pacifisme

Une planète pacifiée à l’initiative de la France

préambule

Une planète pacifiée, c’est possible. Comment ?

Chacune des dix actions politiques possibles peut être mise en œuvre concrètement par la France.

Chacun des points est illustré de façon très brève à une époque où on ne lit plus.

Le complexe militaro-industriel est relativement récent, il peut disparaître.

La démilitarisation française et mondiale n’est pas irréaliste,

Sommaire

1) Pacifier l’imaginaire social

2) Montrer l’obsolescence du nationalisme

3) Introduire un module DCNV (Défense civile non violente) lors de la JCC (Journée Défense Citoyenneté)

4) Offrir la possibilité de se déclarer OC (objecteur de conscience) lors de la JDC 

5) Arrêter les exportations d’armes

6) Désarmement nucléaire unilatéral de la France

7) Sortie de la France de l’OTAN

8) Mettre l’armée française sous couleurs de l’ONU

9) La France comme soutien des instances internationales

10) Un projet de paix pour l’UE

Introduction

La pensée du long terme est le propre du défi écologique. La charte des Verts mondiaux déclare son engagement envers la non-violence ; il faut s’efforcer d’établir une culture de paix et de coopération entre les États comme base de la sécurité mondiale. Pour atteindre cet objectif, les dix actions politiques ci-dessous peuvent être mise en œuvre concrètement par la France. 

1) Pacifions l’imaginaire social

La tendance à la non conflictualité est aussi ancienne que l’art de la guerre. La non-violence est à la base de presque toutes les religions, du jaïnisme (Xᵉ siècle av. J.-C.) aux Évangiles. Si les chrétiens, aux trois premiers siècles de l’Église, ont en conséquence de leur foi refusé le service des armes, leur ralliement à l’État constantinien à partir du IVe siècle les a conduit à considérer la guerre comme « un moindre mal ». Mais l’institutionnalisation de l’armée pour conforter le pouvoir en place entraîne la militarisation des esprits. En France, la loi Fillon a rendu obligatoire l’apprentissage de La Marseillaise dans les classes maternelles et primaires à partir de la rentrée 2005. C’est transformer les enfants en va-t-en guerre. La fête du 14 juillet faisait référence au 14 juillet 1790, jour d’union nationale lors de la Fête de la Fédération, symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Eva Joly lors de la présidentielle de 2011, proposait à la place du défilé militaire la célèbration « du bonheur d’être ensemble ». C‘est aussi à l’école d’expliquer l’importance de ressentir l’importance de la paix et de la pacification des esprits. Si tu veux la paix, prépare la paix.

=> En classe, on apprend l’esprit de coopération et la force de la non violence

=> Le défilé militaire du 14 juillet devient une fête de la réconciliation

=> Les « morts pour la patrie » du 11 novembre doit devenir un discours « plus jamais ça »

=> En 1947, le Japon introduisait dans sa Constitution un article 9 : « Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l’ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l’usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux. » La Constitution de la France pourrait adopter un tel point de vue.

2) Montrons l’obsolescence du nationalisme

L’idée de nation n’existe pas avant le XIXe siècle, c’est une construction historique récente qui a montré, deux guerres mondiales et des opérations colonialistes à l’appui, son échec. Tant qu’il y aura des nationalismes, il y aura des dictatures comme en Russie et des guerres comme en Ukraine. La patrie n’est qu’un mot creux à notre époque où Français et Allemands deviennent des citoyens européens et où, face aux chocs planétaires du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité, nous devrions nous ressentir comme citoyens de monde, cosmopolites.

Tout drapeau représentant une cause particulière n’est que prétexte à un affrontement. Aujourd’hui notre appartenance à un territoire élargi est symbolisé par le drapeau de l’Union européenne. Mais un autre drapeau mérite l’attention d’une humanité pacifiste et pacifiée, celui de l’ONU. Le drapeau de l’Organisation des Nations unies a été adopté le 20 octobre 1947. Sa vocation est de promouvoir la paix dans le monde. Il utilise le bleu comme fond et le blanc comme couleur du motif ; le bleu représente la paix en opposition au rouge, couleur de la guerre. Le motif central, entouré de rameaux d’olivier comme symbole de paix, représente une carte du monde.

=> Les trois drapeaux (France, Union européenne, ONU) ont leur place dans toutes les mairies de France

=> Il nous faut diffuser le mot « glocal », penser globalement et agir localement, comme mode de pensée opposé au nationalisme

3) Introduisons un module DCNV (Défense civile non violente) lors de la JCC (Journée Défense Citoyenneté)

En France le ministère de la défense est redevenu ministère des armées depuis l’élection de Macron en 2017. Or le terme « défense » était plus adapté ; il possède deux acceptions, préparer la guerre ou promouvoir la défense civile. Le citoyen doit être préparé pour des actions collectives de non-coopération et de confrontation avec l’adversaire. Cela implique des citoyens sachant discerner ce qu’il faut accepter et ce qu’il faut refuser. Désobéir pour la paix passe par un véritable contre-conditionnement pour dépasser l’état de soumission volontaire (La Boétie) et la soumission à l’autorité ( expériences de Milgram).

La JDC s’étend sur une durée de 7 h30 avec trois modules qui ne repose que sur la défense militaire :

1. nous vivons dans un monde instable : une défense nécessaire

2. une réponse adaptée : notre appareil de défense

3. vous avez un rôle à jouer : un engagement citoyen (module dédié aux opportunités professionnelles au sein des armées)

=> Ajoutons un module sur la DCNV : une stratégie de défense de la démocratie à la fois contre les menaces internes et les agressions extérieures.

=> Le ministère des armées devrait être baptisé le ministère de la paix.

4) Offrons la possibilité de se déclarer OC (objecteur de conscience) lors de la JDC 

Actuellement il est interdit pour un jeune de se déclarer Objecteur de conscience lors de la JDC. Pourtant le statut d’OC est reconnu par la France depuis décembre 1963. Le droit à l’objection de conscience au service militaire repose aussi sur l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction. Ce droit s’inscrit dans un effort historique de l’humanité pour circonscrire le pouvoir des autorités civiles, religieuses ou économiques.

Mais le président de la République, lors d’une conférence de presse le 14 mars 2024, était clair : « Nous devons être prêts sans rien exclure, pas même le déploiement de militaires français sur le territoire ukrainien. » Les jeunes risquent toujours d’être en première ligne car le service militaire n’est pas aboli, il n’est que suspendu. » Emmanuel Macron par la suite : « Parmi les 800 000 jeunes qui effectuent la journée de défense et de citoyenneté chaque année, certains se signaleront et diront qu’ils répondront présents si la nation les appelle ».

Dans de telles circonstances de mobilisation potentielle, il est normal en démocratie qu’on laisse le choix.

=> Offrons la possibilité pour un jeune de déclarer lors de la JDC : « Je désire manifester dès maintenant mon refus d’un service militaire armé pour motif de conscience et je demande à bénéficier d’un tel droit reconnu nationalement et internationalement. Mes convictions, basées sur la recherche de la bonne entente collective, me conduisent à d’autres formes d’engagement pour la nation et les peuples que l’usage des armes »

5) Arrêtons les exportations d’armes

Les armes attisent les conflits plus qu’elles ne les apaisent, on n’éteint pas un incendie avec un lance flammes. La course aux armements soutient la logique guerrière. Aujourd’hui il n’y a plus de limites, on est entré dans l’illogisme de la dissuasion nucléaire, des missiles et des drones, le meurtre à distance. L’article 26 de la Charte des Nations Unies stipule :

« Afin de favoriser l’établissement et le maintien de la paix et de la sécurité internationales en ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde, le Conseil de sécurité est chargé, avec l’assistance du Comité d’état-major prévu à l’Article 47, d’élaborer des plans qui seront soumis aux Membres de l’Organisation en vue d’établir un système de réglementation des armements. » Toute vente d’armes par la France à des pays tiers est une erreur stratégique et un non sens si on recherche la paix.

=> mise en œuvre effective de l’article 26 de la Charte des Nations unies

=> arrêt des exportations d’armement par la France puisqu’il ne faut pas s’attendre à ce que les autres commencent. Ce sera un exemple à suivre

=> fermeture du salon de l’armement Eurosatory (salon mondial de la défense et de la sécurité)

=> reconversion progressive de l’industrie de guerre

6) Désarmement nucléaire unilatéral de la France

Les faits sont têtus : l’arme nucléaire n’empêche pas la guerre ni un territoire national d’être attaqué. Une Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN) a reçu en 2017 le prix Nobel de la paix pour son « travail de sensibilisation sur les conséquences humanitaires catastrophiques de toute utilisation d’armes nucléaires. ». Le Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) est signé à l’ONU en 2017 et ratifié en 2021 par 97 états signataires dont 6 membres de l’Union européenne. C’est un instrument juridique concret et fondamental de prévention de la guerre. Avec l’Appel des villes en faveur du TIAN, 99 villes et collectivités territoriales se sont déjà mobilisées – parmi elles Paris, Marseille, Lyon, Montpellier, Bordeaux, Saint-Étienne, Poitiers…, un positionnement de la France est nécessaire. L’exemplarité est un atout majeur de la démilitarisation du monde.

Le budget militaire de la France est de 50,5 milliards d’euros pour 2025 dont 7 milliards pour la dissuasion nucléaire. Autant d’argent au détriment de tous les autres postes de la dépense publique.

=> Signature par la France du TIAN

=> Programmation de la sortie du nucléaire militaire français

7) Sortons la France de l’OTAN

L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (North Atlantic Treaty Organization) est l’organisation politico-militaire mise en place le 4 avril 1949 pendant le blocus de Berlin exercé par les Soviétiques. L’OTAN est obsolète depuis la fin de la guerre froide. Le 9 septembre 1965, de Gaulle annonce que « au plus tard en 1969 cessera la subordination qualifiée d’intégration qui est prévue par l’OTAN et qui remet notre destin à l’autorité étrangère ». Sortir de l’OTAN est donc possible. Aujourd’hui le secrétaire général de l’OTAN prône pour tous les États membres un budget des armées allant à 2 % du PIB et plus. Selon la volonté unilatérale de Trump, les pays de l’OTAN devraient atteindre 5 % du PIB consacré à la défense militaire, chiffre qui ne repose sur aucune analyse géo-stratégique sérieuse. Pour la France, on vient de dépasser 2 %, la sortie de l’OTAN permet des économies.

=> Sortons de l’OTAN, organisation guerrière obsolète dans le contexte géo-politique actuel

8) Mettons l’armée française sous couleurs de l’ONU

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a été fondée en 1945 après la Seconde Guerre mondiale dans le but de préserver la paix et la sécurité internationales. Cet objectif est intégré dans la Charte des Nations Unies : « Nous, Peuples des Nations Unies, Résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. » Cette Charte stipule que les États doivent résoudre leurs différends de manière pacifique et s’abstenir d’utiliser la force. Si tel n’est pas le cas, le Conseil de sécurité  peut intervenir. Mais l’ONU, en tant qu’organisation mondiale en charge de la gestion des conflits et du maintien de la paix, est une structure fragile. En 2024, plus de 2700 milliards de dollars ont été dépensés pour les armes à l’échelle mondiale, à comparer aux 5,4 milliards de dollars de l’ONU pour ses opérations de maintien de la paix, soit 500 fois moins. Les Casques bleus sont constitués principalement de militaires prêtés par des pays membres de l’ONU. La France, en confiant ses forces armées à l’ONU pour le maintien de la paix, ferait basculer nos forces armées d’une préparation dédiée à la guerre vers une simple force d’interposition. Qui attaquerait la France alors qu’elle se positionne dans l’orbite des Nations unies ?

=> Mettons l’intégralité de nos forces armées sous l’autorité de l’ONU

=> L’armée française devient un élément important d’une gendarmerie internationale

9) La France comme soutien des instances internationales

– suppression du droit de veto des grandes puissances au Conseil de sécurité de l’ONU

soutien de la CPI, Cour pénale internationale

soutien de la CIJ, Cour internationale de justice, l’organe judiciaire de l’ONU

10) Pour un projet de paix pour l’UE

Les fondateurs de l’Union européenne ont poursuivi deux objectifs en parallèle, un projet de paix et un projet de puissance. Dans le cadre du projet de paix, l’Europe est une volonté de réconciliation des peuples. Dans celui du projet de puissance, la construction européenne implique la défense militarisée des pays participants. En d’autres termes, le projet de paix exige le sacrifice des identités nationales au profit de valeurs universelles tandis que le projet de puissance requiert le développement d’une force armée. Mais constituer un nouveau bloc dédié à la guerre ne peut que renforcer la militarisation du monde. L’UE doit se situer dans une optique transnationale, comme force de paix et non de puissance. Nous devrions avoir des ministères de la paix plutôt que de l’armée au niveau européen.

=> Contre un réarmement militaire européen, la France propose que l’UE suive la voie qu’elle a tracée par les 9 actions politiques proposées ci-dessus.

CONCLUSIONS

On ne connaît pas une seule guerre qui ait servi à quoi que ce soit pour faire progresser l’intelligence collective de l’humanité.

– Nous faisons la guerre à la planète. Or la défense militarisée n’est d’aucun secours pour faire face aux menaces écologiques. Au contraire, elle les accroît. Selon un rapport publié en 2022 par le Scientist for Global Responsibility, l’empreinte carbone de l’ensemble des armées à travers la planète représenterait au moins 5,5% du total des émissions mondiales de gaz à effet de serre, à comparer par exemple aux 2% de l’aviation civile mondiale. Donc pour le dire simplement, paix et climat = même combat.

NB : analyse coordonnée par Michel SOURROUILLE

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La Russie va envahir la France… maman, j’ai peur

Comme plusieurs responsables européens, notamment allemands et danois, le général Mandon avait estimé en octobre 2025 devant les députés que l’armée française devait se tenir « prête à un choc dans trois, quatre ans » face à la Russie, qui « peut être tentée de poursuivre la guerre sur notre continent ». Devant le congrès des maires de France le 18 novembre, le général Mandon juge nécessaire que le pays restaure sa « force d’âme » et soit prêt à « accepter de perdre ses enfants… pour protéger ce que l’on est ».

