es raisonnable, tu ne désires que des médicaments génériques, si tu deviens un sage tu limites l’usage de médicaments, quand tu es proche de la perfection tu laisses ton corps se soigner par ses propres moyens.

« Limites », le mot le plus employé sur notre blog Lire la suite »

Rupture, STOP à la production pétrolière

En Norvège, Greta Thunberg et des militants écologistes bloquent une raffinerie pour exiger la fin du pétrole et du gaz. Face à la pression croissante des militants, la Norvège voit son modèle énergétique remis en cause.

AFP : Environ 200 militants écologistes, dont Greta Thunberg, ont bloqué le18 août 2025 la plus importante raffinerie de Norvège pour réclamer que ce pays mette fin à son industrie pétrolière et gazière. Des militants d’Extinction Rebellion se sont assis sur la route, bloquant l’accès à la raffinerie tandis qu’un groupe de kayaks et de bateaux à voile bloquaient l’entrée portuaire. « Nous sommes ici parce qu’il est parfaitement clair qu’il n’y a pas d’avenir dans le pétrole. Les énergies fossiles mènent à la mort et à la destruction », a déclaré Greta Thunberg. La raffinerie de Mongstad est propriété du géant pétrolier Equinor, majoritairement détenu par l’Etat norvégien. Oslo rappelle que ce secteur est source d’emplois et de savoir-faire et souligne l’importance de garantir une fourniture stable d’énergie en Europe. Equinor a annoncé prévoir de maintenir d’ici 2035 une production de pétrole stable, à 1,2 million de barils par jour, et une production de gaz de 40 milliards de mètres cubes annuels.

Le point de vue des (anti)écologistes

Cornélius : Qu’est-ce qu’on fera de nos emplois et de notre savoir-faire quand on aura bousillé le monde ?

Olivierch : Greta n’était pas sur la croisière s’amuse épisode 3 ???

Ours : Visiblement, le spectacles de jeunes conscientisés indispose les boomers cachés derrière leur écran. D’où la vigueur des réactions outragés. Mais c’est tellement dérangeant de voir quelques personnes agir alors qu’on ne fait rien face à un péril majeur et parfaitement identifié. Ce mépris pour la jeunesse de la part d’une génération incapable de réparer ses propres excès est pathétique. Demander une sortie du gaz et du pétrole est autrement plus efficace pour lutter contre les mégafeux que de nouveaux canadairs.

Kiamb : Une manif en sabot de bois, pull en laine norvégienne tricoté avec des aiguilles en rotin et pancartes en papier produit sur place sans transformation chimique cela aurait le mérite de ne pas être vêtu en produits pétroliers pour manifester contre le pétrole..

Fontaine : Assis devant son ordinateur, c’est facile de critique, accuser, diffamer, sans lever le petit doigt pour agir contre des phénomènes qui font désormais consensus dans le monde scientifique. Notre planète, nos vies, le futur de nos enfants sont en danger. Certains, une minorité, tentent d’agir, parfois maladroitement, mais ils réveillent nos consciences, nous invitent à nous engager. Que méritent-ils ? Le cachot ? La haine des nantis ? Ou l’admiration pour leur courage ?

StAv37 : Greta Thunberg est un objet médiatique insupportable. Qu’elle se présente aux élections et on l’oubliera vite.

Castanea : Bravo à ces jeunes, ils sont l’honneur, la dignité et la lucidité de l’Humanité !

Gassendi : C’est très gentil de bloquer une raffinerie en Norvège, mais c’est à Moscou, Riyad, Doha, Koweït et Abu Dhabi qu’il faudrait que Greta se couche par terre. Un peu de courage ?

Fontaine : Montrez-lui l’exemple. Pouvez-nous nous donner quelques informations sur les actions que vous avez menées à Moscou, Koweït et Gaza ? Je suis prêt à vous suivre.

YamineT : Halte à l’extrémisme et aux extrémistes.

Phinic : Vous avez raison, il est temps d’arrêter ceux qui ne veulent rien entendre au réchauffement climatique et qui veulent absolument continuer l’exploitation à outrance des énergies fossiles…

MD : La fin du pétrole et du gaz… ben voyons, et quoi encore? Fin de l’automobile, de l’avion, des bateaux, du plastique, de la chimie, de la métallurgie, de l’informatique (ah non! Il faut continuer à inonder les réseaux sociaux). En résumé, ils sont comme nos Amish, ils veulent revenir au 19eme siècle avant la Révolution Industrielle.

Michel SOURROUILLE : « Bon, enlevons le pétrole et le gaz aux norvégiens. Que leur reste-il ? » dixit le commentateur Hein. Il leur reste la vie d’avant le pétrole, où on n’était ni plus heureux ni plus malheureux qu’aujourd’hui. Sauf qu’avec le choc pétrolier qui nous pend au nez, partout sur la planète nous allons nous retrouver à cet avant-pétrole. Et ce sera très dur pour nos générations futures qui n’auront ni les énergies fossiles, ni les ressources alimentaires et halieutiques, ni les métaux nécessaires… sur une planète de plus en plus brûlante et pas un arbre pour rester à l’ombre pour une population qui s’accroît d’un milliard tous les onze ans.

Vu ces données scientifiquement prouvées, il est étonnant que des commentateurs, des abonnés au MONDE normalement cultivés, fassent une polarisation anti-Greta et ne voient pas l’avenir que nous allons vivre… A moins qu’ils ne soient subventionnés par les lobbys fossiles ?

Rupture, STOP à la production pétrolière Lire la suite »

Des contraceptifs détruits par Trump !!!

Après l’avortement, Trump s’attaque maintenant à la contraception pour aller jusqu’au bout de sa politique nataliste. Il devrait lire Malthus pour savoir que cela ne peut qu’amplifier la fréquence des guerres, famines et épidémies. Il n’aura pas le prix Nobel de la paix, de toute façon il ne sait pas lire…

Tribune d’un collectif : Un stock de plusieurs millions de doses de contraceptifs utilisable jusqu’en 2031 est en cours d’incinération en France. Estimé à 9,7 millions de dollars et financé par l’Usaid (Agence américaine pour le développement international), ces produits étaient destinés à des femmes en grande précarité dans les pays du Sud. Ils seront détruits pour des raisons purement idéologiques, à la demande de l’administration Trump. Cette destruction est une aberration économique et démographique : elle coûte plus cher (167 000 dollars) qu’une redistribution dans les pays en pénurie. En tant qu’ONG actives dans plusieurs pays africains, nous savons ce que signifie une rupture de stock de contraceptifs : des grossesses non désirées, des enfants abandonnés, des avortements non médicalisés, des filles exclues de l’école à 12 ans, des femmes enfermées dans des maternités subies…

Les ONG qui, chaque jour, font face à la pénurie de contraceptifs dans les pays du Sud, disposent de la logistique et de l’expertise pour distribuer ce stock au plus près des besoins des femmes.

Le point de vue des écologistes malthusiens

L’invention de la pilule

On a réussi en 1952 à bloquer l’ovulation en injectant une hormone de la grossesse, la progestérone, et un œstrogène. La pilule, contraceptif oral, peut donc naître en 1956. En 1960, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a approuvé l’Envoid, nom donné à la première pilule, comme méthode de contraception. Sa diffusion a été rapide. En l’espace de sept ans, 13 millions de femmes dans le monde l’utilisaient. Pourtant à cette époque, l’usage de la contraception était encore considéré comme un acte criminel dans beaucoup de pays du monde. Le pape Paul VI estimait dans l’encyclique Humanae Vitae de 1968 qu’une loi naturelle établie par dieu rejette toute forme de contraception artificielle ou chimique qui aurait pour but de barrer la voie à la transmission de la vie. Il y a donc des infanticides, des avortements clandestins, des familles reléguées dans la pauvreté avec trop de bouches à nourrir. Mais en 1970, 120 nations reconnaissent publiquement l’utilité du stérilet, du diaphragme et de la pilule. En 2007, le 26 septembre devient la journée mondiale de la contraception. Mais en 2021, 164 millions de femmes en âge de procréer n’ont pas accès aux méthodes de procréation dont elles ont besoin.

La technique asservit l’humain, elle devient nécessaire si elle soulage les femmes de l’emprise masculine et la biosphère de l’emprise humaine.

La contraception en France

En France depuis la loi de 1920, on interdit aussi bien l’avortement que la diffusion et la propagande pour tous les moyens anticonceptionnels. Le général de Gaulle pensait qu’il ne fallait pas sacrifier la France à la bagatelle ! Lors du vote en 1967 à l’Assemblée nationale d’une loi pour autoriser la fabrication et l’importation des contraceptifs, les débats atteignent une violence inouïe alors qu’une juste vision du poids des humains sur la planète aurait du éteindre toute opposition à la régulation des naissances. La vie à respecter, ce n’est pas seulement la vie humaine aujourd’hui, c’est celle des générations futures ainsi que la vie de toutes les espèces qui partagent cette Terre avec les humains. Maintenant que les couples peuvent maîtriser leur fécondité, la venue du bébé ne peut plus être le pur produit du hasard d’un rapprochement sexuel, ni la cristallisation du désir pulsionnel de l’un ou des deux parents. Les couples doivent ressentir que toute nouvelle naissance est d’abord une contrainte supplémentaire pour la société et pour la Nature. En dissociant complètement la fonction érotique et la fonction reproductrice, la contraception permet d’inaugurer une nouvelle ère, celle de la préservation de la planète pour les générations futures et les non-humains.

La contraception à l’usage de tous et un seul enfant par couple, la Biosphère vous remercie.

Des contraceptifs détruits par Trump !!! Lire la suite »

27/27. CONCLUSION, tous les pays sont surpeuplés

Chaque jour nous avons publié un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE.

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

En voici la conclusion.

La surpopulation va de pair avec des crises socio-économiques, écologiques et politiques, on devrait pourtant le savoir. Mais que ce soit au niveau national ou international, on n’attache aucune importance à la problématique démographique… sauf pour s’inquiéter du vieillissement qui existe dans quelques pays, y compris en Chine. Comme si 1,4 milliards de Chinois, ce n’était pas assez ! Comme si plus de 8 milliards d’humains sur terre, c’était un avantage…

Trouver un territoire où la surpopulation n’existe pas devient de plus en plus difficile, la planète n’est pas extensible et notre nombre dépasse maintenant largement les possibilités de cette Terre. Un de mes correspondants évoquait un jour le cas d’une commune de France avec un seul habitant pour 12,7 km². Surpeuplée ? Un tel jugement paraîtrait impossible. Il s’agissait en fait de « Rochefourchat 1 dans le département de la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Certes une telle surface serait sans doute suffisante pour vivre sans descendance en autonomie alimentaire. Mais la jeune retraitée de 65 ans dont il s’agit, Josette, vit de sa pension de retraite, donc de richesses extérieures à son activité propre. C’est énormément de personnes qui donnent à Josette les moyens de vivre à l’occidentale, acheter l’alimentaire, faire fonctionner téléphone et Internet, consulter médecin et dentiste… Donc une seule habitante à Rochefourchat, mais bien accompagnée ! En terme technique, il s’agit de densité subventionnée, supportable uniquement par des apports extérieurs. Chaque Français est dans la même situation, totalement dépendant des autres et des autres territoires. Combien de kilomètres a parcouru la nourriture avant d’arriver à notre bouche ? Beaucoup trop. Un tel système n’est pas durable.

Démontrer l’état de surpopulation (ou non) ne peut en rester à indiquer le nombre d’habitants par rapport à une superficie quelconque. On a besoin de faire référence à des considérations géographiques, politiques, économiques, agricoles, financières, sociales, écologiques… pour déterminer à bon escient si un niveau donné de population est vivable, viable et durable. C’est cette complexité de la réalité humaine à une époque où la mondialisation a entraîné des interdépendances généralisées que nous avons essayé de montrer dans ce livre. Mais en prendre connaissance est une chose, réagir une autre.

Si le concept de surpopulation n’est pas encore entré dans le langage courant malgré le fait que nous soyons déjà plus de 8 milliards, il y a une raison culturelle : l’habituation. C’est la perte de la capacité d’indignation par rapport à une situation qui est devenue trop habituelle. Notre environnement quotidien est fait de surnombres, dans le métro, dans les embouteillages, dans les banlieues, dans les campings, sur les plages… Comme l’exprime si bien Armand Farrachi2,

« le sort des poules en cage, qui ne vivent plus nulle part à l’état sauvage, qui n’ont plus aucun milieu naturel pour les accueillir, c’est aussi le nôtre. Si les poules préfèrent les cages, on ne voit pas pourquoi les humains ne supporteraient pas les conditions qui leur sont faites, aussi pénibles, aussi outrageantes soient-elles. Dans notre monde urbanisé, artificialisé, administré et policé, on croit que les otaries préfèrent  les cirques, les poissons les bocaux, les Indiens les réserves et les humains les cités-dortoirs. »

Les enquêtes d’opinion et les études de marché prouvent statistiquement qu’un citoyen ordinaire qui se croit normal préfère en général l’anesthésie des jeux télévisés et des parcs de loisirs pour « se sentir en sécurité, ne pas éprouver de douleur, ne pas présenter de symptômes d’ennui et de frustration ». Il importe peu d’ailleurs de savoir comment la volaille humaine s’épanouirait au grand air quand il n’y a plus de nature sauvage. Réagir au surnombre dans une société qui pratique les dérivatifs à grande échelle est donc très difficile, mais pas impossible. De plus en plus de militants écolos s’insurgent contre l’élevage en batterie des animaux, il faudrait aussi dénoncer le fait qu’on élève les humains en batterie.

Lecteur, lectrice, j’espère par ce livre avoir contribué à votre prise de conscience des problèmes entraînés par le surnombre. Nous avons d’urgence besoin d’un nouvel imaginaire, peuplé de moins d’enfants et de beaucoup plus de nature. A vous maintenant d’écrire la suite de ce livre à la fois dans votre vie et par vos engagements. Vous êtes en effet au premier chef concerné par la question démographique. Votre propre choix de procréer (ou non) influe sur le niveau de la population : la démographie est un domaine où chacun(e) peut intervenir directement par son comportement. Pour promouvoir l’autolimitation de la natalité, vous pouvez aussi agir avec l’association « Démographie Responsable » à laquelle j’appartiens. Vous pouvez de toute façon populariser la réalité de la surpopulation dans vos propres réseaux.

Merci à vous…

en prime, une grille de lecture pour déterminer si un pays est surpeuplé ou non.

Choisissez n’importe quel pays. Grâce à vos connaissances préalables et un moteur de recherche, donnez un contenu à ces indicateurs :

– historique de l’évolution de la population du pays en valeur absolue

– taux d’accroissement et temps de doublement de cette population

– indice de fécondité (nombre d’enfants par femme)

– densité par rapport à la superficie cultivable

– taux de chômage

– taux d’inflation

– taux d’endettement

– taux d’urbanisation globale et territorialisée

– taux d’utilité des métiers

– taux de violence dans le pays

– niveau d’autonomie alimentaire du pays

– niveau d’autonomie énergétique du pays

– niveau des besoins en biens de consommation

– niveau de pratique démocratique

– niveau de stabilité politique du pays

– potentiel de migrations

– perspectives futures dans un contexte de réchauffement climatique, de raréfaction des ressources naturelles et d’extinction de la biodiversité….

