Les objectifs chiffrés des différentes lois écologiques ne sont qu’illusions. La loi de transition énergétique de 2015 prévoyait de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % (contre environ 75 % aujourd’hui) « à l’horizon 2025 ». Nicolas Hulot en tant que ministre de la transition écologique avait acté en novembre 2017 l’impossibilité d’y arriver. Routine démocratique, il suffit de réécrire la loi ! Un projet de loi relatif à l’énergie et au climat a donc été présenté en conseil des ministres le 30 avril 2019. Le gouvernement a ajouté l’objectif de neutralité carbone en 2050, encore des vœux pieux.
Toujours plus de chiffres : la part des énergies fossiles dans la production d’énergie primaire devrait diminuer de 40 % en 2030, davantage que les 30 % prévus par la loi de 2015. Mais le texte de loi n’impose pas explicitement la fermeture en 2022 des quatre dernières centrales à charbon françaises ! La loi de transition de 2015 prévoyait qu’une division par quatre des émissions de gaz à effet de serre, par rapport à leur niveau de 2010. Comme les objectifs chiffrés n’engagent même pas ceux qui les formulent, on postule maintenant une division de ces émissions « par un facteur supérieur à six ».
On peut parier que les échéances ne seront pas tenues. Les engagements « gravés dans la loi » ne sont que chiffres mort-nés. D’autant plus que la population n’est pas du tout préparée à modifier ses comportements, tout au contraire. Les gilets jaunes refusaient de voir augmenter le prix du carburant en est un exemple. La demande réitérée d’« un droit pour tous à un logement à la facture d’énergie abordable » en est un autre. Comment prendre des décisions qui augmenteront les contraintes pour beaucoup sans de faire scalper politiquement ? La démocratie représentative n’est pas suffisamment armée pour gérer les problèmes entraînés par l’usage de ressources fossiles malheureusement offertes gratuitement par la planète. Nos gouvernements auraient du suivre les enseignement du présidentiable écolo René Dumont en 1974 :
« Sait-on que si tous les habitants du globe consommaient autant de pétrole que les Américains, les réserves prouvées ne tiendraient guère plus d’un an ? Le type de société que je propose est une société à basse consommation d’énergie. Cela veut dire que nous luttons par exemple contre la voiture individuelle. Nous demandons l’arrêt de la construction des autoroutes, l’arrêt de la fabrication des automobiles dépassant 4 CV… »
L’instauration d’une taxe carbone drastique, principal moyen d’atteindre les objectifs de sobriété énergétique, a toujours été repoussée à plus tard par les gouvernements successifs. Or le prix de l’essence devrait déjà dépasser largement 10 euros le litre pour changer les comportements. Vu l’inertie politique, personne ne se rend compte qu’un jour ou l’autre la majorité de la population vivra la précarité énergétique dans des passoires thermiques. Il faut donc prier pour que le prochain choc pétrolier ne se fasse pas trop attendre. Sinon pour les générations futures, chaud le climat, très chaud, les incendies en prime.

Juste quelques mots sur les deux points en bleu (liens) :
– Neutralité carbone : Comme nous l’explique très bien Biosphère, il ne s’agit là encore que d’un trompe couillons. Compensation, piège à cons ! Nucléaire énergie propre, la bonne blague !
– René Dumont : Présidentiable … dans la mesure où il a été candidat à la Présidentielle de 1974.
Écolo… dans la mesure où à cette époque ce mot avait un sens.
Mais homme de gauche avant tout ! Et pacifiste évidemment.
– « Je suis trop socialiste pour adhérer au PS » (René Dumont en mai 1983)
– René Dumont. Du socialisme à l’écologie (alternatives-economiques.fr)
– René DUMONT, écologiste sans parti (Biosphère novembre 2025)
Que ce soit pour le Nucléaire, la Bagnole, l’Avion ou n’importe quoi… la démocratie est impuissante pour la simple et bonne raison qu’elle n’existe pas. Et que c’est la DémocraSSie (ochlocratie, sondocratie…) qui sert de faire-valoir à cette ploutocratie qui gouverne le monde.