Le général de Gaulle a été avant tout un militaire. Son seul principe dans un conflit reste traditionnel, « si tu veux la paix, prépare la guerre ». Il était d’obédience nationaliste. Il s’est toujours comporté comme un gradé avide de combats et donc de victimes.
– Lors de la première guerre mondiale, il s’est retrouvé prisonnier, lors de la seconde il a été un jusqu’au-boutiste malgré la défaite… Il n’aurait pas compris qu’un pays occupé n’était pas un pays vaincu, on pouvait faire appel à la résistance civile non-violente et refuser la résistance armée.
– Pour l’Algérie, il a été colonialiste le plus longtemps qu’il a pu.
– Quant à la dissuasion nucléaire qu’il a mis en œuvre, il faisait encore une fois peu de cas des victimes potentielles, surtout civiles dans ce cas.
En résumé Charles de Gaulle a été un anti-pacifiste nationaliste qui ne pense qu’à la guerre au nom d’une prétendue « grandeur de la France ». Voici son parcours.
Le général de Gaulle, un militariste borné
Charles de Gaulle né en 1890, a été élevé dans le culte de la grandeur nationale. Il a eu son père comme enseignant chez les jésuites au Collège de l’Immaculée-Conception à Paris. Le jeune Charles a quinze ans quand, en 1905, il rédige un récit dans lequel il se décrit en « général de Gaulle » sauvant la France, témoignant par là d’une ambition nationale précoce. Dès la première page des Mémoires de guerre, Charles de Gaulle rend hommage à sa mère admirée, « qui portait à la patrie une passion intransigeante à l’égal de sa piété religieuse ». Il est classé 119e sur 221 au concours de l’École militaire de Saint-Cyr.
Il est blessé le 10 mars 1915 lors de la première guerre mondiale. Décidé quand même à en découdre, il désobéit à ses supérieurs en ordonnant de tirer sur les tranchées ennemies. Cet acte lui vaut d’être relevé huit jours de ses fonctions… un vrai militaire, un dur de dur ! Le 2 mars 1916, son régiment est attaqué et décimé, anéanti par l’ennemi. Capturé par les troupes allemandes, il organise pour ses compagnons de captivité des exposés magistraux sur l’état de la guerre en cours. Il n’est libéré qu’après l’armistice du 11 novembre 2018, estimant être un soldat inutile, qui n’a servi à rien. Charles de Gaulle poursuit sa carrière militaire sous la protection de Pétain, il cherche à s’engager sur un théâtre d’opération. En juin 1930, il participe à une expédition de pacification sur les territoires majoritairement kurdes de la Syrie. Dans une lettre à son père, il exprime sa fierté d’avoir atteint le Tigre au nom de la France : « C’était, je pense, la première fois dans l’histoire que des soldats français y allaient en armes ».
Le général de Gaulle, inspirateur d’Hitler
Il devient le promoteur de la création d’unités blindées autonomes. Ses théories sont suivies avec intérêt par Adolf Hitler ; le général Guderian est déjà en train de créer la force mécanique allemande. Charles de Gaulle explique dans Vers l’armée de métier en 1934 qu’il faut abandonner le service militaire universel au profit d’une armée motorisée composée exclusivement de professionnels : « Il faut qu’un maître apparaisse, irrécusable dans ses ordres, serviteur du seul État, faisant corps avec l’armée, tel sera le ministre, soldat ou politique à qui la patrie devra l’économie prochaine de sa force. »
Léon Blum manifeste sa vive hostilité pour les idées de l’armée de métier du colonel de Gaulle car il craint qu’elle ne soit utilisée contre le peuple, notamment les grévistes. Et, de fait, comme le montre une lettre de 1935, de Gaulle n’excluait nullement une telle possibilité. Lors du pacte franco-soviétique, il décide de faire abstraction des « crimes du régime soviétique » en ne retenant que la théorie de l’ennemi : « nous sommes très franchement avec les Russes puisqu’ils combattent les Allemands ».
