François Hollande quitte les habits du climatosceptique

François Hollande, un croisé du climat ? La révélation est tardive, il était surtout connu pour ses exhortations à une impossible croissance. Lors de son passage en Nouvelle-Calédonie, le chef de l’Etat se veut prémonitoire : « Il y a les guerres d’aujourd’hui que nous devons faire cesser, mais sur le climat, il y a une autre guerre qui se prépare. Cette guerre, nous la faisons, parfois involontairement, par notre négligence coupable, aux générations futures. » « Il y a deux ou trois ans je n’aurais peut-être pas parlé comme ça », reconnaît-il en petit comité. Il a rencontré les experts du GIEC : « Au début, on ne croit pas que ça soit possible mais ils apportent des projections qui sont effrayantes. Ce sont des cataclysmes qui se préparent, la biodiversité qui disparaît… » Il fait comme s’il n’était pas au courant qu’il y a des conférences internationales sur la question depuis vingt ans.

Nous laissons la parole aux commentateurs sur lemonde.fr* qui représentent sans doute une intelligence collective en formation :

aurélien Leblay : « Au début, on ne croit pas que ça soit possible mais ils apportent des projections qui sont effrayantes. Ce sont des cataclysmes qui se préparent, la biodiversité qui disparaît… » Atterrant de voir qu’il lui ai fallu attendre 2014 pour prendre conscience de cet enjeu global, majeur, inévitable. Il lisait quoi avant, picsou magazine?

Elémentaire : Il serait pour le moins surprenant que FH n’endosse pas pour l’occasion l’habit du chevalier blanc ! C’est la France qui organise la réunion réchauffement climat. A moins de vouloir un échec de cette réunion et se faire griller la couenne été comme hiver sur les rives de Seine, il faut souhaiter pleine réussite à cette rencontre et à FH.

Kronos : On ne peut plus accorder la moindre confiance à ce caméléon de la politique politicienne. il a tellement menti : un jour ennemi de la finance puis devenu amoureux de la bonne finance, redresseur démenti de l’inversion de la courbe du chômage, voyant le taux de croissance tel un mirage, promettant la pause fiscale en augmentant sournoisement les taxes… Bref, sa conversion à l’écologie sent l’entourloupe électoraliste.

ricardo uztarroz : Pas une révélation mystique mais bien, conformément à ce qu’il est jusqu’au bout des ongles, de l’opportunisme le plus cynique. Du climat, il s’en tapait et s’en tape sauf que maintenant cela lui paraît comme une planche de salut. Mais les conversions soudaines sont suspectes et personne ne se laissera duper par le prêche de ce nouveau croisé. Non, Flamby, tu ne nous duperas pas. Avec cette conversion, tu coules. La noyade s’accompagne d’une euphorie puis d’une béatitude, dit-on.

Lucine : En tournée au Canada tout récemment, Hollande a encouragé les entreprises françaises à investir dans les schistes bitumineux. Cynisme total ou schizophrénie psychiatrique ?

Cassandra : Il est allé à Alberta au Canada, sans état d’âme sur exploitation du pétrole bitumineux hautement polluante. Et n’a pas d’état d’âme non plus sur la construction d’un oléoduc pour apporter ce pétrole en Europe. Et il poursuit avec obstination l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (projet de loi Macron)… Son engagement, c’est babillage et verbiage.

Nicotine : Pourquoi ne pas prendre une mesure emblématique. Interdire les jets privés ou les yachts par exemple qui sont des gros contributeurs en rejets de CO2 pour le seul plaisir d’une minorité. Une telle décision donnerait un élan décisif au delà des mots tant répétés.

Hedwig Horn : Et aujourd’hui on reporte les nouvelles normes sur la constructions de bâtiments à l’usage d’habitation de 3 ans !

* lemonde.fr du 20 novembre 2014, Hollande part en guerre sur le climat

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2 réflexions sur “François Hollande quitte les habits du climatosceptique”

  1. De FH, le climat pourrait dire « gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge ».

  2. « Le paradoxe politique saute aux yeux, entre le nouveau défenseur autoproclamé de la planète au niveau international, et le président au bilan contrasté sur le plan national. La majorité a adopté une loi de transition énergétique ambitieuse mais dont les financements paraissent incertains. La question du nucléaire et la fermeture d’un réacteur à l’horizon 2016 restent en suspens. L’exécutif a également reculé sur la question de l’écotaxe. Enfin sur le plan politique, en nommant Manuel Valls à Matignon, François Hollande s’est coupé des écologistes qui ont quitté le gouvernement et n’ont plus qu’un pied dans la majorité. Pour illustrer cette double réalité, un conseiller a une explication : « Ce qu’il s’est approprié, ce n’est pas l’écologie, c’est le climat. » Une manière d’établir une distinction entre la grande question mondiale du réchauffement de la planète et les initiatives vertes au niveau local.
    La conversion écologique de François Hollande ne saurait être lue sans le prisme politique et le gain qu’il espère en tirer. « Ça ne va pas produire de résultats dans les deux ou trois années à venir, ce n’est donc pas par calcul », jurent ses proches. Le gouvernement entend bien quand même en obtenir les premiers bénéfices rapidement en termes d’emploi et de croissance dans le secteur. La thématique pourrait être mise à profit pour retisser les liens avec EELV. Et pour François Hollande, les retombées médiatiques de l’obtention d’un accord historique seraient également appréciables. Le véritable objectif du chef de l’Etat n’est pas tant de verdir ses pratiques que d’obtenir un grand accord international lors de la conférence des parties (COP 21) sur le climat, en 2015 à Paris. « Ça colorerait la fin du quinquennat », concède-t-il. »
    * LE MONDE du 20 novembre 2014, Hollande part en guerre sur le climat

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