Cri de colère contre les sciences économiques

Diplômé en sciences économiques, enseignant en sciences économiques et sociales, conscient de l’urgence écologique, je (Michel Sourrouille) constate le gouffre qui existe entre les universitaires spécialisés en économie et les réalité de notre temps , y compris climatique. Voici quelques explications :

Stéphane Lauer : « Il est étrange de constater que le dérèglement du climat, essentiellement alimenté par les émissions de CO2, et donc directement liées à l’activité économique, ne soit pas davantage au cœur de la réflexion macroéconomique. Sur les 77 000 articles publiés par les revues académiques les plus réputées en économie, seuls 57 concernaient le thème du changement climatique, soit une proportion de 0,074 %. L’augmentation des températures, la disparition des espèces, la multiplication des catastrophes naturelles auront des impacts gigantesques sur la stabilité de l’économie mondiale. Ne pas les intégrer dans la réflexion macroéconomique revient à travailler dans un univers parallèle, qui sera de moins en moins utile à la prise de décision politique et à celle des dirigeants d’entreprise. »

L’origine du problème vient du manque d’interdisciplinarité d’une approche néolibérale (lois du marché naturel, système concurrentiel, abondance des ressources, etc.). Les sciences économiques n’ont pas encore changé de siècle, mais comme on a échafaudé des montagnes de théories qui servent à justifier les politiques économiques d’aujourd’hui, cette idéologie fait encore la loi. Par exemple William Nordhaus, couronné en 2018 par le prix de la Banque de Suède en sciences économiques (l’équivalent du prix Nobel)., prône une poursuite d’un modèle de croissance qui conduirait à un réchauffement de 3,5 °C en 2100, quand l’accord de Paris vise un objectif de 2 °C.

Voici quelques extraits du blog biosphere qui  cernent les termes du débat.

L’invention de l’écologie politique… en 1957

Le premier auteur à avoir employé l’expression « écologie politique » semble avoir été Bertrand de Jouvenel en 1957. Il précisait : « l’instruction économique devrait toujours être précédée d’une introduction écologique ». En d’autres termes, on ne peut pas être un bon économiste si on n’est pas d’abord un bon écologiste. Résumons l’analyse de Jouvenel : « Aussi bien qu’un organisme inférieur, la plus orgueilleuse société est un parasite de son milieu : c’est seulement un parasite intelligent et qui varie ses procédés… Avant de parler de l’organisation des hommes pour l’obtention de biens, il faudrait montrer que ces biens sont obtenus à partir de l’environnement naturel et que, dès lors, l’organisation dont il s’agit est essentiellement une organisation pour tirer parti de l’environnement. »

Croissance, un objectif économique complètement débile

Au début des années 1970, l’idiotie de la croissance économique n’était encore perceptible par personne. Étudiant en faculté de sciences économiques entre 1967 et 1971, j’en sais quelque chose. Tout autour de moi on ne jurait déjà que par la croissance, les « Trente  Glorieuses ». C’est idiot, c’est un déni de réalité. Le 15 Juin 1972, je découpe un article sur le cri d’alarme de Sicco Mansholt, président de la commission du Marché commun : « La race humaine, menacée par la pollution, l’accroissement démographique et la consommation désordonnée de l’énergie, doit modifier son comportement, si elle veut tout simplement ne pas disparaître… La grande crise devrait culminer autour de l’an 2020. » (Michel Sourrouille)

Les sciences économiques, art des lignes géométriques

Octobre 1970, je commence ma quatrième année de sciences économiques, option économétrie. L’idiotie de la croissance économique n’est encore perceptible par personne. Pourtant Pierre Massé, du commissariat au plan, nous explique que si la production continue de progresser à son rythme actuel, elle conduirait à doter en 2070 chaque Français d’une centaine d’automobiles et à fabriquer avant l’an 3000 un volume de produits manufacturés dépassant celui de la Terre, de la Lune et de Vénus réunis. (Michel Sourrouille)

Alerte, les économistes déconnent grave

Les économistes peuvent-ils sauver la planète ? C’est comme si on demandait à un pyromane de bien vouloir éteindre l’incendie qu’il a allumé. Les sciences économiques se sont profondément transformées depuis le XIXe siècle en se désencastrant de la Nature et en pensant possible une croissance endogène illimitée autoentretenue. Or c’est non seulement dans la société, mais aussi dans la biosphère que doit s’insérer l’économie, non pas pour en devenir la docile servante, mais pour inscrire résolument ses analyses dans les limites planétaires. L’économie écologique (économie biophysique, ou bioéconomie, ou reproduction durable) doit nous aider à déployer des pratiques réellement économes au sens premier du terme, « économiser.

