Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish

«  La sortie d’Emmanuel Macron sur la 5G et les Amish ». La demande d’un moratoire faisait partie des 149 mesures proposées par les citoyens de la convention climat que le chef de l’État s’était engagé à reprendre. Pourtant Macron montre son incompétence écologique. « Oui, la France va prendre le tournant de la 5G », a lancé Emmanuel Macron devant des entreprises du numérique, en ironisant sur ceux qui préféreraient « le modèle amish » et le « retour à la lampe à huile ». Les enchères pour l’attribution des fréquences débutent fin septembre 2020, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ne rendra ses travaux sur les effets sanitaires qu’en mars 2021.

« Emmanuel Macron a fermé le débat avec arrogance et mépris » : le déploiement de la 5G électrise l’Assemblée nationale qui s’inquiète de l’absence de débat politique

Pour en savoir plus sur les Amish à mille lieux de la 5G :

Totalement autonomes, les Amish vivent en micro-autarcie. Pas un moteur dans ces fermes. Pas un tracteur, pas une automobile. Ni radio, ni télévision, ni téléphone, ni réfrigérateur, ni aspirateur, ni d’ailleurs d’électricité, de gaz ou d’eau courante. Seule source d’énergie en vue, un occasionnel moulin à vent. Samuel Beiler, un Amish : « Nous ne sommes pas contre l’instruction. Nous sommes contre celle qu’on donne dans vos écoles… Jamais de mémoire d’homme un Amish ne comparut devant un tribunal pour un délit autre que le refus d’envoyer ses enfants à l’école. » La Cour suprême américaine vient de donner officiellement le droit au Amish, en plein âge nucléaire, de continuer à vivre en un temps révolu et de le perpétuer à travers leurs enfants. Pour la Cour suprême, l’Etat du Wisconsin n’a pas prouvé que l’éducation d’une high school était indispensable pour faire un bon citoyen. Les attendus : « Une façon de vivre qui nous paraît étrange mais qui n’interfère pas avec les droits ou intérêts d’autrui ne saurait être condamnée parce qu’elle est différente, et rien ne nous permet de présumer que la majorité actuelle a raisons de vivre comme elle vit et que les Amish ont tort de mener leur vie comme ils la mènent… (article daté du 15 juin 1972)». L’Amish était en 1972 un objecteur de croissance, il le reste aujourd’hui en 2020.

Pour en savoir plus sur la 5G grâce à notre blog biosphere :

21 août 2020, 5G, les humains aiment trop la bagarre

4 juillet 2020, 5G, technolâtres contre techno-réalistes

3 juillet 2020, L’obsolescence programmée par la 5G

11 janvier 2020, La 3G évitable, 4G superflue, 5G inacceptable

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14 réflexions sur “Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish”

  1. Déploiement de la 5G : « Nous, Amish du numérique, contrairement à ce que feint de croire le président de la République, nous ne récusons en rien l’innovation, mais nous croyons à la réflexion en commun, préalable à l’adoption d’une nouvelle technologie qui engage la collectivité.
    Alors que certains considèrent que toute innovation technologique est bonne par essence, nous nous demandons : est-ce que cette innovation va nous aider à mieux vivre ensemble ou bien est-ce qu’elle risque de nous désunir ? (Adrienne Brotons, Paul Christophle, Jean-Philippe Derosier, Jean-Baptiste Soufron)

  2. Pour en revenir au nombre de ceux qui voudraient (et/ou pourraient) vivre comme les Amish.
    Wikipedia («Amish») chapitre «Éducation», extraits :
    – « À partir de 16 ans, dans les communautés conservatrices vient le rumspringa (terme issu de l’allemand de Pennsylvanie qui signifie littéralement « courir dans tous les sens »), sorte de rite de passage durant lequel les adolescents sont temporairement libérés des règles de la communauté afin de multiplier diverses expériences et de décider s’ils vivront leur vie d’adulte au sein ou hors de la communauté. […] À la fin de cette période, environ 90 % des jeunes Amish demandent le baptême et vivent selon les traditions de la communauté. Une infime minorité d’adolescents décident de s’installer en dehors de la communauté.»

    Comme quoi tout est dans l’éducation, pour ne pas dire le formatage.