Si, bilan réalisé, les indicateurs sont plutôt favorables et montrent qu’un pays ne serait pas surpeuplé, faites-nous part de votre analyse en passant par l’intermédiaire de la maison d’édition. Nous en tiendrons compte pour notre prochain livre sur la surpopulation par pays.

27/27. CONCLUSION, tous les pays sont surpeuplés Lire la suite »

26/27. Zimbabwe, surpopulation et choléra

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

Entre 1960 et 2022, le nombre d’habitants au Zimbabwe est passé de 3,78 millions à 16,32 millions, soit une multiplication par plus de 4 en 62 ans seulement. Ce pays a connu sa plus forte augmentation démographique en 2015 avec un taux de 4,18 %, soit un doublement de la population en moins de 16 ans ! Sa situation actuelle justifie pleinement le diagnostic de Malthus en 1798 : si un peuple ne maîtrise pas sa fécondité, il connaîtra famine, guerres et/ou épidémies.

La dernière en date au Yémen, le choléra. Infection diarrhéique aiguë provoquée par l’absorption d’aliments ou d’eau contaminés par une bactérie, le choléra est en forte recrudescence. Harare, la capitale du Zimbabwe, près de 3 millions d’habitants, a été déclarée en état d’urgence en raison d’une résurgence de l’infection1 qui a déjà fait 51 morts confirmés dans le pays, infecté plus de 7 000 personnes et continue de se propager. Il y a déjà eu une hécatombe en 2008, lorsque le choléra y avait fait des milliers de morts. Les Zimbabwéens creusent trop souvent des puits à proximité de latrines à fosse, en particulier dans les quartiers qui n’ont pas d’eau courante. Ce qui signifie que l’eau potable est contaminée. L’état de surpopulation s’accompagne d’une urbanisation ingérable et galopante, un taux d’augmentation de 2,3% par an. Environ 32% des habitants vivent déjà dans les grandes villes du pays. Des villes qui n’offrent pas des emplois en assez grand nombre, mais multiplient les cas de Sida. 3 000 personnes en meurent chaque semaine et 170 000 par an. On ne compte plus le nombre d’orphelins. Entre 1990 et 2005, l’espérance de vie de la population avait même baissé de 61 à 44 ans. Si on n’agit pas pour une limitation de la fécondité, on augmente le nombre de morts. Le taux de fécondité au Zimbabwe est passé de 7 enfants par femme en 1960 à 3,5 enfants par femme. Il faudrait moins de 2,2 enfants par femme pour atteindre une stabilisation de la population. La dernière étude sur le planning familial date à ma connaissance de 1984 et en 1999 c’est une banque qui se voulait active en ce domaine, pas l’Etat. L’expansion démographique reste l’angle mort de la politique au Zimbabwe.

Ce pays était un modèle de développement économique et social dans les années qui suivent son indépendance en 1980. A partir des années 1990 avec une accélération depuis 2000, la corruption, le clientélisme, la mauvaise gouvernance de Mugabe ont ruiné le pays. La densité semble faible, 41 hab./km² pour une moyenne mondiale de 61 hab./km². Mais le Zimbabwe, bien que vaste pays (390 000 km²), ne possède pas de littoral ; ce manque d’accès à l’océan se fait ressentir dans l’économie. L’équilibre entre le niveau de population et les ressources alimentaires n’est pas assuré. La surexploitation des terres entraîne la déforestation, l’érosion des terres, la pollution de l’air et de l’eau.

Notez que cette surexploitation agricole est aussi liée aux cultures d’exportation. Le secteur contribue pour 40 % des recettes totales d’exportation… les années où ne sévit pas la sécheresse. L’agriculture est dans ce type de pays un système d’expropriation ; 4 000 grosses propriétés sont dotées de systèmes très sophistiqués de production et occupent environ un tiers des terres cultivées. Rien que le tabac, culture non vivrière, représente 60 % du total de la production agricole2. Le déséquilibre entre une population et ses ressources internes est trop souvent causé par le système de domination mondiale. Un livre entier ne suffirait pas à montrer l’aspect néfaste de la mondialisation économique qui a déstabilisé durablement les structures traditionnelles des pays.

Le quotidien LE MONDE ne parle jamais de surpopulation au Zimbabwe. Ses articles évoquent plutôt les écrivaines Tsitsi Dangarembga et NoViolet Bulawayo. La vie politique est vue par le petit bout de la lorgnette : « Sur la photo qui lui a valu son arrestation, le député de l’opposition Gift Ostallos Siziba arbore de larges lunettes de soleil et le maillot rayé noir et blanc de son équipe favorite de football… ». La vie économique au Zimbabwe se résumerait à des robes de mariées à la location pour quelques heures. Seul quelques rares articles tranchent avec cette superficialité :

Le Zimbabwe touché par une nouvelle vague d’hyperinflation (11 juillet 2022) : « L’hyperinflation attaque les revenus (192 % en juin), les taux d’intérêt minimaux ont atteint 200 %… la viande est devenue un luxe… l’économie du pays est plombée depuis une vingtaine d’années, marquée par des pénuries d’argent et de nourriture… »

– Le dernier article que j’ai lu, 10 avril 2024, fait ce terrible constat de réalité : « Pour faire face à l’inflation galopante, la nouvelle monnaie zimbabwéenne, le ZiG (pour Zimbabwe gold), a connu le 9 mars 2024 des débuts chaotiques. Le Zimbabwe est plombé depuis une vingtaine d’années par une profonde crise économique. Les quelque 16 millions de Zimbabwéens subissent une pauvreté généralisée et un chômage élevé… » Mais toujours rien sur la démographie galopante !

Dernier paragraphe de cette étude par pays, nous voulons insister sur son importance à nos yeux. La surpopulation s’accompagne inéluctablement de la chute de la biodiversité. Le Zimbabwe abrite quelque 100 000 éléphants, la seconde plus grande population de pachydermes dans le monde, et deux fois plus que la capacité théorique de ses parcs. Soixante personnes ont été tuées par des éléphants depuis début 2022, plus de 160 éléphants sont morts à cause de la sécheresse et du manque d’eau. Le réchauffement climatique (créé par l’activité humaine), le nombre de Zimbabwéens et la faune sauvage ne font pas bon ménage. En France, on estime qu’il n’y a même pas de place pour quelques loups et quelques ours !

Il est plus que probable que si les effectifs de la population humaine ne sont pas réduits volontairement dans des proportions importantes ici et ailleurs, la vie sauvage disparaîtra complètement de la surface de la Terre et les humains s’entre-tuerons dans des territoires faits de béton, de taudis et de déserts.

1 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/11/20/cholera-au-zimbabwe-l-etat-d-urgence-decrete-dans-la-capitale-harare_6201259_3212.html

26/27. Zimbabwe, surpopulation et choléra Lire la suite »

25/27. Yémen, de 4,7 millions à 52 millions d’hab.

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

Presque aussi vaste que la France, le Yémen n’a pas le même potentiel agricole, il est en grande partie désertique. Pourtant dans un désert, on peut se battre. Fin 2021, la guerre du Yémen aura causé en sept ans la mort de 377 000 personnes. Selon l’estimation publiée par les Nations unies, 150 000 morts sont dues aux combats, et environ 227 000 aux conséquences indirectes du conflit, comme le manque d’eau potable, la famine ou les maladies. L’escalade des combats, y compris les batailles de chars et les bombardements, a détruit dans certaines zones même les infrastructures les plus élémentaires. Des millions de personnes sont au bord de la famine, les deux tiers des Yéménites dépendant de l’aide humanitaire selon l’ONU. Aujourd’hui encore la montée en puissance des houthistes, encore récemment perçus comme des rebelles, déstabilise les circuits commerciaux internationaux grâce à la portée de leur arsenal et leur capacité de nuisance.

La faute aux circulations d’armes et aux chocs des ethno-nationalismes, la faute aussi à la surpopulation. Au Yemen en 1951, il y avait moins de 4,7 millions d’habitants. Ce pays a dépassé les 30 millions d’habitants en 2021 et on prévoit même plus de 52 millions de personnes en 2060. Le philosophe Gaston Bouthoul écrivait que la guerre sert d’infanticide différé, mais les réserves de chair à canon paraissent sans fin. Le taux de croissance de la population était de 5,28 % en 1993, en 2020 il se situe à 2,3% en variation annuelle, ce qui signifie que la population double encore tous les 30 ans. Le taux de fécondité est de 3,7 enfants par femme en 2019, ce qui entraîne plus de 900 000 naissances chaque année pour 190 000 décès. Comment vivre en paix avec une telle exubérance démographique qui ne connaît pas de frein ? Prendre les armes est en effet plus facile que s’occuper du statut des femmes.

Précisons la position de Gaston Bouthoul (dans les années 1970) : «  Quoi de plus étrange que la sempiternelle succession des guerres et des paix ? » Selon son point de vue, l’inflation démographique provoque une  « surchauffe belligène » . Il en vient à constater que les différentes violences armées ont un seul point commun : elles détruisent des vies humaines et, ce faisant, empêchent d’autres vies humaines de voir le jour. Tout se passe comme si cette destruction avait pour fonction fondamentale de résorber les excédents de population. Pour M. Bouthoul, il s’agirait là d’un phénomène de fuite en avant. Il ne voit pas d’autre manière de l’éviter que la planification rigoureuse des naissances, impliquant, si nécessaire, des mesures de contrainte. Puisque la vaccination est obligatoire, demande-t-il, pourquoi la limitation des maternités ne le serait-elle pas ? Le seul moyen de mettre fin aux guerres, c’est à son avis l’avènement de « l’ère de la population contrôlée », qui  « mettra fin à une période de l’histoire, celle de l’homme à bon marché ».

Plus facile à dire qu’à faire dans des pays où le libre choix de la femme n’existe pas. Au Yémen, le planning familial n’existe que dans l’idée de quelques ONG internationales, les avortements ne sont autorisés que pour sauver la vie d’une femme enceinte. Les femmes n’ont aucun pouvoir et aucune façon de se protéger. Le système judiciaire reste patriarcal. Par exemple, le Code pénal prévoit que la compensation monétaire qui est versée à une famille victime d’un meurtre est deux fois moins élevée si la personne tuée est une femme. Pour les crimes d’honneur, la réprobation se limite à une simple amende ou à un emprisonnement d’un an maximum.

Certains optimistes croient encore au miracle. Dans « The Human Tide » (la marée humaine), le britannique Paul Morland se veut anti-malthusien : « Thomas Malthus, avec son Essai sur le principe de la population (1798), explique que toute croissance démographique débouche sur une pénurie de nourriture. Mais la révolution industrielle a changé tout ça, permettant d’échapper à ce piège malthusien. Les « limites naturelles » théorisées par Malthus ont ainsi été abolies grâce à l’inventivité humaine qui a multiplié et globalisé les ressources. Et d’un autre côté, nous avons réduit les taux de fécondité, en dissociant la sexualité de la reproduction. Les taux baissent partout, même au Yémen. »

Certes on prévoit une baisse potentielle (et hypothétique) de la fécondité (après 2070), mais il sera trop tard pour le Yémen d’accéder à un réel développement dans un pays dévasté et avec une pénurie de ressources locales et mondiales. Sans oublier le réchauffement climatique ! Presque toutes les zones identifiées en 2008 comme les plus sensibles au réchauffement – de la Mésopotamie au Levant en passant par le Yémen, le Sahel et l’Afrique du Nord –, ont basculé dans l’instabilité ou le chaos.

Voici une façon simple de comprendre avec l’équation de Kaya l’interdépendance des causalités qui expliquent les émissions de CO2 et donc le réchauffement climatique.

CO2 = (CO2 : TEP) x (TEP : PIB) x (PIB : POP) x POP => CO2

(CO2 : TEP) : contenu carbone d’une unité d’énergie (qui peut s’exprimer en TEP, tonnes d’équivalent pétrole)
Cela correspond à un choix de ressources naturelles, charbon ou gaz, électricité, énergie renouvelable ou non, nucléaire
(
TEP : PIB) : quantité d’énergie requise à la création d’une unité monétaire (qui peut correspondre au PIB)
C’est l’intensité énergétique de l’économie ou inverse de l’efficacité énergétique (qui serait PIB : TEP)
(PIB : POP) : production par personne ou niveau de vie moyen
POP : nombre d’habitants.

Tout est lié, on ne peut agir sur un des termes de l’équation sans considérer ce qui se passe ailleurs. Si on veut diviser par 3 les émissions de gaz à effet de serre, ce qui paraît pour les scientifiques un minimum, il faut aussi que l’ensemble des autres éléments soit divisés par trois. La tendance moyenne d’augmentation démographique est de 30 % d’ici 2050, il faudrait donc diviser les autres indicateurs par 4, ce qui veut dire par beaucoup plus que 4 pour les pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre. On mesure les efforts gigantesques à demander à la population des pays développés, sachant qu’on ne peut avoir à court terme du succès quant à l’évolution démographique dans les pays pauvres étant donné son inertie et les obstacles culturels. Les difficultés du Yémen ne sont qu’une fraction de la problématique mondiale. On ne peut dissocier surpopulation, surconsommation et état de guerre.

25/27. Yémen, de 4,7 millions à 52 millions d’hab. Lire la suite »

24/27. Venezuela, la malédiction extractiviste

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

Si on tape sur Google – Venezuela « surpopulation » -, on tombe d’abord sur des liens ayant trait à la surpopulation carcérale. La criminalité atteint en effet des records. Les homicides atteignent la proportion de 6 pour 10 000 habitants. Dans les centres de détention préventive, la surpopulation peut atteindre 500 %. On utilise même les commissariats comme lieux de détention de longue durée. Un tel état de fait s’explique bien sûr par la situation socio-économique du pays, mais aussi par une population en surnombre. Si une population n’est pas adaptée aux ressources durables et renouvelables de son territoire, elle rencontre des difficultés de plus en plus grandes.

Entre 1960 et 2022, le nombre d’habitants au Venezuela est passé de 8,14 millions à 28,30 millions, soit une augmentation de 247,6%, une multiplication par 3,5. Le Venezuela a connu la plus forte augmentation en 1961 avec 3,65 %, soit un doublement en moins de 20 ans. En 2023, population du Venezuela augmentera encore de 417 000 personnes et à la fin de l’année elle a dépassé les 30 millions de personnes. Il faudrait ajouter les « déplacés » ; en 2018, c’est 2,3 millions de personnes qui avaient fui le Venezuela, principalement vers la Colombie. Car la très mauvaise santé économique du pays résulte à la fois d’un trop grand nombre d’habitants et des choix politiques centrés sur l’extractivisme en matière de développement. Ce pays est indissociablement lié à l’exploitation minière.