Jean-Luc Mélenchon a immédiatement exprimé son « désaccord total » : « Ce n’est pas à lui d’aller inviter les maires ni qui que ce soit à des préparations guerrières décidées par personne. 51 000 monuments aux morts dans nos communes, ce n’est pas assez ? Oui à la défense nationale mais non aux discours va-t-en guerre insupportables ! »

Le chef d’état-major des armées est « pleinement légitime à s’exprimer sur les menaces », estime la ministre des armées Catherine Vautrin

Le point de vue des écologistes pacifistes

Ces déclarations ne nous inquiètent pas par leur contenu, « morts pour la patrie » en ces lendemains du 11 novembre constitue la vulgate habituelle des militaristes. Ce qui inquiète bien plus, c’est le nombre majoritaire de commentaires sur lemonde.fr qui sont d’accord avec le général Mandon. Il y a incontestablement une militarisation des esprits. Heureusement quelques personnes voient clairs sur lemonde.fr :

El Lobo : Rappelons que le chef d’état major des armées est nommé par le président de la république et qu’il agit directement sous ses ordres. Il n’est que le « porte voix » de Macron. Sa déclaration ne fait que reprendre la « voix de son maître » et on ne voit pas trop comment la ministre aurait pu ne pas le soutenir !

Benx10 : Indignation la plus totale. On parle d’un pays qui galère a envahir l’Ukraine depuis 4 ans. Quel intérêt stratégique à Poutine a envahir l’Europe ? Je n’en vois aucun. Mais tenir ce discours pour faire peur a nos jeunes générations qui ont bien du mal déjà a trouver leur place dans ce monde de fou c’est être né avant la honte.

Big Sam : Mais qui peut croire ça ? La Russie entrer en guerre contre la France – puissance nucléaire, liée par un pacte d’assistance avec les autres puissances occidentales ? La Russie dont l’économie est à genoux ? La Russie dont les sous-marins coulent tout seuls ? La Russie qui sous-traite son armée à la Corée et à l’Afrique ? La Russie qui n’arrive pas à s’imposer en Ukraine ? Qui est partie d’Afghanistan une main devant, une main derrière . La hiérarchie militaire renoue avec sa grande tradition de clairvoyance stratégique mais après tout elle a un public à en voir les commentaires…

Madame Rosa : Les va-en-guerre sont toujours nbx parmi les commentaires sur lemonde.fr. Mais la guerre contre qui ? Quand? Selon nos militaires, la Russie et c’est pour demain. Or la Russie n’a pas pu vaincre l’Ukraine, à sa porte, en 4 ans ! Pas demain qu’ elle sera aux portes de Paris !! Pourquoi ne pas dire franchement que cette peur des bruits de bottes est entretenue en France et en Europe pour relancer les économies qui flageolent en développant les usines d’armement ? Et qu’il faut bien utiliser l’armée enfermée ds ses casernes et qui est peu utile en ce moment! (On parle souvent du rapport nbre/utilité pour les fonctionnaires, alors heu..les militaires?) Ce genre de déclaration du général Mandon est honteuse. Faire peur …à qui ? A nos jeunes, déjà mal en point mentalement, en ajoutant à la peur climatique celle d’une pseudo-guerre. On s’étonnera ensuite que cette jeunesse ne veuille plus d’enfants. Réfléchissez les va-t-en guerre : vos mots sont dangereux.

LINDAKIEU : Le problème de ces militaires est qu’ils sont traumatisés à vie par la capitulation française devant l’armée nazie en 1941. Ainsi, ils bombent leur torse sans frais jusqu’à qu’ils prennent leur poudre d’escampette.

Cessla : La dernière bataille gagnée par l’armée française, avec ses seules forces, remonte à Verdun.

Yarribaren : « Les guerres, ce sont des gens qui ne se connaissent pas et qui s’entre-tuent parce que d’autres gens qui se connaissent très bien ne parviennent pas à se mettre d’accord.» Paul Valéry et « Toutes les guerres depuis des siècles ont été des guerres de luxe, c’est-à-dire guerres dont l’idée génératrice était purement imaginaire, formée par quelques-uns et non par un besoin réel de la majorité, – et dont les bénéfices n’ont été qu’à une minorité ; ces quelques-uns n’étant pas tous du peuple vainqueur » . Même auteur. (Tome II – Cahiers 1894-1914 – chapitre intitulé Histoire-Politique – page 1519 )

Didi : Et moi qui croyais que la dissuasion nucléaire servait à dissuader tout adversaire potentiel, en tout cas dissuader bien plus que nos pauvres trouffions, ou bien on nous a menti?

Ours : Je ne vois pas où est le problème. Les Français n’ont aucune difficulté à sacrifier leurs enfants en renonçant à la transition écologique.

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Mort pour la France, est-ce raisonnable ?

Le jour du Souvenir (en anglais : Remembrance Day, Veterans Day ou Poppy Day ; en néerlandais : Dodenherdenkingsdag), aussi connu comme jour de l’Armistice, est une journée de commémoration annuelle observée en Europe et dans les pays du Commonwealth pour commémorer les sacrifices de la Première Guerre mondiale. Cette journée a lieu le pour rappeler la signature de l’Armistice de 1918 mettant fin à la Première Guerre mondiale. Au Canada, en France et en Belgique, le jour est férié. En France, cette journée est appelée « Jour anniversaire de l’armistice de 1918 et de commémoration annuelle de la Victoire et de la Paix » . Depuis 2012, le 11 novembre est également célébré en tant que « Journée d’hommage à tous les morts pour la France. En Allemagne, le Volkstrauertag commémore « les morts de la guerre et les victimes de la tyrannie de toutes les nations ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jour_du_Souvenir

 Un programme pour la France de pacification de l’existence commence par remettre en question du nationalisme patriote, point d’ancrage de l’extrême droite. Voici une analyse possible soumise à vos commentaires

En cette journée du 11 novembre dédiée aux « morts pour la patrie », nous avons posé la question suivante à l’IA Perplexity, « Morts pour la patrie, est-ce vraiment raisonnable ? ». Voici sa réponse.

Perplexity : Cette question interroge le sens et la légitimité du sacrifice ultime au nom de la nation. Aujourd’hui, cette idée est largement remise en question, alors qu’elle a longtemps structuré l’histoire et la mémoire collective.

  • Historiquement, mourir pour la patrie a été présenté comme un idéal, notamment lors des grandes guerres du XXe siècle. Les soldats de 1914-1918, par exemple, étaient convaincus que l’avenir de leur pays et de leurs proches en dépendait, et acceptaient ce sacrifice dans un contexte d’adhésion collective à la nation.
  • Dans la société contemporaine, cette notion est de plus en plus perçue comme une « grande boucherie » ou une fatalité absurde, et la mémoire officielle tend à présenter les morts comme des victimes plutôt que comme des héros volontaires.
  • Philosophiquement, Luc Ferry souligne que les valeurs pour lesquelles on acceptait de mourir (Dieu, patrie, révolution) ont perdu leur caractère sacré dans la société moderne, au profit de l’attachement aux proches et à la famille.
  • Politiquement, certains régimes continuent d’instrumentaliser la mémoire des morts pour la patrie à des fins de cohésion nationale ou de propagande, comme en Russie où l’héroïsme des soldats est érigé en mythe fondateur.

La question de la « raison » du sacrifice dépend donc du contexte historique, des valeurs collectives et de l’évolution des mentalités. Aujourd’hui, l’idée de mourir pour la patrie suscite souvent le doute, voire le rejet, mais elle reste un élément central de la mémoire et de l’identité nationale dans de nombreux pays.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Les nationalismes contre l’urgence écologique

extraits : Autrefois des groupes diversifiés se rassemblaient autour d’un lieu et d’une culture spécifique. Après des phases, non encore achevées, de luttes de cultures, ethnies, églises, langues, etc… C’est l’idée de nation qui en est ressortie et a unifié des espaces différents. La nation est devenue, au moins depuis le XIXe siècle, le nouveau paradigme. Elle a permis une unité plus large géographiquement, mais l’expérience montre, deux guerres mondiales à l’appui, son échec. Aujourd’hui encore l’impérialisme russe en Ukraine ou la conquête juive de la Palestine prouve que la nation était une catégorie nécessairement anti-universaliste….

Morts pour la patrie, morts pour rien

extraits : Chacun sa patrie, terreau de la guerre. Les différents récits nationaux européens ne sont pas compatibles. Par exemple le 11 novembre 1918 est une victoire pour les Français, mais le début d’un engrenage mortel pour les Allemands. ll y a trois catégories de pays : ceux où l’enseignement de l’histoire veut conforter le chauvinisme national, et ces pays sont majoritaires. Ensuite, il y a les pays de l’Europe du Nord où il n’existe pas de programme national car cela pourrait être considéré comme une atteinte à la liberté de penser. Et il y a une poignée de pays où l’on vise à renforcer la réconciliation entre les peuples. La moitié des pays européens n’enseigne pas la construction européenne, mais relate guerre fratricide après guerre fratricide…

Universalisme et multiculturalisme, l’entente

extraits : Toute société devrait théoriquement favoriser les pensées universalistes ; en pratique le monde se fragmente au contraire en groupes inconciliables, même au foot, même entre banlieues. Pourquoi ? Question de socialisation et de contexte territorial. Il nous faut penser global et agir localement, « glocal » en abrégé, mettre en relation apaisée les échelles locales et mondiales, adapter les idées universalistes aux contextes régionaux. En termes synthétique, concilier universalisme et multiculturalisme. En finir donc avec le nationalisme, le patriotisme, devenir culturellement « cosmopolite », citoyen de l’univers, mais aussi et en même temps rattaché affectivement à son terroir….

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Démocratie, guerre et/ou paix, le débat

1) existe-t-il une différence claire entre démocraties, régimes autoritaires et dictature au regard de la guerre et de la paix ?

Encore faut-il savoir définir ce concept flou qu’on appelle « démocratie ». Voici une première approche, celle d’un des fondateurs de l’écologie politique que bien sûr tout le monde connaît.

Définition de la démocratie selon Arne Naess

Arne avait rejoint le mouvement de résistance contre l’occupation allemande. Il a tenté de sauver des étudiants d’une déportation et choisi de mener des entretiens avec les tortionnaires au lendemain de la victoire alliée. C’était lié à sa conviction selon laquelle une résistance non violente d’inspiration gandhienne peut se révéler extrêmement efficace pour résoudre les conflits. Il n’est donc pas surprenant que l’UNESCO se soit tourné vers Arne à la veille de la guerre froide pour recueillir son avis sur la définition de la démocratie. Voici les propos d’Arne lors d’un entretien avec David Rothenberg.

« A l’école, on apprend que la Norvège est une démocratie. Imaginons que cela veuille dire que le peuple détient le pouvoir ; qu’en est-il alors des dictatures qui prétendent être, elles aussi, des démocraties ? A ce niveau, c’est une terminologie très superficielle. Des formulations aussi vagues et ambiguës ne visent qu’à endormir les gens – « liberté », « démocratie », et tous ces termes respectables. Ce sont des slogans rassurants. Ils favorisent les discussions oiseuses, et personne ne s’aperçoit de l’extraordinaire imprécision de ces propos. Les gens se contentent de certitudes faciles. Ils considèrent que la Norvège et les Etats-Unis sont des pays « libres », mais cela ne signifie pas grand chose. La plupart des gens répondront « Evidemment que la Norvège est une démocratie », sans même se donner la peine d’y réfléchir. C’est tellement pénible de réfléchir, tellement pénible d’accorder de l’attention aux choses, d’approfondir. Par réfléchir, j’entends aller plus loin qu’on n’est allé jusque-là. Les étudiants devraient apprendre que nous nous contentons le plus souvent d’employer des mots creux. (p.195)

« En 1948, j’ai été invité par l’UNESCO à diriger un projet scientifique sur la controverse entre l’Est et l’Ouest à propos de la définition de la démocratie. C’était au début de la guerre froide. Les Soviétiques disaient « Nous sommes démocrates » parce que, en vertu de l’usage établi par la Révolution française, la démocratie signifiait la prise du pouvoir par les défavorisés et les opprimés. Et l’Ouest disait : « Non, cela n’a rien à voir avec la démocratie. La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, dans lequel tous sont équitablement représentés. » Je suis donc allé à Paris, accompagné de l’un de mes étudiants les plus doués, Stein Rokkan. (p.207)

« Les patrons de l’administration de l’UNESCO n’étaient pas prêts pour quelque chose du niveau de la philosophie politique. Ils préféraient un questionnaire ; nous leur avons donc préparé un formidable questionnaire auprès de 400 personnes, en leur demandant ce que la démocratie signifiait pour eux. Mon nom n’a jamais été mentionné pour le livre qui en a résulté parce que j’étais membre à part entière du siège de l’UNESCO à Paris. Le livre indiquait que l’usage du mot « démocratie » par les Russes était bien antérieur à la Révolution française. Il révèle toute l’imprécision et l’ambiguïté de l’un des termes centraux de notre temps. En définitive, je ne pense pas qu’il soit possible de définir clairement le mot « démocratie ».  Un slogan comme « Démocratie » est en réalité un soporifique. Certains mots comme celui-là sont prononcés à tout-va, mais la « profondeur de l’intention » derrière ces mots n’est souvent pas bien grande. (p.208-209)

https://biosphere.ouvaton.org/de-1182-a-1999/131-1992-arne-naess-vers-lecologie-profonde-avec-david-rothenberg-?highlight=WyJuYWVzcyJd

2) Qu’est-ce donc qu’un Etat qui se dit démocratique et pratique la guerre régulièrement ?

Après Arne Naess, voici un auteur que tous les écologistes pacifistes connaissent, Howard Zinn.

2010 Désobéissance civile et démocratie d’Howard

Aucun animal, en dehors de l’homme, ne fait la guerre. Aucun ne se lance dans des violences organisées au nom de concepts abstraits. L’animal ne commet de violences que pour des raisons aussi précises qu’évidentes : pour se nourrir ou se défendre. La guerre entre humains implique l’institutionnalisation d’aptitudes individuelles telles que l’obéissance, la malléabilité et l’idéalisme. En résumé, la biologie ne condamne pas l’humanité à la guerre. Aucun de nos prétendus instincts n’est aussi dangereux que notre soumission émotionnelle aux valeurs culturelles.

Nous vivons dans une société où le catalogue des idées disponibles se trouve limité quand certaines autres dominent le débat. Ces idées sont privilégiées parce qu’elles sont inoffensives : elles ne menacent en rien les fortunes établies et les pouvoirs en place. Parmi ces idées, on trouve par exemple :

– La liberté d’expression est une bonne chose tant qu’elle ne menace pas la sécurité nationale.

