Leonard Benardo, vice-président d’Open Society Foundations, un réseau créé par George Soros
En 1949, George Soros a étudié à la London School of Economics, où enseignait Karl Popper. Il a été profondément marqué par La Société ouverte et ses ennemis [1945]. Karl Popper critiquait les régimes totalitaires comme l’Union soviétique et l’Allemagne nazie, où la vérité était imposée.
En 1979, George Soros devenu investisseur créait un réseau philanthropique, Open Society Foundations (« société ouverte »), qui défendait une vision libérale universaliste. Aujourd’hui, ce modèle démocratique est partout battu en brèche, et George Soros fait figure d’ennemi symbolique numéro un des régimes autoritaires.
Dans les années 1970 et 1980, quand on pensait au changement démocratique, on ne pensait qu’aux élections. L’une des innovations de George Soros fut de prendre en compte l’importance de la société civile, aux médias indépendants, au large accès à l’information ou à la protection des droits humains.
George Soros partageait avec les marxistes la conviction que le nationalisme allait disparaître avec la modernité, qu’il était un vestige du XIXᵉ siècle agraire, lié à la « terre » et au « sang ». C’est exactement le contraire qui s’est passé. Jusqu’au tournant des années 2000, ni Soros ni aucun libéral n’aurait imaginé que, vingt-cinq ans plus tard, le nationalisme serait en recrudescence.
Comment une démocratie peut-elle vivre avec la désinformation ? Près de 80 millions d’Américains ont voté pour Trump en 2024 : ils forment une base électorale que l’on ne peut pas ignorer. Nous ne vaincrons jamais l’autocratie par un combat direct: Viktor Orban, Xi Jinping, Vladimir Poutine, Alexandre Loukachenko, Benyamin Nétanyahou, les hommes qu’on croit « providentiels » sont partout, Jésus Christ nulle part, encore moins les René Dumont.
Je ne pense pas que les idées seules nous mèneront à la terre promise.
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
Réunis à Cambridge en 2010, des chercheurs hétérodoxes réunis par George Soros plaident pour une révolution théorique, seule capable d’engendrer une vraie réforme. La base du raisonnement est amplement partagée, les équilibres « naturels » du marché n’existent pas ; c’est au contraire l’instabilité qui caractérise le jeu de l’offre et de la demande. Le processus de fixation des prix par le marché est par essence irrationnel et le comportement des acteurs intrinsèquement contingent. Il n’y a pas de juste prix, mais un prix conventionnel fixé par le cadre institutionnel et le rapport de force entre acteurs. Ces économistes hétérodoxes passent à côté de l’essentiel. Ce qui importe aujourd’hui, c’est que l’économie conventionnelle a complètement détérioré depuis deux siècles les équilibres de la nature. Que faire ?
-
- Comprendre qu’une société durable ne peut fonctionner sur un registre trop grand de complexité car cela favorisera toujours les profiteurs et les abus.
- Envisager notre avenir en termes de communautés restreintes vivant de façon autonome, dans le respect des autres communautés humaines et non humaines.

– « Je ne pense pas que les idées seules nous mèneront à la terre promise. » (Leonard Benardo)
Je ne pense pas que grand monde le pense. Même si effectivement elles sont à la base de l’action, comment les idées seules… pourraient-elles mener à grand chose ?
Si ce n’est bien sûr au niveau individuel, ce qui en effet n’est pas rien.
Et là, je vous l’accorde, ON peut se dire (se faire croire) qu’avec le temps… quand certaines idées auront bien germé… après les avoir longuement et laborieusement semées…. entretenues, soignées et défendues… la Prise de Conscience etc. alors enfin… etc. etc. ! Seulement il y a idées ET idées :
– « Que démontre l’histoire des idées, si ce n’est que la production intellectuelle se transforme avec la production matérielle ? Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante. » (Le manifeste du Parti communiste – K. Marx – F. Engels)
.
– « […] Envisager enfin notre avenir en termes de communautés restreintes vivant de façon autonome, dans le respect des autres communautés humaines et non humaines. »
(Avec ou sans George Soros – Biosphère 2010)
Ce qui avait, alors, généré ce gloubi-boulga d’une qualité… remarquable :
– « Ooogah Boogah ! Quel prêchi-prêcha sectaire ! [blablabla] alors que système républicain agro-industriel intensif contemporain, s’il était appliqué à la planète entière – voire à la Lune et Mars dans le futur – permet un potentiel de population qui, sur Terre, avoisinerait les 20 à 30 milliards, et [patati et patata]. Vous en êtes donc toujours à cette idée de génocide global pour sauver la planète, cela vous rend définitivement ridicule. Continuez à faire des billets inutiles sur la burqua, là au moins vos âneries sont moins remarquables. Salutations, Jean-Gabriel Mahéo » (2 mai 2010 )
Chapeau l’Artiste Mahéo ! Je reconnais que les nôtres, actuels, ne lui arrivent pas à la cheville.
Encore un vieux. Sauf que celui-là je ne le classerais pas forcément dans les bons crus.
Pourquoi donc ? Et ben tout connement parce que je me méfie trop de ces milliardaires philanthropes (avec ou sans « »). Et libéraux par dessus le Marché. D’autant plus que le libéralisme c’est comme l’écologie, il se conjugue à toutes les sauces.
Oui bon je sais, ce n’est pas bien terrible comme raisonnement.
Oui mais attention ! Ce n’est pas pour autant que je lui cracherais dessus. Comme le font ces gros déguelasses qui les feraient TOUS brûler, les Autres ! Les « négros », les « bicots », les cocos, les gauchos, les écolos, les bobos et j’en passe. Bref, ce sont plutôt ceux-là qui me font gerber, les fachos. Ces fanatiques fous-furieux abreuvés de haine et de bière. Misère misère !
– Qui est George Soros, et pourquoi est-il devenu la bête noire de l’extrême droite et des complotistes ? (vanityfair.fr 25 OCTOBRE 2018)
Allez donc leur demander, aux fachos, ce qu’ils pensent de la société ouverte !
Et d’Henri Bergson et de Karl Popper. Sans parler d’Edgar Morin, Stéphane Hessel, Alain Badiou et Jean Passe. Misère misère !
Ne serait-ce que ce qu’ils pensent de cet article, dans ce célèbre journal… de gauche :
– « Pour maintenir une société tolérante, la société doit être intolérante à l’intolérance […]
Karl Popper développe ainsi l’idée qu’une société démocratique « doit revendiquer le droit de supprimer si nécessaire, même par la force, les philosophies intolérantes » […] C’est aussi cela, le paradoxe de l’intolérance : on est toujours l’intolérant de quelqu’un d’autre. » (George Soros a-t-il trahi la «société ouverte» de Karl Popper ?
Le Figaro 15 octobre 2025)
– « « Soros est présenté comme le responsable de tous les bouleversements politiques. Il fait un excellent bouc émissaire pour des régimes de plus en plus autoritaires. Il représente le capitalisme » aux yeux de ses détracteurs et est de fait « le parrain financier de nombreuses organisations », explique à l’AFP l’expert allemand Ulf Brunnbauer. En France, c’est le magazine d’extrême droite Valeurs Actuelles qui, en 2018, lui consacre sa Une, « le milliardaire qui complote contre la France ». »
(George Soros : qui est ce milliardaire qui dépose plainte contre Le Figaro pour diffamation ? news.yahoo.com 25 novembre 2025)