Nous avons perdu dans notre société croissanciste le sens des limites. Il y a 20 ans, lors du démarrage de notre blog en 2005, nous avons déjà utilisé très souvent la notion de limites. En voici l’illustration :
12.03.2005 Le développement durable (en kiosque)
C’est le titre d’un Hors-série (1er trimestre 2005) du mensuel « Alternatives économiques » qui montre que l’homme a modelé la Nature selon ses besoins jusqu’à la limite du désastre. On y voit aussi une photo de Maurice Strong, secrétaire de la première conférence onusienne sur l’environnement à Stockholm (9 juin 1972) arrivant en bonne compagnie à la réunion en vélo. On y aborde le réchauffement climatique, la montagne des déchets, le casse-tête énergétique, la question de l’eau et de la ville, on s’interroge : la seule solution, la population ? Mais G.Duval pense encore que la décroissance n’est pas un projet économique et politique de nature à répondre à la grave menace écologique qui nous menace. Pourtant il constate qu’il y a peu de réalisations à mettre au compte du développement durable, que chacun cherche à protéger les situations acquises et que la décroissance de la consommation d’énergies fossiles doit être mis en place rapidement. Pourtant il souligne aussi l’effet rebond (quand on accroît l’écoefficience, l’usage se développe et la consommation globale ne diminue pas). Mais pour lui la décroissance relève d’une vison du monde passéiste qui voudrait revenir à l’âge de pierre et aux inégalités entre homme et femmes. Il pense sans le démontrer que le salariat est une forme bien supérieure des rapports sociaux. Pour résumer, « Faudrait-il rétablir le féodalisme pour espérer sauver l’environnement ? ».
La Biosphère trouve profondément déplaisant ce genre de penseur qui, assis dans son fauteuil, minimise la nécessaire critique de la croissance économique en faisant dire aux décroissants des choses qu’ils n’ont jamais dites !
28.02.2005 Les devoirs envers l’environnement
Le président J.Chirac avait lancé en janvier 2003 les premières assises de la charte de l’environnement : « Aux côtés des droits de l’homme de 1789 et des droits sociaux de 1946, et au même niveau, nous allons reconnaître les principes fondamentaux d’une écologie soucieuse de devenir de l’homme ». Le 28 février 2005, un texte était approuvé par les parlementaires réunis en Congrès : « Le peuple français, Considérant Que les ressources et les équilibres naturels ont conditionné l’émergence de l’humanité ; « Que l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel ;……
Art. 7. – Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement.
La Biosphère constate avec soulagement que les humains reconnaissent pour la première fois dans un texte fondamental qu’ils ont des devoirs envers l’environnement beaucoup plus qu’ils n’ont de droit pour eux-mêmes. L’année 2005 n’est donc pas complètement vide de sens, même si on parle encore d’environnement plutôt que de protection de la Nature !
20.04.2005 Relativisme
Avant même d’être pape, Josef Ratzinger s’en prenait violemment à la « dictature » du relativisme en tant qu’attitude qui ne reconnaît rien comme définitif et n’a comme mesure que ses propres désirs. C’est là faire peu de cas des vertus de la démocratie qui recherche à tâtons la vérité dans les méandres de la planète. Ce ne sont pas les « vérités » de la Bible ou du Coran qui peuvent fixer des limites aux appétits insatiables de la société thermo-industrielle ou de la démographie humaine galopante, ce sont les perturbations des écosystèmes qui exigent de la rationalité humaine un autre comportement, un changement radical du mode de vie et de procréation.
« Tant que vous oublierez la vérité des cycles vitaux, vous serez comme de petits enfants traînant à la dérive, emportés par n’importe quelle doctrine et invention des hommes » (épître de la Biosphère aux Humains).