– Il y a des guerres injustes mais aussi des guerres justes.

– Les armes nucléaires sont nécessaires si on veut éviter la guerre.

Etant donné l’inévitable domination exercée par un petit groupe de gens richissimes sur les médias et le système d’éducation, les idées subversives peuvent certes survivre. Elles sont néanmoins noyées sous un flot de critiques et discréditées comme ne faisant pas partie des choix acceptables. Ce que l’on constate au quotidien, c’est une domination tranquille de certaines idées. Il en résulte une communauté de citoyens obéissants, consentants et passifs, danger mortel pour la démocratie. La politique étrangère américaine obéit aux principes édictés par Machiavel. L’objectif de Machiavel était de servir le prince et la puissance de l’Etat, les conseillers des présidents aux USA ont le même. Machiavel ne se demandait pas si faire la guerre était bien ou mal ; il se contentait d’expliquer la meilleure façon de vaincre l’ennemi. De son côté, l’Eglise catholique a développé une doctrine sur les guerres justes et les guerres injustes ; massacrer pour la « bonne cause » est l’une des maladies de notre époque. A côté de ces deux attitudes, il en existe une troisième selon laquelle les guerres sont intrinsèquement mauvaises pour être jamais justes. Les tentatives d’humaniser la guerre en 1932 inquiétèrent au plus haut point Albert Einstein : « Il ne faut pas banaliser la guerre en y fixant des règles. La guerre ne peut pas être humanisée, elle ne peut qu’être abolie. »

Quand le gouvernement américain décida de se lancer dans la première guerre mondiale en 1917, il dut faire face à un grand mouvement de protestation qui obligea le Congrès à voter des lois contre les propos pacifistes. Il se lança aussi dans une gigantesque campagne de propagande. Le président Woodrow Wilson utilisa la rhétorique de la croisade, il s’agissait d’une guerre pour en finir avec toutes les guerres. On avait besoin d’un million d’hommes, mais six semaines après l’entrée en guerre officielle on ne comptait que 73 000 volontaires. Aussi le Congrès vota la conscription obligatoire. Mais pourquoi le  citoyen devrait-il nécessairement lier son destin à celui de l’Etat-nation qui n’hésite guère à sacrifier les vies et les libertés de ses propres citoyens pour assurer le profit et la gloire des politiciens, des dirigeants de grandes entreprises et autres généraux ?

En 1985 eut lieu le procès d’un groupe qui s’étaient introduits dans le silo d’un missile nucléaire et avaient commis quelques dommages. Le juge Hunter avait déclaré que la violence inclut l’atteinte à la propriété. L’accusé Holladay répondit : « La question est de savoir si une arme nucléaire peut être considérée comme un bien au même titre qu’un bureau. Aussi longtemps que ce pays considérera les armes nucléaires comme des biens à défendre et à protéger, plus sacrés que les vies humaines qu’elles sont destinées à détruire, on sera en droit de se demander ce qu’est exactement une propriété. Les fours crématoires allemands étaient-ils des propriétés privées ? » Holladay fut condamné à huit années d’emprisonnement pour « voie de fait » à l’encontre des engins de mort les plus abominables jamais construits.

La guerre entraîne inévitablement la restriction de la liberté d’expression. L’atmosphère est alors au patriotisme et les opposants à la guerre passent pour des traîtres. L’argument de Périclès, « Nous sommes une grande nation et elle mérite que l’on meure pour elle », reste toujours très apprécié. Les débats sur le budget militaire sont l’occasion de passes d’armes acharnées sur le montant des dépenses : 300 milliards de dollars ou 290 seulement. La possibilité de n’y consacrer que 100 milliards (dégageant de fait quelques 200 milliards pour financer les politiques sociales) fait défaut. Quant à celui qui proposerait de ne rien dépenser du tout, il se retrouverait immédiatement à l’hôpital psychiatrique. Pendant la guerre du Vietnam, le débat opposa longtemps ceux qui prônaient un bombardement généralisé de l’Indochine et ceux qui privilégiaient les bombardements ciblés. L’option du retrait pur et simple ne fut jamais envisagée. Quand les troupes américaines se retirèrent finalement du Vietnam en 1973, plus de 50 000 Américains étaient morts dans une guerre décidée par la présidence, soutenue par un Congrès à sa botte et par une Cour suprême particulièrement complaisante.

Il n’existe pas de guerre juste, l’exemple de la Seconde Guerre mondiale est le test suprême. Les nazis étaient des assassins pathologiques. Nous devions les arrêter et seule la force pouvait y arriver. Certes, Hitler était un dictateur hystérique et un conquérant frénétique, mais que dire alors de la Grande-Bretagne et de son empire, des guerres qu’elle avait livrées aux populations indigènes dans le seul but de les soumettre pour son plus grand intérêt. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis ne s’opposaient au fascisme que parce qu’il menaçait leur propre domination sur certaines ressources naturelles et sur certaines populations. Quant aux ingrédients du fascisme (le militarisme, le racisme, l’impérialisme, la dictature et le nationalisme exacerbé), ils survécurent sans problème à la guerre. Tant que nous nous en remettrons à la guerre pour régler les différends entre nations, nous devrons endurer les horreurs, la barbarie et les excès que la guerre porte en elle.

3) La participation de ce blog biosphere au débat

– Démocratie, un simple slogan (Arne Naess)

Encore faut-il savoir définir ce concept flou qu’on appelle « démocratie ». Marx faisait une distinction entre démocratie formelle (dans un pays aux mains des capitalistes) et réelle (dans un pays où s’exerce la dictature du prolétérait). Vu notre connaissance de l’histoire humaine, nous ne connaissons pas de démocratie réelle.

Aucune guerre n’est juste (Howard Zinn)

Je ne connais pas de guerre qui résulte d’une démocratie éclairée, c’est-à-dire formée de citoyens ayant une aptitude à envisager tous les tenants et aboutissant d’une décision. En clair, aucune guerre n’est juste en soi.

Voici quelques illustrations

– l’invasion de l’Ukraine est du seul fait du dictateur Poutine et pourtant les gens votent pour lui dans des élections présidentielles.

– l’anéantissement de la Palestine par Netanyahou est le résultat d’une propagande sioniste qui a convaincu tout un peuple que le grand Israël était un don de dieu aux juifs.

– la guerre civile au Soudan résulte d’un antagonisme entre deux chefs d’armée.

– la future guerre de la Chine contre Taïwan est envisagé par le grand leader Xi Jinping, soutenu par tout un peuple comme son homologue en Corée du Nord.

– les guerres qu’a mené la France en Indochine ou en Algérie sont des guerres coloniales décidées au nom d’un ethnocentrisme instillé dans les esprits depuis Jules Ferry. Pour lui, la France avait « le devoir de civiliser les races inférieures ».

– le complexe militaro-industriel formate les esprits pour promouvoir une seule idée : « si tu veux la paix, prépare la guerre ».

Voici l’antidote à la militarisation des esprits

– devenir objecteur de conscience

– former les citoyens à la défense civile non violente.

– combattre le nationalisme

– changer l’imaginaire social

– arrêter les exportations d’arme

– sortie unilatérale de la dissuasion nucléaire

– l’UE, passer d’un projet de puissance à un projet de paix

– sortir de l’OTAN

– confier les forces armées françaises à l’ONU

– renforcer les instances internationales

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Les pionniers d’un monde sans guerre

Dire la vérité sur les objecteurs de conscience

Longtemps poursuivis pour insoumission, désertion ou refus d’obéissance, les objecteurs sont des réfractaires au service armé pour raison de conscience. Albert Einstein voyait en eux « les pionniers d’un monde sans guerre » (Message envoyé aux participants du IIIe congrès de l’Internationale des résistants à la guerre (WRI) réunis à Lyon en 1931). Son message a été relayé par l’avocat Jean-Jacques de Felice.

Albert Einstein (citations à partir de « Comment je vois le monde », 1934)

– Sans désarmement, pas de paix durable.

– Nous aurons le destin que nous aurons mérité.

– Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé.

– Le nationalisme est une maladie infantile. C’est la rougeole de l’humanité.

– L’effort d’unir sagesse et pouvoir aboutit rarement et seulement très brièvement.

– Une situation pacifique ne s’instaure que dans la compréhension et l’indulgence réciproques.

– Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.

– Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose être soi-même un mouton.

– On détermine la vraie valeur d’un homme, en notant, en premier lieu, à quel degré et dans quel sens il est arrivé à se libérer du Moi.

– J’ignore la nature des armes qu’on utilisera pour la prochaine guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres.

– Peu d’êtres sont capables d’exprimer posément une opinion différente des préjugés de leur milieu. La plupart des êtres sont même incapables d’arriver à formuler de telles opinions.

– Je méprise profondément ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu’ils ont reçu un cerveau ; une moelle épinière leur suffirait amplement.

– Il ne convient pas que chaque contemporain se contente d’attendre et de critiquer. Il doit servir la cause aussi bien qu’il le peut. Le sort de l’humanité en général sera celui qu’elle méritera.

– L’État est créé pour les hommes et non l’inverse… L’État doit être notre serviteur, et nous n’avons pas à en être les esclaves. Cette loi fondamentale est bafouée par l’État quand il nous contraint par la force au service militaire et à la guerre.

– L’État exigeant de ses citoyens le service militaire, se voit obligé d’exalter en eux le sentiment nationaliste, base psychologique des conditionnements militaires. À côté de la religion, l’État doit glorifier dans ses écoles, aux yeux de sa jeunesse, son instrument de force brutale.

– Celui qui veut développer le sentiment international et combattre le chauvinisme national, doit donc combattre le service militaire obligatoire. Le service militaire obligatoire doit être combattu parce qu’il constitue le foyer principal d’un nationalisme morbide.

– La pire des institutions grégaires se prénomme l’armée. Je la hais. Si un homme peut éprouver quelque plaisir à défiler en rang aux sons d’une musique, je méprise cet homme. Il ne mérite pas un cerveau humain puisqu’une moelle épinière le satisfait. Nous devrions faire disparaître le plus rapidement possible ce cancer de la civilisation.

– Ma responsabilité dans la question de la bombe atomique se traduit par une seule intervention : j’ai écrit une lettre au Président Roosevelt. Le risque universel causé par la découverte de la bombe. Mais les savants allemands s’acharnaient sur le même problème et avaient toutes les chances de le résoudre. J’ai donc pris mes responsabilités.

– Je refuse de séjourner dans un pays où la liberté politique, la tolérance et l’égalité ne seront pas garanties par la loi. Je maintiendrai cette attitude aussi longtemps que nécessaire. Par liberté politique je comprends la liberté d’exprimer publiquement ou par écrit mon opinion politique et par tolérance, j’entends le respect de toute conviction individuelle.

– Je hais violemment l’héroïsme sur ordre, la violence gratuite et le nationalisme débile. La guerre est la chose la plus méprisable. Je préférerais me laisser assassiner plutôt que de participer à cette ignominie. Et pourtant, je crois profondément en l’humanité. Je sais que ce cancer aurait dû depuis longtemps être guéri. Mais le bon sens des hommes est systématiquement corrompu. Et les coupables se nomment : école, presse, monde des affaires, monde politique.

Jean-Jacques de Felice (1928-2008) est un avocat français, ancien vice-président de la Ligue des droits de l’homme de 1983 à 1996. Cet infatigable combattant des droits de l’homme fut lui aussi un objecteur de conscience. Il demanda à bénéficier du statut des objecteurs dès la promulgation de la loi du 21 décembre 1963. Il avait effectué son service militaire dans le nord de l’Allemagne en 1951-1952 ; alors sous-lieutenant de réserve, il fut l’un des 227 Français qui, après le service actif, furent légalement reconnus objecteurs. Il prit ainsi une part déterminante à la longue lutte qui permit d’obtenir d’abord une timide reconnaissance du droit à l’objection, puis son élargissement, pour finalement le faire considérer au niveau européen comme un droit essentiel de l’homme.

Jean-Jacques de Félice a été le principal avocat des objecteurs. Dès la guerre d’indépendance algérienne, surtout dans les décennies 1970 et 1980, et jusqu’à la fin de la conscription en 2001, il en a défendu des dizaines. Pratique résolue, déterminée, d’un avocat militant, bien sûr. Et surtout, en ce qui concerne les objecteurs, une inlassable volonté de dépassement du droit. Car l’objection est contestation permanente, ainsi que l’écrit Pierre Sablière en conclusion de sa thèse de droit public : « L’objection de conscience est par essence révolutionnaire et la révolution ne s’enferme pas dans un statut. Selon Jean-Jacques de Félice, « la loi c’est la règle du jeu, il n’y pas de démocratie sans loi. Mais il n’y a pas de loi réellement valable si elle n’obéit pas à des valeurs. Donc la démocratie, elle impose certaines lois, et la loi aussi est faite pour être critiquée et modifiée. Ce qui m’intéresse, c’est d’aller vers des modifications de la loi qui deviennent la règle du jeu de nos sociétés mais en obéissant à certaines valeurs. Il faut aborder librement les vraies questions – la défense militaire pour quoi, contre qui – avec quels moyens (arme nucléaire = prise d’otages = terrorisme d’État, armes chimiques, bactériologiques, économiques), l’idée de nation armée […]».

« Moi, ce qui m’animait le plus, c’était l’utopie à long terme, c’est-à-dire le dépassement du droit écrit-il dans un texte de juin 2006 intitulé précisément « Incontournable utopie » :

« Par réalisme, je crois à l’Utopie. Tout simplement parce qu’elle peut être la réalité de demain, si nous le voulons. Les exemples abondent : défaite de l’Apartheid en Afrique du Sud, suppression des tribunaux militaires, inscription d’un droit au logement dans nos textes, etc. Qui pourrait soutenir que ces luttes éminemment nécessaires n’étaient pas totalement utopiques, vouées à l’échec, combattues par une large majorité de l’opinion publique ? Elles ont cependant été suggérées et voulues souvent par quelques personnes seules, réalisées par celles et ceux qui se sont mobilisés, qui ont crié souvent dans le désert et ont fini par se faire entendre car, chacun le comprend au fil du temps, ils avaient raison. Il nous appartient de faire changer la loi, de lui donner un contenu plus humain et plus fraternel. Seuls les utopistes ont ce regard vers des lointains apparemment inaccessibles : ils cherchent souvent en tâtonnant mais tentent, avec raison, de réaliser ce qui a été justement rêvé !