Malheureusement il n’y a nulle science de l’humain

Il n’y a pas de sciences économiques, il n’y a qu’économie politique. Il n’y a pas de science sociologique, il n’y a que les multiples façons d’observer les multiplicités contradictoires du comportement humain. Il n’y a pas de sciences politiques, il n’y a que les différentes façons de manipuler les foules pour garder ou prendre le pouvoir.

L’éducation à l’écologie, déprimante et si nécessaire

Valérie Masson-Delmotte : « Le temps consacré à l’enseignement en relation avec les deux enjeux vitaux à l’échelle planétaire, l’effondrement de la biodiversité et le changement climatique, apparaît très insuffisant au collège comme au lycée. »

un enseignement économique et social (SES) aux ordres

Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, demande une réécriture des programmes de sciences économiques et sociales (SES). Il désignait le 3 juillet 2018 l’objectif : « Si l’approche pluridisciplinaire (des SES), qui s’appuie sur les sciences sociales, a tout son sens, il convient de renforcer les approches microéconomiques, nécessaires pour comprendre les mécanismes fondamentaux ». Les regards croisés entre économie, sociologie et sciences politiques, les trois piliers de la matière, seront limités au maximum. » Nous sommes en 2021, et l’aveuglement volontaire de nos « élites » perdure…

Pour en savoir plus, notre synthèse : Biosphere-Info, l’écologie politique en SES

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35 réflexions sur “Cri de colère contre les sciences économiques”

  1. Philippe SP

    Le stage en voilier était une image, d’ailleurs toujours moins pertinente
    J’ai acheté une coque nue 10,50 m et aménagé du plomb de quille à la girouette, je sais ce qu’est une « galère » !
    significations du bateau :
    1°) (rare) pierre de touche de sensations profondes, angoisse (coup de vent, orages…) ou plaisir (paysages, recueillement…)
    2°) étalage de « puissance » (= animal)
    3°) fantasme de « l’ailleurs » (= tourisme, drogue, intégrisme…) témoin du mal-être existentiel
    Les bateaux plaisance sont devenus des camping-cars flottants naviguant 4 jrs et moins d’1 nuit par an en moyenne ; millions de tonnes de plastique et autres futurs polluants non recyclables, des millions de moteurs (et carburants), instruments et matériaux nobles (inox) croupissant dans des infrastructures exorbitantes en espace, installations et personnel doublant le prix du bateau, milliards de $ détournés pour un rêve frelaté (mouillages bondés…).
    Bonne méditation =)

    1. Et oui j’en ai parlé plusieurs fois ici de ces bateaux de plaisance inutiles ! En effets ils ne servent pas plus d’1 semaine par an et le reste du temps ces bateaux dorment à quai. Alors que des bateaux de plaisance de location seraient largement suffisant, le matériel serait mieux amorti, ça créerait de l’emploi, et le bateau serait révisé entre deux locations ainsi assurant une meilleure maintenance, En outre il y aurait besoin de beaucoup moins de ports ou alors des ports moins grands pour entreposer tous ces bateaux, notamment moins de bateaux endommagés à assurer lorsqu’il y a de fortes tempêtes. Parce ce ça coûte d’entretenir des ports

    2. Et que dire alors des chalets et des mobil-homes dans les campings, des logements de vacances et des résidences secondaires ? Tous ces espaces sont vides 11 mois par an, notamment en hiver alors que quelques 300.000 SDF dorment dehors. Comme quoi on n’a pas besoin de rajouter du béton, on en a largement assez comme ça. Bonne méditation =)

      1. Non ils ne sont pas vides 11 mois de l’année, beaucoup des propriétaires de ces mobil-homes les louent. Quant aux chalets, il me semble que j’ai déjà expliqué qu’il fallait combattre par la fiscalité les résidences secondaires.

