Décroissance de la logistique commerciale

Toi qui me lis, tu es sans doute esclave d’une logistique. « Nos modes de consommation repose sur l’approvisionnement en continu de points de vente ou de livraison à partir de grandes plates-formes logistiques, en clair de vulgaires entrepôts. Que ce soit pas le biais des supermarchés, des magasins de prêt à porter, ou avec le e-commerce, la très grande majorité de ce que nous consommons transitent par ces plate-formes. Le confinement sanitaire a démontré que nous avons absolument besoin des entrepôts puisque nos modes de vie sont dépendants de ces circuits logistiques. La circulation, et non plus tellement la production, est devenue un élément central des économies libérales. Un quart des ouvriers travaille dans la logistique contre seulement 15 % autrefois. Les salariés ne disent pas les robots nous remplacent, mais nous ne sommes que des robots.On a besoin des cargos et des conteneurs, des ports et des aéroports, des camions et des avions, des routes et autoroutes Plusieurs éléments expliquent cette nouvelle structuration. D’abord la phase de délocalisation des activités manufacturières ; on produit dans les pays à bas coût, on les consomme chez nous. De plus, depuis le début des années 1980, les multinationales ont découpé leurs activités par externalisation.Un smartphone transite par des dizaines de sites industriels avant d’arriver sur un point de vente ou directement à domicile. Le hors-sol à bas prix devient possible, le local est décrédibilisé. Sortir de ce système est un chantier monumental. En effet la dépendance des consommateurs s’est accru pendant la période de pandémie, le e-commerce, les livraisons à domicile, ou l’usage des drives ont gagné en légitimité en se portant garant d’une continuité d’approvisionnement. Pourtant cette structure logistique consomme des quantités phénoménales d’énergies fossiles et rejettent massivement du CO2 par le bais des transports multimodaux. » (propos de David Gaborieau, sociologue des « usines à colis », interrogé par le mensuel La Décroissance, juin 2020)

Pourtant l’avenir est clair, sans énergie fossile il n’y a plus de logistique possible. Citons James Howard Kunstler : « D’abord l’essence devint rare et chère, et maintenant il n’y en a plus. L’âge de l’automobile est terminé. L’électricité aussi. Aucun ordinateur ne fonctionne. Les grandes entreprises n’existent plus. L’argent papier ne vaut plus rien. Des villes ont été détruites. Il n’y a plus de gouvernement… » Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

11 mai 2020, post-Covid, l’espoir ténu de l’autosuffisance

19 avril 2020, post-covid, pour une écologie de rupture

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2 réflexions sur “Décroissance de la logistique commerciale”

  1. Combien de bouquins et de laïus sur la fin du pétrole ? Mais on peut toujours en rajouter, ça fait passer le temps en attendant. Le «Fin du pétrole» de James Howard Kunstler date de 2005. Le catastrophologue San Giorgo cite lui aussi ce passage choisi par Biosphère. Pour faire dans l’émotionnel, autant citer les meilleurs, les plus prémonitoires. Personnellement je préfère l’«original». Voici en gros ce que raconte le narrateur au début du film de George Miller, Mad Max 2 (1981) :
    – « Ma vie s’éteint, la vue se brouille, il ne reste plus que le souvenir. […]
    Pour comprendre […] il faut revenir à une autre époque. Quand le monde tournait au carburant noir et que florissaient dans les déserts de grandes cités de tubes et d’acier. Disparues, maintenant, balayées… Pour des raisons aujourd’hui oubliées, deux puissantes tribus entrèrent en guerre allumant un brasier qui les dévora toutes les deux. Sans carburant, elles n’étaient rien. Leur empire était de paille. Le grondement des machines hoqueta et s’éteignit. Les chefs parlèrent, et parlèrent… Et parlèrent encore. Mais rien ne pouvait endiguer le désastre. Leur monde s’écroula. [etc. etc.] »

  2. La logistique a un coût non seulement écologique par éloignement des circuits de distribution contraire à la nécessaire relocalisation des activités, mais aussi social : livreurs Deliveroo, chauffeurs Uber… Les travailleurs des plates-formes ont démontré leur utilité durant la pandémie de Covid-19, ils ont aussi été de ceux qui ont été les plus violemment affectés par la crise, au regard de la chute temporaire de certaines activités. Or, avec leur statut d’indépendants, ils sont aussi parmi ceux qui bénéficient le moins de protection sociale. La logistique considère les gens comme des pions dans le domino du profit, n’est-ce pas Jeff Bezos l’Amazon !

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