Au niveau démographique, le planning familial est au point mort. Les moyens de contraception, même les préservatifs, sont hors de portée de la plupart des ménages ; une tablette de pilules coûte entre 10 et 25 dollars dans un pays où le salaire minimum est de moins d’un dollar. L’avortement est illégal, sauf en cas de viol et de danger pour la santé de la mère. Il est passible d’une peine de prison. Certes le taux de fécondité n’est plus que de 2,23 enfants par femme (2020) et la densité de seulement 31 hab./km2. Mais 88 % des habitants vivent dans les grandes villes du pays, l’urbanisation augmente de 0,4% par an. D’où une dépendance très forte vis-à-vis de l’extérieur, un manque d’autonomie, particulièrement au niveau alimentaire. La situation alimentaire est d’ailleurs critique dans l’ensemble du pays. Il n’est pas rare que se répande la nouvelle comme une traînée de poudre: « Il n’y a plus de riz ». Les supermarchés manquent souvent de tous les produits de base, même Coca-Cola avait du cesser sa production faute de sucre ! Les files d’attente se forment vers deux heures du matin dans la capitale Caracas. Trois millions de Vénézuéliens y vivent un cauchemar, plus de 90 % disent que leur principal préoccupation est de trouver de la nourriture. Pillages et émeutes sont quotidiens. L’arme à la bretelle, des unités de parachutistes doivent défendre les commerces. Mais parfois les forces de l’ordre participent au pillage. Les pannes d’électricité et les coupures de courant sont quotidiennes. Le président socialiste avait décrété que tous les vendredis seront fériés pour faire des économies d’électricité. Les médicaments commencent à manquer.

Au niveau macroéconomique, ce n’est pas mieux. L’inflation est galopante, elle pouvait dépasser 700 % en 2016, soit des prix multipliés par 8. Nous sommes toujours à 686,4% d’inflation en 2021, et encore à 360 % en 2023. Insupportable. Le soulèvement populaire contre la hausse brutale du prix de l’essence et des transports avait été réprimé dans le sang, plus de 3000 victimes. Les escadrons de la mort agissent en toute impunité. Au micro-trottoir, la phrase la plus souvent recueillie est un cri de désespoir : « La situation va exploser ! » La logique du chacun pour soi s’est imposée au détriment de l’action collective. Le gouvernement ne produit plus aucun chiffre sur l’ampleur des manifestations depuis cinq ans. Au bord de la cessation de paiement, la banque centrale liquide les réserves d’or; en deux ans, les stocks de lingots ont diminué de 40 %. Faute de devises, le pays a dû couper dans ses importations, appauvrissant encore plus l’ensemble de la population. Pourquoi ce pays est-il dans un tel état de faillite ? La faute aux richesses du sous-sol.

Les immenses mines d’argent de Potosi, pillées à partir du XVIe siècle, avaient servi de berceau au capitalisme en Europe. La république bolivarienne du Venezuela repose encore aujourd’hui sur un imaginaire extractiviste. Neuvième producteur de brut mondial et cinquième exportateur, le Venezuela vit de la rente pétrolière. Corruptions et violences autour du pétrole n’ont pas fini de s’y donner la main… Au pouvoir depuis 1999, Hugo Chavez avait mis PDVSA (Petroleos de Venezuela SA) au service de la « révolution bolivarienne ». Hugo Chavez a été réélu en 2013 à la tête du Venezuela avec 54 % des voix, mais il est décédé à ce moment des suites d’un cancer. Son adversaire électoral, Henrique Capriles, n’avait pour but que de « faire de PDVSA une entreprise efficace et bien gérée ». C’est dans la continuité ! Comme Chavez, le candidat de l’opposition voulait doubler la production de brut d’ici à 2019. Comme Chavez, Capriles promettait de « Semer le pétrole » et d’industrialiser ainsi le pays. L’or noir fournit 95 % des recettes à l’exportation et la moitié du budget de l’Etat. PDVSA finance directement les programmes sociaux. Paradoxalement l’exploitation du pétrole au Venezuela n’est pas néfaste parce qu’exproprié par les puissances d’argent, mais parce que ses recettes ont été dilapidées pour la santé, l’alimentation, le logement ; elles sont distribuées en prébendes pour le peuple et capitalisées dans les poches de quelques-uns… Combien de temps faut-il pour réduire à la misère un des pays les plus riches ? Il a fallu moins de vingt ans pour le Venezuela. Avec un baril à moins de 30 dollars au début de l’année 2016, c’est toute l’économie qui s’était effondrée. Les ressources du sous-sol sont devenues de véritables malédictions, dégâts écologiques, émissions de gaz à effet de serre, déstructuration des populations, etc. En réalité il faudrait surnommer le pétrole « la merde du diable ». Quelques mouvements socio-écologiques boliviens manifestent, en vain : « Laissez le pétrole sous le sol et le charbon dans les mines. » Mais le mal est déjà fait, croissance extractiviste et croissance démographique ne font pas bon ménage.

Le président depuis la mort de Chavez, Nicolas Maduro, promet à ses concitoyens de « reconquérir » l’Essequibo. Le 3 décembre 2023, les électeurs vénézuéliens ont été appelés à se prononcer par référendum sur l’avenir de cette région… située dans un autre pays. Le Guyana compte moins d’un million d’habitants et l’Essequibo représente plus des deux tiers de son territoire pour quelque 125 000 personnes seulement. C’est un désert vert au sous-sol chargé de gaz et de pétrole, d’or, de diamants, de cuivre, de bauxite, de fer et d’aluminium.… Personne n’a donc fait campagne pour le « non » au Venezuela. Le référendum a donné 95 % de « Oui » à une tentative de prendre une partie de son territoire à un pays limitrophe. Persister dans les errements de l’extractivisme est la constante du gouvernement vénézuélien.

Hugo Chavez, Nicolas Maduro et les Vénézuéliens auraient du s’inspirer de l’histoire de Nauru, une île dévastée alors qu’elle avait d’immenses ressources en phosphate. A partir de l’indépendance en 1968, l’argent du phosphate se mit à couler à flot dans ce micro-État. Une entrée d’argent massive a joue un rôle incroyablement déstabilisateur : un peu comme ces gagnants du loto qui finissent par perdre la tête. Les Nauruans cessèrent de travailler et se comportèrent en rentiers. Un bref instant historique, Naurutopia a pu se définir comme une sorte de socialisme parfait où chaque citoyen récolte les fruits du sous-sol. Mais évidemment, les choses se sont gâtées avec les premiers signes d’épuisement des mines de phosphate au début des années 1990 ; l’économie de Nauru s’est alors tout simplement effondrée. Le sort de Nauru préfigure non seulement le présent du Venezuela, mais celui de toute la civilisation thermo-industrielle, bâtie sur l’exploitation des ressources en hydrocarbures du sous-sol.

Et c’est à ce moment-là seulement, quand il ne restera presque plus rien à extraire de la Terre qu’on prendra vraiment conscience qu’il y avait bien surpopulation !

24/27. Venezuela, la malédiction extractiviste Lire la suite »

23/27. Ukraine, une guerre d’un autre âge

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

Avant l’état de guerre, la situation de l’Ukraine semblait privilégiée. C’est le pays le plus vaste d’Europe après la Russie. La densité est de 75 hab./km² en 2019, soit un peu plus que la moyenne mondiale de 61 hab./km² mais beaucoup moins que la moyenne européenne de 114 hab./km². De plus c’est une puissance agricole, le deuxième réservoir de terres arables du continent et le plus grand par sa taille avec 41,5 millions d’hectares de SAU (superficie agricole utile). Composé à 60 % de tchernoziom ou « terres noires », c’est un sol riche en humus et particulièrement fertile. En 2021, le pays produisait 80 millions de tonnes de céréales et d’oléagineux par an, dont environ 55 millions de tonnes étaient exportées. De plus, le pays est industriellement développé. L’Ukraine exploite quatre centrales nucléaires avec au total 15 réacteurs. La puissance nucléaire totale installée est supérieure à 13 000 Mégawatts, se classant ainsi en 2020 au 7ᵉ rang mondial. Avant la guerre, le pays possédait aussi une forte industrie chimique, l’industrie minière et métallurgique représentait 15 à 17 % de la production industrielle.

En d’autres termes, situation de guerre exclue, on ne peut pas dire que l’Ukraine soit surpeuplée vu sa puissance économique, agricole et industrielle. Mieux depuis plusieurs années la baisse de fécondité montrait qu’elle pratiquait une démographie responsable. Mais s’en tenir là ne permet pas de faire de projection dans le futur. Le système thermo-industriel est à bout de souffle. Il a des faiblesses intrinsèques au niveau de la pérennité de ses ressources énergétiques. Et la puissance technologique fait aussi sa fragilité. En Ukraine le temps s’est arrêté le 26 avril 1986 lorsque le réacteur 4 de la centrale V.I. Lénine, située à une quinzaine de kilomètres de la ville de Tchernobyl, a explosé à la suite d’une erreur de pilotage. Dix jours durant, un panache de particules radioactives s’est répandu dans l’atmosphère. Penser que cela n’arrive qu’aux autres revient à ne pas tirer les conséquences d’un accident. Tchernobyl n’a pas empêché Fukushima, et Fukushima n’évitera sans doute pas une autre catastrophe. En France, 19 centrales nucléaires sont exploitées en 2024, et un EPR est en construction ; nous pouvons subir des séismes ou une difficulté à refroidir lune centrale, des actes de malveillance… Nous ne prenons l’exemple de Tchernobyl que comme symbole de la fragilité de notre habillage technologique et de notre hubris croissanciste.

Selon notre point de vue, quand le monde entier connaît de telles faiblesses structurelles, on ne peut que féliciter les Ukrainiens et les Ukrainiennes d’avoir limiter leur fécondité. Une planète surpeuplée sur laquelle (sur)vit déjà plus de 8 milliards d’êtres humains, chaque geste compte et malheureusement cela ne met pas à l’abri d’une invasion militaire.

C’est peu avant la chute de l’URSS que l’Ukraine devient indépendante, indépendance annoncée par le nouveau Parlement et officialisée par un référendum le 24 août 1991. C’est deux ans après cette indépendance, en 1993, que la population ukrainienne atteint son plus haut niveau, soit 52 millions d’habitants alors qu’il n’y avait que 37 millions de personnes en 1950. Depuis cette date, la courbe démographique suit une pente négative. Le taux de fécondité est faible, soit 1,5 enfant par femme en 2014 et 1,22 en 2020. Le solde naturel est donc négatif. Près de 6,3 millions d’Ukrainiens ont émigré entre 2001 et 2020, la guerre actuelle n’a fait qu’accentuer cette tendance. Au 1ᵉʳ janvier 2023, la population ukrainienne était estimée par l’Institut ukrainien de démographie entre 28 et 34 millions de personnes1. La guerre va accentuer cette tendance historique à la baisse.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022 est un conflit déclenché par ordre du président russe Vladimir Poutine. La Russie n’avait « pas d’autres moyens » pour se défendre que de lancer ses forces en Ukraine, avait affirmé le jour même Poutine. Ses « justifications » méritent d’être rappelées :

« Le but de notre opération militaire n’est pas d’occuper l’Ukraine, mais ce pays s’apprêtait, avec le soutien des Etats-Unis et d’autres pays occidentaux à déclencher un bain de sang et une épuration ethnique. Le régime pro-nazi en place à Kiev pouvait recevoir des armes de destruction massive visant la Russie. Son programme militaro-biologique était mené sous commandement et financement américain, comprenant des expérimentations sur des échantillons de coronavirus, d’anthrax, de choléra, de peste porcine africaine et d’autres maladies mortelles. L’opération spéciale en Ukraine se déroule avec succès... »

En régime dictatorial, nous sommes à la merci des délires d’une seule personne. Car contrairement à beaucoup d’autres situations historiques, on ne peut pas dire que la cause première de cette « opération spéciale » soit la surpopulation de la Russie ou la recherche d’un espace vital : la Russie compte aujourd’hui plus de 146 millions d’habitants, mais connaît un déclin démographique sur un territoire immense. La guerre fait certes office d’infanticide différé dans ses résultats, mais ses causes restent trop souvent le fait d’une décision unilatérale d’un régime politique dysfonctionnel. Attaquer militairement un pays qui comptait 41 millions d’habitants en 2021, avec un niveau agricole, industriel, technique et culturel important, paraissait une folie. D’autant plus que l’Ukraine pouvait compter sur l’aide des pays de l’OTAN. Pourtant, à l’heure où j’écris ces lignes, la guerre est toujours présente depuis plus de deux ans, et c’est une guerre des tranchées comme en 1915. Elle a fait déjà des milliers de morts et blessés de part et d’autres alors que le front des combats reste relativement stable à l’heure où je relis ces lignes, 26 mai 2024. Cet état de guerre empêche toute analyse démographique pertinente.

Dans un rapport publié à l’approche du deuxième anniversaire de la guerre, le 24 février 2024, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies précise qu’aux personnes réfugiées à l’étranger s’ajoutent quelque 3,7 millions d’Ukrainiens déplacés à l’intérieur de leur pays. Selon l’ONU, plus de 14 millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de la guerre, près d’un tiers de la population ukrainienne, et près de 6,5 millions de personnes sont encore réfugiées à l’étranger. La natalité s’effondre. A la séparation des couples, avec le départ pour l’étranger de millions de femmes et d’enfants, s’ajoute la mortalité masculine sur le front. L’effondrement de la fécondité atteint désormais un niveau historiquement bas, avec 0,9 enfant par femme en 2023, contre 1,2 enfant en 2022. Le pays compterait actuellement entre 33 et 35 millions d’habitants, mais aucune comptabilité précise ne peut être établie du fait de l’occupation de 20 % du territoire par les forces russes2.

Le conflit en Ukraine ne possède pas seulement une signification politique. Cette guerre fait craindre un surcroît de famine dans le monde sans les céréales ukrainiennes. Après la destruction des stocks de blé, le minage des ports ukrainiens et la mise à mal de toutes les infrastructures logistiques d’expédition, Vladimir Poutine avait ordonné le bombardement des fermes laitières ; son ancien premier ministre Dmitri Medvedev déclarait vouloir limiter les exportations de blé russe uniquement vers « les pays amis », ceux qui n’ont pas dénoncé l’agression russe en Ukraine. A la crise alimentaire s’ajoute la possibilité d’une crise énergétique pour tous les pays qui dépendent du gaz et du pétrole russe.

Guerre, famine et parfois épidémies ne dépendent pas seulement d’un état de surpopulation. Un pays développé peut connaître l’effondrement à cause de sa complexité et de sa dépendance aux énergies fossiles. Mais il peut aussi être victime de la soif de pouvoir d’un autocrate.

2 https://www.lemonde.fr/international/article/2024/02/23/deux-ans-de-guerre-en-ukraine-un-effet-catastrophique-sur-la-demographie_6218184_3210.html

23/27. Ukraine, une guerre d’un autre âge Lire la suite »

22/27. Tanzanie, le paradis devenu un enfer

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

Tanzanie, la réalité avait tout pour plaire. C’est un pays riche de sa biodiversité ; dans le Parc National de Gombe, Jane Goodall a passé 50 années pour observer les chimpanzés. L’indépendance a été accordée en 1962 par le Royaume-Uni sans aucune violence. Julius Nyerere, un socialiste, devient le premier président de la république du Tanganyika à la suite d’élections libres. En 1964 le Tanganyika et Zanzibar fusionnent pour former la république unie de Tanzanie. Soucieux d’accélérer l’émancipation des Africains par rapport au monde occidental, Julius Nyerere prononce la Déclaration d’Arusha en février 1967 :

« Il est stupide d’imaginer que la Tanzanie pourra enrayer sa pauvreté avec l’aide financière étrangère plutôt qu’avec ses propres ressources… Être indépendant veut dire compter sur soi… Qu’elles proviennent de l’impôt ou de l’extérieur, les ressources financières de l’Etat doivent être affectées en priorité aux paysans et non aux villes, il convient de viser l’autosuffisance alimentaire… »

Selon l’idéal de Nyerere, tout cela doit conduire à la création d’une société égalitaire, juste et solidaire.

