Des éco-terrorisants au parlement !

La déconsidération de l’écologie prend souvent la forme du sophisme de la pente glissante : exagérer ce qu ’on dit ou prtique pour en dénier la validité. Ainsi le fait de traiter les écolos de Khmers verts, d’Ayatollahs de l’écologie, d’écoterroristes, et même au niveau de nos élus d’écototalitarisme. Ainsi des défenseurs de la corrida, un spectacle vivant qui remonte à la première moitié du XVIIIe siècle.

Dans une tribune du MONDE, plus de deux cents élus, dont Christophe Castaner et Bruno Retailleau, défendent la corrida et s’opposent à « l’écototalitarisme » : « Interdire la corrida, c’est interdire une culture et humilier une partie de nos concitoyens. Nous ne l’accepterons pas. Du sapin de Noël à la chasse, du barbecue amical aux rêves d’enfants de devenir aviateur, nous ne voulons pas interdire, normer, supprimer, effacer. Nous sommes des défenseurs acharnés de la liberté, et des opposants résolus à l’écototalitarisme. Nous croyons à la défense de la condition animale, mais cela ne doit pas servir d’alibi pour effacer nos singularités culturelles, nos marqueurs régionaux, bafouer le respect d’autrui et la fraternité qui fonde notre République »

Le point de vue des écologistes

CH TokTik : Ecototalitarisme..wow…et pourquoi pas éconazisme, ça sonne encore mieux.

lanceleaudulac : Déposer une proposition de loi au parlement pour l’interdiction de la corrida, c’est du totalitarisme ? Ouhaou ! Et ils sont 200 à avoir signé !

Thierry Reboud : Ecoterrorisme, écototalitarisme… Il faudrait peut-être suggérer aux zozos qui nous gouvernent d’arrêter les drogues dures. C’est à peu près aussi niais que les excités qui traitaient Macron de dictateur. Passé un certain point de logorrhée, il ne faut pas s’étonner que les mots n’aient plus aucun sens.

Vampyroteuthis : C’est quand même un signe qui montre que l’opposition à l’écologie s’essouffle de plus en plus. C’est la propension à associer de manière sémantique l’écologie à tout un tas d’horreurs pour conforter une réaction de rejet. Nous attendons avec impatience écotchernobyl, écholocauste, voire et ce serait un coup fatal écolibéralisme.

Lucy : Regardez un peu « les instruments qui ne provoquent pas la souffrance du taureau » : – lances à enfoncer dans la nuque pour couper les muscles du dos, obligeant l’animal à regarder le sol. – harpons à enfoncer dans la plaie mais pas trop pour que le spectacle dure un peu. – épée pour mettre à mort l’animal. Tout cela pour faire bander les vieux qui regardent en criant olé afin de couvrir les hurlements de douleur de l’animal (entendus dans mon appartement à Barcelone situé à coté des arènes, fenêtres fermées).

DTGE : Au nom de traditions dignes des jeux du cirque, la corrida, la chasse à courre ou celle d’espèces d’oiseaux menacées perdurent… « Panem et circenses » disaient les romains. Être responsable en démocratie ce n’est pas faire plaisir à des minorités qui s’accrochent à des pratiques d’un autre âge irrespectueuses du bien être animal…

Pythéas : Il ne reste plus qu’à réhabiliter les combats de gladiateurs. Après tout, c’est beau quand on est spectateur. Et puis, ça nous replongerait dans la culture et la tradition antique. C’est quand-même aussi notre héritage culturel, non ? Et puis tous ces élus retrouveraient un privilège jouissif : épargner la vie ou faire égorger le vaincu. Bandes d’éco-totalitaristes anti-corrida, vous voudriez nous priver de ça ?

Haïdouk : Sont-ils également pour rétablir le droit de fumer dans les espaces publics fermés ? Pour le rétablissement de la pratique si charmante du supplice de la roue ou de l’écartèlement ?

PRC : Bahhh. On peut dire que l’on tue sur Terre environ 100 milliards d’animaux de boucherie par an alors la corrida, ça ne représente pas grand chose. PM22 fait remarquer qu’en plus on commence par la corrida et dieu sait où ça se terminerait ? L’interdiction du foie-gras ? des huîtres que l’on mange vivantes ? Jusqu’à ce qu’un jour on autorise les émissions de téléréalité où les candidats désarmés sont poursuivis par des chasseurs (multiples versions de ce cauchemar en SF). Que les amateurs de corrida passent plutôt aux rapports sado-maso, au moins le partenaire est consentant.