NB : La loi du 28 octobre 1997 met en place la professionnalisation totale des armées françaises, avec la « suspension » du service militaire. Les derniers appelés sous les drapeaux sont libérés le 30 novembre 2001, les objecteurs en service civil en juillet 2002.

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Le drapeau, signe de discorde

Les décodeurs du MONDE font tout un plat sur « les drapeaux témoins de l’histoire des luttes LGBT+ ».

Le drapeau arc-en-ciel est le premier en 1978, étendard de la communauté « gay ». Les gays dans leur ensemble rejettent l’appropriation qui en a été faite par des communautés qui n’ont rien en commun avec eux. En quoi vouloir changer de genre serait-il comparable à l’attirance sexuelle ? Et ne parlons pas des « aromantiques » etc qui décrédibilisent tout le mouvement en s’inventant une oppression imaginaire (qui a déjà été tabassé parce qu’aromantique ? Les gays, c’est tous les jours)

Car depuis les années les drapeaux se multiplient :

  • le drapeau lesbien le plus répandu aujourd’hui, appelé « sunset flag », une création de la blogueuse Emily Gwen, adopté sur Tumblr ;
  • le drapeau pansexuel, pour les personnes qui peuvent être attirées par tous les genres – une catégorie proche de la bisexualité ;
  • le drapeau asexuel, qui désigne l’absence de désir sexuel pour autrui ;
  • le drapeau aromantique, pour celles et ceux qui n’éprouvent pas ou peu d’attirance romantique.

Les drapeaux et les insignes permettent d’identifier les pairs, ils renforcent le sentiment d’appartenance à un groupe par opposition à d’autres groupes. Tout drapeau représentant une cause particulière n’est que prétexte à un affrontement. C’est ainsi qu’on mène des guerres ente nations car à chacun son drapeau. On vous suggère de dénombrer les centaines de drapeaux de nations, quasi-nations, régions etc. utilisés aujourd’hui dans le monde pour mettre en valeur son particularisme.

Le seul drapeau qui importe est celui de l’ONU, symbole de paix et non de fausses oppositions entre patriotes irréconciliables, entre religions en guerre ou entre homo, hétéro et autres genrés.

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drapeau français ou européen, je m’en tape !

extraits : Donnez à un idiot un drapeau à agiter, apprenez-lui un hymne à chanter et quelques âneries patriotiques à répéter frénétiquement, et il marchera vers la bataille pour tuer d’autres idiots marchant et chantant sous un drapeau adverse. Malheureusement beaucoup de pays sont en train de multiplier volontairement les idiots et d’agiter des drapeaux. Pour un pacifiste, nous appartenons symboliquement à la Terre, nullement à un morceau de terre. Le nationalisme est un signe de repli sur soi qui dénature la préoccupation écologique, surtout à une époque où les risques sont systémiques et planétaires, réchauffement climatique, pic pétrolier, atteintes aux ressources renouvelables, etc.

Inventons un hymne et un drapeau pour Terriens

en Russie : Le manuel d’un professeur à l’École des hautes études économiques à Moscou vient d’être retiré de la liste fédérale des livres scolaires, les seuls pouvant être achetés par les établissements, au motif que l’ouvrage « ne contribue pas à donner l’amour du pays ». Page 60 par exemple : l’évocation des files d’attente dans l’ex-URSS « ne crée pas de fierté pour la patrie ».

– en France : Le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer, lors de l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi « pour une école de la confiance », veut rendre obligatoire dans les classes la présence des drapeaux tricolore et européen, ainsi que des paroles de La Marseillaise.

brûler le coran ET brûler le drapeau

extraits : Brûler le  drapeau national est interdit dans certains pays, autorisé dans d’autres. Brûler le coran est autorisé quand le free-speech est reconnue, interdit dans les pays qui sacralisent un simple livre. Si on en croit le principe de libre expression, brûler le coran ET le drapeau devraient aller de soi. Faire à titre personnel un grand feu de joie où on se libérerait en brûlant des bibles et des corans, des drapeaux nationaux et des portraits de Sarko, quel soulagement… On appellerait ça le bûcher des illusions, et on y brûlerait toutes les excuses inventées par les hommes pour ne pas penser par eux-mêmes….

outrage au drapeau qui outrage la Terre

extraits : Une fois un conflit défini comme opposant des groupes « nous » et « eux » comme des catégories différentes, les solutions de conciliation deviennent impensables, et cela a pour effet que ces conflits sont partis pour durer, en tout cas jusqu’à ce qu’un côté ait vaincu l’autre. Le fait de faire de groupes humains des catégories distinctes aboutit régulièrement au meurtre. C’est pourquoi la pénalisation de « l’outrage au drapeau tricolore » (LeMonde du 25-26 juillet 2010) semble d’une incongruité totale. Un délit institué en 2003 punissait déjà de 7500 euros d’amende « le fait au cours d’une manifestation organisée ou réglementaire par les autorités publiques d’outrager publiquement l’hymne national ou le drapeau tricolore ». Tout cela parce que des supporters de l’équipe de foot algérienne eurent sifflé l’hymne national, acte compréhensible dans une manifestation sportive où les symboles nationaux n’ont rien à faire….

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Démocratie et guerre, idéalisme et pragmatisme

La « démocratie » est un mot valise où on peut mettre ce qu’on veut. Même la pire des dictatures peut se présenter sous les oripeaux d’un vote démocratique. La démocratie est formelle dans un pays capitaliste soumis aux puissances d’argent. La démocratie n’est pas réelle dans un système marxiste où domine la dictature du prolétariat. La démocratie n’est certes pas un régime qui nous protège de la guerre.

– Il n’y a pas de différence ontologique qui sépare le projet démocratique des régimes autoritaires. On peut passer très facilement du populisme à la dictature, les exemples contemporains sont nombreux. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump par les urnes montre que la démocratie peut se fourvoyer. Et ce n’est pas un cas isolé.

– Les démocraties occidentales n’ont pas été historiquement pacifistes, mais colonialistes. Le souvenir de l’exploitation, de l’esclavage et de la destruction a été gommé par une amnésie démocratique alors que la richesse des premiers pays à s’industrialiser s’est bâtie sur une histoire meurtrière. L’entrée en guerre peut se faire pour de multiples raisons, la fin justifie le moyen. Dans son livre « Les guerres du climat », Harald Welzer montre que les solutions sont extrêmes quand on se retrouve en situation de péril extrême. Fini sans doute bientôt la démocratie libérale avec les guerres des ressources amplifiés au XXIe siècle par la donnée climatique. La théorie de la « paix démocratique » qui postule que les démocraties tendent à établir des relations pacifiques stables entre elles n’est qu’une parenthèse fragile. La situation actuelle montre d’ailleurs que même le « droit international » n’est que textes théoriques pour les grandes puissances que sont les États-Unis et la Russie.

Dans la démocratie française, il n’y a pas de « débats parlementaires houleux » qui précède un engagement militaire. Selon l’article 35 de la Constitution, le Gouvernement se contente d’informer le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger, au plus tard trois jours après le début de l’intervention. Cette information donne lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote. Certes dans l’article 35 alinéa 1, « La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement »… mais il n’y a eu aucun guerre sous la 5ème république, uniquement des « opérations spéciales » comme en Algérie. Car tout dépend de ce qu’on appelle guerre : l’invasion de l’Ukraine était aussi une opération spéciale russe, il était d’ailleurs interdit de prononcer le mot guerre.

On peut toujours justifier le commerce des armes pour des raisons multiples, à commencer par le financement de nos importations. Dans le programme de René Dumont pour la présidentielle 1974, il remarque : « Chaque fois que vous prenez votre voiture pour le week-end, la France doit vendre un revolver à un pays pétrolier du Tiers-Monde. » Or vendre des armes à l’étranger ne fait qu’entretenir la tendance guerrière des humains. C’est donc une faute stratégique si on veut un monde non violent comme l’exprime les fondements de l’écologie politique (Charte internationale des Verts). Le message écologique s’intéresse à l’avenir commun, c’est un projet du long terme qui conteste la « Realpolitik » actuelle.

Par contre il est compréhensible que la France et l’Union européenne (les USA?) fournisse gratuitement des armes à l’Ukraine car il en va du respect des règles internationales : les deux principes de base des Nations unies sont la non-intervention contre un autre État sans mandat de l’ONU et l’intangibilité des frontières sauf accord des parties. La Russie de Poutine doit se conformer à ces deux principes qu’il a bafoué.

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La guerre en Ukraine, bientôt 3 ans pour rien

extraits : Le principe le plus fiable reste celui des non violents : «  Si tu veux la paix, prépare la paix. » Si les Ukrainiens avaient laissé les chars russes arriver à Kiev sans intervenir, un gouvernement pro-Poutine aurait été mis en place, mais il n’y aurait eu aucun mort. Certes une dictature peut perdurer, mais cela ne dure que si les citoyens font preuve de soumission volontaire. Aucune dictature n’est éternelle, d’autant plus qu’elle repose le plus souvent sur une seule personne. Le problème n’est donc pas l’absence temporaire de démocratie réelle dans un pays, mais l’inertie des peuples. Une population d’objecteurs de conscience ne se laisserait pas faire, elle aurait la capacité de résister à toute situation imposée à mauvais escient….

objecteur de conscience en temps de guerre

extraits : Combien de Navalny en Russie ? Les militaires ont le pouvoir parce qu’ils sont institutionnalisés, ce sont les citoyens qui payent des impôts pour les équiper et les nourrir. On pourrait refuser de payer les impôts qui vont au budget militaire. Une population d’objecteurs de conscience ne se laisserait pas faire, elle aurait la capacité de résister à toute situation imposée à mauvais escient. Une armée composée d’individus qui déterminent par eux-mêmes pour quoi et pour qui il faut se battre ne pourrait être utilisée par aucun pouvoir politique. Un pays œuvrant pour la paix et non pour la guerre n’aurait pas besoin d’armée. Avec des citoyens profondément objecteurs de conscience, nous n’aurions pas en France suivi les fantasmes de gloire de Napoléon, nous ne serions jamais intervenus militairement en Indochine ou en Algérie, nous n’aurions pas envoyé des supplétifs en Afghanistan ou en Côte d’Ivoire, ni des avions sur la Libye, ni intervenus au Mali. La France aurait été un pays déterminant au niveau international pour éliminer toutes les armées et construire une paix durable….

Ukraine et Palestine, des guerres injustifiées

extraits : Il n’y a pas de guerre juste, que ce soit en Ukraine, en Palestine ou n’importe où ailleurs. C’est l’idée qu’aurait du défendre tous les dirigeants des pays démocratiques : les guerres sont intrinsèquement mauvaises pour être jamais justes. Mais la nature humaine est conflictuelle, et un monde sans guerre supposerait un droit supranational doté des moyens d’imposer sa juridiction aux Etats. L’ONU est loin de remplir ce rôle. Le monde restera sans paix durable tant qu’une « société des nations » ne sera pas en mesure de se donner des lois et de les mettre en œuvre….

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Ligue nationale contre la force de frappe

Une  » Ligue nationale contre la force de frappe  » vient d’être créée à l’initiative de soixante personnalités, qui ont signé un appel, dont on lira ci-dessous les principaux passages. La réunion constitutive se tiendra au palais d’Orsay le 19 mars 1963.
in archives du MONDE

 » La politique de la force de frappe, poursuivie par le gouvernement français, aboutit à des conséquences dramatiques, sans que le pays en soit véritablement informé et surtout l’ait explicitement approuvée.

1) Cette politique ne permet pas une défense efficace du pays.

 » L’arme atomique du type de 1945 que nous fabriquons ne représente pas une force de dissuasion réelle. Elle est démodée et sans valeur réelle.

 » Une force de frappe peut servir à attaquer, riposter ou menacer.

 » Attaquer ? Trente têtes thermonucléaires suffisent pour anéantir la France. Si nous nous en prenions à une puissance atomique de plus vaste superficie, nous serions annihilés avant de la mettre hors de combat.

 » Riposter ? Si nous étions attaqués, le délai entre la détection des engins ennemis et leur explosion, de l’ordre de deux à cinq minutes, interdirait tout envol de nos bombardiers et toute riposte efficace.

 » Menacer ? La menace de représailles par notre force de frappe ne pouvant être mise à exécution, ne constituerait pas une arme diplomatique : autant agiter un sabre de bois.

2) Cette politique risque de ruiner le pays.

 » a) Inutile, l’arme nucléaire est incroyablement onéreuse. Son coût dépasse nos moyens.

 » Les 6 milliards de francs 1963 déjà engagés sont une simple amorce n’ayant permis ni de miniaturiser les bombes, ni de passer de l’engin atomique au thermonucléaire, ni de produire des fusées modernes et des avions non démodés.

 » Pour tenter – sans espoir – de rattraper une fraction de notre retard sur les deux Grands, il nous faudrait accepter des charges intolérables. La seule usine de séparation de l’uranium de Pierrelatte, d’un coût prévu de 2 milliards, revient actuellement à plus de 4, et sa partie  » très haute « , indispensable pour la production militaire, n’est pas encore définie…

 » b) La pression financière provoquée par un tel effort est en effet particulièrement dangereuse au moment où le relèvement nécessaire du niveau de vie en France et la compétition économique entre puissances industrialisées devraient nous inciter à des investissements productifs accrus…

 » c) Les crédits affectés à la force de frappe sont en outre détournés des recherches atomiques et spatiales pacifiques, qui sont nécessaires à la grandeur d’un État moderne.

3) Cette politique nous isole sur le plan international…

4) Cette politique est redoutable pour la paix du monde.

 » L’attitude du gouvernement français constitue un précédent grave et contribue, en fait, à la dissémination de l’arme atomique, danger majeur pour l’humanité.  » La force atomique multilatérale comporte également le danger de dissémination de l’arme et, en particulier, la possibilité pour l’Allemagne d’en disposer, alors que la production lui en est interdite par les traités de 1954…

 » Contre une politique de force de frappe nationale, périlleuse pour notre pays et l’humanité entière, sachons associer nos efforts, sans distinction d’idéologie ou de philosophie… « 

Ont signé Jusqu’à présent : Mme Simone de Beauvoir, MM. Pierre Bertaux, André Blumel, Jean Cassou, Georges Casalès, Jacques Chatagner, Claude Chevalley, Gustave Choquet, Pierre Cot, Daniel Curie, J.-T. Desanti, Guy Desson, Dixmier, Jean Dresch, Pierre Ducros, René Dumont, Charles Fert, Paul Fraisse, Pierre Gautier, Dominique Halévy, docteur Georges Harel, André Hauriou, René Heller, Marc Jacquier, Jankélévitch, Charles-André Julien, Alfred Kastler, docteur Klotz, Maurice Kriegel- Valrimont.