        En outre, on parle des bateaux dans nos commentaires, on explicite les excès de ces bateaux de plaisance, et ce n’est pas parce qu’il y a d’autres problèmes ailleurs qu’il ne faille pas résoudre celui-ci ! Parce que selon toi, il faut laisser multiplier ces bateaux de plaisance sous prétexte que d’autres ont des mobil-homes ? En même pas 50 ans le nombre de bateaux et de ports pour les accueillir a été multiplié par au moins x4, bref détruire le littoral sauvage pour transformer nos côtes en garage pour bateaux quasiment inutilisés !

        1. Misère misère !

          Mais tais toi !! D’abord ce commentaire ne t’est pas adressé. Où ai-je dit qu’il fallait laisser multiplier ces bateaux de plaisance ?

          Remarque de la modération du blog biosphere :
          Cool, zen, laissez aux autres l’énervement, parlez du contenu de l’article d’origine, ne polarisez ps sur ce qui dit Untel ou Tartempion… pas besoin d’en rajouter dans un xème commentaire sans approfondissement analytique. Merci.

          1. Ce n’est pas marqué à qui tu t’adresses sur ton com, d’autant qu’il est juste en dessous du mien
            Ensuite si tu avais bien lu, tu serais aperçu que c’était une question et non une affirmation (et oui il y a un ?)
            Et pour qui tu te prends pour demander de me taire ? Tu crois être la référence mondiale toute discipline, genre ça serait toi qui sait mieux sur tout que tout le monde ?

            Remarque de la modération du blog biosphere :
            Cool, zen, laissez aux autres l’énervement, parlez du contenu de l’article d’origine, ne polarisez ps sur ce qui dit Untel ou Tartempion… pas besoin d’en rajouter dans un xème commentaire sans approfondissement analytique. Merci.

  2. Philippe SP

    Merci à vous d’avoir réagi aussi vite.
    Je n’ai pas dit que l’homme était raisonnable. J’ai simplement dit qu’on trouvait chez lui une fonction rationnelle qui n’existe quasiment pas ailleurs dans le vivant lequel est régi par des équilibres innés. Le krill aurait envahi les océans, s’il n’avait été régulé par les limites des ressources planctoniques et les super-prédateurs comme baleines, manchots, phoques, etc. La proportion de rationalité est de 2% environ par rapport au reste d’animalité de l’homme (approximation génétique). Il n’est donc pas étonnant qu’il ait du mal à réagir au tsunami démographique surgi depuis 1950.

  3. Philippe SP

    Tous les économistes devraient faire un long séjour en voilier pour comprendre que les réserves y étant limitées, nous sommes capables de nous restreindre drastiquement en fonction de la diminution des ressources, et ensuite transposer cette conscience à notre planète. Encore une fois, tout est question de bonne gestion, c’est normalement la raison d’être de l’économie. La sagesse des « anciens » de tous continents prône la tempérance et flétrit l’hybris, la démesure en toute chose…
    Personne ne songe à reprocher à un muguet d’avoir prélevé dans la terre l’eau et les sels minéraux dont il a besoin pour soutenir sa condition d’être vivant. La prédation est nécessaire du haut en bas de l’échelle alimentaire. Mais notre « logique » humaine est cause de toutes les exactions que nous infligeons à notre « vaisseau spatial » la Terre.

    1. Philippe SP

      Syllogistique écologique (rectificatif à « logique humaine » qui peut prêter à contresens)

      1°) Tout être vivant est nécessairement prédateur (vie = besoin d’énergie)
      2°) L’homme est un être vivant, essentiellement animal, donc :
      naturellement prédateur, mais aussi, en tant qu’animal, a-moral, donc non-responsable, donc non condamnable
      3°) Comme tout être vivant en situation dominante, il devient naturellement prédateur excessif
      4°) Mais, en tant qu’humain, l’homme est le seul être vivant doué de raison, donc :
      seul capable de prendre conscience de sa condition, et donc capable de la rectifier, donc amendable
      5)° L’objectif écologiste est donc non de condamner (culpabiliser) ce qui est « logique » naturelle en l’homme, mais, par une prise de conscience mondiale, d’aider l’homme à devenir plus Humain, en responsabilité.

