Charybde climatique et Scylla taxonomique

En route vers les révoltes sociales de la classe globale, toutes les personnes qui s’octroient le luxe d’une voiture individuelle. Le coût croissant de l’énergie est inéluctable, la raréfaction de la ressource entraîne la hausse de son prix. Cacher cela au consommateur d’esclaves énergétiques sur 4 roues par des aides est contraire à ce qu’il faudrait faire. Il faut appeler les choses par leur nom : le chèque énergie ou le contrôle des prix du carburant, ce sont des subventions aux énergies fossiles.

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Stéphane Lauer du MONDE devient perspicace : « Le consommateur prend conscience de l’importance des choix énergétiques à la lecture de sa facture de gaz ou d’électricité, alors que tout doit être pensé dans le long terme : construction des infrastructures, financement et évaluation de l’impact sur l’environnement. » Philippe Escande va plus loin : « La majorité des économistes estime que, pour une transition énergétique, il faut augmenter le prix des carburants fossiles. La taxe carbone est au coin de la rue avec la généralisation du mécanisme de quotas carbone qui ne touche pour l’instant que les industries très consommatrices. »  Il n’est que temps de trier entre les consommation nécessaires et les achats superflus. C’est ce que met en place l’Union européenne avec son projet de taxonomie. Il s’agit de définir ce qu’est une activité économique durable. Si une source d’énergie n’entre pas dans cette nomenclature, elle aura toutes les peines du monde à trouver un financement.

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Quelles sources d’énergie vont-elles être considérées comme durables ? Le problème, c’est qu’il existe cinquante nuances de vert  en matière d’énergie, pro et antinucléaires, pro et anti-éoliennes, pro et anti-hydrogène, etc. La Commission, qui ne veut ni du gaz (CO2) ni du nucléaire (déchets), tergiverse. Les États membres vont faire jouer leurs préférences nationales, la France pro-nucléaire, l’Allemagne pro-gaz. Entre deux maux, le recyclage des déchets nucléaire et le réchauffement climatique, l’Europe doit trancher. De toute façon les Gilets jaunes et les Bonnets rouges ont de beaux jours de manifestations devant eux : « Nous avons ABSOLUMENT besoin de notre voiture ». Personne ne leur a expliqué que le dévoiturage allait devenir obligatoire.

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5 réflexions sur “Charybde climatique et Scylla taxonomique”

  1. Esprit critique

    – « Le problème, c’est qu’il existe cinquante nuances de vert en matière d’énergie »
    Le problème, c’est qu’il existe aussi «cinquante» nuances de vert en matière d’écologie. Je suis de plus en plus con vaincu qu’il faut mettre ce mot à la poubelle. On verra ce qu’on peut faire des écologues. La chimie, la physique, la biologie etc. ça oui ça nous parle. Mais l’écologie… c’est une science si vaste qu’elle non plus ne veut plus dire grand chose.
    En attendant, dans le domaine de la physique il n’y a pas «cinquante» définitions de l’énergie, il n’y en a qu’une. Par contre, une bagnole ou une charrette peuvent se déplacer de «cinquante» façons. Grâce au pétrole, au gaz, l’hydrogène etc. ou encore grâce à des bœufs, des bourrins etc.

    1. Esprit critique

      – « Personne ne leur a expliqué que le dévoiturage allait devenir obligatoire. »
      Comme si les gens ne savaient pas… qu’un jour ils allaient mourir. Et comme s’ils ne savaient pas, qu’en attendant, le pétrole touche à sa fin, que la planète va mal, le social aussi etc. Que faudrait-il leur expliquer, qu’il ne sachent déjà ? Faudrait-il en rajouter, toujours plus, à leur trouille ?
      Qu’on commence à expliquer à certains l’urgence d’arrêter d’innover, d’en rajouter toujours plus à nos «besoins», de nous amuser et nous abuser avec toutes sortes de conneries, pas seulement matérielles.

    2. Esprit critique

      -« les Gilets jaunes et les Bonnets rouges ont de beaux jours de manifestations devant eux »
      Gilets jaunes et Bonnets rouges ? Comme au sujet des Anti-Vax et Anti-Pass on en a rempli des pages et des pages. Pour en dire quoi ? Tout et n’importe quoi ! Là encore demandons-nous à qui profite cette confusion, ces amalgames ridicules et ces divisions. En attendant, les GJ permettent aux gens «bien attentionnés», politicards et zécolos confondus, de dire : « Vous voyez, nous on veut aller de l’avant, sauver le climat et blablabla, seulement on ne peut pas.»
      Incriminer les GJ ou les BR, quand ce ne sont ceux-ci ou ceux-là, c’est nous enfumer. Comme si on pouvait ne pas tenir compte des gens, du Peuple comme on dit, des êtres humains. Pendant qu’on parle des GJ on ne parle pas des maîtres de ce monde, des milliardaires à la tête des multinationales, qui font la pluie et le beau temps, et qui se foutent de la Tempête.

  2. – « Il faut appeler les choses par leur nom : »
    Bien sûr qu’il faut, alors YAKA ! On parlerait encore des piscines, individuelles… mais peut-on dire qu’une bagnole individuelle c’est le LUXE ? Une grosse, bien confortable, bien brillante pour exhiber sa «réussite», ça oui je veux bien. Mais une petite vieille qui fume, et qui pue, pour aller bosser, faire ses courses etc. c’est du LUXE ça ?
    Peut-on parler d’ESCLAVES… sans avoir lu Platon (la caverne) et Janco («esclaves énergétiques») ? Là encore ne confondons pas, déjà un esclave et un esclavagiste, un junky et un dealer. Et puis les aides et les pots de vin.
    SUBVENTION ? Les subventions (argent public) qu’on file aux grandes entreprises, pour créer des emplois, pour innover etc. les subventions à l’industrie pétrolière…. c’est quoi ?
    Par un petit tour de passe-passe les subventions ont remplacé les pots de vin.

    1. Quant au junky (l’esclave de telle ou telle drogue) qu’on essaie de sevrer… comment faut-il appeler les moyens que les gouvernements ou la collectivité consentent à lui donner ? Pour l’héroïnomane ce sera la Méthadone. Pour celui qui dépend du pétrole (et/ou du gaz) ce sera le «chèque énergie ou le contrôle des prix du carburant».
      Alors puisqu’il faut appeler les choses par leur nom, méthadone ou chèque énergie c’est quoi avant tout ? Tout simplement c’est de l’ AIDE.
      Au nom des sacro-saintes réalités biophysiques… faut-il alors supprimer les aides ? Devrions-nous laisser crever les malades, les vieux, les faibles etc. et pourquoi ?
      Et pour sauver quoi ?

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