21.04.2005 Economiser l’eau ?
Selon l’OMS (organisation mondiale de la santé), « Chaque être humain a droit à 50 litres d’eau potable par jour », soit un peu plus de 18 m3 par an. Certains peuvent s’étonner, n’est-ce pas déjà trop ! Mais en France chaque personne utilise déjà en moyenne 150 litres par jour pour sa consommation domestique (alimentaire et non alimentaire), et plus de 200 litres si on ajoute l’ensemble des utilisations collectives de l’eau (écoles, hôpitaux, lavage des rues…). Il faut dire qu’un bain nécessite 150 litres, le lave-linge 90 et la chasse d’eau 10. Les Belges sont les plus sobres de l’UE avec 108 litres quotidiens de consommation domestique. Calcule ta propre consommation et tu t’apercevras que tu peux faire des économies pour la planète : se doucher plutôt que prendre un bain (en fermant le robinet entre chaque aspergions !), se doucher moins souvent, ne jamais laver sa voiture (que l’on ne possède pas !) …
La Biosphère est sûre que tu as plein d’autres proposition pour limiter tes activités…
30.04.2005 Un kit euthanasie
Il y a parfois une bonne nouvelle : un kit contenant les produits nécessaires pour abréger la vie a été mis en vente par les pharmacies de Belgique, cette mort douce étant légalisée depuis une loi de 2002. La mauvais nouvelle, c’est que ce kit ne peut être donnée qu’aux médecins qui doivent se rendre en personne à la pharmacie.
Il y a toujours des limites à la liberté individuelle, un candidat quelconque à l’euthanasie ne peut demandera directement ce kit. Pourquoi ne légalise-t-on pas le suicide, un acte libre et volontaire ?
13.06.2005 L’environnement pour les Européens
C’est un trimestriel publié par l’office des publications officielles des communautés européennes (abonnement gratuit, écrire rue de la Loi 200 à B-1049 Bruxelles). Dans son numéro de juin 2005, on y apprend qu’il est grand temps d’assainir notre atmosphère (européen), qu’il faut sortir les forêts européennes de l’ombre, qu’il faut s’approprier le droit communautaire environnemental, qu’il faut donner le feu vert pour les voitures propres et qu’il faut même limiter les émission de CO2 engendrées par le trafic aérien de la flotte mondiale. Un encadré indique que le développement durable reste un priorité du Conseil européen : lors de leur sommet de printemps en mars 2005, les chefs d’Etat et de gouvernement ont rappelé à quel point il était important de protéger l’environnement en Europe et ont reconnu que la stratégie de Lisbonne (2000–2010) en faveur de la croissance devait contribuer à l’objectif majeur qu’est le développement durable.
Mais la Biosphère vous demande : Est-ce que vous connaissiez déjà ce magazine ? Est-ce que la croissance économique qui détruit la planète est le meilleur moyen de rendre leurs équilibres aux écosystèmes ?
01.07.2005 Le climat, c’est compliqué
L’irruption du Pinatubo en 1991 projeta de telles quantités de poussière volcaniques dans l’atmosphère que la température moyenne à la surface de la Terre diminua de 0,5°C. J’entends tout de suite cogiter nos scientifiques : « Si on utilisait encore plus d’aérosols, ces particules vont réfléchir les rayons de soleil et le réchauffement climatique sera enrayé ». Biosphere signale d’abord que les aérosols d’origine humains représentent seulement 10 % de ceux générés par la Nature, ensuite ils sont de trop petites tailles. Comme ils servent alors de noyaux de condensation, ils diminuent la quantité des précipitations et réduiront ainsi les productions agricoles. Alors d’autres scientifiques : « On pourrait essayer de stimuler un gros volcan avec une petite bombe atomique ! ». Mais dans ce cas, comment doser la quantité de matière émises ?
Il n’y a pas d’autres solutions contre l’effet de serre que limiter la consommation , mais la cécité humaine va de pair avec leur imagination débordante. La Biosphère rigole.