MM. Georges Lasserre, Jean Las-serre, Bernard Lavergne, Henri Laugier, Henri Lévy-Bruhl, Philippe l’Héritier, docteur Marcovitch, Daniel Mayer, Jean-Jacques Mayoux, Pierre Meunier, Jules Moch, Gustave Monod, Georges Montaron, Daniel Parker, Marcel Paul, Jean-Claude Pecker, R. Portai, Marcel Prenant, Jean Pronteau, Henri Roser, Jean-Paul Sartre, Camille Soula, Tanguy-Prigent, Mlle Lucienne Taurel, MM. Charles Tillon, René-William Thorp, Vercors, Jean-Pierre Vernant, Jean-Pierre Vigier, Philippe Vigier, Maurice Voge, René Zazzo.

Les adhésions doivent être adressées au professeur Alfred Kastler, 1, rue du Val-de-Grâce, Paris (5e).

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Militarisation du parti dit « écologiste »

La motion « Europe de la Défense » a été adoptée le 10 octobre 2025 par le Conseil Fédéral du parti « Les Écologistes » par 54 voix pour, 24 contre et 4 blancs. Elle est abominable dans son contenu militariste et pro-nucléaire.

La Motion Europe de la Défense (extraits)

Oct 10, 2025 | Cette motion vise à faire de la construction d’une véritable Europe de la défense un point incontournable de toute alliance entre les forces écologistes et de gauche au plan national, en vue d’élections législatives ou présidentielle.

Exposé des motifs

– L’ irruption de la guerre en Europe confirme le besoin d’aller vers une véritable défense européenne, un projet que les écologistes français·e·s défendent depuis des années.

– L’Europe de la défense poursuit un objectif de plus long terme : celui d’atteindre l’autonomie stratégique.
– Le Fonds Européen de la Défense alloue plus d’un milliard d’euros à la recherche et au développement de technologies de défense de nouvelle génération,

– Cette stratégie de réarmement n’est cependant pas encore à la hauteur du défi que représente la construction d’une véritable Europe de la Défense,

– Nous revendiquons que la construction d’une Europe de la Défense ne se fasse pas au détriment des nécessaires investissements dans la transition écologique, l’éducation, la santé et les services publics

– Nous considérons que la mise en place d’une véritable défense européenne doit évidemment avoir une forte dimension écologique. L’innovation doit être mise au service de matériels et d’organisations très performants au plan environnemental.

– Nous appelons à articuler l’ambition militaire d’une Europe de la Défense avec des initiatives de mobilisation de la société civile, par exemple en formant les peuples à la résistance civile.

Motion

La construction d’une véritable Europe de la défense doit apparaître comme un élément fort de la doctrine écologiste en ce qui concerne les relations internationales, la diplomatie et la sécurité globale.

Par Europe de la défense, est entendue, sur la base des pays européens volontaires :

  • Le développement d’une base industrielle et technologique de défense européenne, qui rende les pays européens plus souverains en matière de production d’armements et d’infrastructures, notamment grâce à la standardisation des équipements et matériels, en reconnaissant le besoin d’interopérabilité, de complémentarité et de coopération à travers de nouveaux « champions européens ».

  • La poursuite de la réflexion sur la dimension européenne de la dissuasion nucléaire de la France, en rappelant très clairement que les intérêts supérieurs de la France concernent également l’Union Européenne. Si les écologistes demeurent attaché·e·s à long terme à l’abandon de tout armement nucléaire sur notre planète, qui passe par une trajectoire de désarmement progressif de tous les pays dotés, négociée dans un cadre multilatéral, la France ne doit pas faire de choix unilatéral en ce sens dans le contexte actuel.

  • La constitution d’un noyau de pays volontaires pour mettre en commun des capacités militaires, destinées à constituer, à terme, un véritable corps d’armée européen.

Le point de vue des écologistes pacifistes

Cette motion est une réelle défaite pour les pacifistes, dans les faits elle appelle à ne pas soutenir le TIAN (traité sur introduction des armes nucléaires). A ne pas confondre avec le tian de légumes à la provençale ! Les Écologistes institutionnels disent être favorables au désarmement nucléaire, mais pas maintenant, plus tard… Ils s’alignent ainsi sur la position hypocrite de tous les autres partis. Nous savons très bien que ça ne sera jamais « le bon moment ».

Soudain, la mort massive et l’hiver nucléaire se voient décerner le Label Écologique. Une terrible régression idéologique pour l’Écologie Politique qui accepte, au nom de la pseudo « défense de nos intérêts vitaux », l’idée même du sacrifice possible de toute Vie sur la planète. Incroyable.

De plus l’augmentation importante du budget militaire se fera au détriment des besoins de la population. Quelle démission ! La question de la défense “nationale” et “européenne” réclame un débat extrêmement important et sérieux… qui n’a pas eu lieu chez les écologistes et ne se règle pas avec une “Motion” qui entérine la « dissuasion nucléaire » comme l’ont fait avant et par ordre chronologique inversé Génération.s , LCI, les Socialistes , les communistes, les centristes… Ignorant au passage cette majorité d’États qui à l’ONU, avec le soutien du CICR, en appellent de toute urgence à soutenir et rejoindre le TIAN…

Il y a sans doute une question de génération. Les porteurs de cette « motion défense » sont d’une génération qui n’a pas connu les combats antinucléaires des années 70-80, notamment la forte mobilisation européenne sur les missiles Pershing et SS20. Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est la perte d’un élément essentiel de l’Écologie Politique, la capacité à avoir une vision de vraiment long terme. Or nous le savons, toutes les grandes conquêtes ont été précédées par une vision qualifiée d’utopiste dans un premier temps. Nous avons oublié l’appel plus que jamais d’actualité du pacifiste René DUMONT dans son programme de 1974 : « L’écologie ou la Mort… »

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Parti dit écolo, du pacifisme au militarisme

extraits : Tournant historique, le parti dit « Les Ecologistes » se lance dans un militarisme décomplexé alliant « écologie de guerre » et arme atomique. Pour le cofondateur de l’Observatoire des armements, Patrice Bouveret, « cela traduit une coupure entre les élus du parti et sa base qui se retrouvait dans les valeurs “pacifisme, féminisme et écologie”. » L’expert pointe un manque de réflexion collective à l’intérieur des Écologistes sur les questions de défense. « Les parlementaires écologistes deviennent de plus en plus proches des positions officielles de la France sans qu’il n’y ait remise en cause ou interrogation sur ces questions-là. Ils perdent le côté novateur qu’avaient les écologistes sur ces questions », regrette Patrice Bouveret….

L’écologie entre pacifisme et remilitarisation (7 avril 2025)

extraits : Depuis l’invasion de l’Ukraine, deux visions de la militarisation avancent en parallèle au sein du parti renommé « Les Ecologistes » : créée très récemment en 2024, une commission défense (militariste) cohabite désormais avec la commission Paix et désarmement, créée en 1984 lors de l’AG fondatrice des Verts. Lors des journées d’été des Verts, la commission défense a présent publiquement son point de vue sans qu’il y ait approche contradictoire. Cyrielle Chatelain en était la présentatrice. Elle préside le groupe écologiste à l’Assemblée nationale. À l’Assemblée nationale, elle siège au sein de la commission de la Défense nationale et des Forces armées. Cyrielle a mis fin au pacifisme traditionnel des Verts : « L’Union européenne doit s’affirmer comme une force politique, ce qui implique aujourd’hui dans ce contexte de s’affirmer comme une force militaire. »….

L’écologie entre pacifisme et remilitarisation

extraits : Cyrielle Chatelain a mis fin au pacifisme traditionnel des Verts : « Pour la première fois depuis 1945, la peur de la guerre s’insinue en chacun de nous. La menace russe se concrétise et la protection américaine s’étiole. » Fustigeant la passivité de l’Europe qui s’en est « paresseusement remise aux États-Unis », et « a renoncé à s’imposer comme un acteur majeur sur la scène internationale », elle a souligné l’attachement de sa famille politique à une défense européenne : « L’Union européenne doit s’affirmer comme une force politique, ce qui implique aujourd’hui dans ce contexte de s’affirmer comme une force militaire. » L’aide militaire à l’Ukraine doit passer « par la fourniture d’équipements de défense avancée », « la formation des forces ukrainiennes » et le « renforcement de troupes européennes dans les pays frontaliers de l’Ukraine »….

Militarisation du parti dit « écologiste » Lire la suite »

Le prix Nobel de la paix… à Trump ?

Pour décerner le prix, les membres du comité Nobel se décident généralement plusieurs jours, voire semaines avant l’annonce, prévue aujourd’hui 10 octobre 2026. On ne dit jamais quand le comité prend sa décision. Le gouvernement norvégien n’a aucune influence sur ce comité, composé de cinq membres, nommé par le Parlement et entouré d’experts, dont le choix est encadré par le testament de l’inventeur de la dynamite, Alfred Nobel, mort en 1896. D’après ce texte, le prix doit être attribué à « la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». Cette année, 244 individus et 94 organisations ont été nominés.

Donald Trump Trump est unique dans l’histoire du prix, car il a mené lui-même une campagne ouverte et agressive pour sa propre candidature. « Tout le monde dit que je devrais recevoir le prix Nobel de la paix pour chacune de mes réussites », affirmait-il le 23 septembre. Devant les généraux et amiraux américains, réunis le 30 septembre, il s’est fait menaçant : ne pas le choisir serait « une grande insulte » faite aux Etats-Unis. Mais le président américain n’a aucune chance d’obtenir le prix Nobel de la paix à moins que le comité Nobel ne subisse un effondrement mental. Ses chances ne se sont pas améliorées après son discours devant l’ONU, il continue d’attaquer l’ordre international, soutient toujours Nétanyahou à Gaza et, bien qu’il apporte son soutien verbal à l’Ukraine, il ne met pas à exécution les sanctions contre Poutine. 

La Cour pénale internationale et la Cour internationale de justice, visées par les attaques du président américain, pourraient faire de bons lauréats. Le Nobel de la paix avait récompensé en 2024 Nihon Hidankyo, un groupe de survivants des bombardements de Hiroshima et Nagasaki, en croisade contre l’arme nucléaire.

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Le prix Nobel de la paix, Nihon Hidankyo (2024)

extraits : Les titulaires du prix devraient être connus du grand public, ce n’est pas le cas. Prenons le dernier prix Nobel de la paix, attribué en 2023 à la militante iranienne Narges Mohammadi. Qui se rappelle de son nom ? Elle est actuellement emprisonnée « pour son combat contre l’oppression des femmes en Iran et sa lutte pour la promotion des droits humains et la liberté pour tous ». Narges Mohammadi a été arrêtée treize fois et condamnée cinq fois à un total de trente et un ans de prison et 154 coups de fouet….

Qui mérite le prix Nobel de la paix ? (2019)

extraits : Qui connaît Denis Mukwege et Nadia Murad ? Ils ont pourtant obtenu le prix Nobel de la paix 2018 pour leurs efforts afin de mettre fin à l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre. Le mahatma Gandhi n’a jamais eu le Nobel de la paix, mais Barack Obama oui, en 2009, un pacifiste en guerre ! Il est vrai qu’en termes d’idéologie militariste, pour avoir la paix, il faut préparer la guerre. C’est d’ailleurs le seul discours qu’Obama était capable de tenir pour recevoir sa distinction le 10 décembre 2019 : « Je suis le commandant en chef d’une nation engagée dans deux guerres. J’ai juré de protéger et de défendre mon pays…

Nobel aux GES (2007)

extraits : Le comité Nobel a décerné le 12 octobre 2007 le prix Nobel de la paix à la fois au groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et à l’ex-futur président des USA, Al Gore. Le comité cherche ainsi à « attirer l’attention sur les processus et les  décisions qui paraissent nécessaires pour protéger le futur climat du monde, et ainsi réduire la menace qui pèse sur la sécurité de l’humanité ». Il est vrai que des régions entières vont devenir inhospitalières et que leurs populations seront contraintes de se déplacer. Cette redistribution géographique va entraîner de nouvelles tensions, donc des conflits et des guerres….

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en mémoire du pacifiste René Dumont

Le 2 août 1914, le tocsin sonne : c’est la guerre ! Le môme Dumont, dix ans, est tout excité. Son oncle le foudroie alors du regard : « Tais-toi ! La guerre, c’est l’assassinat des paysans. » Il s’aperçoit que le curé lui ment quand il prétend que Dieu est avec la France alors qu’il a vu de ses propres yeux le « Gott mit uns » gravé sur les ceinturons allemands. Lors de son enterrement le 19  juin 2001, la dernière volonté de René Dumont consista à faire entendre Boris Vian chantant « Le Déserteur ».

Le pacifisme constituera son seul dogmatisme. Dumont entame la lutte contre toutes les armées, contre toutes les guerres. Son service militaire fut homérique. En 1924 à l’Agro, les élèves sont astreints à la préparation militaire pour devenir officiers de réserve. Pendant ses 18 mois de service national, il se bat comme un fou contre l’institution militaire. Quand, lors du premier exercice, le lieutenant lui demande ce qu’il ferait s’il y avait une mitrailleuse ennemie sur la colline en face, Dumont n’hésite pas : « Je mets les chevaux à l’abri. » Il sera interné en 1926 dans un hôpital psychiatrique : « Schizophrène. » Après son retour d’Indochine en 1932, Dumont milite avec les Combattants de la paix pour un « pacifisme intégral et résolument non aligné ». Le fond de doctrine est résumé par deux citations : « Aucun des maux que l’on veut éviter par la guerre n’est un mal plus grand que la guerre elle-même (Bertrand Russel) » et « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels (Anatole France, 1922). » Il affichera souvent par la suite un badge à la poitrine : « La seule victoire, c’est la paix. » En septembre 1939, il signera avec Jean Giono et Louis Lecoin un tract qui appelle à « la paix immédiate ».

