Eva JOLY contre la falsification du 14 juillet

Eva Joly a suscité la réprobation globale de la classe politique. Le Premier ministre François Fillon estime que l’ex-juge d’instruction d’origine norvégienne n’avait pas « une culture très ancienne » de la tradition, de l’histoire et des valeurs françaises. Le Parti socialiste (PS) s’est aussi démarqué de la proposition d’Eva Joly. « Je ne partage pas le point de vue d’Eva Joly sur le défilé du 14 juillet » a réagi François Hollande. Droite et gauche confondues oublient les fondements historiques du 14 juillet, c’est Eva Joly qui dit vrai.

La fête du 14 juillet a été instituée par la loi en 1880, en référence au 14 juillet 1789, date de la prise de la Bastille et symbole du passage à un monde nouveau, et surtout au 14 juillet 1790, jour d’union nationale lors de la Fête de la Fédération, symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire. Les sans-culottes de 1789 étaient-ils militaires ? Non ! La première fête de la fédération en 1790 fut-elle un défilé militaire ? Non ! La raison de la présence du défilé militaire le 14 juillet 1880 n’avait rien à voir avec les combats pour la liberté : ce défilé se voulait le symbole du renouveau de l’armée française vaincue en 1870 par la Prusse.

Eva Joly, en proposant un défilé citoyen et non militaire, ranime l’esprit de la fête de la fédération en 1790, et propose de renouer avec la vision d’une société qui célèbre « le bonheur d’être ensemble », toute catégorie de population confondue. Elle se retrouve ainsi en rupture totale avec la France autoritaire et répressive voulue par le gouvernement actuel et ses clones qui se croient dans l’opposition. En terme écologique, on peut aller plus loin : c’est l’armée elle-même et les armements qui devraient être combattus. Cette institution et ses instruments de mort sont des facteurs significatifs de la lutte entre groupes sociaux, donc de détérioration du milieu qui nous fait vivre. Un écologiste se doit d’être non seulement contre le défilé du 14 juillet, mais aussi pour l’apprentissage de la défense civile non violente, contre tous les autoritarismes. Comme le disait en chantant un de nos poètes : « Le jour du 14 juillet, je reste dans mon lit douillet, la musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas… »

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6 réflexions sur “Eva JOLY contre la falsification du 14 juillet”

  1. Je suis entièrement d’accord, les socialistes comme les autres donneurs de leçons devraient avoir honte de leurs propos. La classe politique est vraiment à mille lieues des citoyens et le pire, c’est que ceux-ci tombent dans le panneau, à grands renforts de sentiments nationalistes gerbants.

  2. En souvenir de Georges Brassens, contre toutes les guerres :
    C’était l’oncle Martin, c’était l’oncle Gaston
    L’un aimait les Tommies, l’autre aimait les Teutons
    Chacun, pour ses amis, tous les deux ils sont morts
    Maintenant, chers tontons, que les temps ont coulé
    Maintenant que vos controverses se sont tues
    Que vos fill’s et vos fils vont, la main dans la main
    Faire l’amour ensemble et l’Europ’ de demain
    Qu’ils se soucient de vos batailles presque autant
    Que l’on se souciait des guerres de Cent Ans
    On peut vous l’avouer, maintenant, chers tontons
    Vous l’ami les Tommies, vous l’ami des Teutons
    Que, de vos vérités, vos contrevérités
    Tout le monde s’en fiche à l’unanimité
    Maintenant, j’en suis sûr, chers malheureux tontons
    Vous, l’ami des Tommies, vous, l’ami des Teutons
    Si vous aviez vécu, si vous étiez ici
    C’est vous qui chanteriez la chanson que voici
    Qu’aucune idée sur terre est digne d’un trépas
    Qu’il faut laisser ce rôle à ceux qui n’en ont pas
    Qu’au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi
    Mieux vaut attendre un peu qu’on le change en ami
    Mieux vaut tourner sept fois sa crosse dans la main
    Mieux vaut toujours remettre une salve à demain

