COP26, technologie ou sobriété partagée ?

De nombreux dirigeants, à commencer par Emmanuel Macron, comptent avant tout sur des progrès technologiques à venir pour faire face au défi climatique. Ils laissent complètement de côté la question de l’évolution de nos modes de vie.

Lire, L’illusion technologique confrontée au climat

Stéphane Foucart : Ouverture, le 31 octobre, de la 26e conférence sur les changements climatiques. La question des moyens à mettre en œuvre pour atteindre les buts poursuivis est éludée. La question du « comment » entremêle deux enjeux, lavenir du système technique ET l’évolution culturelle des sociétés. Le premier est omniprésent, le second à peu près absent. On le voit, jusqu’à la caricature, dans les récentes déclarations des dirigeants des plus gros exportateurs d’hydrocarbures, comme l’Arabie saoudite : « J’annonce aujourd’hui l’objectif zéro émission de l’Arabie saoudite d’ici à 2060 grâce à une stratégie d’économie circulaire du carbone », a ainsi déclaré Mohammed Ben Salmane. L’engagement princier repose entièrement sur des technologies futures et très probablement imaginaires… Emmanuel Macron mise lui aussi sur d’hypothétiques révolutions technologiques : avion bas carbone, petits réacteurs nucléaires, hydrogène « vert »… Le mot « sobriété » n’apparaît pas quand les mots « innovation », « innovant » sont prononcés à plus de soixante-dix reprises… La transition écologique apparaît avant tout comme une transition technologique… Quand on a un marteau dans la tête, tout a la forme d’un clou… Mais qui sait ce que l’accumulation des dégâts causés par le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité produira sur les imaginaires et les aspirations collectives ? L’aventure spatiale, l’avion bas carbone ou la conquête des grands fonds marins feront-ils encore rêver en 2030 ? Où seront-ils plutôt perçus comme de dangereuses futilités ?

Très bonne analyse d’un journaliste scientifique du MONDE, à compléter par les commentaires sur lemonde.fr :

ERoy : Nous sommes une démocratie et allez vous faire élire en expliquant à vos futurs administrés que : les vacances au soleil en 2 heures d’avion pour 300 euros la semaine c’est fini, le ski, c’est fini, le chauffage à plus de 18 degré c’est fini, le téléphone pour les ados c’est fini, deux télévisions par foyer sera interdit, voitures surtaxées (max une par foyer), gaz surtaxé et essence sur-surtaxée… Bon courage pour les prochaines élections!

Slab : Le dernier rapport de RTE l’a pourtant montré. Tous les scenarii permettant de réaliser la neutralité carbone n’ont qu’un point commun : la sobriété et l’économie de 40 % de l’énergie. La sobriété se réalisera par des changements de comportements. Mais les mentalités évoluent vite, et des habitudes qui relevaient de la lubie boboécolo il y a quelques années sont maintenant largement admises, comme les repas sans viande dans les cantines, le compostage, moins d’éclairage public la nuit, le recyclage des vêtements…

davidirle : On constate ici, en réponse à cet article fort juste, pas mal de commentaires pro-technologies qui ne se fondent sur absolument rien de concret, à part une mythologie du progrès. Pourtant, les gens dont la transition écologique est le métier, c’est mon cas, rêveraient d’avoir à disposition des technologies magiques. Il y a une forme étonnante de déni de la part de ceux qui croient en la science mais semblent parfaitement incapables de regarder ce que la science explique : les limites matérielles de la digitalisation, les limites quantitatives de la transition énergétique, la difficulté à se passer des hydrocarbures, etc. La science, la vraie, nous explique que nous ne pouvons pas compter uniquement sur elle, mais sur des évolutions de nos modes de vie, mais c’est pas grave, ceux qui « promeuvent » la science préfère s’asseoir sur l’état des connaissances scientifiques et écouter des prophètes scientistes/économistes…

Michel Lepesant : Le problème avec l’économie aujourd’hui c’est qu’elle est punitive : certes elle prétend être libérale mais elle ne profite qu’à une minorité. Le problème avec la technologie aujourd’hui c’est qu’elle est sectaire : ce qu’elle impose ce sont des modes de vie de plus en plus conformes, qui s’imposent à tous .. La domination techno-économique nous fait croire que la liberté c’est de dépasser toutes les limites : s’enfoncer au fond des océans et conquérir Mars ! Pire le problème aujourd’hui c’est que la technologie et l’économie sont unies pour contrôler du « temps de cerveau disponible ». Et qu’ils utilisent ce contrôle pour renverser systématiquement les analyses de bon sens : c’est l’écologie qui serait selon eux punitive et sectaire. C’est le monde à l’envers !

