Quelle est la position des Écologistes sur la dissuasion nucléaire ?
Le positionnement de Frédéric Kalfon, au nom de la commission « défense » du parti « Les Ecologistes », soutient le discours pro-dissuasion nucléaire de Macron. Il est en totale contradiction avec un communiqué de la commission Paix&Désarmement du même parti. Frédéric Kalfon est aussi à l’inverse des décisions passées du Conseil fédéral.
=> L’ensemble des militants de ce parti devrait être informé de cette anomalie et pouvoir en débattre.
Rappel historique
1. Le Conseil fédéral du 5 juin 2011 s’associe officiellement à l’Appel international pour une Europe sans armes ni centrales nucléaires, qui énonce notamment :
• 1. De l’Atlantique à l’Oural, plus aucun armement nucléaire ne doit stationner ni être installé en Europe.
• 2. Plus aucune arme nucléaire ne doit menacer l’Europe ni menacer le reste du monde.
• 3. L’Europe doit initier et soutenir jusqu’à son plein achèvement le processus d’abolition des armes nucléaires dans le monde, conformément à l’article VI du traité de Non-Prolifération. »
Unanimité moins un contre et un blanc.
2. « Le Conseil fédéral des 23 et 24 juin 2012
demande à l’ensemble de ses représentant-e-s au parlement et au gouvernement de tout mettre en œuvre pour que soit mis à l’étude dans un délai rapproché un projet de loi ou une proposition de loi portant l’organisation d’un large débat et d’un référendum sur la question suivante:
« Approuvez-vous que la France participe avec les autres Etats concernés à l’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »
Unanimité moins une abstention.
3. Le Conseil fédéral des 11 et 12 mars 2017 décide :
– d’appeler la France, à ne plus s’opposer aux propositions de principes d’un projet de traité d’interdiction des armes nucléaires en vue de leur élimination et demande qu’elle participe à la conférence et aux négociations organisées par l’ONU en 2017 ;
– approuve la proposition de loi parlementaire organisant un référendum national sur la question :
« Voulez-vous que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des Etats concernés un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires.
– demande aux candidat.e.s soutenu.e.s par EELV à l’élection présidentielle et aux législatives de 2017 de s’approprier ces objectifs et de défendre l’interdiction des armes nucléaires ;
Unanimité moins 15 blancs.
4. Le Conseil fédéral des 1er et 2 octobre 2022
• souhaite impulser de nouvelles initiatives européennes pour le désarmement nucléaire dans le monde et pour limiter de manière générale la course aux achats d’armes conventionnelles ;
• refuse toute prolifération européenne des armes nucléaires françaises – tant en termes de financement européen qu’en termes de scénarii d’utilisation
• n’exclut pas la possibilité d’engager une initiative de désarmement nucléaire au niveau français sans consensus européen sur le sujet et lorsque les conditions seront réunies.
Unanimité moins un blanc.
Communiqué récent de la Commission Paix et Désarmement (résumé)
La dissuasion nucléaire : Sécurité collective européenne oui, fuite en avant nucléaire non
Le discours du Président de la République du 2 mars 2026 et ses déclarations à l’Île-Longue, présentés comme une révision significative de la doctrine nucléaire française, constituent un tournant stratégique majeur. En assumant une relance de la course aux armements nucléaires, ces orientations envoient un signal grave. En matière nucléaire, toute dynamique de réarmement alimente mécaniquement un risque accru de prolifération. L’histoire récente montre que l’humanité a frôlé à plusieurs reprises un conflit nucléaire majeur, évité de justesse. Une doctrine de sécurité ne peut reposer ni sur l’aléatoire, ni sur l’équilibre fragile de la peur.
Pour les Écologistes, cette évolution constitue une ligne rouge. Depuis leur fondation, les mouvements écologistes ont inscrit dans leurs textes et leurs combats le refus de l’arme nucléaire, au nom de la protection du vivant, de la solidarité internationale et de la responsabilité envers les générations futures. La dissuasion repose sur la menace d’anéantissement massif des populations et des écosystèmes ; elle est incompatible avec une pensée politique fondée sur la préservation du vivant, la non-violence et le primat du droit international. En accepter l’extension ou la banalisation serait une entorse majeure à nos fondamentaux (…)
Les Écologistes portent une vision de la sécurité commune fondée sur le droit international, la coopération, la prévention des conflits et le désarmement global. L’Europe doit adopter une stratégie de sécurité collective crédible, réduire sa dépendance à l’arme nucléaire et engager un mouvement international en faveur de la diminution, puis de l’élimination des armes de destruction massive. Face à la menace atomique, le silence serait une faute. L’inaction serait un renoncement. Entre la fuite en avant stratégique et l’exigence éthique, nous choisissons la lucidité, la démocratie et la paix.
Fatima Cuny & Abdessalam Kleiche, Coresponsables de la Commission paix & Désarmement

Même si le pouvoir ne rend pas obligatoirement fou, beaucoup de fous sont au pouvoir. Ils peuvent même appuyer sur le bouton atomique…
Des psychologues ont comparé les traits de personnalité de 39 hauts dirigeants à un échantillon de 768 patients de l’hôpital psychiatrique de Broadmoor, un établissement de haute sécurité. Tous les patients de Broadmoor avaient été officiellement diagnostiqués comme malades mentaux ou psychopathes. L’étude a révélé que les hommes d’affaires présentaient des scores plus élevés que les malades internés à Broadmoor, relativement à plusieurs caractéristiques négatives, dont celles relevant des troubles de la personnalité (charme superficiel, duplicité, égocentrisme, tendance à la manipulation), des troubles de la personnalité narcissique (surestimation de soi, absence d’empathie, exploitation de ses semblables) et des troubles compulsifs (rigidité, obstination, penchants dictatoriaux).