  3. Bonjour,

    Dans le contexte d’hystérie militariste actuel, j’ai, dans un premier temps, trouvé plutôt osée la polémique lancée par la candidate verte à la présidentielle. Pas au point de s’interroger sur le concept de « défense nationale », le rôle de l’armée, le commerce des engins de mort. La rivale de Nicolas Hulot ne vient-elle pas, sur le site web du « Point », de dispenser, en réaction au tollé provoqué par sa petite phrase, quelques gages d’attachement à la doctrine officielle, jurant qu’elle n’est pas « antimilitariste » ?
    Son parti a déjà été contraint de se repositionner (assez mollement !) sur le nucléaire, suite à l’accident à Fukushima. La majorité au sein du Bureau national n’adhère nullement à la résolution non-violente des conflits et à l’abandon de la dissuasion (1). Pas de risque donc que les Duflot, Cohn-Bendit (lui, surtout pas !), Mamère, Voynet and co se fritent avec leurs alliés là-dessus. Mais la réaction de Ségolène Royal, Laurent Fabius, Harlem Désir confirme, une fois de plus, qu’en matière de politique militaire, le Parti socialiste est plus que synchrone avec la droite, toutes tendances confondues. Jean-Luc Mélenchon, qui ne renie pas ses origines, a suggéré « qu’un défilé citoyen » pourrait suivre la parade usuelle du 14 juillet. Le fort-en-gueule reste persuadé que l’exhibition des troupes et de quelques échantillons de notre quincaillerie « rap­pelle à toute puis­sance étrangère ce qu’il lui en coû­te­rait de s’en pren­dre à la France et à sa République ». Fermez le ban !
    Pour conclure, cette affirmation absolument univoque de l’écrivain allemand Kurt Tucholsky (9 janvier 1890-21 décembre 1935) : « Soldaten sind Mörder » (« Les soldats sont des meurtriers »), parue dans la revue « Die Weltbühne » du 4 août 1931 sous le pseudonyme « Ignaz Wrobel ».
    Conviviales salutations,

    René HAMM
    Bischoffsheim (Bas-Rhin)

    (1) A l’origine, les Grünen s’étaient prononcés pour l’abolition des armées et de l’OTAN. Sous l’impulsion notamment de Joschka Fischer, qui occupa, du 27 octobre 1998 au 18 octobre 2005, les fonctions de ministre des Affaires étrangères, et de l’inénarrable Daniel Cohn-Bendit, ils jetèrent tous les principes fondateurs aux orties. La majorité de leurs collègues hexagonaux avait, dans les années de structuration du parti écologiste, toujours louvoyé et évité de trancher sur les questions relevant de la défense. Aujourd’hui, ils ne se distinguent plus que par des nuances des autres formations institutionnalisées. D’ici le scrutin du printemps 2012, je prendrai l’initiative de les praxer sur quelques thématiques essentielles.

  4. Le système cherche à nous rendre non violent pour canaliser toutes les tentatives de déstabilisation et destruction de celui-ci. La désobéissance civile n’y suffira pas, sans résistance/riposte véritablement virulente, le système gagnera… et détruira toute la biosphère.

    http://www.youtube.com/watch?v=RAiFs5oDM8I

  5. Ségolène Royal le 17 juillet sur France 2 a estimé que « le défilé militaire a sa place » dans le 14-Juillet, après la polémique provoquée par la candidate écologiste Eva Joly, qui a proposé de le remplacer par un défilé « citoyen ». « Les Français ne doivent pas se déchirer sur leur 14-Juillet, sur leur drapeau, sur leur identité, sur leur histoire », a-t-elle dit.

    Ségolène Royal ne se démarque en rien de la droite militariste. D’ailleurs le PS a voté comme un seul homme avec l’UMP le 13 juillet pour une prolongation de la présence militaire en Libye. Mais les bombardements n’ont jamais installé la démocratie et détériorent le tissu humain et naturel.

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