La possibilité d’élaborer ensemble une intelligence collective, c’est du passé. On est confronté à la fatigue médiatique, un épuisement psychologique dû à la surabondance d’informations provenant de tout type de média. L’avènement d’Internet a largement contribué à cette fatigue médiatique, avec de vastes quantités d’informations facilement accessibles et diffusées. L’épuisement psychologique des individus qui en résulte peut entraîner plusieurs préjudices, notamment une instabilité émotionnelle, un stress accru, un sentiment d’accablement. Alors on évite les médias sérieux pour se tourner vers le tout venant, de plus en plus les réseaux sociaux. Car cela repose l’esprit de choyer les idées fausses artificiellement partagées.
La perte d’influence des médias traditionnels est consommée et leur perte d’audience vertigineuse. Le public migre massivement des médias grand public vers les plateformes sociales, des studios de télévision aux écrans de YouTube, des journalistes aux algorithmes, des experts aux « news influencers ». Le premier coup de semonce fut asséné le 18 octobre 2012 : le magazine américain Newsweek annonçait l’arrêt de son édition papier et son passage au format tout numérique. Pour le rédacteur en chef de Newsweek (de 1986 à 1991), « Newsweek, c’était une conversation commune qui était partagée par toute la nation ». Tout était dit en ces quelques mots : les médias généralistes aidaient à faire société. Aujourd’hui il n’y a plus consensus possible sur aucun des sujets qui comptent. La même année que l’arrêt de Newsweek, Internet devenait la source prioritaire d’information de 39 % des Américains, et la publicité numérique dépassait pour la première fois les revenus de la presse papier.
La fragmentation des audiences qui en résulte peut devenir une arme redoutable, quand elle tombe dans les mains de ceux qui se dotent des moyens technologiques et financiers dans le but d’identifier des blocs d’électeurs comme autant de cibles différenciées à conquérir. La frontière n’est plus étanche entre l’information et la manipulation, le débat et la polarisation, la vérité et la croyance. Appliquer cette grille de lecture à n’importe quel sujet d’actualité permet de mesurer l’ampleur du danger. C’est vertigineux. Si l’intelligence artificielle recèle de grandes vertus, il est fort probable qu’elle aussi vienne renforcer l’arsenal des pires desseins. Son utilisation pervertie a tout pour en faire l’outil préféré des adeptes de la société « post vérité ».
En 1987, Donald Trump prononçait cette sentence, qui sera l’argumentaire central de ses futures campagnes : « Si vous êtes différents ou scandaleux, les médias vont écrire à votre sujet ». Alors, il n’hésitera pas à paraître différent et scandaleux. Il jettera fréquemment cette phrase à la figure des journalistes rassemblés devant lui : « you’re the fake news ». Ses futurs électeurs ne lui en tenaient pas rigueur. Au contraire. Il représentait leur voix par procuration. Une enquête du site BuzzFeed révélait que les faux articles avaient généré davantage de trafic que les vraies informations, vérifiées et recoupées. D’où l’élection de Trump !
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
L’intelligence collective, qui la cherche la trouve
extraits : L’intelligence collective progresse par des individualités qui réfléchissent plus que d’autres, qu’ils soient penseurs ou scientifiques. Mais c’est en intégrant leur apport que l’intelligence collective progresse. Il n’y a pas d’opposition entre l’individu et le collectif, tout est question d’éducation quant au comportement collectif. Comme l’exprimait Nicolas Hulot, « il n’y aura pas de sortie de la myopie démocratique si les citoyens ne sont pas eux-mêmes les défenseurs d’une conscience élargie du monde dans le temps et dans l’espace. » Ce blog biosphere existe, à sa petite échelle, pour diffuser cette conscience….

– « Il y a tant de livres, une telle multitude, le temps de la vie est si bref, et la mémoire si faible, que l’esprit humain ne peut s’approprier tout ce qui a été écrit.» (Vincent de Beauvais , né vers 1184 et mort en 1264)
C’est pour ça que je n’en achète plus. Par contre quand ils me sont offerts, là je prends.