    1. « Comme quoi tout est dans l’éducation, pour ne pas dire le formatage. »

      Alors selon cette logique que tu appelles constat, quelle conclusion en tires-tu de la communauté islamique ?

      Est-ce que cette communauté est compatible avec la communauté française qui aurait selon tes dires une autre éducation et un autre formatage culturel ? Ne serait il pas mieux que les musulmans vivent en terre d’Islam afin qu’ils puissent vivre en toute quiétude leur éducation et formatage ?

  3. Indirectement la Convention pour le Climat aura au moins eu le mérite de révéler ce que valent le «sans filtre» et les «engagements» de Macron. Mais comment pourrions-nous encore lui faire un minimum confiance ? Faut croire qu’il n’y a plus que les sans foi ni loi qui marchent encore avec lui. Pourquoi avoir lancé en juin dernier cette mission d’enquête sur les risques sanitaires et écologiques de la 5G, puisqu’elle ne sert à rien ? Si ce n’est à amuser la galerie et abuser les gogos, comme d’habitude.
    Bref, la 5G n’est qu’un exemple de plus. 1G, 2G, 3G, 4G, 5G … Toujours plus et Business as usual ! Et Macron lui aussi n’est qu’un exemple de plus. Jusque là tout va bien.
    En attendant, faut les entendre les défenseurs de la 5G, du Progrès qui progresse et des innovations qui innovent, les obsédés de la Croissance, de la Compétitivité, des emplois et blablabla. Leurs arguments sont toujours les mêmes, ils sont à leur image. Pitoyables !

  4. Bonjour Didier Barthès. Je ne sais pas combien de gens souhaitent vivre comme les Amish. Ce que je sais c’est que les idées des décroissants ne pèsent pas lourd, mais qu’elles font toutefois leur petit bonhomme de chemin. Ne nous leurrons pas pour autant, n’allons pas croire ce sondage (Aviva Assurance, BFM Business et Challenges) qui nous disait il y a un an que 54% des Français seraient favorables à la décroissance.
    Le problème ici, c’est que les gens ne savent pas ce qu’est la décroissance. Je me demande même combien savent ce qu’est un oxymore. Et bien sûr il ne faut pas compter sur Macron, Roux de Bézieux et Compagnie pour le leur expliquer. Alors qu’ils le pourraient, parce qu’ils savent très bien, il ne faut pas non plus les prendre pour plus cons qu’ils ne sont.

    1. Suite : Tout ce «joli» monde s’applique au contraire à nous caricaturer les idées des décroissants (Macron a aussi parlé de la lampe à huile) et à nous raconter que la décroissance c’est la récession, le chômage et blablabla. Ce qui est vrai aussi… d’une certaine façon. Et en même temps… ils nous racontent qu’on peut avoir le beurre, et en même temps l’argent du beurre.
      Leur grand n’importe quoi peut se comprendre, s’expliquer, plus ou moins… mais si vous voyez là dedans «une certaine cohérence», alors là ATTENTION !

      1. Au delà de savoir combien de gens veulent vivre comme des amishs, la problématique est beaucoup plus profonde, et la question est plutôt de savoir combien de gens seraient capables de vivre comme les amishs ? Car même si le taux de gens voulant vivre comme les amishs atteindrait 100%, il n’est pas qu’on obtiendrait la même proportion de ceux qui pourraient en être capables. L’industrie et principalement la robotique et l’informatique ont éradiqué tous les savoirs-faire et connaissances, faisant ainsi perdre toute autonomie aux individus. On est parvenu à un stade où la majorité des gens ne savent pas faire pousser un radis, or il n’y a pas plus simple que de savoir pousser un radis. Quant à l’artisanat n’en parlons même plus. Les gens sont devenus comme leurs propres chats, des domestiques de canapé dans le tertiaire…

        1. MAIS le pire dans tout ça, c’est lorsqu’on perd tous nos robots et ordinateurs des moyens de production, notamment par des délocalisations ou encore des faillites et fermetures, et tout ça va s’accélérer avec la déplétion des énergies fossiles, car au bout du compte quasiment plus personne ne sait vivre sans tout ce parc de machines…

        2. Les Amish ne vivent pas non plus comme aux temps des cavernes. Si nous devons prendre modèle, c’est chez eux aussi qu’il nous faut regarder. Comparé à ce qui nous pend au nez, le modèle amish (qui ne fait pas rêver Macron) devrait l’emporter dans les sondages. Encore faut-il expliquer et faire bien comprendre aux sondés ce qui leur pend au nez.
          Maintenant c’est sûr, VOULOIR et POUVOIR ce n’est pas la même chose. Toutefois nous sommes parfois surpris de découvrir de quoi nous sommes capables. L’inverse est aussi vrai.

