écologie de rupture, vernis vert, dystopie grise

Voici l’analyse de Bernard Schœnacker sur l’écologie de rupture.  Elle est trop longue pour paraître en commentaires, mais suffisamment intéressante pour la publier en entier. Nous en avons  fait un  commentaire…

1. Introduction – Quand l’IA recycle l’idéologie
Chers membres de la liste des ultra, le message de Michel Sourrouille, relayant une réponse de l’IA Perplexity “basée sur Le Monde”, nous vend une “écologie de rupture” enrobée d’arguments d’autorité et d’urgences absolues. Problème : aucune citation vérifiable, aucune donnée brute, juste une synthèse algorithmique drapée de scientificité. Ce type de prose alimente un discours nihiliste qui, sous couvert de protéger Gaïa, prépare le terrain à des politiques coercitives à la sauce malthusienne.
2. Le GIEC comme “Graal” intouchable
Le rapport du GIEC n’est pas lu de fond en comble par la majorité de ceux qui le brandissent. Il est utilisé comme un totem politique : “c’est écrit dedans, donc c’est vrai”. Or, des noms y figurent encore alors que certains contributeurs se sont retirés en dénonçant le biais politique du document. Cette utilisation dévoyée permet de faire passer n’importe quelle mesure — y compris des “reverdissements” de logiques eugénistes comme l’Aktion T4 du NSDAP*, repeintes en vert et justifiées par un prétendu impératif écologique. On ne parle plus de science, mais de gestion idéologique de la population.
3. Hypocrisie générationnelle et cible désignée
Les chantres de la “rupture” sont souvent issus d’une génération qui a profité de l’ère de consommation maximale. Aujourd’hui,
ils veulent se racheter une conscience écologique… mais aux frais des générations futures. Et qui paierait le prix de cette “sobriété” forcée ?

– Les jeunes actifs, qui financeraient encore plus de retraites avec moins de revenus.
– Les populations précaires, premières à subir les rationnements.
– Les pays émergents, priés de freiner leur développement pendant que l’Occident “vert” continue de vivre sur son acquis.

4. Conséquences d’une application brutale
Si cette “écologie de rupture” était appliquée sans nuance – décroissance imposée, sobriété coercitive, réduction démographique par incitations ou contraintes – les effets seraient dévastateurs :
– Impact démographique

Une chute brutale de la natalité accélérerait le vieillissement de la population. Le ratio cotisants/retraités s’effondrerait, rendant retraites et systèmes de santé intenables. Les boomers promoteursde ces idées seraient les premiers à pâtir du manque de jeunes pour financer leurs pensions.

– Impact économique

Désorganisation des chaînes de production, faillite des systèmes sociaux, contraction du marché intérieur. L’innovation, portée par une démographie dynamique, serait étouffée, conduisant à une stagnation durable.

– Impact social

Tensions intergénérationnelles accrues, boucs émissaires désignés (migrants, familles nombreuses), conflits internes.

– Impact géopolitique

Perte d’influence face à des nations à forte dynamique démographique (Inde, Afrique). L’Europe, déjà en déclin, deviendrait un acteur
marginal et dépendant.

Pour illustrer ce délire, pensons à Logan’s Run** (1976), où une société dystopique élimine ses citoyens à 30 ans pour “préserver” les ressources. Ce film montre ce qu’il advient quand on sacrifie l’humain au nom d’une “durabilité” : un régime totalitaire qui rationne la vie elle-même. Les boomers prônant la “rupture” oublient qu’ils seraient, dans ce scénario, les premiers à passer à la trappe — sauf s’ils espèrent un passe-droit leur offrant quelques décennies de plus.

5. Les faits sont têtus : ONU & INSEE
Les données de l’ONU (World Population Prospects 2024) confirment qu’un ralentissement démographique brutal mènerait à un vieillissement accéléré : dans plusieurs pays d’Europe, le rapport personnes âgées / actifs pourrait dépasser 50 % avant 2050. L’INSEE rappelle que le ratio cotisants/retraités en France est déjà tombé à 1,7 en 2024 (contre plus de 4 dans les années 1960). Une baisse massive de natalité rendrait tout système social intenable. En clair : une décroissance démographique imposée conduirait à l’effondrement économique, social et culturel, sans garantir aucun bénéfice environnemental durable.

6. Conclusion – Recentrer sur l’écologie réelle
L’écologie véritable ne peut pas être un outil d’ingénierie sociale punitive ni un prétexte à rééditer des politiques coercitives. Elle doit reposer sur : Des données vérifiables, Une méthodologie transparente, des solutions humaines et durables qui ne sacrifient pas une génération sur l’autel d’une idéologie.
Ne laissons pas l’écologie devenir la dératisation de l’espèce humaine au nom d’une Gaïa mythifiée. « L’écologie véritable ne se bâtit pas sur les cendres d’une génération sacrifiée, mais sur des solutions qui regardent l’humanité et la planète comme un tout indivisible. »

précisions
* Aktion T4 désigne la campagne d’extermination par assassinat des adultes handicapés physiques et mentaux, allemands et autrichiens, menée par le régime nazi …
NSDAP : Parti national-socialiste des travailleurs allemands (en allemand : Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, d’où le sigle NSDAP)
** Logan’s Run : L’Âge de cristal (anglais : Logan’s Run) est un film américain réalisé par Michael Anderson. Il se place dans un monde post-apocalyptique en l’an 2274. Le mode de vie, géré par des ordinateurs, est très agréable. Mais afin de limiter la surpopulation et de pouvoir gérer les ressources alimentaires rationnées, la vie des individus est limitée à 30 ans, âge auquel chacun est invité à une mourir publiquement. Pour détecter cette phase, une horloge de vie sous forme de cristal est implantée dans la paume de chaque humain et change de couleur à l’approche du dernier jour.

