Marlene Engelhorn, descendante de Friedrich Engelhorn, le fondateur des entreprises chimiques et pharmaceutiques allemandes BASF, est devenue multimillionnaire à la mort de sa grand-mère, Traudl Engelhorn-Vechiatto, en septembre 2022. L’Austro-Allemande a décidé, en 2024, de redistribuer 25 millions d’euros, soit plus de 92 % de son héritage. Le problème, c’est le donner à qui ?
Le point de vue de Marlene Engelhorn
J’étais étudiante en littérature, je n’ai pas travaillé ni fait quoi que ce soit pour mériter cet argent . L’héritage est une injustice. Les ultrariches se croient au centre de la société, mais, en réalité, ils sont à la marge. Ils disposent de leurs propres écoles et cliniques privées, vivent dans des quartiers ultrasécurisés, cultivent un entre-soi discret. Les ultrariches se pensent plus compétents que le reste de la population, simplement parce qu’ils peuvent payer pour voir leurs idées s’appliquer, en politique comme en économie. L’excès de richesse privée est antidémocratique.
Dans un livre paru en 2024, L’Argent. Pouvoir, richesse, injustice, j’ai déconstruit mon propre rapport à l’argent. Souhaitant joindre la parole aux actes, j’ai lancé en Autriche le mouvement Tax Me Now. Mais pas par la philanthropie, car celle-ci permet aux riches de s’acheter une bonne image, tout en continuant de ne pas payer les impôts finançant les services publics. Pour bien transmettre à bon escient, j’ai constitué une « assemblée citoyenne » de 50 personnes sélectionnées pour représenter la diversité de la population autrichienne.
Les 77 organisations sélectionnées à l’issue de leurs échanges, dont beaucoup d’associations locales d’aide aux femmes victimes de violences ou de protection de l’environnement, ont reçu de 40 000 à 1,6 million d’euros chacune.
Le point de vue des écologistes partageux ou presque
Pesun : « La propriété, c’est le vol »
mdi : Ok. Mais bon, le communisme ça n a pas été super concluant…
DRAREGD : C’est très bien sur le principe… Aprés ce n’est pas un acte isolé qui suffira à éradiquer la pauvreté du monde!
Valmy : Le drame est que les plus riches ont convaincus les pauvres que les droits de successions sont une spoliation. Pourtant c’est une faible contribution pour un revenu obtenu sans travailler alors que le travailleur est infiniment plus taxé en proportion.
Arto : C’est trop bête ! Marlene aurait pu avoir une vie de rêve à Dubaï ou ailleurs.
La ronche : Comme dit Léon Bloy dans son journal, « le mauvais riche, c’est celui qui donne, parce qu’il gâte le métier » – c’est en tout cas ce que pensent pas mal de contributeurs ici…
R3D3 : Les cercles vicieux, d’avoir toujours plus quand on a tout et d’avoir toujours moins quand on a rien, doivent être stoppés.
Moi13 : Il faudrait plafonner l’héritage. Le surplus serait récupéré par un fond qui déciderait ou le redistribuer : action sociale / éducation / associations, etc. Cela permettrait d’apaiser la société et d’en faire bénéficier les classes exploitées qui sont en réalité à l’origine de ces fortunes.
Le point de vue de Michel Sourrouille
J’ai mené à son terme mes études par mes efforts personnels sans doute, mais surtout par l’héritage culturel qui provient de toute ma famille. L’héritage des biens n’est rien face à la reconnaissance d’une bonne socialisation par des parents dévoués. Les inégalités forment système, l’étude des principaux domaines de la vie sociale (emploi, revenu, patrimoine, santé, école, usages sociaux du temps…) montre que les inégalités s’engendrent les unes les autres. Elles contribuent à former un processus cumulatif, au terme duquel les privilèges s’accumulent à l’un des pôles de l’échelle sociale tandis qu’à l’autre pôle se multiplient les handicaps. Une position dominante au sein des rapports de propriété et de la division sociale du travail vaut presque à coup sûr à son détenteur tout à la fois de solides revenus primaires, un haut niveau de vie et d’importantes possibilités d’accumulation patrimoniale : un logement situé dans les beaux quartiers, complété par une ou plusieurs résidences secondaires ; une moindre usure au travail ; de multiples relations qui, à elles seules, sont susceptibles de garantir l’avenir de ses propres enfants. Quand ce patrimoine global est transmis d’une génération à l’autre par héritage, les inégalités se reproduisent dans le temps.
