Croissance, ils n’ont que ce mot à la bouche

Les croissancistes ne comprennent rien à la situation actuelle, avec une biosphère dont on a dépassé les limites en mettant à mal l’avenir des générations futures. Pourtant ce sont eux qui ont la faveur des médias. Ainsi ce professeur au Collège de France, titulaire d’une chaire au titre significatif, « Économie des institutions, de l’innovation et de la croissance », qui sévit souvent dans les colonnes du MONDE. Voici un condensé de ses délires récents.

Philippe Aghion : Les décideurs économiques ont toujours pris le taux de croissance comme exogène… Or, la croissance est endogène. Investir dans la recherche, l’innovation, la politique industrielle, c’est doper la croissanceLes investissements publics augmentent la croissance et permettent de réduire notre dette. Plutôt que de se focaliser sur le montant total de la dépense publique, il faut plutôt prendre la part de la dépense publique consacrée aux investissements de croissance… Dans une recherche récente, nous analysons l’effet sur la dette publique à long terme d’une augmentation des dépenses de croissance en France et en Italie. En Italie, pays beaucoup plus endetté que le nôtre, un bon usage de l’investissement permet de doper la croissanceBien sûr, nous entendons déjà les esprits chagrins arguer que toute dépense pourrait être présentée comme un investissement de croissance. Un plan d’investissement « acceptable » doit aller de pair avec une réduction de certaines dépenses publiques dont les effets sur la croissance ne sont pas avérés. En France, nous avons considéré les effets d’une hausse des investissements de croissance accompagnée par un allongement raisonnable de la durée de cotisation des retraites… De même, la croissance de la productivité et la croissance de nouvelles entreprises, constituent de bons indicateurs de l’efficacité de l’innovation… Notre approche a l’avantage de ne pas compromettre nos chances de réindustrialiser la et de la mettre durablement la France sur le chemin d’une croissance plus soutenue, plus verte, plus juste.

Philippe Aghion est donc un croissanciste, le mot « croissance » revient 13 fois, presque autant que le nombre de paragraphes de sa tribune. Ce conservateur de l’ordre existant n’est qu’un prédicateur et il accuse les autres : « La pression de l’idéologie environnementale dominante crée une angoisse généralisée ». Alors que tout commence à s’effondrer autour de lui, la finance, la croissance, le climat, les ressources halieutiques, etc.), c’est toujours la recherche de la croissance à n’importe quel prix, peu importe l’endettement du moment qu’il crée de la croissance ; Aghion tourne en rond, l’esprit vide ! Rien sur les limites de la croissance, Aghion se contente de répéter par cœur son catéchisme. Une telle tribune n’incite pas à une rupture écologique efficace, basée à la fois sur les économies d’énergie, les énergies renouvelables, une réévaluation à la baisse de nos besoins ET une économie qui vit de son épargne, pas de ses emprunts…

Pour en savoir plus sur Aghion

20 mars 2014, Prêcheurs d’apocalypse, Ph. Aghion et Marc Fontecave

LE MONDE offre une page entière à deux « experts » qui n’ont qu’une seule chose à dire : la transition  énergétique reposera uniquement sur le nucléaire et le gaz de schiste ! Notons d’abord que pour ces spécialistes, l’un de la croissance et l’autre de la chimie, l’objectif d’une « bonne » politique énergétique est de contribuer à la compétitivité. Pourtant, sur une planète dont on a déjà dépassé les limites (cf. empreinte écologique), toute concurrence internationale ne fait qu’accroître la détérioration de notre environnement. (lire la suite)

19 août 2018, un enseignement économique et social (SES) aux ordres

Le cancre et cependant universitaire Philippe Aghion, un proche d’Emmanuel Macron, pilote la réécriture des programmes de sciences économiques et sociales (SES). Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, désigne l’objectif : « Si l’approche pluridisciplinaire (des SES) a tout son sens, les « regards croisés » entre économie, sociologie et sciences politiques seront limités au maximum. (lire la suite)

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12 réflexions sur “Croissance, ils n’ont que ce mot à la bouche”

  1. et bien dansez maintenant

    « Des chercheurs qui cherchent on en trouve,
    des chercheurs qui trouvent on en cherche… »
    Et encore, si on regardait uniquement ITER comme de la recherche fondamentale, après tout?
    Une fois de plus, calculons l’efficience du système: les investissements (argent, temps, travailleurs, énergies, matériaux, eau, déchets…) et les bénéfices spéculatifs attendus!
    Est-ce un modèle généralisable? On peut en douter
    Nous connaîtrons des problèmes civilisationnels majeurs bien avant l’hypothétique mise en service du 1er ITER! Finalement, l’effondrement mettra fin à toutes ces gourmandises technologiques droguées aux subventions et ressources en tout genre.

