301Toujours en débat, l’aide à mourir à l’Assemblé nationale. Une fin de vie qui n’a pas de fin… Dommage, en finir une fois pour toutes serait pourtant une bonne fin. D’autant plus qu’il s’agit d’une simple formalité, valider le libre choix personnel de mourir, décision de suicide qui n’avait jamais besoin d’être assisté auparavant !
Sur notre blog biosphere, la longue histoire de ce débat
– Le droit pour le malade de refuser les traitements est déjà affirmé en 2002 dans la loi Kouchner.
– La loi Leonetti de 2005 avait rappelé l’illégalité de l’acharnement thérapeutique, déjà affirmée dans le code de déontologie médicale. Elle avait insisté sur l’importance du développement des soins palliatifs, mais s’était refusée à aborder le droit à l’aide active à mourir.
– La loi Claeys-Leonetti de 2016 rappelle les principes déjà adoptés dans la loi de 2005, mais refuse d’aborder réellement le droit à l’aide active à mourir. La « sédation profonde et continue jusqu’au décès » ne fait qu’aboutir à des agonies prolongées et inutiles.
– Il faut attendre le 8 avril 2021 pour que le député de Charente-Maritime Olivier Falorni profite d’une « niche parlementaire » pour ouvrir le débat sur l’aide active à mourir. A plus de 80 %, les députés votèrent le premier article de son projet portant sur le droit à une aide médicale à mourir. Hélas, 4 000 amendements déposés par une poignée d’opposants empêchèrent le projet d’être mené à bien.
– Le jeune président de la République Emmanuel Macron s’est d’abord contenté en 2017 d’envisager une convention citoyenne qui mit près de deux ans à se mettre en place. Il a aussi demandé l’avis des dignitaires religieux ! Nous sommes en 2026, deux quinquennats, et la loi n’est toujours pas voté définitivement.
En savoir encore plus
assistance au suicide et liberté humaine (assistance au suicide et liberté humaine (01/2011)
extraits : Mourir est d’une banalité extrême. Non seulement il nous faut bien mourir un jour, mais l’espèce humaine s’ingénie à hâter notre trépas : victimes directes et collatérales des conflits armés, assassinats en tous genres, accidents du travail, de la route, domestiques, cancers causés par l’environnement que nous avons fabriqués, etc. Dans ce contexte de morts en série, l’art de la mort volontaire devrait tendre au consensus social, interruption volontaire de grossesse et assistance médicale au suicide. Mais si en France l’avortement est légalisé, le droit à l’euthanasie pose encore problème….
aidons la nature avec la mort médicalement assistée (12/2012)
extraits : Alors que la procréation médicalement assistée est un détournement des mécanismes de la nature, la mort médicalement assistée fait le contraire. Il s’agit d’accepter sa fin de vie et d’enlever ainsi les effets nocifs d’un autre mécanisme technicisé inventé par les humains, les soins palliatifs, qui débouchent sur l’acharnement thérapeutique. La loi Leonetti (22 avril 2005) n’est qu’une loi sur l’euthanasie passive qui laisse mourir et n’a pas le courage de permettre une mort digne et librement choisie. Cela permet aux services payants de soins palliatifs de conserver en vie des mourants. Que disait Ivan Illich sur ces techniques….
L’aide au suicide constitue un droit légitime… et écolo (12/2013)
extraits : On peut demander directement son avis à la population par l’intermédiaire d’une conférence citoyenne (dite aussi « de consensus »). C’est ce qui vient de se passer à propos de l’euthanasie. Ils étaient dix-huit, choisis par l’IFOP, pour représenter la diversité de la société. A la demande du comité consultatif national d’éthique, ces personnes tirées au sort ont fait émerger une réflexion collective sur la fin de vie après avoir auditionné des experts. Leurs recommandations finales marquent une rupture. Pour eux, il y a suicide assisté quand il y a consentement direct de la personne pour demander l’aide à mourir. Il y a euthanasie si la personne est inconsciente….
Le Sénat contre le droit de mourir dans la dignité (06/2015)
extraits : Le Sénat avait vidé de son contenu la loi « fin de vie ». Le parcours législatif de la proposition de loi Leonetti/Claeys sur la fin de vie tourne au fiasco… Pourquoi le Sénat a rejeté la proposition de loi ? Que devons-nous en penser ? Voici quelques éléments de réflexion exprimés par l’ADMD (association pour le droit de mourir dans la dignité) : « Le suicide n’est ni un crime ni un délit et l’«aide au suicide» n’existe pas en droit pénal. Alors comment la justice en arrive-t-elle à poursuivre Jean Mercier, 87 ans, qui a aidé sa femme en fin de vie à mourir ? »…
Canada, le droit à mourir comme soin ultime (loi de 2015)
extraits : Au Québec la loi de 2015, élaborée après une large concertation citoyenne et transpartisane, a d’emblée placé l’aide à mourir dans un continuum de soins, c’est le « soin ultime ». La loi canadienne sur l’euthanasie a ensuite été votée en juin 2016, la Cour suprême du Canada enjoignant au gouvernement de se mettre en conformité avec la Charte canadienne des droits et libertés, reconnaissant à chaque individu la liberté de disposer de son propre corps….
