Fukushima et IBM nous mettent dans la merde

Sur une page : « On ne peut garantir qu’il n’y aura jamais d’accident grave en France. »*

Sur la page en vis-à-vis : « Une planète plus intelligente est une planète plus sûre ».*

                Pour le Président de l’Autorité de sûreté nucléaire, la gestion des territoires contaminés autour de Fukushima va durer des années, sinon des décennies. Or publicitaires, politiques et techno-scientifiques nous ont toujours dit qu’il n’y a pas plus  sécurisé qu’une centrale nucléaire. Pour IBM qui se paye une pleine page de pub, il suffit de bâtir une planète plus intelligente, avec IBM bien sûr, pour « régler les dysfonctionnements structurels » et répondre aux « nouveaux défis ». Or un chaos numérique est possible en 2015** : « Les accidents en cascade peuvent surgir de n’importe où, sans qu’on puisse les endiguer. La catastrophe en dominos est plausible vers 2015. » On croirait une analyse d’un accident nucléaire, il s’agit d’un constat sur la fragilité  du cyberespace. Les technologies deviennent globales, surpuissantes, mondialisées… elles sont d’autant plus fragiles !

                Nous devons en tant que citoyens réclamer un retour à des techniques à taille humaine. Il nous faut non seulement sortir du nucléaire, mais aussi sortir du tout numérique. Comme Kaczynski, nous faisons une distinction entre deux types de technologies : la technologie cloisonnée et la technologie systémique. La première, qui se développe au niveau de petites cellules circonscrites, jouit d’une grande autonomie et ne nécessite pas d’aide extérieure. La seconde s’appuie sur une organisation sociale complexe, faite de réseaux interconnectés. En ce qui concerne la technologie cloisonnée, aucun exemple de régression n’a été observé. Mais la technologie systémique peut régresser si l’organisation sociale dont elle dépend s’effondre. Ce qui arrivera lors de grandes pannes d’électricité…

* LeMonde du 31 mars 2011

** LeMonde du 26 mars, Un chaos numérique est possible en 2015.

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