      Remarque : je doute qu’un Maasaï renonce spontanément à manger de la viande !

      1. « 4°) Mais, en tant qu’humain, l’homme est le seul être vivant doué de raison, donc :
        seul capable de prendre conscience de sa condition, et donc capable de la rectifier, donc amendable »

        Ben non pas d’accord ! Tu sais d’après plusieurs enquêtes auprès des entreprises, les chefs d’entreprise considèrent déjà la main d’œuvre trop vieille à seulement 28 ans ! Car au-delà les individus ne sont plus modelables et formatables. Justement à partir d’un certain âge les individus ont du mal à rectifier le tir et restent de plus en plus encroûtés dans leurs habitudes.

        1. D’ailleurs si c’était si facile de changer les habitudes des individus même pour une bonne cause, on n’en serait pas là aujourd’hui ! Seules de fortes contraintes stimulent un peu les encroûtés à évoluer. Après il y a toujours des cas isolés pour contredire la règle générale, on trouvera toujours quelques exemples d’individus qui parviennent à s’adapter rapidement au-delà de 28 ans, mais ce ne seront que des cas isolés…

          1. Philippe SP

            Près de 80% de la population mondiale est encore rurale, ce qui veut dire engluée dans les premières nécessités vivrières, comme l’était encore le paysan des Landes en 1950, la charrue tractée par des mules, c’est à dire bien loin des préoccupations intellectuelles qui lui demandent de rompre avec son mode de vie et toute la structure idéologique (religieuse) qui soutiennent son existence pénible. c’est pourquoi j’ai cité les Maasaï.

      2. Bonjour Philippe SP.
        Je suis globalement d’accord avec tout ce que vous développez ici. Toutefois il y a bien sûr quelques points de détails à éclaircir.
        Je note que vous faites très attention en parlant de cette «logique humaine». Je fais de même au sujet de cette fameuse «nature humaine», dont je ne fais que répéter que nous n’en savons finalement pas grand chose.
        Ceci dit, par «logique humaine» j’entends programmation, formatage, conditionnement. Dans ce cas je suis totalement d’accord avec vous. Merci de me dire si j’ai bien compris.

        1. (suite à Philippe SP). Quant à ce long séjour en voilier, que les économistes devraient faire, pour prendre conscience des limites, comme de leur (notre) petitesse… oui pourquoi pas.
          Seulement je ne crois pas que ça changerait grand chose. Je me dis qu’il doit bien exister des économistes navigateurs, ou montagnards, marcheurs, cyclistes etc. Nous voyons bien ce que la plupart de ces gens (économistes ou autres) font de ces expériences. C’est comme cette idée selon laquelle voir la Terre depuis l’espace (tourisme spatial) vous transformerait en véritable Sapiens (ou écolo si vous préférez)…non je n’y crois pas
          Chez certains, oui bien sûr ça peut marcher, mais combien de temps je n’en sais rien. Bref, je ne crois pas que ce soit ça la Panacée, la Solution. J’ai bien peur que le mal soit bien plus grave que ça.

        2. (fin) Maintenant si la voile est votre passion, si elle vous permet de vivre cette communion avec la nature, avec ce Grand Tout… alors ne vous en privez surtout pas. Et sincèrement, sans aucune arrière pensée… je vous souhaite bon vent.
          Comme je dis souvent, à chacun sa came en attendant. 😉

        3. Philippe SP

          Les dirigeants politico-économiques sont poussés par la tradition « néolithique » et la « démocratie » à maintenir une fuite en avant de croissance absurde. Même les Chinois ont échoué à maintenir leur population stable et se retrouvent envahis par les vieillards.
          La solution future passe donc par des choix rationnels qui renversent notre empathie animale : un équilibre écologique humain passe par la formule « Pas de bouche inutile », à l’exemple d’un film comme « La liste de Schindler », qu’on peut difficilement soupçonner d’inhumanité, où le héros doit sélectionner les « sauvables », dont on peut remarquer que ce sont tous des « cadres ».
          Par delà les discours, sommes-nous prêts pour cette guerre ?

