Dissocier natalité et niveau de vie est vraiment débile

Dissocier natalité et niveau de vie pour combattre le réchauffement climatique est complètement débile. C’est pourtant ce que fait Gaël Giraud, de l’Agence française de développement. Voici un débat reconstitué à partir des commentateurs du monde.fr*

Gaël Giraud : A juste titre, les signataires de l’appel des 15 000 scientifiques évoquent la nécessité d’étudier avec sérieux les bornes que la capacité de charge limitée de la planète impose à la croissance démographique. Il est tentant d’en déduire que la limitation de la démographie humaine devrait être un facteur essentiel, sinon prioritaire, de la lutte contre les effets du dérèglement climatique. La réalité, c’est que la moitié des émissions de gaz à effet de serre liées à l’activité humaine n’est le fait que de 10 % de la population mondiale, les plus fortunés. La réduction du train de vie des plus riches, voilà la véritable priorité !
SIAP : La priorité est de faire les deux, et sans approche idéologique.

et en même temps : « La priorité est de réduire le train de vie des plus riches, pas la natalité des plus pauvres » : NON la priorité est de réduire le train de vie des plus riches ET EN MÊME TEMPS la natalité des plus pauvres.

Gaël Giraud : Rien ne doit pas servir d’alibi pour dissimuler une partie des responsabilités des ménages les plus riches de la planète.

Fouilla : Il faudrait donc « découpler le niveau d’émissions et le revenu des ménages », super ! Mais a-t-on le début d’une idée sur le « comment » ? à part bien sûr demander au ménage d’enterrer son pognon dans son jardin…

Gaël Giraud : L’Afrique compte aujourd’hui 1,2 milliard d’habitants et en abritera peut-être comptera-t-elle 4,2 milliards d’habitants d’ici à la fin du siècle. Lutter contre le réchauffement passe-t-il d’abord par l’infléchissement de la courbe démographique africaine ?

PATRICK VOLUT : Bravo Monsieur le directeur de recherches ! Vivement que les petits Africains soient aussi nombreux que les etoiles du ciel,.. et ce sera comme au Paradis, Bien vu !

Gaël Giraud : Les coupables tout désignés sont les mères qui vivent aujourd’hui dans la bande sahélienne, dont les taux de fécondité n’ont baissé que très faiblement depuis trente ans.

JEAN CLAUDE MEYER : Certes ce ne sont pas les plus pauvres qui carbonise notre planète, mais ce sont eux qui menacent les équilibres régionaux par une production d’enfants qu’ils ne peuvent éduquer et même nourrir. La croissance exponentielle de la race humaine est et va continuer d’être la plus grave menace pour nos sociétés. Alors faisons TOUT pour la freiner ou au moins confiner cette prolifération là où elle existe.

Gaël Giraud : Le centile le plus riche de la planète émet en moyenne 71 tonnes de CO2 et bénéficie d’un revenu annuel moyen de 135 000 dollars (en parité de pouvoir d’achat 2014). En revanche, les 50 % des humains les plus pauvres du globe n’émettent qu’un dixième des gaz responsables du réchauffement d’origine anthropique.

JD :Vision simpliste d’un chercheur bien-pensant. Supposons que ces riches acceptent enfin de consommer moins d’énergie. Les 4 milliards d’africains qui seront fiers de leurs nouvelles voitures se chargeront de produire tout le CO2 nécessaire pour continuer à réchauffer la planète.

Gaël Giraud : Où se situe la priorité ? Dans la réforme des habitudes de consommation des plus privilégiés, ou dans le contrôle des naissances de 3,5 milliards de personnes. La réduction du train de vie des plus riches, voilà la véritable priorité !

MICHEL LORGEOU : Curieux comme raisonnement ! vous croyez que les pauvres, une fois riches ne voudront pas le même niveau de vie que nous ? Le plus bel exemple est la Chine .