L’autosuffisance alimentaire est aujourd’hui toujours une réalité en ce qui concerne la plupart des produits. Les cultures vivrières sont le maïs, la banane, le riz, le sorgho, la patate douce, le millet… 95 % de la pêche est faite par de petits pêcheurs indépendants, utilisant des techniques anciennes dans des embarcations traditionnelles. L’agriculture est le deuxième secteur économique porteur et contribue actuellement à hauteur de 30% du PIB derrière les services (37,5%) mais devant l’industrie (26,3%). Le secteur agricole emploie plus de 70 % de la population active et représente 35% du montant total des exportations nationales. La Tanzanie dispose de 44 millions d’hectares de terres arables qui couvrent 50% de la superficie totale (mais seulement 25% sont cultivés). La majeure partie de la production est assurée par des petits producteurs disposant d’exploitations de 0,2 à 2 hectares et s’inscrivant pour la moitié dans une agriculture de subsistance. 1

Mais la déclaration d’Arusha s’avéra très vite impopulaire. Toutes les terres appartiennent à l’État, et celui-ci réalise des concessions locatives allant jusqu’à 99 ans. L’économie est devenue de plus en plus centralisée. L’abolition des coopératives et des gouvernements locaux ainsi que la généralisation de la scolarisation au niveau primaire en deux années seulement reflètent l’impatience d’atteindre rapidement certains buts politiques au détriment du principe d’un développement décentralisé et équilibré. La Tanzanie en est ressorti endettée suite à la perte de confiance qu’elle a subi auprès des bailleurs de fonds internationaux. Pire, se soucier de l’agriculture sans penser à l’évolution démographique a été une faute majeure.

La Tanzanie, c’était 7,5 millions d’habitants en 1950, 45 millions en 2012, 65 millions aujourd’hui et 151 millions de prévu en 2050. Une multiplication par 20 en un siècle seulement. C’est ingérable, cela devient invivable. L’accès à la médecine moderne a permis de diminuer la mortalité infantile sans la contrepartie d’un recours à la contraception. Selon l’Indice de développement humain (IDH) des Nations unies, la Tanzanie fait maintenant partie des pays les plus pauvres du monde. En 2024, près de 44 % de la population vit avec moins de 2,15 US$ par jour. Les données statistiques reflètent parfaitement l’absence complète de rationalité malthusienne en Tanzanie. Ils continuent d’enfanter, ils font comme tout le monde ici ou ailleurs, peu importe les ressources. Rappelons la loi de Malthus définie ainsi en 1798 :

« Lorsque la population n’est arrêtée par aucun obstacle, elle va doubler tous les vingt-cinq ans, et croît de période en période. »

L’Ouganda n’est pas le seul pays à aimer les exponentielles. Un doublement de la population tous les 25 ans est la conséquence d’un taux d’accroissement annuel moyen de 2,8 %. En 2020 selon la banque mondiale, l’hypothèse de Malthus est encore validée dans un certain nombre de pays. Burkina-Faso et Guinée (2,8 %) Mozambique, Somalie, Tanzanie et Zambie (2,9 %) ; Tchad et Mali (3 %) ; Congo (3,1 %); Angola et Tanzanie (3,2 %) ; Ouganda (3,3 %) ; Guinée équatoriale (3,4 % ) ; Niger (3,8 %).2

Le sujet du planning familial reste un tabou même si les choses évoluent un peu, trop peu, trop tard. On laisse faire « la nature », ou plutôt on impose aux femmes des grossesses multiples dès le plus jeune âge. En juin 2017, le président John Magufuli avait déclaré que les jeunes filles ayant accouché ne devraient pas être autorisées à retourner à l’école. Le 9 septembre 2018, Magufuli a publiquement mis en garde les Tanzaniens contre l’utilisation de moyens de contraception, affirmant que ceux qui choisissent les options du planning familial sont des « paresseux » et les accusant de ne pas vouloir travailler dur pour assumer la responsabilité de nourrir leurs enfants. Par suite d’une telle conception, le gouvernement tanzanien a suspendu la diffusion à la télévision et à la radio de spots publicitaires sur le planning familial.3

En octobre 2022 cependant, la présidente actuelle Samia Suluhu a au contraire exhorté les femmes à avoir moins d’enfants et à envisager le recours à la contraception pour atténuer la pression démographique sur les ressources nationales. La population de la Tanzanie connaît en effet une augmentation annuelle moyenne de 3,2 % selon les chiffres du dernier recensement dévoilés par la cheffe de l’État depuis la capitale Dodoma (770 000 habitants). La présidente Samia Suluhu commente :

« Une telle population n’est peut-être pas un gros problème pour un grand pays comme le nôtre, mais c’est un fardeau quand il s’agit d’allouer des ressources et de fournir des services sociaux… Nous avons besoin de stratégies de développement pour offrir des services à tout le monde... »4

Elle a souligné que la population du pays devrait atteindre 151,2 millions en 2050. Mais son discours plaide surtout pour accroître les aides, pas pour limiter la fécondité. De plus la corruption reste élevée, elle se situe à 62 sur 100 pour le secteur public en 2022 selon l’indice de corruption de l’ONG Transparency International ; ce qui place le pays à la 98ème place mondiale. La police est omniprésente, l’armée est choyée avec près de 1 % du PIB qui lui est consacré. Les priorités budgétaires ne vont pas au planning familial…

Selon un rapport de la Banque mondiale publié en 2019, la capitale économique Dar es Salaam (7 776 000 habitants) est « l’une des villes qui connaît la croissance la plus rapide en Afrique et, avec un taux de croissance de 6,5 %, elle devrait atteindre 10 millions d’habitants d’ici 2030. En raison de cette croissance rapide, la ville est confrontée à de graves problèmes de mobilité, qui sont aggravés par un réseau routier insuffisant. »  Dans une ville tentaculaire, l’absence d’infrastructures de tous ordres, y compris l’assainissement, est un problème auquel ne peut faire face un gouvernement débordé. Il faut y ajouter bien d’autres difficultés, ainsi la fragilité du tourisme. Celui-ci contribue à plus de 16 % du PIB du pays, c’est un signe d’une trop forte dépendance aux apports extérieurs. Or nous commençons à savoir que le tourisme au long cours est une activité nuisible pour la planète. De toute façon les restrictions de déplacement entraînés par la déplétion des ressources fossiles vont tôt ou tard mettre à mal la mode des voyages.

Comme la voie de la sagesse l’indique, quand on ne peut élever qu’un seul enfant, on n’en fait pas cinq comme en Tanzanie.

1 https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2019/02/05/agriculture-la-tanzanie-terre-d-opportunites

2 https://donnees.banquemondiale.org/indicator/SP.POP.GROW

3 https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2018/09/tanzania-decision-to-pull-family-planning-ads-an-attack-on-sexual-and-reproductive-rights/

4 https://www.leparisien.fr/international/tanzanie-une-hausse-de-pres-de-40-de-la-population-en-10-ans-un-fardeau-pour-la-presidente-31-10-2022-GRD66QDGBRAR5DQ647VR5T62K4.php

22/27. Tanzanie, le paradis devenu un enfer Lire la suite »

21/27. Suisse, halte à la surpopulation

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

On peut connaître les statistiques démographiques de la Suisse, question chiffres les pays développés sont à jour. En 1970, la population était de 6,2 millions, en 2009 de 7,8 millions et en 2023, la Suisse a franchi le cap symbolique des 9 millions d’habitants. Le nombre d’habitants a augmenté de 20% alors que dans le même temps la hausse n’a été que de 1% en Allemagne et de 10% en France. La Suisse connaît en effet une croissance démographique fulgurante depuis 2002 grâce surtout à l’introduction de la libre circulation des personnes.

Le taux de natalité en Suisse a continuellement dépassé son taux de mortalité depuis que des statistiques sont disponibles, en 1861. Mais le taux de natalité est de 1,8 pour les étrangers contre 1,2 pour les enfants de nationalité suisse. En 2021, alors que 26% de la population résidente permanente de la Suisse est de nationalité étrangère, 31% d’entre elle est née à l’étranger et 39% est issue de la migration selon les données de l’Enquête suisse sur la population active (ESPA). Aujourd’hui l’immigration participe à 45 % de l’accroissement de la population. Début 2024, les statistiques indiquent que près de 60 % des enfants ont des parents nés à l’étranger. Le sentiment de surpopulation commence à grandir en Suisse. Il devient de plus en plus difficile de se loger dans les grandes villes, et les infrastructures de toutes sortes sont particulièrement sollicitées. Ainsi, le nombre d’heures d’embouteillage sur les autoroutes a plus que triplé depuis 2002. Cette importante croissance démographique est également une des raisons de la pénurie d’énergie actuelle.

D’autant plus qu’il faut remettre la densité en perspectives. Elle était de 137,5 hab./km² en 1961, de 181,8 hab./km² en 2000 et de 220 hab./km² en 2021. Or ce petit territoire de 41 285 km2 compte 48 pics culminant à plus de 4000 m. Les montagnes occupent 70% du territoire, et seul un quart de la population y habite. La Suisse compte aussi quelque 1500 lacs et 4% de la surface du pays est recouverte de cours d’eau et d’étendues d’eau. Les surfaces d’habitat et d’infrastructure (bâtiments, aires industrielles et commerciales, infrastructures de transports, installations pour la distribution des services publics et la gestion des déchets, espaces verts et lieux de détente) occupent déjà environ 8% du territoire. Les Suisses se retrouvent donc à l’étroit. Le DAUPHINÉ libéré du 29 août 2023 titre : « La peur de la surpopulation revient dans une Suisse qui ne cesse de croître ».

Le site officiel de la confédération suisse relate les objectifs de l’initiative populaire fédérale de 2014, « Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles » 1.

1. La Confédération s’attache à faire en sorte que la population résidant en Suisse ne dépasse pas un niveau qui soit compatible avec la préservation durable des ressources naturelles. Elle encourage également d’autres pays à poursuivre cet objectif, notamment dans le cadre de la coopération internationale au développement.

2. La part de l’accroissement de la population résidant de manière permanente en Suisse qui est attribuable au solde migratoire ne peut excéder 0,2 % par an sur une moyenne de trois ans.

3. Sur l’ensemble des moyens que la Confédération consacre à la coopération internationale au développement, elle en affecte 10 % au moins au financement de mesures visant à encourager la planification familiale volontaire.

Ces considérations ont été soumises à référendum le 30 novembre 2014. C’est l’association Ecologie et population (Ecopop) qui était à l’origine de ce référendum. Ecopoop est une organisation non partisane de défense de l’environnement. Son idéal : maintenir, pour les générations à venir, les bases et la qualité de la vie en Suisse et dans le monde entier et, à cet effet, tenir compte du facteur Population. L’ex-directeur de l’Office fédéral de l’environnement Philippe Roch, faisait partie d’Ecopop. Voici quelques desiderata de cette association.

Ecopop souhaite la fin de la surpopulation, en Suisse comme dans le monde entier. Ecopop se démarque catégoriquement des théories xénophobes et racistes. L’accès à la planification familiale volontaire est considéré depuis 1968 comme faisant partie des droits de l’homme des Nations Unies. Or chaque année, il y a dans les pays en développement environ 80 millions de grossesses non désirées à l’origine d’un tiers de la croissance de la population mondiale. Cela montre que le droit humain à la planification familiale volontaire (c’est-à-dire de la planification familiale telle que nous la connaissons) n’est pas toujours considéré avec la même importance. Ecopop veut changer cela. Ecopop ne nécessite pas de budget supplémentaire pour l’aide au développement, ce sont les fonds déjà disponibles qui doivent être utilisés pour aller au contrôle des naissances dans les pays pauvres. 2

Environ 74% des Suisses ont dit « non » à ce référendum d’initiative populaire. Il n’empêche qu’en France LE MONDE relate cette phrase d’un membre du comité Ecopop : « Au rythme où actuellement on bétonne le paysage, à 1,1 mètre carré par seconde, en 2050 si on ne fait rien on aura entièrement bétonné  toutes les régions non montagneuses de la Suisse. »

En 2024, le parti de droite UDC veut à nouveau lancer une initiative populaire, à savoir plafonner la population à 10 millions d’habitants en 2050. Pour l’UDC, la liste des maux dont souffrirait la Confédération helvétique est longue : « Criminalité en hausse, explosion des coûts sociaux, pénurie de logements, augmentation des loyers et des primes d’assurance maladie, baisse de la qualité dans nos écoles, embouteillages et transports publics surchargés…»3.

1 https://www.bk.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis406t.html

2 http://www.ecopop.ch/fr/home-fr/62-page-content/aktuell/aktuelles/483-initiative-ecopop-le-peuple-tranchera-en-novembre-2014

21/27. Suisse, halte à la surpopulation Lire la suite »

20/27. Royaume-Uni, surpopulation au pays de Malthus

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

À la fin du Moyen Âge, la Grande-Bretagne comptait quelque deux millions d’habitants. En 1541, la population de l’Angleterre était estimée à 2,8 millions de personnes, en 1696 à 5 millions. Le Royaume-Uni passe ensuite de 12 millions en 1801 à 41 millions en 1901. La population atteint presque 51 millions en 1951, et elle est chiffrée à 58 789 194 en 2001. D’un point de vue rationnel, mieux vaut vivre avec seulement 2 millions de personnes sur un territoire donné qu’avec les 67,3 millions atteint en 2021. Cette même année la densité du Royaume-Uni est estimée par la banque mondiale1 à 277 hab./km², une des plus élevées d’Europe, plus du double de celle la France et plus du quadruple de la moyenne mondiale de 61 hab./km². Presque trois personnes n’ont à leur disposition qu’un seul hectare pour satisfaire tous leurs besoins, ce qui est impossible. Les Britanniques n’ont pas écouté l’enseignement de leur ressortissant Thomas Robert Malthus.

L’Anglais Malthus a commencé à écrire son Essai sur le principe de population en 1798. Il s’inquiétait de la croissance démographique trop rapide si on ne s’en soucie pas. Rappelons la loi de Malthus ainsi définie : « Lorsque la population n’est arrêtée par aucun obstacle, elle va doubler tous les vingt-cinq ans, et croît de période en période selon une progression géométrique (exponentielle). On n’obtiendra pas avec la même facilité la nourriture nécessaire. En effet, l’agriculture étant soumise à la loi des rendements décroissants, les moyens de subsistance ne peuvent jamais augmenter plus rapidement que selon une progression arithmétique (linéaire). D’où un décalage croissant entre population et alimentation ». Malthus en déduisait qu’il était nécessaire de limiter sa fécondité pour essayer de garder un niveau de population en concordance avec l’état des ressources. Il n’a pas été écouté et on a pensé par la suite que la révolution agricole, allait permettre de nourrir tout le monde.