          1. @ Philippe SP.
            Autant je suis d’accord avec ce que vous avez développé 2 MAI À 21:47 et 3 MAI À 14:19, autant là (19:56) je ne vous suis plus.
            D’abord, si les dirigeants politico-économiques sont poussés par la tradition «néolithique» et la «démocratie» à maintenir une fuite en avant de croissance absurde (sic)… alors il en est de même pour nous tous. Du moins tous ceux qui pensent à tort ou à raison vivre en démocratie.
            Quant à cette solution qui passerait par la formule «Pas de bouche inutile», je ne comprends pas. Serait-ce une formule ou bien une consigne, une directive, voire une loi ? Dans ce cas qui sont les «sauvables»? Seraient ceux qui mériteraient d’être sauvés, et alors au nom de quoi ? Ou bien ceux qui seraient jugés les plus utiles, et alors utiles à quoi ? etc.

  4. « Au début des années 1970, l’idiotie de la croissance économique n’était encore perceptible par personne »

    Ben en 2021 la perception a changé mais en pire, tout le monde veut continuer à obtenir de la croissance mais infliger la décroissance à autrui sauf à soi

    Un article du Figaro paru aujourd’hui intitulé « François-Xavier Oliveau: «Nos crises proviennent d’une abondance que nous ne savons pas gérer»

    Libéral convaincu, François-Xavier Oliveau rejette le mythe d’une croissance infinie, autant que celui de la décroissance. Il défend une troisième voie pour permettre de mieux gérer nos ressources.

    Bref François Xavier a la langue de bois, il dit ne pas vouloir de croissance mais pas de décroissance non plus, et propose une soit disant 3ème voie mais beaucoup de contradiction dans l’article. Car selon moi la seule 3 ème voie possible mathématiquement parlant est de maintenir la croissance au même niveau qu’aujourd’hui

    1. Or François Xavier n’a pas compris que personne ne la souhaite comme programme la décroissance mais que la décroissance va s’imposer d’elle-même et qu’il faut l’organiser !

      Mais dans son article (et livre qu’il présente) il va plus loin dans la langue de bois, il dit « À l’ère de l’abondance, nous pouvons rendre la croissance optionnelle, à la discrétion de chacun »

      Optionnelle ? Et la liberté de chacun ? François Xavier se proclamant libéral donc idéologie qui dit que l’économie doit être en concurrence et que la croissance est la somme des intérêts particuliers à partir de ce constat je ne vois pas comment la croissance pourrait être optionnelle ? Selon moi elle ne peut être que systématique si chacun défend ses intérêts particuliers ! (d’autant que chaque concurrent doit rivaliser face aux autres pour obtenir des ressources, donc chacun se battra pour obtenir le plus possible)

    2. Je n’ai pas trouvé cet article du Figaro, j’ai seulement lu quelques lignes au sujet de l’essai de François-Xavier Oliveau intitulé « La crise de l’abondance ». Je reste toutefois perplexe quant à cette 3ème voie. Faut voir…
      Par contre au sujet de la tienne, celle consistant à « maintenir la croissance au même niveau qu’aujourd’hui », il serait bon que tu précises. S’agit-il de cette croissance mondiale enregistrée depuis des décennies (+3% encore en 2019) ou alors de celle enregistrée en 2020, de l’ordre de – 4,5% par rapport à 2019 ?
      Attention, n’allons pas croire que MOINS 4,5 % c’est la Décroissance !

