Olivier Pérou : En juillet 2024, le Nouveau Front populaire se cherche un premier ministre. Dans le secret des négociations entre les partis de gauche, Cécile Duflot fait presque l’unanimité. Mais les “insoumis” mettent leur veto. A l’époque, Cécile Duflot ne fait plus de politique, elle se contente d’être directrice générale pour la France de l’ONG Oxfam.
Elle publie le 6 novembre 2025 aux éditions Les Petits Matins (5 euros, 72 pages), Gagnons !. C’est un appel « aux progressistes » à se rassembler en 2027 autour d’une « candidature de réconciliation » qui rompt avec ce qu’elle appelle « la posture frondeuse sous domination des “insoumis” ». Pour Cécile, l’heure est au rassemblement de la social-écologie avec la société civile pour se donner les chances de gagner.
Connaître son livre précédent, « le grand virage » (2015)
Le livre de Cécile Duflot qui vient de paraître est extraordinaire. On apprend dès le début du livre que Cécile est « entrée en politique pour changer les choses, pas pour accompagner la lente glissade de la politique sur le toboggan du renoncement ». Ouah ! Les politologues appellent cela de la langue de bois. Après avoir lu ce virage en entier, on ne sait toujours pas que Cécile est partie prenante d’un parti écologiste, EELV. Le sigle n’est jamais cité et il faut être très fort pour savoir ce qui se cache derrière l’expression « Nous avons bâti un parti nouveau, avec des statuts neufs et une nouvelle dénomination (page 151) ». D’ailleurs elle s’en écarte aussitôt : « Nous avons tout changé pour que rien ne change. » En fait cet ouvrage est surtout consacré à la lutte citoyenne contre le Front National et à la dénonciation de l’état d’esprit nationaliste. L’urgence écologique, la disparition des espèces, la déplétion pétrolière, le stress hydrique, tout cela est laissé de côté.
La première fois que Cécile parle de ceux qui sont normalement ses compagnons de lutte, c’est pour les descendre en flèche : « Quand les écologistes semblent ne se préoccuper que du cadre de vie des Français les plus favorisés, ils rendent impossible l’émergence d’un nouvel idéal communautaire. (page 51)». Son idéal écologique se résume à la voiture électrique Tesla et au droit à la connexion. Nul besoin d’être selon elle un « activiste de la décroissance pour contester la pertinence du PIB »; il faudrait que certaines choses décroissent tandis que d’autres croissent. Un membre du PS n’écrirait pas autre chose. Pour son départ unilatéral du gouvernement, sa justification se résume à ça : « Mes amis écologistes sont tétanisés par le débat sur la participation gouvernementale, raison pour laquelle je ne m’exprime plus sur ce sujet. (page 12) »
De plus ce livre n’a pas de cohérence, on passe par exemple de l’eczéma identitaire au féminisme sans sourciller. Quand on arrive en fin d’ouvrage, on ne sait toujours pas de quel « grand virage » (titre de ce livre) il s’agit. En relisant attentivement le début, on note cependant que « nombre de personnes, d’associations ou d’entreprises » ont déjà amorcé ce virage pour « avancer malgré les pesanteurs » et « défricher l’avenir ». On ne voit donc pas pourquoi la politique aurait besoin d’un parti écologiste. Si après la lecture de ce livre certains militants EELV soutiennent encore cette personne, c’est pour bien autre chose que la pensée écologique de Cécile Duflot.
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19 février 2019, Que retenir de l’ex-secrétaire des Verts Cécile Duflot
extraits : Interviewé récemment, Cécile Duflot montre que l’exemplarité d’un militant écolo n’est pas son fort. Elle parle de tout et de rien, et à la fin de la rencontre on ne sait pas qu’elle a été un jour « représentative » du mouvement écolo. Extraits de l’article du MONDE, Cécile Duflot raconte : « J’ai fait le réveillon du Nouvel An avec des potes de mon fils. C’est eux qui m’ont demandé si je voulais bien le passer avec eux – je me suis dit, “putain ! en fait, je suis cool comme nana”…. Qu’est-ce qu’on a mangé le 31 décembre ? Ah ben, oui, des côtes de bœuf au feu. On a aussi mangé du foie gras – faut pas l’écrire dans votre article….
6 avril 2018, Cécile Duflot quitte la politique, l’écologie respire
6 juin 2017, Erreurs tacticiennes de Cécile Duflot et mort d’EELV
21 mai 2017, Législatives, EELV est foutu, Cécile Duflot l’a voulu
13 mai 2017, Investiture de Cécile Duflot parrainée par Macron ?
11 février 2017, silence médiatique recommandé pour Cécile Duflot
23 septembre 2016, Cécile DUFLOT, en course pour la présidentielle 2017
22 septembre 2015, François de Rugy condamne le putsch de Cécile Duflot
15 juin 2015, Cécile Duflot, vers un fiasco aux présidentielles 2017
6 mars 2015, Nous voudrions faire confiance à Cécile Duflot, mais…
29 août 2014, Duflot : de l’intérieur (voyage au pays de la désillusion)
26 août 2014, Analyses (im)pertinentes du discours de Cécile Duflot
7 juin 2012, Dépénalisation du cannabis, Duflot pour, l’écologie contre

– « Juillet 2024. Le Nouveau Front populaire se cherche un premier ministre. Cécile Duflot, elle, épluche ses carottes. Dans le secret des négociations entre les partis de gauche, elle n’a aucune idée que son nom fait presque l’unanimité. [etc.] »
(Cécile Duflot ou la tentation du retour – Le MONDE hier )
– « Cette fois, c’est décidé : Cécile Duflot revient en politique. Sera-t-elle candidate à l’élection présidentielle ? « Question débile », répond-elle. Pas candidate ? « C’est tout aussi bête. »
Pour faire quoi alors ? C’est encore trop tôt pour le dire. [etc.] »
(Cécile Duflot, candidate au retour : « J’ai déjà été humiliée, je n’ai plus peur »
– nouvelobs.com 5 novembre 2025 )
Cette fois c’est donc décidé… là voilà qui revient !
Comme quoi ON peut raconter n’importe quoi. Comme faire dire à quelqu’un ce qu’il ne dit pas. Voire le contraire de ce qu’il dit, sur Biosphère ON connaît ça. Tout est bon pour vendre du papier, faire de l’audience, amuser et abuser le Public. Le Pékin, le Gogo etc.
Éplucher des carottes, donner un petit bout de pain à quelqu’un, qui a faim, écrire un petit bouquin (72 pages), jeter un petit caillou dans la mare… tout ça c’est faire de la politique. Ben oui puisque tout est politique, à ce qu’ON dit.
Et diriger un pays, un parti, une organisation caritative, là je vous dis pas.
Même faire du kite-surf c’est politique. Sauf peut-être quand ON a dit publiquement qu’ON se retirait définitivement de la vie politique. À moins que ce ne soit plutôt de la vie publique… faudra quand même m’expliquer la différence. Maintenant si ON a dit qu’ON mettait fin à sa carrière politique, là c’est différent. Quoique…
Je me demande juste si faire le con en amateur… c’est faire de la politique ou pas.
– Nicolas Hulot : Que devient-il depuis son départ ? (umvie.com/ 10 novembre 2024)
Ben oui n’importe quoi, c’est bien ce que j’ai dit non ?