Formule 1, un « sport » inutile et même pas dangereux

Jules Bianchi souffre d’un grave traumatisme cérébral. Il participait à un truc inutile qu’on appelle la F1. Comme toute conduite automobile, c’est une activité risquée, surtout quand on pilote des bolides.  Pas la peine d’en faire un fromage. Mais le journaliste du MONDE Bruno Lesprit* en fait tout un plat. Il récapitule tous les accidents célèbres de formule 1 pour en arriver à ce constat : « au fil des décennies, la F1 n’a cessé de renforcer la protection des pilotes. » Il énumère, barrières de sécurité, zones de dégagement, interdiction des moteurs turbocompressés, renforcement du cockpit, instauration d’un crash-test, généralisation de l’asphalte abrasif, système HANS (Head and Neck Support), etc. On peut rentrer à 230 km/h dans un muret de béton, pulvériser sa voiture et s’en sortir avec le sourire ! « Si je devais avoir un accident, j’aimerais que ce soit dans une formule 1 parce que ce sont les voitures les plus sûres au monde» dixit le manitou de la F1, Bernie Ecclestone.

                Il ne vient jamais à l’esprit de Bruno que vanter la sécurité en F1 sans jamais s’interroger sur le bien-fondé des courses automobiles est un crime contre le climat. Il n’a pas lu un article précédent du MONDE : « A plus long terme, les protagonistes des sports mécaniques sont confrontés à une difficulté : un glissement des valeurs. Car la F1 apparaît aujourd’hui comme une métaphore de l’automobile en voie de ringardisation. Le culte de la vitesse ? Il est « out ». Quant à la réduction des émissions de CO2, elle est devenue un élément de positionnement stratégique pour la totalité des marques. Même Ferrari doit s’y plier et réduire fortement ses émissions. Dès lors, faire tourner des bolides sur un circuit s’inscrit en porte-à-faux avec le discours dominant et la communication publicitaire, qui valorise les véhicules « zéro émission ».** »

Magnifier la F1, c’est valoriser le culte de la vitesse alors qu’on devrait faire l’éloge de la lenteur. Magnifier la F1, c’est choyer le spectacle télévisuel au lieu de marcher sur ses propres jambes. Magnifier la F1, c’est aller à l’encontre de l’urgente nécessité de laisser les dernières gouttes de pétrole sous la terre. La biosphère préconise la fin de la F1.Cela devrait être programmée internationalement alors qu’on s’achemine vers une conférence sur le climat à Paris qui devrait être décisive… si nous n’attendons pas encore une fois que le réchauffement climatique devienne vraiment irréversible… Nous rappelons aussi qu’un Premier ministre français avait décrété le 30 novembre 1973 l’interdiction du sport automobile sur le sol national… suite au premier choc pétrolier.

* LE MONDE sport et forme du 11 octobre 2014, Formule 1 : le mythe du risque zéro

** LE MONDE du 18 décembre 2009, Renault lève le pied en formule 1

2 réflexions sur “Formule 1, un « sport » inutile et même pas dangereux”

  1. « inutile et même pas dangereux », c’était l’esprit de mon commentaire sur yahoo à l’annonce de l’accident: « On s’en fout », car qui vient pleurer dans les journaux sur les accidents de chantier, qui font aussi partie des risques du métier mais que jamais on ne considérera comme justifiant une rémunération de nabab?
    Je vous laisse deviner les réponses des adeptes de la servitude volontaire voire souhaitée.

  2. La F1 est inutile en effet et elle envoie un très mauvais signal à la société. Cela pourrait justement être un bon symbole, supprimer les compétitions automobiles (les rallyes aussi) pour montrer qu’on a compris quelque chose et que l’on veut une société plus douce et plus économe. L’arrêt de la F1 n’est qu’une question de date, ou on la choisit maintenant et c’est raisonnable ou l’on attend que la déplétion pétrolière et la crise économique généralisée s’en charge, je vote pour la première solution. Vive la fin de la F1.

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