Michel SOURROUILLE : J’ai fait un rêve, merveilleux rêve, qu’un homme beau et costaud se retrouve dans l’arène, tout nu. Nous avons sélectionné cet homme pour sa force et son intelligence, nous l’avons élevé avec d’autres dans l’ignorance de son sort funeste, nous l’avons choisi pour mourir aujourd’hui en public. Ainsi va la vie. Il entre sur le sable, aveuglé par les projecteurs, court à droite ou à gauche, ne sait où aller, ce qu’on attend de lui. Une clameur gonfle, un taureau entre à son tour, majestueux dans sa robe noire, il salue la foule en délire. L’homme comprend brusquement, ce sera une lutte à mort, il cherche comment se défendre, on lui lance un petit couteau. Le spectacle commence. Le taureau, mon frère, va sortir vainqueur, presque toujours. Mais mon cœur pendant le combat a comme d’habitude défailli pour les risques que le taureau devait prendre face à cet animai sur deux pattes bien armé de sa lame d’acier.

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7 réflexions sur “Des éco-terrorisants au parlement !”

  1. toutvabien 21/11/2022 – 09h37 sur lemonde.fr
    Les grosses ficelles utilisées (étiqueter « écologiste » une position qui ne l’est en rien) pour s’attirer la sympathie de réacs qui sortent leur fusil de chasse à la seule évocation du mot en dit long sur la duplicité des auteurs et la portée bêtement politicarde de leurs propos.

    1. Enkidou 2sur lemonde.fr

      « Nous croyons à la défense de la condition animale », qu’ils disent ces élus : c’est un peu comme s’ils disaient « nous défendons les femmes, mais une petite gifle n’a jamais fait de mal à personne ».
      Justifier la défense de la corrida par « le respect d’autrui » et « la fraternité », il faut quand même oser. On se demande si c’est de l’inconscience ou du mépris.

      1. Almanzor 21/11/2022 – 08h01 sur lemonde.fr

        Ces élus appellent « tradition » un barnum sadique importé en France vers 1850 par la femme étrangère (Eugénie de Montijo) et dérangée d’un dictateur (Louis-Napoléon Bonaparte, dit « III »), une sanglante bacchanale burlesque au cours de laquelle un ridicule clown en costume doré d’hidalgo d’opéra-comique vient tortiller du croupion autour d’une pauvre bête déjà à moitié morte sous les coups du dit « picador », répugnant bourreau à cheval, et ce pour l’excitation sexuelle déviante de spectateurs avinés et de touristes ahuris en mal de folklore de pacotille.

      2. @ toutvabien : Pour moi l’étiquette « écologiste » ne veut plus rien dire depuis déjà un bon moment. Et c’est pour ça que j’ai de plus en plus de mal à m’en revendiquer.
        @ Enkidou : Pour pouvoir parler du respect, il faut déjà respecter les autres. Tout et n’importe quoi (ou n’importe qui) ne mérite pas forcément le respect, bien évidemment. Toutefois, pour moi le respect commence par l’écoute de l’autre.
        @ Almanzor : Qu’on aime ou qu’on aime pas, la corrida est bien une tradition. En Espagne elle remonte à très loin, et en France à beaucoup moins.

      3. Au sujet des goût et des couleurs… personnellement je préfère écouter les paroles de La corrida de Cabrel que les injures de certains ahuris.
        Et pour tout c’est pareil. L’opinion à l’égard de la corrida évolue, en Espagne comme en France ou en Amérique du sud. De plus en plus de gens la condamnent, le nombre de corridas est en nette baisse. Cette tradition finira bien par disparaître. Et je ne la regretterais évidemment pas.
        Pour ceux qui n’auraient pas bien compris, je rappelle que personnellement celle-ci me dégoûte.

  2. Khmers verts, Ayatollahs de l’écologie, écoterrorisme, écototalitarisme, éconazisme …
    Du point de vue écolo (?) on voit ça comme du grand n’importe quoi.
    Bien sûr, et il y a de quoi.
    Seulement, nous… qui nous prenons pour de vrais et de grands écolos… essayons de nous mettre dans la peau… non pas cette fois du taureau, comme le fait Cabrel dans sa magnifique chanson… mais dans celle d’un aficionado. Ou d’un passionné de chasse, à la tourterelle, à la bécasse, au dahu, ou de n’importe quoi. ( à suivre )

    1. Que ce soit clair, j’ai horreur de la corrida ! Je ne suis pas chasseur non plus, je taquine juste la truite. Seulement je me dis que si… le hasard m’avait fait naître en Andalousie, ou du côté de Nîmes… alors je serais peut-être devenu un grand toréador. Eh qui sait ?
      Serais-je devenu un gros salopard ou un gros connard pour autant ?
      Je l’ai toujours dit, des cons, des connards, des salopards etc. il y en a partout.
      En bas, en haut, au milieu, au-delà etc. Et bien sûr, comme le chantait si bien Brassens, le temps ne fait rien à l’affaire.
      Et on en crève, de toutes ces conneries, de toute cette connardise !
      La violence ne peut qu’engendrer la violence, toujours plus, toujours plus cons etc.

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