Contrôler le récit national, une idiotie

Donnez à un idiot un drapeau à agiter, apprenez-lui un hymne à chanter et quelques âneries patriotiques à répéter frénétiquement, et il marchera vers la bataille pour tuer d’autres idiots marchant en chantant sous un drapeau adverse. Malheureusement beaucoup de pays sont en train de multiplier volontairement les idiots.

Délit ou contravention, les lois de circonstances qui se multiplient actuellement dans le monde paraissent d’un autre âge, celui du XIXe siècle et de l’apparition des nationalismes qui ont ensanglanté l’Europe et le monde. Déconsidérer le drapeau bleu-blanc-rouge en France, diffamer la nation polonaise en Pologne, interdire la « propagande anti-russe » en Russie, des lois restrictives de type nationaliste encadrent la libre expression des opinions. Il est interdit de mettre en cause l’honneur de la Russie durant la seconde guerre mondiale. Même la simple information devient illégale, en Pologne on condamne au civil toute personne attribuant les crimes de la Shoah aux Polonais et non aux Allemands. La pénalisation de « l’outrage au drapeau tricolore » semble d’une incongruité totale. Un délit institué en 2003 punissait de 7500 euros d’amende « le fait au cours d’une manifestation organisée ou réglementaire par les autorités publiques d’outrager publiquement l’hymne national ou le drapeau tricolore ».

La volonté de contrôler le récit national ne connaît pas de frontières. Pour un réfractaire à la guerre, la question de fond reste posé : est-ce que des valeurs nationalistes peuvent faire partie des valeurs démocratique ? Si les seules valeurs à reconnaître sont les principes de liberté, d’égalité et de fraternité, la déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte de l’environnement en France, les symboles qui ont alimenté tant de guerres n’en font pas partie. Car une fois un conflit défini comme opposant « NOUS » et « EUX  », instaurant ces groupes comme des catégories différentes par essence, les solutions de conciliation deviennent impensables. Cela a pour effet que les conflits sont partis pour se multiplier et durer, cela aboutit régulièrement aux meurtres en série, en tout cas jusqu’à ce qu’un côté ait vaincu l’autre.

Du point de vue des écologistes, nous appartenons symboliquement à la Terre, nullement à un morceau de terre. Le nationalisme est un signe de repli sur soi qui dénature la préoccupation écologique, surtout à une époque où les risques sont systémiques et planétaires, réchauffement climatique, pic pétrolier, atteintes aux ressources renouvelables, etc. Ce n’est plus la confrontation entre nations qui devrait s’imposer, mais la coordination des peuples. Nous avons besoin d’une éthique de la Terre. Les obligations envers la planète passent avant les obligations nationales, les obligations envers la nature passent avant les obligations ecclésiastiques, chaque citoyen du monde est d’abord et avant tout au service de l’ensemble des équilibres de la biosphère. Du moins c’est ce qu’il faudrait penser, « make our planet great again » !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

23 février 2019, Inventons un hymne et un drapeau pour Terriens

12 septembre 2010, brûler le coran ET brûler le drapeau

27 juillet 2010, outrage au drapeau qui outrage la Terre

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8 réflexions sur “Contrôler le récit national, une idiotie”

  1. @ Michel
    – « Toute compétition est un suicide » (Albert Jacquard)

    Puis tout collabo est un meurtre ^^ (lorgne à gauche sur l’arène politique, tu pourras les découvrir, enfin je suppose que tu les connais déjà^^)

  2. Que de mensonges ! Comme dit si bien Jacques Sapir « En réalité, la « mondialisation » n’a jamais interrompu les guerres. Ces dernières années, que ce soit dans les Balkans, en Afrique, au Moyen-Orient, la « mondialisation » s’est accompagnée de conflits violents, certains mettant en présence des armées régulières et d’autres faisant intervenir des forces dites « irrégulières ». Ces conflits armés ont même été précipités par la « mondialisation ». Et dit aussi que « La mondialisation, le navire marchand fut en permanence précédé du navire de guerre…

    Les guerres c’est le totalitarisme marchand qui les génèrent !

    Par le drapeau, on veut que chacun préserve ses frontières, ainsi que sa sécurité son mode de vie et sa culture !