Nazisme ou pas, la guerre lui apparaît comme l’ennemie numéro un. Il s’abstiendra complètement pendant la Deuxième Guerre mondiale. Lui, le militant antifasciste, se retire dès qu’il faut prendre une arme, même pour son camp. En toutes circonstances, il est contre les guerres, y compris dans des cas limites comme la guerre contre l’Allemagne nazie ou quand un ses chers peuples du tiers-monde se soulève. Mêmes « populaires », les guerres lui font peur parce qu’il sait que ceux qui vont mourir un fusil à la main sont ceux qui ne pourront plus manier la faux ou pousser la charrue. Pour Dumont, les vraies difficultés commencent après les révolutions. Il ne suffit pas de renverser Marcos ou Somoza : « La révolution procure des missions exaltantes mais le développement requiert d’obscurs dévouements. » Quelle que soit sa « compréhension » des révoltes, l’agronome en appelle systématiquement à des stratégies non-violentes à la Gandhi. Novembre 1954, début des hostilités en Algérie. Guy Mollet lui demande de lui expliquer comment il pourrait mettre en œuvre une réforme agraire. Dumont lui répond : « Monsieur le président du Conseil, mon projet de réforme agraire n’a plus aucun sens aujourd’hui, nous sommes en guerre. Il faut négocier l’indépendance. » Il signe à tour de bras les manifestes pacifistes et anticolonialistes, comme celui des 121 contre la guerre d’Algérie en 1960. Faire la moindre concession à la guerre revient pour lui à encourager son développement.  « La guerre est un crime organisé, les militaires en sont les ordonnateurs et les bras. »

Ses diatribes – « les militaires sont la plus grande source de gaspillage, ils gaspillent du travail, de l’espace, de l’énergie, des minéraux rares, ils polluent les airs et les eaux » – montrent la force de ses convictions. « Il en coûterait cinq fois moins pour protéger la planète que pour continuer à préparer sa destruction… Réduction des dépenses d’armement jusqu’à leur intégralité. »

Le 17 janvier 1991, la guerre du Golfe est déclarée. Le président Bush apparaît sur l’écran et annonce « un nouvel ordre mondial ». Le vieux professeur se retourne, défait, vers sa compagne : « Toutes mes batailles se terminent ce soir, c’est la défaite de ma vie. » Pour Dumont, cette guerre donne le départ au grand affrontement Nord-Sud. « Bush ne fait pas la guerre à Saddam Hussein, il fait la guerre pour le pétrole, le pétrole à bas prix qui garantit à l’Occident la continuation de sa domination et de ses gaspillages. » Ce n’est donc pas un hasard si l’un de ses derniers livres qui paraît en 1992 est consacré à la guerre du Golfe, titré Cette guerre nous déshonore, quel nouvel ordre mondial ?

René est mort le 18 juin 2001, souvenons-nous de son pacifisme, partie intégrale d’une conviction écologique…

Source : René Dumont, une vie saisie par l’écologie de Jean-Paul Besset

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Un monde pacifié est possible

L’écologie porte un projet d’avenir, encore faut-il le définir. Comme l’exprime la Charte des Verts mondiaux*, le mouvement écologiste se veut pacifiste et non violent. Mais on ne peut pas préparer facilement la paix quand le système social est formaté pour la guerre depuis des siècles. Il faut s’en donner les moyens. Voici dix indications pour que la France concrétise la fin des guerres. Un tel programme peut paraître utopique, mais comme l’exprimait René Dumont, « L’utopie, c’est ce qui n’est pas encore réalisé. »

1) Constatons l’obsolescence du nationalisme

Contrer l’extrême droite passe par la critique du nationalisme en tant que fondement d’une attitude guerrière. L’idée de nation n’existe pas avant le XIXe siècle, c’est une construction historique récente qui a montré, deux guerres mondiales et des opérations colonialistes à l’appui, son échec. C’est un signe de repli sur soi qui dénature la préoccupation écologique, surtout à une époque où les risques sont systémiques et planétaire. Parce que les uns se sentent plutôt Français pendant que d’autres se veulent Américains ou Chinois, nous n’arriverons jamais à concrétiser internationalement un accord. C‘est à l’école d’expliquer l’importance de penser global et agir local, de se ressentir cosmopolite de coeur mais aussi de devenir gestionnaire de son territoire d’appartenance.

2) Changeons l’imaginaire social

La valorisation des récits de guerre doit être remplacé par une autre symbolique. Prenons l’exemple du drapeau. Il existe déjà un drapeau pour Terriens, celui de l’ONU. Ce drapeau a été adopté le 20 octobre 1947. Sa vocation est de promouvoir la paix dans le monde. Il utilise le bleu comme fond et le blanc comme couleur du motif ; le bleu représente la paix en opposition au rouge, couleur de la guerre. Le motif central, entouré de rameaux d’olivier comme symbole de paix, représente une carte du monde. Il devait avoir sa place dans toutes les mairies françaises à côté du drapeau national et du drapeau européen.

3) Pour une démilitarisation partielle de la JDC

La Journée de défense et de citoyenneté (JDC) est obligatoire pour tous les jeunes de 16 à 25 ans. A l’initiative du président Macron, une nouvelle version « militarisée » a été mise en place à partir de septembre 2025. Il serait normal, dans une optique de défense globale de la France, qu’un module sur la défense civile non violente (DCNV) soit présent lors de cette JDC.

4) Pouvoir se déclarer objecteur de conscience lors de la JDC

Actuellement il est interdit pour un jeune de se déclarer Objecteur de conscience (OC) lors de la JDC. Pourtant le statut d’OC est reconnu par la France depuis décembre 1963. Le droit à l’objection de conscience au service militaire repose aussi sur l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction. Ce droit s’inscrit dans un effort historique de l’humanité pour circonscrire le pouvoir des autorités civiles, religieuses ou économiques.

5) Arrêtons les exportations d’armes de la France

Il existe aujourd’hui des dispositions mondiales régissant le commerce des os de dinosaures, mais pas celui des chars… or toute vente d’armes à des pays tiers est une erreur stratégique et un non sens si on recherche la paix. Une des revendications de l’écologie politique devrait être l’arrêt des exportations d’armement, de façon unilatérale pour la France puisqu’il ne faut pas s’attendre à ce que les autres commencent. Ce sera un exemple à suivre…

6) Désarmons le nucléaire français

Les faits sont têtus : l’arme nucléaire n’empêche pas la guerre ni un territoire national d’être attaqué. Une Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN) a reçu en 2017 le prix Nobel de la paix pour son « travail de sensibilisation sur les conséquences humanitaires catastrophiques de toute utilisation d’armes nucléaires », ainsi que pour une « initiative inédite visant à obtenir l’interdiction de ces armes au moyen d’un traité ». La ratification unilatérale par la France du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) doit être un objectif à atteindre par divers moyens. Avec l’Appel des villes en faveur du TIAN, 99 villes et collectivités territoriales se sont déjà mobilisées – parmi elles Paris, Marseille, Lyon, Montpellier, Bordeaux, Saint-Étienne, Poitiers… Le désarmement nucléaire unilatéral de la France est nécessaire. L’exemplarité est un atout majeur.

7) Pacifier l’objectif de l’Union européenne

Les fondateurs de l’Union européenne ont poursuivi deux objectifs en parallèle, un projet de paix et un projet de puissance. Dans le cadre du projet de paix, l’Europe est une volonté de réconciliation des peuples. Dans celui du projet de puissance, la construction européenne implique la défense des pays participants. En d’autres termes, le projet de paix exige le sacrifice des identités nationales au profit de valeurs universelles tandis que le projet de puissance requiert le développement d’une force armée. Mais constituer un nouveau bloc dédié à la guerre ne peut que renforcer la militarisation du monde. L’UE doit se situer dans une optique transnationale, comme force de paix et non de puissance.

8) Constatons l’obsolescence de l’OTAN

L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (North Atlantic Treaty Organization) est l’organisation politico-militaire mise en place le 4 avril 1949 pendant le blocus de Berlin exercé par les Soviétiques. L’OTAN est obsolète depuis la fin de la guerre froide. Dans un contexte actuel où les pays de l’OTAN devraient atteindre 5 % du PIB consacré à la défense militaire, ce qui n’est qu’une volonté unilatérale de Trump, les écologistes se doivent de proposer des alternatives. Plutôt qu’un soutien à l’OTAN, organisation guerrière, la France doit soutenir l’ONU.

9) Soutenons l’ONU à l’initiative de la France

L’ONU, en tant qu’organisation mondiale en charge de la gestion des conflits et du maintien de la paix, est une structure fragile. Les Casques bleus sont constitués principalement de militaires prêtés par des pays membres de l’ONU. La France, en confiant la gestion de toutes nos forces armées à l’ONU, ferait basculer nos forces armées d’une préparation dédiée à la guerre vers une simple force d’interposition. Qui attaquerait la France alors qu’elle se positionne dans l’orbite des Nations unies ?

10) Renforçons les instances internationales à l’initiative de la France

– suppression du droit de veto des grandes puissances au Conseil de sécurité

– soutien de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), de la Cour internationale de justice (CIJ) et de la Cour pénale internationale (CPI).

annexe

* Charte des Verts mondiaux adoptée à Canberra en 2001 : « Nous déclarons notre engagement en faveur la non-violence et nous nous efforçons de créer une culture de paix et de coopération entre les États, au sein des sociétés et entre les individus pour en faire le fondement de la sécurité mondiale. »

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drapeau français ou européen, je m’en tape !

Donnez à un idiot un drapeau à agiter, apprenez-lui un hymne à chanter et quelques âneries patriotiques à répéter frénétiquement, et il marchera vers la bataille pour tuer d’autres idiots marchant et chantant sous un drapeau adverse. Malheureusement beaucoup de pays sont en train de multiplier volontairement les idiots et d’agiter des drapeaux.

Pour un pacifiste, nous appartenons symboliquement à la Terre, nullement à un morceau de terre. Le nationalisme est un signe de repli sur soi qui dénature la préoccupation écologique, surtout à une époque où les risques sont systémiques et planétaires, réchauffement climatique, pic pétrolier, atteintes aux ressources renouvelables, etc. Ce n’est plus la confrontation entre nations qui devrait s’imposer, mais la coordination des peuples. C’est pourquoi la pénalisation de « l’outrage au drapeau tricolore » (LeMonde du 25-26 juillet 2010) semble d’une incongruité totale. Tout cela parce que des supporters de l’équipe de foot algérienne eurent sifflé l’hymne national français.

Pour un réfractaire à la guerre, la question de fond reste posée : est-ce que le drapeau bleu-blanc-rouge ou la Marseillaise font partie des valeurs de la République ? Si les seules valeurs à reconnaître sont les principes de liberté, d’égalité et de fraternité ainsi que la déclaration universelle des droits de l’homme, les symboles qui ont alimenté tant de guerres n’en font pas partie.

Un parti écologiste pacifiste devrait demander la désacralisation du drapeau tricolore.

annexe documentaire

Le drapeau de la France est un emblème de la nation sans interruption depuis 1830. Au niveau mondial, l’usage d’un drapeau pour représenter une nation n’existe pas avant le XIXe siècle. Il existait seulement des bannières qui servaient aux armées de signes de ralliement. Lors d’un match France-Algérie au stade de France, La Marseillaise a été sifflée, en présence du Premier ministre Lionel Jospin. À la suite de cet incident, le délit d’outrage au drapeau tricolore ou à l’hymne national a été introduit à l’article 433-5-1 du Code pénal par une loi du relative à la « sécurité intérieure ». En mars 2010, le quotidien Métro diffuse une photographie montrant un jeune s’essuyant les fesses avec le drapeau tricolore. Le gouvernement a alors décidé de compléter les textes réprimant l’outrage au drapeau. Cela a abouti au décret punissant même les actes privés si leur auteur leur donne une diffusion publique.

Le drapeau européen est adopté le 9 décembre 1955 par le Conseil des ministres du Conseil de l’Europe. Il est devenu à partir du 1er janvier 1986 le symbole de toutes les institutions des Communautés européennes, puis de l’Union européenne. A la suite d’un processus itératif sur 5 ans, les éléments constitutifs du drapeau actuels, fond bleu, étoiles, cercle, couleur or, nombre 12, finiront par s’imposer. Le 19 octobre 2017, la France devient le dix-septième État à reconnaître le drapeau européen. Lors des meetings de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron fait acclamer l’Union européenne et ses partisans sont encouragés à brandir des drapeaux européens.

On retrouve maintenant souvent les deux drapeaux associés. La citoyenneté de l’UE est consacrée par la deuxième partie du TCE (traité constitutionnel européen). Selon l’article 17, il est institué une citoyenneté de l’Union. Est citoyen de l’Union toute personne ayant la nationalité d’un État membre. La citoyenneté de l’Union complète la citoyenneté nationale et ne la remplace pas. Les fondateurs de l’Union européenne ont poursuivi deux objectifs en parallèle, un projet de paix et un projet de puissance. Dans le cadre du projet de paix, l’Europe est une volonté de réconciliation des peuples. Dans celui du projet de puissance, la construction européenne implique la défense des pays participants. Dans le premier cas, les ressortissants nationaux doivent devenir des citoyens du monde apatrides. Dans le second cas, des Européens fiers de leur identité. En d’autres termes, le projet de paix exige le sacrifice des identités nationales au profit de valeurs universelles tandis que le projet de puissance requiert le développement d’une identité européenne.

Pour un pacifiste, il est inconcevable de faire la guerre au nom d’une entité territoriale, qu’elle soit française ou européenne.

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21 septembre : journée internationale de la paix

« En cette période de turbulences, de bouleversements et d’incertitudes, il est essentiel que chacun prenne des mesures concrètes en faveur de la paix », préconisent les Nations Unies en cette journée internationale de la paix, que l’ONU a instituée depuis 1981.

Du 22 au 30 septembre prochain, au siège des Nations Unies (ONU) à New York, les chefs des Etats membres sont attendus pour une semaine de haut niveau dans le cadre de l’AG annuelle de l’organisation, qui fête cette année ses 80 ans.

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Non à l’OTAN, oui à l’ONU comme force de paix

Dans un contexte où les pays de l’OTAN devraient atteindre 5 % du PIB consacré à la défense militaire, ce qui n’est qu’une volonté unilatérale de Trump, les écologistes se doivent de réagir. Voici quelques recommandations incontournables.

