Faire boum avec une arme nucléaire, le pied

Du point de vue des écologistes, l’appareil militaire n’est qu’un parasite qui vit au détriment des contribuables (et des ressources naturelles) et n’a jamais résolu quelque problème que ce soit par les confits armés qu’il a provoqué. Dans ce contexte, l’arme nucléaire bat le sommet de la bêtise humaine et du gaspillage. De temps en temps on reçoit une bonne nouvelle, et il faut la savourer mieux que ne le fait Macron.

Beatrice Fihn, Directrice exécutive de l’ICAN (ONG prix Nobel de la paix en 2017) : « Le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) avaitété adopté à l’ONU le 7 juillet 2017, et ouvert à signature pour ratification. Le 24 octobre 2020, le Honduras a permis d’atteindre le seuil minimal des cinquante ratifications permettant son entrée en vigueur. Ainsi, le 22 janvier 2021, nous entamerons une nouvelle décennie où les armes nucléaires seront illégales au regard du droit international. Le TIAN n’est pas symbolique, il est contraignant. Il comporte des interdictions qui affectent tous les États membres, possesseurs ou non d’armes nucléaires, car elles incluent, entre autres : l’interdiction de mettre au point, mettre à l’essai, produire, fabriquer, transférer, posséder, stocker, employer ou menacer d’employer des armes nucléaires ou d’autoriser leur implantation sur son territoire. Les États possédant des armes nucléaires ou soutenant une politique de dissuasion refusent ce traité. Ainsi, la France, ainsi que la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et les États-Unis par des déclarations communes, pourraient se croire à l’abri de cette nouvelle norme. Il est pourtant simpliste de se reposer sur l’imperfection du monde comme prétexte repris par le président Emmanuel Macron (dans son discours sur la dissuasion, le 7 février 2020). La France a su être leader, au fil des siècles, sur des sujets compliqués (esclavage, droit de l’homme, climat…), il est urgent qu’elle rejoigne le cercle des nations contre les armes nucléaires pour renforcer la sécurité internationale. »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

25 novembre 2019, (le pape) François, un écologiste contre l’arme nucléaire

25 septembre 2019, Pour un désarmement nucléaire

24 mars 2019, Le nucléaire, inacceptable dans un pays démocratique

23 janvier 2018, NI dissuasion nucléaire, NI service national universel

10 octobre 2017, La folie du feu nucléaire entretenue par un journaliste

30 mars 2017, Les présidentiables face au feu nucléaire

29 septembre 2016, Politique de défense en accord avec l’écologie politique

21 février 2015, François Hollande fait joujou avec la bombe nucléaire

16 juillet 2014, L’art de ne pas répondre… sur le nucléaire militaire

21 mars 2014, Un gouvernement français de tout temps pro-nucléaire

27 juin 2012, supprimer la dissuasion nucléaire, alléger le budget !

23 juillet 2011, les socialistes sont pro-nucléaires

1er juillet 2011, Eva Joly contre le désarmement nucléaire

31 octobre 2011, la bombe atomique n’est pas écolo

19 juillet 2011, la dissuasion nucléaire, un débat pour 2012

18 mars 2011, Fukushima et la bombe atomique

25 mars 2008, la bombe, assurance vie d’une nation ?

À lire, Abolir le nucléaire civil et militaire de Jean-Marie Pruvost-Beaurain

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9 réflexions sur “Faire boum avec une arme nucléaire, le pied”

  1. – « Le TIAN n’est pas symbolique, il est contraignant. » (Beatrice Fihn)
    Oui mais, seulement pour ceux qui l’ont signé. De toute façon n’oublions pas que l’Histoire et riche de traités, d’accords, de pactes etc. bafoués, reniés etc. Maintenant c’est vrai, ce TIAN est plus contraignant que le TNP (traité sur la non-prolifération des armes nucléaires), ce TNP qui comme on sait… a permis d’éviter la prolifération et permis d’éviter que des fous développent et s’équipent de la Bombe.
    C’est facile de signer ce genre de traité lorsqu’on n’est pas directement concerné, déjà quand on ne possède pas la Bombe, mais pas que ça. Pourquoi les Pays-Bas ou la Suisse refusent de signer ce TIAN ?

    1. (suite) En 2017, Nikki Haley ambassadrice américaine à l’ONU déclarait : «Le désarmement ne se décrète pas […] Il n’y a rien que je souhaite tant pour ma famille qu’un monde sans arme nucléaire, mais nous devons être réalistes […] Qui peut croire que la Corée du Nord accepterait une interdiction des armes nucléaires ?»
      En attendant, qu’elle nous plaise ou non la Bombe est là. Et comme pour tout le reste, nous devons faire avec.