Mais en définitive la polarisation des raisonnements sur la reproduction sociale oublie un paramètre essentiel, le niveau de capital naturel qui est transmise non pas à l’intérieur d’une famille, mais d’une génération humaine à l’autre. C’est pourtant là l’essentiel, préserver l’avenir des générations futures en transmettant un capital naturel intact. Or nos descendants vont hériter d’une planète exsangue, super-polluée, avec le réchauffement climatique en prime. L’argent ne se mange pas !
Il n’y a pas d’autre rationalité possible que l’égalisation du capital global (financier, culturel et naturel), si on estime qu’un individu vaut un autre individu comme nous l’enseigne la théorie démocratique.
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
L’héritage, instrument oublié de la décroissance
extraits : L’héritage part a priori d’une bonne intention, sécuriser l’avenir de la filiation après le décès d’un proche. Mais avec l’héritage, seule les familles les plus riches sont en mesure d’assurer la sécurité matérielle de leur filiation, ce qui est profondément inégalitaire. En effet le propre de l’héritage dans un système capitaliste est d’entériner le principe de l’accumulation infinie de richesses. La sécurité matérielle ne doit pas passer par un hypothétique legs, fonction de sa classe sociale. Tout citoyen devrait pouvoir disposer d’un accès garanti aux biens publics fondamentaux afin de ne plus craindre pour son avenir et celui de ses proches….
extraits : Avec l’explosion démographique, le carcinome de l’urbanisme désordonné, les eaux d’égout et les déchets formant désormais de véritables couches géologiques, il est certain qu’aucun créature autre que l’homme n’a jamais réussi à souiller son nid en un temps aussi court. Si l’humanité disparaissait, combien de temps faudrait-il pour rendre à l’Eden l’allure et les parfums qui étaient les siens à la veille de l’apparition d’Adam ? Les humains ne seront à leur place dans la biosphère que s’ils utilisent uniquement ce qui est biodégradable, que ce soit pour leurs habitations ou leurs consommations. Ce n’est pas les pyramides d’Égypte qui importent, elles sont seulement significatives de la démesure de ceux qui nous gouvernent. Les humbles paysans du temps des pharaons n’ont laissé aucun trace, et cela est bon….

Bill Gates prévoit de donner l’essentiel de sa fortune à sa fondation d’ici 2045, soit « plus de 200 milliards de dollars ». Il lui a fixé l’objectif de dépenser « plus de 200 milliards de dollars » d’ici à 2045, date de sa fermeture définitive. Bill Gates a fixé à la fondation trois priorités pour les vingt dernières années de son existence. Elle se concentrera ainsi sur la lutte contre la mortalité infantile, les maladies infectieuses, principalement la polio, la dracunculose, la rougeole et la malaria, ainsi que sur les initiatives éducatives. « J’espère que d’autres personnes fortunées réaliseront à quel point elles peuvent améliorer le sort des plus pauvres dans le monde en augmentant leurs dons », a déclaré Bill Gates.
En résumé, Bill veut multiplier le nombre de pauvres en les empêchant de mourir trop tôt… Où aurait-il mis son argent autrement ?
En résumé… voulez-vous dire qu’il ne faut surtout pas aider les pauvres… et qu’il faut au contraire tout faire pour qu’ils meurent plus tôt ?
Quoi qu’il en soit… la question n’est pas de savoir si ce que fait là Bill Gates est bien ou mal, mais de dire si c’est une bonne chose, ou pas, de pouvoir engranger autant de pognon.
Quant aux fondations…
– Brigitte Bardot et sa fortune : détails sur tout ce qu’elle a fait de son argent
( journaldesfemmes.fr )
– « L’héritage des biens n’est rien face à la reconnaissance d’une bonne socialisation par des parents dévoués. » (Michel Sourrouille)
Rien… c’est vite dit. L’héritage des biens, d’abord c’est un chiffre qui donne le vertige (sic).
