« Fuck la planète », le choix de détruire la Terre

En trois épisodes de 45 minutes, le journaliste Jean-Robert Viallet, coréalisateur et narrateur du documentaire « Fuck la planète, le choix du réchauffement », démontre comment les dirigeants successifs ont préféré ignorer les alertes des scientifiques depuis le XIXe siècle car au service d’intérêts économiques et politiques.

https://www.arte.tv/fr/videos/117174-001-A/fuck-la-planete-1-3/

24 juin 1988. « Global warming has begun [“le réchauffement climatique a commencé”] », titre en une le New York Times du, après une année marquée par les sécheresses et les fortes chaleurs. Au point que James Hansen, climatologue américain téméraire, a accepté d’intervenir, la veille, devant les membres du Congrès américain. « Il est temps d’arrêter de jacasser… L’effet de serre est là… C’est sûr à 99 % », a-t-il lancé, provoquant une prise de conscience inédite dans l’Amérique de Ronald Reagan. Puis plus rien.

Pourquoi cet échec ? Dennis Meadows, co-auteur du rapport Les Limites à la croissance, présente en 1972 aux commanditaires du texte, les membres du Club de Rome, le résultat de leur modélisation du futur : nous allons à l’effondrement au cours du XXIe siècle. Il a été surpris de constater que certains ne maîtrisaient pas des concepts de base comme l’évolution exponentielle et le fait qu’une planète aux ressources limitées ne peut pas s’accommoder d’une croissance infinie. Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre de l’économie, connaît ce rapport mais réagit ainsi : « Cette thèse n’est pas la mienne. »

Le point de vue des écologistes réchauffistes

Le problème de fond, c’est que les citoyens ne savent rien des conséquences d’une évolution exponentielle de la population, de la pollution, de la raréfaction des ressources… car ils ne connaissent pas ce que c’est qu’une exponentielle et l’accélération de ses conséquences néfastes dans le temps qui en résulte. Ils sont victimes de la culture de masse, une culture du divertissement qui les rend aveugle.

Les citoyens-consommateurs ne savent pas grand chose parce que c’est une infime minorité d’entre eux qui a regardé ce documentaire, pour la plupart d’ailleurs des gens déjà bien informés.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

lire, Les limites de la croissance ou rapport au club de ROME (1972)

cliquez, Climat, inquiétudes bien avant la COP26 (extraits)

1857: la scientifique américaine Eunice Newton Foote avait identifié le phénomène de l’effet de serre, mais n’avait pas pu signer sa découverte, car « les femmes n’avaient pas l’autorisation d’exposer des travaux scientifiques ».

1896 : le chimiste suédois Svante Arrhenius prévoit l’augmentation de la température moyenne de la Terre comme conséquence de l’utilisation des combustibles fossiles. Il estimait qu’un doublement de la teneur en gaz carbonique de l’air se traduirait par un réchauffement de la planète de l’ordre de 5 à 6°C. Il était proche des analyses actuelles du GIEC, sachant que le CO2 de l’atmosphère atteignait 280 parties par millions avant la révolution industrielle pour atteindre avant la fin du siècle, 550 ppm !

1958 : on mesure la concentration en CO2 de l’atmosphère à Hawaï. Charles David Keeling sera le premier en 1958-59 à donner l’alerte du haut des 3400 mètres d’altitude de l’observatoire du Mauna Loa : la teneur en gaz carbonique relevée dans l’atmosphère s’y avérait en concentration anormale et en augmentation.

1979 : première Conférence internationale sur le climat, tenue à Genève sous l’égide de l’Organisation météorologique mondiale. La réunion conclut seulement qu’il faut intensifier la recherche.

1985 : La conférence internationale sur le climat tenue à Villach pourra conclure que les émissions de CO2 conduiraient dans la première moitié du XXIe siècle à une température que les hommes n’ont jamais connue. Des courbes sur 160 000 ans sont publiées le 1er octobre 1987 dans Nature.