Gaël Giraud : Quant aux politiques antinatalistes auxquelles pensent certains pour limiter la pression démographique subsaharienne, il faut rappeler que l’Inde a tenté de mettre en œuvre une politique de contrôle des naissances extrêmement brutale. Résultat : le taux de fécondité a continué d’augmenter.

MICHEL SOURROUILLE : Citer la politique brutale de stérilisation faite en Inde dans les années 1950 pour essayer de déconsidérer les politiques antinatalistes est immonde. On ne peut prêter à autrui des intentions non exprimées. Les adhérents de « Démographie responsable » veulent seulement un planning familial plus généralisé et une aide au développement qui finance largement cette politique, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.

Gaël Giraud : En Chine, les analyses les plus récentes suggèrent que la contribution de la politique de l’enfant unique à la chute de la fécondité des femmes chinoises serait faible.

Marabbeh : Allez dire aux chinois que la politique de l’enfant unique n’a eu aucun effet sur la démographie !

Gaël Giraud : Infléchir la courbe démographique sahélienne est un objectif de développement légitime. Mais au fond, c’est le développement durable qui garantira la reprise ou l’accélération de la transition démographique en Afrique.

observateur : En Afrique, la baisse de la croissance démographique était une condition du « développement économique, social et culturel » de l’Afrique (terminologie des années 60). Il semble que ce « développement » ne s’est pas produit, et la démographie reprend de plus belle ! Que faire ?

Gaël Giraud : L’alternative à notre portée consiste donc bien à réduire les émissions des plus riches d’entre nous.

Hmmmm :C’est une erreur assez grossière de considérer le CO2 comme le seul problème « écologique » de l’humanité ! Les particules fines, la production alimentaire, entre autres, sont aussi des problèmes im portants. Quand bien même on se limite au réchauffement, le méthane réchauffe aussi… Il faudra dans tous les cas limiter la population mondiale, que ce soit à 8, 10, 20 ou 50 milliards. Pourquoi ne pas commencer tout de suite ?

Gaël Giraud : Il serait ridicule de croire que nos écosystèmes sont capables de supporter la pression anthropique d’une quantité infinie d’humains. Ne fût-ce que parce que le corps humain a besoin d’une surface minimale pour se déployer dans l’espace !

MICHEL SOURROUILLE : Reconnaître que « nos écosystèmes sont incapables de supporter la pression anthropique d’une quantité infinie d’humains » devrait nécessairement entraîner comme conclusion qu’il faut agir sur notre nombre, qui tend vers l’infini, ce que ne fait pas Gaël Giraud ! De plus envisager que « le corps humain a besoin de se déployer dans l’espace », c’est oublier que toutes les autres espèces ont aussi besoin d’espace pour exister, ce qui devrait aussi nous inciter à être moins nombreux…

* LE MONDE du 25 novembre 2017, Climat : « La priorité est de réduire le train de vie des plus riches, pas la natalité des plus pauvres »

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4 réflexions sur “Dissocier natalité et niveau de vie est vraiment débile”

  1. Bonsoir Didier Barthès
    Vous ne comprenez donc pas le sens de ce message, comme d’autres je suppose, notamment quand je répète que nous ne faisons que tourner en rond.
    Vous me demandez « mais que doit-on faire ? » . Vous attendez donc un y’aka de ma part ?
    Mais moi je n’essaie que de faire comprendre qu’il est trop tard ! Trop tard pour essayer de sauver tel ou tel modèle, ou système, ou emplois… propres au Système, à cette civilisation qui de toute manière va s’effondrer.

    Au stade où nous en sommes, les plus lucides qui ont compris qu’il était trop tard pour éviter la Catastrophe, le mur, l’iceberg, ce que vous voulez… devraient (du verbe devoir) œuvrer à sauver ce qui peut encore être sauvé. Notamment les choses les plus importantes pour les générations futures, en postulant évidemment qu’il y en aura. Et comment pourrions-nous réfléchir aux moyens de sauver ces choses là, si importantes, vitales… si nous ne sommes pas fichus de les voir ?
    Ces choses les plus importantes, ce ne sont tout de même pas nos si chères bagnoles, ni même notre confort de petits-bourgeois… non, c’est bien plus que ça !