En fait les Anglais, grâce à leur réserves de charbon, ont surtout entamé une révolution industrielle pendant le XIXe siècle qui leur a permis d’avoir un avantage comparatif sur les marché mondiaux. L’essor des manufactures a été privilégié, et pour conserver le blé à bas prix il suffisait d’importer le nécessaire grâce au libre-échange  : draps anglais contre vin du Portugal, tel est l’exemple ressassé en cours d’économie. Le Royaume-Uni est donc entré dès cette époque dans ce qu’on appelle une densité subventionnée. Une nation est surpeuplée lorsqu’elle n’arrive pas à subvenir par ses propres moyens aux besoins énergétiques de sa population, c’est-à-dire à son alimentation et à ses besoins en combustible. Avec l’essor international du libre-échange promu par l’Angleterre, le subventionnement ville-campagne s’est étendu à un subventionnement des pays industrialisés par les pays en voie de développement. En d’autres termes, les ressources agricoles et énergétiques sont pillées dans le monde entier. L’impérialisme anglais s’épanouit dans les années 1850-1870, c’est un vaste programme de colonisation. En 1922, l’empire britannique constitue la première puissance mondiale avec un quart de la population mondiale, environ quatre cents millions d’habitants et une superficie de 33,7 millions de km² (environ 22 % des terres émergées). Si le subventionnement Sud-Nord cessait, ne seraient pas surpeuplés les pays qu’on pense et le Royaume-Uni serait certainement le plus mal placé.

Malgré le fait que Malthus soit anglais, la démographie n’est guère aujourd’hui en vogue au Royaume-Uni, l’enrichissement fait l’insouciance. La surpopulation n’est pas un problème qui préoccupe les Britanniques. Le gouvernement n’a pas de politique démographique, il ne s’intéresse pas aux questions de fertilité ; ce serait même imprudent d’y faire allusion, ou tout au moins considéré comme rasoir. Dans un pays où le rôle de l’État s’est réduit durant les dix-huit années de thatchérisme (1979-1990), où l’on a longtemps été adepte du « short-termism » (intérêt pour le court terme), à quoi cela servirait-il de dépenser de l’argent pour prévoir un avenir qui, de toute manière, dépend essentiellement à ce qu’on croit du secteur privé. Ici, on garde plutôt une culture anti-planificatrice. Ainsi, l’idée de recenser la population tous les cinq ans au lieu de dix a-t-elle été rejetée pour des questions de coût, et les conservateurs ont dissous l’organisme qui coordonnait sur un plan interministériel les recherches démographiques.

Pourtant les données statistiques sont là. Certes le taux de fécondité n’est que de 1,56 enfants par femme en 2020, mais la population augmente encore de 0,4 % à cause de l’inertie démographique. Et le flux d’immigrés est seulement limité ces derniers temps par le fait que l’Angleterre est une île. Le problème essentiel du R-U reste son taux d’urbanisation. À la moitié du 18e siècle, ruraux et citadins s’équilibraient encore pour une population globale qui s’élevait à plus de 16 millions. Un siècle plus tard, plus de 80 % d’une population qui avait plus que triplé (50 millions en 1951) vivaient dans des villes. Près de 90 % de la population du Royaume-Uni réside aujourd’hui au sein de zones urbaines. C’est nettement plus qu’en France ou en Allemagne où les taux d’urbanisation sont respectivement de 75 % et 74 %. Or vivre en ville, c’est se couper de toute possibilité d’autonomie tant alimentaire qu’énergétique, c’est une densité subventionnée par l’extérieur. Les villes ont été de tous temps approvisionnées par les campagnes, ce qui leur permet d’atteindre une densité de population beaucoup trop élevée par rapport aux ressources propres. Le R-U dépend tellement de l’extérieur que son statut de pays riche n’est sans doute que temporaire. Un krach boursier ou un choc pétrolier, c’est toute l’économie qui peut s’effondrer.

Le taux d’autosuffisance alimentaire n’est que de 62 %, et près de 10 millions de personnes se trouvent actuellement en situation de pauvreté alimentaire outre-Manche. L’inflation a grimpé en 2023 dans une période de tension mondiales durables sur les prix de l’énergie et de l’alimentation depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le 21 février 2023, les médias titrent : « Pénuries au Royaume-Uni : des supermarchés rationnent les fruits et légumes. » Les conditions météorologiques difficiles dans le sud de l’Europe et en Afrique du Nord ont perturbé la récolte. Un tiers des produits alimentaires consommés au RoyaumeUni provient encore de l’UE alors qu’il y a eu le Brexit, la sortie de l’Union européenne. Avec 4,3%, le taux de chômage du Royaume-Uni en 2023 est désormais 0,3 point de pourcentage plus élevé qu’avant la pandémie de coronavirus. Le Royaume-Uni échappe encore à la catastrophe car elle est passée d’une puissance charbonnière à une puissance pétrolière. Mais le pire n’est pas exclu, à une époque où nous savons qu’il faudrait se passer des ressources fossiles pour éviter l’embrasement climatique.

Entasser plus de 67 millions de personnes sur un territoire exigu est-il signe d’un surpeuplement, d’un sous-peuplement ou d’un équilibre stable et durable ? Nous ne sommes pas seul à penser que la réponse devrait être évidente. Au Royaume-Uni comme en France (avec « Démographie Responsable »), l’alerte à la surpopulation n’est que l’émanation de structures associatives qui, pour l’instant, n’ont malheureusement qu’une influence minime.

– Sous le gouvernement de Mme Thatcher, une organisation s’intitulant Population Concern, émanation de la très influente Association pour le planning familial, a demandé au gouvernement en 1981 de prendre des mesures  » urgentes  » dans le but d’éviter que la Grande-Bretagne soit  » davantage surpeuplée « . Dans un volumineux rapport, cette organisation faisait remarquer de façon frappante que l’espace vital des Britanniques ne cessait de diminuer :  » Toutes les vingt minutes, une surface équivalente à celle d’un terrain de football disparaît sous le bitume ou le béton (…). Si tout le monde en Grande-Bretagne se rendait au même moment au bord de la mer, chaque personne ne disposerait que de quatre pouces (environ dix centimètres) de plage… « 2

– Population Matters, anciennement connue sous le nom d’Optimum Population Trust, est une organisation fondée en 1991 qui s’intéresse aux effets de la population sur la durabilité environnementale. L’association considère la croissance démographique comme un contributeur majeur à la dégradation de l’environnement, à la perte de biodiversité, à l’épuisement des ressources et au changement climatique. Reconnaissant l’empreinte environnementale disproportionnée des pays riches, cette association appelle à réduire aussi la consommation dans les pays à revenu élevé.

En 2015, l’organisation Global Footprint Network (GFN) indiquait que le Royaume-Uni est un des pays ayant le plus grand déficit écologique. La biocapacité par personne s’élève à environ 1,37 hag (hectare global par habitant), l’empreinte écologique à 4,15 hag. Le bilan carbone est négatif, près de vingt fois supérieur à la capacité forestière du pays.

1 https://donnees.banquemondiale.org/indicator/EN.POP.DNST

20/27. Royaume-Uni, surpopulation au pays de Malthus Lire la suite »

19/27. Qatar, 234 hab./km² en 2021 dans un désert 

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

Même les déserts sont trop peuplés ; 234 hab./km² au Qatar ! Soit plus de deux personnes pour un carré de seulement 100 mètres de côté. C’est d’autant plus extravagant que ce pays de la péninsule arabique se compose d’un désert aride le long du littoral au bord du golfe Persique. Autrefois la population était constituée de Bédouins nomades. En 1960 le Qatar ne comptait que 36 385 personnes, le million a été franchi en 2006, le maximum a été atteint en 2018 avec 2,8 millions. En 2023 le Qatar compte environ 2,7 millions d’habitants selon la banque mondiale. En fait on peut assimiler ce pays à une multinationale gérée par un émir. C’est l’exploitation pétrolière qui a permis au Qatar de s’enrichir et d’importer des travailleurs immigrés pour construire d’immenses monuments sur le sable. Il s’agit donc d’un peuplement temporaire dans un pays qui redeviendra un jour ce qu’il est, un désert inhabitable.

Près de 90 % des Qatariens résident aujourd’hui à Doha, la capitale, ou dans sa banlieue. Autant dire que l’autonomie alimentaire est proche de zéro. Doha est surtout connue pour ses immenses gratte-ciel futuriste. La Doha Tower (Burj Doha) s’élève à 238 mètres, pas moins de 46 étages. Ce n’est en aucun cas le plus haut de la ville. The Torch Doha ( ou Aspire Tower) est une tour de 300 mètres, la Dubai Towers culmine à 436 mètres. On a même fait un domaine skiable au Qatar. Or l‘été de juin à septembre est rude, les températures peuvent atteindre les 45 °C, durant la saison douce entre novembre et avril le thermomètre oscille entre 21 °C et 30 °C . Or la neige fond entre +1 °C et +3 °C. On a même célébré la première Coupe du monde de football jamais organisée dans le monde arabe en novembre 2022, sans se soucier des conditions de vie des travailleurs et de l’impact des stades climatisés. Autant dire que ce pays est l’exemple type du gaspillage énergétique. Doha se veut récréatif, en fait c’est un exemple paroxystique de la société spectacle qui tourne à la démesure. Mais une fois le pétrole qatari épuisé, tout va nécessairement s’effondrer. De 2,7 millions, la population redescendra à environ 36 385 personnes, le calcul du nombre de personnes en excédent est facile.

Paradoxalement la 18e conférence de l’ONU sur le climat (COP18) s’était tenue à Doha en 2012… et la 28e COP (Conférence des parties) en 2023. C’est un choix désastreux pour la lutte contre le dérèglement climatique. L’événement de 2023 a été présidé par le patron de la plus grande entreprise d’énergies fossiles des Emirats arabes unis, Sultan Ahmed Al-Jaber. Autant dire que les négociations internationales ne servent absolument à rien pour enrayer la montée des eaux et la désertification des sols. Les égoïsmes nationaux et les lenteurs afférentes à une fausse démocratie des peuples bloquent toute remise en question de notre mode de vie, énergivorace et sans vision d’avenir.

Une critique fréquente adressée aux malthusiens (en faveur d’une autolimitation de la fécondité), c’est de montrer que ce sont les inégalités d’émissions de gaz à effet de serre qui importent. Il est vrai que chaque Camerounais émet chaque année environ 0,04 tonne de CO2 par habitant. C’est deux cent fois moins qu’un Belge (environ 8 tonnes), trois cent cinquante fois moins qu’un Américain (environ 15 tonnes) et 800 fois moins qu’un Qatari (environ 37 tonnes).1

En 2008, lors d’un séminaire public organisé par la revue Entropia, l’exposé du malthusien Yves Cochet portait sur l’empreinte écologique. Il avait notamment rappelé à l’époque les grandes différences entre les volets énergétiques de cette empreinte selon les régions du monde considérées : Le Qatari moyen dissipe 30 kW de puissance énergétique, l’Étasunien moyen 10 kW, l’Européen 5 kW, tandis que le Chinois moyen dissipe 2 kW, l’Indien 0,5 kW et le Sénégalais 0,3 kW. Les chiffres sont du même ordre de différence lorsqu’on examine les émissions de gaz à effet de serre ou la consommation des matières premières minérales. Yves Cochet en tirait cette conclusion :

« J’en déduisais que, d’un point de vue écologique, l’empreinte énergétique d’un nouveau-né européen est dix fois plus importante que celle d’un nouveau-né au Tamil Nadu, entre autres. Que la question de la surpopulation ne se réduisait donc pas au nombre des personnes mais à la multiplication de ce nombre par l’empreinte moyenne de la population du territoire en question. Que, par conséquent, il était rationnel de se poser aussi la question d’une baisse de la natalité en Europe que j’ai énoncée sous la forme spectaculaire de slogans tels que la grève du troisième ventre ou l’inversion de l’échelle des allocations familiales. Qu’avais-je dit là ! » (dans la préface du livre « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) ».

En d’autres termes, la surpopulation découle à la fois du niveau de la population et de sa consommation par tête. Mais il ne faut pas le dire ! En fait le Qatar n’est pas vraiment un pays, il faut plutôt le voir comme un agglomérat inhumain de personnes forcés à s’entasser, ici pour des raisons pétrolières. On pourrait faire des remarques assez proches sur les Emirats Arabes Unis, Singapour, Hongkong ou d’autres micro-Etats, ce sont des pustules qui découlent d’anomalies historiquement circonstanciées. C’est comme toute concentration urbaine démesurée, elle n’a pas de raison d’être rationnelle, son avenir est de devenir dans un futur plus ou moins proche une friche industrielle et des habitats vides de leurs occupants, des villes mortes. Il n’y a pas de civilisation viable et vivable si elle n’est pas basée sur une ressource pérenne, agriculture biologique, urbanisation limitée, et surtout équilibre durable entre niveau de population et ressources comme l’indiquait Malthus. Au Qatar, quand l’argent du pétrole aura disparu, il ne restera plus que le sable.

La prophétie du Sheikh Rashid ben Saïd al-Maktoum, émir de Dubaï jusqu’à sa mort en 1990, se réalisera : « Mon grand-père se déplaçait en chameau. Mon père conduisait une voiture. Je vole en jet privé. Mes fils conduiront des voitures. Mes petits-fils se déplaceront en chameau. » 

1 https://www.banquemondiale.org/fr/home

19/27. Qatar, 234 hab./km² en 2021 dans un désert  Lire la suite »

18/27. Pays-Bas, densité de 421 hab/km² (≈ Haïti)

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

Trop facile de dénoncer la surpopulation de certains pays du tiers-monde, l’Afghanistan, le Bangladesh ou l’Ouganda. Il faut aussi se rendre compte que la plupart des pays développés sont à des niveaux de surpopulation intenables. Bien sûr les Pays-Bas donnent l’image d’un pays riche, démocratique et paisible, il connaît même une baisse de la fécondité. Mais il faut aller au-delà des apparences. La structure démographique et économique permet-elle une stabilité à long terme ?

Les Pays-Bas sont l’un des pays les plus densément peuplés du monde. 11 millions d’habitants en 1963 et plus de 17 millions en 2020 pour un tout petit pays de 41 500 km², ce n’est pas rien. La densité est donc très forte, 421 habitants/km². Si ce pays devait se nourrir grâce à une agriculture biologique à l’ancienne et avec une alimentation plutôt végétarienne, il ne pourrait pas dépasser une population de 2,6 millions, celle de 1830. Rappelons aussi que 96 % du territoire est plat, et que 25 % des terres sont sous le niveau de la mer dans sa partie basse, la Hollande. Rappelons qu’il a fallu aux Néerlandais des siècles de pratique pour maîtriser la formation de polders, ces immenses zones agricoles protégées de la Mer du Nord par des digues gigantesques. Les travaux, qui continuent toujours à certains endroits, sont titanesques ! Avec la montée des eaux causée par le réchauffement climatique, le pays devrait se réduire fortement en superficie.

Avec un taux conjoncturel de fécondité de 1,57 enfants par femme (2019), on pourrait croire que la population va se stabiliser. Mais se stabiliser à un haut niveau reste toujours synonyme de surpopulation. Et la croissance démographique aux Pays-bas, vu son inertie, est encore de 0,33 % /an. En septembre 2022, la population néerlandaise a atteint 17,8 millions d’habitants, une augmentation de 190 000 personnes depuis le 1er janvier, a annoncé le CBS (Bureau central des statistiques). Dans la même période, la population française a augmenté de 141 000 personnes selon l’Insee, pour une superficie 14 fois plus grande et une population presque quatre fois plus nombreuse. Mais cette augmentation aux Pays-Bas est surtout le fait de l’immigration et, depuis février 2022, de l’afflux de réfugiés ukrainiens.