  2. Emmanuel Macron : « Cela ne signifie pas pour autant que la France renonce aux questionnements éthiques s’agissant de l’arme nucléaire. Une démocratie doit se poser la question des finalités de sa politique de dissuasion nucléaire, porteuse de dilemmes moraux et de paradoxes… Ce traité (sur l’interdiction des armes nucléaires) ne créera aucune obligation nouvelle pour la France. » (7 février 2020)
    Biosphere : La question de la moralité d’une déflagration nucléaire est écarté par Macron aussitôt qu’abordée. Notre société « civilisée » est paradoxale, elle condamne fermement la peine de mort pour des criminels solitaires, mais elle envisage sans remords la possibilité de tuer des milliers et des milliers de personnes innocentes avec une seule bombe. Macron a le cerveau formaté par le lobby militaro-industriel, il devrait devenir objecteur de conscience.

    1. Macron a autant de chances de devenir objecteur de conscience qu’il en a de devenir objecteur de croissance. La probabilité d’une telle con version est du même ordre pour qu’un percheron devienne un cheval de course.
      Ceci dit ne nous moquons pas trop, ne lui en voulons pas plus qu’il n’en faut. La juste mesure quoi. Parce que d’une manière ou d’une autre, que ce soit par le lobby militaro-industriel, la Banque, telle ou telle idéologie, culture ou religion… nous avons tous le cerveau formaté.

  3. Emmanuel Macron : « Ne soyons pas naïfs : un décrochage de la France, dont l’arsenal ne peut en aucun cas être comparé à celui des États-Unis ou de la Russie, n’aurait pas le moindre effet d’entraînement sur les autres puissances nucléaires. » (7 février 2020)
    Biosphere : Tous les présidents de la France depuis de Gaulle préfèrent croire à l’arme nucléaire plutôt que de désarmer unilatéralement pour montre l’exemple. Ils deviennent des otages du lobby nucléaire, que ce soit d’ailleurs au niveau militaire (la bombe) ou civil (les centrales nucléaires). Leur principale motivation est l’illusion de croire que posséder l’arme nucléaire vous positionne au rang d’une « grande » nation. C’est seulement gloriole et compagnie ! (7 février 2020)

  4. Emmanuel Macron : « Un désarmement nucléaire unilatéral équivaudrait, pour un État doté comme le nôtre, à s’exposer et à exposer ses partenaires à la violence et au chantage, ou à s’en remettre à d’autres pour assurer sa sécurité. Je refuse cette perspective. La France n’adhérera pas à un traité d’interdiction des armes nucléaires. »(7 février 2020)
    Biosphere : Le complexe militaro-industriel n’a pas pris conscience que les conflits sont devenus multiformes et que le « parapluie » nucléaire est inadapté. L’impuissance des grandes puissances face aux actes terroristes en est un exemple frappant et l’intervention militaire française au Mali est un fiasco total. La violence et le chantage sont omniprésents dans les relations internationales, et pourtant jamais on n’a envisagé sérieusement d’en arriver à utiliser l’arme nucléaire.

    1. Adapté ou pas je n’en sais rien, mais je doute que les stratèges militaires n’aient «pas pris conscience que les conflits sont devenus multiformes».
      D’autre part, dire que «jamais on n’a envisagé sérieusement d’en arriver à utiliser l’arme nucléaire» c’est oublier toutes les attaques nucléaires évitées de justesse, la liste est longue. Jusque là tout va bien, l’horloge de l’apocalypse nous indique quelque chose comme 100 secondes, en attendant nous pouvons remercier le Ciel d’être encore là.

  5. Emmanuel Macron : « Si d’aventure un dirigeant d’État venait à mésestimer l’attachement viscéral de la France à sa liberté et envisageait de s’en prendre à nos intérêts vitaux, quels qu’ils soient, il doit savoir que nos forces nucléaires sont capables d’infliger des dommages absolument inacceptables sur ses centres de pouvoir, c’est-à-dire sur ses centres névralgiques, politiques, économiques et militaires. » (7 février 2020)
    Biosphere : la puissance d’une bombe nucléaire est telle que la cible n’est pas un « centre de pouvoir » bien déterminé, mais toute une zone urbanisé. Les Américaines ont détruit les villes Hiroshima et Nagasaki, pas un quartier général militaire. Il s’agit donc de dommages absolument inacceptables puisque dirigés principalement vers des civils. Aucun politicien sensé ne devrait avoir à disposition le bouton rouge d’une élimination aveugle.

    1. On peut être viscéralement contre la Bombe et contre la guerre, il n’empêche que nous ne vivons pas dans le monde des Bisounours. En 2019 les dépenses militaires mondiales ont battu de sinistres records, près de 2000 milliards de dollars. Regardons qui sont ceux qui dépensent le plus. Autre sinistre record, les dépenses publicitaires dans le monde, près de 600 milliards de dollars.
      La question se pose, notamment aujourd’hui : Des armes, des bombes, de la pub, des lits d’hôpitaux, des écoles etc. qu’est-ce qui est vraiment nécessaire, essentiel ?
      On peut penser que la Bombe a cet avantage (façon de dire) que des petits pays peuvent faire trembler les gros. Pas besoin d’avoir la plus grosse ou d’en avoir 10 ou 100 fois plus que tel ou tel autre, théoriquement (normalement ?) une ou deux devraient suffire à dissuader le gros gaillard belliqueux. Maintenant c’est vrai, quand on a affaire à un fou, là il n’y a plus rien de normal.

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