Le point de vue des écologistes de rupture

Schœnacker élimine tout avis contraire au sien sous prétexte de manque de sources bibliographiques alors que Perplexity donne toujours la référence des articles du MONDE qui appuient sa synthèse. Il est un adepte de la pente glissante : « discours nihiliste… politiques coercitives… logiques eugénistes…régime totalitaire… décroissance démographique imposée… » Faire croire que les autres sont des méchants qui vont éradiquer démocratie et population. Comme d’habitude pour les tenants des fake news, le GIEC est dévalorisé sans considération du fait que son rapport est fait par les climatologues du monde entier.

Il décrit des lendemains difficiles, « financer plus de retraités avec moins de revenus, oublier les populations précaires et les pays émergents ». Mais c’est déjà notre réalité présente et notre futur. Si la décroissance n’est pas maîtrisée, elle sera imposée. Si les citoyens ne pratiquent pas volontairement la sobriété, elle sera coercitive … Car il est vrai que l’effondrement à venir de la société thermo-industrielle va désorganiser les chaînes de production, entraîner la faillite des systèmes sociaux et la contraction du marché intérieur. Il est vrai aussi, et c’est déjà le cas, qu’en réponse à nos difficultés, on désignera des boucs émissaires (migrants, familles nombreuses). Il ne faut pas compter sur l’innovation technologique qui pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.

Le verdict de Malthus dès 1798 reste incontournable aujourd’hui, on ne peut pas avoir une population plus nombreuse que les capacité du milieu à offrir des ressources suffisantes. Il ne faut pas compter sur une démographie dynamique, le nombre étouffe toute initiative d’avenir sauf pour des prédateurs comme Trump, Elon Musk ou Jeff Bezos. Croire que la dynamique démographique (Inde, Afrique) est un atout est un déni des réalités. L’Afrique s’enfonce dans l’impasse et l’Inde n’arrive plus à fournir des emplois et une vie décente à la majorité de ses jeunes.

Schœnacker veut faire peur , « ralentissement démographique brutal, vieillissement accéléré, ratio cotisants/retraités intenable ». Il oublie la pyramide de Ponzi démographique, une boucle infernale car faire plus d’enfants aujourd’hui veut dire plus de retraités plus tard, ainsi de suite jusqu’au krach. Ajoutons qu’une planète de plus de 8 milliards d’habitants peut offrit beaucoup de migrants pour changer les couches du quatrième âge. Encore faut-il avoir des moyens financiers alors que la descente énergétique va raréfier richesse et emplois. C’est la croissance démographique qui conduit de plus en plus rapidement (de façon exponentielle) à l’effondrement économique et socio-culturel, pas la décroissance.

En fait Schœnacker a un discours qui conforte le système actuel, croissancisme et business as usual. Pour lui comme pour la droite, l’écologie ne peut qu’être punitive. Il ne se rend pas compte que déjà nous avons sacrifié les générations futures à qui nous laissons désormais une planète surchauffée, avec des ressources fossiles finissantes et une extinction de la biodiversité, sans oublier tous les autres problèmes, stress hydrique, ressources halieutiques en berne, pollutions, désertification, etc. Les belles phrases du type « solutions qui regardent l’humanité et la planète comme un tout indivisible » ne font pas partie de l’écologie réelle, mais de l’écologie fantasmée. On connaît ça, « croissance verte, moteur propre, développement durable ; etc. »

Ce ne sont qu’oxymores, une écologie superficielle à en pleurer… Il nous faudrait une écologie de rupture, sinon la rupture se produira à notre très grand désavantage.

2 réflexions sur “écologie de rupture, vernis vert, dystopie grise”

  1. Il faut déjà reconnaître que Bernard Schœnacker ne semble pas fainéant en matière de réflexion. Et que ses arguments semblent plutôt, a priori, bien tenir la route.
    Bien sûr, chacun des points qu’il aborde pourrait être approfondi, discuté. Encore faudrait-il être disposé à discuter (débattre). Bref, reconnaissons qu’il s’est appliqué, et rien que pour ça mettons lui une bonne note.
    Puisqu’il nous fait profiter de cette analyse, qui le défrise, Biosphère aussi mérite une bonne note. Sauf que, comme toujours, c’est pour s’appliquer à démolir ce qui le contrarie.
    Et ici c’est pratiquement tout. C’est de bonne guerre comme ON dit. (à suivre)

    1. (suite) Les stratégies de démolition restent toujours les mêmes.
      Principalement l’inversion accusatoire (le vilain c’est pas moi, c’est toi) et la fumeuse pente glissante (wiiiizz et badaboum !)
      De mon point de vue… ce n’est pas comme ça qu’ON risque d’avancer, mais bon.
      De toute façon ON n’est pas là pour ça, et puis Bernard Schœnacker n’a rien compris !
      La Preuve, il parle d’écologie punitive… qu’il oppose à l’écologie réelle, si ce n’est la véritable… alors que la seule qui vaille c’est la Vraie (la pure, la dure, la profonde, dite aussi de rupture). Et pour couronner le tout, Schœnacker conforte le système actuel.
      Oui oui ! Comme tout le monde finalement.

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