L’Europe ne pèse aujourd’hui que moins du dixième d’une population mondiale toujours plus nombreuse. Face à la conquête par les ventres, doit-on résister en nous lançant dans la compétition du nombre ? Non, il faut être Malthusien.
Fabien Niezgoda : Vers 1900, l’Europe, avec environ 420 millions d’habitants, représentait environ un quart de l’humanité. Aujourd’hui, le continent est peuplé d’environ 750 millions d’individus. Mais, dans un monde passé de 1,6 milliard à plus de 8, les Européens sont moins de 10 % de la population mondiale. Deux faits incontestables : l’Europe n’a jamais été si peuplée, d’une part ; et d’autre part, les Européens n’ont jamais été aussi minoritaires dans la population du globe.
Dans cette citadelle assiégée qui est la nôtre, on pourrait imaginer une sorte d’alignement mimétique, aligner des générations de petits Européens comme un rempart face à la submersion. Pourquoi devrions-nous faire des Européennes l’équivalent d’Africaines à la peau blanche ? Il faut aussi se demander, avant de réclamer une politique davantage nataliste, quels en seraient les principaux bénéficiaires ; s’ils sont les mêmes que pour les Caisses d’allocations familiales actuelles, on n’aura guère résolu le problème qui nous préoccupe… Que changerait au juste une politique nataliste ? Les rames de métro auraient été plus bondées encore… Les Européens ont toujours été minoritaires ; ce qui leur manque aujourd’hui, ce n’est pas tant le nombre que l’affirmation de leur identité et de leur légitimité à défendre leur territoire et leur être au monde.
Qu’il n’y ait pas de méprise : en remettant en cause le natalisme, il s’agit de malthusianisme bien compris qui consiste à préserver les générations futures des malheurs (famines, guerres, épidémies) qui résulteraient de leur nombre trop important sur un territoire aux ressources limitées. La sagesse apollinienne nous commande de trouver la juste mesure. Si un minimum d’hommes est nécessaire dans une cité, pour assurer une certaine spécialisation au bénéfice de tous et la défense du bien commun, une limite doit néanmoins être posée. « Une grande cité et une cité populeuse, résume Aristote, ce n’est pas la même chose. » Derrière la logique du nombre, gronde le risque de rupture anthropologique : l’homme de l’ère des masses, c’est « l’homme remplaçable » décrit par Renaud Camus. Heidegger nous a montré que le déploiement de la technique, c’est aussi pour l’homme davantage de dépendance, davantage d’aliénation, davantage de soumission. On peut, nous disent certains agronomes populationnistes, nourrir dix, douze, quinze milliards d’humains sur cette planète. Les pois chiches transgéniques le permettront peut-être en effet. Mais cela vaut-il la peine de déployer tant de moyens, tant d’ingéniosité, pour atteindre un objectif dont la pertinence même mérite peut-être débat : optimiser le remplissage humain de la terre est-il un objectif en soi ?
Au-delà des considérations matérielles du malthusianisme classique, on peut noter que la trop forte densité humaine nuit à la vie spirituelle. Vivre en Européen, c’est aspirer à autre chose qu’à cette fourmilière humaine que dessine l’ère des masses. La leçon d’Orphée commande que puissent demeurer des espaces naturels vierges de notre présence ; des forêts laissées aux nymphes et aux loups ; des espaces sauvages où, comme le naturaliste et graveur Robert Hainard, l’homme ne pénètre qu’en contemplateur discret et léger, et non en défricheur cherchant où il pourra utiliser son tracteur ou son excavatrice. L’homme habite la terre en poète, écrivait Hölderlin. Or il n’est pas certain du tout que cette façon-là d’être au monde soit tenable dans un monde toujours plus peuplé, dans une Europe toujours plus peuplée, fût-ce uniquement d’Européens.
Pour l’Européen, le nombre est donc une menace et un piège. La menace, c’est bien sûr celle de la submersion. Le piège serait que, croyant répondre à la menace, on sacrifie notre être-au-monde au règne de la quantité.
