Écologie, le bilan désespérant d’Emmanuel Macron

Rarement les mots du président de la République lors du sommet One Health (5 au 7 avril 2026) auront paru aussi creux lorsqu’on les replace dans le contexte des multiples reculs environnementaux des derniers mois.

éditorial du MONDE : Les engagements d’Emmanuel Macron contredits par son bilan

– La récente loi Duplomb, issue de la droite sénatoriale et adoptée avec le soutien du gouvernement en juillet 2025, va par exemple faciliter la construction de bassines, l’agrandissement des élevages hors-sol – gros pourvoyeurs de pollution des eaux, forts consommateurs d’antibiotiques et incubateurs de zoonoses –, et va favoriser la vente de pesticides aux agriculteurs.

– Le projet de loi d’urgence agricole, qui risque de voir de nouveaux reculs s’ajouter à ceux déjà inscrits dans la loi, en particulier sur la protection de la biodiversité et des ressources d’eau potable.

– A Bruxelles et sans grande opposition de la France, un mouvement de dérégulation sans précédent les paquets « omnibus », vise à autoriser les pesticides sans limite de temps ou encore des dérogations d’usage de substances cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques dans des produits du quotidien.

– Les choix politiques assumés depuis une dizaine d’années renforcent l’emprise de l’agro-industrie sur les territoires et les systèmes alimentaires.

– L’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail, elle subit une pression politique inédite.

Deux ex-ministres de Macron critiquent l’évolution de la loi

La France artificialise deux fois plus vite que la moyenne de ses voisins. Le 14 avril, les parlementaires s’apprêtent pourtant à voter une disposition du projet de loi de simplification de la vie économique qui, sous couvert de simplification et de réindustrialisation, remet en cause l’objectif de zéro artificialisation nette. Les deux anciens ministres de la transition écologique d’Emmanuel Macron, Agnès Pannier-Runacher et Christophe Béchu, ainsi que des élus appellent, dans une tribune au « Monde », les députés à refuser l’article 15 du texte sur la simplification de la vie économique qui met à mal l’objectif de zéro artificialisation nette de la loi Climat. Cet article 15 modifie le code de l’urbanisme en multipliant les dérogations autorisant l’artificialisation pour tout type de projet. Multiplier les exceptions, c’est réintroduire de l’incertitude là où la stabilité est indispensable. Les parlementaires ont un choix, adapter notre pays efficacement au dérèglement climatique, ou faire le jeu des intérêts financiers des promoteurs et des aménageurs.

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Macron, moins de 3 % pour l’écologie (mai 2025)

extraits : La question environnementale a occupé exactement cinq des cent quatre-vingt-dix minutes (soit 2,6%) de l’intervention d’Emmanuel Macron le 13 mai 2025 sur TF1. Contrairement à bon nombre des autres thèmes abordés – la guerre, les retraites, le déficit, etc. –, la question environnementale n’a fait l’objet d’aucune critique à laquelle le président aurait eu à répondre. L’environnement est demeuré pour Emmanuel Macron ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un matériau de communication qui permet de lancer des slogans (« Make our planet great again », « Planter un milliard d’arbres en dix ans »), de convoquer des sommets internationaux scandés par de vibrantes déclarations ou de prendre des engagements sans conséquence….

Macron, « l’écologie à la française » !!!! (septembre 2023)

extraits : Le 25 septembre 2023, Emmanuel Macron a présenté sa vision d’une « écologie à la française » censée répondre à un triple défi, « celui du dérèglement climatique et de ses conséquences, celui d’un effondrement de notre biodiversité et celui de la rareté de nos ressources » Mais toute idée de contraintes ou de changements sociétaux est repoussée. « Nous avons décidé d’encourager nos compatriotes à changer plus vite, sans interdiction, en les incitant », a-t-il ainsi assumé au sujet des chaudières à gaz. Des sujets comme la limitation de la vitesse à 110 km/h sur l’autoroute – proposée par la convention citoyenne pour le climat en 2019 –, la consommation de viande ou l’usage de l’avion n’ont même pas été abordés….

Macron en marche vers l’écologie superficielle (juin 2022)

extraits : En attendant de voir préciser par la première ministre Elisabeth Borne les feuilles de route avec les objectifs à atteindre pour le quinquennat, le « Journal officiel » publie le 2 juin 2022 les décrets définissant les périmètres attribuée à chacun de ses deux ministres de l’écologie. Emmanuel Macron avait voulu deux entités distinctes, l’une consacrée à la transition écologique et à la cohésion des territoires confiée à Amélie de Montchalin, l’autre à la transition énergétique dirigée par Agnès Pannier-Runacher. Pour Matthieu Orphelin, député écologiste, « cette architecture est totalement incohérente et contradictoire avec ce que nous disent les scientifiques : il faut traiter ensemble la biodiversité, l’énergie et le climat »….

