CLIMAT : Macron / Dion, le torchon brûle

Emmanuel Macron : «Moi, je suis vraiment très en colère contre des activistes comme Cyril Dion qui m’ont aidé au début et qui disent maintenant, il faudrait tout prendre… Je ne veux pas dire que parce que les 150 citoyens ont écrit un truc, c’est la Bible ou le Coran »…  » (live pour le média Brut [vendredi 4 décembre])

Cyril Dion : Monsieur le Président, Puisque vous m’avez apostrophé,, je me permets de vous adresser cette réponse. Vous semblez touché que je vous ai « aidé » et qu’aujourd’hui je vous critique. Vous me traitez « d’activiste » comme si c’était un gros mot. Vous dites que je ne suis pas « honnête », que je fais une « caricature ». Au-delà de cette morgue à mon endroit, il me semble que c’est vous qui ne respectez pas la parole que vous avez donnée. Le mécanisme proposé d’un commun accord était le suivant : une assemblée de Français tirés au sort, représentatifs de toutes les réalités du pays, auditionne des experts incontestables sur la science, puis des parties prenantes de toute la société (entreprises, ONG, syndicats, élus, etc.). Ils délibèrent à ciel ouvert (tout est accessible en ligne) et formulent des propositions qui sont ensuite soumises au reste des Français par référendum ou, au minimum, au Parlement. La convention citoyenne sur le climat a été créé. J’ai été très clair avec vous : pour que cette initiative démocratique fonctionne, il est indispensable que vous vous engagiez à reprendre les propositions issues de la délibération des citoyens « telles quelles » pour les soumettre aux Français ou aux députés. Pour une raison simple. Depuis des années, des responsables politiques organisent des simulacres de « démocratie participative » et ensuite les élus n’en font rien, cf le Grenelle de l’environnement. Des experts travaillent d’arrache-pied (comme le Haut Conseil pour le climat), puis leurs recommandations sont ignorées ou détricotées. Le 25 avril 2019, vous avez déclaré : « Ce qui sortira de cette convention sera, je m’y engage, soumis sans filtre soit au vote du Parlement, soit au référendum, soit à application réglementaire directe. » Le 10 janvier 2020, vous avez déclaré : « Si à la fin de vos travaux vous donnez des textes de loi, des choses précises, là je m’engage à ce qu’ils soient donnés ou au Parlement ou au peuple français tels que vous les proposerez. » Le 29 juin, vous avez une nouvelle fois été très clair sur le débouché des propositions de la convention : « Je vous confirme que j’irai au bout de ce contrat moral qui nous lie en transmettant la totalité de vos 150 propositions à l’exception de trois d’entre elles.» Nous vous demandons de tenir parole. Mais des mesures qui devaient être transmises sans filtre aux parlementaires sont amoindries par le gouvernement, d’autres sont finalement écartées. – que vous avez personnellement rejetée le moratoire sur la 5G en déclarant ne pas croire dans « le modèle amish » et ne pas vouloir revenir « à la lampe à huile »…Tenir sa parole, pour un président de la République, c’est le socle de nos démocraties. »

Le point de vue des écologistes : Le déni de réalité, pour ne pas dire la malhonnêteté, ne sont pas du côté de Cyril Dion qui comme beaucoup de scientifiques de toutes discipline a pris acte de l’urgence a changer de cap quoiqu’il en coûte. Il faut regarder du côté de nos élites financières et politiques qui s’enferrent dans un déni sidérant et suicidaire pensant qu’on peut encore tirer sur la corde quelques années de plus alors que l’avenir est d une noirceur indicible. Certes les premiers de cordées voient encore le sommet quand les derniers ne voient que le gouffre qui les aspirent. C’est sûrement cela qui fait la différence : regarder vers le haut, les mirages de l espoir ou vers le bas, la sordide réalité du concret ? Nous sommes en guerre contre nous même, nous avons besoin d’un Jaurès de l’écologie pour guider le peuple vers un avenir réaliste, nous n’avons pas besoin d’Emmanuel Macron. De plus il faut constater que le « déni sidérant et suicidaire » n’est pas seulement du côté des politiciens mais aussi des citoyens français, éminents membres de la société de consumation et première cause du désastre annoncé, qui se cachent derrière leur petit doigt et s’inventent des mots d’excuse en forme de boucs émissaires, les lites, les lobbies, bref un truc qui brûle bien sur le bûcher de l’hypocrisie populaire. On rappellera la mésaventure de la toute petite taxe CO2 de Nicolas Hulot qui a déclenché le très violent mouvement des Gilets Jaunes, approuvé par 75% des Français. Et le 110 km/h sur autoroute, proposé par ladite convention des 150 et rejeté d’après sondage par 70 % de nos concitoyens. Tous responsables, tous coupables.

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1 réflexion sur “CLIMAT : Macron / Dion, le torchon brûle”

  1. Les narcisses coléreux ont le don de nous faire rire. Et ceux qui les taquinent tout autant et en même temps. Quand un petit président est «vraiment très en colère» il se doit de le faire savoir : GRRR !!!
    Mais ce coup-ci, quelles sont donc les raisons de cette petite colère ? Serait-ce juste parce qu’il se fait critiquer par ce petit «activiste» qui fait dans la «caricature» , ou bien parce qu’après l’avoir si brillamment aidé celui-ci le lâche, par pure «fainéantise» ? Ou bien les deux et en même temps ?
    Quoi qu’il en soit ce petit sketch est à mourir de rire !

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