10.07.2005 Pas d’OGM en Europe
Contre l’avis de la Commission, les Etats membres ont autorisé par 22 voix contre 3 l’application de la clause de sauvegarde permettant à un pays d’interdire la culture d’OGM sur son sol. Ils ont raison, mille fois raison (au fond). Les OGM, adaptés à une agriculture extensive, correspondent seulement aux besoins des grandes multinationales de l’agroalimentaire. A l’opposé, le problème agricole mondial n’est pas d’accroître les quantités produites, mais de maintenir des communautés paysannes vivables et viables.
En effet la solution au désordre mondial n’est pas à rechercher dans une agriculture industrialiste et peu utilisatrice de main d’œuvre, mais au contraire dans le développement d’une petite agriculture qui protège des sols fragiles et limite l’exode vers des métropoles de plus en plus ingérables.
10.08.2005 ça va chauffer !
La combustion massive de charbon, de pétrole et de gaz depuis la révolution industrielle a réchauffé l’atmosphère en émettant du CO2, mais elle a aussi contribué à limiter ce réchauffement en émettant de grandes quantités de particules et surtout de dioxyde de soufre. Ce dernier, une fois transformé dans l’atmosphère en aérosols sulfatés, réfléchit les rayons du soleil comme un parasol et influence la formation des nuages, qui agissent aussi sur la température de la Terre. Ce phénomène bien connu a masqué une partie du réchauffement jusqu’à présent, mais il s’estompera probablement au fur et à mesure que les politiques de lutte contre la pollution locale réduiront les émissions de SO2 un peu partout dans le monde. Or, les aérosols sulfatés ne restent que quelques jours dans l’atmosphère tandis que le CO2 y reste plus de cent ans ! Il se peut que cet effet des aérosols ait largement masqué le réchauffement dû aux gaz à effet de serre, d’où une sous-estimation du réchauffement à venir qui, dans le pire des cas, pourrait atteindre 7,8 °C !
La Biosphère vous dit : il n’y a que la décroissance humaine qui mérite attention.
15.08.2005 Blockbuster
Le groupe pharmaceutique français Sanofi Aventis devrait bientôt commercialiser un blockbuster, c’est-à-dire une nouvelle molécule miracle qui fera exploser le chiffre d’affaires. En effet le rimonabant permettrait non seulement d’arrêter de fumer sans prendre un gramme après 10 semaines de traitement, mais il ferait aussi perdre à un obèse en moyenne annuelle 9 kg tout en augmentant son taux de bon cholestérol et en baissant le taux de triglycérides. Le rimonabant agit en effet sur les mécanismes du cerveau et des cellules nerveuses qui interviennent dans le contrôle de l’équilibre énergétique de la personne. Plutôt que de limiter un système techno-industriel pernicieux, la chimie adapte les gens…
La Biosphère se marre : les individus se croient complètement libres dans une société où on les a fortement incité à fumer et à grignoter n’importe quoi n’importe quand, et après on leur fait prendre « librement » des pilules qui les soulage du poids de leurs inconséquences.
12.09.2005 Vous êtes des animaux stupides
La surface dévastée par l’ouragan Katrina est de 235 000 km2, soit près de la moitié de la superficie de la France. Colère et désespoir gagnait en particulier les 300 000 habitants de la Nouvelle-Orléans en attente d’évacuation. Rudolph éclate : « On vit comme des animaux, sans électricité, sans eau, sans toilettes, sans douches, sans rien. Il faut que l’on sorte de là, on devient fous et malades. Ma fille et ses deux petites filles vivent comme des clochardes, c’est insupportable ». S’il est vrai que le cataclysme a révélé le niveau élevé des inégalités et la cruauté des rapports sociaux aux USA, en fait l’ouragan n’est qu’un épiphénomène : les humains sont les premiers responsables de la catastrophe. Dès 1722, on commençait l’édification des travaux d’assèchement de ce qui était un marécage propice à la biodiversité. En 1763, La Nouvelle Orléans n’avait encore que 3200 âmes, mais il y eut ensuite l’explosion urbaine qui avait aujourd’hui besoin de six grandes stations de pompage fonctionnant 24 heures sur 24, même par temps sec !