Vincent Lambert et le droit de mourir dans la dignité (06/2015)
extraits : La Cour européenne des Droits de l’Homme vient de rendre sa décision : la volonté de Vincent Lambert devra être respectée… Il fera l’objet d’une sédation accompagnée d’une privation d’alimentation et d’hydratation. Voici le point de vue de l’ADMD (association pour le droit de mourir dans la dignité)….
Ni euthanasie, ni suicide assisté, une molle décision ! Avec Hollande (01/2016)
extraits : Plus de dix ans après la loi Leonetti, à l’issue d’un long et houleux processus d’élaboration entamé en 2012, la France devrait se doter, mercredi 27 janvier 2016, d’une nouvelle loi sur la fin de vie : droit à la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les malades en phase terminale, et des directives anticipées contraignantes pour le médecin… sans être toutefois opposables. Ni euthanasie, ni suicide assistée, un « droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir ».* Encore faut-il être atteint d’une « affection grave et incurable », dont le « pronostic vital est engagé à court terme » et qui présente une « souffrance réfractaire aux traitements ».
Euthanasie, un mot en vogue pour la mort douce en Belgique (09/2016)
Extraits : Les législations deviennent de plus en plus opposées au « droit à la vie à tout prix », la Belgique reste aux avant-postes. Un mineur a, pour la première fois, été euthanasié en Belgique au cours des derniers jours. Le médecin qui a interrompu la vie de ce jeune Flamand de 15 ans a déposé la semaine dernière un dossier auprès de la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie. Cette instance doit vérifier si une euthanasie est conforme aux critères d’une loi adoptée en 2002 et étendue aux mineurs en 2014. Les médecins sont tenus de déposer des documents auprès d’elle pour chaque interruption de vie à laquelle ils procèdent.
Les présidentiables et le droit de mourir dans la dignité (04/2017)
extraits : Pour François Fillon, « Légaliser l’aide médicale à mourir, c’est ouvrir une voie incertaine ; et le risque, c’est que nous pouvons glisser d’une euthanasie demandée par le patient vers une euthanasie d’opportunité ou une euthanasie économique… Nous nous opposerons à toute loi de légalisation. » C’est ce qu’on appelle une fin de non recevoir, typique d’un fervent catholique. Nathalie Arthaud « place la dignité de l’Homme au cœur de l’ensemble du projet de Lutte Ouvrière ; nous voulons un monde dans lequel la dignité humaine soit respectée du début jusqu’à la fin de vie, individuelle ou collectivement. » C’est ce qu’on appelle la langue de bois dont raffole le trotskysme….
Le suicide assisté, atteinte à la liberté individuelle ? L’avis du sénat (03/2018)
extraits : Le sénat, bastion du conservatisme étriqué. Alors que 156 députés d’horizons différents plaidaient pour « donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps », 85 parlementaires, presque uniquement sénateurs ou sénatrices, s’insurgent : « Ouvrir la porte à la légalisation de l’euthanasie, un encouragement de cette pratique dans une société de plus en plus déshumanisée, hygiéniste… Une mort aseptisée et cachée, presque honteuse… Une « pornography of death »… Attention à ne pas évoluer vers une médecine eugénique… Une mort expéditive au prétexte de plus d’égalité devant la mort, c’est enlever de la liberté… »
L’aide active à mourir gagne du terrain (01/2021)
extraits : La députée Marine Brenier a déposé une proposition de loi le 17 décembre sur « l’aide active à mourir ». : « A titre personnel, j’ai eu plusieurs de mes proches qui sont partis, chacun sous l’égide d’un différent dispositif de la loi. Mon grand-père, sous la première loi Leonetti (de 2005), ma grand-mère sous la loi Leonetti 2 (de 2016). Je dénonce la sédation profonde, permise par la loi Claeys-Leonetti de 2016 comme une hypocrisie de la législation. Comment considérer que de laisser partir un être cher dénutri et déshydraté permettrait de respecter sa dignité ? J’ai donc été amenée à rencontrer des personnes qui travaillaient sur ces sujets, des praticiens, des patients et des associations. C’est une problématique à laquelle il faut répondre. Ma proposition de loi parle « d’aide active à mourir »…..