intervention de Fabien Niezgoda lors du colloque intitulé
« Face au déclin anthropologique, vivre en Européen » (15 avril 2023)
Pour mieux connaître Fabien Niezgoda, quelques phrases de lui
Malthusien, ni droite, ni gauche, ni extrême
Extraits : « N’aborder la nature que dans le rapport utilitaire que l’homme peut entretenir avec elle est pourtant très problématique, y compris pour l’homme lui-même, comme j’ai cherché à le montrer précédemment en m’appuyant sur la philosophie de Heidegger. Quoi qu’il en soit, entrer dans la logique comptable de l’intérêt et ne pas accorder à la nature une valeur intrinsèque, c’est risquer de la voir passer par pertes et profits. L’évaluation de l’avantage résultant de la préservation d’un espace naturel peut très bien estimer cet avantage inférieur à celui d’une exploitation à court terme ou d’une destruction pure et simple. »
Surpopulation, idée politiquement inclassable
Extraits : « Être malthusien n’implique pas plus de jugement sur le bonheur d’une famille nombreuse que sur le choix d’un célibataire ou d’un couple sans enfant ; ce ne sont pas les personnes qui sont en cause, mais les pyramides des âges ou les courbes de population. »
Un écologiste ne peut qu’être anti-populationniste
Extraits : « Le problème, c’est que le « malthusianisme dans un seul pays », dans le cadre d’une « planète migratoire », c’est un peu l’équivalent d’un désarmement unilatéral dans un contexte belliqueux. Se contenter d’inciter les Européens à réduire leur fécondité sans remettre en cause les flux migratoires en provenance des zones à forte pression démographique ne contribue guère à résoudre le problème global, bien au contraire. Pour les pays récepteurs, l’apport migratoire réduit à néant les amorces de stabilisation voire de décrue démographique. Quant aux pays émetteurs, la perspective migratoire leur offre un bassin déversoir qui a pour effet de retarder les mesures de régulation interne. Le bilan global en terme de pression démographique et écologique n’est donc en rien amélioré par l’ouverture migratoire. »
l’écologie politique, vision par-delà droite et gauche
Extraits : « L’écologie politique défend le droit de chacun à préserver ses racines et ses repères. On est porteur d’un héritage, on habite un lieu particulier ; l’émigration forcée est un déracinement, c’est-à-dire une souffrance. En un sens, l’écologie politique pourrait être considérée comme relevant d’une démarche conservatrice. Mais devant les menaces de plus en plus précises d’écocide global que fait peser le système actuel, non durable et injuste, elle doit en même temps assumer une dimension de rupture avec le modèle existant, et proposer une refondation audacieuse. Conservatrice et révolutionnaire tout à la fois, voilà sans doute la voie propre de l’écologie politique. »

– L’Europe nous montre la voie (.bonasavoir.ch 29.06.2011)
– L’Europe montre la voie en matière de durabilité (optionfinance.fr 21 avril 2023)
– Crise des semi-conducteurs : l’Europe montre la voie (economiematin.fr 30 juillet 2024)
– Régulation de l’intelligence artificielle : l’Europe montre la voie (iaquoideneuf.com mars 2024)
– etc. etc. etc. !!!!
Après la Corée du Sud (La dénatalité, mouvement irréversible : Biosphère 10 juillet 2026), c’est donc au tour de l’Europe de montrer la voie.
La voie ? Mais quelle voie !!?? Peu importe, l’idiot regarde le doigt. Celui de Fabien Niezgoda.
– « Dans cette citadelle assiégée qui est la nôtre […] Les Européens ont toujours été minoritaires ; ce qui leur manque aujourd’hui, ce n’est pas tant le nombre que l’affirmation de leur identité et de leur légitimité à défendre leur territoire et leur être au monde. […] Face à la conquête par les ventres, peut-on, doit-on résister en nous lançant dans la compétition du nombre ? Comment défendre le « Camp des Saints » assiégé, sans sacrifier une façon proprement européenne d’être au monde ? […] »
(à suivre)
(suite) Aux armes citoyens ! Oyez oyez braves gens, braves européens bien sûr, l’ennemi est à nos portes. Si ce n’est déjà dans la place.
L’Européen vit ses dernières heures, il n’en a plus pour longtemps, le pauvre.
Le voilà donc assiégé, submergé, si ce n’est déjà assimilé, par tous ces ventres.
Le voilà fondu, mélangé, dénaturé, dégénéré, conquis, vaincu … le Camp des Saints !
– « Le Camp des saints est un roman de l’écrivain français Jean Raspail, publié en 1973. […]
Ce livre est considéré par certains critiques comme raciste et influencé par les thèses de la Nouvelle droite ; c’est un livre de référence pour l’extrême droite française, qui considère que l’ouvrage est « visionnaire » Il est très populaire chez les nationalistes blancs américains à partir de 2011 […] En janvier 2011, les éditions Robert Laffont font paraître une nouvelle édition précédée d’une nouvelle préface, intitulée Big Other. » (Wikipédia)
(à suivre)
– « Vivre en Européen, c’est aspirer à autre chose qu’à cette fourmilière humaine que dessine l’ère des masses. […] Pour l’Européen, le nombre est donc une menace et un piège. La menace, c’est bien sûr celle de la submersion. Le piège serait que, croyant répondre à la menace, on lui sacrifie notre être-au-monde. » (Fabien Niezgoda)
Vivre en Européen… la bonne blague ! Mais ça veut dire quoi, ça ?
Peu importe, en tous cas moi j’adooore !
C’est normal, ou de bonne guerre si vous préférez, puisque le hasard m’a fait européen.
Et c’est pour ça que je déclare que le Mode de Vie Européen n’est pas négociable.
Et que donc il faut et yaka rendre sa Grandeur à l’Europe. MEGA !