      1. Je ne dis pas que je VEUX maintenir à niveau la croissance, je dis que MATHÉMATIQUEMENT soit voie 1 ça augmente soit voie 2 ça baisse ou voie 3 ça stagne (c’est l’unique solution possible comme 3ème voie) Or François Xavier dit ne vouloir ni voie 1 ni voie 2 pour la croissance/ décroissance et lorsqu’on lit le détail de sa voie 3 il ne parle pas de stagner ! Il propose de laisser la volonté de croître économiquement à la discrétion de chacun ! Or la croissance à la discrétion de chacun revient à dire qu’on en revient à voie 1 la croissance continue à pleine vitesse puisque personne ne souhaite (pour soi) la décroissance

      2. François Xavier poursuit par « À de très rares exceptions près, nous savons déjà produire une énergie décarbonée, une nourriture respectueuse de l’environnement et fournir globalement à tous un niveau de vie aisé, le tout à des coûts abordables qui ne font d’ailleurs que baisser. Les prévisions d’effondrement sont en permanence démenties par les progrès continus de l’accès aux biens de base »

        Ben là François Xavier se trompe en disant « en permanence démenties » car jusqu’à présent c’est vrai qu’à travers le temps on avait toujours obtenu une ressource énergétique supplémentaire, après le bois on a ajouté le charbon, après le charbon le gaz après le gaz est venu le pétrole puis ensuite le nucléaire. Mais toutes ces énergies s’épuisent et cette fois on a fait le tour du tableau des éléments de mendeleiev. Malthus a eu le tort d’avoir eu raison trop tôt car François Xavier ne nous dit pas avec quoi il va remplacer toutes ces énergies ?

      3. Conclusion

        En Mathématique lorsque je regarde un graphique d’une évolution d’un phénomène, la courbe ne peut avoir que 4 réactions

        1/ la courbe monte (croissance)
        2/ la courbe baisse (décroissance)
        3/ la courbe stagne (se maintient à niveau)
        4/ la courbe s’arrête (effondrement)

        Et si je relate et traduis le discours de François Xavier
        1/ il dit la croissance infinie est un mythe donc la courbe ne peut pas augmenter infiniment mais augmente quand même jusqu’à un certain plafond
        2/ il dit aussi que la décroissance est un mythe par le terme « autant »donc la courbe ne peut pas baisser selon lui
        3/ il dit une croissance à la discrétion de chacun, le courbe ne réagit pas normalement en stagnant mais sa voie 3 = voie 1 soit augmenter à la discrétion de chacun
        4/ il affirme ne pas croire en l’effondrement donc la courbe ne pas s’arrêter selon lui

      4. Comme vous pouvez le constater son discours est incohérent, ça ressemble à du langage UmPs histoire de ne fâcher personne. En gros puisque sa voie 3 = voie 1 alors il veut poursuivre la croissance car on n’a pas encore atteint le plafond. Donc il est conscient que le plafond ne pas augmenter infiniment mais laisse entendre qu’elle doit encore augmenter au regard de ses préconisations. Alors qu’il prétend vouloir gérer les ressources en continuant d’en consommer en croissance ! Mais en vérité selon moi (et mathématiquement) le seul moyen de gérer les ressources c’est de décroitre notre consommation pour en laisser aux générations futures ainsi que d’autres populations actuelles démunies

        1. OK je crois avoir compris. François-Xavier n’est ni pour la 1 ni pour la 2 et au moins ça c’est clair. Et en même temps il n’est pas contre l’idée d’avoir les deux et en même temps.
          Remarquons au passage que 1 + 2 = 3 et que donc ça se tient.
          Seulement pour toi le 3 de François-Xavier n’est ni plus ni moins (ni-ni) que le 1.
          Déjà je pense que François-Xavier et Manu doivent sortir du même moule, ou alors qu’ils ont appris l’économie et les maths dans la même école. Pas comme nous deux, si tu vois ce que je veux dire.
          En attendant je pense que tu as raison. Et pour une fois je vais défendre le système binaire. Moi aussi je dis qu’on ne peut pas avoir le beurre et en même temps l’argent du beurre. Et la crémière n’en parlons pas. Pour moi ni de droite ni de gauche ça veut dire de droite. Et de la même façon que 1 ne pourra jamais pas être 2, la droite ne pourra jamais être écolo.

          La modération du blog à Bga80 et Michel C.
          Plutôt que de vous étriper (gentiment) en commentaires, pourquoi vous ne réaliseriez pas chacun de votre côté une analyse tendance écolo en 4000 caractères environ ?
          Vous nous l’envoyez, biosphere@ouvaton.org, et nous la publions sur notre blog… après lecture bien entendu.

