Comme on ne peut pas avoir une croissance économique infinie dans un monde fini, de même on ne peut pas avoir une croissance démographique infinie dans un monde fini. Faire un enfant de moins est beaucoup plus efficace pour économiser du CO2 que de renoncer à posséder une voiture, surtout quand on appartient aux classes moyennes mondiales, la classe globale. Ce n’est pas ce que pensent les adeptes de la mère porteuse ou gestation pour autrui (GPA).
Geneviève Delaisi de Parseval et Israël Nisand : Ce qui définit la mère n’est pas l’utérus où on a grandi, ni même les gamètes dont on est issu mais le processus d’adoption psychique dont on a été l’objet. On le sait depuis longtemps pour la paternité, qui est toujours une adoption. C’est aussi le cas de la maternité, même si cela est plus difficile à admettre. L’enfant subit-il un abandon par sa mère porteuse ? En réalité, il est déjà adopté en prénatal par une autre femme et par un père qui sont ses parents d’intention. Un enfant à qui les choses sont expliquées sainement est parfaitement à même de comprendre la manière dont il a été conçu.
Il est donc essentiel que la future loi de bioéthique fasse cesser l’ostracisation injustifiée de la gestation pour autrui (GPA). La législation actuelle donne un certain confort : elle interdit tout, sauf la greffe d’utérus qui n’a fait l’objet d’aucun débat. La France s’honorerait de ne pas laisser plus longtemps en jachère ce sujet difficile en se contentant, sans débat national sur le sujet, d’envoyer vers l’étranger nos couples en souffrance.
Les commentaires sur lemonde .fr
Toctoctoc : On résume, d’un côté la science nous explique qu’il est essentiel de comprendre que le fœtus est un être vivant et conscient qui écoute tout, réagit et participe tout en se nourrissant littéralement de sa mère, de l’autre si j’en crois cette tribune ce lien charnel et environnemental n’a aucune importance pour le bébé puisque seule compte pour cet enfant « l’intention de parentalité » des adoptants. Sacré dilemme, qui vais-je croire?
Indecence : Est-ce qu’on peut arrêter de faire semblant que la psychanalyse a une légitimité? Non parce que sinon on peut aussi donner la parole à un prêtre au même titre hein, je suis sûre qu’il aurait plein de choses à dire aussi sur la GPA…
Gilplus : La psychanalyse n’a pas plus de valeur scientifique que l’astrologie ou le coaching vibratoire. Tout cela pour dire que si l’on peut être d’accord avec l’idée annoncée d’«une meilleure prise en considération dans la loi des mécanismes psychologiques qui fondent le sentiment de parentalité et les liens familiaux», la psychanalyse n’a aucune légitimité pour servir de fondement à ce débat sur la GPA.
Michel Sourrouille : Pourquoi des personnes qui ne peuvent pas avoir d’enfants font appel à une mère porteuse alors qu’elles pourraient adopter un enfant qui souvent n’attend que ça ? D’autant plus que la sociologie nous apprend que c’est la socialisation primaire qui fait l’identité d’un enfant et non la relation biologique. Les adeptes de la GPA sont des natalistes sans s’en rendre compte… il faut avoir des enfants à n’importe quel prix, fécondation médicalement assistée, exploitation d’une mère porteuse, et demain pourquoi pas l’utérus artificiel !….
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
Tirer des indications morales de la GPA
extraits : En s’intéressant à la question du bien et du mal, la morale se distingue de la logique (dont les valeurs sont le vrai et le faux), du droit (le légal et l’illégal), de l’art (le beau et le laid) et de l’économie (l’utile et l’inutile). Les règles morales peuvent être vues comme de simples habitudes qui ont fini par s’imposer à un groupe social. La morale est donc une construction sociale, ce qui est jugé moral à un moment donné peut être jugé immoral dans d’autres circonstances. Mais peut-on avoir une conception détachée de toute considération morale ? Prenons le cas de la GPA (gestation pour autrui), autrement dit les mères porteuses….
Les mamans aux mains des marchands, la GPA
extraits : La GPA est le dernier avatar de l’esclavagisme, dans lequel des femmes – et maintenant des hommes homosexuels – exigent leur « droit à l’enfant » et louent le ventre d’une autre femme généralement dans un pays pauvre pour lui faire fabriquer « leur » enfant. Notre époque formidablement friquée pour des trucs inutiles connaît une obstination déraisonnable aux deux extrémités de notre ligne de vie : notre venue au monde et notre trépas. D’un côté, il y a l’acharnement thérapeutique en fin de vie. De l’autre, le désir d’enfant qui passe par la GPA. Pourquoi ces obsessions anti-nature ? Parce que notre système libéral veut nous faire croire que tout est possible, il suffit de vouloir…
pas de PMA, pas de GPA, pas d’enfant !