Suicide assisté, faut aller en Suisse ! (03/2021)
extraits : Paulette Guinchard, qui fut secrétaire d’Etat et députée du Doubs, a choisi de s’exiler en Suisse pour mourir comme elle le souhaitait, alors que la maladie annonçait la fin de sa vie mais que la France demeure obstinément sourde à entendre les demandes d’aide active à mourir, légitimes dès lors que la vie n’est plus que de la survie. Le suicide assisté de cette personnalité politique, respectée, en plein débat parlementaire sur la légalisation de l’aide active à mourir, est une pierre dans le jardin de l’exécutif français. Emmanuel Macron et Jean Castex doivent entendre l’aspiration des Français à rester maîtres de leur fin de vie et à disposer de la liberté de choisir le moment et la manière d’éteindre leur propre lumière….
L’Autriche va autoriser le suicide assisté (11/2021)
extraits : Après l’Espagne, la catholique Autriche s’apprête à devenir le cinquième pays de l’Union européenne à autoriser le suicide assisté. Le projet de loi prévoit l’introduction « d’un droit de mettre fin à sa vie de façon libre et autonome et de se faire aider, le cas échéant, par une tierce personne » pour « les personnes atteintes d’une maladie incurable entraînant la mort » ou celles souffrant « d’une maladie grave et durable avec des symptômes persistants qui les affectent de manière permanente dans l’ensemble de leur quotidien ». Le texte qui doit entrer en vigueur début 2022 est la conséquence d’une décision de la Cour constitutionnelle autrichienne qui a fait référence au« principe de libre arbitre »….
Débat «Fin de vie», noyé dans les parlottes (10/2022)
extraits : Voici les protagonistes de cette sombre affaire : Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) : a rendu un avis sur la fin de vie le 13 septembre 2022, : il sera associés à la rédaction de la future loi. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) attend encore sa saisine officielle. Comité de gouvernance (« co-gouv ») de la convention citoyenne sur la fin de vie : réuni par le CESE pour la première fois le 29 septembre 2022. Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée chargée de l’organisation des professions de santé : responsable de l’animation du débat politique sur la fin de vie. Olivier Véran, ministre délégué chargé du renouveau démocratique : « j’ai vocation à porter le débat sur la fin de vie auprès des Français, à côté de la convention citoyenne dont je superviserai l’organisation ». Trois groupes de travail animée Agnès Fimin le Bodo à partir de la mi-octobre …
Remise des conclusions de la Convention citoyenne (04/2023)
extraits : Dans son rapport final, la Convention citoyenne sur la fin de vie se prononce en faveur de l’ouverture, sous conditions, du suicide assisté et de l’euthanasie.
– À 75,6% la Convention se positionne en faveur d’une aide active à mourir, considérant que le cadre légal en vigueur (loi Clayes-Leonetti de 2016) est insuffisant. Elle évoque par exemple la limite posée par la loi, dans l’état actuel, sur la pratique de la sédation profonde et continue.
– Sur la question du suicide assisté ou de l’euthanasie, la Convention se prononce pour une mise en place conjointe des deux, considérant que choisir une des deux solutions ne répondrait pas à la diversité des situations rencontrées.
– La Convention pose comme préalable que la volonté du patient soit entendue et respectée en prenant en compte sa capacité de discernement, qu’elle soit exprimée directement ou indirectement (par une personne de confiance).
– La question de l’âge à partir duquel une aide à mourir est envisageable n’a pas été tranchée….
Fin de vie, Emmanuel Macron procrastine (09/2023)
extraits : Le pape ne se pas fait prier pour donner son avis sur l’euthanasie: « On ne joue pas avec la vie, ni au début ni à la fin… » De son coté le chef de l’État français, aux prises avec des interrogations personnelles et des considérations politiques, hésite, hésite, hésite…
Fin de vie, Emmanuel Macron en décide seul (03/2024)
extraits : Macron a annoncé le 10 mars 2024 qu’un projet de loi ouvrant une « aide à mourir » sous « conditions strictes » serait présenté en avril en conseil des ministres….
Nous sommes en juillet 2026 et la loi n’est pas encore voté définitivement… La démocratie se fait attendre !

– « Plus de dix ans après la loi Leonetti, à l’issue d’un long et houleux processus d’élaboration entamé en 2012, la France devrait se doter, mercredi 27 janvier, d’une nouvelle loi sur la fin de vie : droit à la « sédation profonde et continue » […] Ni euthanasie, ni suicide assisté, un « droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir ».*
Encore faut-il être atteint d’une « affection grave et incurable », dont le « pronostic vital est engagé à court terme » et qui présente une « souffrance réfractaire aux traitements ». [etc.] »
(Ni euthanasie, ni suicide assisté, une molle décision ! Biosphère 29 janvier 2016)
10 ans plus tard… voilà donc où nous en sommes. Le «droit à dormir», pour ne pas souffrir… n’aura donc pas été suffisant. Non, il nous en faut toujours plus !
Remarquons au passage que les conditions pour bénéficier de ce tout nouveau «droit» sont quasiment les mêmes. Nul doute que certains les trouveront plutôt molles.