Problème supplémentaire qui est liée à la fois à la surpopulation et à une alimentation de plus en plus carnée, la forte densité humaine s’accompagne d’une forte densité animale. Le pays croule donc sous les déjections du bétail. Notons que la production animale néerlandaise est la plus rationalisée, la plus densifiée, la plus technologisée de l’espace européen. Dans ce petit pays, près de 100 millions de volailles et 11 millions de porcs sont élevés dans des bâtiments. A quoi il faut ajouter 1,5 million d’ovins et de caprins, ainsi que 3,8 millions de bovins. A comparer aux 17 millions de Néerlandais. Or un cheptel ne peut pas croître indéfiniment sur un territoire fini… La « crise de l’azote » que connaît les Pays-Bas rappelle celle que vit la Bretagne avec les algues vertes. Et les densités de bétail sur les territoires bretons et néerlandais ne sont pas si différentes. Pour les porcs, elles sont même strictement identiques : 275 animaux par kilomètre carré. Les Pays-Bas projettent de réduire d’un tiers le cheptel national pour réduire la pollution de leurs cours d’eau par les nitrates. D’où de fortes tensions entre le gouvernement et les éleveurs. On ajoute à nos différents problèmes la multiplication de nos cheptels domestiques. Intenable, ingérable. Certains l’ont compris au niveau associatif.

Le Club « Van Tien Miljoen » (Le club des 10 millions) aux Pays-Bas considère la surpopulation, tant au niveau mondial que national, comme la plus grande menace pour la qualité de vie, non seulement pour nous-mêmes, mais surtout pour les générations futures. L’association souhaite un retour à un niveau de population raisonnable pour les Pays-Bas, soit 10 millions, ce qui correspond quand même à environ 300 habitants au km². Le Manifeste de la fondation1 s’appuie sur les arguments suivants : 

  1. Le nombre d’habitants aux Pays-Bas est actuellement de presque 15,5 millions et s’accroît encore. Chaque individu a le droit d’avoir des enfants. Toutefois, il y a encore trop de mobiles qui poussent à avoir des enfants sans que la survivance de l’espèce humaine ou l’intérêt de l’enfant soient les éléments prépondérants. Il s’agit, par exemple, de raisons politiques, religieuses ou financières, ou d’une pression sociale et psychologique. De telles raisons ne justifient pas la procréation d’enfants au détriment de l’intérêt général. Les problèmes découlant du vieillissement de la population sont souvent invoqués comme argument contre la limitation du nombre de naissances. Or ces problèmes ne sont pas résolus par la croissance de la population, mais ils sont repoussés vers les générations futures.

  2. La qualité de vie humaine exige des espaces suffisants pour le développement naturel des autres formes de vie. Dans notre pays, l’homme accapare trop d’espace au détriment de la flore et de la faune, c’est-à-dire de la nature sauvage. L’environnement humain et la nature sauvage constituent trop souvent des conceptions antagonistes. La qualité de vie humaine n’est garantie qu’à condition que cette vie se déroule en harmonie avec la nature sauvage.

  3. La croissance de la population est une des causes de l’allongement des files d’automobiles et de l’engorgement des aéroports. Les extensions des routes et des aéroports, nécessaires pour résoudre ces problèmes, continuent de dévorer les espaces résidentiels et ceux encore occupés par la faune et la flore. Ces extensions ont en outre pour conséquence la pollution croissante de l’environnement par les produits chimiques et le bruit.

  4. La croissance continue de la population provoque un agrandissement d’échelle comportant nombre d’effets secondaires néfastes, comme l’intensification des transports de marchandises, des dégâts à l’environnement et des problèmes avec les déchets.

  5. Le bien-être, la sécurité publique et les possibilités d’épanouissement personnel sont de plus en plus menacés par la concentration des hommes et le stress qui en découle. La pression exercée par la densité de la population engendre généralement des tendances racistes et agressives. L’existence d’un espace suffisant pour chaque être vivant contribue par contre à la tolérance mutuelle.

  6. L’échelle réduite et la convivialité de communautés, comme celles des villages et des petites villes, disparaissent au profit de constructions résidentielles énormes et de l’infrastructure y afférente. C’est ainsi que l’agriculture et les paysages disparaissent ou sont irrémédiablement atteints.

  7. Plus il y a d’hommes, plus vite les ressources naturelles s’épuisent. Leur consommation dépend directement et indirectement (entre autres pour la production de biens de consommation et pour les transports) du nombre des utilisateurs. La modération de la consommation est nécessaire à l’ égard des générations futures.

L’association ajoute que les mesures à caractère coercitif doivent être évitées autant que possible. Elle précise que les mesures qui peuvent mener à une forme de racisme ou de discrimination ne seront ni proposées ni soutenues ; et la limitation des naissances aux Pays-Bas devrait se réaliser, autant que possible, à un rythme identique pour tous. Comme l’accroissement de la population aux Pays-Bas est en partie dû à l’immigration, il paraît normal que l’aide au développement soit associée à une politique active de limitation des naissances. Mais vis-à-vis des pays en voie de développement, la limitation des naissances ne peut être défendue de façon crédible que si une politique vigoureuse de limitation de la population est également menée aux Pays-Bas. Pour « Van Tien Miljoen » , les allocations familiales devraient être supprimées après le deuxième enfant, tout comme la progression de l’allocation entre le premier et le deuxième enfant…

Oui, il faut réduire la densité humaine aux Pays-Bas. Oui le niveau des océans va monter. Oui il faut minimise le cheptel néerlandais. Oui, il faut diminuer la part animale dans notre alimentation. Oui, les prix de vente de l’alimentation vont grimper. Oui les Pays-bas sont trop peuplés. La réalité de la densité humaine finit toujours par s’imposer. Toujours. Et quand il faut se comporter à l’inverse des habitudes et du confort à crédit, on résiste et la transition écologique patine. Au final ça va faire mal, très mal. Puisque les ressources naturelles sont limitées et que le réchauffement va rendre nombre d’endroits inhabitables aux Pays-Bas et ailleurs, la compétition pour la survie débouchera nécessairement sur des conflits d’accès aux ressources et des tentatives de migrations de masse. Il aurait fallu s’intéresser sérieusement à la question démographique depuis l’époque où elle a été exprimée par Malthus, 1789. Nous sommes en 2024 et les dirigeants n’en ont pas encore conscience.

1 https://www.overpopulationawareness.org/fr/sur-nous/manifeste

18/27. Pays-Bas, densité de 421 hab/km² (≈ Haïti) Lire la suite »

17/27. Ouganda, de 7 millions d’habitants à 47

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

En Ouganda, la population était de 7 millions en 1961, de 9,7 millions en 1971, de 12,8 millions en 1981, de 17,9 millions en 1991, de 24,4 millions en 2001, de 33,5 millions en 2011, et enfin de 45,8 millions en 2021. Soit sur dix ans une augmentation de 2,7 millions d’Ougandais pour la première période, puis de 3,1 millions, de 5,1 millions, de 6,5 millions, de 9,1 millions (toujours sur dix ans) et enfin + 12,3 millions de 2011 à 2021. On prévoit 91 millions d’Ougandais en 2050, est-ce possible ? Une telle accélération ne peut être qu’invivable et définitivement ingérable.

Le taux de fécondité est en 2020 de 4,69 enfants par femme. A croire que le planning familial est complètement absent en Ouganda. En 2021, le taux de croissance de la population est encore de 3,2 %, soit un doublement en moins de 22 ans. Dans ce pays d’Afrique de l’Est, 80 % de la population est âgée de moins de 30 ans, c’est l’un des pays les plus jeunes au monde. Mauvaise nouvelle, car cela va entraîner la continuation de la croissance démographique. Dans certaines régions, on atteint déjà une densité de 1 000 habitants au kilomètre carré, soit dix personnes sur un petit carré de 100 mètres de côté. Chacun ne dispose que d’un carré de moins de 32 mètres de côté pour satisfaire tous ces besoins, nourriture, logement, services…. Impossible, définitivement impossible, surtout pour la vie sauvage qui n’a plus de place.

Ces chiffres donnent le vertige et pourtant le journal LE MONDE accorde dans les évènements en Ouganda beaucoup d’importance à la problématique de l’homosexualité. Il est vrai que le gouvernement ougandais se polarise sur les questions sociétales plutôt que sur la maîtrise de la fécondité par ses ressortissants :

27/04/2023 : Le président ougandais a demandé aux parlementaires de « réexaminer » une loi anti-LGBT+ controversée dans une lettre lue, mercredi 26 avril, au Parlement, les enjoignant notamment de maintenir la criminalisation des relations sexuelles entre personnes de même sexe…

29/05/2023 : Le président ougandais, Yoweri Museveni, a promulgué une loi anti-LGBT+ prévoyant de lourdes peines pour les relations homosexuelles et la « promotion » de l’homosexualité, a annoncé, lundi 29 mai, la présidence…

15/06/2023 : Fin mai, le chef de l’Etat Yoweri Museveni a promulgué une loi d’une sévérité exceptionnelle, prévoyant de lourdes peines pour les relations homosexuelles et la « promotion » de l’homosexualité en Ouganda. Un crime d’« homosexualité aggravée » est même désormais susceptible d’entraîner une condamnation à mort…

07/12/2023 L’Ouganda avertit qu’il n’abrogera pas une loi anti-LGBT+ controversée.

Il faut remonter très loin dans les archives du MONDE, pour avoir une analyse démographique, « la longue marche du planning familial en Ouganda » :

« Le pays détient le troisième taux de fécondité le plus élevé au monde, avec 6,2 enfants par femme… Les écoles, les structures de soins, la couverture en eau potable ne peuvent suivre… Elle avait accès à la contraception, mais son mari n’était pas d’accord…. Je me suis mariée à 16 ans, j’avais hâte d’avoir un bébé, j’ai arrêté d’étudier… Un quart des adolescentes ougandaises de 15 à 19 ans ont déjà un enfant… La moitié de la population a moins de 15 ans… Les besoins de financements, pour le seul achat de contraceptifs, atteignent presque 18 millions d’euros par an, alors que le budget actuel est moitié moins élevé… »(article du 10 juillet 2012)1

Il faut dire que l’Ouganda est confronté à tellement de difficultés que penser au planning familial paraît secondaire. L’altitude moyenne est de 1 100 mètres, plus propice à des parcs nationaux qu’à des performances agricoles. Le secteur agricole représente près de 24% du PIB de l’Ouganda et emploie sept actifs sur dix. En 2021, près de 35% de la population en âge de travailler pratiquait exclusivement l’agriculture de subsistance. Le taux de malnutrition est très élevé : plus d’un tiers des jeunes enfants souffrent d’un retard de croissance. En 2022, la famine a touché 40% de la population dans la région de Karamoja.

Politiquement ce n’est pas mieux. La frontière externe ne reflète que partiellement les divisions politiques internes. Ce pays enclavé a été durablement ravagé par la guerre civile. Les Bantous représentent les trois quarts de la population et vivent dans la moitié sud du pays, les populations nilotiques peuplent le Nord. Les langues officielles sont l’anglais et le swahili ; mais d’autres langues sont également parlées, l’acholi, le kiganda, le konjo, le lusoga ou le luganda… L’Ouganda continue de privilégier son appareil militaire, il n’investit presque rien dans des politiques familiales ou d’éducation. Touristes, faites preuve d’une grande prudence en Ouganda en raison de la menace terroriste et du taux de criminalité élevé. Évitez surtout tout déplacement dans les zones situées à moins de 50 km de la frontière avec le Soudan du Sud en raison du banditisme et des attaques transfrontalières de groupes rebelles. L’Ouganda est aussi un des premiers foyers au monde de l’épidémie du sida. L’épidémie d’Ebola est réapparue en septembre 2022.

Guerre, épidémies et famine si on ne maîtrise pas la fécondité, le diagnostic de Malthus en 1798 est une réalité dans l’Ouganda de 2023. Nulle idéologie dans cette approche démographique. Le livre que vous avez entre les mains est fait pour que la réalité de la surpopulation entre dans le langage courant, que ce soit dans la culture des pays à la fécondité exubérante ou dans les annonces médiatiques du monde occidental. En effet, ce n’est que si on nomme le problème qu’on peut commencer à prendre des mesures pour y remédier. Rappelons que si la surpopulation en Ouganda est avérée, nous montrons par ailleurs que les pays développés ont déjà atteint un niveau de surpopulation tel qu’il mérite la poursuite de la baisse de fécondité. Zimbabwe, France, Royaume-Uni, aucun pays n’est à l’abri du surnombre. La superficie de l’Ouganda est de 241 550 km2, soit environ la taille du Royaume-Uni. Selon la banque mondiale, la densité en Ouganda est de 229 hab./km², mais la densité du Royaume-Uni est plus élevée, 277 hab./km².

1 https://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/10/la-longue-marche-du-planning-familial-en-ouganda_1731596_3244.html

17/27. Ouganda, de 7 millions d’habitants à 47 Lire la suite »

16/27. Niger, coups d’État à répétition

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

La scène est désormais bien connue des téléspectateurs ouest-africains. Les programmes sont tout à coup interrompus et des militaires en treillis apparaissent sur le petit écran pour proclamer la destitution du président.

26 juillet 2023 au Niger, dix hommes en tenue militaire sont apparus à l’antenne de la télévision nationale nigérienne : « Nous, Forces de défense et de sécurité, réunis au sein du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie… toutes les institutions issues de la VIIe République sont suspendues. »1 Cette tentative de coup d’Etat semblait seulement reliée à des frustrations personnelles du chef de la garde présidentielle ! Les dirigeants corrompus sont remplacés par des dirigeants corrompus. Les gouvernements ont de l’argent pour acheter des armes mais pas pour nourrir correctement leur population. Là où se trouvent les armées, la population est délestée d’une partie de ses richesses pour permettre aux soldats de subsister. Et l’expropriation du surplus alimentaire par la caste militaire permet de consolider leur pouvoir. Un pays en état de surpopulation éprouve d’énormes difficultés d’avoir des élections démocratiques et un gouvernement stable. Ajoutons qu’il n’y a pas que le pouvoir central qui pose problème au Niger, groupes djihadistes et rébellion touareg sont très actifs. Il y a 5 ethnies principales, les Haoussa (56% de la population), les Zermas-Songhaï (22%), les Peul (8,5%), les Tuareg (8%) et les Kanuri (4%). Le français est la langue officielle.

Pour replacer les chocs politiques dans leur contexte, il faut envisager la situation économique. L’agriculture représente près de 40 % du produit intérieur brut du Niger, et plus de 80 % de la population vit en milieu rural. Le secteur des mines occupe 10 % de la population active. L‘uranium et le pétrole sont les deux principales sources de revenus du pays, d’où la forte dépendance face aux investisseurs étrangers. La faible diversification économique, combinée à une dette élevée entrave toute velléités de développement. En 2009, sur 182 pays membres des Nations unies, le Niger se trouvait en dernière position dans le classement annuel de l’indice de développement humain. La croissance économique n’a pas dépassé 1,2 % en moyenne entre 1960 et 2004 alors que la population augmentait encore de plus de 3 %. Dans ces conditions, le niveau de vie par habitant ne peut que décroître, le pays est en voie de sous-développement. Or le développement économique est une des explications d’une baisse de la fécondité. D’où le cercle vicieux explosion démographique, accroissement de la pauvreté, fécondité importante, etc.