Les écologistes ne voient les évènements de court terme que dans la perspective du long terme.

L’OTAN est obsolète depuis la fin de la guerre froide, on doit trouver des alternatives.

L’ONU doit être renforcé en tant que force de paix.

La France devrait décider de mettre directement tous ses moyens militaires au service de l’ONU.

La France doit porter une nouvelle approche de la défense qui n’est pas simplement militaire.

Défendre la paix dans le monde ne dépend pas d’un surarmement, mais de la résolution des facteurs de guerre.

Se défendre doit intégrer les pratiques de la défense civile non violente.

Devenir objecteur de conscience devrait être proposé comme forme d’engagement lors de la Journée Défense Citoyenneté.

Les journées mondiales pour changer le monde ?

extraits : Le 8 juin c’est la journée mondiale pour l’Océan, le 22 juillet la journée internationale contre les projets miniers , le 4 octobre la journée mondiale pour les animaux, le 31 janvier la journée mondiale pour l’abolition de la viande, le 1er février la journée mondiale des zones humides (pas de sous-entendu s’il vous plaît), le 25 mars la journée internationale anti-pub, le 22 mai la Journée Internationale de la Biodiversité, la journée sans voiture qui devrait se fêter tous les jours…

PS : Cette journée ne doit pas être confondue avec la Journée mondiale de la paix, journée de prière pour la paix instituée par le pape Paul VI en 1968 au sein de l’Église catholique et fixée au 1er janvier. 

 

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Charte des Verts mondiaux et pacifisme

Cela fait plus de 20 ans que ce blog essaye de diffuser ce qui semble important de notre devenir écologique. Voici la position des Verts mondiaux selon la Charte des Verts mondiaux adoptée à Canberra en 2001 : 

« L’ensemble des coopérateurs/ trices et des adhérent/es d’EELV déclare constitutive de leur engagement l’adhésion aux valeurs et aux principes suivants :

La responsabilité de l’ensemble de la communauté humaine dans la sauvegarde de son environnement et des écosystèmes pour les générations futures et les principes de précaution et d’intervention préventive face aux catastrophes prévisibles.

La défense de la biodiversité et du vivant, instaurant un rapport respectueux et non violent entre l’être humain et la nature.

Le droit de chacun à vivre dans un environnement sain et préservé.

La solidarité et le partage équitable des richesses et des ressources entre les peuples, entre les générations, entre les territoires et plus généralement au sein de la société.

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à se gouverner démocratiquement. (…) »

En savoir plus sur le pacifisme des Verts

Crime de guerre, la guerre est un crime (novembre 2023)

extraits : Le mouvement écologiste est explicitement partisan de la non-violence. Ainsi dans la Charte des Verts mondiaux (Canberra, 2001)….

écologie de guerre, guerre à l’écologie (octobre 2022)

extraits : Le mouvement écologiste est explicitement partisan d’une non-violence efficiente. Ainsi dans la Charte des Verts mondiaux (Canberra, 2001) : « Nous déclarons notre engagement en faveur la non-violence et nous nous efforçons de créer une culture de paix et de coopération entre les États, au sein des sociétés et entre les individus pour en faire le fondement de la sécurité mondiale »….

2027, État et Protection des populations (avril 2022)

extraits : Dans la Charte des Verts mondiaux (Canberra, 2001) :

« Nous déclarons notre engagement en faveur la non-violence et nous nous efforçons de créer une culture de paix et de coopération entre les États, au sein des sociétés et entre les individus pour en faire le fondement de la sécurité mondiale. Nous pensons que la sécurité ne doit pas reposer principalement sur la force militaire mais sur la coopération, sur un développement économique et social sain, sur la sécurité environnementale et le respect des droits de l’Homme. Conditions :

  • Une conception globale de sécurité mondiale qui donne la priorité aux aspects sociaux, économiques, écologiques, psychologiques et culturels d’un conflit, au lieu d’une conception fondée prioritairement sur les rapports de forces militaires ;
  • Un système mondial de la sécurité susceptible de prévenir, de gérer et de résoudre les conflits ;
  • L’élimination des causes de la guerre grâce à la compréhension et au respect des autres cultures, à l’éradication du racisme, à l’encouragement de la liberté et de la démocratie et à l’élimination de la pauvreté dans le monde ;
  • Un désarmement général et complet, notamment par des accords internationaux, afin de garantir une interdiction complète et définitive des armes nucléaires, biologiques et chimiques, des mines anti-personnel et des armes à l’uranium appauvri ;
  • Le renforcement de l’ONU en tant qu’organisation mondiale en charge de la gestion des conflits et du maintien de la paix ;
  • L’établissement d’un code de conduite rigoureux concernant les exportations d’armes à des pays où les droits de l’Homme sont bafoués. »….

En savoir encore plus

Résumé de la Charte des Verts mondiaux (Canberra, 2001)

Nous reconnaissons que les êtres humains font partie du monde naturel et nous respectons les valeurs spécifiques de toutes les formes de vie, dont les espèces non humaines. Nous reconnaissons que la société humaine dépend des ressources écologiques de la planète et qu’elle doit garantir l’intégrité des écosystèmes et préserver la biodiversité et la résistance des systèmes qui permettent la vie. Conditions :

  •  Apprendre à vivre dans les limites écologiques des ressources de la planète ;
  •  Protéger la faune, la flore et la vie elle-même, rendue possible par les éléments naturels : la terre, l’eau, l’air et le soleil ;
  •  Lorsque nos connaissances sont insuffisantes, adopter le principe de précaution afin de garantir le maintien de l’abondance des ressources de la planète pour les générations présentes et futures.

Nous déclarons notre engagement en faveur la non-violence et nous nous efforçons de créer une culture de paix et de coopération entre les Etats, au sein des sociétés et entre les individus pour en faire le fondement de la sécurité mondiale. Conditions :

  •  L’élimination des causes de la guerre grâce à la compréhension et au respect des autres cultures et à l’élimination de la pauvreté dans le monde ;
  •  Un désarmement général et complet afin de garantir une interdiction complète et définitive des armes nucléaires, biologiques et chimiques ;
  •  Le renforcement de l’ONU en tant qu’organisation mondiale en charge de la gestion des conflits et du maintien de la paix ;

Nous reconnaissons que les possibilités d’expansion matérielle de la société humaine dans la biosphère sont limitées. Pour subvenir aux besoins des générations présentes et futures dans le cadre des ressources finies de la Terre, il faut arrêter et inverser la croissance continue de la consommation, de la population et de l’inégalité matérielle dans le monde. Conditions :

  •  Limiter la consommation des riches afin de permettre aux pauvres de jouir de leur juste part des ressources de la Terre ;
  •  Mettre l’accent sur la qualité de la vie plutôt que sur la capacité de surconsommation ;
  • Éliminer les causes de la croissance démographique en donnant aux femmes et aux hommes un meilleur contrôle de leur fertilité ;
  •  Inclure dans le prix des biens et des services le coût environnemental de leur production et de leur consommation ;
  •  Encourager l’autonomie locale dans la plus grande mesure afin de créer des communautés satisfaisantes où il fasse bon vivre

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Parti dit écolo, du pacifisme au militarisme

Tournant historique, le parti dit « Les Ecologistes » se lance dans un militarisme décomplexé alliant « écologie de guerre » et arme atomique. Pour le cofondateur de l’Observatoire des armements, Patrice Bouveret, « cela traduit une coupure entre les élus du parti et sa base qui se retrouvait dans les valeurs “pacifisme, féminisme et écologie”. » L’expert pointe un manque de réflexion collective à l’intérieur des Écologistes sur les questions de défense. « Les parlementaires écologistes deviennent de plus en plus proches des positions officielles de la France sans qu’il n’y ait remise en cause ou interrogation sur ces questions-là. Ils perdent le côté novateur qu’avaient les écologistes sur ces questions », regrette Patrice Bouveret.

Vincent Rissier (12 mars 2025) : Dans un discours martial le 3 mars 2025, le groupe des Écologistes a prononcé ses adieux au pacifisme : « Le groupe Écologiste et social soutient un engagement militaire renforcé à destination de l’Ukraine, notamment par la fourniture d’équipements de défense avancés, par la formation des forces ukrainiennes et par le renforcement des troupes européennes dans les pays frontaliers de l’Ukraine ». Un discours guerrier, mais qui ne s’arrête pas là. Pour les Écologistes, il s’agit en effet de réarmer l’Europe au moyen d’une « base industrielle de défense européenne… afin d’être indépendants du point de vue opérationnel et de garantir l’interopérabilité entre les armées européennes ». Qu’importe le coût écologique exorbitant des guerres et de l’industrie militaire. « Quand on dit qu’on va produire plus d’armes en France ça va enrichir des gens donc je pense qu’on devrait les taxer sur les superprofits qu’ils vont engranger sur le dos de cette guerre », a justifié Marine Tondelier sur le plateau de France 2 le 12 mars 2025.

Sur le terrain de l’arme nucléaire, Tondelier a également acté une conversion totale des Verts à la doctrine de la soi-disant « dissuasion nucléaire », alors qu’ils entretenaient historiquement une ambiguïté sur ce point. Toujours sur LCI, elle a même revendiqué « qu’avec l’arme atomique dont on dispose mécaniquement ça nous met un peu en figure de proue » du militarisme européen. Marie Toussaint salue aujourd’hui comme « grave, mais à la hauteur de la situation » le discours de Macron appelant à l’escalade militaire, tandis que son groupe à l’Assemblée nationale défend que « L’Union européenne doit s’affirmer comme une force politique, ce qui implique aujourd’hui dans ce contexte de s’affirmer comme une force militaire ».

Le point de vue des écologistes

L’idée que la meilleure manière d’empêcher l’industrie de l’armement de se gaver est de refuser le tournant vers la guerre n’a pas effleuré les esprits profonds des équipes de communication des Verts. A l’heure de la crise écologique, soutenir l’agrandissement d’un complexe industriel uniquement destiné à la destruction des vies et de l’environnement, et qui pollue par sa seule existence plus que le secteur du fret maritime et du transport aérien cumulés, c’est s’engager à tombeau ouvert sur l’autoroute de la catastrophe. Il ne reste plus qu’à souhaiter aux Écologistes qu’il leur arrive la même chose qu’à leurs collègues allemands : l’effondrement de leur base dans la jeunesse et le départ d’une bonne partie de leurs militants, qui méritent bien mieux qu’une écologie de la défaite rampant devant le militarisme.

Si les Écologistes agissaient dans la lignée de leur engagement historique pour la non violence, ils demanderaient politiquement à ce que, lors de la Journée Défense Citoyenneté obligatoire pour tous les jeunes, il y ait un module sur la défense civile non violente ainsi qu’une possibilité pour les jeunes de se déclarer lors de cette journée objecteur de conscience… A plus long terme, confier la gestion de toutes nos forces armées à l’ONU et à son conseil de sécurité ferait basculer nos forces armées d’une préparation dédiée à la guerre vers une simple force d’interposition, une gendarmerie internationale en somme !

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L’écologie entre pacifisme et remilitarisation (7 avril 2025)

extraits : Depuis l’invasion de l’Ukraine, deux visions de la militarisation avancent en parallèle au sein du parti renommé « Les Ecologistes » : créée très récemment en 2024, une commission défense (militariste) cohabite désormais avec la commission Paix et désarmement, créée en 1984 lors de l’AG fondatrice des Verts. Lors des journées d’été des Verts, la commission défense a présent publiquement son point de vue sans qu’il y ait approche contradictoire. Cyrielle Chatelain en était la présentatrice. Elle préside le groupe écologiste à l’Assemblée nationale. À l’Assemblée nationale, elle siège au sein de la commission de la Défense nationale et des Forces armées. Cyrielle a mis fin au pacifisme traditionnel des Verts : « L’Union européenne doit s’affirmer comme une force politique, ce qui implique aujourd’hui dans ce contexte de s’affirmer comme une force militaire. »….

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De quels effectifs l’armée a-t-elle besoin ?

L’Allemagne va instaurer un service militaire volontaire

Le projet de loi, présenté mercredi 27 août 2025 en conseil des ministres, ne va pas assez loin pour la CDU/CSU qui veut rétablir la conscription obligatoire.

https://www.lemonde.fr/international/article/2025/08/27/l-allemagne-va-instaurer-un-service-militaire-volontaire_6635969_3210.html

résumé : Le service militaire obligatoire a été suspendu en 2011 en Allemagne, sans avoir été formellement supprimé, faute, à l’époque, d’un consensus en ce sens. Dans un pays marqué depuis 1945 par une forte tradition pacifiste, le retour du service militaire divise profondément, y compris la coalition « noir-rouge », alliant la CDU et le CSU. Les conservateurs sont en effet favorables à un retour à la conscription obligatoire, tandis que les sociaux-démocrates y sont foncièrement hostiles. Faute d’accord pour revenir immédiatement à la conscription, le nouveau service militaire sera fondé sur le volontariat. Suivant le modèle suédois, dont la réforme s’inspire, tous les jeunes de plus de 18 ans recevront un questionnaire, obligatoire pour les hommes et facultatif pour les femmes, portant sur leur état de santé, leurs compétences, leurs projets et leur intérêt éventuel pour l’armée. Le texte prévoit qu’à défaut de parvenir à atteindre les objectifs de recrutement sur la base du volontariat, il soit possible de rendre le nouveau service militaire obligatoire avec l’approbation du Bundestag.

Notre commentaire : Il manque à cet article la mention qu’on peut refuser explicitement le recours à l’armée. D’où ces précisions :

« Nul ne peut être contraint d’accomplir contre sa conscience un service militaire armé », déclare l’article 4 de la Constitution allemande. Le droit à l’objection de conscience est reconnue depuis 1949 (France en 1963)

« Une Bundeswehr forte ne sert pas à faire la guerre, mais à la prévenir », dit-on. Une armée forte ne prévient aucune guerre, elle la rend possible.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Objection_de_conscience

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La version militarisée de la JDC en septembre !

Journée de défense et de citoyenneté (JDC) pour tous les jeunes de 16 à 25 ans, une nouvelle version « militarisée » sera très assumée dès la rentrée. Ainsi va la volonté du président Macron, militariste con-vaincu n’ayant jamais fait l’armée. Il n’effectue pas son service national en raison de la poursuite de ses études supérieures, qui reportent sa date d’incorporation. Né en décembre 1977, il appartenait pourtant aux dernières classes d’âge encore soumises à l’obligation de la conscription. Sorti de l’École nationale d’administration en 2004, il devient inspecteur des finances. Dès son élection lors de la présidentielle 2017, il transforme le ministère de la défense en ministère « des armées ». Tout un programme !