    Alors bien sûr, je sais bien que faire le deuil de notre civilisation, autrement dit accepter qu’elle n’en a plus pour longtemps, imaginer les malheurs et les horreurs qui attendent nos enfants et petits enfants … je sais que ce n’est pas facile. Alors comme toujours, le déni nous pousse à voir la réalité autrement, et notamment l’avenir … et je sais aussi que ce mécanisme est parfaitement naturel.

  2. Bonjour Michel C,Je ne comprends pas bien votre message.
    Que vous vous agaciez des oppositions que vous jugez stériles entre les partisans de tel yaka et ceux de tels autre yaka, je puis le concevoir, mais que doit-on faire ?
    Vous avez évidemment raison quand vous dites que nul n’a de baguette magique, mais alors, que faire d’autre sinon dire ce que l’on pense, pourquoi on le pense et quelles politiques devraient être menées pour justement les infléchir ?
    Quand je répète à l’envi que la démographie est fondamentale, c’est bien pour cela, pour pousser peu à peu les politiques à évoluer. Que puis-je faire d’autre ?
    Je ne vais pas en effet bloquer de moi même la fécondité à deux enfants par femme, il faut bien que je défende la raison d’agir en ce sens. A Démographie Responsable nous avons distribué des préservatifs en Afrique et en France aussi d’ailleurs, c’est ultra modeste évidemment, mais chacun fait ce qu’il peut.

  3. Je me permets de souligner cette juste intervention :
    MICHEL SOURROUILLE : Citer la politique brutale de stérilisation faite en Inde dans les années 1950 pour essayer de déconsidérer les politiques antinatalistes est immonde. On ne peut prêter à autrui des intentions non exprimées. Les adhérents de « Démographie responsable » veulent seulement un planning familial plus généralisé et une aide au développement qui finance largement cette politique, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.

    J’ajoute aussi que je suis toujours étonné qu’on puisse rappeler que les pays pauvres sont moins émetteurs de CO2 que les pays riches en oubliant que , ce n’est pas par une vertu particulière, mais justement parce qu’ils sont pauvres. Ceux qui accusent ainsi les pays riches oublient de dire que dans leur modèle les pays pauvres doivent le rester pour continuer à ne pas polluer.
    Personnellement, je préférerais que chacun puisse disposer d’un peu plus, quitte à polluer un peu plus par personne, mais qu’en étant moins nombreux cela puisse être supportable par la planète. Ne nous trompons pas de combat, luttons contre la pauvreté et non pour la multiplication des plus pauvres

  4. Cette série d’échanges entre Gaël Giraud et ses différents contradicteurs ressemble à une partie de ping-pong. Nous observons la même chose ici sur Biosphère ou ailleurs.C’est l’éternel débat pour déterminer Le Problème N°1. En résumé :  » C’est moi qui ai raison » – « Non c’est moi » – « Non c’est moi » – etc ! Et on tourne en rond ! Comme des c.. , comme des débiles ! Ce qui est certain, c’est que personne n’a de baguette magique.
    Les mesures préconisées par les dénatalistes (hors-mis certains fêlés du bocal) ne changeront rien au fait que bientôt 9 ou 10 milliards d’humains peupleront la Terre.
    Quant au sevrage et à la « décolonisation de l’imaginaire », de cette minorité que pointe Gaël Giraud, à savoir les « 10 % de la population mondiale, les plus fortunés »… dont nous tous ici faisons partie… nous qui au pire écrivons de véritables saloperies, et au mieux tapotons des y’aca et des faucon à la con… là non plus, personne n’a de baguette magique.

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