          1. L’écologie n’est certainement pas de gauche ! Et c’est prouvable mathématiquement aussi ! Prenons Mélenchon qui prétend proposer un programme de décroissance et ben il s’avère une fois de plus à ce que ce soit du langage UmPs ! En effet il exige de pouvoir mettre en place les dettes perpétuelles ! Or comme tout le monde le sait, pour être en capacité de rembourser les crédits il faut générer de la croissance économique, mathématiquement il faut que la croissance soit égale ou supérieur aux taux d’intérêts ! Or Mélenchon espère pouvoir emprunter indéfiniment de l’argent pour augmenter les dépenses publiques et il s’avère donc que mathématiquement tant que durera les dettes perpétuelles la croissance durera elle aussi. Malin le bougre, Mélenchon fait de l’écologie de la communication pour récolter des voix et ne fâcher personne mais en pratique il continue la croissance économique tout en se prétendant écolo

            La modération du blog à Bga80 et Michel C.

            Plutôt que de vous étriper en commentaires, pourquoi vous ne réaliseriez pas chacun de votre côté une analyse tendance écolo en 4000 caractères environ ?
            Vous nous l’envoyez, biosphere@ouvaton.org, et nous la publions sur notre blog… après lecture bien entendu.

          2. Les maths ici ne prouvent rien. Les discours sur la dette (et sur le Pognon en général) restent prisonniers de ce système économique qui est au coeur du Système. Force est d’admettre que nous sommes prisonniers de ce système. Pour nous en libérer commençons par essayer de raisonner avec notre cerveau et non pas avec un tiroir caisse. Décolonisons nos imaginaires.
            Mélenchon comme les autres doivent faire avec ce qui est, c’est à dire avec les réalités de notre temps comme dit Biosphère. Les problèmes environnementaux, comme les problèmes économiques, sociaux etc. tout ça fait partie de la Réalité. On peut toujours être contre la Croissance, la Bourse, le nucléaire etc. et reconnaître qu’il n’est ni possible ni souhaitable de les faire disparaître du jour au lendemain. En attendant Mélenchon (qui n’est pas mon idole) reste un des rares à avoir une vision globale. Mais je ne dis pas qu’il détient La Solution, ni La Vérité.

          3. Les maths ne prouvent rien ? Ah bon ? C’est bien avec les maths que je calcule les salaires, les bénéfices, les pertes, les dividendes, les prix, les recettes, les quantités de ressources, bref tout quoi ! Et toi tu m’expliques qu’à gauche vous considérez que les maths ne prouvent rien et donc les maths ne servent à rien si les maths ne prouvent rien
            A présent je comprends pourquoi tous les pays gérés par la gauche finissent en catastrophes et surendettés. Puis tu m’expliques en gros que gérer la France au doigt mouillé serait plus efficace que d’utiliser les maths.

            La modération du blog à Bga80 et Michel C.
            Plutôt que de vous étriper en commentaires, pourquoi vous ne réaliseriez pas chacun de votre côté une analyse tendance écolo en 4000 caractères environ ?
            Vous nous l’envoyez, biosphere@ouvaton.org, et nous la publions sur notre blog… après lecture bien entendu.

          4. C’était pourtant bien parti… pour une fois… et voilà que ce qui devait arriver arriva. Mais bon sang, prends le temps de lire et de comprendre, avant de balancer n’importe quoi !

            La modération du blog à Bga80 et Michel C.
            Plutôt que de vous étriper en commentaires, pourquoi vous ne réaliseriez pas chacun de votre côté une analyse tendance écolo en 4000 caractères environ ?
            Vous nous l’envoyez, biosphere@ouvaton.org, et nous la publions sur notre blog… après lecture bien entendu.