L’appel du 18 juin 1940
Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, Charles de Gaulle est toujours colonel. Le 25 mai 1940, il est nommé général de brigade en tant que commandant d’une division blindée. Prévoyant la défaite rapide de l’armée française sous l’offensive allemande, il apprend avec consternation, le 17 juin 1940, la démission du président du Conseil, Paul Reynaud, et son remplacement par Philippe Pétain. N’ayant plus de rôle à jouer dans le nouveau gouvernement, De Gaulle obtient du général Spears d’embarquer avec lui dans un avion de ligne qui repartait à Londres le même jour. Dans l’après-midi du 17 juin, alors que Pétain vient d’appeler à cesser le combat, de Gaulle soumet à Churchill son projet de s’exprimer à la radio. C’est l’appel du 18 juin 1940 à la BBC :
« Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique terrestre et aérienne de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Rien n’est perdu pour la France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a dans l’univers tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français, qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »
De Gaulle, un militaire responsables des morts de la résistance française
Le général de Gaulle s’exprime dans son appel comme un militaire qu’il est. Aucune pensée pour les civils, uniquement appel aux militaires. Une victoire selon lui ne se gagne que par des moyens mécaniques : chars, avions… Parfaite illustration de l’adage guerrier : « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » Il faut le rejoindre, il faut résister même vaincus, il faut se sacrifier sous son drapeau. Mais les actions de De Gaulle à Londres se font sans aucun ordre de mission. Le 19 juin 1940 le général Weygand, qui est ministre de la Guerre et son supérieur hiérarchique, lui donne l’ordre de revenir de Londres. Sans suite. De Gaulle est traduit devant le Conseil de guerre, qui le condamne à quatre ans de prison et à la perte de sa nationalité française. Pétain et Weygand trouvant la peine trop légère, de Gaulle est inculpé de « trahison, atteinte à la sûreté extérieure de l’État, désertion à l’étranger en temps de guerre sur un territoire en état de guerre et de siège ». Le 2 août 1940, le tribunal militaire à Clermont-Ferrand le condamne à la peine de mort.
De Londres, de Gaulle crée sans mandat officiel les Forces françaises libres. Il est reconnu par Winston Churchill chef des Français libres le 27 juin 1940. La France libre a bientôt sa banque, son journal officiel, ses décorations… Très peu de personnes se souviennent de l’avoir entendu mais l’appel du 18 juin est à l’origine du mythe faisant du général le « père de la Résistance » alors que ce dernier ne prendra conscience de l’intérêt de la Résistance intérieure qu’à partir de 1941. Les Forces françaises libres (FFL) combattent déjà à l’étranger l’armée de Vichy sur différents fronts. A partir de 1941-1942, il stimule et obtient le ralliement de la résistance intérieure. Le 13 juillet 1942 , le Comité national français propose au gouvernement britannique, qui l’accepte, de changer l’appellation officielle du mouvement France libre en « France combattante », afin d’intégrer la Résistance intérieure. Le rôle de la radio, qui permet à De Gaulle d’être la voix de la France et son acceptation politique d’un retour à la république permettent à Jean Moulin de le faire reconnaître comme chef par l’essentiel des réseaux de résistance, y compris communistes. Le général de Gaulle est la cause assumée de la résistance en France, et donc responsable de l’exécution d’otages quand on s’attaque aux intérêts allemands et de l’envoi en camps de concentration de ceux qui sont considérés comme résistant. Durant la Seconde Guerre mondiale, un total de 6 000 Français sont exécutés sommairement par les Allemands et leurs auxiliaires, 25 000 sont fusillés, 27 000 résistants meurent en déportation. Tous ces morts dans la France occupée ont donc été victime des injonctions d’un général réfugié à l’étranger qui ne tient son pouvoir que de sa propre personne. Le militaire de Gaulle n’avait pas accepté la reddition effectué par le gouvernement officiel de la France.
De Gaulle qui se prend pour la France
Churchill lance à de Gaulle en septembre 1942 : « Mais vous n’êtes pas la France ! ». De Gaulle réplique : « J’agis au nom de la France. Je combats aux côtés de l’Angleterre mais non pour le compte de l’Angleterre. Je parle au nom de la France et je suis responsable devant elle. » Le président Roosevelt considérait de Gaulle au pire comme un futur tyran, au mieux comme un opportuniste. Le général n’était pour eux qu’un dissident par rapport au gouvernement Pétain que les Français avaient installé dans des conditions reconnues légales par les grandes puissances.