Bref, encore un autre problème. Un de plus, toujours plus ! En fait un vieux problème qu’ON redécouvre. Et qui (re)commence donc à être étudié, ce qui permet de remplir du papier. Disons plutôt les écrans. Wikipédia lui consacre une page (Surcharge informationnelle). Et puis les articles ne manquent pas. Ce qui, d’une certaine façon, ne fait qu’en rajouter.
Sauf qu’une bonne salade landaise, arrosée d’un petit Tursan (ou Madiran) est de loin préférable à un gros Big Mac-Coca. Et de la même manière qu’il y a info ET info(x), il y a resto ET resto. Ceux où ON mange bien, et ceux où ON bouffe de la merde.
Et Biosphère reste un bon petit resto. 😉
(à suivre)
(suite 1) Bref, aujourd’hui donc, la fatigue. Oui mais pas n’importe laquelle.
L’informationnelle SVP ! Et là encore ON redécouvre que tout est une question de juste mesure. Un peu ça va, mais trop bonjour les dégâts !
Retenons cette fois que les canaux d’information (et désinformation), disons les meRdias, c’est exactement comme le Mc Do.
– « Chacun et chacune sent bien aujourd’hui que le monde de l’information est une forme de McDonald’s géant où l’on peut s’abreuver de Big Mac et de « Face à Baba » en permanence et que, comme le héros de Super Size Me, la déprime, l’obésité et le risque de rejet deviennent de plus en plus possibles, pour ne pas dire probables ou certains.» (Les Français et la fatigue informationnelle. Mutations et tensions dans notre rapport à l’information – jean-jaures.org 01/09/2022)
(à suivre)
(suite 2) Retenons aussi cet autre mot pour désigner cette maladie : infobésité
Et pour dire à quel point ON prend ça au sérieux, ON lui a même offert un observatoire. Non non, c’est pas des conneries !
– « L’OICN est le lieu de partage des expert·es, des chercheur·es et des entreprises publiques et privées qui agissent concrètement sur l’infobésité et travaillent sur le développement d’un collaboration numérique plus efficiente. » (Observatoire de l’Infobésité et de la Collaboration Numérique – infobesite.org)
Bref, foutaises et hypocrisie partout ! Là encore ON sait qu’il y a un problème, mais ON ânarien à foot ! ON continue à nous soûler, nous noyer, nous empoisonner, nous rendre de plus en plus malades et toujours plus cons.
(à suivre)
– Cent soixante-neuf e-mails et six heures de réunion par semaine : les risques de l’« infobésité » au travail (lemonde.fr/emploi/article/2026/05/04)
Et c’est principalement parce que la sacro-sainte Productivité est menacée, qu’ON a inventé l’OICN. Foutaises et hypocrisie vous dis-je !
– « L’infobésité n’est pas une fatalité, mais un symptôme à traiter, dès aujourd’hui, collectivement. » (Quels sont les effets de l’infobésité sur la santé au travail ?
st72.org 28 août 2025)
Le « traitement » consiste donc à réduire la quantité d’infos au … boulot.
Pour mieux pouvoir en rajouter à côté.
Le MONDE peut donc continuer à nous gaver d’infos à la con.
(et fin) Et 24h/24 SVP ! Il est loin le temps où la Télé s’arrêtait vers minuit, pour laisser place à la Mire. Ceux qui avaient la Télé bien réglée pouvaient alors aller au lit.
S’ils ne s’étaient pas déjà endormis ! Mais heureusement aujourd’hui ce problème est derrière nous, quoique, puisqu’ON a la Télé dans la chambre. Et Internet aussi.
N’empêche que la meilleure place pour tout ça, c’est aux chiottes.