– « D’ici à 2040, 9 000 milliards d’euros de patrimoine détenus par les Français les plus âgés seront transmis à leurs enfants. Soit, chaque année 677 milliards d’euros. […] une société dans laquelle l’héritage pèse plus que le travail dans la constitution du patrimoine »
(Comment la France est redevenue une société d’héritiers – Le Monde 06 mai 2025)
Et après ça ON nous dit que les caisses sont vides. Et que le travail c’est la liberté, et la santé, qu’il est sacré et patati et patata ! Et en même temps les bonnes manières se perdent. (à suivre)
A part que la transmission des héritages est de plus en plus tardive ! Grosso modo, pour la plupart d’entre nous parmi notre génération 70 et les générations plus jeunes, lorsqu’on héritera nos parents auront largement plus de 80 ans, et on aura pas moins de 60 ans lorsqu’on percevra l’argent ! Bref, on ne peut pas compter la-dessus pour faire notre vie !
Ma génération et les plus jeunes, on perçoit des salaires de plus en plus bas, et encore avec intermittence de chômage, face à des impôts et des cotisations de plus en plus élevés. Sans compter, l’inflation et les privations (par exemple les autoroutes) qui font fondre nos revenus encore plus vite. Bref, on donne de plus en plus à l’État pour des services publiques de plus en plus déplorables !
Après qu’on s’est pouillé par nos gouvernements Umps, il ne reste rien à économiser au bout du chemin, compliqué d’épargner dans ces conditions… Autant dire compliqué aussi de financer une retraite par capitalisation. De toute façon, je sais que ma retraite sera de zéro euro (quelque soit mon niveau de cotisation) après que les soixante-huitards auront dilapidé les caisses…
Pour ça que je conseille à mes neveux et nièces de bosser à l’étranger car en France tout ce que l’on va hériter ce sont les dettes publiques des soixante-huitards…
Eh ben joli conseil que tu leur donnes là ! T’as belle gueule après, de taper sur les zétrangers, qui viennent manger le pain des Français.
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(suite à 12:20)
– « Faut dire bonjour, et merci, ne pas parler la bouche pleine et ne pas péter à table !
Et puis tiens-toi droit, travaille bien à l’école, écoute son maître, etc. etc. »
Ça c’est ce que mes parents m’ont appris, quand j’étais petit.
ON dira alors qu’ils m’ont bien élevé. Eux disaient dressé, hi-han hi-han.
Et de quoi devrais-je leur être reconnaissant ? De leur dévouement peut-être ?
Mais quel mérite y a-t-il à faire ce qu’ON a toujours fait, à faire comme font les autres, à suivre l’air du temps, etc. ? Bref, c’est d’abord au hasard que je dois dire merci.
C’est d’abord à lui que je dois ma socialisation, aussi bien que ma sociabilisation, d’être né là et pas ailleurs, comme ceci et pas comme ça, etc. etc. (à suivre)
(et fin) Pour une véritable équité, égalité, fraternité, justice et paix sociales etc. les héritages devraient donc être distribués par tirages au sort.
Un burkinabé pourrait ainsi hériter de la fortune d’un Bolloré. Et vice versa, un Bolloré hériterait du bourricot du paysan burkinabé. Hi-han hi-han ! Ça fait rêver, non ?
C’est pour quand l’égalité devant l’effort et le travail ? C’est bien beau de partager les revenus, mais il faut aussi partager les efforts et le travail ! Ras le bol des tire au flanc qui perçoivent du fric en se tournant les pouces !
De quel travail parles-tu ? Peu importe. Mais tu devrais quand même savoir que je suis POUR le partage du travail. Comme celui des richesses.
Quand j’étais petit… et que mon frangin et moi nous nous disputions pour avoir le dernier morceau de gâteau, ma grand-mère le coupait alors en deux… et nous disait «les choses partagées font du bien». Elle avait raison ma mémé !
Comme aujourd’hui le travail se fait rare… et comme je suis gentil, je le laisse volontiers à ceux qui aiment ça. Aux vaillants comme Toi, quoi. Avec qui je ne veux surtout pas me battre.