  5. D’accord avec ce constat, cette réalité, à savoir « ce gouffre qui existe entre les universitaires spécialisés en économie et les réalité de notre temps , y compris climatique.»
    Stéphane Lauer dit « Il est étrange de constater […] » En effet c’est étrange.
    L’Explication reste toutefois compliquée. Et pour moi elle ne se résume pas à une seule cause.
    Bien sûr, comme l’a dit Bertrand de Jouvenel en 1957, « l’instruction économique devrait toujours être précédée d’une introduction écologique ». En effet comment pourrions-nous correctement gérer (nomos) quelque chose (éco=la maison) sans connaître (logos) la chose, ses mécanismes et ses lois ? Et a fortiori sans en tenir compte.
    Mais je pense que le « connais-toi toi même » est tout aussi primordial. Comment pourrions-nous comprendre ce que nous jugeons étrange (ex. l’étranger) si nous ne connaissons pas les mécanismes qui nous animent en tant qu’êtres humains (animaux humains) ?

  6. rapporterre

    Le muguet, parfum et aspect délicieux, toxicité des baies à l’image de l’économie qui se veut science… Il faut prendre le meilleur du muguet, la contemplation visuelle, et le laisser à la terre car nous n’en avons nul usage utile, pas même celui de financer le parti communiste français.
    Il faut remplacer l’économie par l’écologie, valoriser le sens des limites. Si nous avions laissé sous terre le charbon, le pétrole, le gaz, l’uranium, l’or, l’argent, le cuivre, le nickel, etc., nous ne laisserions pas une planète exsangue à nos générations futures…

    1. Le muguet c’est joli, et en plus ça sent bon. J’en ai cueilli un peu hier dans les bois, juste pour offrir à des proches. Je trouve que c’est une belle tradition, qui ne peut pas faire de mal. Je vous assure que l’an prochain, dans ce bois, il y en aura autant. Dans 50 ans je ne sais pas. En tous cas rien à voir avec le charbon, le pétrole etc. De toute façon ça ne sert à rien de vouloir refaire le monde avec des si. Et en plus nous voyons les limites des yaca-faucon (il faut). Le monde est ce qu’il est, c’est peut-être con mais c’est comme ça. Quant au PCF, c’est pas bien de tirer sur une ambulance. 😉

  7. Le plus drôle chez l’éditorialiste Stéphane Lauer, c’est qu’il n’échappe pas au croissancisme dominant :
    « L’apport de la science économique peut être précieux dans un débat qui a tendance à se laisser enfermer entre les tenants d’un déni de réalité et une idéologie de l’apocalypse davantage obsédée par la disparition du capitalisme que par la transition vers un nouveau mode de croissance. »
    La décroissance (maîtrisée ou subie), cela n’a pas encore effleuré son cerveau formaté par le business as usual.

    1. Le plus drôle, c’est peut-être la foi de Stéphane Lauer en la «science économique», science qui n’en a que le nom. Toutefois Stéphane Lauer voit que le débat a tendance à se laisser ENFERMER.
      Selon lui, «enfermer entre les tenants d’un déni de réalité et une idéologie de l’apocalypse davantage obsédée par la disparition du capitalisme que par la transition vers un nouveau mode de croissance.»
      Là encore nous retrouvons deux camps, qui de mon point de vue ne valent pas mieux l’un que l’autre. D’un côté des autruches, de l’autre des obsédés. Seulement je ne crois pas que ce soit aussi simple (ou simpliste) que ça. La preuve, Stéphane Bauer ne se reconnait dans aucun de ces deux camps. Moi non plus d’ailleurs.

    2. Cependant le cerveau de Stéphane Lauer reste très probablement formaté par le Business as usual. Hélas il n’est pas le seul à croire à cette pseudo-science, à ses «lois» etc. en la sacro-sainte Croissance, Verte ou Durable etc. bref à «un nouveau mode de croissance». Et bien sûr à croire au sacro-saint Progrès, et donc en la sacro-sainte Transition. Et tant qu’à faire à la Poupée qui Tousse, au Grand Soir etc. Mais disons plutôt qu’il est tout simplement formaté par sa culture, notre culture. Autrement dit par notre grille de lecture du monde.

      – « Ainsi ce qui risque de sauver l’espèce humaine, ce n’est peut-être pas tant le fait que «l’homme sait faires des outils» mais bien plutôt qu’il est un animal, le seul sans doute, qui sache qu’il doit mourir. » (Henri Laborit. La nouvelle grille. 1974)

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