La Biosphère vous rappelle que les humains sont des animaux parmi les autres qui vivent normalement sans électricité, ni eau courante ou douches privées. Tout cela n’est que le privilège de la classe globale actuelle qui utilise sans limites les ressources naturelles au détriment de beaucoup d’humains, des autres animaux et des écosystèmes : les premiers destructeurs des cycles vitaux sont les habitants de villes dont on croit qu’elles peuvent survivre même en dessous du niveau de la mer !
16.09.2005 L’euthanasie en direct
La télé-réalité n’a plus de limites, elle recherche femme enceinte acceptant d’accoucher en direct mais elle se refuse encore à présenter la mort en direct, en particulier après un choix d’euthanasie. Pour Hummie Van der Tonnerkreek, le réalisateur de « Big brother », il faut en effet différencier ces deux cas : « Avoir des enfants, c’est une fête ; l’euthanasie, c’est sans doute la dernière chose que vous voudriez partager avec d’autres ». Mais ce prescripteur d’amollissement cérébral ne connaît pas grand chose à la relativité en matière sociologique. La mort pour un catholique profond est le moment d’une véritable espérance en la vie éternelle alors que faire un marmot dans un ménage allemand est souvent considéré comme une véritable calamité.
Claire Quillot expliquait son suicide programmé comme une manière de « ramener une sorte d’optimisme ». Du point de vue de la Biosphère, elle a tout à fait raison : la décroissance humaine consentie est préférable à l’explosion démographique du troisième âge. Vive l’euthanasie en direct, à mort les naissances excédentaires !
28.09.2005 Limiter le trafic aérien
Si les émissions totales de gaz à effet de serre ont diminué en Europe de 3 % entre 1990 et 2002, celles générées par le trafic aérien ont augmenté de près de 70 %. Au niveau international, le trafic aérien a engendré en 2002 des émission qui représentent 12 % du total des émissions produites par les transports. Mais l’impact est nettement plus grand si tous les facteurs sont pris en considération. Les oxydes d’azote qui sont rejetées par les avions à leur attitude de croisière forment de l’ozone. Ils engendrent la formation de traînées de condensation qui contribuent également au réchauffement climatique. Pour donner une idée de l’ampleur du problème, sachez que chaque vol aller-retour entre Londres et New York produit, pour deux passagers, presque autant de CO2 qu’une voiture particulière européenne moyenne en un an. La commission européenne pense que si les prix reflètent ces coûts externes, les consommateurs seront plus conscients du coût global de leur vol et les compagnies seront plus enclines à investir dans des technologies respectueuses de l’environnement.
Mais la Biosphère pense de son côté que les riches n’ont pas à monopoliser les voyages en avion ; de plus faire confiance au progrès technique est une illusion car rien ne peut faire voler des plus lourds que l’air sans conséquences sur l’entropie. A chacun d’en tirer les conclusions !
30.09.2005 Consomm-acteur ?
Le prix de l’essence affole facilement les boussoles politiques. La gauche réclame le rétablissement de la TIPP flottante (mécanisme inventé par L.Fabius à Bercy en 2001-2002), c’est-à-dire une baisse de taxe. Le gouvernement supposé libéral de D. De Villepin a choisi de montrer du doigt les profits des compagnies pétrolière. Reste à savoir ce qui est citoyen en matière d’énergie en général et de pétrole en particulier. S’il s’agit de baisser les taxes ou de taxer les majors pour financer une baisse du carburant, et donc relancer la consommation de pétrole, il n’est pas sûr que ce soit dans l’intérêt à long terme de la France et de la planète l’attitude la plus « citoyenne ».