Quelles sont les raisons de l’insoumission de De Gaulle aux ordres de sa hiérarchie ? De Gaulle s’explique : « Je pensais que c’en serait fini de l’honneur, de l’unité, s’il devait être entendu que seule la France aurait capitulé. Car dans ce cas, quel que dût être l’issue du conflit, le dégoût que le pays aurait de lui-même empoisonnerait son âme et sa vie pour de longues générations . »
Comme si la France était une entité historiquement stable et culturellement homogène. Comme si l’occupation de notre pays était une tare alors que les Français ont colonisé bien des territoires à l’étranger. Le patriotisme n’est qu’un leurre qu’on agite pour envoyer des gens à la mort ou dans des camps. Notons que pour les pacifistes, un pays occupé n’est pas un pays vaincu, il reste la défense civile non-violente.
De Gaulle, un militaire confronté aux guerres coloniales
À la suite du soutien accordé par l’Assemblée nationale, il quitte Paris et se rend à Alger le 4 juin 1958. Il y prononce un discours où il scande « Je vous ai compris ! » Cette communication aux Français d’Algérie, n’offre rien de concret. Il proclame que « à partir d’aujourd’hui, la France considère que, dans toute l’Algérie, il n’y a qu’une seule catégorie d’habitants : il n’y a que des Français à part entière ». Deux jours plus tard à Mostaganem, il prononça ces mots : « Vive l’Algérie française ». Certes il adopta quelques mesures libérales en direction des indépendantistes algériens, mai dès 1959, de Gaulle en revint aussi à une solution classique de répression militaire. Jusqu’à l’hiver 1961/62, il choisit de poursuivre la guerre, au prix de nombreuses victimes et d’un accroissement de l’usage de la torture. Le massacre de Charonne en France n’est qu’une conséquence logique des « habitus de pouvoir » de De Gaulle, son autoritarisme.
En 1962, à la suite des accords d’Évian, un cessez-le-feu est pourtant proclamé en Algérie. Le lendemain de la signature des accords d’Évian, les supplétifs de l’armée française, les harkis, sont désarmés par la France, et abandonnés sur place. Le 25 juillet 1962, en Conseil des ministres, alors que les massacres de pieds-noirs et harkis ont commencé, Charles de Gaulle s’oppose au repli des harkis en France. Plusieurs dizaines de milliers d’entre eux sont torturés et massacrés.
De Gaulle, un militaire adepte de la bombe atomique
Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, le général de Gaulle crée le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pour effectuer des recherches sur l’énergie nucléaire. De Gaulle défend une France indépendante, disposant de la force de frappe nucléaire. De retour au pouvoir en 1958, de Gaulle confirme l’ordre d’expérimenter l’arme nucléaire et lance la fabrication en série du premier vecteur nucléaire, le bombardier Mirage IV. Convaincu de l’importance stratégique de l’arme nucléaire, de Gaulle poursuit son développement en menant des essais nucléaires au Sahara puis en Polynésie française La France réalise son premier essai d’une bombe atomique à fission (bombe A) le 13 février 1960, puis son premier essai d’une bombe à fusion thermonucléaire (bombe H) le 24 août 1968.
Il s’agit de pouvoir affirmer, sur la scène internationale, que la France ne dépend d’aucune autre puissance pour ce qui est de sa survie. Cette stratégie s’appuie sa crédibilité sur le principe de dissuasion du faible au fort, ainsi cette déclaration de De Gaulle en 1961 : « Dans dix ans, nous aurons de quoi tuer 80 millions de Russes. Eh bien je crois qu’on n’attaque pas volontiers des gens qui ont de quoi tuer 80 millions de Russes, même si on a soi-même de quoi tuer 800 millions de Français, à supposer qu’il y eût 800 millions de Français. ». Pour donner corps à cette stratégie, la France se dote d’un arsenal nucléaire important qui atteint dans les années 1990 plus de 500 armes opérationnelles disponibles, mais qui ne représente qu’un ou deux pour cent des stocks accumulés par les États-Unis ou l’Union soviétique à la même époque. Au début des années 1980, la capacité effective de destruction minimale était de l’ordre de 35 % de la population et de 45 % de la capacité de production industrielle de l’URSS.
Enterrement militaire
Les obsèques religieuses du Général ont eu lieu à Colombey-les-Deux-Églises en présence d’une délégation des armées françaises, seule participation officielle autorisée par le Général dans son testament. De Gaulle, un anti-pacifiste nationaliste, un salaud de militariste…

Le fond du problème, c’est de savoir définir les modalités d’une résistance : armée ou civile ?
