Divisons par trois notre consommation d’énergie

Pour ne pas dévier de la trajectoire fixée (neutralité carbone au milieu du siècle), il faudrait « multiplier par quatre le rythme de l’amélioration de l’efficacité énergétique », et « par trois celui de la baisse de consommation d’énergies primaires fossiles » note lInstitut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Or sa dernière étude* montre que dans tous les secteurs clés – énergie, transports, bâtiments, agriculture –, l’Hexagone est en retard sur ses objectifs climatiques. Pire, cet écart se creuse. Début juillet, Nicolas Hulot, tirant le bilan de la première année de son plan climat, avait reconnu que « pour l’instant, le changement n’est pas à l’échelle ». Plus la France s’écarte de son cap et plus il sera difficile de redresser la barre. Pourtant le président du Conseil scientifique de l’Iddri sait mettre les pieds dans le plat, les petits pas mènent au désastre. Mais la réponse est collective et demande d’énormes efforts de sobriété énergétique de chacun de nous. Réactions sur lemonde.fr :

ChP : La France creuse son retard sur ses objectifs climatiques. Pourquoi ? Parce que la France a des objectifs et que les 60 millions de français qui la peuplent n’en ont pas ! Ils veulent une croissance toujours plus élevée, des gros SUV pour épater les voisins, partir loin en vacances et rouler tous les WE. Ils n’isolent pas leur maisons, et les maisons neuves ne sont pas assez performantes. Et maintenant ils mettent la climatisation à fond en été car il fait tellement chaud.

LO CATHERINE : Tant que l’énergie ne coûtera pas plus cher, la rénovation énergétique des logements ne décollera pas. Et tant que la route ne sera pas taxée, le transport par camion continuera à se développer…

le sceptique : De quoi a-t-on besoin pour à la fois repérer le kWh moins carboné, être incité à baisser sa facture de chauffage, faire gaffe au plein d’essence et regarder les alternatives, choisir les produits qui n’augmentent pas trop le CO2, réfléchir à 2 fois avant de se payer un voyage au loin… ? D’un signal prix. Donc d’une taxe carbone, fut-elle basse au départ, mais à hausse prévisible.

Jean Claude Grange : Personne ne fait d’effort : toujours plus de voitures (et de plus en plus grosse : SUV, 4×4), des travaux de rénovation à l’efficacité plus que douteuse, toujours plus de voyages en avion (petit week-end à Barcelone à 30 euros et 2 tonnes de carbone), toujours plus d’emballage, …. Pour une fois, je rejoins @le sceptique : sans prix du carbone, rien ne bougera. On ne peut pas compter sur le civisme des gens.

CB : Sommes nous prêts à changer drastiquement notre modèle de vie, de consommation? La réponse semble être non. Avons-nous des solutions alternatives viables et crédibles à proposer à court-moyen terme (ie 5 à 10 ans max) ? Le pire arrive et nous éliminons les pailles en plastiques…

AN : Les prix croissants du pétrole voire la crise qui viendra tôt ou tard devraient inciter à prendre les devants en encourageant le transport collectif et en facilitant les mobilité qui répondent au vrais besoins (transport en commun, co-voiturage etc).

nico : au final, Macron vaut-il mieux que Trump ? Seul le style change, en fait.

* LE MONDE du 17 octobre 2018, La France creuse son retard sur ses objectifs climatiques

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1 réflexion sur “Divisons par trois notre consommation d’énergie”

  1. Chiche ! Divisons par 3 notre consommation d’énergie !
    Mais attention, réfléchissons bien avant de signer. L’énergie ce n’est pas spécialement le charbon qu’on entassait jadis à la cave, ce n’est pas seulement le gasoil qui fait avancer la sacro-sainte Bagnole, ce n’est pas seulement l’électricité qui nous éclaire. Le moindre objet, le moindre service, le moindre message qu’il soit sur papier ou numérique comme ici, nécessite de l’énergie.

    Nous avons cru pendant trop longtemps que l’énergie était abondante, il n’est donc pas étonnant que nous fonctionnons et raisonnons en conséquence. Abondance, donc pas cher, résultat usage et abus. Ce n’est que depuis peu que nous commençons à voir qu’il y a un truc qui cloche, mais bien sûr quand on est accro il est très difficile de changer ses sales habitudes. Et bien sûr quand on est dans le déni de réalité on s’arrange à croire à n’importe quoi, notamment aux miracles. L’«énergie libre » serait le Graal, le Cosmogol 999 aussi… en attendant nous nous plaisons à croire que la Transition se fera avec des panneaux solaires sur nos toits, des éoliennes, des grosses épaisseurs d’isolants et autres techniques elles-mêmes consommatrices d’énergie. Qu’avec des applis « intelligentes » sur nos smartphones nous parviendrons à résoudre la quadrature du cercle, autrement dit que nous parviendrons à sauver et faire durer notre mode de vie à l’Occidentale, pour des siècles et des siècles, amen !

    Avant de signer, regardons quand même quelques chiffres. Regardons l’évolution de nos consommations d’énergie et notamment par habitant. Regardons de près qui sont ceux qui consomment le plus d’énergie sur cette planète. Regardons chez « nous » les courbes des consommations, par exemple celle de la consommation d’électricité depuis seulement quelques décennies. Et puis mettons tous ces chiffres en parallèle. Ceci dit je comprends… c’est tellement plus facile de dire que nous sommes (qu’ils sont) trop nombreux.

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