2,5 millions de Nigériens et Nigériennes en 1950, 3,5 millions d’habitants en 1960… 15 millions en 2009… 22,5 millions en 2020… 79 millions en 2050 selon les tendances actuelles… et peut-être 209 millions en 2100. Autant dire que freiner une telle marée humaine devient tâche impossible. Plus de sept enfants en moyenne par femme, un tel indice de fécondité alimente un taux de croissance de 3,3 % par an, un doublement de la population tous les 21 ans dans un pays sahélien gagné par la désertification. 30 % des filles sont mariées avant l’âge de 15 ans, 42 % des femmes sont mères avant 17 ans ; le Niger est le champion du monde de la fécondité.

Le président français Emmanuel Macron disait vrai : « Quand des pays ont encore aujourd’hui sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. » Voici en 2017 le point de vue du docteur Hassane Atamo, chef de la planification familiale au Niger :

« Chez nous, avoir beaucoup d’enfants est un signe de puissance et de richesse. L’âge moyen du premier mariage au Niger est de 15 ans. Imaginez une fille qui n’a jamais été à l’école… Elle a toutes les chances de se marier à 13 ou 14 ans ! Quand un Nigérien a plusieurs femmes, une compétition s’installe entre les épouses ; chacune veut donner le maximum d’enfants au mari… De plus le taux de mortalité infantile a baissé, notamment grâce aux avancées de la médecine… On continue à penser que c’est Dieu qui décide du nombre de nos enfants, que c’est le destin. La religion interdit les mots tels que « limitation des naissances » ou « stérilisation »…  La pression démographique est telle que les terrains agricoles sont de plus en plus divisés et que la qualité des sols ne suit plus..2

Une évolution favorable en matière de planning familial émerge. Il fallait une autorisation écrite du mari et sa pièce d’identité, ou sa présence, pour que la femme puisse obtenir un contraceptif. Depuis 2008, les textes ont supprimé ces barrières. Il y a gratuité des produits contraceptifs depuis 2007 dans toutes les structures publiques. Le plan de planification familiale 2013-2020 avait pour objectif de faire passer le taux de prévalence contraceptive de 12 % à 50 % d’ici à 2020. Les injections intramusculaires, tous les trois mois, sont le moyen de contraception le plus utilisé. Le dispositif intra-utérin commence aussi à être connu. Mais toutes ces techniques ainsi que l’école des « maris modèles pour promouvoir la santé maternelle »3 arrivent tard, beaucoup trop tard. La pression démographique est telle que les terrains agricoles sont de plus en plus divisés et que la qualité des sols ne suit plus.

Les pays pourraient continuer à laisser libre cours à leur exubérance reproductrice quand on peut partir ailleurs dès qu’on se sent à l’étroit chez soi. Les nouvelles autorités du Niger, issues du putsch de juillet 2023, ont choisi d’abroger la loi qui pénalisait l’aide aux migrants. Quelles seraient les réactions si on appliquait la formule suivante aux flux migratoires : ne laisser entrer en Europe que les citoyens venant de pays ayant un taux de fécondité inférieur ou égal à celui de l’Union européenne, soit 1,58 enfants par femme. Mais restons objectif : il est au moins aussi difficile d’agir contre la sur-fécondité humaine dans certains pays pauvres que de demander aux habitants des pays riches d’accepter une baisse de leur niveau de vie pour lutter contre leur sur-consommation.

1 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/07/27/niger-la-chute-du-president-mohamed-bazoum-destabilise-encore-un-peu-plus-le-sahel_6183560_3212.html

2 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/10/18/demographie-le-niger-a-connu-de-grandes-avancees-en-matiere-de-planning-familial_5202857_3212.html

3 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/03/22/au-niger-une-ecole-des-maris-modeles-pour-promouvoir-la-sante-maternelle_6074024_3212.html

16/27. Niger, coups d’État à répétition Lire la suite »

15/27. MONDE, densité moyenne de 61 hab./km2

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

Je constate personnellement dans mes recherches ce que la surpopulation humaine implique, un surnombre synonyme d’étouffement, de chute de la biodiversité et de suppression de nos libertés. Je suis né en 1947 dans un monde de « seulement » 2,3 milliards d’humains. Mais si je vivais centenaire, les statistiques prévoient 9,2 milliards d’êtres humains, soit une multiplication par 4 au cours de mon existence. Insupportable. Comment nourrir suffisamment et loger décemment 7 milliards de personnes de plus au cours d’un seul siècle ? N’importe lequel d’entre nous devrait être terrifié par l’ampleur de cette marée humaine… qui restreint aussi l’espace de toutes les autres espèces.

Je voudrais que mes inquiétudes soient partagées. Décortiquer le niveau de surpeuplement de chaque pays ne peut se faire que si on a une claire conscience de la surpopulation globale de la Terre. Avec l’item « « surpopulation humaine » Terre » sur le moteur de recherches google, on trouve par exemple :

– La barrière symbolique des 10 milliards d’humains devrait être atteinte en 2050 selon le dernier rapport de l’ONU. Une croissance de 26 % par rapport à aujourd’hui. Cette surpopulation pose de nombreuses questions sur la capacité de notre planète à accueillir l’Humanité.

– En 2017, plus de 15 000 scientifiques de 184 pays, dans un manifeste publié par la revue BioScience et largement relayé par la presse mondiale reconnaissent consensuellement que l’espèce humaine est en état de surpopulation sur Terre.1

Voici quelques éléments supplémentaires pour vous permettre de mesurer la gravité de la situation.

Notre espèce homo sapiens a une origine récente, sans doute 300 000 ans environ. Il y a environ 74 000 ans, la population mondiale aurait été selon wikipedia réduite à 15 000 individus. Il y a 10 000 ans environ, la fin d’une période de glaciation et le début du néolithique, nous n’étions que 1 à 10 millions sur cette petite planète. Maintenant il faut s’exprimer en milliard. Alors la pression démographique s’accroît même si le taux de croissance est moindre.

date

1800

1930

1974

2022

Nombre d’humains

1 milliard

2 milliards

4 milliards

8 milliards

Le niveau de la population mondiale est si élevé que même un faible taux de croissance entraîne un surnombre important. Notre population s’est accru de 1 milliard en 130 années (1800-1930), puis de 1 milliard tous les 22 ans sur la période 1930-1974, et de 1 milliard tous les 12 ans entre 1974 et 2022. Entre 2011 et 2022, il n’a fallu que onze années pour s’accroître d’un milliard supplémentaire. Comment nourrir, loger et offrir quelques commodités à une telle masse d’entrants. Avec l’épuisement des ressources fossiles, le réchauffement climatique et les dégâts que notre civilisation techno-industrielle inflige à la planète, la notion de développement durable2 devient obsolète.

La surpopulation dans un pays ne serait pas grave si on pouvait facilement émigrer dans d’autres contrées. Ce n’est plus le cas, la planète toute entière est saturée d’humains et les frontières se ferment. Aucune terre n’est libre d’hommes depuis très longtemps et dès 1798, Malthus en avait conscience contre l’opinion commune.

Thomas More, en 1516, croyait pouvoir encore écrire dans son livre, L’utopie : « Quand il y a dans une ville plus de monde qu’elle ne peut et qu’elle ne doit en contenir, l’excédent comble les vides des cités moins peuplées. Enfin, si l’île entière se trouvait surchargée d’habitants, une émigration générale serait décrétée. Les émigrants iraient fonder une colonie dans le plus proche continent, où les indigènes ont plus de terrain qu’ils n’en cultivent. »

Thomas Robert Malthus était à la fin du XVIIIe siècle bien plus perspicace : « On ne peut lire le récit de la conquête du Mexique et du Pérou sans être frappé de cette triste pensée, que la race des peuples détruits était supérieure, en vertu aussi bien qu’en nombre, à celle du peuple destructeur. (…) Si l’Amérique continue à croître en population, les indigènes seront toujours plus repoussés dans l’intérieur des terres, jusqu’à ce qu’enfin leur race vienne à s’éteindre. »3

Dans un contexte mondial où les nationalismes provoquent un repli sur soi, vouloir s’appuyer sur ses propres forces implique que chaque pays puisse atteindre dans l’avenir un niveau d’autonomie alimentaire et énergétique le plus important possible. A l’heure de la mondialisation des ressources, les pays anciennement développés tout autant que les pays en voie de sous-développement ne suivent pas cette voie. Jusque vers la fin du XXe siècle, la globalisation des échanges était fondée sur un commerce « horizontal » : on échangeait des matières premières contre des produits manufacturiers. Les conséquences restaient confinées aux secteurs qui utilisaient ces matières premières de manière intensive. Depuis les années 1990, les échanges commerciaux se sont développés de manière plutôt « verticale », tissant de véritables réseaux au sein desquels chaque producteur dépend d’un très grand nombre d’autres producteurs.

Un choc confiné sectoriellement et géographiquement peut avoir des effets globaux dévastateurs. Le Covid-19 a débuté dans une province manufacturière de la Chine, et la crise des subprimes de 2008 a été déclenchée par un krach immobilier relativement mineur aux États-Unis. Les conséquences de l’invasion de l’Ukraine en a été une autre illustration : moins de céréales vers les pays pauvres, moins de pétrole et de gaz pour les pays riches. La probabilité d’une propagation de chocs géopolitiques similaires à ceux du XXe siècle comme la grande crise économique de 1929 et les guerres mondiale reste élevée.

Donnons quelques chiffres pour mieux cerner le problème démographique. La Terre supporte au 1er janvier 2024 près de 8,1 milliards d’habitants, soit un peu plus de 80 millions de plus (naissance – décès) que début janvier 2023, c’est-à-dire beaucoup plus que la population française : la France compte 68,0 millions d’habitants dont 65,8 millions résident en France métropolitaine. Le taux de croissance moyen de la population mondiale est de 1 % actuellement, soit un doublement tous les 70 ans. La densité moyenne est de 61 hab./km² au niveau planétaire. La situation reste cependant très contrastée entre les pays développés où la fécondité se situe désormais majoritairement en dessous de 2 enfants par femme et les pays les plus pauvres, notamment en Afrique, plus de 4 enfants par femme et plus encore si l’on retient la seule région subsaharienne et dans quelques pays d’Asie où la croissance reste forte. En conséquence la lutte contre la paupérisation et la famine devient de plus en plus difficile. Mais notez aussi qu’un enfant de plus dans une famille riche aura une empreinte écologique démesurée par rapport à d’autres enfants nés défavorisés.

Bien entendu pour mesurer l’état de surpopulation mondiale, il faut analyser beaucoup de paramètres, le potentiel agricole et donc alimentaire, les ressources renouvelables et non renouvelables, les pollutions diverses y compris les gaz à effet de serre, la situation de la biodiversité, etc. Beaucoup d’études ont été réalisées sur la question, de nombreux rapports et de livres montrent l’ampleur des problèmes. Pour bien cerner l’essentiel, deux indicateurs montrent que nous avons déjà dépassé les limites du supportable. Le concept de « limites planétaires » est scientifiquement établi. Il provient d’une étude internationale4 réalisée en 2009. Elle fixe neuf limites à ne pas franchir pour que l’écosystème terre continue de fonctionner d’une manière qui soit vivable pour les humains. Six sont déjà considérées comme dépassées. Notons que ces 9 limites, eau douce, déforestation, azote, ozone, CO2, etc… ne prennent pas en compte le nombre d’habitants humains alors que cette dimension détermine toutes les autres. Autre indicateur, le « jour du dépassement » marque la date à partir de laquelle l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que les écosystèmes sont capables de produire en une année. En 1971, le jour du dépassement était fixé au 25 décembre et l’humanité consommait déjà 2,4 milliards de tonnes de pétrole par an. Aujourd’hui nous en sommes à 100 millions de barils par jour. Sachant qu’un baril fait 136 kilos, cela fait environ 5 milliards de tonnes par an. Le réchauffement climatique découle de nos usages des énergies fossiles. Et le dépassement est advenu le 2 août de l’année 2023. L’équivalent de 1,7 Terre serait nécessaire pour régénérer notre consommation de ressources, or nous n’avons qu’une seule planète à notre disposition.

De toute façon, l’ensemble de la biosphère a-t-il pour unique vocation de régénérer les ressources consommées par les humains ? Nous ne sommes qu’une espèce animale parmi tout le foisonnement de la vie et notre pullulation détériore l’espace vital de bien d’autres espèces. Ajoutons qu’aujourd’hui, 56 % de la population mondiale, soit près de 4 milliards d’habitants, vivent en ville. Cette tendance va se poursuivre : d’ici 2050, avec un doublement du nombre actuel de citadins, pratiquement sept personnes sur dix dans le monde vivront en milieu urbain. La densité urbaine est non seulement énorme, mais elle est subventionnée par l’extérieur de façon non durable. Ce qui veut dire que beaucoup trop de personnes vivent hors sol, dépendant des échanges nationaux et internationaux pour survivre. Une crise internationale de l’approvisionnement, et les urbains vont aller où ?

L’effondrement d’une civilisation suréquipée peut être très rapide. Plus le niveau d’interdépendance des infrastructures est élevé, plus de petites perturbations peuvent avoir des conséquences importantes sur l’ensemble. Ce mécanisme s’applique à toutes les économies sur-développées. Dans un monde surpeuplé comme le nôtre, l’interconnexion est telle qu’un événement même ponctuel peut entraîner des bouleversements en chaîne au niveau mondial. Le rapport au club de Rome de 1972 sur les limites de la croissance était clair :

« Notre modèle d’analyse des systèmes traite cinq tendances fondamentales : l’industrialisation, la population, l’alimentation, les ressources naturelles non renouvelables et la pollution. Les interactions sont permanentes. Ainsi la population plafonne si la nourriture manque, la croissance des investissements implique l’utilisation de ressources naturelles, l’utilisation de ces ressources engendre des déchets polluants et la pollution interfère à la fois avec l’expansion démographique et la production alimentaire… La validité de notre modèle réside dans le fait qu’il y a toujours un point sur le graphique où l’expansion s’arrête et où l’effondrement commence quelles que soient les conditions initiales. Partout dans un réseau d’interactions, il existent des délais sur lesquels les techniques les plus élaborées n’ont aucun effet. Les conséquences d’une politique de régulation des naissances ne pourront devenir sensibles qu’avec un retard de l’ordre de 15 à 20 ans. Le cycle de la pollution est très long, pour certains cancérigènes il peut atteindre 20 ans. Le transfert des investissements d’un secteur à l’autre n’est pas une opération instantanée. Dans les systèmes à croissance rapide ou exponentielle, les changements d’orientation doivent intervenir tellement vite que les impacts des changements précédents n’ont pas encore pu être déterminés. »

En 1974, nous étions déjà 4 milliards et on s’inquiétait alors de ce surnombre, que ce soit dans ce rapport de 1972 ou avec le présidentiable René Dumont en 1974, qui a fait entrer l’écologie en politique cette année-là. Cette période malthusienne est bien révolue. Lors du sommet de la Terre à Rio en 1992, toutes les composantes de la vie sur Terre étaient mises sur la table, sauf une, la démographie. Maurice Strong, le secrétaire général de cette rencontre, eut beau déclarer que « soit nous réduisons volontairement la population mondiale, soit la nature s’en chargera pour nous et brutalement », dès le début ce sujet était purement et simplement tabou. En 2022, le passage aux 8 milliards est passé dans l’indifférence générale, on s’attache médiatiquement soit au problème du vieillissement, soit à la surpopulation carcérale. On fait comme si la surpopulation humaine n’existait pas. Sur le site du Fonds mondial de l’ONU pour la population5, on pouvait même trouver cette réaction :

« Le franchissement de ce seuil (8 milliards) s’accompagnera sans doute de discours invoquant avec alarmisme le terme de surpopulation. Se laisser aller à de telles paroles serait une erreur. »… Pour aller au bout de cette logique, l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) devrait interdire de présenter les statistiques démographiques autrement que de façon positive.