L’écologie de Macron, théâtre de marionnettes (mai 2021)

extraits : Tout au cours de son mandat, Macron a mis en avant des figurants en lieu et place de véritable politique écologique : Nicolas Hulot lors de la formation du premier gouvernement Macron en 2017, François de Rugy ministre de l’écologie en 2018, Pascal Canfin chef de file en marche pour les européennes 2019, Barbara Pompili ministre de la transition écologique en juillet 2020. Notre blog biosphere a suivi avec attention la descente aux enfers de l’écologie sous le règne de Jupiter, voici quelques extraits de nos articles….

Nos articles antérieurs

13 mars 2021, Macron, politique de dénigrement des écolos

19 janvier 2021, La double pensée d’Emmanuel Macron

8 décembre 2020, CLIMAT : Macron / Dion, le torchon brûle

10 octobre 2020, Emmanuel Macron en panne d’écologie

11 août 2020, Macron, le magicien de l’écologie politique

30 avril 2020, Macron : « L’écologie, ça commence à bien faire… »

17 juin 2019, Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

13 janvier 2019, Macron, un bilan écologique globalement négatif

5 mai 2017, L’écologie n’était pas à la fête avec Macron et Le Pen

3 réflexions sur “Écologie, le bilan désespérant d’Emmanuel Macron”

  1. Esprit critique

    Et encore s’il n’y avait que sur l’environnement (écologie).
    Sans parler de la Dette, de la Croissance, et autres sujets chers aux droitards, son bilan social restera marqué par une nette augmentation des inégalités sociales et de la pauvreté.
    – Pauvreté : le décevant bilan d’Emmanuel Macron (Le MONDE 08 juillet 2025)
    – Pauvreté : les chiffres accablants des années Macron (lessentieldeleco.fr 2 septembre 2025)
    Du côté de l’Education nationale, de la santé, des libertés, de la confiance envers les politiques, et j’en passe, ce n’est pas mieux. Bref, Macron est synonyme de fiasco.

    1. Parti d'en rire

      Alors bien sûr, certains ne le diront pas comme ça, loin de là. Et pour cause :
      – « Comment ne pas renier un bilan auquel on a contribué sans en supporter la charge potentiellement handicapante pour l’avenir ? Ce n’est pas la première fois que cette question cornélien se pose. » (Après dix ans de macronisme, les ambitions d’Attal et Philippe face au poids du bilan – ladepeche.fr/2026/04/13)

      Que voulez-vous, c’est ça la politique. Et après tout, ça ce n’est que leur problème.
      Ben oui, regardez Trump… même quand il se ramasse, ce misérable trouve toujours moyen de dire qu’il a gagné. Elections pièges à cons !
      Notre problème à nous, c’est de rester lucide. Et de ne jamais désespérer, bien sûr !
      Allez va, patience, il ne nous reste plus qu’un an à le supporter, le Manu.
      Et après… eh ben ON verra ce qu’ON verra ! Misère misère !

  2. Parti d'en rire

    Parce qu’il ne faut jamais désespérer… je ne dirais donc pas que c’est désespérant.
    Je dirais plutôt pas terrible. Ou peut mieux faire.
    D’ailleurs les Français ne s’y trumpent pas. Il suffit d’observer la Girouette. Sa cote de popularité, si vous préférez. En ce moment il remonte. Oh certes pas beaucoup, mais quand même.
    Et pourquoi ça ? Eh ben tout connement parce que sous Manu les Français sont devenus écolos. Oui oui ! Surtout en ce moment, avec le prix du Carburant. Allez va, assez de blabla et toustes à l’Е́lectrique ! Vivement les bagnoles propres, les trottinettes aussi, le nucléaire vert, durable et patati et patata. Alors pour moi 23% c’est pas mal.
    Mais quand même moins bien que les 39% de Jordy. Et avec celui-là vous allez voir ce que vous allez voir, et c’est moi qui vous le dit ! Je le tiens d’ailleurs de Madame Irma.
    Alors patience, il ne nous reste plus qu’un an à le supporter, le Manu.
    Et après ON a aura tout notre temps pour désespérer.

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