extraits : « Chacun de nous enlève la capacité aux suivants de vivre correctement ici », affirme Laure Noualhat qui ne veut pas d’enfant. Sa décision est d’abord liée à ses convictions écologiques. « Je politise mon ventre vide », plaisante la quarantenaire. Aux États-Unis, on les appelle les GINKS, pour « Green Inclination No Kids » (engagement vert, pas d’enfant), nullipares en français…

– « Faire un enfant de moins est beaucoup plus efficace pour économiser du CO2 que de renoncer à posséder une voiture, surtout quand on appartient aux classes moyennes mondiales, la classe globale. Ce n’est pas ce que pensent les adeptes de la mère porteuse ou gestation pour autrui (GPA). »
Déjà, cette fameuse (fumeuse) étude publiée en 2017 dans Environmental Research Letters, au sujet de ces quelques 60 tonnes comparées aux 2,4 pour la Bagnole, a été largement… démontée ! Elle a même été invalidée dans cette même revue pour des biais méthodologiques majeurs. Le plus grave avec ça, c’est que cette étude (foireuse) a été reprise par l’Éducation nationale (dont la mission est de transmettre des savoirs et former l’esprit critique) pour être intégrée au Programme (Formatage).
(à suivre)
(suite ) PMA, GPA, soins palliatifs, et j’en passe… tout est lié, certes. Seulement je trouve dommage que Biosphère ait systématiquement besoin de lier ce genre de sujet à la démographie. À ce moment là, pourquoi ne pas soutenir que la réanimation, d’un noyé par exemple, est également un non sens démographique ?
Ceci-dit je ne défends absolument pas la position de ces deux femmes dans cette tribune.
Et parmi leurs arguments, et autres «arguments», celui-ci me fait quelque peu sourire :
– « La France s’honorerait de ne pas laisser plus longtemps en jachère ce sujet difficile en se contentant, sans débat national sur le sujet, d’envoyer vers l’étranger nos couples en souffrance. »
S’honorerait… ben voyons ! Faire comme les autres, hi-han hi-han ! Remplacez «nos couples» par «nos vieux et nos vieilles»… et pourquoi pas par «nos déboussolés en tous genres, et de tous âges», en grande souffrance… et vous comprendrez à quoi je pense.
Vous êtes bien sévère avec cette étude, je vous rappelle qu’un enfant de plus fera sans doute lui-même un enfant qui fera sans doute lui même etc.
Finalement on arrive à des totaux gigantesques, alors qu’une voiture n’a qu’une durée de vie limitée (et d’ailleurs les enfants supplémentaires achèterons eux aussi des voitures). En fait, l’enfant de plus est un facteur multiplicatif dont les conséquences s’étendent loin dans le temps.
– « À priori, ça semble logique de croire que plus il y a d’humains sur terre, plus il y a de pollution… mais l’équation n’est pas aussi simple! En tant que maman, j’étais contente d’entendre, dans un récent reportage au 15-18, qu’avoir un enfant n’est pas nécessairement le geste le plus dommageable pour l’environnement. La journaliste se fonde sur les arguments d’Emmanuel Pont, qui soutient que nos choix de consommation et l’éducation de nos enfants pèsent plus lourd dans la balance. »
(Ne pas faire d’enfants : le choix le plus écologique? – lecahier.com 28 octobre 2022)
Tant qu’ON y est Monsieur Barthès, et si ON suit votre logique… pour bien faire, et ainsi sauver la planète, il faudrait tous les noyer à la naissance.
Je suis sûr que vous même n’êtes pas fier de ce genre de réponse.
– « En conclusion, Faut-il arrêter de faire des enfants pour sauver la planète ? est un livre stimulant sur des questions majeures, trop souvent abordées sans en mesurer la véritable complexité. Parmi les mérites de l’ouvrage, citons la clarté d’exposition, le regard critique sur les théories en cours, l’examen minutieux des données et l’approche interdisciplinaire des interactions entre environnement et population. D’abondantes références bibliographiques complètent l’ouvrage. »
(Emmanuel PONT, 2022, Faut-il arrêter de faire des enfants pour sauver la planète ? Entre question de société et choix personnel, Payot & Rivages, 320 pages – Par Jacques Véron sur cairn.info)
Seulement voilà… aux oreilles de certains, tout ce que peuvent dire Emmanuel Pont et Jacques Véron ne vaut rien. Partant de là, il n’y a pas de débat.
Modération à « esprit critique »
Nous constatons que vous faites la promotion du livre d’Emmanuel Pont qui a été encensé médiatiquement à son époque malgré son parti-pris. Il a été un des intervenants qui nous a fait complètement émasculer notre passage aux 8 milliards d’humains en 2022 .
Voici nos analyses sur ce blog :
8 milliards d’humains, débat avec Emmanuel Pont
Emmanuel Pont, un démo-sceptique
Emmanuel Pont, sophiste de la pente glissante
– « … un enfant de plus fera sans doute lui-même un enfant qui fera sans doute lui même etc. Finalement on arrive à des totaux gigantesques » (Didier Barthès)
=> Abel, Caïn, Seth … la Bible ne nous dit pas exactement combien d’enfants Adam et Ève ont eu ensemble au cours de leur vie. N’empêche que, tous comptes faits, le bilan carbone de cette paire est en effet gigantesque. Je dirais même grotesque !
