Global Environment Outlook 2025

L’Organisation des Nations unies (ONU) a publié son rapport phare sur l’avenir de l’environnement le 9 décembre 2025. Le Global Environment Outlook a été rédigé par 287 scientifiques de 82 pays. Cette somme de plus de 1 000 pages, qui paraît tous les six ans environ, n’a pas été assortie de son traditionnel « résumé à l’intention des décideurs ». En effet une poignée de pays, dont les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et l’Iran, se sont opposés à la publication de ce texte d’une trentaine de pages qui doit éclairer leurs actions.

Audrey Garric : Les quatre crises environnementales majeures auxquelles est confrontée l’humanité – le changement climatique, la perte de biodiversité, la désertification et la pollution – s’aggravent rapidement et se renforcent mutuellement, en raison de modes de production de nourriture, d’énergie et de matériaux non durables. Elles entraînent un lourd fardeau humain et économique, avec plusieurs millions de morts et plusieurs milliers de milliards de dollars de pertes chaque année. Le rapport souligne que la dégradation de l’environnement est source de conflits, en entraînant une compétition pour les ressources, et inversement. Le rapport montre que la transition environnementale a un coût, mais qu’il est inférieur aux bénéfices. Atteindre la neutralité carbone en 2050 et restaurer la biodiversité impliquent d’investir autour de 7 000 milliards de dollars par an d’ici à 2050. Toutefois, le coût de l’inaction serait bien supérieur. Des millions de morts pourraient être évitées, et des centaines de millions de personnes pourraient sortir de la pauvreté et de la faim.

Les blocages politiques ont d’abord porté sur les énergies fossiles. Le rapport, rappelant que l’usage du charbon, du pétrole et du gaz est la principale cause du dérèglement climatique et accentue aussi l’érosion de la biodiversité et la pollution de l’air, invite à en sortir au plus vite et à mettre fin aux subventions pour ces combustibles – qui s’élevaient à 7 000 milliards de dollars (6 011 milliards d’euros) en 2022. De grands producteurs d’hydrocarbures, comme l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak et la Russie, habitués à entraver la diplomatie environnementale, étaient aussi opposés à une mention de la réduction nécessaire de la production de plastique. Les mêmes acteurs remettent en cause l’esprit du multilatéralisme, et transforment la recherche de consensus en droit de veto, ce qu’il n’est pas. Un bloc notamment composé des Etats-Unis, de l’Arabie saoudite et de la Russie, défendent un ordre fossile et de plus en plus antidémocratique.

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du GEO.4 au Grenelle (novembre 2007)

extraits : Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement vient de publier (Le Monde du 28-29 octobre 2007) son 4ème rapport Global Environment Outlook. Selon cet organisme, notre société n’affronte pas des crises séparées, la « crise environnementale », la « crise du développement », et la « crise de l’énergie » ne font qu’une. Cette crise n’inclut pas uniquement le changement climatique, les taux d’extinction de la biodiversité et des ressources naturelles (selon l’EWG, la moitié des réserves pétrolières seraient déjà épuisées, le Monde du 27 octobre 2007), mais bien d’autres problèmes liés à la croissance de la population, à la hausse de la consommation des riches et au désespoir des pauvres….

Localité et simplicité : les clés de la résilience (janvier 2014)

Yves Cochet :« Un effondrement planétaire du monde humain se produira certainement dans une ou deux décennies. J’appelle « effondrement » un processus rapide (quelques mois) à l’issue duquel les besoins matériels de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, mobilité, sécurité) ne sont plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi. Ce processus peut n’être pas une dégradation continue, mais une cascade de ruptures rapides, une fois dépassés certains seuils (« tipping points »). La crédibilité de l’effondrement à moyen terme est étayé par de nombreux rapports internationaux publiés depuis dix ans. Par exemple, la synthèse « Global Change and the Earth System« 1, ou bien le « Millenium Assessment Report 2005 » des Nations-Unies, ou bien le « Global Environment Outlook 5 » du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement en 2012…. (extraits)

BONUS

– Les États-Unis sur la même ligne que l’Iran ? On savait pour Poutine, mais là c’est le pompon !

– Il suffira d’un peu de géo-ingénierie et de dégommer les migrants climatiques pour continuer à vivre le rêve américain.

– Pas de solution officielle ? La pression de 8 milliards d’habitants devrait permettre une sortie officieuse.

– Pour chaque reportage sur un projet de progrès, il y a mille articles sur les dernières dingueries de Trump/Poutine/Bolloré. A croire que le monde n’est peuplé que de millionnaires réactionnaires. Parler de tout est important, mais parler de tout dans les bonnes proportions est salvateur.

1 réflexion sur “Global Environment Outlook 2025”

  1. et un rapport de plus !

    Déjà que les «décideurs» n’ont que foutre de cette trentaine de pages sensée éclairer leurs actions, ON devine de suite ce qu’ils vont faire de ce rapport (phare !) de plus de 1000 pages.

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