Ecolomaniak pour un retour à la bougie

Je me souviens de ce jour d’octobre où notre vie de famille a basculé : plus de courant électrique et la nuit était déjà là. Comment préparer le dîner alors que toutes les plaques sont électriques. Comment s’éclairer ? Nous avons fait un retour remarquable à la bougie : repas froid sous la pâle lueur des candélabres de fortune. Heureusement nous avions le poêle à bois, nous pouvions encore nous chauffer. Les enfants étaient ravis, cela changeait les habitudes, même s’il a fallu se coucher très tôt. Mais quelle hantise, tous les produits dans le congélateur allaient défunter. Et nous n’avions pas de voiture électrique ! Si la panne de courant perdurait, il aurait fallu ressortir la cuisinière au bois qui dort dans une grange.

(Mal)heureusement nous sommes encore en France dans une société avec de grands moyens ; la panne, locale, d’un transformateur ne nous a coupé des centrales nucléaires que pendant quatre heures. Mais imaginez l’avenir sans électricité ? Nos vies sont de plus en plus électriques alors qu’il faut fabriquer cette énergie, qu’il faut supprimer les centrales à charbon ou à gaz, que le nucléaire est en fin de vie et que les énergies renouvelables ne seront jamais à la hauteur de nos besoins actuels. Alors reste le seul remède, réduire ses besoins, retrouver les recettes d’une société qui ne connaissait pas l’électricité.

C’est pourquoi je suis un écolomaniak, obsédé par les économies d’électricité. Je monte toujours les escaliers alors que l’escalator est à ma disposition. Je râle quand la porte du magasin s’ouvre automatiquement devant moi alors qu’il est si simple d’ouvrir soi-même une porte. Je suis ulcéré par le presse citron électrique qui tourne l’orange à notre place et nous empêche d‘exercer notre poignet. Je regarde avec découragement l’empressement des convives autour des dosettes d’une machine à café à mille lieux électriques de la bouilloire antique, je ne bois plus de café. Je suis effaré par l’inconscience d’une société qui s’acharne à nous faire passer au tout électrique, à la numérisation de la planète. Les grandes pannes d’électricité de l’avenir vont nous laisser désemparés… avec le retour à la bougie !

NB : si vous voulez nous raconter une histoire d’écolomaniak, envoyez votre prestation à biosphere@ouvaton.org, merci. (environ 2000 caractères)