La Biosphère ne peut qu’être en accord avec la Cour des comptes qui, dans son rapport « fiscalité et environnement » indique : « La TIPP contribue à limiter la consommation d’énergie fossile ; elles constitue à ce titre un outil efficace pour respecter les objectifs de réduction des gaz à effet de serre ». Comme la TIPP est moins appropriée pour limiter la pollution locale, la Cour envisage aussi des péages urbains pour limiter l’accès des automobiles aux centres-villes. Préparez-vous à ouvrir votre porte-feuille !
1.10.2005 Vive le pétrole cher !
Le baril de pétrole a récemment dépassé 70 $, il faudrait qu’il augmente encore continûment. En effet certains politiciens et chefs d’entreprises commencent enfin à penser aux économies d’énergie et à la relance des énergies renouvelables car des perspectives s’ouvrent grâce à la hausse des prix. Selon la présidente de l’Ademe (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), le kWh éolien coûte aujourd’hui à peu près autant que le kWh fourni par une turbine à gaz ; pour le thermique, si vous prenez le chauffage au bois, avec un baril durablement à 60 $, il devient compétitif par rapport à un chauffage au fioul ; à 65 $ le baril, certains biocarburants deviennent compétitifs, mais pour d’autres il faudra attendre que l’on se rapproche de 80 ou 100 $. De toute façon, pour que l’investissement dans les énergies renouvelables progresse, le prix du pétrole doit monter toujours plus haut : le kWh photovoltaïque revient encore sept fois plus cher que l’éolien.
La Biosphère aime les énergies renouvelables qui brassent la vie sur Terre comme l’a fait le cyclone Katrina au Sud des USA. Elle préfère sans aucun doute une humanité moins nombreuse qui limite ses besoins en énergie
2.10.2005 L’effet de serre dope l’effet de serre !
Dans la rubrique « l’avenir de la planète », le journal Le Monde nous apprend ceci : « Face aux fortes chaleurs et surtout au stress hydrique, les plantes adoptent un mécanisme de défense qui leur permet de limiter leur évapotranspiration : elle ferment les stomates de leurs feuilles, ce qui ralentit la photosynthèse et absorbe moins de CO2. A l’échelle de l’Europe, la production végétale a donc chuté de 30 % en 2003 dans les peuplements forestiers comme sur les surfaces cultivées ; une baisse sans précédent au cours du siècle écoulé. Dans le même temps, avec la respiration des végétaux, les écosystèmes ont relâché dans l’air quelque 500 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent de quatre années de séquestration du même gaz par la végétation. Alors que les experts estiment qu’au niveau de la planète entière le manteau végétal permet de capturer entre 10 % et 20 % des émissions humaines de CO2, le bouclier vert risque donc de se transformer en menace. »
En vis-à-vis de cette information, le journal Le Monde présente sur toute une page la nouvelle Clio (117 à 179 g de CO2 pour des moteurs de 75 à 105 ch.) ainsi que l’Alfa Roméo 159 de 260 ch. Pour 1,9 tonnes ; mais le niveau d’émission de gaz à effet de serre de ce modèle n’est pas indiqué ! Ce n’est pas sur un journal d’information aussi schizophrène que la Biosphère peut compter. Alors, où est l’espoir ? Seulement dans ces militants de l’action directe qui commencent prudemment à dégonfler les pneus de 4×4 en attendant de devenir plus virulents…
5.10.2005 Avantage aux riches…
Le nombre de véhicules particuliers en France qui émettent moins de 120 g/km de CO2 a progressé de 6 % entre 2003 et 2004, de 24 % entre 121 et 140 grammes et diminue de 8 % au-delà de 140 grammes : les véhicules sont donc de plus en plus propres, ainsi la Citroën C2 1.4 HDI avec 107 grammes. Mais on peut aussi rouler en 4×4 avec 192 grammes « seulement », soit en dessous de la limite des 200 grammes fixées par le gouvernement pour taxer les cartes grises. Il s’agit de la Lexus Rx400, un engin à 56 000 euros conçu par Toyota et doté de la technologie hybride (électricité et essence). Ce monstre se voit ainsi exonéré de la taxe qui est fonction du niveau de rejet de gaz carbonique. De toute façon les ménages les plus modestes seront toujours les plus polluants, ils ne pourront jamais acheter de véhicules neufs et leur achat d’occasion restera aux normes anciennes, sans filtre à particules ni moteur hybride.