Comme le montre l’invasion de l’Ukraine, la guerre nous mène dans un engrenage de violence, de destructions et de morts. Comme nous le montre la comparaison des deux guerres mondiales pour la France, soit la1ère guerre et sa boucherie, soit subir l’occupation avec la seconde pour éviter l’engrenage de violences. Cela ne veut certainement pas dire « soutien de Pétain ». Cela ne veut pas dire absence de résistance, mais actions non-violentes, désobéissance civile, appels à la démocratie et aux libertés comme le font certains Russes contre Poutine. La France est depuis longtemps occupée par les capitalistes, ce n’est pas pour cela que syndicats et travailleurs ne font pas preuve de résistance. (à suivre)
(suite) Quant à De Gaulle, c’est avant tout un militaire ; son seul principe, « si tu veux la paix, prépare la guerre ». Il s’est toujours comporté comme un gradé avide de combats et donc de victimes. Lors de la première guerre mondiale, il s’est retrouvé prisonnier, mais pas dans un camp de concentration ! Lors de la seconde il a été un jusqu’au-boutiste malgré la défaite ; il n’a pas compris qu’un pays occupé n’était pas un pays vaincu, on pouvait faire appel à la capacité humaine d’évoluer dans le bon sens avec le temps. Pour l’Algérie, il a été colonialiste le plus longtemps qu’il a pu. Quant à la dissuasion nucléaire dont il a été le promoteur, il faisait encore une fois bien peu de cas des victimes potentielles, surtout civiles dans ce cas. En résumé Charles de Gaulle a été un anti-pacifiste nationaliste qui ne pense qu’à la guerre au nom d’une prétendue « grandeur de la France ». (à suivre)
(suite et fin) Quant au déroulé de la résistance armée en France contre le régime hitlérien, il faut reconnaître que sans l’intervention extérieure des Alliés, nous serions devenus une région de l’Allemagne. Des résistants armés dans un régime dictatorial n’ont aucune possibilité de sauver la démocratie : soit ils sont pourchassés et fusillés, soit ils se retrouvent dans des camps de concentration. Les Ukrainiens résistent militairement à Poutine uniquement parce qu’ils sont obtenu de l’Occident des armes et des moyens logistiques. Les Russes sont obligés de soutenir « l’intervention extérieure », sinon ils se retrouvent assassinés en prison. Il est difficile dans un contexte de militarisation des esprits de comprendre qu’au principe « si tu veux la paix, prépare la guerre », on peut répondre « si tu veux la paix, prépare la paix ». Certes les méthodes de la désobéissance civile n’ont pas d’effet immédiat, mais c’est la seule stratégie qui évite des morts inutiles.
Je rappelle que je ne me sens pas du tout gaulliste, que j’ai horreur de la Guerre, de la Bombe, de la Domination, de la Compétition et j’en passe, et que de la « grandeur de la France »… j’en ai rien à foot !
ON peut dire tout ce qu’ON veut sur de Gaulle, il n’empêche qu’il n’a jamais été un dictateur. Dans une dictature (Hitler, Staline, Mussolini, Franco, Poutine et Jean Passe) la propagande est omniprésente, l’embrigadement se fait dès le plus jeune âge, les opposants au régime sont éliminés, la résistance est donc quasiment impossible.
Alors bien sûr, tout à une fin.
– « Il s’est toujours comporté comme un gradé avide de combats et donc de victimes. »
Autrement dit comme un gros salopard !
Voilà donc, là encore, ce à quoi ON est bien obligé de penser. Alors que :
– « Depuis Londres, le 23 octobre 1941, le général de Gaulle prend la parole. Tout en légitimant l’action des résistants, il leur demande de suspendre l’action armée. »
(Combattre ou attendre: le dilemme stratégique qui a déchiré la Résistance – slate.fr)
Mais ça ne fait rien, retenons seulement de lui :
– « De Gaulle, un anti-pacifiste nationaliste, un salaud de militariste… »
Je suis désolé Biosphère (Michel Sourrouille), même si je ne considère pas le moins du monde comme un gaulliste… je ne vous suivrais pas sur cette voie. Je préfère résister.