Puisque Israël possède un arsenal nucléaire, pourquoi l’Iran ne le pourrait-il pas ? Seuls les États ayant souscrit à des obligations spécifiques – notamment dans le cadre du TNP ou du TIAN – sont juridiquement liés. Il y a coexistence, au sein de l’ordre international, d’États dotés de l’arme nucléaire de jure et d’États dotés de l’arme nucléaire de facto , comme Israël. C’est également le cas de l’Inde, du Pakistan et de la Corée du Nord (depuis son retrait du traité de non prolifération en 2003). Leur situation ne constitue pas, en soi, une violation du TNP, puisqu’ils n’en sont pas (ou ne le sont plus). Ils opèrent donc dans un cadre juridique distinct de celui applicable aux États liés par le traité. (à suivre)
(suite et fin) Le droit international est un ordre juridique créé par les États et pour les États. À ce titre, il repose sur le consentement des États, qui découle de leur souveraineté. Ce principe fondamental s’applique également au régime juridique régissant les armes nucléaires : la possession d’armes nucléaires – ou la décision d’y renoncer – relève du choix souverain. Autrement dit, seul un État peut consentir à limiter ses capacités militaires en renonçant à la possession de telles armes de destruction massive. Aucun État ne peut légalement imposer à un autre une obligation de renonciation.
Donc si l’Iran quittait le TNP comme l’a fait la Corée du Nord, alors aucun pays ne pourrait interdire à l’Iran de vouloir posséder l’arme nucléaire.
Éditorial de Benoît Bréville (Monde diplomatique d’avril 2026 sur le pacifisme)
Le 12 juin 1982, c’était pour réclamer le désarmement nucléaire qu’un million de personnes envahissaient Central Park, au son des concerts de Joan Baez et de Bruce Springsteen. Le camp antiguerre avait ses musiciens, ses écrivains, ses cinéastes. Cette tradition s’est effacée.
Aujourd’hui, les guerres se multiplient, les grandes puissances se réarment, mais les rues restent clairsemées. Même la menace nucléaire semble laisser indifférent. M. Donald Trump évoque la reprise des essais atomiques, M. Emmanuel Macron propose de renforcer l’arsenal français. Aucune manifestation, aucun débat public. (à suivre)
(suite) Stigmatisé par les médias, qui y voient vite un soutien au Hamas, aux mollahs ou au Kremlin, et parfois réprimé, l’engagement pacifiste s’accorde mal avec l’air du temps. Il exige en effet un optimisme farouche, cette conviction, forgée au fil de luttes parfois victorieuses, que rien n’est joué, que l’action collective peut infléchir le cours des événements.
Le pacifisme requiert de la patience ; il faut combattre pied à pied des conflits que l’on n’a pas pu empêcher.… Ces avancées, lentes et indirectes, parfois invisibles, peinent à galvaniser dans une époque qui valorise l’immédiateté. Enfin, s’engager pour la paix nécessite un certain sens politique, une disposition à s’associer avec des gens qui ne partagent pas les mêmes opinions. Le sectarisme politique croissant ne favorise pas l’édification d’un tel front. (à suivre)
(suite et fin) Quatre années de propagande en faveur du réarmement et sur l’imminence du péril russe ont anesthésié des esprits et désarmé les pacifistes : l’explosion des budgets militaires au détriment du social ne rencontre pas d’opposition farouche, y compris à gauche. Pourtant, qu’il s’agisse de l’Iran ou de l’Ukraine, le bellicisme reste une affaire de classes supérieures, de profiteurs de guerre et d’éditorialistes qui jamais ne risquent leur peau autrement que par une surexposition aux projecteurs des plateaux de télévision.
Mais que diraient les civils Ukrainiens de votre raisonnement ? Le péril russe pour eux n’est pas un fantasme des classes supérieures ou des industries d’armement, il est une réalité bien tangible qui tue leurs enfants et détruisent tout ce qu’ils ont.
Pacifix ne fait que dire ce qui est.
1) L’air du temps, quatre années de propagande (sic), et sans parler du reste. Résultat, le camp antiguerre (sic) est à la ramasse. Tout le monde ou presque se couche devant la Guerre, et accepte ce qu’ON prend comme une fatalité. Et encore s’il n’y avait qu’à la Guerre qu’ON disait amen (ou OK OK, comme dans la chanson de Matthieu Côte). Plus personne, ou presque, ne semble être en mesure de réfléchir, même nos « intellectuels » sont à la ramasse. Tout le monde, ou presque, se laisse guider par la Trouille, la Haine et autres émotions néfastes, pour ne laisser parler que ses tripes.
2) Oui, le pacifisme requiert de la patience. Et pas que le pacifisme d’ailleurs. Seulement aujourd’hui, le Meilleur des mondes ON le veut de suite !
Quant aux civils ukrainiens, qui vivent sous les bombes, comme les civils iraniens, libanais et j’en passe, sérieusement Monsieur Barthès… mais que voulez-vous qu’ils pensent de tout ça !!!??? Mais vous, Monsieur Barthès, vous avez bien dormi la nuit dernière, non ? En tous cas aussi bien que moi j’espère… et que Pacifix et plein d’autres.
Rassurez-moi, vous n’avez pas entendu de sirènes, ni d’explosions… rien d’alarmant quoi. Alors qu’avons-nous comme réelles préoccupations ? Normalement… nous devrions donc avoir les idées un peu claires, non ?