  2. – « Je veux qu’on ait à l’horizon 2030 une ambition à 12 ou 13% de croissance »
    ( Macron , rapporté par Le Parisien le 6 septembre 2021 )

  3. Tenez quand je vous disais qu’Iter et sa propagande, une vidéo toute fraîche, elle a été publiée il y a quelques heures, sur you-tube, vidéo intitulée « ☀️ ITER ET LA FUSION – Visite du chantier du plus gros tokamak du monde » et lisez les milliers de commentaires en seulement quelques heures ainsi que les likes. Un commentaire m’a fait rire « Iter une cathédrale à la gloire de la science » Et encore le mec qui présente les locaux et la machine a un script qui lui a été fourni, il l’admet en fin de vidéo, de même qu’il n’a pas réussi à tout faire visiter, il l’annonce aussi à la fin.

    1. Bon c’est clair pour celui qui est lucide, comprend que ce projet sera des dizaines de milliards d’euros et de dollars gaspillés, ainsi que les matériaux divers dans des quantités astronomiques juste pour 1 laboratoire (un passage le gars annonce qu’ils ont dû mettre de l’argent à la place de l’or par rapport au projet initial tellement que c’était trop cher vu les quantités nécessaires’ Alors quand on constate la durée du chantier, pensez vous vraiment qu’on pourra en monter des dizaines comme ça de centrales ? (voir mes commentaires plus bas)

  4. Christophe Aghion

     » J’avais dessiné sur le sable, son doux visage qui me souriait.
    Puis il a plu sur cette plage, dans cet orage, elle a disparu.  »
    On l’a eu la forte et puis moins forte. Non, pas la moutarde !
    Et puis on l’a eue faible, en panne et puis molle. J’en vois déjà qui rigolent.
    Alors les grands docteurs nous l’ont boostée. Booster, doper, relancer, c’est un beau métier.
    Elle a redécollée, un temps… on a même cru qu’elle avait des ailes.
    Y nous disaient qu’on avait renoué avec elle.
    Et puis un jour patatras, la voilà définitivement en panne. Même peinte en vert, rien à faire !
    Et j’ai prié, crié … « Croâssance ! « , pour qu’elle revienne. Et j’ai pleuré, pleuré, « snif, snif !  »
    j’avais trop de peine. 🙂

  5. Oui ils n’ont que ce mot à la bouche « croissance » pour se faire réélire et surtout parce qu’ils prennent leur rêve pour des réalités ! Ils croient, donc ils vendent la peau de l’ours avant de l’avoir achevé, ils croient que l’énergie nucléaire de fusion arrivera au bon moment pour qu’on ne s’effondre pas, avec leur fameux slogan « On n’arrête pas le progrès ». D’ailleurs pour l’énergie à fusion, ils ne cessent de publier des articles de propagande pour convaincre, y compris cette semaine ! Il paraît qu’aux USA ils ont réussi à récupérer 70 % de l’énergie investie grâce à la fusion au laser, mais pendant 1/ millionième de seconde ! Ils disent que c’est une énorme avancée majeure !

    1. Or on perd toujours plus d’énergie qu’on en récupère, puisqu’on investit 100 pour en récupérer 70, et on ne va pas aller loin 1 millionième de seconde pour bâtir des centrales censées fonctionner et rentable 24/24h, 365/365 jours et pendant au moins 10 ans minimum pour amortir l’investissement… (et encore 10 ans je suis généreux !)

