Nous avons reçu cette analyse qui mérite votre attention.
POUR UNE RELANCE DU CONCEPT DE DÉFENSE CIVILE NON-VIOLENTE
La remilitarisation en cours ne peut qu’interpeller Les Écologistes. Ne sommes-nous pas brutalement happés par un engrenage mortifère ?… Cette remilitarisation ne porte-t-elle pas en elle plus de risques que de garanties ?… Et par ailleurs, cette relance de la course aux armements n’entre-t-elle pas en concurrence directe avec la bataille pour le climat ?… Car toutes deux nécessitent des financements colossaux, toutes deux sont grandes consommatrices de minerais… Sans parler de la menace nucléaire qui pèse en permanence sur nos têtes : risques d’accidents, de terrorisme, mais aussi risques liés au déséquilibre mental de certains de nos dirigeants…
De ce fait, ne sommes-nous pas dans une impasse qui nous contraint à nous poser une question fondamentale : « Et si notre défense et notre sécurité collective pouvaient passer par d’autres moyens que cette inquiétante relance de la course aux armements ?… » Autrement dit, est-il possible de concevoir la défense d’une population et de ses valeurs, autrement que par la puissance militaire ?… Une question que Les Écologistes ne peuvent occulter, une question que nous avons l’obligation d’explorer.
A ce titre, le concept de DCNV : Défense Civile Non-Violente, mérite toute notre attention. Forgé dans les années 70, ne constitue-t-il pas aujourd’hui une piste porteuse d’espoir ?…
→ Une seule manière de le savoir : accorder les moyens nécessaires à l’étude et l’approfondissement de ce concept de DCNV, tout comme nous consacrons des moyens colossaux à la recherche d’armements toujours plus sophistiqués. Et toujours plus menaçants pour le vivant.
EXPOSE DES MOTIFS :
– Dépasser le mythe d’une Non-Violence passive : On ne le sait pas assez, mais parmi les théoriciens et promoteurs du concept de DCNV figurent de fins connaisseurs du fait militaire, car militaires de carrière eux-mêmes. Parmi eux, le Général de Bollardière… Bien loin donc, d’un monde de «doux rêveurs»…
– Un concept objet d’études depuis des décennies : Cela fait des décennies que chercheurs, militants mais aussi parfois militaires travaillent sur ce que pourrait être une DCNV organisée à l’échelle d’un État ou d’un continent. Mais une recherche trop souvent ignorée ou marginalisée car porteuse d’une société beaucoup moins docile…
– Une défense contre un ennemi extérieur mais aussi intérieur : la DCNV c’est avant tout la défense d’une population et de ses valeurs démocratiques bien plus que celle d’un territoire. Or la démocratie est tout autant menacée de l’intérieur que de l’extérieur…
– Une conception nouvelle de la défense : Bien plus qu’une défense aux frontières, il s’agit d’une défense des valeurs démocratiques auxquelles nous sommes viscéralement attachés. Sa clé de voûte : la non-coopération.
– Le concept le plus en phase avec les valeurs de l’Écologie : Contrairement au concept de dissuasion nucléaire, le concept de DCNV ne porte pas en lui la menace de la disparition de toute vie sur terre… Il s’agit d’un nouveau concept de dissuasion : la « dissuasion civile ».
– Et de la même manière que Les Écologistes mettent constamment en garde contre le techno-solutionnisme en terme de climat, Les Écologistes doivent mettre en garde contre une certaine forme de techno-solutionnisme incarnée par le puissant lobby militaro-industriel en terme de défense et de sécurité collective.
– Cette dissuasion civile et cette défense se font sur deux fronts :
• un front « institutionnel » : État, Constitution, pouvoir exécutif, législatif, justice, administrations (police, gendarmerie, douanes, postes, télécommunications, écoles, université, énergie, transports), collectivités locales : régions, départements, communes, etc.
• un front des « forces vives » de la société, les acteurs sociaux : partis et mouvements politiques, entreprises, syndicats de salariés et organisations professionnelles, mouvement associatif (associations, clubs, mutuelles…), etc.
– Un Institut à renforcer : l’IRNC ; Institut sur la Résolution Non-violente des Conflits : L’Institut de recherche sur la Résolution Non-violente des Conflits (IRNC) a été officiellement créé en 1984. L’objectif principal de l’IRNC est de mener des recherches scientifiques sur l’apport de la non-violence dans la résolution des conflits et de donner un statut à cette approche encore trop ignorée en France. L’IRNC entretient des relations en France avec l’Université et avec quelques instituts similaires dans le monde. L’IRNC a pour vocation de travailler avec les pouvoirs publics :
• Ministère des Armées et des Anciens combattants
• Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
Déjà un fort engagement des Écologistes en la matière :
Le programme « Bien Vivre » de 2017 des Écologistes, indique déjà très clairement : « Un forum citoyen sur la prévention et la résolution Non-Violente des conflits pourrait être organisé. 1% du budget de la défense sera consacré à la formation à la Non-Violence. (…) »
Ces revendications sont en plein accord avec la Charte des Verts Mondiaux qui stipule entre autres :
1. Nous déclarons notre engagement envers la non-violence (…)
2. Nous pensons que la sécurité ne doit pas reposer principalement sur la force militaire (…)
Oser l’Écologie… Oser une autre approche de la Défense : A la menace climatique vient donc de s’ajouter la menace d’un monde à nouveau happé par la
spirale du surarmement. C’est pourquoi Les Écologistes doivent avoir le courage de chercher de nouvelles réponses à cette deuxième menace. Et de la même manière que :
→ nous Écologistes, osons proposer un mode de société en rupture avec la logique productiviste,
→ nous Écologistes, osons proposer un mode de défense et de sécurité collective, en rupture avec la logique d’une militarisation toujours croissante.