Romagination : L’humanité n’a pas maîtrisé la taille de la population mondiale en proportion des ressources disponibles pour assurer à chacun une vie confortable compte tenu de ce que les technologies actuelles permettent. On peut toujours essayer de changer le mode de vie des plus privilégiés actuellement mais ça sera vraiment marginal : le point moyen à atteindre est trop bas à 8 milliards, sauf si l’on rêve en France du niveau de vie du Bangladesh, et qu’au Bangladesh on accepte de rester à ce niveau…

Lire, Notre responsabilité démographique

Marcassin87 : Personne n’a envie de changer son mode de vie, les bonnets rouges, les gilets jaunes entre autres, nous l’ont rappelé avec virulence. Et il est tout-à-fait légitime que les Africains, les chinois, etc. aspirent à un niveau de vie comparable au nôtre. Or personne ne veut évoquer la réduction drastique de la population. Tout le reste c’est illusoire.

Dump : Cette contradiction sera résolue de la manière la plus classique, par la guerre qui ne fait plus peur, même en agitant l’atome. Au moins cela résoudra le problème, peut être même définitivement pourvu qu’on force la dose…

La mouche du coche : Macron est une marionnette, avec la moitié des fils tenus par le MEDEF et l’autre par la FNSEA. Pas étonnant qu’il se cache derrière des illusions pour éviter de voir la réalité : avec bientôt 8 milliards d’Homo sapiens avides d’un « modèle » occidental basé sur la gabegie énergétique. La planète est foutue.

NonMais @ La mouche : La planète s’en fout royalement.

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6 réflexions sur “COP26, technologie ou sobriété partagée ?”

  1. Tout ce cinéma carboné n’ aurait donc été monté par les mondialistes (avec l’ aide démagogique de Greta Carbone , Al Carbone et sa bande) que pour amener les esprits à se montrer plus sobres ?
    Le changement climatique anthropique serait -il une farce montée de toutes pièces ?
    Si c’ est le cas , on pourra dire que le monde des mass merdias aura remarquablement joué sa partition d’ agit prop (ben oui , la presse est très majoritairement de goooooche)
    Au fait , , les merdias auraient pu aussi jouer la partition malthusienne dont la réalité est autrement pregnante .
    On peut supposer que Macrondelle et Joe Bidet vont nous jouer une partition dégoulinante de lyrisme pseudoclimatique
    Attendre et voir

    1. – « (ben oui , la presse est très majoritairement de goooooche) »
      Ben oui, et c’est tellement évident que ce n’est même pas la peine de le démontrer.
      Tiens prenons déjà Le Monde, surnommé à juste raison «le quotidien des affairistes Niel, Pigasse et Křetínský». Et le Figaro, il est de quel bord celui là ?
      Dis Papa, c’est de quel côté la gauche ? Et l’avant ?

    2. – «Le changement climatique anthropique serait-il une farce montée de toutes pièces ?»
      MARCEL serait-il climato-sceptique ? Faut vraiment être un grand malade pour en douter. S’il y a une farce dans cette affaire, mieux vaut la chercher du côté des «arguments» et des «doutes» des faux sceptiques (fosse septique).

  2. – « Très bonne analyse d’un journaliste scientifique du MONDE, à compléter par les commentaires sur lemonde.fr : »
    Sans oublier la très bonne analyse de Biosphère. Je suis évidemment d’accord.

    Dans quelques jours la COP26, il eut été dommage de ne pas en parler.
    Le problème, pour en dire quoi ? Ce qu’on peut en espérer ? La bonne blague !
    La tournée mondiale de COP-Circus est déjà programmée, l’an prochain la 27, dans deux ans la 28 etc. Faut juste espérer qu’un évènement ne viendra pas perturber le calendrier.

    En attendant, en ce moment même un autre cirque est en train de plier bagages, à Rome. Les marionnettistes, les marionnettes, les clowns, les jongleurs, les dresseurs, les illusionnistes, tout ce joli monde s’est serré la main et s’est donné rendez-vous pour la prochaine.

    1. Parti d'en rire

      Là encore tout est programmé d’avance. En 2022 c’est l’Indonésie qui organisera le sommet du G20. En 2023 ce sera l’Inde. Ne confondons pas avec le Club des Sept, qui lui se produira en Allemagne l’an prochain. Ne confondons pas non plus avec ces shows qui se déroulent en parallèle, comme celui il y a un mois pas loin de là, à Milan cette fois, avec des centaines de jeunes derrière Greta.
      Cette dernière représentation du G20 se tenait donc ce week-end dernier à Rome, au programme il y avait Covid et Climat. Tout le Gratin était là, sauf deux et non des moindres qui ont préféré participer à distance, autrement dit télédéconner.
      Peut-être demain Biosphère nous mettra-t-il tout ça au menu du jour.
      Bref, en attendant, the Show must go on !

      1. Tout est lié, ON le sait. Hier soir au Programme il y avait Jean Yanne.
        Alors j’ai regardé «Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ».
        J’ai notamment adoré les pubs. Quel rapport, me demandera t-ON ?
        Le rapport c’est que NOUS me faisons penser à cette énorme Farce :
        – Tout le monde il est con, tout le monde il est gentil !
        Qui NOUS, me demandera t-ON ? Ben NOUS c’est je, tu, il, elle, vous, ils et elles.
        Sans oublier ON qui comme ON sait est un con. 🙂

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