L’impact démographique sur nos conditions de vie est incontestable, pour en discuter facilement on peut présenter à ses interlocuteurs l’équation synthétique IPAT :

I = P x A x T

L’impact environnemental, noté I, est le produit de trois facteurs : la taille de la Population (P), les consommations de biens et de services ou niveau de vie (A pour « Affluence » en anglais) et les Technologies utilisées pour la production des biens (T). Si l’on regarde ce qui se passe en ce moment, on constate au niveau mondial que le taux annuel de la croissance de la population est de 1 % (x 1,01), le taux de croissance du PIB est en moyenne de 3 % (x 1,03). L’amélioration de l’intensité énergétique des techniques est difficile à estimer, si ce n’est par le rapport entre tonnes équivalent pétrole et PIB. Considérons pour simplifier que T est égal à 1, neutre par rapport à la croissance démographique et l’explosion consumériste. L’impact environnemental est donc de 1,01×1,03×1, soit environ 4 % (pour simplifier, l’approximation 1 % + 3 % + 0 % = 4% est assez bonne pour ce genre de taux assez proches). On voit les conséquences de ce taux de croissance global tous les jours dans les médias, dérèglement climatique, épuisement des ressources, pollutions diverses, etc.

Cette équation nous montre à la fois les causalités et la voie à suivre. Aucun des termes P, A et T ne peut être considéré indépendamment des deux autres. La population est un multiplicateur des menaces tout comme la croissance économique, et l’automobile ne peut pas se concevoir sans son conducteur ni le nombre de chevaux de son moteur. Il faut donc agir de façon simultanée sur la surpopulation, la surconsommation et l’hubris technologique. En clair, pour correspondre aux interrelations de l’équation IPAT, il faudrait à la fois valoriser culturellement la sobriété démographique comme la sobriété consumériste et technologique, mais on n’en prend pas le chemin ; parler de maîtrise de la fécondité est encore tabou, la défense du niveau de vie reste toujours une priorité actuellement et la sauvegarde par le progrès technologique reste une illusion bien partagée.

N’oublions pas que le poids du nombre n’a pas seulement ses effets délétères sur la sphère humaine. Lors de la COP10 en 2010, la Convention des Nations unies sur la Diversité Biologique (CDB) avait adopté les accords dits « objectifs d’Aïchi », qui établissaient vingt points à atteindre pour 2020 ; les objectifs n’ont pas été atteints, de toute façon aucun n’était démographique. Lors de la COP15 en 2022, aucun mécanisme contraignant n’en a résulté et la démographie était encore absente des débats. Pourtant une bonne partie de l’explication de lextinction de la biodiversité résulte de notre nombre qui diminue l’espace vital de toutes les autres espèces. Il faut considérer aussi tous les massacres qu’on opère pour nous nourrir ou nous divertir. Et nos troupeaux prennent la place de la vie sauvage.

1 https://fr.wikipedia.org/wiki/BioScience

2 Développement durable, défini internationalement en 1987 ainsi : « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. »

3 De l’émigration / Malthus, Essai sur le principe de population (Flammarion 1992, tome 2 p.43 à 51)

4 https://www.nature.com/articles/461472a

5 https://www.unfpa.org/fr/press/declaration-de-la-journee-mondiale-de-la-population-2022

15/27. MONDE, densité moyenne de 61 hab./km2 Lire la suite »

14/27. Madagascar, trente femmes à l’origine

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

Madagascar était une île magnifique dotée de richesses naturelles immenses. Ses ressources, sa faune et sa flore en font un endroit unique sur Terre. La plupart des espèces que l’on retrouve sur l’île sont endémiques. Le scénario le plus probable fait remonter son peuplement à l’établissement il y a quelque 1 200 ans d’un groupe très restreint, comptant une trentaine de femmes. Mais l’évolution démographique s’est accélérée de nos jours, 5 millions d’habitants en 1960, 10 millions en 1985, 20 millions en 2009. Un recensement a été effectué en 2018, le précédent datant de 1993. On a dénombré 25 680 342 habitants, avec une très forte croissance démographique annuelle moyenne de 3,01 %. À ce rythme, la population va encore doubler d’ici 2040 : plus de 50 millions d’habitants ? Le taux de fécondité est de 4,03 enfants par femme (2019), le poids du nombre transforme ce paradis en enfer. Mais non seulement cela n’inquiète personne, mais la liberté des femmes est entravée. L’avortement à Madagascar, quelles qu’en soient les causes, reste sévèrement puni par la loi.

Très peu de femmes ont accès la contraception. L’interdiction de l’IVG, même pour des motifs thérapeutiques ou en cas de viol ou d’inceste, maintient les femmes dans l’insécurité. Des milliers de femmes meurent chaque année d’avortements réalisés de manière clandestine. Les femmes sont passibles de six mois à deux ans de prison et à une amende pouvant atteindre 2 millions d’ariary, soit dix fois le salaire moyen.

Madagascar a signé en 2003 le protocole de Maputo, qui garantit les droits des femmes, dont celui à l’avortement dans les cas d’agression sexuelle, d’inceste ou lorsque la grossesse met en danger la vie de la mère. Mais le texte n’a jamais été ratifié. La loi sur les violences faites aux femmes, adoptée en 2020, n’a toujours pas reçu ses décrets d’application. Une proposition de loi sur l’interruption de grossesse (seulement pour motif thérapeutique) vient d’être retirée de l’ordre du jour sans explication. Le mot « hypocrisie » s‘impose. Car dans chaque famille, on connaît au moins une femme qui a dû avorter et une pour laquelle cela s’est mal passé.1

L’Agence Française de Développement (AFD) avait financé un projet visant à améliorer la santé maternelle et infantile à Madagascar, en occurrence le PASMI (Projet d’Appui à la Santé Maternelle et Infantile)2, mais seulement au niveau des régions de Bongolava et Itasy. De toute façon ce projet n’a été mis en œuvre que sur la période de janvier 2014 à mars 2017 par un consortium de 6 ONGs Françaises. Moins d’une femme sur deux en âge de procréer (15-49 ans) a recours à la contraception. Entre stigmatisation, tabou et croyances sociales, les obstacles au plein accès des femmes aux services de santé sexuelle sont encore puissants.

Rappelons que l’association Démographie Responsable3 demande que 25 % de l’aide publique au développement soit consacrée à la planification familiale. Il faudrait bien compenser par une aide extérieure l’inaction d’un gouvernement en matière de planning familial.

On ne peut que constater que dans les pays surpeuplés, la lutte pour le pouvoir prend une telle place qu’elle occulte complètement toute dimension structurelle aux actions politiques : on se contente de vivre dans le court terme. Par exemple en novembre 2023, la capitale Antananarivo est sous couvre-feu avant la présidentielle. Le jour de vote est sous tension dans un scrutin marqué par l’appel au boycott de presque toute l’opposition. Après le premier tour de l’élection présidentielle des centaines de partisans du président sortant Andry Rajoelina faisaient la queue pour venir chercher leur carte du parti, estimant qu’elle leur donne droit à rétribution. Le président sortant a obtenu 58,95 % des voix au terme d’un scrutin tendu, l’opposition ne reconnaît pas le résultat… Comment parler d’autolimitation de la fécondité dans un tel contexte ?

1 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/05/12/madagascar-dans-chaque-famille-on-connait-au-moins-une-femme-qui-a-du-avorter_6125861_3212.html

2 https://www.planning-familial.org/en/node/244

3 https://www.demographie-responsable.org/

14/27. Madagascar, trente femmes à l’origine Lire la suite »

13/27. Liban, déjà 547 hab./km² en 2021

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

Le Liban est assez symptomatique d’une très vieille région qui a vu passé toutes les civilisations depuis les mésopotamiens. Elle a pour culture historique la confrontation violente : guerres civiles, insécurité, société divisé en communauté religieuses, émigration économique et immigrations politiques, ingérence des pays limitrophes ou régionaux, crises économiques ou financières… Entre 1960 et 2022, le nombre d’habitants au Liban est passé de 1,80 millions à 5,49 millions, soit une multiplication par trois en 62 ans seulement. Cependant ce nombre est fluctuant, 6,6 millions d’habitants en 2018 par exemple. Le Liban a connu la plus forte augmentation démographique en 2013 avec 6,78 % et la plus forte baisse a été enregistrée en 2019 avec -2,84 %. Ces variations démographiques sont le signe des perturbations de tous ordres qui touchent le Pays du Cèdre et ses environs. Tous ces chiffres ne sont d’ailleurs qu’approximatifs, le dernier recensement date du mandat français… en 1932.

De toute façon ce qui importe pour juger d’un état de surpopulation n’est pas le nombre global dhabitants, c’est la densité. Le Liban avait 547 hab./km² en 2021, ce qui veut dire que 5 à 6 personnes n’ont à leur disposition qu’un seul hectare, soit un carré de 100 mètres de côté. Pour être encore plus précis, il faut considérer la densité par superficie cultivable. Or le Liban a un potentiel agricole limité. Ce pays est pour ainsi dire une montagne débouchant sur la mer Méditerranée. Une rocade côtière est le seul axe de circulation et d’unification longitudinal. Le mont Liban est le plus élevé des montagnes littorales de l’est de la Méditerranée, dépassant 3 000 mètres et la plupart des terres ne sont pas arables. Les maronites avaient transposé dans le massif montagneux leurs techniques agricoles minutieuses de la plaine, et notamment le système des terrasses, faisant du mont Liban une montagne « reconstruite ». La rançon du développement de cette puissante civilisation agricole fut en revanche le déboisement quasi total de la montagne. Si au Moyen Âge le mont Liban n’était déjà plus un grand producteur de bois d’œuvre, il alimentait encore en bois de feu et en charbon de bois les plaines voisines. Cette ressource a totalement disparu à l’époque moderne. Aujourd’hui le secteur agricole peine à survivre sur un marché régional concurrentiel. Et les pratiques agricoles ont entraîné l’érosion et l’appauvrissement des sols, l’épuisement des ressources en eau souterraines, la pollution de l’eau et l’utilisation de pesticides avec des incidences sur la santé. L’insécurité alimentaire ne peut que s’accroître.

Les habitants, majoritairement citadins (89 % de la population en 2022), se concentrent sur l’étroite plaine littorale. La capitale, Beyrouth, dépasse 1 million d’habitants, elle entasse 20 % de la population du pays. Dans Tripoli, la seconde ville la plus peuplée, 85 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et les laissés-pour-comptes n’ont d’autres options que de se tourner vers la charité. Les villes ont de tous temps et dans tous les lieux été subventionnées par les campagnes, ce qui leur permet d’atteindre une densité de population très élevée, trop élevée. Qu’un blocage interne ou international survienne, et les habitants des principales villes libanaises risquent fort d’éprouver la famine et les conflits interethniques.

La population est culturellement hétérogène. Cela joue un rôle central dans l’équation démographique. La surpopulation résulte souvent d’une compétition entre ethnies par le nombre de nouveaux-nés. En France on s’inquiète sans preuves d’un éventuel « Grand remplacement » des Français de souche par les migrants. Au Liban, les musulmans, chiites notamment, en état d’infériorité économique mais de plus en plus nombreux, veulent rivaliser avec leurs compatriotes chrétiens. Entre 1932 et 2018, le nombre de ces derniers aurait triplé, tandis que celui des musulmans aurait été multiplié par neuf. La création d’Israël a provoqué dès 1948 un afflux de Palestiniens. Une guerre civile interconfessionnelle a ravagé le pays de 1975 à 1990. La recherche de la puissance par le nombre accroît le poids du nombre. Comme l’écrivait le philosophe Gaston Bouthoul, la guerre est un infanticide différé. Après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et le bombardement intensif de Gaza par les forces israéliennes s’est instauré une « drôle de guerre » entre l’État juif et le Hezbollah libanais. Comme si les dissensions internes au Liban ne suffisaient pas.

Ce pays, toujours régi par des institutions multiconfessionnelles, voit son fonctionnement démocratique gravement entravé. La Chambre des députés est censée refléter le poids des différentes communautés du pays, mais c’est ingérable. Aux élections législative de mai 2022, les fractions sont innombrables, Hezbollah, mouvement Amal, Forces libanaises, Courant patriotique, etc. En juin 2023, aucun des deux candidats à la présidentielle n’a obtenu le nombre de voix suffisant, alors que le Liban était sans président depuis plusieurs mois déjà. Il est difficile d’obtenir un système véritablement démocratique avec une population trop nombreuse, à plus forte raison dans une société culturellement divisée.

Aujourd’hui c’est une crise économique foudroyante qui s’ajoute aux crises politiques. Le Liban a toujours été l’un des pays les plus inégalitaires au monde, mais ces dernières années la tendance s’est accélérée. Selon les Nations Unies, 10 % de la population possède désormais plus de 70 % des richesses. La livre libanaise a perdu 95% de sa valeur. Près de 80 % des Libanais vivent désormais sous le seuil de pauvreté, avec moins de 6 dollars par jour. Avec un État en faillite incapable d’assurer les services de bases comme l’électricité, la sécurité sociale ou la retraite, le système clientéliste se substitue au service public. Une région, une nation est surpeuplée lorsqu’elle n’arrive pas à subvenir aux besoins énergétiques de sa population, c’est-à-dire à son alimentation et à ses besoins en combustible pour la cuisson, le chauffage, le transport et les activités industrielles. Le Liban s’approche d’une tlel stuation.

Concluons. L’usage de la contraception et la démocratie restent le meilleur vaccin contre le chaos. L’économiste et philosophe indien Amartya Sen a reçu le prix Nobel d’économie en 1998. Dans un discours du 15 juin 1999, il constatait :

« Il est tout à fait remarquable, quand on étudie les famines dans l’histoire, de voir que celles-ci ne surviennent pas dans les démocraties. En effet, il n’y a jamais eu de grande famine dans un pays démocratique, quel que soit son degré de pauvreté. C’est dû au fait que les famines sont, en réalité, faciles à prévenir, pour peu que le gouvernement s’y emploie ». Pendant la grande famine en Irlande au XIXe siècle, le pays continuait à exporter des denrées alimentaires !

Une surpopulation se révèle explicitement par l’occurrence de famines, de guerres ou d’épidémies, mais l’origine est souvent très complexe. Nous avons montré que les signes de surpoids démographique résultent d’un nombre élevé de facteurs enchevêtrés qui tous convergent vers des difficultés sans nombre. Prenons pour le Liban un dernier exemple, historique. Entre 1915 et 1918 le tiers de la population libanaise est mort d’une famine provoquée à la fois par une invasion de sauterelles, par le blocus imposé au Liban par la Triple-Entente et surtout par le blocus terrestre imposé par le gouverneur ottoman Djemal Pacha. A l’heure actuelle, la situation est complexe et difficile, mais on n’y meurt pas encore de faim comme dans d’autres pays. Cependant l’avenir est compromis. L’absence de souveraineté alimentaire, les conflits interethniques, l’instabilité politique et la crise économique et financière rendra la vie de plus en plus insupportable dans ce pays de 6 millions d’habitants qui en comptait seulement 600 000 vers 1910.

13/27. Liban, déjà 547 hab./km² en 2021 Lire la suite »