1988 : James Hansen, directeur du laboratoire d’étude du climat de la NASA annonce devant le Sénat que l’ampleur des événements climatiques aux USA excède la variabilité naturelle du climat et que la Terre est entrée dans une phase de réchauffement dû aux activités humaines. Création du GIEC, cette même année, sous l’égide des Nations unies.

1990 : Premier rapport du GIEC (groupe Intergouvernemental d’experts sur le climat)….

5 réflexions sur “« Fuck la planète », le choix de détruire la Terre”

  1. Le poisson rouge tourne dans son bocal. Il semble redécouvrir le monde à chaque tour. Les ingénieurs de Google ont réussi à calculer la durée maximale de son attention  : 8 secondes. Ces mêmes ingénieurs ont évalué la durée d’attention de la génération des millenials, celle qui a grandi avec les écrans connectés  : 9 secondes.

    Nous sommes devenus des poissons rouges, enfermés dans le bocal de nos écrans, soumis au manège incessant des informations plus ou moins vraies qui font que plus rien n’a d’importance. Même la destruction de la planète, on s’en fout !

  2. Je n’irais pas jusqu’à dire que nous avons fait là un CHOIX, que celui de détruire la planète Terre.
    Ce serait alors comme dire que le fumeur a fait le choix de choper le cancer, que l’alpiniste de mourir en montagne, etc. Je dirais plutôt que nous sommes des junkies (drogués), qui tentent de se rassurer en se disant qu’ON a quand même quelques chances de passer entre les mailles.
    Pour conserver (tant bien que mal) son petit équilibre vital (homéostasie), tout le monde est souvent obligé de se mentir à soi-même (déni de réalité). Plus ou moins bien sûr. Et c’est ce que font les politiques, aussi bien que ceux dont ils ne sont que les marionnettes. Bref, tous ces gens qui nous gouvernent (manipulent etc.) se mentent d’abord à eux-mêmes. Avant de nous mentir ensuite, et sciemment cette fois. Et nous… eh ben ON fait comme ON peut. ON croit ce qui nous arrange.

    1. – « Cette thèse n’est pas la mienne. » (Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre de l’économie)

      Comme si un ministre de l’économie était en mesure de discuter des travaux de climatologues, physiciens et autres scientifiques dignes de ce nom. Comme le pékin moyen d’ailleurs.
      Maintenant, de mon point de vue … ce n’est donc que ma thèse 😉 … le fait de savoir ou pas ce qu’est une exponentielle ne change pas grand chose au Problème.
      Pour être honnête … Valéry Giscard d’Estaing aurait dû dire :
      – « Cette thèse me met très mal à l’aise. Et ce tout connement parce qu’elle vient foutre en l’air toutes mes croyances en matières de croissance, de progrès, etc. »

      Et c’est pour tout, et n’importe quoi, pareil.

  3. Nommé en juin 2025 par le président de la République, Emmanuel Macron,  Augustin Augier a décidé de quitter le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE). Son départ a été officialisé le 10 septembre en conseil des ministres avec la nomination de son successeur, Vincent Tejedor, chef du Pôle vert de Matignon. Placée sous l’autorité de Matignon, cette structure-clé devait être le lieu de réflexion et d’arbitrage sur la transition écologique et permettre de faire travailler ensemble tous les ministères sur les enjeux qui y sont liés, jusqu’alors principalement portés par le seul ministère de l’environnement.

    Cela n’a pas été le cas, l’économie de croissance et ses ministres-relais ont étouffé l’intention.

    1. Hypocrisie totale !

      – L’érosion du SGPE, reflet du déclin des initiatives écologiques en France
      (docuclimat.com 4 juillet 2025)

      – Le Secrétariat général à la planification écologique change de chef et d’organisation (Reporterre 11 septembre 2026)

      => Le SGPE (Secrétariat général à la planification écologique) est encore un de ces machins qui ne servent à rien. Si ce n’est à faire joli.

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