COP25 et concentration record de GES

On va cuire comme des merguez ! Le dioxyde de carbone associé aux activités humaines, gaz à effet de serre le plus persistant (GES), a battu un nouveau record de concentration en 2018, à 407,8 parties par million (ppm), soit 47 % de plus que le niveau préindustriel de 1750. Selon l’Organisation météorologique mondiale, « la dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années : la température était de 2 à 3 °C plus élevée qu’aujourd’hui, et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel  … Il n’y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, (…) malgré tous les engagements pris au titre de l’accord de Paris sur le climat ». Les concentrations de méthane (CH4), qui figure au deuxième rang des plus importants GES persistants, et de protoxyde d’azote (N2O) ont également augmenté plus fortement que la moyenne annuelle de la dernière décennie.

La première conférence mondiale sur le climat remonte à 1979. La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été adoptée au cours du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. La 25ème réunion annuelle de l’ONU sur la lutte contre le changement climatique, la COP25, se tiendra du 2 au 13 décembre à Madrid. Après la défection du Chili, organiser la grand-messe du climat dans la capitale espagnole ressemble à une course contre la montre. Sont attendues des délégations de 196 pays (beaucoup d’avions en perspective), 25 000 personnes (trop de diplomates), un coût estimé de 60 millions d’euros (ce n’est pas rien pour un résultat qui sera comme d’habitude sans effet). Heureusement la jeune Greta Thunberg a déjà réussi à trouver un bateau pour rejoindre l’Espagne, du sang neuf dans un climat morose. Pour un retour sur les échecs passés, lire sur notre blog biosphere :

18 décembre 2018, COP24, une mascarade sur le climat, un échec avéré (Katowice)

2 novembre 2017, COP23, vingt trois années de blabla climatique (Bonn)

19 novembre 2016, La COP 22 s’achève à Marrakech sur un bide

14 décembre 2015, COP21, encore un succès d’apparence, le 21ème ! (Paris)

15 décembre 2014, Climat : les trois chiffres clés, zéro / zéro / cent (COP20 à Lima)

30 novembre 2009, le fiasco de Copenhague (COP15)

novembre 2007, Echec de la COP13 à Bali, extraits: Dans le dernier rapport du GIEC de novembre 2007, il est préconisé que les pays industrialisés divisent par 20 leurs émissions de gaz à effet de serre. Or, cela fait plus de cinq ans que les stratèges du climat préconisent une simple réduction par quatre pour ces pays-là. Comment expliquer ce négationnisme de l’urgence ? Déni, aveuglement, lâcheté ? Aux sommets de La Haye en 1998, à Marrakech en 2001, à Johannesburg en 2002, les mêmes mots sont ressassés : « nous sommes sur les bons rails ». La langue de bois environnementale existe : elle s’exerce à merveille dans ces grandes rencontres de la diplomatie verte où les hauts dirigeants du monde entier simulent collectivement la prise de conscience des risques climatiques. A Bali une fois encore, les participants se sont empressés de se vanter auprès des médias du « pas décisif », de la « grande avancée », ou encore d’un hypothétique « processus volontariste ». Mais les émissions continuent à augmenter, les ravages des dérèglements climatiques créent de nouveaux éco-réfugiés ou éco-sinistrés, la fonte des glaces ne cesse pas.

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2 réflexions sur “COP25 et concentration record de GES”

  1. Cette année la grand-messe devait se tenir au Chili. Sauf que des évènements climatiques ont chamboulé le programme. Mais heureusement on avait prévu un plan B , l’Espagne.
    Mais peu importe que ce soit à Madrid ou au Chili , peu importe ce qui sortira de la 25 , on s’en fout de tout ça ! Ce qui compte c’est que la 26 et les suivantes soient déjà au calendrier. Le plus important dans tout ça, c’est de participer. Et donc de faire durer le cirque, en attendant. Comme pour les Olympiades les COP sont programmées longtemps à l’avance, les pays se tirent la bourre pour accueillir le Barnum dans sa grande tournée mondiale, ça déplace du monde, ça fait marcher les affaires, c’est FOR-MI-DA-BLE !

    Ainsi la 26 devrait normalement se dérouler du 9 au 19 novembre 2020 à Glasgow, le BGB (British-Green-Business) est aux anges. En 2021 pour sa 27ème représentation le Grand Cirque passera à Kinshasa au Congo. Sauf s’il fait trop chaud !
    Et à ce qu’on raconte (dans KYOTO FOREVER 2 ) … en 2022 , la 28 initialement prévue au Vanuatu se tiendra finalement à Shangaï . ( KYOTO FOREVER 2 est une pièce de théâtre, écrite et mise en scène par Frédéric Ferrer. L’humour pour illustrer le désastre, c’est tout un art.)

  2. Désormais, prévient l’ONU dans la 10e édition de son « Emissions Gap Report », les pays devront réduire de 7,6 % leurs rejets carbonés chaque année entre 2020 et 2030. Un effort d’autant plus ardu qu’en réalité les émissions augmentent irrépressiblement, avec une hausse de 1,5 % en moyenne par an sur la dernière décennie. Tous les ans, l’« Emissions Gap Report » du PNUE compare, sur la base des dernières données compilées par une équipe internationale de scientifiques, l’écart entre les engagements et les efforts réalisés par les Etats pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. En d’autres termes, le rapport regarde la différence entre ce que l’on fait et ce que l’on doit faire ; cet écart est beaucoup trop important. Les émissions de gaz à effet de serre ont atteint en 2018 un record historique de 55,3 milliards de tonnes (gigatonnes ou Gt) équivalent CO2, soit une hausse de 3,2 % par rapport à 2017. Pire, il n’y a « pas de signes d’un pic des émissions qui pourrait être atteint dans les prochaines années », relève l’agence onusienne.

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