Car si même Les Écologistes ne l’osent pas, qui d’autre pour le faire ?… Et dès 1973, René DUMONT ne nous exhortait-il pas déjà à choisir entre « L’Utopie ou la
Mort ? »…
MOTION
Les Écologistes, bien conscients des lourdes menaces qu’engendre le réarmement en cours, décident de donner toutes ses chances à un concept de défense et de sécurité collective basé sur les principes de la DCNV : Défense Civile Non-Violente. Considérant que ce concept peut être porteur d’un changement de paradigme en matière de prévention et de résolution des conflits, et comme ils ont déjà su le faire lors de la Présidentielle de 2017, Les Écologistes soutiennent :
1. l’objectif visant à consacrer 1% du budget de la défense à la recherche et à la mise en œuvre du concept de Défense Civile Non-Violente (DCNV)
2. l’objectif de renforcement de l’Institut de Recherche sur la Résolution Non-violente des Conflits (IRNC)
Éléments bibliographiques :
– 10 mythes sur la lutte non-violente, Creative Commons, George LAKEY, 2017
– Pouvoir de la non-violence : Pourquoi la résistance civile est efficace, Peter ACKERMAN, Calmann-Lévy, 2021
– Stratégie de l’action non-violente, Jean-Marie MULLER, Fayard, 1972
– Quand les dictatures se fissurent… : résistances civiles à l’Est et au Sud, Jacques SEMELIN, Desclée de Brouwer, 1989
– Face au totalitarisme, la résistance civile, Jacques SEMELIN, Ed. A. Versaille, 2011
– La lutte non violente : Pratiques pour le XXIème siècle, Gene SHARP, Ecosociété 2015
– La résistance civile : une force non-violente plus puissante, Culture de non-violence N° 8, 2024

L’auteur de ce blog sait l’importance que j’accorde aux mots. Cette fois quelques mots (pas plus de 3000 caractères, c’est promis) au sujet de ce mot incontournable qu’ON entend tous les jours, et que tout le monde utilise : « défense ». Et qui malheureusement ne semble pas non plus inspirer grand monde. Ce qui, dit en passant, n’est pas très sympa pour Biosphère. Qui pourtant se Décarcasse.
Mais bon c’est comme ça, ON est bien obligé de faire avec ce qu’ON a.
Et pour cause… quand ON entend « défense »… à quoi pense t- ON, de suite ?
Les Parisiens penseront peut-être à leur célèbre quartier d’affaires, où je suis passé vite fait l’été dernier, La Défense. Les toubibs peut-être à la défense immunitaire… les passionnés de baballe à Beckenbauer, meilleur défenseur de tous les temps ! Merci Google. 🙂
(à suivre)
(suite) Demandons alors à Wiki ce qu’il en pense, et nous en dit :
– « De manière générale, la défense est la réaction d’un être, destinée à réduire ou annuler ce qu’il perçoit comme une agression, et par extension l’ensemble des moyens et des mesures d’identification et de mesure du risque ou du danger, ainsi que les moyens de protection ou de riposte. [etc.]» (Wikipédia : Défense)
Une réaction, donc. Et à quoi donc, SVP ? Eh ben, à une … perception !
Pour ne pas dire une impression, une illusion, un fantasme ou un truc du genre.
Tremblez braves gens ! Action, réaction… réflexion !
Et Wiki embraye aussi sec avec le domaine militaire. Vient ensuite une petite ligne sur le droit… puis la biologie et la médecine, sans oublier le sport.
Bref, en général ce mot fait donc de suite penser aux armes, et cætera.
Et donc là encore un mot qui pue. Et qui tue. (à suivre)
(et fin) Ceci juste pour dire que le concept de défense civile, a fortiori non violente, n’occupe pas une grande place dans les imaginaires. Misère misère !
Formatés, intoxiqués, colonisés… nos pauvres imaginaires !
Tiens la Preuve … quand ON entend « décolonisation » à quoi ON pense, de suite ?
Moi je pense à Serge, mais bon. Et quand ON entend « autodéfense », hein ?
Eh ben là ON pense à judo, karaté, bombe d’autodéfense, bunker et autres trucs du genre. Par contre l’autodéfense intellectuelle … alors là !
Wiki connaît Normand Baillargeon (Petit cours d’autodéfense intellectuelle –2006), seulement dans ce domaine il n’a pas grand chose à nous raconter (autodéfense intellectuelle, page inexistante). Ceux qui ne comprennent pas ce que je raconte peuvent toujours aller voir La Toupie (toupie.org). 🙂