      1. Didier BARTHES

        Oui Bga80, cette histoire de fusion est ridicule, ça fait 60 ans qu’on nous explique que c’est pour demain et les résultats sont toujours minuscules, D’autant qu’on a en rien réglé la question de la récupération de l’énergie, problème très difficile dans le cas de la fusion (on empêche le plasma de toucher les parois pour ne pas éteindre la réaction, mais il faudra bien à un moment qu’il entre en contact avec quelque chose pour transférer l’énergie, sinon ça ne sert à rien).
        Et en plus si nous y arrivions ce serait la pire catastrophe écologique, car avec une énergie illimitée, nous serions sûr d’artificialiser totalement la Terre, personne ne semble vouloir comprendre cela.

        1. @ Didier Barthès
          Ne t’inquiète pas ! Ça n’arrivera jamais ! Sur le projet de fusion, il n’y aura jamais assez de cerveaux suffisamment intelligents et formés pour faire fonctionner plusieurs centrales à fusion, du moins pas dans les proportions qu’ils espèrent. Regarde partons du principe très optimiste de leur point de vue qu’ils parviennent à bâtir une centrale à fusion fonctionnelle pour produire de l’électricité à la population, et là je suis très généreux, je pars du principe qu’une centrale à fusion produit autant d’électricité que 4 centrales à fission. Alors en France nous avons 19 centrales à fission (pour 56 réactions, autrement dit 19/4 = 5, en gros il nous faudrait 5 centrales à fusion pour remplacer nos 19 centrales à fission !

          1. Ben oui ce n’est pas comme former n’importe quel citoyen lamba pour devenir boulanger au bout de 2 ans de formation. Pour une centrale à fusion, pour la monter, la faire fonctionner, assurer la maintenance et la sécurité et la réparer, il faut des gros cerveaux; et on n’en aura jamais assez dans le monde pour faire fonctionner 10 centrales à fusion. La preuve, c’est un projet international ! C’est à dire qu’aucun pays dans le monde n’a suffisamment de génies qui naissent sur son sol pour monter et faire fonctionner des centrales à fusion à lui seul, il faut capter plusieurs génies de plusieurs pays pour tenter de faire 1 seule centrale ! Et encore actuellement Iter est un labo il ne tourne pas 24/24 h, mais pour une centrale qui doit fournir de l’électricité il faudra bien trouver du personnel pour couvrir toutes les plages horaires. Bref, il n’y aura jamais assez de cerveaux , si on en fait 1 par continent ce sera déjà énorme.

        2. Or, il faut savoir que pour couvrir les 24 heures pour occuper 1 poste dans la centrales, il faut de base 3 individus pour assurer les 3×8 ! C’est simple 1 semaine = 168 heures; et un salarié couvre 35h, donc pour occuper 1 poste toute la semaine il me faut 168/35 = 4,8 salariés ! Ensuite, viennent les congés payés, les jours de repos, les arrêts maladie, en gros on monte facilement à 6 salariés pour occuper 1 seul poste histoire de couvrir toutes les plages horaires toute l’année ! Ces salariés ingénieurs et techniciens il faut qu’ils soient non seulement suffisamment intelligents pour comprendre le fonctionnement de la centrale à fusion mais aussi suffisamment formés, or c’est quasiment le projet de toute une vie pour seulement tenter de comprendre le quart de la machine ! Le temps de former l’individu, il ne va pas travailler longtemps sur la centrale car le temps qu’il comprenne la machine il se sera déjà bien rapproché de l’âge de la retraite !

    2. Aussi viennent se greffer les dettes des particuliers, des entreprises et dettes d’état ! Ils en font pour relancer la croissance, enfin c’est qu’ils nous disent ! Nous décroissants sommes paraît il des fous technophobes qui veulent revenir à l’âge de pierre, donc nos politiciens racontent qu’on n’est pas crédibles, incompétents, qu’on ne comprend rien aux progrès réalisés, etc ! Mouais enfin, les dettes lorsqu’on souscrit un crédit, le banquier se fie à notre solvabilité du passé (par exemple nos 3 dernières fiches de paie ou les recettes fiscales du passé dans le cadre des états), or pour rembourser un crédit c’est notre solvabilité du futur qui sera déterminante ! Et avec des énergies fossiles en déplétion, forcément notre Pib sera moindre autrement dit décroissant, bref on ne remboursera jamais la totalité, c’est un Ponzi !

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