    Il n’y a jamais eu autant de guerres, de trafics de drogue, de gangsterisme autrement que par cette mondialisation

    1. La mondialisation vs le nationalisme. Là encore deux camps, ou deux familles. Ceux qui sont pour le repli sur soi et ceux qui sont pour l’ouverture. Choisis ton camp camarade ! Les amis de mes amis sont mes amis etc. Le mode binaire c’est pour les machines et pour ceux qui voient le monde en blanc et noir, qui pensent POUR ou CONTRE, «NOUS» et «EUX» etc.
      Seulement ce n’est pas aussi simple que ça. Au sein de chaque camp on a d’autres camps. Ceux qui sont POUR tel type de nationalisme, ou de mondialisation, et ceux qui sont CONTRE, etc. etc. Et chaque fois des conflits. Ces conflits qui façonnent l’Histoire et qui occupent et abrutissent les gens dans tous les domaines. Notamment ceux qui aiment se battre, faire partie des plus forts, ceux qui veulent briller, dominer.
      Le problème n’est pas le commerce mais la compétition entre les grands groupes, ou entre les nations. Le problème n’est pas la nation, ni la mondialisation, mais la compétition entre nations.

      1. Il y a de plus en plus d’entreprises qui font plus de Pib que la plupart des pays du monde, puis écrasent beaucoup d’autres entreprises pour rafler leurs marchés alors c’est plutôt la compétition entre entreprises qui provoquent les guerres comme on peut le voir actuellement par les tensions entre la Chine et les usa mais c’est bien la mondialisation

        1. La guerre c’est déjà la compétition. C’est la volonté d’être le plus fort, de dominer. Maintenant si tu remplaces «mondialisation» par «compétition», ou «domination», ou «guerre» (de tous contre tous), alors nous sommes d’accord.

  3. – « est-ce que des valeurs nationalistes peuvent faire partie des valeurs démocratiques ? »
    – La liberté académique doit-elle rester (ou pas) dans le cadre des «valeurs de la République» ?
    – En France, les sciences humaines et sociales sont-elles (ou pas) au service du politique ?
    – Un ministre de l’Éducation nationale peut-il (ou pas) qualifier d’«islamo-gauchistes» les chercheurs travaillant sur le racisme ou l’intersectionnalité ?

    Des questions comme ça on pourrait en rajouter, en faisant le lien avec l’écologie, l’éthique etc. On pourrait aussi les poser à diverses gens, dans le cadre d’une vaste étude, qui bien sûr n’aurait rien à voir avec un vulgaire sondage. Une étude visant à mesurer le Niveau, à divers niveaux. Pour commencer dans les différents corps d’État : l’Assemblée nationale, le Sénat, l’Éducation nationale, la Police, l’Armée etc.

    1. Oui mais voilà, comment ensuite va t-on pouvoir interpréter tout ça ? Pour en faire un état des lieux clair et précis, objectif et irréfutable, qui serait ensuite porté à la connaissance de tous. Afin que chacune et chacun n’aient plus qu’à le lire, l’étudier, le comprendre… et le digérer.

      Le problème c’est déjà la complexité du monde, des choses. Le problème c’est aussi cette terrible Confusion qui nous empêche d’y voir clair, qui nous fait confondre la gauche et la droite, le vrai et le faux etc. Le problème c’est ce que dit Biosphère en introduction, il y a beaucoup trop d’idiots. D’un âne, comment en faire un cheval de course ? Le problème c’est la fainéantise. Le problème enfin c’est notre grande fatigue.

    2. – « Pour marcher au pas, point n’est besoin de cerveau, la moelle épinière suffit.» (Albert Einstein).
      Hélas il n’y a pas qu’à l’Armée que se concentrent les cerveaux reptiliens. La première année de médecine sélectionne aussi ceux-là, voir le film «Première année» (de Thomas Lilti-2018). Même chose dans les «grandes» écoles, lire ce que disait Albert Jacquard, passé par Polytechnique. L’enseignement, la formation, c’est apprendre sans chercher à comprendre.
      Partout ou presque c’est la même chose. La guerre, le sport (les podiums, les médailles) , la formation et les études (les concours), l’économie, les entreprises, le Business, la politique (les élections), partout c’est la compétition. Et partout il faut se conformer à cette logique absurde. Ne pas réfléchir, obéir, marcher au pas, respecter les règles du sacro-saint Ordre Établi. Marche ou crève !

      – « Toute compétition est un suicide » (Albert Jacquard)

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