Élise Vincent : Finie donc, à partir de septembre, la JDC avec ses heures de diaporama et de quiz sur l’organisation de la défense en France, clôturée par une rapide présentation des métiers des armées. A partir de la rentrée, la JDC se veut « immersive », organisée autour de la journée type d’un soldat. Après la cérémonie de lever des couleurs et La Marseillaise, les jeunes auront droit à la lecture de la charte des droits et devoirs du citoyen français. Puis différentes équipes seront formées avec des activités à tour de rôle : tir sportif laser, jeux de stratégie, repas autour d’une ration de combat, expérience des métiers militaires en réalité virtuelle, etc.

La journée s’achèvera par un « au revoir républicain », moment solennel où sera remis le bleuet de France, ce symbole de la mémoire envers les anciens combattants et les victimes de guerre, dont le port est obligatoire, depuis 2023, pour toutes les autorités civiles et militaires lors de certaines cérémonies.

Le point de vue des écologistes pacifistes

D. Galeterne : « les jeunes auront droit à la lecture de la charte des droits et devoirs du citoyen français ». Si l’armée voulait vraiment être démocratique, elle donnerait lecture de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, du Préambule de la Constitution de 1946 et de la Charte de l’environnement qui sont les textes les plus éminents de notre droit et non pas d’une charte n’ayant aucune valeur légale et qui rappelle la déclaration royaliste et réactionnaire qui a été rédigée en 1790.

G.r : les Russes font ça et c’est considéré comme un embrigadement et un lavage de cerveau …..

ContreLaMalhonneteteIntellectuelle : J’ai connu la JAPD obligatoire, pas de soucis, elle était faite de tests de lecture et d’un petit laïus sur l’armée pas très convaincant. Mais dans cette JDC revisitée, y aura-t-il la possibilité aux pacifistes et antimilitaristes de faire objection de conscience ?

Michel SOURROUILLE : Un vraie JDC d’un pays démocratique aurait un module sur la défense civiles non violente et permettrait aussi aux jeunes qui le veulent de se déclarer objecteur de conscience comme la loi le permet (le statut des objecteurs date de 1963). Nous ne sommes plus à l’époque de la guerre d’Algérie…

taspascentballes : Objectif réel : augmenter le volume de chair à canon en recrutant dans les classes populaires.

Leb : Dans les faits, il y a peu de chances pour que la jeunesse européenne, bien plus cultivée qu’il y a un siècle, accepte de se faire trouer le bide pour soigner l’ego de quelques chefs d’états et participer à l’enrichissement des industriels.

Pascale C. : La menace russe semble décidée à attendre que la vaillante armée française soit prête jusqu’au dernier bouton de guêtre. Pendant qu’elle se prépare, notre président fait gentiment mu-muse avec ses rêves bonapartistes de « conflit de haute intensité ». Ah le conflit de haute intensité ! à entendre M. Macron et ses porte-parole, on se croirait revenu à la veille de Sedan. Que de feu, que de feu !

PL : Etant donné l’évolution des métiers de l’armée, il est étonnant qu’on s’adresse encore essentiellement aux « jeunes ». Pour courir dans des tranchées, je veux bien qu’il faille une bonne condition physique, mais pour la guerre du 21ème siècle, je pense qu’on pourrait élargir à d’autres profils.

Manuf91 : Autant commencer à leur apprendre dès cette journée à fabriquer un drone, voilà ce qui serait utile !

Bambi : Apprendre aux jeunes, de la maternelle à l’université, à penser, comprendre, interroger notre histoire, construire racisme antisemitisme colonisation, ce serait trop demander ?

François_G : Le fantasme d’une jeunesse en uniforme et au garde à vous est tenace.

Bleck le roc : Nos enfants ne sont pas de la chair à pâtée pour les vieux qui nous gouvernent. Je conseille à nos jeunes de refuser de participer à cette dangereuse initiative de notre président minoritaire. La loi vous oblige à vous présenter à la journée, pas à adhérer à des activités mortifère. La non violence est un vrai combat. Vous vous asseyez au milieu de l’espace d’accueil et vous attendez la fin de la journée, les militaires ne peuvent ni vous obliger à suivre le processus ni vous violenter sans risquer, eux, des poursuites pénales.

Monseigneur : L’affrontement entre thuriféraires du pithécanthrope galonné et antimilitaristes convaincus ne semble pas avoir pris une ride depuis 50 ans… Pourquoi est-ce si difficile à entendre que pour les gens de bien, « La musique qui marche au pas Cela ne [nous] regarde pas » ? (Georges Brassens)

Aqueste cop : « S’il faut donner son sang Allez donner le votre Vous êtes bon apôtre Monsieur le Président » (Boris Vian)

annexe 1 : « Le déserteur » de Boris Vian (1954, à la fin de la guerre d’Indochine)

Monsieur le Président Je vous fais une lettre Que vous lirez peut-être Si vous avez le temps
Je viens de recevoir Mes papiers militaires Pour partir à la guerre Avant mercredi soir

Monsieur le Président Je ne veux pas la faire Je ne suis pas sur terre Pour tuer des pauvres gens
C’est pas pour vous fâcher Il faut que je vous dise Ma décision est prise Je m’en vais déserter

Depuis que je suis né J’ai vu mourir mon père J’ai vu partir mes frères Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert Qu’elle est dedans sa tombe Et se moque des bombes Et se moque des vers

Quand j’étais prisonnier On m’a volé ma femme On m’a volé mon âme Et tout mon cher passé
Demain de bon matin Je fermerai ma porte Au nez des années mortes J’irai sur les chemins

Je mendierai ma vie Sur les routes de France De Bretagne en Provence Et je dirai aux gens
Refusez d’obéir Refusez de la faire N’allez pas à la guerre Refusez de partir

S’il faut donner son sang Allez donner le vôtre Vous êtes bon apôtre Monsieur le Président
Si vous me poursuivez Prévenez vos gendarmes Que je n’aurai pas d’armes Et qu’ils pourront tirer

annexe 2 : charte des droits et devoirs du citoyen français

L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

L’hymne national est La Marseillaise.

La devise de la République est  » Liberté, Égalité, Fraternité « .

La fête nationale est le 14 juillet.

« Marianne » est la représentation symbolique de la République.

La langue de la République est le français.

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.

Le respect dû à la personne interdit toute atteinte à sa dignité. Le corps humain est inviolable.

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L’Europe se militarise, on veut la guerre

Les militaristes institutionnalisent l’embrigadement des jeunes en France ou ailleurs. En Pologne, des milliers de jeunes passent leurs « vacances avec l’armée ». Lancé en 2024, le programme a attiré, cet été, environ 10 000 Polonais âgés de 18 à 35 ans qui, après vingt-sept jours de formation, deviennent réservistes de l’armée polonaise.

Hélène Bienvenu : Les participants reçoivent un uniforme dès le premier jour, puis une arme, le lendemain. Outre le tir, ils apprennent à s’orienter, à se protéger avec un masque à gaz, à poser une mine, à jeter des grenades, à communiquer grâce aux ondes radio et à prodiguer les premiers secours. Des cours de tactique et de conduite à tenir en cas d’attaque aérienne sont également au programme. Sans oublier la maîtrise du b.a.-ba militaire : l’art du défilé et le respect de la hiérarchie. La Pologne a mis un terme à son service militaire obligatoire en 2010, mais elle s’est lancée dans d’ambitieuses réformes de ses forces armées. Une initiative bienvenue à l’heure où la Pologne, pays de l’OTAN détenteur du record des dépenses de défense rapportées à sa population (4,7 % du produit intérieur brut d’ici à la fin 2025), dispose déjà de la plus grande armée du continent avec 212 000 soldats. La menace russe est prise très au sérieux dans ce pays de 37 millions d’habitants, voisin de l’Ukraine et qui partage une frontière avec la Russie et avec la Biélorussie, régime vassal de Vladimir Poutine.

Le point de vue de Michel Sourrouille

Rien dans cet article ne fait une critique de ce système d’enrégimentement alors que LE MONDE se dit neutre en donnant la plupart du temps plusieurs avis sur un évènement. En France Macron a les mêmes méthodes qu’en Pologne, il a militarisé les JDC (journée défense citoyenneté) obligatoire pour tous les jeunes, garçons et filles.

Or pour se défendre on a plutôt besoin de citoyens aptes à une réssitatnce civile non violente et non à obéissance aveugle envers n’importe quel régime qui peut comme en Russie envoyer les gens à la guerre sans aucune raison valable. On peut aussi se déclarer objecteur de conscience, c’est un droit en France : même un pays ayant temporairement abandonné la conscription peut y revenir. 

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Militarisation de la défense nationale

extraits : Parler de défense nationale est ambigu. Il peut en effet s’agir d’une défense par les armes, mais aussi d’une défense civile non violente. Dans l’éditorial ci-dessous, on n’en parle qu’indirectement en parlant de « résilience de la population ». Pourtant nous avons de bons exemples de la validité des méthodes de résistance avec Gandhi, Martin Luther King ou Louis Lecoin. Cet aspect devrait constituer un moment fort pour nos 670 000 jeunes lors de la Journée obligatoire dite « Défense et Citoyenneté ». Ce n’est pas le cas actuellement, on ne peut même pas se déclarer objecteur de conscience lors de cette JDC qui s’apparente actuellement à une pré-conscription militaire. En d’autres termes, il faut opposer au principe « si tu veux la paix, prépare la guerre » le principe « si tu veux la paix, préparer la paix »….

Journée Défense Citoyenneté, à améliorer

extraits : Nous proposons un aménagement de la JDC (Journée Défense Citoyenneté) qui est obligatoire pour tous les jeunes. Sous l’influence du président de la république, elle se militarise à outrance. Nous présentons deux projets complémentaires pour cette Journée Défense Citoyenneté, l’un demandant la création d’un module de présentation de la défense civile non violente, l’autre donnant la possibilité de se déclarer objecteur de conscience….

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Pour une alternative non-violente à Macron

Le Mouvement pour une Alternative Non-violente réagit avec consternation et colère aux dernières annonces du président de la République sur l’augmentation du budget des armées.

Le président de la République vient d’annoncer une nouvelle augmentation des dépenses militaires de la France arguant du fait que les menaces militaires sur la France et sur l’Europe s’aggraveraient. Le MAN dénonce un discours de propagande qui veut préparer les esprits à accepter les logiques de confrontation et de guerre, notamment avec la Russie.

Au lieu de proposer des initiatives fortes de désescalade, de désarmement et de dialogue, en coopération avec les autres pays européens, la France apporte sa contribution à la militarisation des relations internationales. A l’heure où les tensions se multiplient du fait de choix irresponsables de certains États, tout particulièrement la non résolution de la guerre en Ukraine et l’impunité accordée à Israël pour le génocide envers le peuple palestinien, investir davantage dans les armes revient à préparer les prochaines guerres. C’est la vieille illusion de la dissuasion par la force armée qui a toujours alimenté les conflits, et non à les prévenir et les empêcher. L’histoire l’a montré : on ne construit pas la paix avec des bombes, mais avec de la justice, du dialogue et de la coopération. On ne défendra pas la liberté en préparant la guerre !

Alors que l’hôpital est exsangue, que l’école publique manque de moyens, que des millions de personnes peinent à se loger ou se nourrir dignement, comment justifier des dizaines de milliards pour les armements ? Ce n’est pas un choix technique ou stratégique, c’est un choix idéologique, politique et économique qui ne bénéficie qu’à l’industrie de l’armement. Chaque euro dépensé pour la guerre est un euro en moins pour l’amélioration de la vie, en particulier des plus pauvres. La sécurité des populations ne se construit pas avec des missiles, mais avec des logements, des soins, une éducation digne, et des droits garantis.

Contrairement à ce qu’affirme Emmanuel Macron, les menaces sur notre pays ne sont pas seulement d’ordre militaire ou terroriste. Elles sont autant internes qu’externes. La montée de l’extrême droite et le danger d’un régime ultra-autoritaire, le dérèglement climatique qui produit déjà ses effets néfastes, les idéologies de haine, racistes et xénophobes, sont des menaces immédiates et concrètes, auxquelles l’armée n’apporte pas de réponses appropriées. Au contraire, le gouvernement les alimente par des projets de loi et des décisions qui accentuent les fractures au sein de notre société.

Ne prendre en compte que les menaces sécuritaires externes, c’est entrer dans un processus de militarisation et de guerre sans fin. La véritable sécurité, c’est celle des peuples, pas celle des frontières. Les pandémies, le dérèglement climatique, la faim, le racisme, et les injustices sociales ne connaissent pas de frontières. Pour cette sécurité-là, il faut produire moins d’armes et accorder davantage de moyens à l’éducation, à l’écologie, à la santé et à la justice sociale.

Refuser l’augmentation des dépenses militaires, ce n’est pas nier les menaces du monde actuel. C’est affirmer que la violence des armes n’a jamais été une réponse durable. Dénoncer l’augmentation des dépenses militaires, c’est refuser les logiques étatiques basées sur la peur, la force armée et la domination. C’est revendiquer une vision du monde fondée sur la dignité humaine, la justice climatique et sociale et la solidarité internationale. Refuser l’escalade guerrière est le droit des peuples qui ne veulent pas subir les décisions irresponsables de leurs gouvernants et qui aspirent à vivre en paix.

Le MAN a lancé depuis l’automne 2024 une campagne pour la réduction des dépenses militaires afin que l’argent de la nation soit consacré prioritairement aux besoins sociaux et écologiques. Dans le même temps, nous plaidons pour d’autres modes de défense et de résistance, basés non sur la force illusoire des armes, mais sur la force de la mobilisation des citoyens, la défense civile non-violente. Ce système global de défense articule les luttes non-violentes pour résister dès aujourd’hui aux violences et aux injustices systémiques et la résistance civile face à une menace existentielle (coup d’État, invasion militaire, par exemple).

Si la paix est le seul combat qui vaille, comme le disait Camus, alors il faut préparer la paix avec les moyens de la paix et non de la guerre.

Alain Refalo, porte-parole du MAN

Contact : Maeva Rougé, coordinatrice fédérale du MAN : man@nonviolence.fr – 06 18 91 78 47

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