Comment obtenir une majorité écologisée ?

Les idées socialistes se sont propagée à partir du XIXe siècle et la révolution industrielle a différencié de plus en plus clairement patronat et salariés dépendants. Pourtant en France le socialisme n’a jamais pris le pouvoir sauf très courtes périodes, la droite restant au pouvoir. Bien entendu les pays qui se disent socialistes/communistes n’ont jamais éradiqué le pouvoir d’une bourgeoisie/nomenklatura sauf que c’est le pouvoir qui fait les privilèges et non la fortune. Au XXIe siècle, ce sont maintenant les idées écologistes qui infusent dans la société, mais cela ne fait pas du tout une majorité électorale. Pas encore ?

La politiste Vanessa Jérome insiste sur les dissensions internes aux Verts qui les empêchent d’arriver au pouvoir : « Leurs alliances sont à géométrie variable ce qui alimente leurs divisions récurrentes… Leurs élus sont des outsiders sur la scène politique… Il n’existe pas vraiment de leader national… » On pourrait ajouter bien d’autres défauts à l’écologie institutionnelle, leur goût prononcé pour le gauchisme, leur soutien constant à toutes les minorités activistes (accueil sans réserve des sans papiers, soutien des LGBT+, féminisme exacerbé, discours genré et écriture inclusive, etc.), des statuts extrêmement complexes mais jamais respectés, des guerres de pouvoir et un culte de l’ego très prononcé , etc. Mais ce n’est pas l’essentiel, il faut ajouter la lutte interne qui fait rage entre les partisans minoritaires d’une écologie radicale et les nombreux soutiens d’une écologie consensuelle /superficielle. Le point de vue écolo est multiple et souvent contradictoire comme l’était le débat récurent entre les socialistes utopistes et les communistes marxistes, la lutte de classes contre la social-démocratie accommodante, les pacifistes d’un côté et les va-t-en guerre de l’autre, etc. On pourrait donc se dire que l’écologisme aujourd’hui traverse une période de maturation qui prendra beaucoup de temps pour constituer une majorité de pouvoir.

Le problème, qui n’est pas seulement franco-français, c’est que l’urgence écologique est telle et tellement multidimensionnelle qu’on n’a pas le temps d’attendre. Il nous faut une écologie de rupture qui ne peut obtenir l’acception sociale : des sapins de Noël qui resteraient dans leurs forêts, un Tour de France qui paraîtrait ringard, beaucoup moins d’avions dans le ciel et de voitures sur les routes, beaucoup plus d’efforts physiques et beaucoup moins de société du spectacle, une perte de pouvoir d’achat et un retour aux besoins essentiels, plus de liens et moins de biens, la mort du tourisme, un avenir qui ressemblera à notre passé d’avant la révolution industrielle… Comme tout cela rend inaudible la pédagogie de la catastrophe dans une société formatée par les écrans publicitaires, ce sera donc les catastrophes qui serviront de pédagogie au prix d’un bon nombre de morts et de dérives politiques totalitaires. CQFD.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere, Covid-19, une pédagogie de la catastrophe ?

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7 réflexions sur “Comment obtenir une majorité écologisée ?”

  1. philippe SP

    Pensée du matin pour s’écologiser. Qu’on se rassure, c’est pas souvent :
    Qui parmi nous peut se féliciter, en préparant son petit déjeuner ce matin, un peu bougon d’être encore entre le monde des rêves et celui des tâches qui nous attendent, d’avoir consacré une petite pensée reconnaissante au péon qui a peiné sur les pentes du Pérou à cueillir les baies de caféiers, et à toute la chaîne de bonnes volontés qui ont amené jusqu’à moi la poudre odorante et revigorante que je verse dans ma cafetière ?
    Peu d’entre nous je présume ?
    Essayez, de temps à autre, ça fait du bien de dire merci à notre petite planète !
    Bonne journée à tous ! »

  2. Rapporterre

    La maire de Poitiers Léonore Moncond’huy : « L’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfants ».
    Parole sage, qui montre que l’avenir sera très différent du monde d’aujourd’hui, moins englué dans les slogans du « plus vite, plus loin, plus souvent et beaucoup moins cher. »
    Cette parole devrait être répercutée dans des stages de formation des parents. N’oublions pas que les penchants des enfants leur sont imposés par le milieu environnant…

    1. D’accord avec vous Rapporterre. Quand on pense qu’il y en a qui pensent que ces penchants des enfants (de 7 à 77 ans) sont inscrits dans leurs gènes. Et qu’en plus ils disent ça alors qu’ils ne sont même pas généticiens, misère misère.
      Vous avez raison, il y a des slogans qui devraient être martelés dès la maternelle. Notamment « plus de liens moins de biens ». Celui-là devrait être gravé aux frontons des écoles. Et pour changer notre rapport au temps on pourrait rajouter « plus c’est long plus c’est bon » et puis « l’alcool tue lentement, je m’en fous je ne suis pas pressé ».

  3. Au sujet de ce qui empêche les Verts (écologie institutionnelle) d’arriver au pouvoir, il y aurait beaucoup à dire. On peut bien sûr leur reprocher un tas de choses, notamment ce qu’on retrouve ailleurs dans le monde politique : dissensions (désaccords), alliances de circonstances, trahisons, egos surdimensionnés etc.
    – « Le point de vue écolo est multiple et souvent contradictoire » (Biosphère)
    C’est vrai, et c’est comme ça. Ce n’est même pas la peine de comparer avec la guéguerre socialistes/communistes parce que partout ou presque c’est la même chose. Même Arlette et Krivine n’ont jamais été fichus de se marier, pour dire la paire qu’ils faisaient ces deux là, c’est à désespérer.

    1. Tout le long de l’Histoire dans tous les courants, mouvements et partis politiques (et pas que) nous avons ces guéguerres (parfois guerres) internes, ces clivages etc. En 1920 Lénine qualifie de «gauchistes» des communistes hollandais, allemands et italiens qui ne voyaient pas les choses comme lui aurait voulu qu’ils les voient. Depuis le mot a été repris par les uns et les autres pour finalement devenir une insulte, ça aussi c’est comme ça, misère misère.
      Bien sûr ça n’aide pas, loin de là, mais pour moi le problème ne vient donc pas de là. Pour moi il faudrait plutôt regarder du côté des ouailles.. De la populace. Qui vote, ne l’oublions pas. Essayons de comprendre pourquoi les gens préfèrent leur confort, leur sécurité, le Spectacle etc. plutôt que ce qu’essaient de leur vendre les Verts. Et n’allons pas croire que c’est juste parce que les Verts sont mauvais ! Oui ils le sont, comme les autres, mais il n’y a pas que ça.

  4. Non, quand même le Tour de France je trouve ça merveilleux, c’est un peu de rêve en juillet, des gens qui font preuve d’un courage extraordinaire, un spectacle gratuit pour tous, pas d’infrastructures qui restent, des paysages magnifiques.
    Le reste on peut supprimer, mais pas le Tour de France, c’est notre histoire, notre culture et des personnage fabuleux !
    Et puis l’évocation du vélo qui est quand même écolo. Il y a tant d’autres activités des hommes à supprimer avant le Tour de France. Tant d’autres sports qui font la part belle au nationalisme et à l’esprit de corps !
    La propension des écologistes à vouloir dominer les rêves est pour moi pleine de menaces.

    1. C’est bien ce que je disais précédemment, même sur le Tour de France on va trouver moyen de se diviser. C’est à désespérer.
      En attendant vive le Vélo et à bas la Compétition !
      Et puis merde, vive les dissensions et vive l’âne Archi ! 🙂

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