Il est impossible que l’égalité entre humains passe par un mécanisme de liberté des prix, même tempéré par des taxes internalisant les dégâts environnementaux : pour sauver la Biosphère, il faudra supprimer tous les véhicules motorisés personnels.
13.11.2005 Eco-gîte ?
A quelque kilomètres du centre nucléaire de Cadarache, une association écologiste fête son 25ème anniversaire. Au début il s’agissait d’éduquer les gens au respect de la forêt, et puis l’idée de construire une maison autonome en énergie a fait son chemin. De chantiers de jeunes en stages de formation pour adultes, la bâtisse bioclimatique va prendre vie L’eau de pluie est récupérée et stockée, mais le centre n’a pas de jardin potager à arroser. L’eau potable est puisée par forage, déjà la technique commence à montrer son nez. Et puis on utilise chauffe-eau solaire, cellules photovoltaïque et groupe électrogène au GPL qui assurent une indépendance toute relative. En fait il n’y a pas d’autonomie quand les matériaux utilisés (cellules photovoltaïques, GPL…) sont importés de l’extérieur et que cette communauté ne vit en fait que des touristes (10 000 nuitées chaque année) en mal de mode de vie expérimental.
Pour la Biosphère, une société deviendrait conviviale si l’outil lui-même était convivial, utilisant seulement une technique douce, douce à l’usage, douce à la reproduction du savoir-faire, douce à la Nature. Pour que les activités humaines redeviennent comme autrefois le simple prolongement de la force physique, il faudrait limiter l’utilisation des techniques modernes. L’objet qui pèse le moins lourd sur la planète sera toujours celui qu’on ne fabrique pas.
17.11.2005 Pollutions atmosphériques !
L’un des risques majeurs pour la santé est celui lié aux particules fines en suspension dans l’air. Elles pénètrent profondément dans les poumons et sont à l’origine de graves troubles cardiaques et respiratoires. L’impact dans toute l’Union européenne est de 386 000 décès prématurés en l’an 2000, une perte de neuf mois d’espérance de vie et une perte annuelle de quatre millions de vie. Si on ajoute l’ozone troposphérique, il faut ajouter 21 400 décès et 30 millions de journées sous médication respiratoire. Il faut donc limiter les émissions de particules par les moteurs à combustion, les solvants, les peintures, le dioxyde de soufre des navires, les systèmes de chauffage et de climatisation des immeubles, les usines obsolètes…
La Biosphère a du mal à compatir à la souffrance humaine puisque leur activisme est le seul responsables de leurs maux. Mais la Biosphère est très mécontente des pluies acides qui menacent toujours 245 000 km2 de forêts, la Biosphère est en plein désarroi devant les sols et les eaux polluées par des teneurs élevées en azotes qui entraînent la prolifération excessive de certains végétaux au détriment de la biodiversité (45 % des écosystèmes terrestres de l’UE sont menacés).