– « Comparer la naissance d’un enfant à l’achat d’une voiture est absurde, avoir un enfant n’est pas une décision de consommation du même ordre. » (Emmanuel Pont)
@ Modération : Ben oui, je fais un peu de pub pour Emmanuel Pont, et alors…
Alors comme ça vous croyez que c’est avec ce bouquin qu’il a volé la vedette aux malthusiens et autres dénatalistes… eux qui rêvaient que les 8 milliards fassent la une de tous les merdias pendant des jours et des jours… et que cette fumeuse étude soit enseignée à nos chers petits dès la maternelle.
Ben moi je ne crois pas. Mais ce n’est pas grave, il n’y a pas là de quoi entrer en guerre. Ce qui serait con, vu que nous sommes d’accord : Le débat, y’en a pas !
Quant à vos 3 articles, sur Emmanuel Pont… c’est bon j’ai déjà donné. 🙂
L’une des contradictions les plus incroyables est de voir la gauche très souvent défendre la GPA alors que cela consiste à marchandiser le corps de l’enfant (ou du fœtus au début), c’est à dire à le faire rentrer (et pas de son plein gré) dans le système marchand capitaliste.
Soyez plus précis Monsieur Barthès, je vous l’ai déjà dit. De quelle gauche parlez-vous, de la dure, de la molle, de la quoi ? Des noms SVP !
– GPA : Gabriel Attal veut « briser un tabou » (Le MONDE 22 août 2025)
J’espère que celui-là vous ne le me mettrez quand même pas à gauche.
Et la Girouette, vous la voyez de quel côté celle-là, à gauche ou à droite ?
– SONDAGE – 59% des Français se disent favorables à la GPA (europe1.fr 27/04/2024)
Je vous laisse choisir le type de gauche, je les regroupe, même s’il y a ici ou là des individualités qui peuvent se désolidariser de cette position générale sur la GPA.
Etes vous vous-même favorable à ce qu’un enfant puisse être un bien marchand (ça me surprendrait).
Bien sûr que non Monsieur Barthès, mais quelle question ! D’ailleurs c’est celle-là que les CSA-Harris et Compagnie devraient poser à tous ces pauvres pékins qui se font une opinion en fonction de ce que leur dit la Girouette. Et là ON verrait s’ils sont toujours POUR, à 59%. Si ce n’est plus, vu que ça dépend aussi de la question qu’ON leur pose.
– PLUS DE 7 FRANÇAIS SUR 10 DÉSORMAIS FAVORABLES À LA GPA, SELON UN SONDAGE (gpausa.org 2024-05-05)
– « Dans un entretien accordé au magazine « Têtu », Jean-Luc Mélenchon s’est dit opposé à la GPA mais veut continuer à reconnaître les enfants nés de GPA à l’étranger.
« Une position paradoxale », admet le député le député de la France insoumise. »
(GPA. Jean-Luc Mélenchon explique et défend sa « position paradoxale » – ouest-france.fr)
Ah si ça vient de l’étranger alors ce n’est pas pareil.
Cela se pare d’or aux yeux de Monsieur Mélenchon, c’est un automatisme chez lui.
Je suis sûr que vous même n’êtes pas fier de ce genre de réponse.
Copieur, mais pour répondre, si si, j’assume. Monsieur Mélenchon donne toujours la préférence à l’étranger sur la France (sauf aux USA bien sûr).
– « « Personnellement je ne suis pas favorable à la GPA ». Le député LFI François Ruffin n’y est pas allé par quatre chemins chez nos confrères de franceinfo sur le sujet de la priorité d’une potentielle loi sur le changement de genre ou la GPA dans le cas où son camp arriverait au pouvoir en 2027. »
(Ces propos de Ruffin sur le genre et la GPA qui passent mal chez LFI : « Ce n’est pas ce qu’on doit mettre au cœur de notre projet »… ladepeche.fr/2023/06/02)
– PMA, GPA et écologistes : des Verts pas toujours roses (rue89lyon.fr 28 octobre 2014)
– « A Europe-Ecologie-Les Verts, comme auparavant aux Verts, aucune réflexion n’est menée sur le fond. Il n’y a ni commission ni groupe de travail à ce sujet. Ce sont les commissions féministes ou LGBT (lesbiennes, gays, bi-sexuels et transsexuels) qui alimentent le programme à partir de leurs revendications, certes légitimes, mais ne partant pas toujours de la philosophie écologique en la matière. » (PMA et GPA : pas vraiment écologistes – Tribune de Noël Manère à Reporterre 15 mai 2014)
– « Dans un entretien sur France Info, Yannick Jadot a déclaré vouloir ouvrir le débat sur la GPA. S’il pensait marquer des points auprès de l’électorat progressiste, le candidat EELV à la présidentielle divise son propre camp » («GPA éthique» : «Après l’“homme déconstruit” de Rousseau, Jadot nous présente la femme déconstruite» – lefigaro.fr 27 janvier 2022)
Et en 2026 … où (en) sont-ils, les Écologistes ?