      2. Bonjour Michel C
        La cohérence que j’évoquais s’appliquait au fait que le président ne soit pas décroissant, c’est cohérent au sens où il est impossible de se faire élire président par des électeurs qui eux-mêmes ne le sont pas. Il n’est pas possible non plus de leur tenir ensuite un discours décroissant.
        Mes propos ne s’appliquaient pas aux contradictions que vous évoquez dans le discours d’Emmanuel Macron, c’est là un autre sujet

        1. Je comprends ce que vous dites. On peut dire qu’ il est cohérent dans son double langage, ses contradictions, ses mensonges, sa mauvaise foi etc. Voilà 3 ans qu’il est là et encore une fois il y a des cocus. Et même là, toujours plus ! Et bien sûr tout ça n’est pas bon.
          Si ce type a été élu c’est pour un tas de raisons, lui ou un autre en fait c’est toujours comme ça. Déjà un énorme coup de bol, dans un contexte bien particulier. Le ras-le-bol des précédents, une nouvelle gueule, jeune, un non professionnel de la politique (c’est vrai que la banque et le Business sont apolitiques) et bien sûr un discours populiste. Eh oui le populisme n’est pas la chasse gardée des extrêmes. Dans cette grande confusion, les fumeux «ni-ni/et en même temps» ne pouvaient que séduire.
          Même si je ne me fais pas d’illusions, je pense qu’un chef, un vrai, se doit d’être bien plus grand que ça.

  5. Soyons lucides, 99,9 % des gens ne veulent pas vivre comme les Amish et 99 % voient d’un très mauvais œil une baisse de leur niveau de consommation.
    La décroissance a le vent en poupe dans un petit cercle, mais l’immense majorité de la population et la quasi totalité des acteurs économiques sont tout à fait contre et luttent à l’inverse pour la croissance.
    En ce sens, le problème ne vient pas spécialement d’Emmanuel Macron. Il ne peut pas être à la fois président et pour la décroissance. Il y a une certaine cohérence dans ses déclarations sur ce point.
    Même la majorité des écologistes ne sont pas pour la décroissance, ils ont inventé pour ça le terme et la notion de croissance verte, reste à leur faire lire le dictionnaire à la page « oxymore ».

    1. Ces deux expressions sont bien des oxymores lorsqu’on regarde objectivement les faits, puisqu’on obtient bien les Dynamiques productivistes, la croissance économique et évolution technologique mais en ravageant la planète qu’on ne parvient pas à préserver à l’état initial et stabiliser son fonctionnement normal. Bref on ne peut pas stabiliser un système (durable) par une dynamique (développement)

  6. Je suis content que Macron tombe enfin le masque. Au moins de ce côté là maintenant c’est clair, du moins ça devrait l’être, pour tout le monde. Macron est écolo comme moi je suis banquier. Quand je pense à tous ces gogos qui ont cru à ses salades, qui ont appelé à voter pour lui, à marcher avec lui… et qui ont voté pour lui, et marché avec lui… bref quand je pense à tous ces cocus, je comprends qu’ils aient maintenant envie de se le FAIRE, ce jeune président insolent.
    Oui un insolent ! Un jeune insolent, qui aime bien se foutre de la gueule de tout le monde, surtout de celles zé de ceux qui ne veulent pas marcher pas avec lui. Pourquoi les Amish ? Pourquoi pas les Piripkura, ou les Korubos ? Qu’est-ce qu’ils lui ont fait les Amish, à ce jeune merdeux ? Encore faut-il connaître les Amish pour comprendre sa blague. Notre amuseur public N°1 aurait mieux fait de dire, tout simplement : « l’écologie ça commence à bien faire ».

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