04.12.2005 Tous malthusiens !
Quand on considère qu’il faut limiter la population, on est traité avec condescendance de « malthusien ». C’est en effet l’Anglais Thomas Malthus qui a mis en évidence à la fin du XVIIIe siècle une sorte de loi démographique : quand on laisse faire la nature, la population croît selon une progression géométrique (exponentielle) très rapide alors que l’alimentation connaît une progression arithmétique (linéaire) bien plus lente. En l’absence d’obstacles, les couple peuvent en effet faire en moyenne quatre enfants par génération, ce qui fait doubler la population tous les 25 ans. Par contre l’agriculture rencontre l’obstacle des rendements décroissants : au fur et à mesure qu’on force la terre à donner davantage, elle s’épuise et les rendements supplémentaires à l’hectare sont de moins en moins grands malgré l’apport de travail ou de capital technique supplémentaire. La révolution industrielle et le progrès technique ont temporairement disqualifié cette thèse. Mais aujourd’hui Malthus a de nouveau raison, la croissance démographique mondiale a presque atteint 2 % (un doublement tous les 35 ans) et dépasse 3 % dans certains pays pauvres (doublement en 23 ans). Or aucune évolution exponentielle dans un monde fini n’est durable, on atteint très vite les limites du supportable. Même la croissance démographique zéro, avec une fécondité égale à 2,1 enfants par femme (dans un pays développé) qui assure le simple renouvellement de la population, est un mythe destructeur puisque l’humanité a déjà dépassé les capacités de charge de la planète. Alors que faites-vous ? Lors de la conférence des Nations Unies sur la population et le développement de septembre 1994, la communauté mondiale a adopté un programme d’action dont l’objectif était de stabiliser la population de notre planète entre 8 et 10 milliards d’habitants : aucun pays (à l’exception de la Chine) n’a pris cet engagement au sérieux, on a laissé faire la nature humaine.
Mais on se rend compte aujourd’hui qu’on peut de moins en moins agir sur la production alimentaire : les terres cultivables le sont maintenant dans leur presque totalité et les modes de production deviennent même dangereux : il y a une désertification des sols, l’eau commence à manquer pour l’irrigation, les pesticides s’accumulent dans la chaîne alimentaire, les ressources halieutiques voient leurs stocks diminuer… Il faudrait donc comme le voulait Malthus agir sur la fécondité humaine : la contraception pour tous et un seul enfant par couple, la Biosphère vous remercie.
25.12.2005 Champion d’Europe du médicament
L’acte médical devrait rester une relation interindividuelle aidée par la technique et non l’inverse. Avec 30 milliards d’euros de dépenses, la France demeure pourtant le premier pays prescripteur de médicaments en Europe. Les Français ne consultent les médecins guère plus que les autres, mais 90 % des visites se concluent par la délivrance d’une ordonnance contre 83 % en Espagne, 72 % en Allemagne et 43 % aux Pays-Bas. Paradoxalement 80 % des Français interrogés considèrent qu’une consultation ne doit pas forcément se terminer par la délivrance de médicaments : on attend du praticien qu’il explique ce dont on souffre, qu’il fasse preuve d’une bonne écoute et donne des conseils utiles. Explication de cette contradiction, si beaucoup de médecins croient que le patient attend des médicaments, c’est parce qu’ils ont été formés au curatif au détriment du préventif, parce qu’il ont été formatés par l’industrie pharmaceutique à prescrire le remède miracle. Il y a maintenant près de 7000 marques qui se font concurrence alors que la dénomination commune internationale (DPI), l’espéranto du médicament, ne compte que 1700 substances thérapeutiques. Une commission de la transparence en France a évalué 1100 médicaments ordinaires : un quart n’avait pas fait la preuve de son efficacité. Bien plus, les médicaments sont sommés aujourd’hui d’améliorer le bien-être de gens qui ne sont pas malades, que ce soit pour maigrir ou pour faire l’amour. Dans le même temps les pays pauvres sont ignorés des laboratoires pharmaceutiques. En fait les humains peuvent faire de la bonne médecine avec trente médicaments seulement, la volonté de décroissance humaine passe aussi par l’acceptation de la maladie et de la mort.
Pour la Biosphère, si tu es raisonnable, tu ne désires que des médicaments génériques, si tu deviens un sage tu limites l’usage de médicaments, quand tu es proche de la perfection tu laisses ton corps se soigner par ses propres moyens.