Ceci dit, je suis déçu. Désespéré et en même temps. J’espérais que ce sujet réveillerait nos trois pelés et un tondu, eh ben même pas ! Je comprends qu’ils aient eux aussi besoin de se reposer, de faire une pause, méRdiatique, du moins biosphérique, mais là j’estime qu’il est temps de revenir autour de la table. Pour essayer de faire progresser, tous ensemble tous ensemble, ne serait-ce qu’un peu, ce qui serait déjà ça, l’intelligence collective.
En espérant alors que depuis l’an dernier (L’intelligence collective, qui la cherche la trouve – février 2025), et avec tout ce qui en a été dit, ici et là, ce concept ait enfin le même sens pour tout le monde. ON peut toujours rêver.
S’il n’y avait que le foot, mais LE MONDE consacre aussi plein de choses sur plein de trucs insignifiants, par exemple ces articles :
Eurovision 2026 : le guide pour comprendre cette nouvelle édition
Eurovision 2026 : quelle est la langue la plus chantée en finale ?
Eurovision 2026 : la France, représentée par Monroe, a-t-elle des chances de gagner ?
Eurovision 2026 : « Les candidats ne se sentent plus obligés de chanter en anglais pour gagner »
Eurovision 2026 : la participation d’Israël suscite la controverse
Eurovision 2026 : pourquoi Israël est-il accusé d’avoir fait du concours un outil politique ?
Eurovision 2026 : avant la première demi-finale, quatre questions sur une édition 2026 marquée par le boycott visant Israël
Eurovision 2026 : l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie ne diffuseront pas le concours en raison de la participation d’Israël
Eurovision 2026 : l’Espagne est « du bon côté de l’Histoire », juge Pedro Sanchez
Coupe du monde 2026 : liste des joueurs à moins d’un mois de son coup d’envoi.
Gardiens : Mike Maignan (AC Milan) Robin Risser (RC Lens) Brice Samba (Stade rennais)
Défenseurs :Lucas Digne (Aston Villa) Malo Gusto (Chelsea) Lucas Hernandez (Paris Saint-Germain) Théo Hernandez (Al-Hilal) Ibrahima Konaté (Liverpool) Jules Koundé (FC Barcelone)Maxence Lacroix (Crystal Palace) William Saliba (Arsenal) Dayot Upamecano (Bayern Munich)
Milieux de terrain : N’Golo Kanté (Fenerbahçe) Manu Koné (AS Rome) Adrien Rabiot (AC Milan) Aurélien Tchouaméni (Real Madrid) Warren Zaïre-Emery (Paris Saint-Germain)
Attaquants : Maghnes Akliouche (AS Monaco) Bradley Barcola (Paris Saint-Germain) Rayan Cherki (Manchester City) Ousmane Dembélé (Paris Saint-Germain) Désiré Doué (Paris Saint-Germain)J ean-Philippe Mateta (Crystal Palace) Kylian Mbappé (Real Madrid) Michael Olise (Bayern Munich) Marcus Thuram (Inter Milan)=>
Un exemple flagrant d’un système médiatique qui nous fatigue…
Coupe du monde 2026, Tour de France 2026, jeux du Cirque… rien à foot !
– « Parce que je le vaux (nous valons) bien » (pub L’Oréal depuis les années 1970)
– « Le poids des mots, le choc des photos » (slogan Paris Match entre 1978 et 2008)
– « Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible.» (Patrick Le Lay, PDG de TF1 en 2004)
Nicolas Hulot (Ushuaïa Nature) et sa séquence émotion… films et émissions grands frissons… jeux et autres activités à sensations, en tous genres ! Aujourd’hui ce qu’ON peut dire, c’est que de ce côté-là le con-sot-mateur est super bien servi. Tout connement parce qu’il le veau bien. Et aujourd’hui s’il est fatigué, c’est qu’il l’a bien cherché ! C’est comme au boulot, à force de vouloir en faire toujours plus, ON finit par péter un câble. Et pour en revenir à l’info, c’est pareil.