CLIMAT et décisions, il est urgent d’attendre

Comme d’habitude l’urgence écologique attendra devant les impératifs économiques du court terme. Une réunion au ministère de la transition écologique le 29 juillet 2020 a mis les « 150 » membres de la convention citoyenne pour le climat face à face avec les députés. La route jusqu’à la discussion au Parlement, annoncée pour janvier 2021, d’un projet de loi « pour le climat » est encore longue : phase d’écriture, d’échange avec les parlementaires, de débat parlementaire, de suivi du texte qui sera voté… Barbara Pompili, la ministre  de la transition écologique: « Ce n’est qu’une étape dans un processus qui va durer encore longtemps..».

Les citoyens ont donc touché du doigt la complexité des futurs travaux. Ils ont découvert que des réserves apparaissaient çà et là dès que la discussion devenait plus concrète. Avec Elisabeth Borne, ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion, et avec Bruno Le Maire, ministre de l’économie, des finances et de la relance, les conventionnels ont bien compris que certaines de leurs propositions avaient peu de chance d’être reprises telles quelles. Et il y aura aussi l’avis du ministre de l’agriculture, sans compter les « arbitrages » du premier ministre, les diktats du patronat et les revendications corporatistes. Ainsi le Medef a tenu à mettre en garde conventionnels sur l’interdiction de la publicité pour les produits les plus polluants, évoquant « la liberté de choix » des citoyens. Bruno Le Maire a cité le modèle de la Peugeot 3008 hybride, « un SUV produit à Sochaux, qui émet peu de CO2 par kilomètre ». Il se demande si « ce n’est pas la facilité que d’interdire la publicité des SUV » Idem pour le moratoire demandé par les citoyens sur la construction des plates-formes logistiques pour l’e-commerce. « Les entrepôts Amazon, cela ne représente que 0,5 % de l’artificialisation des sols, alors que les maisons individuelles en représentent 48 %. », a avancé M. Le Maire.Sur la demande des citoyens de deux repas végétariens dans les cantines scolaires à partir de 2025, ou sur les menus bio, le maire (Les Républicains) de Reims se rebelle : « La production française de bio est insuffisante …Les jeunes enfants ont besoin de manger de la viande ».

Macron se veut le maître de l’illusion en organisant des débats qui n’ont que le seul intérêt (médiatique) de faire semblant d’agir. Autrefois les politiques créaient des commissions qui se réunissaient pour arriver à la même destination préétablie, la poubelle. Pour en savoir plus, lire sur notre blog biosphere :

2 juin 2020, Convention citoyenne CLIMAT, pschittt…

9 mars 2020, acte 6, sauver le climat avec 150 citoyens ?

12 février 2020, Convention citoyenne sur l’écologie, acte 5

19 janvier 2020, CLIMAT, convention citoyenne et décisions

15 janvier 2020, Emmanuel Macron devant 150 citoyens

24 novembre 2019, 150 citoyens tirés au sort, et moi et moi émoi

3 septembre 2019, Convention citoyenne sur le climat, mascarade ?

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5 réflexions sur “CLIMAT et décisions, il est urgent d’attendre”

  1. L’économie ne doit pas s’arrêter quitte à détruire toujours plus le vivant de la planète, il faudra attendre encore plus de catastrophes et plus de morts liés à ce non respect de l’écologie pour que les peuples se révoltent contre l’inertie des politiques vis à vis de ce monde financiarisé.

  2. Bien sûr tout est lié, le climat, la biosphère, les espèces vivantes, les hommes etc. etc.
    Bien sûr le climat ! Mais ne nous laissons pas amuser et abuser avec le CLIMAT !
    Le climat c’est l’arbre qui cache la forêt. Le climat est une formidable opportunité pour continuer dans la même voie, qui sera seulement repeinte en vert. Ce qu’on (les tenants et les toutous du Système) veulent nous faire croire, c’est que la Solution se trouve du côté des SUV hybrides, des avions verts et Jean Passe. Et nous, pauvres junkies, nous avons tendance à vouloir les croire. Parce que ça nous arrange bien, tout simplement.

  3. Bien sûr qu’ «il est urgent d’attendre» ! Mais qu’espérions-nous ?
    En attendant… analysons les choses. Déjà, les idées des décroissants font leur bonhomme de chemin. Il y a peu de temps encore elles étaient moquées. On (les tenants et les toutous du Système) se limitait à nous montrer des gens vivant au fond des bois, dans des yourtes, hors réseaux, et on s’appliquait à nous les présenter comme des farfelus. Ce qui d’ailleurs n’est pas compliqué, suffit juste de bien choisir ses exemples. Et bien sûr cette propagande produisait ses effets.
    Aujourd’hui les choses semblent différentes. En 2019 un sondage nous a «révélé» que 54% des Français seraient favorables à la décroissance, la décroissance s’est faite remarquée à la Convention Citoyenne sur le Climat… Bref la décroissance se fait désormais entendre. Et donc on en parle de plus en plus, parce qu’on ne peut pas faire autrement, parce qu’on ne peut pas l’ignorer.

    1. Seulement on en parle autrement. Les décroissants ne sont plus présentés comme de sympathiques farfelus, mais comme des gens dangereux. Nous dirons alors que c’est de bonne guerre.
      ( Gandhi : «D’abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, après ils vous combattent, et puis vous gagnez».)
      Si le sage a vu juste, la victoire est pour demain. En attendant… courage ! 🙂

  4. «  »Macron se veut le maître de l’illusion en organisant des débats qui n’ont que le seul intérêt (médiatique) de faire semblant d’agir. » »

    Et oui la grande illusion ! Autrefois on appelait ça les bonnes vieilles recettes mitterandiennes, autrement dit jouer la montre en organisant des débats qui n’aboutiront à aucune action, et surtout faire plaisir aux deux camps antagonistes sans fâcher personne, histoire de catalyser le max de voix pour se faire réélire à la prochaine élection, bref Macron ne fait que reprendre les stratégies du bon vieux tonton magouilleux, rien de neuf sous le soleil !

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